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actualité - Page 4661

  • Areva ou les limites du colbertisme

    Ce billet a été publié dans l'Action française 2000 du 19 mars 2015 (n°2905 p.10) sous ce même titre. Il entre en archives RA avec des liens complémentaires en bas de note qui n'apparaissent pas dans la version papier faute de place et une notice plus développée sur Hans Hermann Hoppe*.

    Avec un chiffre d'affaires sensiblement constant, l'action Areva a perdu 88% en 7 ans. Ce n'est pas "la faute à pas de chance" car y fut concentré le meilleur des cerveaux français, et c'est sans doute en celà que les déboires de la filière d'excellence sont inquiétants. Le premier reproche que l'on puisse faire à l'ancienne patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, est le fiasco technique d'UraMin. Alors que beaucoup de grands dirigeants français ont suivi un cursus de sciences molles qui les autorise à méjuger les affaires industrielles (la liste est longue), Atomic Anne, agrégée de sciences physiques par Normale Sup, est issue du prestigieux Corps des Mines et s'est donc lourdement trompée dans son cœur de métier. Tout le reste en découle puisque la Justice examine l'alternative entre une erreur par incompétence et une mauvaise décision parfaitement documentée. Le résultat de l'instruction menée par la Brigade financière de Paris et par le juge Van Ruymbecke signalera si l'ingénieur Lauvergeon était sous-calibré pour exercer la dictature nucléaire française consentie par les pouvoirs publics en souvenir du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), ou si elle a cherché dans ses multiples fonctions sa propre gloire. Cette affaire est la pierre de touche qui révélera la nature profonde des erreurs d'Areva : cafouillages typiques des entreprises d'État dont le propriétaire est un buste en plâtre qui trône dans les mairies. On n'ose parler d'escroquerie délibérée et pourtant, beaucoup de millions ont circulé !

    L'affaire est digne d'un roman de Gérard de Villiers. En quelques lignes, la voici : en quête de mines d'uranium à agréger au patrimoine de la COGEMA devenue Areva, la direction du groupe repère la mine centrafricaine de Bakouma qui avait été découverte par le CEA en 1958 et jugée inexploitable alors, site à moitié noyé, minerai enfermé dans une gangue d'apatite quasiment infractable, logistique ruineuse. La hausse du prix de l'uranium changeait-elle aujourd'hui le compte d'exploitation ? Aucun personnel de terrain ne le crut, mais tout l'état-major voulait acheter sans voir, ni même consulter les copieuses archives de la COGEMA. Les patrons se sont laissé rouler dans la farine par les vendeurs, une holding minière canadienne qui fit fortune dans la transaction, quasiment en faillite dans l'exploitation ! Le monde de l'uranium est un boudoir, chacun savait les permis d'UraMin sans valeur. Sauf Areva ?

    Les déboires d'Areva sont typiques de la gestion étatique des entreprises publiques, la morgue passant trop souvent la raison. Que ce soit l'enthousiasme potache à la rédaction du contrat finlandais d'un EPR™ qui n'en finit plus de s'achever dans les pénalités de retard ; les présomptions arrogantes d'ouverture du marché chinois à des réacteurs de 3è génération, qui pourrait bien se limiter pour nous aux quatre unités de Taïshan, le reste du programme national étant sinisé sous licence Westinghouse à tout motif même déloyal comme la standardisation des filières pour optimiser la maintenance ; que ce soit l'agonie du réacteur EDF de Flamanville ; et bien pire, le désastre d'Abou Dhabi où pour une fois la composante politique du projet avait bien manœuvré mais que la suffisance ou l'inconstance des contractants a ruiné au bénéfice d'une technologie coréenne, tout simplement bien présentée ; nous avons touché du doigt dans chacun de ces dossiers le "détachement" d'élites techniques imbues d'elles-mêmes que rien ni personne ne pourrait critiquer. Jusqu'à ce que les alarmes hurlent ! La Cour des Comptes a signalé les ravages d'une technocratie irresponsable par nature, puisqu'elle travaille sur fonds publics, avec l'argent de tous et de personne, contrairement aux groupements anglo-saxons qui engagent sur ces créneaux des compagnies propriétaires de leurs actifs et de leur avenir, dont l'excitation à conclure tranche avec l'impassibilité narquoise des fonctionnaires français.

     

    Quels que soient ses diplômes, ses talents personnels et l'expérience acquise en butinant le domaine industriel de l'État, Anne Lauvergeon qui accumule partout les jetons d'administrateurs, reste incapable de mettre aujourd'hui son chéquier sur le tapis vert pour signer un milliard de dollars à la fin du tour de table. On trouve ces entrepreneurs à leur compte outre-atlantique et en Asie. Ils ne vivent pas dans l'entreprise, c'est l'entreprise qui leur sert de cœur et de poumons. Cette véritable "incarnation" de l'entreprise est invincible. Et le concept n'est pas réservé aux Américains. Quand Monsieur Deng débonda l'énergie créatrice de la Chine épuisée par le communisme, il fit confiance à l'impatience des individus à s'établir socialement et à s'enrichir, et pas du tout à la réforme des grands combinats étatiques. La France de Monsieur Hollande n'a pas encore franchi ce seuil d'intelligence, et pour protéger le "triomphe" du secteur public, Areva sera peut-être réprimandée mais pas condamnée. Comme le dit Hans Hermann Hoppe :"l'efficacité est liée à la propriété privée pour que chacun soit incité à faire des efforts" et le même de conclure à la privatisation gagnante de l'État en ramenant un roi propriétaire puisque la monarchie est la forme la plus comptable de l'avenir du pays, pays qui n'est que le sien. En attendant, Areva a récupéré Philippe Varin, le loser de chez Peugeot qu'il a bien fallu poser quelque part puisque les Chinois n'en voulaient pas ! Il préside aujourd'hui le conseil d'administration depuis la mort de Luc Oursel il y a huit jours, éphémère successeur d'Anne Lauvergeon. 

