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actualité - Page 5782

  • Comment la gauche de la gauche paralyse Hollande

    La situation politique de la France a sans doute beaucoup évolué dans les 20 dernières années. Le déclin du pays s'est aggravé, au point que le couple franco-allemand, base de la politique étrangère de la Ve république et de ce qu'on appelle la "construction européenne", semble désormais déséquilibré, et ceci peut-être même de manière irrémédiable.

    En revanche deux choses n'ont toujours pas changé : le caractère purement rhétorique, d'une part du "socialisme réformateur à la française", toujours entravé par son alliance électorale avec le parti communiste ; et, d'autre part, le caractère mensonger des solutions archaïques proposées par "la gauche de la gauche", dans son ensemble.

    Sur le premier point, en effet, quand un Hollande envisage le dialogue avec "les syndicats", ou plus modérément encore avec "les partenaires sociaux" il fait semblant d'esquiver l'inéluctable confrontation avec la plus puissante des centrales, la CGT, et avec son relais au sein de l'Éducation Nationale, la FSU.

    Cette dernière fédération dite "syndicale unitaire" résulte en réalité d'une scission de la vieille FEN. Apparue en 1993, elle se targue aujourd'hui d'agir en tant que "première organisation syndicale de la fonction publique d'État : éducation, recherche, culture, formation, etc." Il semble bien que désormais les prélèvements automatiques de ses membres soient même devenus la principale source de financement avouable du PCF et de "L'Humanité". Ceci nous montre bien que l'apparent recul de l'idéologie marxiste, ou du moins de sa formulation explicite, n'empêchera pas la réapparition de ses thèmes via le monopole éducatif d'État.

    Sur le second point, les précédents existent de ce qu'on appelle le "tournant social libéral" d'un président aux abois. On peut on doit se reporter à la campagne électorale de 1993, où Michel Rocard, évincé de son poste de Premier ministre en mai 1991, crut opportun de proposer un "big bang politique" social démocrate. Cette formule apparut le 17 février 1993 lors d'un meeting du PS à Montlouis-sur-Loire sans son discours. il préconisait une alliance qui fédère du centre aux socialistes et des écologistes aux communistes rénovateurs. (1)⇓

    Ce discours est considéré comme un moment fondateur de la deuxième gauche, à laquelle se rattache aujourd'hui, un Hollande.

    Dès le 21 février, dans l'émission l'Heure de vérité sur France 2 Georges Marchais, alors secrétaire général du PCF, dessinait sa riposte. Le vieil appareil stalinien n'a pas cessé de la développer depuis lors, en utilisant notamment tous les cercles et mouvements "antilibéraux".

    On s'acheminait vers un gouvernement dit de cohabitation, où en définitive Édouard Balladur siégea pendant deux ans, jusqu'aux présidentielles de 1995 en tant que Premier ministre de Mitterrand. Face à cette hypothèse Marchais riposta "la droite dit "oui nous serons raisonnables" je n'ai pas du tout la même opinion que lui sur la gravité du programme de la droite". Et de dessiner la ligne rouge, celle que selon les communistes et leurs "utiles idiots antilibéraux" il convient de ne jamais franchir : les services publics à la française.

    De la sorte "le vote en faveur des candidats communistes pren(ait) une nouvelle dimension pour l'ensemble des électeurs attachés à la gauche et à ses valeurs."

    Dès le 23 février, "L’Huma" publiait un article un peu plus dense que d'habitude sur les "Cinq mesures pour l'emploi immédiatement réalisables". Voici la liste des 5 points, on peut considérer qu'elle n'a jamais depuis lors de résumer le contenu de ce que tous les "compagnons de route", tous les "antilibéraux", tous les "altermondialistes" appellent "une autre politique" :

    1. impulser une nouvelle croissance [en se référant à la dialectique de "l'impulsion keynésienne" par la "consommation populaire", formule démagogique qui n'a jamais marché.]
    2. appliquer la nouvelle loi sur l'emploi [en décembre 1992 à l'initiative des députés communistes l'Assemblée nationale avait adopté une modification du code du travail permettant de bloquer les plans de licenciements, ce qui n'a jamais créé aucun emploi, mais inspire la ligne d'action de la CGT]
    3. 35 heures sans diminution de salaire [cette idée désastreuse sera mise en œuvre quelques années plus tard par Mme Aubry].
    4. augmenter le temps de formation continue dans les entreprises.
    5. humaniser les services [publics] en créant des emplois [à partir de la remarque selon laquelle "les services publics comme la SNCF, la RATP, les PTT et les hôpitaux répondent de moins en moins bien aux besoins des usagers. Le recul du financement d'État, l'endettement sur les marchés financiers les privatisations entraînent une régression du service public dont le sous-effectif est le facteur principal." (2)⇓= une telle analyse tendra donc de manière permanente à justifier un gonflement systématique et ruineux du nombre des emplois publics].

    Ce programme désastreux date de 20 ans. Voué à l'échec, il n'a pourtant pratiquement pas varié. Contemporain de la chute de l'Union Soviétique – qu'on ne pouvait plus dès lors proposer comme modèle – il reste sous-jacent à tout le discours actuel de la gauche de la gauche, y compris au prêchi-prêcha qu'elle développe auprès des jeunes, des "indignés", à l'action de la CGT etc. Tant que ses partisans figureront dans une alliance électorale avec le PS, aucun "big bang" à la Rocard, aucun "tournant social libéral" à la Hollande, etc. ne pourra être pris au sérieux.

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/2014/01/comment-la-gauche-de-la-gauche.html

    Apostilles

    1. cf. son discours du 17 février 1993..⇑
    2. cf. "L'Humanité" du 23 février 1993
  • La terre et l’agriculture selon l’ Article 39 du Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne

    Qu’est-ce que la terre ?

     

    Contrairement à l’eau ou à l’air qui peuvent être indéniablement pollués comme c’est le cas aujourd’hui, mais non détruits (ou alors, il faudrait chauffer les océans à plus de 100 degrés !), la terre, elle, est le résultat d’une jonction non définitive de nature électrostatique entre de l’humus et de l’argile.

    L’humus provient essentiellement de la décomposition de matière organique à la surface du sol, assurée conjointement par faunes et champignons (microscopiques).

    L’argile provient quant à elle de la déstructuration de la roche « mère » par les racines des arbres (hé oui, un arbre, c’est comme un iceberg, il y en a plus en dessous qu’au dessus).

    La jonction dite « argilo-humique » nécessaire à la formation de la terre proprement dite est essentiellement assurée par les vers de terre. La présence de vers de terre est donc un indicateur de tout premier plan.

     

    Une agriculture pérenne et respectueuse de son milieu est donc une agriculture agro-sylvo-pastorale. On cultive (« agro »), c’est à dire que l’on prélève de la biomasse du sol (la récolte), mais on remet de cette biomasse sous forme de déchets verts (« sylvo ») et enrichie de matières organiques type fumier (« pastorale »).

