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actualité - Page 4608

  • Calais « zone de guerre » : camions pris d’assaut par les clandestins

    Des touristes néo-zélandais ont filmé une scène choquante pour eux, hélas banale pour nous : les prise d’assaut de camions par des clandestins aux alentours de Calais.

    La diffusion de cette vidéo intervient au moment où justement, les responsables d’un syndicat de transporteurs, Freight Transport Association, tirent la sonnette d’alarme et parlent désormais de « zone de guerre » pour décrire Calais. la vidéo fait grand bruit outre-Manche. On se souvient du cri d’alarme poussé par des chauffeurs anglais, boycottant Calais de peur que quelqu’un finisse par se faire tuer par les clandestins (voir tweet ci-dessous). Dans le même temps, des motards de la police ont filmé leur intervention sur la rocade de Calais, pour montrer à quel point la situation est tendue.

    On ne peut interpeller personne, on les sort des camions et ils reviennent aussitôt. C’est sans fin…

    explique David Michaux, du syndicat UNSA-Police. Il précise : “On veut aussi montrer que de nombreux migrants sont pacifiques mais aussi que certains, notamment les passeurs, n’hésitent pas à s’en prendre à nous, à nous provoquer, à avoir des comportements très limites.”

    Crédit photo : capture d’écran de la vidéo de touristes montrant un camion pris d’assaut par les clandestins le 8 juin 2015

     

    http://fr.novopress.info/189293/calais-zone-de-guerre-camions-pris-dassaut-par-les-clandestins/#more-189293

  • La Pologne de demain se conçoit nationale et catholique

    Lu dans Minute :

    2724_page_01"En Pologne, tout se joue politiquement entre la droite et le centre droit tant le pays s’inscrit dans le mouvement dextrogyre à l’œuvre en Europe, à l’instar de la Hongrie et de son premier ministre Vicktor Orban, chef de file du Fidesz. Après l’euphorie néolibérale qui suivit la chute du mur de Berlin, vient le temps de la réappropriation des mémoires nationales au grand dam des bien-pensants. L’élection d’Andrzej Duda constitue une rupture. En effet, depuis un quart de siècle que la Pologne a retrouvé sa liberté, elle est devenue, sous le coup des investisseurs occidentaux, un laboratoire du libéralisme échevelé: dans la moindre petite ville, les supermarchés anglais, français, voire portugais se côtoient en ouvrant sans discontinuer de 6 heures du matin à minuit, même le sacro-saint dimanche. Idem pour les petits commerces qui doivent s’aligner sous peine de disparaître. Les subventions européennes sont partout, permettant un réel embellissement du pays, même si le réseau routier est loin d’être performant. [...]

    « Même ici [à Wroclaw], dans la région la plus europhile de Pologne, Droit et Justice progresse », nous explique une enseignante polonaise. « Son discours eurosceptique, sa défense des valeurs ancestrales polonaises séduit de plus en plus les jeunes. De même, on sent un net regain d’influence de l’Eglise catholique. » Effectivement, ici, les églises et les chapelles sont partout et les bâches publicitaires qui s’étalent sur leurs façades multiplient les slogans religieux. Ici on se marie jeune, on fait des enfants et on ne croise aucun immigré. Autour des bourgs s’étendent à perte de vue des champs de blés, entrecoupés de haies d’arbres bienvenues pour soulager le voyageur de la chaleur déjà très lourde en ce mois de juin. Pour la classe politique polonaise montante, celle des jeunes cadres de Droit et Justice, l’Union européenne (que la Pologne a rejointe en 2004) n’est pas un absolu ni un horizon indépassable. Elle est surtout une machine à subventions. Si la Pologne s’est beaucoup rapprochée de son voisin allemand, elle voit d’un mauvais œil la police de la pensée qui s’exprime au sein des instances bruxelloises. Sans pour autant vouloir se rapprocher de la Russie, dont elle voit la puissance renaître à l’Est. Les deux partis se disputant le pouvoir affichent le même atlantisme et un soutien de principe à l’Ukraine. Dépecée, envahie, mise sous tutelle pendant des siècles, la Pologne de demain se conçoit nationale et catholique. D’où la parenté que l’on peut dresser avec le cas hongrois. Les élections législatives de l’automne 2015 pourraient donc voir revenir au pouvoir, comme chef de gouvernement, Jaroslaw Kaczynski."