    Pour ceux qui veulent creuser la mine sur ce blogue :

    Résultats du groupe
    Uramin et Areva - mine de rien
    Uramin, la synthèse d'un scandale
    Uramin, omerta chez Areva
    l'ingénieur Balkany dans le schmilblick minier africain
    Areva chez Bellaciao

    (*) Hans-Hermann HOPPE est professeur au Département d'Economie de l'Université du Nevada à Las Vegas, Senior Fellow du Ludwig von Mises Institute et rédacteur en chef adjoint de la Review of Austrian Economics. Il est né le 2 septembre 1949 à Peine, en Allemagne de l'Ouest. Il a fréquenté l'Universität des Saarlandes à Sarrebruck, la Göthe Universität de Francfort s/Main et l'University of Michigan à Ann Arbor pour des études de philosophie, sociologie, histoire et économie. Il a reçu en 1974 son doctorat en philosophie et son diplôme post-doctoral (sociologie et économie) de la Göthe Universität à Francfort. Il a enseigné dans plusieurs universités en Allemagne, de même qu'à Bologne, au Bologna Center for Advanced International Studies de la Johns Hopkins University. 

    Outre de nombreux articles et brochures, il a publié Handeln und Erkennen (Berne, 1976), Kritik der kausalwissenschaftlichen Sozialforschung (Opladen, 1983), Eigentum, Anarchie und Staat (Opladen, 1987), A Theory of Socialism and Capitalism (Dordrecht, 1990) et The Economics and Ethics of Private Property (Auburn, 1993). 

    C'est le dernier venu et le meilleur supporter de la monarchie

    ** parmi les grands esprits parce qu'il fonde sa démonstration sur du concret, un peu à la manière de Maurras. Il présente ses idées sur un site web personnel (clic) et sur les sites des instituts que nous avons cités.

    (**) Royal-Artillerie : De la supériorité économique de la monarchie

    http://royalartillerie.blogspot.fr/2015/03/areva-ou-les-limites-du-colbertisme.html

  • LE DÉCLIN DU COURAGE

    Le 8 juin 1978, Alexandre Soljenitsyne, expulsé 4 années plus tôt de l’Union Soviétique, suite à la publication de son livre  » l’Archipel du goulag  » où il dénonce les abus du système concentrationnaire soviétique, va prononcer un discours resté mémorable dans les murs de la prestigieuse université américain d’Harvard, haut lieu de la formation des élites du monde entier. Ce discours aux accents prophétiques n’a rien perdu de son actualité. Jugez-en plutôt à la lecture de ces extraits !

    Le déclin du courage

    Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place….

    Le bonheur triste

    Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d’Indépendance.)Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

    Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

    L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n’auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

    Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux….

    De la difficulté de faire du bien

    Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques…

    Du mauvais usage de la liberté

    D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder et de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (…)

    L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleures conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (…)

    L’Occident : un modèle… ? De quoi ?

    Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative. (…)

    Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

    Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

    La vraie cause du déclin de l’Occident :

    Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

    Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.

    Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels. Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’Etat et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

    Perte de la valeur fondamentale originelle

    Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé.

    Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

    Effets et développements historiques de l’humanisme

    L’humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que  » le communisme est un humanisme naturalisé.  » Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (…)

    L’illusion de l’humanisme

    Il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

    Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, d’envie, de vanité, et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

    Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.

    Ultimatum pour un changement profond

    Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

    Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?

    Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.

    Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter … toujours plus haut. »

    http://www.actionroyaliste.com/

  • Aveuglement européen devant les offensives des pays du Golfe

    Jean-Paul Baquiast, ENA, ancien haut fonctionnaire avec une carrière administrative au ministère de l’Economie et des Finances.

    Le pouvoir en France se réjouit du fait que François Hollande ait été l’«invité d’honneur» du sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ce serait le premier chef d’Etat occidental à bénéficier de cet « honneur », ce dont Barack Obama, jusque là l’allié le plus fidèle des dits pays du Golfe, n’a jamais pu faire.

    Il s’est montré l’héritier le plus fidèle de la politique américaine des années précédentes. Il a même à plusieurs occasions endossé les aspects les plus extrémistes de cette politique, contre Bashar al Assad notamment. Il peut par ailleurs jouer un rôle utile d’intermédiaire entre les pays du Golfe et l’Union européenne, notamment lorsque celle-ci manifeste des inquiétudes en matière de droits de l’Homme ou de liberté de la concurrence.

    Bien évidemment, les services rendus par la France aux monarchies pétrolières justifient quelques contreparties. C’est le cas notamment du contrat Rafale au Qatar, qui pourrait être suivi d’un contrat du même ordre en provenance de l’Arabie saoudite. Pour que la France ne se fasse pas d’illusions cependant, le Qatar et ses alliées du Golfe n’ont pas tardé à présenter la contrepartie attendue de ce modeste avantage, notamment l’ouverture de lignes aériennes supplémentaires pour Qatar Airways, au détriment immédiat du groupe Air-France/Lufthansa. Ce dernier vient de rappeler qu’il risque de ne pas s’en relever. Déjà en difficulté, il pourra ne pas résister à la concurrence des compagnies du Golfe. Concernant Air France, en s’installant dans des aéroports régionaux français, les avions qataris risquent de détourner le trafic vers le hub de Doha, au détriment de Paris. Air France sera sans doute obligé de revoir le nombre de ses vols, entrainant les pertes d’emplois en conséquence.