     

    Ne faut-il pas être fou pour considérer que l’on peut prélever jusqu’à 100 quintaux à l’hectare par an…sans rien remettre ? C’est pourtant ainsi que cela fonctionne aujourd’hui, et surtout, ainsi que les agriculteurs sont encouragés à travailler.

     

    L’article 39 du TFUE nous dit :
    « D’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique »

     

    Cette « productivité » est à bien comprendre ainsi : l’objectif pour l’Union européenne est de maximiser la surface cultivée par agriculteur et non pas d’augmenter la productivité au mètre carré ! Les agriculteurs étant poussés à cultiver seuls des surfaces de plus en plus vastes, la conséquence directe est donc : la monoculture intensive au moyen de pesticides et de fongicides et dans un avenir proche…d’OGM*.

     

    Or, pesticides et fongicides tuent la faune et la flore. La faune (microscopique), ne peut donc plus décomposer les matières organiques…ainsi, progressivement, on assiste à une destruction de l’humus (environ 10 tonnes à l’hectare et par an en France). Les vers de terre meurent ; nous sommes passés de 2 tonnes à l’hectare de vers de terre en 1984 à environ 50 kilos à l’hectare. Les vers aèrent le sol, ils remontent en surface, l’équivalent de leur poids en nutriments chaque jour et rappelons le, permettent la création du complexe argilo-humique…donc de la terre !

     

    La productivité recherchée condamne les bocages, et par conséquent, il n’y a plus d’apport en matières organiques pour le sol, il n’y a plus non plus de faune pour la décomposer, et donc, plus d’humus : c’est l’érosion. Le sol devient imperméable et l’on crée ainsi les inondations en période sèche au printemps, avant de nous informer 3 mois plus tard, en été, que les nappes phréatiques sont vides. En effet, les sols étant devenus imperméables, toute l’eau ruisselle dans les cours d’eau et vers la mer, charriant avec elle l’argile de la roche mère qui n’a plus d’humus pour se fixer (d’où l’aspect boueux de nos cours d’eau lorsqu’il pleut, chose qui n’existait pas il y a 50 ans).

     

    Pendant ce temps, nous sommes condamnés à manger des céréales et des légumes chimiquement chargés, ou bien des légumes sans goût (puisque cultivés hors sol) comme plus de 90% de nos fraises et de nos tomates.
    Environ 90% de la terre en France est ainsi biologiquement morte, au sens ou seul l’apport massif d’engrais permet de maintenir la production. D’ailleurs, malgré les progrès techniques des dernières décennies, la production céréalière mondiale n’a pas augmenté depuis les années 80.

     

    L’article 39 se poursuit ainsi :
    « […] en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre »

     

    Ceci explique que la France soit passée de 1 500 000 agriculteurs dans les années 90 à un peu plus de 500 000 aujourd’hui.

     

    En résumé, l’article 39 du TFUE nous condamne à la productivité à outrance, aux fongicides, aux pesticides et à terme, aux OGM. Seule, une petite partie de la population s’en trouve préservée, à savoir les personnes ayant la capacité économique de manger du « Bio », c’est-à-dire, de payer plus cher pour manger sainement comme le faisaient nos ancêtres.
    Quelles sont les conséquences à terme sur la santé publique ? Les conséquences sur notre écosystème ? Quid de la biodiversité ? De la santé des agriculteurs ? À l’heure actuelle, 1 agriculteur se suicide tous les jours en France !

     

    Nous pourrions ajouter les engrais provoquant la minéralisation des sols, ce type d’agriculture est responsable de près de 80% de l’émanation des gaz à effets de serre au niveau mondial, ce qui en fait de loin, le premier pollueur de la planète.

     

    Pourtant, les solutions existent.
    Stopper le labour*, B.R.F*, semis sous couvert, principes de permaculture ; autant de techniques qui intéresseront les plus curieux.
    La productivité au sens économique pourrait être remplacée par la productivité au mètre carré…et cela change tout. L’agriculture la plus productive au mètre carré est sans doute « la milpa » : la culture ancestrale sud-américaine. C’est une tri-culture alliant maïs, haricots et courge. Le maïs sert de tuteur aux haricots qui, en échange, produisent de l’azote pour le maïs, qui, enfin, fournit une protection solaire à la courge. Celle-ci par son étendue couvre le sol et empêche son érosion.
    Ceci n’est qu’un exemple, mais illustre le fait que manger sainement avec la capacité nécessaire pour nourrir 7 milliards d’individus est largement faisable. Malheureusement, aujourd’hui, la France n’est même plus auto-suffisante au niveau alimentaire.

     

    En conclusion, le choix de la productivité économique a un bilan très lourd :

     

    1/La population mange des produits de plus en plus chargés chimiquement.

     

    2/Le sol se meurt, mais jusqu’à quand l’écosystème tout entier va-t-il pouvoir tenir ?

     

    3/Le dégagement, en « équivalent CO2* », par minéralisation des sols est une source majeure de gaz à effet de serre.

     

    4/En culture hors sol, Il faut 8 calories pétrole pour former une calorie agricole et 8 calories agricoles pour une calorie animale…soit 64 calories pétrole pour une calorie animale. Au moment où le pétrole se raréfie, quid de la population indienne et chinoise désireuse de manger de plus en plus de viande.

     

    5/Les OGM sont un énorme problème. Ils condamnent les exploitants à la dépendance vis-à-vis du lobby agro-industriel via la nécessité d’acheter semences et engrais spécifiques tous les ans, entrainant pollution, misère et endettement…à noter le nombre de suicides en fortes augmentation dans les zones OGM en Inde. L’autre problème des OGM, c’est que la pollinisation n’a pas de frontières. L’exemple du Maïs mexicain qui commence à être contaminé par le Maïs OGM américain en est un exemple terrifiant.

     

    6/La Culture « productiviste » est encouragée par toutes les grandes instances internationales telle que l’UE, mais surtout le FMI (exemple au Burkina Faso).

     

    Lexique :
    OGM* : Organisme Génétiquement Modifié. Il ne faut pas, de mon point de vue, « jeter le bébé avec l’eau du bain », les OGM permettent par exemple la synthèse de l’insuline. Mais dans le cadre de l’agriculture, les OGM consistent essentiellement à modifier le génome d’une plante afin de la rendre résistante à l’herbicide et/ou aux fongicides employés en parallèle. Ainsi, en est-il du « fameux » « Roundup » de Monsanto, qui tuera tout, sauf le soja OGM planté et seul résistant. Ainsi, plus de mauvaises herbes, plus de nuisibles, l’agriculteur américain peut cultiver 500 hectares tout seul…belle productivité ! Mais tout le reste meurt, absolument tout.

    Labour* : Le fait de labourer profondément le sol entraine les matières organiques de surface en profondeur. Or, celles-ci ne seront plus décomposées par les champignons qui, sous terre, n’ont pas l’oxygène nécessaire à leur action. Par conséquent, pas de transformation en humus.

    BRF : Bois Raméal Fragmenté, il s’agit simplement du broyat issu de l’élagage des arbres, qui, déposé sur le sol à la fin de l’automne permet de « simuler » un sol forestier dans toute sa richesse.