    Michel Janva

  • Exclusif – Interview de Serge Federbusch 1/3 : les finances catastrophique de Paris

    Serge Federbusch connaît la politique parisienne de l’intérieur et la décortique avec acuité dans une série d’entretiens accordée en exclusivité pour NOVOpress. Au menu du jour, les finances de la ville devenues folles. Revenez demain pour apprendre comment l’équipe municipale met à mal l’identité de la capitale. Auteur de « la marche des lemmings », ouvrage consacré à la manipulation politico-médiatique des attentats de janvier, Serge Federbusch reviendra enfin sur cette question.

    NOVOpress :Monsieur Federbusch, vous avez été élu conseiller du Xe arrondissement de Paris de 2008 à 2014, président du Parti des Libertés, fondateur de Delanopolis.fr, premier site indépendant d’informations en ligne sur l’actualité politique parisienne. Merci pour votre éclairage « de l’intérieur » sur le fonctionnement de la Mairie de Paris et plus généralement sur l’état politique de Paris.
    La mairie de Paris c’est une dette passée de 1 Milliard en 2001 — année d’arrivée de Delanoë à la Mairie — à 3.7 Milliards en 2013… Alors Paris, c’est une petite Grèce en puissance, qui pourrait se retrouver en faillite comme Detroit ?

    Serge Federbusch : Lorsque la gauche arrive au pouvoir municipal en 2001, la ville, malgré la campagne de dénigrement lancée par la gauche contre les Tiberi, est bien gérée. Les impôts sont bas, la dette anecdotique. Cette dernière a quadruplé en 14 ans de « socialoverdisme », soit un pourcentage d’augmentation bien supérieur à celui de la dette de l’État, pourtant en vive croissance. Mais le plus inquiétant est que cette hausse s’est faite malgré une forte augmentation des impôts et, surtout, malgré la divine surprise des recettes de droits de mutation (frais de notaires), portées par la hausse du prix de l’immobilier. Delanoë et Hidalgo ont réussi l’exploit de faire « exploser » la dette alors qu’ils bénéficiaient d’autres recettes en forte croissance.

    NOVOpress : Lors des discussions sur le Budget 2015 Anne Hidalgo a « découvert » qu’il lui faudrait trouver de quoi combler « un gap de 400 millions d’euros ». Cette ignorance et cette panique sont très inquiétantes : ne peut – on craindre d’autres « découvertes » du même genre et une spirale sans fin de taxations, d’emprunts et de dépenses incontrôlées ?

    Serge Federbusch : Naturellement, il s’agissait d’une surprise feinte, car Hidalgo sait parfaitement d’où vient le problème. La municipalité a engagé la ville des dépenses clientélistes très lourdes dont beaucoup ont des effets récurrents : logement social, embauches, etc. Elle n’ose pas tailler dans les subventions aux associations de copains et de coquins. Il lui faut donc augmenter les impôts de manière discrète et, surtout, continuer de faire croître la dette.

    NOVOpress : Le montant total des subventions accordées aux associations est passé de 133 millions d’euros en 2001 à 203 millions d’euros en 2011 pour 3000 bénéficiaires. Une centaine de personnes travaillent à la mairie pour gérer ces subventions, mais quel est le niveau de contrôle réel sur l’utilisation de ces fonds publics, y a-t-il par exemple des rapports d’activité de ces associations présentés au conseil municipal ?

    Serge Federbusch : Le contrôle est anecdotique. Il n’y a presque jamais d’évaluation de la pertinence des sommes dépensées. Ainsi, depuis des années, on vote des dizaines de milliers d’euros pour numériser une bibliothèque kurde dans le 10e arrondissement. Depuis le temps, les rares lecteurs de ces ouvrages ont eu le temps de se mettre à l’informatique c’est sûr ! La réalité est que cet arrosage clientéliste est indispensable au maintien de l’emprise socialiste et verdiste sur Paris.

    NOVOpress : Il y a eu une augmentation de 20 % du nombre d’employés municipaux depuis l’arrivée de Delanoë en 2001. Pourtant il n’est pas sûr que les Parisiens puissent constater une amélioration de la qualité des services offerts. Il y a-t-il d’après vous une prise de conscience de la Mairie dans ce domaine et des mesures envisagées pour rendre cette gestion du personnel plus efficace ?

    Serge Federbusch : Ils essaient depuis quelques années de limiter la casse, mais le mal est fait. La sous-productivité dans certains services, par exemple le balayage des voies publiques, l’urbanisme, les services centraux de la mairie avec des triplettes (cabinet/secrétariat général/grandes directions) partout est notoire.

    NOVOpress : Le budget communication de la Ville de Paris, que vous appelez « la voix de son Maire » a augmenté sur la dernière décennie de 166 %, avec un effectif officiel d’environ 250 personnes. En voyant cette dérive ne peut-on penser que la Mairie de Paris n’est plus qu’une machine de pure propagande où les décisions stratégiques se font en fonction du « buzz » généré par un marketing politique et non plus pour le bien-être des Parisiens ?