    Les Émirats arabes unis, qui sont, eux aussi, intéressés par des avions de combat, pourraient faire la même demande auprès des autorités françaises pour leur compagnie aérienne Etihad. L’Etat, bien que participant au capital d’Air France, ne fera pas pourtant la moindre objection.

    On ne fait pas les comptes

    Cette affaire a mis en évidence une situation défavorable à l’Europe que nul gouvernement n’ignorait mais que tous acceptent car on ne discute pas avec des Etats arabes riches des milliards que nous leurs versons indirectement par notre insatiable appétit de pétrole, au lieu de rechercher avec plus de détermination des énergies de substitution. Aucune autorité ne fait le bilan de ce que rapportent aux Européens les cadeaux de certains Etats du Golfe, en contrepartie des coûts actuels et futurs des pertes de souveraineté qu’ils leur consentent. Concernant les compagnies aériennes, ainsi, l’Europe qui continue à afficher haut et fort sa volonté de faire régner en son sein une concurrence libre et non faussée, ferme les yeux sur la concurrence déloyale des compagnies du Golfe, qui touchent de la part de leur gouvernement des subventions estimées à plus de 40 milliards de dollars pour ces dernières années.

    Ces subventions permettent, entre autres, à ces compagnies d’acquérir les dernières générations d’avions, d’y offrir des services aux passagers sans égal et bien évidemment de travailler à perte aussi longtemps que nécessaire pour éliminer la concurrence. Elles peuvent aussi, plus directement acheter purement et simplement des compagnies européennes en difficulté, comme ce fut récemment le cas d’Alitalia rachetée agressivement par la compagnie d’Abou Dhabi Etihad. Si les Etats européens ne réagissent pas pour imposer, y compris au sein de la Commission européenne, un néo-protectionnisme dans les secteurs stratégiques, ce sera bientôt aussi le sort d’Air France et de Lufhansa. Le passager européen naïf croira continuer à voler sous les couleurs européennes, sans s’apercevoir qu’il sert dorénavant les intérêts d’ennemis déterminés de l’Europe.

    Les autres secteurs stratégiques

    Le cas des compagnies aériennes n’est que la façade aujourd’hui visible de l’entrée, concurrence libre et non faussée oblige, des capitaux pétro-arabes dans de nombreuses entreprises et services publics européens. Certains de ceux-ci ne sont pas considérés comme stratégiques (comme en ce qui concerne le Musée du Louvre…encore que…), mais d’autres le sont évidemment, comme en ce qui concerne les industries de technologies avancées, travaillant ou non pour la défense.

    Or les capitaux du Golfe ne se bornent pas à rester dans le rôle de « sleeping partners » ou partenaires dormant, uniquement soucieux de récupérer quelques profits. Ils participent directement à une conquête de l’Europe, non seulement économique mais politique. Celle-ci se fait bien évidemment en premier lieu au détriment des travailleurs et des représentations politiques européennes. Le lobbying exercé par les représentants occultes de ces capitaux arabe s’exerce en permanence et influence dorénavant toutes les décisions, tant des Etats nationaux que de la Commission européenne. Mais personne n’en parle.

    Qui connait dans nos démocraties l’influence sur les décisions diplomatiques et économiques du prince saoudien multi-milliardaire Al Waleed bin Talal bin Abdulaziz al Saud. Soyez certains qu’il ne se borne pas à investir dans les casinos. L’avenir de l’Europe repose dorénavant en partie entre ses mains et celles de ses semblables.

    Jean-Pierre Baquiast, 5/05/2015

    Source : Pour une Europe intelligente – Solidarité et puissance

    http://www.polemia.com/aveuglement-europeen-devant-les-offensives-des-pays-du-golfe/

  • Régionales : encore une tête de liste UMP pro-LGBT

    La commission nationale d'investiture de l'UMP a désigné la première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux, Virginie Calmels, en Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin pour les régionales. 

    Dans un portrait dressé en 2012, Libération écrivait :

    "le mariage gay lui semble d’une évidence modérée".

    Après 

    • Dominique Reynié dans la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon 
    • Valérie Pécresse en Ile de France
    • Christian Estrosi dans le Sud-Est

    cela commence à faire beaucoup.

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Comment Marine Le Pen est devenue l'otage de Florian Philippot

