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actualité - Page 4291

  • Le PS se retire, il rejoint le FN

    Lu ici :

    Sans-titre"Ludovic Vlérick, qui a été candidat pour le parti socialiste aux dernières élections municipales à Pont-à-Verdun vient de rejoindre le Front national.La voix du Nord rapporte qu’il avait quitté le parti socialiste à l’issue de ces élections.

    Pour Vlérick : « au PS, quand on a une bonne idée, on vous la pique et on vous coupe la tête » alors qu’au « FN, on vous aide à la développer ».

    Au lendemain du premier tour des élections régionales qui a permis à Marine Le Pen de se positionner loin devant ses adversaires, et surtout de contraindre la liste dirigée par le socialiste Pierre de Saintignon à retirer sa candidature, Ludovic Vlérick entend faire connaître son soutien pour son nouveau parti d’adoption."

    Philippe Carhon

  • COP 21

    J'ai déjà eu l'occasion de dire ici tout le bien que je pense des positions défendues par Fabrice Nicolino (voir billet du 22 février, à propos de son livre Un Empoisonnement universel). La tribune qu'il publie dans Le Monde daté du 4 décembre (aujourd'hui même) confirme qu'on peut lui faire confiance pour ce qui est de faire tomber les masques d'hypocrisie de tous les faux curés qui officient lors de la grand'messe qui se donne depuis une petite semaine au Bourget.

    Que dit-il, Fabrice Nicolino, dans sa tribune ? Pour résumer, il dit : "Pour avoir une idée de la sincérité des négociateurs du climat, regardez qui a été placé aux manettes". Or, dit-il, c'est là qu'on pressent la catastrophe. En effet, qui trouve-t-on au sommet du premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 ? Il s'appelle Maurice Strong.

    Sa carte de visite ? Né en 1929, mort en novembre 2015. Mais aussi et surtout : « Côté pile, il a été le vice-président, le président ou le PDG de firmes transnationales nord-américaines : Dome Petroleum, Caltex (groupe Chevron), Norcen Resources, Petro-Canada, Power Corporation. Au cœur l'énergie. Au cœur le pétrole ». Vous ne trouvez pas bizarre, vous, qu'un haut responsable de l'industrie la plus polluante devienne le grand manitou de la lutte pour la défense de l'environnement ? Disons-le : ça ne sent pas très bon.

    Pour le Sommet de la Terre à Rio en 1992, Maurice Strong choisit comme bras droit Stephan Schmidheiny, une très belle carte de visite lui aussi : il est héritier d'une grande dynastie industrielle, qui a fait fortune avec l'amiante, à la tête de l'entreprise Eternit. Un très beau défenseur de la nature et de la santé humaine (3000 ouvriers italiens morts de l'amiante). 

    Après Rio, Schmidheiny fonde le « Conseil mondial des affaires pour le développement durable ». Autant dire que c'est l'incendiaire qui se déguise en pompier. Y participent des entreprises aussi soucieuses d'environnement et de santé humaine que Syngenta (OGM), BASF, DuPont, Total, Dow Chemical : n'en jetez plus. Dans un livre, il va jusqu'à faire l'éloge de l'action de Shell dans le delta du Niger, pourtant « martyr écologique ».

    Nicolino cite aussi le cas de Brice Lalonde, ce grand défenseur de la nature favorable au gaz de schiste : « Le gaz de schiste, il est bon aux Etats-Unis, pourquoi est-ce qu'il serait mauvais en France ? ».

    Le cas de Laurence Tubiana est un peu différent. Elle ne loupe aucune conférence climatique. Elle a dirigé un think tank (IDDRI) qui a célébré le roi brésilien du soja transgénique. Les membres fondateurs ? EDF, GDF Suez, Lafarge, Saint-Gobain, Veolia Environnement. Quant à EPE (Entreprises pour l'environnement), c'est une association composée de Bayer, BASF, Vinci, Total, Solvay, Thales : que du beau monde, que d'éminents écologistes.

    Paul Jorion a sans doute raison : si sauver l'humanité peut rapporter, l'humanité garde une chance.

    Cliquez ci-dessus pour "Le temps qu'il fait le 4 décembre 2015".