    Serge Federbusch : Le seul vrai métier de Delanoë c’était la com ». Quand il a voulu devenir président de la République, son emphase est devenue quasi ridicule. Cela étant, mis à part mon site, Delanopolis, il n’y a pas de médium critique qui suive l’actualité parisienne. Il a de ce point de vue réussi son coup et Hidalgo a chaussé ses pantoufles. Il serait intéressant de connaître le nom des journalistes hébergés dans les HLM parisiens. Si vos lecteurs ont des noms, ça m’intéresse.

    NOVOpress : Delanoë puis Hidalgo poussent la candidature de Paris aux Jeux olympiques. Des millions ont été déjà dépensés pour séduire le comité d’organisation et la Mairie se veut rassurante : budget de 6 Mds € financés pour moitié par des fonds privés. Outre que jamais un budget n’a été tenu (Londres a coûté 11Mds € pour 3.2 prévus) quel intérêt pour Paris qui est déjà saturé sur un plan touristique et ne parvient pas à boucler son budget actuel sans augmentation des taxations locales ?

    Serge Federbusch : « Les Jeux olympiques c’est le rêve des politiciens en mal de com » et sans imagination. Qui peut croire que le Grand Paris a un besoin prioritaire de deux ou trois stades et piscines géantes ?

    http://fr.novopress.info/189220/exclusif-interview-de-serge-federbusch-13-les-finances-catastrophique-de-paris/

  • Manuel Valls ivre de pouvoir et accro à l’article 49 alinéa 3

    Manuel Valls n’est pas un adepte du consensus et du dialogue. Il est enfermé dans sa tour d’ivoire, ivre de la puissance que lui accordent ses fonctions de Premier ministre. L’Assemblée nationale, et donc les Français, seront privés d’un débat en deuxième lecture sur la loi Macron. Ce texte est particulièrement controversé, et ce pour plusieurs raisons scandaleuses parfaitement objectives.

    La loi Macron remet profondément en cause notre modèle économique et s’attaque à des secteurs qui n’étaient pas en crise. Cette loi fourre-tout, dont les sociétalistes font la promotion en expliquant qu’elle « modernisera l’activité économique », déréglementera des pans entiers de notre tissu socio-économique jusqu’alors préservés. Elle ne répond qu’à un objectif : préparer le terrain au traité transatlantique pour Bruxelles et Washington, et plaire aux marchés.

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  • François Hollande en Algérie : entre realpolitik et auto humiliation

    Lundi 15 juin, durant quelques heures, François Hollande sera en Algérie, pays en état de pré-faillite, "dirigé" par un président moribond et gouverné par l’ "alliance des baïonnettes et des coffres-forts"[1].

     

    L’Algérie est en effet au bord du précipice économique, politique, social et moral. Elle est dévastée par des avalanches successives de scandales comme ceux des détournements de fonds du programme de l’autoroute trans-algérienne (5 milliards de dollars de dessous de table pour un chantier de 17 milliards...), de la Sonatrach ou encore de la banque Khalifa ; or, il ne s’agit là que des plus médiatisés.

    L’équilibre politique algérien repose sur un modus vivendi entre plusieurs clans régionaux et politiques qui se partagent les fruits du pouvoir au sein des deux piliers de l’Etat qui sont l’ANP (Armée nationale populaire) et la DRS (Département du renseignement et de la sécurité). Quant à l’ordre social national, il résulte d’un singulier consensus :

    - à l’intérieur, les dirigeants qui vivent de la corruption et des trafics en tous genres achètent le silence d’une population qui n’ignore rien de leurs agissements, par de multiples subventions,

    - à l’extérieur, ils entretiennent des mercenaires, journalistes et hommes politiques stipendiés, qui font fonctionner d’efficaces réseaux de communication permettant de donner une image rassurante du pays.

    Or, ce système qui fonctionnait grâce à la rente pétrogazière est aujourd’hui bloqué par l’effondrement des cours du pétrole. En un an, le prix du Sahara blend algérien est ainsi passé de 110 dollars le baril à moins de 60 ; or, selon le FMI ( mai 2015), dans l’état actuel de l’économie de l’Algérie, le prix d’équilibre budgétaire de son pétrole devrait être de 111 dollars le baril.