    Jean-Marie Le Pen détrôné, Marine Le Pen n’en devient pas reine pour autant. Jour après jour, la vérité des luttes internes au sein du FN finit par émerger. Nous n’assistons par au vrai sacre de Marine, longtemps reporté pour cause d’omniprésence paternelle, mais à la prise du pouvoir par Florian Philippot. 
    Le Canard Enchaîné de cette semaine révèle que le vice-président du FN a fait déposer, auprès de l’INPI, ce qui pourrait être le prochain nom du Front national. Le parti de Jean-Marie Le Pen s’appellera-t-il bientôt "Les Patriotes"? En tout cas, c’est la marque que l’un des membres de la camarilla Philippot au siège du parti lepéniste, Joffrey Bollée, a fait inscrire dans le marbre de la protection juridique, au début du mois d’avril dernier. 
    Ce dernier épisode montre que la liquidation politique de l’héritage de Jean-Marie Le Pen par Florian Philippot a été conçue de longue date. Si l’on en croit encore le Canard, Jean-Marie Le Pen finira par être exclu du parti qu’il a fondé en 1972, au terme d’une procédure pour le moins étonnante : le Congrès nécessaire à la destitution du titre de "président d’honneur" accordé à Jean-Marie Le Pen n’aura jamais lieu. 
    C’est par vote internet ou par courrier que les militants seront appelés à se prononcer sur le sort du "Menhir". La méthode douce, en douce. Pas de réunion publique. Pas de salle surchauffée. Pas de débats passionnés. Pas de procès médiatisé. Pas de caméras indiscrètes. Pas de Petit journal persifleur. Pas de direct continu sur BFMTV. Pas de remous médiatique. Pas de bruit. Qui se souciera du destin de Jean-Marie Le Pen à la fin du mois de juillet ou au début du mois d’aout? Pas grand monde en vérité. D’ici là, l’opinion, et surtout les militants du FN auront acté que le règne de Jean-Marie Le Pen est terminé. En silence. 
    Le crépuscule du vieux 
    Philippot n’entend même pas offrir à Jean-Marie Le Pen le final wagnérien auquel ce dernier, compte tenu de son parcours, était en droit d’espérer. Ni cuivres, ni tambours. A la place du crépuscule des dieux, le crépuscule du vieux. Philippot est impitoyable. 
    Ce que rapporte le Canard est la démonstration, parmi d’autres, que désormais le parti lépéniste, même présidée par Marine Le Pen, est en passe de devenir un parti philippotiste. "Les Patriotes" tel sera, peut-être, le nom du futur parti présidé par Marine Le Pen. Tragique ironie de l’histoire pour Jean-Marie, qui avait tout mis en œuvre pour faciliter l’accession de sa fille à la tête de sa création, dans l’espoir de perpétuer, à travers son nom, la grande histoire des Le Pen. 
    Florian Philippot est l’homme qui a libéré Marine de son père. Pour mieux l’emprisonner à son profit ? 
    Aujourd’hui, l’évidence est patente. Le vrai patron du Front national, c’est Florian Philippot. Il en est l’inspirateur et l’organisateur. L’idéologue et l’apparatchik.Selon ses détracteurs internes, au siège du parti, il s’est constitué une petite cour de permanents qui surveillent en permanence les activités des uns et des autres, notamment sur les réseaux sociaux. Cette petite cour a beau insupporter certains militants historiques, tel le maire du 7e arrondissement de Marseille, Stéphane Ravier, encore et toujours attachés à la figure de "Jean-Marie", elle est devenue incontournable. 
    La racine d'un arbre qui irrigue le FN 
    Philippot est la racine d’un arbre qui irrigue son influence au sein de toutes les branches du FN. Face à ce deus ex machina, celui qui entendrait jouer les rebelles a désormais tout à perdre. Ce rapport de force explique le peu de réactions véritablement hostiles à l’éviction programmée de Jean-Marie Le Pen. On peut ainsi être militant FN, applaudir le Menhir place de l’opéra le 1er mai, et ne rien dire de sa suspension trois jours plus tard. C’est dire le pouvoir de Philippot sur l’appareil frontiste. 
    Les adversaires de Florian Philippot, gardiens du temple lepéniste originel, sont condamnés au silence ou à la marginalisation. La semaine passée, l’Obs a publié le témoignage de ces nostalgiques du FN de Jean-Marie. Vieux pétainiste. Ancien d’Indochine ou d’Algérie. Réactionnaire hostile à la Gueuse. Lesquen. Holeindre. Bourbon. Tous ont répondu à l’appel de l’Obs. C’est dire leur désarroi de ces représentants de l’extrême droite traditionnelle, rendus qu’ils en sont aujourd’hui, pour se faire entendre, à être tributaires de la curiosité à leur endroit d’un journal de gauche. Tous vilipendent Philippot, son gaullisme de façade, ses mœurs, sa cour omniprésente et ses méthodes d’apparatchik. Mais tous sont désormais impuissants à l’empêcher de régner. 
    Et Marine Le Pen dans tout cela ? 
    Marine Le Pen n’est plus rien sans Philippot. Elle lui doit tout. Elle en est devenue tout à la fois l’otage et la création. Et le Front national avec. Elle ne peut plus défaire, en l’état, ce qu’a fait Philippot pour la délivrer de sa statue du Commandeur. Désormais, à la tête du Front National se rejoue le drame hégélien porté au cinéma par Joseph Losey (The Servant). 
    Délepéniser le FN 
    En vérité, l’héritière apparaît désormais comme dépossédée du Front National. Pour mieux se libérer de la prison Le Pen, elle s’est enfermée dans la prison Philippot, cernée par les affidés et inféodés de son propre numéro deux. Fatale illusion de liberté reconquise. Marine Le Pen a laissé créer autour d’elle une situation porteuse de son contraire. Plus elle laisse Philippot éloigner le FN de ses fondements d’origine, abandonner le post-pétainisme paternel pour un néo-gaullisme réactionnaire, plus elle le laisse "délepéniser" le FN, plus elle prend le risque de se délégitimer aux yeux des militants. A terme, la question se posera : pourquoi garder une Le Pen à la tête d’un parti qui n’a plus rien de Le Pen ? De ce point de vue, si elle laissait Florian Philippot rebaptiser le FN en "Les Patriotes", ce serait accélérer le phénomène, donc la tentation… 
    Pour asservir l'appareil frontiste, Philippot a su jouer de la rivalité père et fille. Une leçon de manipulation politique appliquée à la psychanalyse. Du grand art. 
    Entre Marine et Florian, le rapport de soumission n’est donc pas celui qui est apparent. Le maître est dépendant du serviteur. Situation de plus en plus problématique pour Marine Le Pen, qui ne paraît pas consciente du danger que cela représente, sur un temps long. 
    Question : combien de temps encore, avant que Florian Philippot, numéro 2 et maître effectif d’un FN "délepénisé" de fond en comble, ne finisse par décider qu’il est temps pour lui de devenir numéro 1? 
    Question corollaire : combien de temps, avant que les partisans de Marion Maréchal-Le Pen ne décident de se donner les moyens d’en finir avec l’intermède Philippot ?