    Equivalent CO2 : Il est nécessaire de parler en équivalent CO2, car Méthane, protoxyde d’azote et CO2 n’ont pas la même durée de vie dans l’atmosphère ni le même impact en terme de réchauffement par effet de serre. A titre d’exemple, le protoxyde d’azote, résultat majeur de la minéralisation des sols par certains engrais produira le même effet que 298 kilos de CO2 ; d’où la notion d’équivalent CO2.

     

    NOTE : Beaucoup est à dire sur cette problématique, ce petit exposé se veut volontairement partiel, mais essaie d’apporter des clés de compréhension permettant de mieux cerner les tenants et les aboutissants d’un article du TFUE qui, à la base, pourrait paraître « innocent ».

     

    Steve Guyot

    http://francelibre.tumblr.com/post/74543542543/la-terre-et-lagriculture-selon-l-article-39-du-traite#.UuUAGPZKFMM

  • Alain de Benoist : le grand anticipateur

    Alain de Benoist « a vu l’ampleur du rôle de l’hérédité dans les différences humaines avant de compléter son propos par une pensée toute en finesse sur l’inné et l’acquis. »
    ♦ Depuis plus de cinquante ans Alain de Benoist accumule une œuvre originale défrichant bien des sentiers de la pensée. A l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, un « Liber amicorum 2 Alain de Benoist » a réuni plus de cinquante contributions françaises ou étrangères apportant chacune un éclairage particulier sur cet explorateur du continent des idées. Nous publions ci-dessous la contribution de Jean-Yves Le Gallou sous son titre original : « Alain de Benoist, le grand anticipateur ». Polémia.
    A un ami de plus de quarante ans, on doit la vérité. Et je dois à la vérité de dire qu’il m’est souvent arrivé d’être irrité par Alain de Benoist.
    D’abord, parce que l’extrême acuité de son intelligence fait qu’il donne souvent l’impression d’avoir raison… même s’il advient qu’il ait tort, d’autant que dans une disputatio amicale il n’est pas toujours d’une parfaite bonne foi.
    Des jugements parfois injustes
    Pour ma part, je l’ai parfois trouvé injuste sur les jugements qu’il a parfois portés sur des personnalités politiques que j’ai fréquentées (à l’ « extrême droite » de l’échiquier, selon la novlangue dominante). Il est vrai que la vie politique a des règles différentes de la vie intellectuelle : elle en diffère par les objectifs comme par les publics auxquels elle s’adresse. Pas facile de juger l’une à l’aune de l’autre.
    Encore une prise de distance : sur des questions comme l’immigration ou l’islam, j’ai souvent trouvé Alain de Benoist excessivement prudent ou frileux. Or, ce sont des questions centrales en ce sens que ces phénomènes conduisent à un changement de population et de civilisation. C’est vrai que nous touchons ici au cœur des dogmes du politiquement correct mais l’expérience a, hélas, prouvé que les concessions aux forces diabolisantes ne suffisent pas à empêcher la démonisation.
    Mais j’arrête ici d’exposer mes réserves, sinon le lecteur va croire qu’il est tombé sur un liber inamicorum !
    Or j’ai une immense reconnaissance à Alain de Benoist – Fabrice – pour sa profondeur et son audace intellectuelles et sa capacité à discerner les faits majeurs et le sens des événements.
    L’ampleur du rôle de l’hérédité
    Dans les années 1960/1970/1980, il a vu l’ampleur du rôle de l’hérédité dans les différences humaines avant de compléter son propos par une pensée toute en finesse sur l’inné et l’acquis : une réflexion qui reste d’une importance majeure même si elle a contribué alors à faire tomber Alain de Benoist – pour les petits esprits conformistes qui dirigent le monde médiatique – du côté obscur de la force dont on ne revient jamais tout à fait…
    La critique avant l’heure de l’américanisation du monde
    Au milieu des années 1970, il a profondément choqué, cette fois, ses amis en déclarant « qu’il préférait porter la casquette de l’Armée rouge plutôt que manger des hamburgers à Brooklyn ». Quel tollé, alors que « les chars soviétiques étaient à une étape du Tour de France » ! Quel scandale – quelle imprudence – pour un journaliste de Valeurs actuelles ! Assurément pas le meilleur moyen de faire fortune, d’être décoré de la Légion d’honneur et d’entrer à l’Institut. Mais quelle lucidité quand on mesure quarante ans plus tard les ravages de l’américanisation du monde !
    L’empire, l’empire américain, l’empire marchand fut ensuite et reste encore au centre de ses critiques. Cette condamnation du système à tuer les peuples (selon le titre d’un livre de Guillaume Faye paru aux éditions Copernic) reste d’une absolue pertinence.
    Le localisme, une réponse au mondialisme
    En contrepoint, Alain de Benoist a développé une réflexion sur le localisme, c’est-à-dire l’une des réponses au mondialisme : ce qui n’était qu’un mince filet de réflexion dans les années 1990 est devenu aujourd’hui un courant en plein essor. Incontestablement la meilleure riposte gradualiste au libre-échangisme mondial. Choquantes pour tout esprit attaché au caractère prométhéen du monde européen, les réflexions sur la décroissance sont aussi fécondes. Car, derrière ce concept, ce qui est mis en avant c’est aussi le refus de voir le calcul économique et marchand envahir l’ensemble du monde. Et je garde pour ma part un vif souvenir du numéro d’Eléments consacré au « retour d’Orphée ».
    La superclasse mondiale cosmopolite, voilà bien l’ennemi !
    Alain de Benoist est un passeur d’idées – un [re]passeur d’idées, d’un certain point de vue. Issu de milieux antimarxistes, ayant combattu et ayant été combattu par les marxistes à l’époque de leur toute-puissance sur la République des lettres, il n’hésite pas à reprendre à son compte certaines intuitions de Marx dans sa critique du capitalisme et le rôle de la lutte des classes. Comment ne pas s’intéresser à ses travaux sur la forme capital quand la société marchande envahit l’ensemble de l’espace social ? quand le milliardaire Warren Buffet déclare « la guerre des classes existe et c’est la mienne, la classe des riches, qui la gagne » ? quand le patron du Monde et ancien fondateur de SOS Racisme, Pierre Bergé, déclare : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » ? La superclasse mondiale cosmopolite, voilà bien l’ennemi !
    Un explorateur du continent des idées
    Alors je suis infiniment reconnaissant à Alain de Benoist de son rôle d’explorateur du continent des idées, d’ouvreur de voies intellectuelles nouvelles. Je lui dois de m’avoir aidé à discerner avant d’autres les forces économiques, politiques, intellectuelles et sociales en marche. Je lui dois une certaine griserie : celle d’être en avance sur son temps – ce qui, il est vrai, n’est pas sans inconvénient…
    Bien sûr, je n’ai abordé ici qu’une petite partie de l’œuvre immense de réflexion d’Alain de Benoist.
    Et j’ai choisi un angle particulier : focaliser sur ce qui a pu apparaître à un moment donné comme le plus choquant. Car la liberté de réflexion, la recherche de la vérité – ou de vérités provisoires et historiquement situées – suppose d’accepter de déplaire, d’offusquer, de heurter, de scandaliser, ses ennemis, bien sûr, mais aussi ses amis.
    Telle est l’intransigeante exigence de la pensée libre.
    Jean-Yves Le Gallou,16/01/2014
    Les intertitres sont de Polémia
    Liber amicorum Alain de Benoist – 2, Editions Les amis d’Alain de Benoist, 2014, à commander sur :
    http://www.alaindebenoist.com/     (Librairie en ligne)
    http://www.polemia.com/alain-de-benoist-le-grand-anticipateur/