    Je cite pour finir la conclusion de Fabrice Nicolino : « L'heure est arrivée de mettre concrètement en cause la voiture individuelle, les écrans plats, les iPhone, le plastique, l'élevage industriel, le numérique et ses déchets électroniques, les innombrables colifichets - jouets, chaussures, cotonnades et vêtements, cafetières, meubles - venus de Chine ou d'ailleurs, les turbines, centrales, avions, TGV, vins, parfums partant dans l'autre sens.

    N'est-il pas pleinement absurde de croire qu'on peut avancer en confiant la direction à ceux-là mêmes qui nous ont conduits au gouffre ? ».

    Il faudrait placer la toute dernière phrase en lettres capitales au fronton de la grand'messe planétaire désormais connue sous le nom de COP 21. 

    http://lantidote.hautetfort.com/archive/2015/12/04/i-m-a-poor-lonesome-cowboy-5713935.html

  • L'influence de La Manif Pour Tous dans le scrutin

    Dans les 5 enseignements du premier tour tirés par Jean-Pierre Denis dans La Vie, il y a le 4e :

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    "4. LMPT en embuscade

    La Manif pour tous compte encore, même si cela se manifeste de façon différente selon les régions. En PACA, Marion-Maréchal Le Pen a créé la polémique et probablement capté le vote des catholiques identitaires en annonçant son intention de supprimer les subventions au Planning Familial. En Île-de-France, Nicolas Dupont-Aignan réalise un bon score après avoir tendu la main au courant familialiste. En Pays-de-Loire, Bruno Retailleau est assuré de l'emporter, ainsi que Laurent Wauquiez en Rhône-Alpes-Auvergne. Deux régions qui avaient fourni au mouvement quelques-uns de ses principaux bataillons au moment des manifestations contre le mariage pour tous. Deux candidats qui ont cultivé la proximité avec ce mouvement."

    A l'inverse, Dominique Reynié, dans le Sud, qui avait défendu la loi Taubira, réalise une contre-performance.

    Dans un autre style, sur France Inter (radio financée par l'argent public), Sophia Aram a réalisé un sketch de mauvais goût sur Ludovine de la Malbaise.

    Pour le second tour, vous pouvez retrouver les interventions des candidats sur le site des régionales de LMPT.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Conférence Dextra : « Face au chaos migratoire : La préférence de civilisation » avec Jean Yves Le Gallou

     
    Chers amis, chers camarades,
     ce vendredi 11 décembre nous aurons la chance de recevoir Jean Yves le Gallou, président de la Fondation Polémia,
    qui nous entretiendra sur le chaos migratoire et la préférence de civilisation, 
    thématique plus que jamais d’actualité.
    Nous vous attendons nombreux aux « Grands Ducs » 19 rue Pascal, Paris Ve, à partir de 19h.

  • Jacques Sapir / Régionales: deux leçons

    Les ondes de choc des résultats du 1er tour des élections régionales, et des scores réalisés par le Front National, ne finissent pas d’agiter le microcosme politique. La décision du Bureau Politique du P« S » de retirer ses listes là où le Front National est en position remporter le 2ème tour apparaît comme une décision de l’exécutif qui a été imposée au parti[1]. Cette décision n’est pas sans soulever des oppositions et des rancoeures dans les rangs même des « socialistes ». Ainsi, Jean-Pierre Masseret, le responsable « socialiste » dans la région du Grand-Est se fait-il tirer l’oreille[2]. Car, s’il y a un vainqueur à ce premier tour, il y a aussi très clairement un perdant : le P« S ». Cette défaite est historique, si on la remet en perspective. Elle signe l’accélération de la transformation de ce parti en un instrument politique de la bourgeoisie mondialisée et de la petite-bourgeoisie associée. Telle est la première leçon qu’il convient de retenir. Mais, la victoire du Front National, que traduit son extension à des zones géographiquement nouvelles pour lui, le confronte à un nouveau problème : passer du statut de « parti de 1er tour » à celui de « parti de 2ème tour ». Il n’est pas dit qu’il le puisse, et pour des raisons de fond et non de simple tactique. Telle est la seconde leçon de ce premier tour.
    Défaite du Parti dit « socialiste » et conséquences

    Il est ici important de constater que la défaite du P « S » ne vient pas que de son score. Celui-ci est faible, et le met dans nombre de régions en troisième place derrière le Front National et les « Républicains ». En fait, c’est la transformation géographiques et sociologique de ce parti qui est encore plus intéressante. De ce point de vue, il faut regarder avec attention les cartes des votes du 1er tour.