    Résultat : au premier trimestre 2015, les recettes cumulées du budget de l’Etat ont baissé de 13% par rapport à la même période de 2014 ; quant aux recettes de la fiscalité pétrolière, leur recul fut de 28%. Dans ces conditions, les 200 milliards de dollars de réserves de change dont disposait l’Algérie avant la chute des cours du pétrole fondent comme neige au soleil et le Fonds de régulation des recettes (FRR) alimenté par les ventes des hydrocarbures et dans lequel l’Etat puise pour tenter de prolonger la paix sociale n’est plus alimenté.

    La situation est donc gravissime[2]. D’autant plus que les parts de marché de la Sonatrach en Europe vont baisser en raison de la concurrence de Gazprom qui fournit le gaz russe entre 10 à 15% moins cher que celui produit par l’Algérie. Sans compter que depuis 2014, devenu autonome grâce à ses gisements non conventionnels, le client américain qui représentait entre 30 et 35% des recettes de la Sonatrach a disparu...

    Autre phénomène angoissant pour les autorités algériennes, le prix du gaz naturel liquéfié lié au prix du pétrole et des produits raffinés va de plus en plus être aligné sur le prix du gaz naturel américain, ce qui, selon les experts devrait mettre le GNL algérien entre 30 et 40% de ses prix antérieurs. L’Algérie est donc bien au bord du précipice. [....]

    La suite sur le blog officiel de Bernard Lugan

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Francois-Hollande-en-Algerie-entre

  • Reportage : « Demain, la France des déserts médicaux… »

    Reportage d’Armel Joubert des Ouches pour Reinformation.tv : 60 % des médecins s’installaient en médecine libérale il y a 30 ans. Ils ne sont plus que 30 % aujourd’hui. Ils sont 90.600, ils seront 5.000 de moins en 2020. Que se passe t-il donc ? Une politique au coup par coup, une augmentation des contraintes administratives ; il y eu également le numérus clausus qui a fait chuter le nombre d’étudiants en médecine durant plusieurs années. Fixé annuellement par le gouvernement, le nombre d’étudiants « choisi » pour entrer en seconde année de médecine a été volontairement limité durant des années. Or, il faut en moyenne 10 ans pour former un médecin.

    http://www.contre-info.com/

  • Régionales : Ouverture à gauche de l'équipe Estrosi

    Jean-Jacques Aillagon fut ministre de la culture de 2002 à 2004 sous les gouvernements Raffarin. En 2012 Jean-Jacques Aillagon vire à gauche dans une tribune de « Libération » en annonçant « Le 22 avril prochain, je voterai François Hollande ». Jean-Jacques Aillagon est connu des lecteurs du Salon Beige pour ses "koonseries".

    Aujourd'hui, il rejoint l'équipe de campagne de... Christian Estrosi.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Les Gavroches : La mort s'invite au Sénat les 16 et 17 juin - Concert public le 21 juin à Paris

    Après l'Assemblée Nationale, la Mort est de retour. Le 16 et 17 juin, elle rôde au Sénat.

    Le Gouvernement a ouvert la boîte de Pandore. 
    Il a libéré la parole des pro-euthanasie.
    les Gavroches dénoncent cette attaque contre la société.

     

    Les Gavroches organisent un grand concert pour la fête de la musique : dimanche à 20h00, sur le parvis de Notre Dame de Paris. 

    "Les Gavroches sortent dans la rue le 21 juin avec violon, cornemuse, piano et guitare, de la voix, du rythme et beaucoup d'ambiance !"
     Gavroches

    Marie Bethanie

  • Manuel de Poutine-bashing à l’attention des journalistes débutants

    L’article qui suit (d’un dénommé Krokodilopublié  sur Agoravox) m’a littéralement fait jubilé. Il traite avec une finesse bien senti et par la dérision de l’incroyable insanité de la presse « alignée » et de ses « petites mains » qui ne reculent devant rien pour salir l’image de la Russie en général et de Poutine en particulier. Je vous laisse savourer… (En guise de ponctuation finale, j’ai été un peu taquin, et je vous ai ajouté une petite vidéo 

    Mais avant – et si il y a des journalistes qui passent par là – je voudrais vous inviter très vivement à regarder cette vidéo (encore merci à Vincent Parlier)… où l’on y voit une cérémonie ukrainienne officiellement nazie à 100 %. Ce sont ces gens là que notre gouvernement supporte avec la crasse complicité des médias. Dites-moi un peu, quel dose de somnifères intellectuels (ou autres substances) faut-il avoir consommé pour nier les faits… qui s’entassent, qui s’entassent… jusqu’à donner la nausée ? Comment continuer à présenter ce régime de Kiev (dont l’AFP reprends presque systématiquement la « version des faits »)  comme étant le « camp du bien » ? Le camp des « valeurs de la démocratie » … contre l’infâme « bête Russe » ?