  • Debray parle trop comme toujours

    140123Coup sur coup, la publication d'un livre de René Faligot, consacré à la conférence Tricontinentale de 1966, aura bénéficié de deux recensions bien complaisantes pour ne pas dire fraternelles. Une double émission de Radio France Internationale le 11 janvier, suivie de la chronique "Amérique latine" du Monde le 13 janvier. En renfort au spécialiste des service spéciaux un intervenant est venu raconter sinon sa vérité, du moins sa version actualisée des événements et des personnages. Il s'agissait d'un [heureux] survivant de cette grande aventure tiers-mondiste révolutionnaire en la personne de Régis Debray.

    Le proverbe le dit : à beau mentir qui vient de loin.

    Car, si ce maître à penser fait l'objet d'une sorte d'admiration mondaine quasi obligatoire germanopratine, celle-ci, bizarrement, ne semble pas vraiment partagée par l'entourage de feu son camarade Enresto "Che" Guevara. La fameuse et légendaire figure du néo-Komintern tropical a-t-elle donc été vendue par des bavardages ?

    Un curieux article publié en octobre 2007, le met plus clairement en cause que au-delà du mode conditionnel habituel à ce genre de révélations. Citons :

    Régis Debray, accusé d'avoir donné le "Che"

    "Le philosophe français Régis Debray a été rendu responsable de la capture de Che Guevara, accusé d'avoir "trop parlé" après son arrestation par l'armée bolivienne le 20 avril 1967 pour "participation active" à la guérilla.

    À la mort du "Che", le 9 octobre 1967, Régis Debray, alors âgé de 25 ans, est emprisonné depuis plusieurs mois à Camiri (sud-est) en Bolivie, où a lieu son procès, accusé d'avoir participé à des accrochages qui ont fait 18 morts dans les rangs de l'armée bolivienne. "Danton", son nom de guérillero, encourt la peine de mort.

    Le président bolivien de l'époque le général René Barrientos, avait été formel après sa capture, Debray "ce criminel, cet aventurier, ne fera pas l'objet d'une indulgence spéciale". (1)⇓

     Et pourtant :

    "Condamné le 17 novembre 1967 à 30 ans de "prison militaire", échappant à la peine capitale, "Danton" n'en purgera pas tout à fait quatre.

     "Parce qu'il avait coopéré", estime l'ancien agent de la CIA cubano-américain Felix Rodriguez, alias "Ramos", qui a pris part à la traque du Che, présent lors de sa capture et de son exécution à La Higuera. Dans un livre paru en 1989, intitulé "Shadow Warrior", "Ramos" ajoutera que le "Français avait été débriefé à fond (...), avait raconté aux Boliviens et à la CIA tout ce qu'il savait des opérations du Che".

     À Buenos Aires en 1996, pour la fille aînée de Guevara, Aleida, il n'y a pas de doute, "tout indique que Debray a parlé plus que nécessaire", en écho aux mots de son père."

    Notre héros révolutionnaire cependant continue de pontifier impunément à Paris. Il se livre aussi à une apologie de cette opération "tricontinentale" montée à La Havane il y a bientôt un demi-siècle : elle se trouva récupérée par les services spéciaux soviétiques. À l'entendre Debray ne s'en serait rendu compte qu'après coup.

    En près d'une heure et deux enregistrements de "la marche du monde" pas un mot de regret, pas l'ombre d'un bilan, pas un soupir laissant entendre un désaveu, ni de la part de Debray, qui ne s'est jamais trompé, ni de Faligot, ni de Valérie Nivelon réalisatrice de l'émission manifestement subjuguée. (2)⇓

    Aucun de ces libertadores, aucun de ces partis "socialistes du peuple", aucun de ces "fronts de libération nationale" n'a rien apporté de positif à sa patrie, sinon le sang et l'oppression.

    Cuba, autrefois l'un des pays les plus avancé d'Amérique latine, croupit aujourd'hui dans la misère, la prostitution, la dictature, le trafic de la drogue. Le Venezuela malgré la rente du pétrole suit le même chemin. Les auditeurs ne seront pas invités à le soupçonner. Tout cela se débite sur une des radios du service public, c'est-à-dire avec l'argent des contribuables. Très peu de Français écoutent Radio France Internationale direz-vous : certes, mais hélas beaucoup d'Africains…

    La plus inouïe des récupérations portait sur le désastreux Salvator Allende. Debray lui avait pourtant consacré un petit livre d'entretien bien significatif, entre deux marxistes. Debray se contente d'en faire simplement un "franc-maçon", ce qui sous-entend "un excellent humaniste" par conséquent. Or, dans ce contexte ceci ne veut strictement rien dire, dans la mesure où Pinochet, lui aussi, appartenait à la confrérie. La vérité est que Allende, élu minoritaire à la faveur d'une situation triangulaire, violait la constitution du Chili et menait son pays à la ruine.

    En cela on comprend mieux ce que veut dire Debray quand il conclut que lui-même, se situant en Europe, poursuit la même lutte avec des moyens différents. Ne la reconnaît-on pas à cela, une fois de plus, cette gauche la plus intelligente du monde ?

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/2014/01/debray-parle-trop-comme-toujours.html

    Apostilles

    1.   publié sur le site de La Dépêche de Toulouse le 5 octobre 2007.⇑
    2. cf. liens de la première et de la seconde partie de l'émission... à écouter de bout en bout..
  • La police de l’opinion en quelques lois

    Un excellente synthèse du Salon Beige

    A l’occasion de l’affaire Dieudonné, certains ont critiqué le retournement de jurisprudence décidé par le Conseil d’Etat sous l’impulsion de Manuel Valls, en affirmant qu’il aurait suffi d’appliquer la loi existante.

    L’occasion de rappeler qu’il existe en effet tout un arsenal législatif liberticide en France, sur lequel peut s’appuyer la police de l’opinion actuelle. Pour pouvoir un jour les abroger, il peut être utile de connaître ces lois réprimant la liberté d’expression. Petit tour d’horizon :

    1881- 1972 : un siècle de liberté d’expression

    La France fait l’expérience pendant près d’un siècle d’une libre expression publique, grâce à la loi de 1881 sur la presse. Preuve, selon le philosophe Philippe Nemo, dans son ouvrage "Les deux Républiques françaises", qu’un juste équilibre est possible :

    "Promulguée après de vives luttes pour la liberté d’expression, elle avait réussi à supprimer toute censure, sauf pour certaines restrictions concernant l’ordre public, notamment la diffamation, l’injure et l’incitation à l’émeute. Elle autorisait l’expression publique de toute opinion, y compris des hostilités verbales entre divers courants idéologiques, considérées comme élément essentiel d’une vraie démocratie. (...) Les idées les plus farfelues s’exprimaient librement, sans que la France ne soit devenue ni nazie, ni communiste, ni antisémite ni plus homophobe ou xénophobe qu’auparavant."