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    Une première estimation montre que le vote pour le Front National est concentré à l’est de la fameuse ligne Le Havre – Marseille qui fut utilisée pendant des générations par les géographes pour distinguer une France de la Grande Industrie (et urbaine) d’une France agricole et rurale. Dans cette France de l’Est, le Front National arrive en tête dans 4 régions et les « Républicains » dans 2 seulement. Le P « S » n’est nulle part en tête. Cette typologie est confirmée par l’ordre donné aux préoccupations des français lors de ce vote[3] :
    1 Le Chômage
    2 La Sécurité
    3 La Délinquance
    4 L’Immigration
    Or ces régions sont, à l’exception de la région parisienne, des régions à fort taux de chômage. Mais, cette typologie est incomplète. On discerne des différences, qu’il faudra affiner, entre le vote en région PACA, où la candidate du Front National a mené une campagne sur les thèmes traditionnels de l’extrême-droite, et celui qui s’est manifesté dans le Nord et dans l’Est.
    Extension du domaine de la lutte

    Encore plus intéressant est le fait que le vote Front National dépasse cette ligne. Il ne correspond plus aux terres traditionnelles de la grande industrie, mais il touche aussi celles de la petite et moyenne industrie, composée d’entreprises soient liées aux activités agricoles soient liées aux activités de sous-traitance ou à des productions spécifiques. La carte du vote pour le Front National correspond largement à celle de la France de l’industrie dans toutes ses dimensions, une industrie qui a payé un prix disproportionné à la mondialisation et à l’Euro. De ce point de vue, il est clair que le vote Front National dans la région PACA à un caractère anecdotique du point de vue de la sociologie de ce parti.

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    De ce point de vue, il est intéressant de comparer ce vote à celui pour les listes « socialistes ».
    Ces dernières, qui disparaissent des anciennes zones ouvrières (et la déroute dans le Nord comme dans le Grand-Est est symptomatique) ne connaissent des succès que dans des régions où se développent une industrie liée aux loisirs (sur la côte atlantique) et des activités de service. Ceci est parfaitement cohérent avec les choix de politique économique qui ont été fait ces dernières années et qui ont visé à « adapter » le tissu industriel et social aux conséquences de la mondialisation et de l’Euro. Les résultats que le P « S » enregistre dans Paris (à la différence de l’Île de France) confirment que ce parti a bien changé de nature et qu’il est devenu le parti des élites mondialisées et des couches sociales qui sont tributaires de ces dites élites. La répartition des votes lors du 1er tour des élection régionales ne fait que rendre visible cette transformation, que l’on peut considérer comme achevée. Cette transformation est le véritable sujet de ce 1er tour des élections régionales. C’est ce qui explique la décision imposée par le gouvernement au parti de procéder à un retrait des listes car ce gouvernement est clairement entièrement composé de partisans de la mondialisation et de l’Euro.
    Le dilemme du Front National
    Si ce parti est indiscutablement le vainqueur du 1er tour, il n’est cependant pas dit qu’il puisse confirmer au second. Le problème est moins le « TSF » (ou « Tout Sauf le Front ») qui est mis en place par François Hollande et Manuel Valls, que dans la capacité de la direction du Front National à choisir entre deux lignes, celle qui le porte dans les régions de l’industrie en péril et celle qui le porte en PACA. Car, et il ne faut pas se le cacher, on a vu dans la campagne qu’a mené le Front National en PACA ressurgir des thèmes qui sont ceux classiques de l’extrême-droite. L’alliance de l’ultra-catholicisme qui conteste la laïcité et des thématiques des « identitaires », si elle est localement porteuse et pourrait même être localement victorieuse, condamne à terme le Front National à se marginaliser à l’échelle nationale, ou plus précisément à s’enkyster dans le tissu social français sans pouvoir se poser la question du pouvoir.
    Cette dernière impose tout d’abord à tout parti de réunir au-delà des questions religieuses et non de diviser. De ce point de vue, on ne peut se référer au principe de laïcité à Hénin-Beaumont pour l’oublier au Pontet. L’absence, remarquée, de Marine le Pen dans les manifestations de 2013 était le signe que la direction du Front National avait compris cela. Mais, cette direction a voulu cultiver l’ambiguïté sur sa ligne politique pour en tirer le maximum de bénéfices politiques. Elle risque de se rendre compte que c’est un calcul à très court terme. Il faudra aussi qu’elle se pose la question fondamentale de la division des travailleurs sur leur lieu de travail au travers de la nationalité. Cette question non seulement compromet à terme le niveau de salaire des travailleurs français, mais elle rompt les solidarités naturelles qui existent, en particulier dans le mouvement syndical, entre français et étrangers. Or, cette rupture des solidarités, face à un patronat qui est aujourd’hui à l’offensive du fait de l’ampleur du chômage, aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs français.
    On pourrait continuer la liste. Elle montre qu’après avoir retardé le temps des clarifications, le Front National y est aujourd’hui confronté sans détour possible. Et ceci constitue aussi l’une des leçons de ce 1et tour.