  • La comédie socialiste

    Le renseignement légalisé, le déni de certains fichiers et la pensée unique obligatoire.

    On connaissait la Comédie-Française grâce aux admirateurs de Molière, la comédie humaine grâce au génie de Balzac. On assiste maintenant à la comédie socialiste : le renseignement légalisé, le déni de certains fichiers et la pensée unique obligatoire.

    Relativement à ce projet de loi sur le renseignement, si un gouvernement qualifié de droite sous notre Ve République avait osé présenter un texte aussi attentatoire aux libertés fondamentales, il y a fort à parier qu’une levée de boucliers antifascistes aurait immédiatement fait front ! Cette ombre d’opprobre n’a pas échappé au président de la République, puisqu’il a annoncé son intention de saisir personnellement le Conseil constitutionnel relativement à ce texte, ce qui constitue une première depuis 1958 s‘agissant d’une saisine pour une loi ordinaire.

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  • Une question de taille, l’entretien, spécial Olivier Rey (2/2)

    Source : Présent du 25/04/2015
    Après la recension l’ouvrage Une question de taille, Pierre Saint-Servant convie à un entretien passionnant avec le philosophe Olivier Rey.

    Polytechnicien, mathématicien membre du CNRS, Olivier Rey enseigne désormais la philosophie à l’Université Paris 1. Il a notamment publié Itinéraire de l’égarement. Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine (2003) et Une folle solitude. Le fantasme de l’homme auto-construit (2006). Son deuxième roman, Après la chute, vient de paraître aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

    Dans les premières pages de votre livre, vous annoncez vouloir vous confronter à « des questions parmi les plus cruciales et les moins traitées de notre temps ». Quelles sont-elles ?
    La plupart des « débats » contemporains consistent à s’envoyer de grands principes à la tête. Le problème est que souvent, les principes dans lesquels on se drape servent à ne pas regarder la réalité telle qu’elle est. Je prends un exemple. Aristote, dans sa Politique, affirmait que le bien, pour un État comme pour toute chose, est qu’il ait la taille appropriée à sa nature et à sa fonction. Dès lors, la première question posée par Aristote était : combien de citoyens une entité politique doit-elle compter pour être saine ? Ce n’est qu’une fois cette question de l’ordre de grandeur réglée que l’on peut aborder la question du bon gouvernement. La plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés à l’heure actuelle tiennent à des questions de taille. Il faudrait cesser de se gargariser de principes, pour s’interroger sur les échelles appropriées à leur réalisation.

    Plusieurs chapitres de votre livre s’articulent autour de la pensée d’Ivan Illich ou s’en nourrissent. En quoi cette pensée est-elle profondément originale dans l’histoire des idées ?
    Au fond, la pensée d’Illich n’est pas si originale que cela : à sa manière, Illich n’a fait qu’appliquer au monde contemporain un mode de réflexion qu’on trouve chez Aristote et saint Thomas d’Aquin. En l’occurrence, il s’agit de comprendre que l’être humain s’épanouit et fructifie à l’intérieur d’un monde proportionné à ses facultés. Ce n’est pas bien compliqué, mais c’est essentiel.

    On dit trop souvent que la modernité s’est nourrie « de vertus chrétiennes devenues folles » selon le mot de G.K. Chesterton. Vous semblez pourtant montrer que christianisme et sagesse antique se rejoignent pour contenir l’hubris et maintenir l’homme dans de justes mesures.
    Il fut un temps où on reprochait au christianisme d’avoir été le principal obstacle à l’avènement de la modernité. Maintenant que la modernité n’est plus si pimpante, on pourrait se dire : au fond, certaines réticences chrétiennes n’étaient pas si absurdes. Mais pas du tout : on s’avise que finalement, le christianisme est responsable de la modernité ! En fait, il y a des gens pour qui le christianisme joue le rôle du poumon chez Molière. Quelque chose ne va pas ? Le christianisme vous dis-je. Le christianisme a fait partie des conditions de possibilité de ce qu’on appelle la modernité, mais il n’en est pas cause. Le rapport de la démesure moderne au christianisme est celui d’une perversion à ce qu’elle pervertit. Illich aimait à rappeler cette phrase : la corruption du meilleur engendre le pire.

    L’illimitation moderne, au-delà de la soif intarissable du profit, n’est-elle pas une fuite désespérée devant la mort (avec le recours à tous les anesthésiants qui lui sont offerts) ?
    On peut le voir ainsi. Le « Connais-toi toi-même » des Grecs, c’était d’abord cela : sache que tu es mortel. Saint François, dans son cantique des créatures, disait de la mort corporelle : « ma sœur ». D’un côté, toutes les formes d’illimitation sont une façon de nous étourdir, d’oublier la mort. De l’autre, tous les subterfuges échouent devant elle. C’est pourquoi l’ivresse de l’illimité, pour perdurer, a maintenant besoin de prétendre abolir la mortalité. C’est le rôle alloué par le système aux propagandistes transhumanistes. Je suis déjà allé dans une réunion transhumaniste, par curiosité. On y côtoie un mélange très curieux de niais intégraux, qui idolâtrent la technoscience, et de cyniques brutaux, qui trouvent leur intérêt à entretenir cette forme de niaiserie.