    La loi Pleven de 1972 sur le racisme : les sentiments et les propos deviennent des délits

    Mais en 1972, la majorité de droite fait adopter la loi Pleven, qui modifie en profondeur la loi de 1881 à plusieurs points de vue : [...]

    La suite ici

  • [Paris] cercle d'étude: Application de la pensée d'Action Française vendredi 07 fevrier

    L’école de pensée qu’est l’Action Française ouvre ses portes trois vendredis par mois pour la tenue du cercle des étudiants animé par Pierre de Meuse pour les parties initiation et application de la pensée d’AF.. C’est l’occasion d’apprendre les bases ou de se refamiliariser avec la pensée nationaliste maurrassienne !

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Paris-cercle-d-etude-Application,5792

  • Info trafic (suite) : pas de train depuis Bordeaux

    Vraiment curieux cet hasard, il n'y a pas de train le dimanche 2 février au matin au départ de Bordeaux :

    L

    Michel Janva

  • Ce Jour de colère qui dérange…

    Le Jour de colère intrigue. Pour certains, il dérange. Pour nous, c’est bon signe…
    ♦ Les thèmes de protestation du Jour de colère sont directement en rapport avec la chute de popularité de François Hollande et de son gouvernement dans les sondages. Mais les questions ne sont jamais posées aux Français sous cet angle. Seul le Jour de colère et son collectif de 50 organisations de la société civile osent faire la liste des mécontentements de nos concitoyens. Ce sont ces thèmes que le Jour de colère mettra en avant ce dimanche 26 janvier.
    La colère fiscale est le premier d’entre eux. Le mouvement des Bonnets rouges a fait tache d’huile et n’appartient aujourd’hui à personne, tant l’urgence de la justice fiscale est partagée par l’opinion.
    La faillite éducative est le deuxième thème de colère. La catastrophique réforme Peillon est un écran de fumée pour masquer l’échec de l’éducation nationale, la dictature des syndicats d’enseignants et le poids de l’idéologie dans les programmes scolaires. Partout dans le monde, la place de la France recule. Dans les classements sur l’éducation, elle s’effondre. Le Jour de colère n’accepte pas cela.
    La destruction de l’emploi, le chômage de masse, le carcan bureaucratique qui entrave les entreprises et les charges qui les écrasent sont un sujet de colère grandissant. Les faillites industrielles et les suppressions d’emploi menacent la survie économique de la France. Qu’ils soient chômeurs, artisans, commerçants, paysans, tous les membres actifs de la vie économique sont exaspérés et vont le dire dimanche. Le Jour de colère lance la contre-offensive.
    La politique idéologique du gouvernement à l’égard des familles est en décalage complet avec les préoccupations des Français. Les priorités des familles n’ont rien à voir avec les lubies de Belkacem ou les fantaisies de Taubira. Alors que la famille est le premier lien social et le dernier rempart contre la précarité, le gouvernement mène une politique qui détruit cette solidarité. Le Jour de colère ne laissera pas faire.
    La souveraineté nationale a été bradée par François Hollande, qui se couche devant les technocrates de Bruxelles. L’identité nationale est bafouée par les « experts » de Jean-Marc Ayrault, qui réclament le remplacement de notre culture, de nos lois et nos mœurs. Les convictions des croyants sont insultées jusque dans leurs lieux de culte par des profanatrices Femen payées sur nos impôts. La liberté d’expression est traquée partout où elle subsiste. Le Jour de colère va nettoyer tout ça.
    Les sujets de colère sont si nombreux qu’on ne peut les citer tous, ils seront tous exprimés dans la rue le dimanche 26 janvier. Le peuple demande des sanctions et Hollande devra payer bientôt.
    Source :Nouvelles de France
    http://www.polemia.com/ce-jour-de-colere-qui-derange/

  • Pédophilie : les démocraties aux ordres de Satan – par Laurent Glauzy (partie 1 sur 2)

    La pédophilie ou le pédo-satanisme est un dossier particulièrement sensible. Est-ce alors un hasard, si les bonnes consciences, les saltimbanques sans talent, les pseudo-philosophes arrivistes, les journaleux et les politicards lèche-bottes prétendument outrés par les prises de position de l’humoriste Dieudonné et de l’écrivain polémiste Alain Soral, se montrent bien moins courageux pour se lever et dénoncer les scandales d’enfants que l’on viole et que l’on assassine ?

    Chaque année, des milliers d’enfants sont violés et assassinés. En Italie, des pédophiles ont été découverts grâce à l’association anti-pédophile Telefono Arcobaleno, active depuis 1996. Cette affaire commence le 27 septembre 2000 quand le procureur de Torre Annunziata, commune de la province de Naples, envoie six ordres d’arrestation, pour achat de photographies à caractère pédopornographique et la vente du matériel pédophile. L’Italie apprend alors avec effroi que, pour quelques millions de lires, des détraqués s’offrent le plaisir de visionner le viol et l’exécution d’un bébé de six mois.

    Toujours en Italie, plus de deux mille mineurs sont déclarés disparus chaque année.

    Si certains d’entre eux ne sont que de simple fugueurs qui retournent ensuite à leur domicile, ou qui sont retrouvés par les forces de l’ordre, en revanche, plusieurs centaines ne sont jamais retrouvés. Selon les statistiques officielles du ministère de l’Intérieur de Rome, en 1996, sur 2 391 mineurs déclarés disparus. 479 n’ont jamais été retrouvés. Que sont-ils devenus ? En 1997, Il Giornale titre : « À partir de 1990, le nombre d’enfants [définitivement] disparus a quadruplé. Aujourd’hui, ce chiffre explose. Et un calcul même approximatif est impossible. »1 Nous pouvons malheureusement croire que les chiffres du ministère de l’Intérieur sont bien en deçà de la vérité. Pour les adolescents de quinze à dix-huit ans ayant disparu, le quotidien milanais de centre-droit privilégie la piste de la drogue et des sectes.

    La CIA et la secte pédosataniste des Finders

    Dans le monde, la situation est tout aussi alarmante. Aux États-Unis, cent mille enfants disparaissent chaque année pour finir dans les réseaux de prostitution, de pornographie ou de pédophilie, alors que d’autres sont assassinés dans le sous-bois criminel des adorateurs de Satan. La Stampa parle d’une secte satanique qui recrutait des enfants. Voici ce qu’écrit le quotidien : « La secte Finders (découvreurs), fondée [au début des années 1970] à Washington par un marabout de soixante-dix ans, Marion David Pettie, se sert des enfants pour des rites sacrificiels démoniaques et des pratiques sexuelles. »2 Tout commence quand, le 7 février 1982, le Washington Post évoque une affaire d’enlèvement et de viols d’enfants, ainsi que de matériel pédoporno retrouvé dans un lieu appartenant à un groupe appelé « The Finders ». Il s’agirait d’un culte pour « laver le cerveau » des enfants et les utiliser dans des rituels.