    Jacques Sapir

    Notes :

    [1] http://www.francetvinfo.fr/elections/regionales/regionales-comment-manuel-valls-et-francois-hollande-ont-decide-le-retrait-des-listes-socialistes_1210545.html
    [2] http://www.leparisien.fr/elections-regionales/regions-france/region/Masseret(PS)/refuse-la-consigne-de-retrait-de-cambadelis-07-12-2015-5347747.php
    [3] Sondage IPSOS de sortie des urnes

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuuAVyAZkymAOgAlKY.shtml

  • Régionales 2015, un score historique !

    Sans aucun doute, ces élections régionales 2015 sont historiques. Face à un système sclérosé et verrouillé de l’intérieur, le Front National de Marine Le Pen a réussi pour la première fois à bousculer l’oligarchie qui nous gouverne avec mépris depuis plus de 40 ans.

    Le Front National arrive en tête dans six régions sur treize et se retrouve en ce lundi 7 septembre 2015 à la place enviée du premier parti politique de France. Cela peut être surprenant pour certains « bobos », plus habitués jusqu’à présent à voir le peuple français à voter docilement selon les slogans formatés par les nouveaux censeurs, mais c’est le principal constat que nous pouvons faire après ce premier tour des élections régionales. Dans le Nord, en PACA et dans le Grand Est, le Front National s’offre même des scores dépassant tous les sondages en atteignant des résultats jusqu’ici jamais égalés dans son histoire (41 %, 41 % et 36,5 %).

    Pour le système en place, c’est une lourde défaite. Malgré l’appui inconditionnel des médias, des syndicats et du monde du spectacle, les partis dits « républicains » ne réussissent plus à effrayer les Français comme avant. Une partie importante des électeurs résiste désormais à l’esprit de culpabilisation qui règne en France.
    Un grand nombre de citoyens ne se laisse plus prendre au piège des pseudo-moralisateurs avec des références historiques prédisant le retour du mal qui nous renverrait immanquablement aux années sombres de notre histoire. Ils arrivent à comprendre que la force obscure c’est au cinéma qu’on la trouve avec la sortie du nouveau Stars War et que le PADAMALGAM commence sérieusement à sentir la naphtaline. Avec ces résultats, nous avons à présent 30 % de Français qui osent enfin s’élever contre une élite déconnectée de la réalité, s’intéressant au mot France qu’en période électorale.

    Pour cette raison, assister en direct à la panique d’un Cambadédis, fidèle apparatchik d’un Parti socialiste à bout de souffle, à la gravité calculée d’un Sarkozy, conscient d’échoué son grand retour politique, et à l’agitation des médias, trahissant une panique mal dissimulée, tout ceci fait vraiment plaisir à voir.
    C’est un moment inoubliable tellement qu’il nous permet enfin d’espérer une alternative politique salvatrice pour notre nation.
    Aujourd’hui, nous sentons que quelque chose de positif est enfin possible pour la France. Nous voyons en direct la fin d’un système apatride, souvent corrompu, élevant, au mépris de tous les électeurs et en dernier recours possible, le fameux et fumeux « barrage républicain » comme une dernière arme dérisoire, mais aussi comme un ultime rempart protecteur d’intérêts de partis.