    Non mais Allô quoi ! 

    Manuel de Poutine-bashing à l’attention des journalistes débutants

    J’allais titrer « Manuel de lynchage de Poutine (ou de dénigrement) », mais autant entrer rapidement dans le vif du sujet : évitez d’écrire un français désuet, utilisez des anglicismes, vrais ou faux, afin de maintenir le cerveau du public dans une ambiance atlantiste et anglophone, la ligne éditoriale de la majorité de nos médias.

    (Et mettez beaucoup de Majuscules, ça fait très Américain et ça ne coûte pas plus cher.)

    Tout d’abord, le principe général : la neutralité n’existe pas. Tout, absolument tout, doit être orienté pour plaire à votre rédac’chef, ses patrons et leurs annonceurs.

    Oubliez vos cours de l’EFJ sur l’histoire etl’éthique du journalisme que de vieilles gloires vous ont assénés en rêvant au Pulitzer qu’ils ont failli avoir.

    On vous y a certainement rapporté les propos de Beuve-Mery : « L’objectivité n’existe pas. L’honnêteté, oui ! ». Ou sa boutade sur le fait qu’il recevait, pour le même article, des lettres de lecteurs le félicitant pour son objectivité et d’autres critiquant son manque d’objectivité !

    L’objectivitéest une chimère, une valeur ringarde abandonnée de tous.

    Le fait nouveau est que l’honnêteté n’est pas loin de prendre le même chemin !

    En tout cas si vous espérez une carrière rapide, avec de belles perspectives de reconversion, abandonnez toute idée d’honnêteté au profit d’une notion plus moderne, quoique ancienne : l’opportunisme. Souple comme la recharge d’un stylo Bic, vous saurez corriger rapidement un article sur l’ordinateur, dans le sens voulu.Surmonter sa tendance naturelle à l’honnêteté n’est pas facile, du moins au début, aussi allons-nous vous donner quelques trucs du métier et des exemples puisés à l’actualité de l’Ukraine, Poutine et la Russie.

    Le but étant le « Poutine-bashing », laissez tomber les cours d’histoire sur l’URSS, l’Ukraine ou la Crimée, compliqués et fastidieux : attaquez ad hominem.

    C’est plus simple et plus amusant.

    Tout le monde a vu au moins une fois une photo de Poutine en train de faire du sport, notamment celle-ci, torse nu dans la taïga, fusil à la main(2007)

    Ou en tenue de camouflage,muni d’un fusil qui fait plus tireur d’élite que chasseur– d’ailleurs reprise pour un jeu de tueur de zombies :

    En judoka. En 2006 il s’entraîne au tir dans le nouveau QG du GRU.

    En 2009 il nage dans de l’eau glacée, puis à cheval, en scooter, avec un tigre, à la chasse à la baleine (scientifique). Bref, la matière est vaste, mais comment l’utiliser au mieux ?

    Ne tombez pas dans la banalité, comme Wikipedia qui prétend qu’il fait du sport parce qu’il aime le sport !

    « Élève médiocre et bagarreur, Vladimir Poutine pratique dans sa jeunesse la lutte russe, le sambo et le judo dès l’âge de 11 ans (il est plusieurs fois champion de sambo de Leningrad ; en 1973, il s’est vu conférer le titre de maître des sports de sambo, en 1975, de judo). Il aime jouer au tennis, faire du ski alpin, de l’équitation et de la natation. »

    Ce goût de la vérité peut être acceptable dans une encyclopédie, mais pas pour un journaliste !

    Un stagiaire peu inspiré dira qu’il est sportif mais qu’il en joue comme tout politicien, en se mettant en scène, comme les footings des présidents américains entourés de leurs « Secret Service », ou notre Sarkozy avec son teeshirt du NYPD, ou F. Hollande en.. . scooter.

    Mais on ne vous paie pas pour écrire que Poutine est un politicien comme les autres, c’est pas avec ça que vous vous ferez remarquer du boss. On vous paie pour montrer que les autres présidents ont de nobles raisons de se mettre en scène, comme Slate l’a bien compris : « Nicolas Sarkozy est un amoureux du sport. Outre son jogging quotidien, notre Président est également un cycliste émérite. Mais pas seulement. Supporter du PSG, il aime la compagnie des sportifs de haut niveau et ne perd pas une occasion de les encourager. »

    Prenez-en de la graine, celui qui a rédigé cette accroche ira loin.