    Ted Gunderson, ancien membre du FBI à Los Angeles dans les années 1970, enquêteur privé et consultant pour la sécurité, indique dans son rapport, en 1992, que la secte des Finders était très liée avec la CIA et qu’elle servait de couverture dans le trafic international d’enfants. Il relève avec étonnement que, contrairement aux vols de voiture, qui sont scrupuleusement recensés, les disparitions d’enfants ne sont pas comptabilisées, ou à peine.

    Les Finders avaient des activités remontant aux années 1950, en Asie du Sud-est (Hong Kong, Malaisie, Vietnam, Corée du Nord), à Moscou, en Afrique, à Londres, en Allemagne, aux Pays-Bas, aux Bahamas… Le réseau faisait sortir des enfants de Hong Kong grâce à un contact à l’ambassade de Chine. Les enfants voyageaient ensuite dans plusieurs maisons appartenant au réseau, dans différentes juridictions. Certaines étaient équipées d’antennes satellites, probablement pour diffuser les vidéos tournées par le réseau.

    Ted Gunderson remarque des pics de disparitions lors des fêtes sataniques importantes, en juin, octobre et décembre. Il constate que la CIA traite le dossier comme un « problème de sécurité intérieure » et le classe « secret ». Les charges contre les pervers ont été abandonnées et les enfants ont été renvoyés chez les bourreaux.

    Le groupe de Marion David Pettie, dans la mouvance beatnik, faisait la promotion des drogues vendues par la CIA. Il affirme que Timothy Leary, agent de la CIA et leader de la contre-culture, lui avait procuré du LSD.

    Le journaliste Uri Dowbenko relève que ces disparitions d’enfant, ainsi que les violences sexuelles et la pédophilie au niveau mondial, démontrent la convergence vers un réseau organisé de la criminalité de haut niveau, que contrôle dans l’ombre le système légal. Ted Gunderson et Uri Dowbenko soutiennent l’existence de plusieurs groupes de la mouvance satanique3 particulièrement puissants.

    Le témoignage dramatique d’une jeune victime

    Paul Bonacci fait l’objet d’une mesure d’isolement au centre correctionnel de Lincoln : il a accusé des hommes du pouvoir, dont George Bush, ou encore le député de Washington Barney Franks, qui siégea de 1981 à 2013 à la chambre des représentants des États-Unis, d’être des criminels pédophiles et d’avoir abusé de lui quand il avait six ans. Dans plusieurs de ses interventions, le pasteur Fritz Springmeier, accusera aussi l’ancien président américain d’être un pédocriminel et un sataniste4.

    En 1990, Paul Bonacci, âgé de vingt-deux ans, a été examiné par un psychiatre, Beverly Mead, qui l’a soumis à une expertise. Il a déclaré que le jeune homme était sain d’esprit et ne présentait pas le profil d’un affabulateur. Bonacci raconte : « J’étais entre les mains d’un groupe [de défense de la pédophilie] dénommé Namba (North American man – Boy Love Association) qui m’invitait à des réunions à New York et à Boston. À l’âge de neuf ans, j’ai été conduit dans un hôtel avec cinq autres garçons et on nous a contraint d’avoir des rapports sexuels pendant que l’on nous filmait. Ensuite, ils m’ont obligé à avoir des rapports avec un bébé. À l’été 1985, Larry King [le célèbre présentateur politique de la chaîne américaine CNN de 1985 à 2010] m’a obligé à tourner un film avec un autre garçon, Nicholas, qui était dans une cage. (…) On nous déguisait en Tarzan et l’on nous contraignait à avoir des rapports. Ensuite, on me commandait de le frapper. (…) Il est arrivé un homme qui m’a ordonné de taper le garçon comme s’il s’agissait d’une poupée. Ensuite, il m’a obligé à prendre un pistolet, je l’ai pointé sur sa tête et j’ai tiré. En 1984, on m’a emmené au ranch South Fork [Dallas]. Dans le cadre de la convention républicaine, Larry King organisait des parties pédophiles, toujours en compagnie de la fine fleur de la politique. »5

    Paul Bonacci poursuit son récit avec des révélations choquantes : « J’ai été témoin de sacrifices humains effectués sur un bébé de quelques mois, afin de blasphémer sur la naissance du Christ. Dans ce rituel annuel, tous chantaient pour pervertir le sang du Christ. À l’aide d’un poignard ils assassinèrent le bébé et le démembrèrent, puis ils remplirent une coupe de son sang mélangé à de l’urine qu’ils nous ont fait boire, pendant qu’ils entonnaient « Satan est le Seigneur »6.

    Les investigations de la Commission Franklin

    Le vrai nom de Larry King est Lawrence Harvey Zeiger. Ses parents étaient des Juifs de Biélorussie émigrés aux États-Unis. Dans les années 1980 et 1990, il dirigeait le projet républicain d’aide à la communauté noire, par le biais du National Black Republican Council, cercle de réflexion et d’influence afro-américain interne au Parti républicain. L’enquête a révélé que des personnes liées à Larry King effectuaient des rapts d’enfants pour la prostitution, la production de snuff movies (film avec mise à mort) et des parties de pédophilie.

    Au début des enquêtes lancées par la Commission Franklin, de nombreux incidents ont repoussé la date du procès contre le présentateur de CNN !

    Comme si on avait voulu garder le silence sur cette affaire liée à la pédophilie et au satanisme, plusieurs personnes de son entourage sont assassinées ou « suicidées ». Dan Ryan, associé de King, a été trouvé étranglé dans sa voiture. Bill Baker, partenaire du vice-président du National Black Republican Council, a été abattu d’un coup de révolver dans la nuque. Curtis Tucker s’est défenestré à Holiday Inn. Charlie Rogers, amant de King, s’est tiré une balle dans la tête. Bill Skaleske, représentant officiel du département de police d’Omaha (la plus grande ville du Nebraska) qui a dirigé l’enquête sur King, a été trouvé mort. Joe Malek, autre membre des marchands de bébés et propriétaire du Peony Park, où se produisaient les parties de pédophilie, a été tué d’un coup de pistolet : la police a conclu à un suicide. Mike Lewis, trente-deux ans, chargé de protéger les victimes-témoins, est mort d’une crise de diabète.

    La Commission Franklin a été définitivement levée quand l’enquêteur, Gary Caradori, est mort dans un mystérieux accident d’avion, après l’enregistrement, par son service, d’informations sensationnelles7.