    Mais ce jour radieux ne nous fait pas non plus tomber dans une euphorie déplacée en oubliant la triste réalité du paysage politique français, car, à ce jour, le Front national, avec ses 30 % d’électeurs, ne compte que deux députés, une petite dizaine de mairies et zéro département ! Pour nos « démocrates », ceci légitime plus que tout le « barrage républicain ». En bons « politicards » véreux des temps modernes, nos élus se moquent éperdument des résultats des urnes.
    Lorsqu’ils ne correspondent plus à leurs attentes, à leurs idées, mais aussi à leurs besoins, ils n’hésitent pas à créer des modes de scrutin écartant d’office les concurrents désignés préalablement comme illégitimes ou bien à passer des alliances improbables autour d’un hypothétique pacte républicain. Et contre ceci, il va être très difficile au Front national de changer la donne tellement les règles du jeu démocratique sont faussées dès le départ… mais là où il y a une volonté, il y a aussi un chemin.

    Vincent Revel

    http://fr.novopress.info/

  • Les catholiques ont davantage voté FN

    6a00e008d99039883401bb089ae06b970d-250wi.pngSelon un sondage de Pèlerin :

    "32 % des interrogés se déclarant « catholiques » ont voté pour une liste frontiste, au-dessus de la moyenne des Français (28,4 %). Si les non-pratiquants votent davantage FN (34 %), la pratique régulière n’empêche plus de voter pour ce dernier. [...] 

    Et c’est assez nouveau. En mars 2015, lors du premier tour des élections départementales, seul 9 % des catholiques assidus à la messe avaient voté pour le parti de Marine Le Pen. Dimanche, ils étaient 24 % soit plus du double.

    En mars, la droite parlementaire récoltait 69 % des suffrages de cet électorat (sondage IFOP/Atlantico mars 2015). Elle n’en a obtenu que ce 56 %, ce dimanche 6 décembre, si l’on additionne le score des Républicains alliés au centre à celui de « Debout la France », la formation de Nicolas Dupont-Aignan.

    Cette droite a donc perdu 13 points entre les deux élections !C’est, à peu de choses près, la proportion gagnée par le FN… Par ailleurs, 9 % des catholiques pratiquants réguliers ont voté pour « Debout la France », soit deux fois et demi la moyenne nationale. [...]"

    Interrogé dans Famille chrétienne, Mgr Rey appelle à sortir des lynchages :

    "En ce moment, dans le contexte médiatico-politique qui privilégie l’émotivité, les clivages, les lynchages, les récupérations, seule la promotion d’un langage de raison est à même de relever le débat. Je crois qu’il est grand temps de rétablir la noblesse de l’action politique. Elle doit viser la recherche du bien commun et la promotion d’un humanisme ouvert à la transcendance. Je crois que le discrédit de la politique participe du délitement de la rationalité et de la perte de nos racines chrétiennes."

    Michel Janva

  • L’approche civilisationnelle en question

    Le monde huntingtonnien

    Lancée par Samuel P. Huntington voilà quelques années, tout d’abord par la publication d’un article dans Foreign Affairs puis dans par livre traduit en français chez Odile Jacob, la thèse du « choc des civilisations » (Le choc des civilisations, titre de l’ouvrage de Samuel Huntington, est tiré d’une analyse de Bernard Lewis, datant de 1990, sur les racines de la violence musulmane) fait aujourd’hui recette en France d’autant plus après l’attentat multicible de New York, car il faut expliquer au public comment cela a pu être possible, trouver des fondements à l’inexplicable et mettre cela en perspective.

    La thèse du livre tient dans sa vision originale du monde d’aujourd’hui et des conflits de demain ; nous sommes confrontés à une nouvelle structure organisationnelle du monde, laquelle n’est plus idéologique, politique, ou économique, mais culturelle et civilisationnelle. Sur cette vision du monde, quelques reproches, dont la liste des “civilisations” reconnues par l’auteur, liste contestable parce qu’implicitement en découle une dynamique relationnelle inter-étatique bien convenable pour les États-Unis. Le monde nous dit Huntington est décomposé en huit entités : occidentale, islamique, hindou, slave-orthodoxe, japonaise, africaine, latino-américaine et confucéenne. Toujours selon l’auteur, les conflits à venir seront inter-civilisationnels, et s’opèreront surtout aux différentes zones de ruptures, aux zones de contacts inter-civilisationnelles. Néanmoins, on constate que seuls les lignes de contact entre le monde islamique et les autres civilisations fait apparaître conflits et affrontements sanglants.