    Les autres présidentsveulent être proches du peuple (VGE en campagne électorale, pas en safari africain…), honorer des vedettes du sport de leur présence (Tony Blair, Schroeder), honorer la mémoire d’anciens combattants(George Bush), courir par patriotisme, jouer avec une belle blonde (?) (Loukachenko), ou simplement aiment le sport (Evo Moralès). Tous ces président-sportifs dans leurs oeuvres, dans cet excellentdiaporama

    Alors comment faire du Poutine-bashing avec ce que tous les présidents pratiquent ? (Du moins ceux qui le peuvent…)

    Sur le mode ironique : en faisant remarquer qu’être torse nu au milieu des moustiques et des épineux n’est pas la tenue la plus pratique pour la chasse ou l’équitation. Mais cette ironie bon enfant tendrait à le rendre sympathique, sur le mode « il s’est mis en vedette mais c’est tellement évident que c’est un clin d’oeil ».

    Étudiez les pros :

    « Vladimir Poutine est passé maître dans l’art de se mettre en scène. Année après année, été comme hiver, il ne recule devant rien pour se débarrasser de son étiquette d’apparatchik moscovite. Un sportif amoureux de la nature et des nouvelles technologies, voilà l’image que l’ancien espion du KGB veut donner… »(Slate)

    (Attention : ne rappelez jamais que Bush père a dirigé la CIA)

    Si Poutine fait du sport et se met en scène, c’est par par démagogie, prétention, nationalisme, mégalomanie ou militarisme. Il se croit un surhomme, il est inquiétant, voire dangereux.

    Vous pouvez aussi faire preuve d’originalité : on pourrait le qualifier de voleur pour s’être emparé du « mens sana in corpore sano » de notre civilisation gréco-romaine !

    Si vraiment vous tenez à rappeler qu’il est authentiquement sportif (ce zeste d’honnêteté vous perdra), faites-le avec une ironie bien sentie, comme ici  :

    « La campagne de Vladimir Poutine pour les prochaines élections présidentielles russes est assez simple puisque l’actuel Premier ministre excelle dans tous les domaines. Après avoir montré ses talents de joueur de badminton, il a fait du judo avant de conduire une Formule 1, de tuer un tigre, d’escalader une paroi rocheuse des Alpes et d’endosser le costume de dentiste. Hier, il a même montré ses incroyables talents de hockeyeur sur glace (…) Vladimir Poutine qui slalomait dans une défense qui n’osait pas défendre et face à un gardien qui priait pour ne pas arrêter le tir. » Ça c’est un pro, coco !(Sa photo jouant au badminton ne doit pas être utilisée, trop pacifique. Si vous n’avez pas encore compris ça, je ne donne pas cher de votre avenir dans les médias. Au fait, le type qui l’a mise dans ce diaporama travaille-t-il encore à « 20 minutes » ? Étonnamment, on ne voit jamais cette photo…)

    Prenez exemple auprès d’un autre de nos experts en Poutine-bashing, l’ex-journal de référence, Le Monde. : « pays dont le maître aime mettre en scène sa virilité et sa force. L’objectif : sacraliser le corps du roi et affirmer sa toute-puissance. »

    Tapez fort, sans scrupules, les plus (ex)-grands s’y sont mis !

    Dans cet esprit, je vous propose un petit exercice pour vous faire la main :

    George Bush ou Clinton jouent au golf (même diaporama, photo 21 et 22). Imaginons que Poutine ait été photographié sur un green, quelle légende choisiriez-vous ?

    Poutine se détend avant une rencontre sur les accords de Minsk2

    Poutine joue au golf avec des oligarques.

    Si vous hésitez, envisagez un changement de carrière.

    Variez un peu en alternant sport et sexe. Vous pouvez rappeler ses problèmes conjugaux, mais en un temps où les stars se marient cinq ou six fois, où nos propres présidents ont des vies privées dignes de Hollywood, et maintenant que Poutine a officialisé sa séparation, c ‘est du réchauffé pour stagiaires.

    Cherchez un truc original, fût-il insignifiant, limite imaginaire, à la manière de l’Observateur : leur article sur « Poutine galant ».

    Et quand vous tenez un angle d’attaque (car il s’agit bien d’attaquer, j’espère que vous l’avez compris), utilisez-le sans relâche. Soyez comme un chien qui ne veut pas lâcher son os : six mois après les faits, L’Obs mettait toujours ce papier anecdotiqueà la une de son site !

    Bien sûr, sport ou sexe, on ne peut attaquer l’homme en permanence, même un journaliste moderne est obligé de mettre quelques infos de temps en temps ! C’est donc à la façon de les manipuler qu’on jugera de votre soumission.