    Disséquons certains aspects de la postmodernité. Vous évoquez le remplacement des « métiers » par des « emplois », que revêt cette mutation sémantique ?
    Notre monde est marqué par une division du travail poussée à l’extrême. C’est le principe de la manufacture d’épingles décrite par Adam Smith : la segmentation de la chaîne de production, avec des ouvriers affectés chacun à une tâche particulière, permet de produire bien plus d’épingles que si chaque ouvrier fabriquait une épingle de A à Z. Le même raisonnement se généralise à l’organisation de la société entière, et même désormais à celle du « village planétaire ». C’est l’une des raisons pour lesquelles les métiers, qui correspondaient à une division du travail raisonnable, dégénèrent en emplois, où il ne s’agit que d’occuper une microplace dans la mécanique générale. Une autre raison est une technicisation à outrance. Au bout d’un moment, les avantages dus à une production accrue ne compensent plus les sacrifices humains réclamés par l’augmentation de la productivité.

    Vous écrivez que « la liberté du citoyen consiste aujourd’hui à déléguer toujours plus de responsabilités ». La perte d’autonomie de l’homme post-moderne est centrale dans votre pensée. Pouvez-vous nous en soumettre quelques exemples ?
    La prétendue autonomie du sujet contemporain est pure rodomontade. Mon grand-père qui venait de la campagne du Dauphiné était bien plus autonome que moi, dont les capacités de survie en dehors de l’environnement techno-économique sont extrêmement réduites. Je dépends de tellement de « services » qui, au prétexte de me faciliter l’existence, ont fini par faire de moi un impotent ! Un des services les plus tentaculaires, aujourd’hui, est l’école. Au fur et à mesure de son accroissement, le système scolaire a dépossédé les familles, et les adultes en général, de leurs compétences éducatives, pourtant constitutives de l’humanité, pour s’en arroger le monopole. Avec l’école, on a un excellent exemple d’une institution qui, à une certaine échelle, était bénéfique, et qui, lorsqu’elle outrepasse toute limite, devient néfaste.

    « Dans l’immense tout s’effondre, même le bien. » Cet aphorisme de Leopold Kohr peut sembler obscur mais dans le même temps riche de développements. Pouvez-vous nous en livrer l’exégèse ?
    Je reviens à Aristote : pour qu’une chose soit bonne, il faut qu’elle ait une taille appropriée à sa nature et à sa fonction. Si certains seuils sont dépassés vers le haut ou vers le bas (aujourd’hui, c’est généralement vers le haut, du côté du trop gros et du trop rapide), alors ce qui était bon se corrompt. La formule de Kohr, c’est lui-même qui en donne la meilleure exégèse : « Les jeunes gens d’aujourd’hui n’ont pas encore compris que le changement sans précédent qui marque notre temps ne tient pas à la nature de nos difficultés sociales, mais à leur échelle. Comme leurs aînés, ils n’ont pas encore pris conscience que ce qui importe n’est plus la guerre, mais laGrande Guerre ; pas le chômage, mais le chômage de masse ; pas l’oppression, mais l’amplitude de l’oppression ; pas le pauvre, dont Jésus a dit qu’il serait toujours parmi nous, mais leur scandaleuse multitude. »

    N’y aurait-il aucun espoir pour que le système se bloque et s’effondre ? Partagez-vous la « stratégie du grain de sable », de préférence à celle du révolutionnaire « exalté » ? Le grain de sable de quelques existences enracinées, de petites communautés familiales qui n’ont pas totalement rompu avec le cosmos, cherchant à préserver et développer leur autonomie ?
    Au stade où nous en sommes, je ne crois pas que quelques grains de sable, ni même un sac entier ne suffiraient à faire dérailler la machine. Celle-ci poursuit sa course folle, et c’est d’elle-même qu’elle tombera dans le ravin. Notre rapport à cette catastrophe prévisible est ambigu : nous la redoutons, pour les ravages qu’elle causera, et nous l’attendons, comme l’occasion de recouvrer une certaine liberté et de renouer avec des modes de vie mieux accordés au monde et à notre propre nature. Ces modes de vie, moins « productifs » et plus solides, plus conformes à nos facultés, nous pouvons d’ores et déjà les ébaucher, dans nos rapports avec les autres et les choses. Non pour nous préparer aux chocs à venir, ou pas seulement : pour d’emblée vivre une vie qui ne soit pas un grincement, mais une note juste. Une des bénédictions de notre temps est de nous désintoxiquer des visions d’un avenir radieux, pour nous rendre au présent et à l’éternel.

    Propos recueillis par Pierre Saint-Servant

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  • 1999-2009 : Le martyre de la Serbie

    Lors d'une soirée organisée par les Éditions L'Âge d'Homme à l'occasion du dixième anniversaire de l'agression de l'Otan contre la Serbie, le 25 mars 2009 à la Salle Lumière à Paris, notre ami Komnen Becirovic a prononcé un vigoureux discours dont nous publions de larges extraits.

    Nous voici réunis dans la même ferveur pieuse, dans le même sentiment profond de la justice, dans la même communion d'esprit pour commémorer le dixième anniversaire du martyre du peuple serbe, victime de la plus injuste, de la plus abominable, de la plus criminelle, de la plus sale des guerres dans l'histoire de l'humanité, la guerre que l'Otan a menée contre la Serbie tout au long du printemps 1999.