    Parmi ces “conflits inter-civilisationnels”, Huntington en recense un particulièrement révélateur de la profondeur et de la puissance de ses arguments : le conflit du Timor. Dans cette partie du monde nous serions, selon l’auteur, à une des zones de contact entre la civilisation islamique et la civilisation occidentale : CQFD. Pourtant, pour peu que l’on connaisse les origines de ce conflit, force est de constater qu’il est plus de nature politique que “civilisationnel”, religieux ou même ethnique. Sur l’île de Timor, tant dans la partie indonésienne que dans la partie orientale, 98% de la population est chrétienne catholique, et d’une ethnie homogène. Seul le fait politique et le sentiment national expliquent ici le conflit, et il suffit de lire les noms de tous les chefs du camp pro-intégrationiste (donc indonésien) comme de leurs partisans pour constater qu’ils sont tous catholiques. L’Islam n’a donc rien à voir dans ce conflit ; il y a d’un côté ceux qui défendent l’idée du rattachement du Timor oriental à l’Indonésie et de l’autre ceux qui veulent l’indépendance. On cherche en vain le motif religieux, civilisationnel…

    Nous pourrions développer sur la faiblesse de la thèse huntingtonienne en passant au crible d’autres conflits qualifiés de “civilisationnels” par l’auteur et présentés sur sa carte du monde, pour démontrer l’inanité de ce motif unique, sorte de deus ex machina de son paradigme. Ce tableau montrerait que le motif civilisationnel n’est pas le seul et encore moins le premier des facteurs entrant en ligne de compte pour expliquer les différents conflits à travers le monde où la civilisation islamique entre en contact avec les autres civilisations.

    Une grille d'analyse binaire et monocausale

    Certes, nous pourrions admettre que si le paradigme civilisationnel est instructif, en ouvrant des possibles et des jeux nouveaux dans le concert des nations, il n’est pas pour autant suffisant ; l’élément géostratégique demeurant nécessaire à une bonne lecture du monde. En elle-même, cette explication des conflits est déjà une politique étrangère, une lecture idéologique du monde ; car ce qui frappe surtout dans la thèse huntingtonnienne, c’est la grille d’analyse proposée : binaire et mono causale.

    Tout géopoliticien même commençant, sait que la civilisation n’est pas et ne peut être l’élément unique à même de permettre une analyse méthodique et rationnelle de la réalité mondaine. La géographie, la réalité des nations, les différences ethniques et raciales, la religion, l’idéologie, la politique et l’économie sont autant de facteurs entrant en ligne de compte pour lire le monde et ses mouvements. Certes, il y a une hiérarchie dans ces éléments, mais il appartient de ne pas choisir (?) celle qui nous est présenté par autrui, ce dernier fut-il le maître du monde, l’hyper-puissance mondiale elle-même. Le choix et la hiérarchie d’entre ces éléments ne peuvent et ne doivent être que le résultat de l’analyse politique des rapports de pouvoirs dans les relations internationales, c’est à dire le produit de la réflexion et de l’action de l’homme politique, œuvre géostratégique qu’il établit à partir des intérêts propres de son pays.

    Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les États-Unis et l’Europe, si elles embrassent la même religion chrétienne, n’ont pas pour autant les mêmes intérêts ni les mêmes approches économiques, politiques, culturelles. La “civilisation occidentale” regroupant USA et Europe, ne possède donc pas un “nous”. Comment l’Europe, et en particulier la France, pourraient-elles avoir la même géopolitique que les États-Unis alors qu’un océan les sépare, que leur géographie respective les ouvre à des perspectives de relations internationales différentes, que leur Histoire et leur civilisation bien que parfois concomitantes sont néanmoins distinctes à jamais ? Des accords ou des alliances existent et ont existé, mais elles ne peuvent avoir qu’un caractère contingent.