    Déjà, soignez les titres, car certains lecteurs pressés ne liront que ça… Et pour les titres, retenez un bon truc : la forme interrogative, élégante méthode qui permet de décliner suppositions, exagérations, ou mensonges éhontés (qui ne sont finalement que des hypothèses) : « Ukraine : la Russie amasse-t-elle du matériel militaire à la frontière ? »(L’Express)

    « UKRAINE. Après Debaltseve, les séparatistes veulent-ils prendre Marioupol ? »

    (L’Obs)

    C’est une technique qui en outre laisse libre cours à votre imagination, par exemple : « Poutine mange-t-il des enfants au petit-déjeuner ? » (j’exagère volontairement pour être plus clair)

    Bien sûr, l’interrogation n’est pas limitée au titre. Comme nous l’avons appris en philo (qui a dit que la philo en terminale ne servait à rien ?) il faut souvent finir par un questionnement plus vaste :

    « Mais s’arrêteront-ils là ou continueront-ils de gagner du terrain vers le sud et le grand port de Marioupol ? »

    « Poutine veut-il reconstituer l’URSS ? »

    Soyez bref. Et ne gardez que les infos favorables à votre camp. Par exemple récemment, le Parisienet BFM-TV ont fait ça très bien en omettant les civils tués à Donetsk et dans les villages alentour (citez-les quand même de temps à autres pour faire objectif). Laissez tomber les 6000 victimes civiles estimées, ou les mines placées par les milices.

    Pareil pour les violations des accords de Minsk-2 : si vous tenez à votre job, n’allez pas dire que tirs et bombardements sont autant le fait de l’armée ukrainienne que des rebelles, ou que la présence de mercenaires américains et les livraisons d’armes sont contraires à ces accords ! Ou que Kiev ne veut pas en appliquer le volet politique. Faites simple à la manière des vieux westerns : les bons et les méchants.

    Pour faire bref, simple et rapide, il y a une méthode journalistique très utilisée : recopier les dépêches de l’AFP ou de Reuters – libre à vous de les citer comme dépêches, ou de les utiliser pour « rédiger » un papier. Vos patrons paient déjà un abonnement à l’année à ces agences, alors pour qu’ils vous engagent, il faut leur montrer que vous en voulez !

    Autre truc du métier : une « erreur » de traduction peut rendre bien des services…

    « Il est préférable de ne pas débattre avec les femmes ». C’est ce qu’a assuré ce mercredi Vladimir Poutine en interview sur Europe 1 et TF1 mercredi soir, selon la traduction proposée par les chaînes. Le chef d’État russe réagissait aux propos d’Hillary Clinton comparant l’attitude de la Russie à celle de l’Allemagne des années 30. Quelques secondes plus tard, il a aussi estimé que « pour une femme, la faiblesse n’est pas tellement un défaut ».

    L’AFP propose une traduction des mots du président russe plus nuancée. « Il vaut mieux ne pas se disputer avec les femmes », aurait-il déclare. Poursuivant : « Mais Mme Clinton n’a jamais été très élégante dans ses déclarations. »(Le Figaro)

    Renseignements pris, une traduction fidèle, non littérale, serait qu’il ne faut pas contredire les femmes, une phrase courante en russe, un adage populaire ironique, devenu par la grâce des médias une affaire internationale !

    Et là encore, lorsque vous tenez un truc, répétez-vous, renforcez l’effet par des commentaires de peoples, comme celui de l’ancienne compagne de François Hollande qui s’est dite sur Tweeter « heureuse de ne pas avoir à serrer la main de Poutine » !

    Si vous voulez vraiment montrer votre dévotion à la cause atlantiste, écrivez de temps en temps Poutine à l’américaine, « Putin », comme si c’était plus fort que vous : on finira par vous remarquer, votre boss ou même des lobbys, des « think tanks » subventionnés par les USA, qui vous contacteront comme ils l’ont fait pour beaucoup d’autres journalistes…

    Une panne d’inspiration ? Sortez les liens financiers de la Russie avec l’extrême-droite française(L’Obs)

    Reposez-vous de temps en temps en faisant parler un invité pro-Kiev(L’Obs)

    Puis en le réinvitant…(L’Obs)

    Ou un autre écrivain(L’Obs)

    Évitez les métaphores complexes, les raisonnements trop subtils, simplifiez, simplifiez, simplifiez. Un seul exemple : lorsque Poutine a dit « Celui qui ne regrette pas la fin de l’Union soviétique n’a pas de coeur. celui qui pense que l’on peut recréer l’Union soviétique n’a pas de tête. »

    Vous devez résumer par une phrase choc : Poutine regrette l’Union soviétique ! De regretter à vouloir, il n’y a qu’un pas, que le lecteur franchira de lui-même, en se sentant flatté que vous lui ayez permis de faire preuve d’intelligence plutôt que de l’obliger à réfléchir sur une phrase subtile.