    Et quand je dis cela, je pèse bien mes mots, car on n'a jamais vu dans l'histoire du monde une telle disproportion de forces en présence : d'un côté la plus grande et la plus puissante alliance militaire de tous les temps, l'Otan, représentant dix-neuf États, totalisant près d'un milliard d'individus et disposant de moyens illimités dans tous les domaines, et de l'autre côté un seul pays, la Serbie, comptant, elle, à peine dix millions d'âmes et ne disposant que de moyens militaires, politiques, économiques et médiatiques infimes par rapport à ceux de l'Otan.

    Il va sans dire que la Serbie n'avait jamais fait le moindre tort à aucun des pays appartenant à la coupable, j'allais dire à la scélérate alliance. En fait la Serbie ne faisait que défendre la partie la plus sacrée de son territoire, le Kosovo, contre l'ennemi séculaire albanais. Par ailleurs, cette guerre, à la différence des autres, fut une guerre chimique, radiologique, polluant à jamais le milieu naturel et, par conséquent, meurtrière, non pas seulement pour ceux qui la subissaient à ce moment-là, mais pour les générations à venir, aussi bien des humains que d'autres êtres vivants.

    Orgie criminelle

    Toujours est-il qu'à cette heure-ci, il y a dix ans, la Serbie était mise à feu et à sang par des bombardiers de l'Otan qui, d'abord, par centaines, tels des oiseaux de la mort, s'étaient abattues sur la Serbie et le Monténégro, dans la nuit du 24 au 25 mars, puis allaient le faire par milliers, voire par dizaines de milliers jusqu'à enténébrer les cieux printaniers de la Serbie. Car cette orgie criminelle devait se poursuivre pendant soixante-dix-huit jours et nuits, sans la moindre pause même pour la fête de Pâques ; telle a été la soif du mal de nos humanistes, fauteurs de cette abomination. De médiocres leaders de grandes nations, un Clinton, un Blair, un Schröder, un Chirac avec la sinistre Albright et le lamentable Solana parmi eux, s'étaient soudain métamorphosés en cavaliers de l'apocalypse. [...]

    Quel fut le prétexte pour cette explosion du mal sans précédent dans l'histoire humaine ? Les caciques de l'Occident s'étaient mêlés, sans y rien comprendre ni connaître, d'un conflit historique demi-millénaire entre Serbes et Albanais durant lequel ces derniers, agissant à l'ombre de divers règnes esclavagistes, turc, germano-italo fasciste et titiste communiste, s'étaient implantés au prix de la terreur la plus effroyable au coeur de la Serbie, au Kosovo et en Métochie, en y devenant ainsi majoritaires. Or, les personnages que je viens de citer avec des hordes de propagandistes tout aussi ignorants qu'eux, mais également corrompus et avides du mal, avaient perverti ce long conflit historique en un conflit idéologique, plus précisément droit-de-l'hommiste.

    Évidemment, dans leur aberration et dans leur mauvaise foi, ces dirigeants indignes - ne retenant de cet antagonisme multiséculaire que la dernière décennie du XXe siècle où les Serbes avec Slobodan Milosevic auraient prétendument pratiqué l'apartheid, voire envisagé l'extermination jusqu'au dernier d'un million d'Albanais de la province - jugèrent qu'il fallait de toute urgence secourir ces derniers, quitte à détruire la nation serbe tout entière. Ou, tout au moins, à la rejeter à l'âge de pierre.

    Soif de puissance

    Les quatre grands agresseurs avec la flopée de leurs petits minables acolytes, assuraient agir en archanges des Droits de l'homme et de la Démocratie, alors qu'ils n'agissaient qu'en mercenaires du mal héréditaire albanais anti serbe moyennant lequel ils assouvissaient parfaitement leur propre volonté de puissance. [...]

    Quel fut le bilan de cette action démoniaque de l'Otan dans les Balkans ? Environ 5 000 hommes, femmes et enfants morts, le plus souvent déchiquetés ou carbonisés, deux fois autant de blessés, des centaines de milliers d'Albanais d'abord, des Serbes ensuite jetés sur les routes de l'exode, des villes, des infrastructures, des usines détruites, des ponts croulés, des écoles, des hôpitaux, des édifices abritant des administrations et des médias touchés, des trains en marche et des autobus intentionnellement visés, des lieux de culte et des monuments historiques dévastés surtout lorsqu'à la fin l'horreur aérienne, la piétaille albanaise de l'Otan se mit en branle...

    Une catastrophe écologique

    Le martyrologe serbe dans cette aventure meurtrière de nos humanistes dans les Balkans est sans fin. Mais ce qui est le plus grave, c'est qu'ils ensemencèrent cette partie de l'Europe du mal incurable de l'uranium appauvri et d'autres matières toxiques, de sorte que les maladies cancérigènes y ont progressé de 200 % par rapport à la période d'avant la guerre. Leur crime gagna également cette partie de l'univers qui est la nôtre, puisque avec les soixante-dix mille sorties qu'effectua leur aviation, ils portèrent atteinte aux cieux éternels, notamment en lacérant la couche d'ozone au-dessus de l'Europe méridionale et en aggravant ainsi l’effet de serre et, par conséquent, le dérèglement climatique.

    Le crime a porté ses fruits noirs en ces dix années écoulées sur le plan humain, écologique, climatique, mais aussi sur le plan éthique et politique, puisque les fauteurs du mal ou leurs successeurs, s'obstinant dans l'erreur, reconnurent, en février 2008, le Kosovo serbe albanisé où quelque cent mille Serbes y restant encore vivent dans des ghettos, comme État indépendant, mutilant ainsi une Serbie, déjà meurtrie, de 15 % de son territoire, ainsi que de mille ans de son histoire et de sa mémoire.