    L’Afrique du Sud n’est pas non plus épargnée. Corriere della Sera mentionne : « Satan a pris pied aussi en Afrique du Sud, avec tous les aspects effroyable de son culte, le sacrifice de bébés égorgés sur l’autel du prince des Ténèbres, lors de réunions où les plus jeunes sont contraints d’avoir des rapports sexuels avec des chiens ou des boucs, animaux symboles de Lucifer. »8

    Enquête enterrée

    Entourées d’un épais silence, les enquêtes sont presque toujours enterrées. Pourtant, les cas de satanisme mettant en scène de pauvres innocents sont nombreux. Pour les États-Unis, Ted Gunderson constate : « J’ai quatre témoignages détaillés de trois détenus impliqués dans des rituels sataniques et un d’un prêtre de l’Utah. Tous m’ont confirmé l’existence de 50 000 à 60 000 cas annuels de sacrifices humains. Il a été retrouvé de nombreux cimetière dans tout le pays avec des dizaines de cadavres non identifiés, et aucune enquête poussée ne fut diligentée… »9.

    Les crimes sataniques sont en augmentation dans le monde entier. Le Dr Dianne Core, responsable de l’Institut Childwatch (Association d’assistance et de protection des mineurs), a dénoncé que, en Grande-Bretagne, les cercles satanistes, plus puissants que les groupes mafieux, sont protégés par le lobby politique. Le Dr Dianne Core remarque : « Malheureusement nous n’avons pas encore identifié le sommet de la pyramide qui dirige le satanisme en Grande-Bretagne. Ils jouissent de protections au plus haut niveau. Les pédophiles satanistes sont très présents à Londres. »10 Les cortèges et les sourires couronnent une réalité plus ténébreuse.

    Corriere della Sera du 18 mars 1990 dénonce qu’à « Londres, des bébés torturés au cours de rites sataniques, des fœtus extraits de force du ventre de mères mineures sont immolés. Aux confins de la réalité, des témoignages parlent de bébés et d’adolescents offerts aux grands prêtres d’une secte satanique et à leurs adeptes pour être violentés. Une fois enceintes, des adolescentes doivent avorter : le fœtus de quatre mois est sacrifié pour la purification des satanistes qui en boivent le sang. Une enquête conduite par 66 groupes de recherche de la National Society for the Prevention of cruelty against children (Société nationale pour la prévention de la cruauté contre les enfants) confirme l’existence de telles pratiques au Royaume-Uni. »11

    Consommation de fœtus lors d’une scène satanique

    Le 19 janvier 1998, lors de la cérémonie de fondation du Tribunal international Martin Luther King, le Dr Dianne Core annonçait qu’en Angleterre, en avril 1998, débuterait le procès pour viol d’une adolescente violentée dès l’âge de quinze ans. Une fois pubère, elle a été mise enceinte huit fois, et a dû avorter chaque à quatre mois de grossesse. Les fœtus étaient ensuite conservés dans un congélateur pour être ensuite consommés lors de scènes sataniques, avec la participation des mères avortées. »12

    Le rapport entre la pédophilie et le satanisme est maintes fois établi. Le père sicilien Don Fortunato Di Noto, fondateur en 1996 de l’association Meter contre la pédophilie, a révélé l’existence d’un site Internet satanique mettant en ligne des photographies terribles de sacrifices de jeunes victimes offertes à Satan. Le père Di Noto a déclaré : « On soupçonnait le lien entre satanisme, pédophilie et sacrifices humains. Mais nous n’avions jamais trouvé de sites aussi cruels affichant les photographies de sacrifices sur des sujets mineurs. Les images n’étaient pas le résultat de photomontages. 13 » Le courage de ce prêtre italien a été récompensé en 2001, par sa nomination à l’Ordre national du mérite de la République italienne. Il semble que ce pays peut encore récompenser des personnalités honorables.

    En Angleterre, en mars 1990, un enfant s’est livré à des révélations ahurissantes. Le quotidien Il Giorno rapporte : « Dans ses récits confus émergent des scénarios d’assassinats sur des nouveau-nés, de tombes ouvertes la nuit, de cannibalisme, des rites mystérieux avec des démons et des enfants contraints de boire de mystérieuses potions avant d’être violés et enfermés dans des cages. » 14 Le quotidien italien affirmait que les criminels profitaient de protections de haut niveau.

    Lobby politique et pédophilie

    Le célèbre journaliste milanais Maurizio Blondet, également connu pour ses positions catholiques traditionnelles, au cours d’une enquête publiée dans le périodique Teologica, relate : « Des personnalités appartenant à l’élite se réunissent les nuits de pleine lune pour pratiquer d’étranges rites, sur une île située à proximité de Washington. Naturellement, personne ne veut aborder un pareil sujet, car ce sont des gens très puissants. Dans certains entourages politiques de haut niveau, il se dit à demi-mot que des enfants y sont violés. Le tout se déroule dans un rituel de magie noire. Ce ne sont pas des personnes communes qui s’adonnent à de tels rites, mais il s’agit d’individus dotés de hautes charges, des fonctionnaires du Pentagone, etc. »15

    Horreurs après horreurs, les preuves d’adorateurs de Satan sacrifiant des enfants ne cessent de se recouper. La presse italienne ne manque pas de plumes courageuses pour dénoncer ces abominations. Corriere della Sera informe : « Horreur à Londres après la découverte d’un marché de films pour pédophiles. (…) Scotland Yard a enquêté sur au moins vingt enfants disparus les six dernières années et ayant connu une fin horrible. Une équipe a été formée pour enquêter dans le marché crasseux des vidéos pornographiques, les snuff movies destinés à des pédophiles sataniques. En argot, snuff signifie mourir ; dans ces vidéos, les petites victimes sont filmées alors qu’elles sont torturées, violées et assassinées. La police est convaincue qu’au moins six enfants sont morts de cette manière à Londres et dans le comté du Kent. L’Angleterre a appris avec stupéfaction qu’au sein de la société, circulent des monstres prêts à filmer les tourments, l’agonie et la mort des enfants pour satisfaire la perversité de beaucoup d’autres monstres [richissimes], qui déboursent des dizaines de millions pour une copie de film. »16 Sommes qui ne sont pas à la portée de la majorité des Britanniques.

    Les mystères de la Belgique

    250 millions de snuff movies sont commercialisés dans le monde entier. Aux États-Unis, pas moins de 20 millions de vidéos auraient été vendues dans les années 1990. Ce sont des scènes toujours plus cruelles montrant toujours la torture et la mort d’enfants. Chaque année, dans le monde, un million de bébés et d’adolescents sont victimes de la prostitution, du tourisme sexuel, de la pédophilie, de la pornographie, du sadisme de détraqués et de satanistes. De telles horreurs ont été révélées dans le cadre de l’affaire du pédocriminel Marc Dutroux, surnommé le « monstre de Marcinelle [section de la ville wallonne de Charleroi] ».

    Les vidéos de Dutroux montrent des enfants violés et mis à mort. La dénonciation a été faite par Sophie Wirtz, juriste et responsable de la section belge du Mouvement du Nid, association d’aide aux personnes prostituées. « Dans cette tragédie, le fond de l’horreur n’a pas encore été touché. », a-t-elle déclaré17.

    Dans l’entretien publié par un quotidien italien, la juriste affirme qu’au début de l’affaire Dutroux, six cents vidéos-cassettes de pornographie de mineurs séquestrés étaient en circulation. La présidente du Nid explique que « la pédophilie n’est pas un rapport affectif, mais l’expression de domination sur l’enfant dont le stade extrême est la mort »18.