    Un petit coup de fatigue ? Restez dans le flou : indiquez des bombardements sans vraiment dire qui tire sur qui(Le FIgaro)

    Vous pouvez aussi étudier ce qu’il ne faut pas faire :

    de longs articles qui analysent en profondeur des problèmes complexes

    Article de Stephen F.Cohen, traduit par le siteLes crises

    Des tribunes de personnalités contestant le dogme (le Monde diplomatique)

    Ou un article par une invitée duPoint(payant)

    Abandonnez vos rêves de grand Reporter et de Pulitzer : les journaux sont subventionnés, ils survivent grâce aux pubs et ne peuvent presque plus investir dans de longues et coûteuses enquêtes sur le terrain.

    L’Expresset Courrier international ont bien fait un papier sur la vague de « suicides » et d’assassinats à Kiev, ainsi que le second une enquête auprès des réfugiés ukrainiens accueillis jusqu’au fin fond de la Russie, mais c’est l’exception. La télé ? Pareil.

    Enfin, cerise sur le gâteau, il n’est pas interdit à un journaliste moderne d’avoir quelques notions de français. Vous pourrez ainsi doser la force des qualificatifs ou user à volonté d’ironie et d’euphémismes.

    Par exemple, il n’y a pas de guerre civile en Ukraine : il y a une crise ukrainienne, une agression russe voire, selon Kiev, une guerre avec la Russie… (Kiev est souvent repris tel quel par l’AFP, avec des guillemets lorsqu’ils ont une crise de conscience).

    La métaphore et l’outrance : comme le nouveau magazineSocietyde mai qui titre à la une « Comment faire plier Poutine ? Dans les secrets des négociations entre la France et la bête russe. » ! Ça c’est des vrais pros.

    Plus c’est gros(sier), plus ça passe dans le journalisme2.0 !

    Nota : pour plus de détails sur la bataille de l’information, très intéressant numéro de Courrier international (21-27/05 2015) : Le retour de la propagande.

    Reprendre les exagérations des autres permet de se reposer tout en se donnant une image d’objectivité, d’autant plus que Kiev se montre très généreux en déclarations délirantes :

    « Ukraine : plus de 9000 soldats russes déployés, selon Kiev »(Le Parisien)

    « Poutine se bat contre vous, les Européens ! »(L’express)

    « Une vingtaine de chars russes et dix systèmes de missiles ont par ailleurs franchi la frontière pour pénétrer en Ukraine et se dirigeraient vers la ville de Novoazovsk, à l’est de Marioupol, selon l’armée ukrainienne citée par Reuters. »(L’Obs)

    Donnez souvent la parole aux opposants ; d’une part ça vous évite la peine d’écrire un article, de l’autre ça va dans le sens du vent(L’Obs)

    L’Otan, la Pologne, la Lituanie et les sénateurs néocons américains sont aussi une source inépuisable de divagations russophobes sur lesquelles vous pouvez broder : « L’Otan appelle la Russie à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne et à ne pas intervenir sous couvert de maintien de la paix. » (La Russie ne doit pas placer ses troupes sur son propre territoire !)(L’Obs).

    «  »Fortes probabilités » d’une attaque russe en Baltique (Rasmussen) »(France-info)

    En fait, plutôt que de faire une école de journalisme, vous auriez dû faire vos armes dans la pub, dont les techniques sont plus en phase avec le journalisme numérique. Mais bon, tout n’est pas perdu. Avec un peu d’application, vous devriez pouvoir oublier tout ce qu’on vous a appris sur la séparation des faits et de l’analyse, l’éthique, la vérification, le recoupement des sources, et tout ce fourbi d’un autre temps qui prend un temps fou et vous fera coiffer au poteau par vos concurrents : c’est le soir même qu’on attend votre papier, pas dans une semaine ! Laissez ces vielles lunes aux services secrets qui informent le gouvernement. Vous, vous informez le public, le formez, le déformez !

    Par contre, montrez-vous capable de faire du Poutine-bashing à la demande, de pondre à la chaîne des titres-choc, bien dans la ligne et avec un calembour ou un jeu de mot en prime, et le poste de rédac’chef sera à votre portée !

    Source : Agoravox

    VIDEO BONUS  (english sorry ! but les images sont éloquentes quand même) :