    "Justice" internationale

    Aussi leur parodie du tribunal de la Haye a -t-elle tourné pendant tout ce temps à plein régime, en faisant emprisonner, juger et condamner à de lourdes peines un grand nombre de responsables serbes civils et militaires, alors que les responsables albanais, couverts de sang, étaient laissés en liberté ou blanchis de toute accusation. La seule réussite dont ils peuvent tristement s'enorgueillir, fut la mise à mort de Milosevic parce que, tel un héros mythique, il les avait défiés et transformé son banc d'accusation en une tribune de la vérité serbe occultée et étouffée depuis des années. Mais comme l'enfer n'arrête pas de réclamer son lot de victimes, ils viennent de s'offrir pour ce dixième anniversaire de leur méfait, la détention à vie de quatre généraux serbes dont le seul crime aura été d'avoir héroïquement défendu leur pays face à l'agression de l'Otan. [...]

     

    KOMNEN BECIROVIC L’ACTION FRANÇAISE 2000  du 12 au 15 avril 2009

  • L’Occident met en danger la paix en Europe

    Les commémorations de l’année 2014 et celles de l’année 2015 en cours montrent toute l’horreur du siècle passé. Des dates historiques témoignent des dévastations: 1914 et 1919, 1939 et 1945. C’est une horrible série d’évènements qu’on pourrait continuer à développer, car ils déterminent notre vie actuelle et future. Dans ce cortège de misères, dicté par le calendrier, il y a eu une lueur d’espoir: c’étaient les années 1989 et 1990. Ces deux dates donnent matière à se remémorer d’une part, de manière solennelle, ces évènements mais aussi à multiplier au sens biblique les talents reçus en cette époque. Bien sûr, il est juste d’en faire une commémoration, ne serait-ce que pour les effets dont nous bénéficions, nous autres Allemands. Mais plus encore pour le continent harassé espérant alors que la «Maison commune européenne» prometteuse serait plus qu’une vague utopie. Négocier au lieu de se tirer dessus et de s’entretuer, soudainement cela semblait possible. Aujourd’hui cependant, où nous devrions faire la fête, on ne peut constater qu’une seule chose: par arrogance impudente et stupide, on entreprend tout pour que les souvenirs de 1990 et 1989 s’estompent. En passant en revue la politique de réconciliation menée lors de ce changement d’époque, à laquelle nous avons activement participé, nous devons constater que nous n’étions pas en mesure de répondre de manière satisfaisante à ce profond bouleversement mondial. Tout au contraire: nous sommes en train de la trahir par tous les moyens. La guerre contre la République fédérale de Yougoslavie et la guerre civile en Ukraine, les deux violant le droit international, l’ont montré clairement, les tirs et la mort sont à nouveau la perspective dominante en Europe. A quel moment stopper cette descente en enfer, si ce n’est maintenant?

    Le 1er avril 2015, au théâtre du Schiffbauerdamm à Berlin, Rolf Hochhuth a profité de son 84e anniversaire pour mettre en garde contre la 3e guerre mondiale de manière compatissante et impressionnante. En même temps, il faut se demander si le 8 mai 2015, ces paroles trouveront encore un écho au Château Bellevue, à quelques mètres du théâtre, ou même dans la salle plénière du Bundestag. Les discours prononcés dans ce contexte par Monsieur le Président fédéral Gauck l’année passée en Pologne, nous laissent très dubitatifs à ce sujet, ce qui ne serait certainement pas à l’avantage de l’Allemagne et de l’Europe. Pour l’instant, le choix des intervenants prévus pour la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale du 8 mai 2015 au Reichstag, laisse supposer que ce sera avant tout une «attaque dans toutes les règles de l’art» contre la Fédération de Russie et avant tout contre son président actuel Vladimir Poutine. Les images du passé sont définies par le pacte Hitler-Staline et par l’immense souffrance causée par cette guerre au sein des populations, tout particulièrement aussi celles de la Russie au temps de l’Union soviétique. Selon toutes apparences, nous mettons en danger durablement notre existence. Au lieu de prendre la fin de la guerre froide comme point de départ pour une nouvelle politique allemande, l’Occident et avec lui forcément aussi nous autres Allemands se rallient aux 8 et 9 mai 1945. Le Reichstag en tant que siège du Bundestag est un bâtiment parlementaire et non pas un opéra.

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  • La France n’est pas ruinée, elle est continuellement pillée

    Il est donc plus que temps de demander des comptes à nos élus, qu’ils soient enfin responsabilisés pour leurs actes, que, comme tout salarié qui se respecte, ils puissent être virés s'ils commettent trop d’erreurs.

    Cela fait des années que l’on prétend être en crise. Pourtant, notre économie ne va pas si mal que cela.

    Dans un souci d’économie, le nombre d’emplois a littéralement fondu dans nos administrations et partout ailleurs : La Poste, SNCF, EDF, et tant d’autres entreprises privées, dont de nombreuses qui ont fermé.

    Et malgré ces plans de restructuration, le déficit ne cesse de se creuser : comment cela se fait-il ? Comment arrivait-on à être rentable à l’époque quand le nombre d’emplois était si élevé ?

    En réalité, la France engendre encore des milliards d’euros tous les ans. Alors, comment expliquer ce déficit qui continue de se creuser, malgré nos 360 impôts et taxes ? Comprenez bien que si ce ne sont pas les rentrées d’argent qui sont en cause, ce sont les sorties. Et à ce niveau, nous sommes très bien servis !

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