    Par ailleurs, force est de constater que l’approche civilisationnelle du monde se calque sur la grille de lecture qui prévalait avant la chute du mur et la désagrégation de l’URSS, celle qui existait pendant la guerre froide, et qui avait réussi à scinder le monde en deux : le “camp de la liberté” et celui du communisme. Aujourd’hui donc, avec Huntington, encore deux camps exclusifs, cette fois l’Occident et l’Islam (isme). Pauvre vue que celle de ce professeur à Harvard, qui ne peut se départir d’une approche binaire et mono causale des relations internationales.

    Cette « analyse » qui récuse formellement tout idéologie, créé en fait un système de représentation tout en symbiose avec celle de son « ennemi », de son double en fait : l’islamisme. “L’Occident” dont nous parle Huntington, cette sphère civilisationnelle dont l’État-Phare serait les États-Unis, n’est que le résultat d’une représentation idéologique du monde ; une idéologie au service et au bénéfice ultime des États-Unis seuls, à moins que l’on accepte la vassalisation de l’Europe et de la France, que l’on approuve ce statut de “dimmitude” accordé par ceux qui détiennent la “puissance globale” à un moment donné de l’histoire du monde.

    Avec l’Occidentalisme et l’Islamisme, nous sommes en fait en présence de deux idéologies totalitaires et hégémoniques, idéologies et systèmes de représentation corollaires qui font que quiconque ne choisit pas un des deux camps est immédiatement rejeté dans l’autre. C’est le manichéisme le plus total.

    — Vous récusez le Jihad, le concept coranique de guerre, la vision islamique/islamiste du monde ? Vous êtes donc un chien d’infidèle, un matérialiste athée et un rien qu’un consommateur !

    — Vous refusez de choisir le camp de la Liberté, de la défense de l’Occident et de ses valeurs (démocratie, droits de l’Homme, la loi du marché) ? Vous faites le jeu de l’Islamisme, vous êtes complice de la Jihad qui s’annonce, vous êtes un ennemi de la Liberté !

    Un discours qui mène à la vassalisation définitive de l’Europe

    Ces visions du monde binaire, ont le privilège de “fonctionner” à merveille dans le discours politique car ils sont simples, à même d’être entendu par tous, mais ils radicalisent et polarisent aux extrêmes les esprits, poussant à l’affrontement et conduisant à la guerre. Notons qu’en France depuis peu, certains chercheurs en géopolitique ont trouvé le moyen d’avoir de l’audience en reprenant le paradigme de guerre civilisationnelle, souvent même en récusant cette parenté intellectuelle pourtant claire. Mais cette attitude conduit logiquement d’une part à la défense et au soutien inconditionnel de pays au cœur de la déstabilisation moyen-orientale, et enfin à la vassalisation définitive de l’Europe par une puissance étrangère. Cette vassalisation passant aujourd’hui par la mise en place du bouclier anti-missiles NMD, comme elle le fut par l’IDS, la “guerre des étoiles”, ou par le parapluie nucléaire américain, et plus loin encore le Plan Marshall.

    Face à ces déterminismes existentiels et géopolitiques, il faut rappeler que la liberté réside en la faculté de choisir dans l’univers des possibles, et que la volonté politique peut ouvrir une troisième voie, que celle-ci pourrait être à même de faire valoir le sens de l’intérêt national. Une vision du monde bipolaire est par elle-même belligène. Rappelons que plus il y aura de camps, plus il y aura de pôles, plus il y aura d’options politico-stratégiques, moins il y aura possibilité de conflits car les antagonismes seront diffus. A contrario, quand les antagonismes seront réduits à deux ou trois parties, l’élan mobilisateur et la cristallisation des polarités seront à même de s’ouvrir sur la guerre totale.

    Il reste à nos hommes politiques mais aussi à nos concitoyens d’œuvrer dans le sens d’une politique étrangère française authentiquement nationale, respectueuse de l’identité des autres pays, et défendant une vision du monde originale s’inscrivant dans une tradition historique éprouvée.

    ► Philippe Raggi, 3 déc. 2001, in : Au fil de l’épée recueil n°30 (supplément à NSE n°53), février 2002.

    http://www.archiveseroe.eu/recent/44