    L’affaire Dutroux concentre des faits de pédophilie, d’homicide, de nécrophilie, de snuff movies et implique des personnes de la haute société belge, du monde de la haute finance et de la politique.

    En 1989, Dutroux avait déjà été condamné à treize années de prison pour avoir séquestré et violé à plusieurs reprises deux mineures en 1985, en compagnie de Michelle Martin, condamnée à six années pour des faits analogues. Cependant, le couple pédo-criminel n’a pas purgé la totalité de sa peine : Michelle Martin et Marc Dutroux sont libérés en août 1991 et avril 1992 par une grâce du roi, malgré l’opposition du procureur et des psychiatres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que Marc Dutroux récidive. En novembre 1992, il est accusé d’attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi. Interrogé par la Police communale, il est aussitôt relâché sans être inquiété. [Il se murmure alors que les petites victimes sont bien plus nombreuses qu’il n’a été rapporté : le 17 août 1996, dans la propriété de Marc Dutroux sont les corps de deux fillettes de neuf ans Julie Lejeune et Mélissa Russo, enlevées le 24 juin 1995.

    Selon les autopsies, les deux fillettes avaient l’anus largement dilaté. Mélissa avait les mains attachées quand on l’a retrouvée morte. Les liens aient été placés post mortem pour déplacer le corps, qui ne pesait que seize kilogrammes. Les jambes de l’enfant auraient aussi été fracturées post mortem aussi. Elle n’avait plus d’hymen et le vagin était dilaté d’environ quinze centimètres de diamètre. Ces preuves démentent alors la version officielle voulant exposant que les fillettes seraient mortes de faim et de soif dans la cave de Marc Dutroux.

    Pendant qu’en Belgique 350 000 personnes manifestaient contre le « monstre de Marcinelle », le silence le plus épais entourait l’arrestation survenue au Sri Lanka, en octobre 1996, de Victor Baumann. Cet industriel helvétique qui, à la tête de plusieurs sociétés au Sri Lanka, employait mille deux cent personnes et finançait une école, ainsi qu’un dispensaire, a été accusé du viol de mille cinq cents enfants !

    Laurent Glauzy

    http://www.contre-info.com/pedophilie-les-democraties-aux-ordres-de-satan-par-laurent-glauzy-partie-1-sur-2#more-31131

    [LA SUITE CES JOURS-CI]

    1 Il Giornale du 15/3/1997.

    2 La Stampa du 8/2/1987.

    3 Nexus n° 23, juin 1999, (édition italienne).

    4 Laurent Glauzy, Illuminati : de l’industrie Rock à Walt Disney, les arcanes du satanisme, La Maison du Salat, 2012, p. 14.

    5 Avvenimenti du 17/7/1991

    6 John DeCamp, The Franklin Cover-up, AWT, Inc. Lincoln, Nebraska, 1992.

    7 Giovanni Caporaso et Massimiliano Cocozza Lubisco, Bambini. Il mercato degli orrori (Enfants. Le marché des horreurs) dans Avvenimenti du 17/7/1991.

    8 Corriere della Sera du 20/5/1990.

    9 G. Caporaso et M. Cocozza Lubisco, op.cit.

    10 Executive Intelligence Review, vol. 16, n° 8 du 17/2/1989 : Pedophiles arrestedmore powerful thanthe Mafia in Britain.

    11 Corriere della Sera du 18/3/1990.

    12 Executive Intelligence Review, op.cit.

    13 Gazzetta del Sud du 1/7/2000.

    14 Il Giorno du 15/9/1990.

    15 Teologica,septembre/octobre 1996.

    16 Corriere della Sera du 28/7/1990.

    17 Gazzetta del Sud du 23/11/1996.

    18 Idem.

  • Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars

    Mais pourquoi donc l’Arabie saoudite a t-elle décidé d’équiper l’Armée libanaise de 3 milliards d’armement français, alors que durant les dernières semaines ses relais au Liban ne cessaient de dénoncer le slogan « Peuple-Armée-Résistance » et de mettre en cause la collusion entre militaires et Hezbollah ? Et si cette soudaine générosité était le prix du silence libanais, celui de l’oubli des centaines de victimes du terrorisme saoudien au pays du Cèdre, et de la trahison française de ses engagements au Proche-Orient ?

    La visite de François Hollande —accompagné de 30 patrons de grandes entreprises— en Arabie saoudite, les 29 et 30 décembre 2013, devait porter principalement sur des questions économiques et sur l’avenir de la Syrie et du Liban. Les questions de politique internationale devaient être discutées à la fois entre Français et Saoudiens, mais aussi en présence de leaders libanais, le président Michel Sleiman et l’ancien Premier ministre libano-saoudien Saad Hariri (considéré comme membre biologique de la famille royale), ainsi que le président de la Coalition nationale syrienne, le Syro-Saoudien Ahmad Assi Jarba [1]

    Au cours de la visite, l’Arabie saoudite annonça soudainement offrir 3 milliards de dollars d’armement français à l’Armée libanaise. Cette générosité intervient hors du calendrier pré-établi, alors qu’une conférence internationale doit, en février ou mars, collecter de l’argent pour le Liban en général et son armée en particulier. Jamais le Liban n’avait reçu un tel don.

    L’annonce a été faite solennellement par le président libanais, Michel Sleiman. Ce général, qui était devenu chef d’état-major de l’Armée libanaise pour que d’autres n’accèdent pas à ce poste, a été imposé président pour les mêmes raisons par la France et le Qatar. Son élection par le Parlement est anticonstitutionnelle (article 49 [2]) et ses fonctions ne lui furent pas remises par son prédécesseur, mais par l’émir du Qatar. Lors de son intervention télévisée au peuple libanais, le président Sleiman se réjouit du « makrouma » royal, c’est-à-dire du don que le souverain avait fait à son serviteur et, de manière incongrue, il conclut par un « Vive l’Arabie saoudite ! ».

    Cette annonce a été vivement saluée par l’ancien Premier ministre Saad Hariri qui s’est efforcé d’y voir le premier pas vers un futur désarmement du Hezbollah.

    La décision de Riyad ne peut que surprendre : en effet, au cours des derniers mois, le camp pro-saoudien du 14-Mars, Saad Hariri en tête, n’a cessé de critiquer la proximité entre l’Armée et le Hezbollah.

    Dans les jours suivants, une vaste campagne d’affichage sur les murs de Beyrouth célébrait l’amitié entre le Liban et l’Arabie saoudite, qualifiée de « Royaume du Bien » (sic).

    À vrai dire, cette affaire n’a aucun sens.

    Pour la comprendre, il aura fallu attendre quelques jours.

    Le 1er janvier 2014, soit quatre jours après l’annonce saoudienne, on apprenait que l’Armée libanaise avait arrêté Majed al-Majed, un ressortissant saoudien chef des Brigades Abdallah Azzam, une branche d’Al-Qaida au Liban.

    Mais on apprenait un peu plus tard que cette arrestation avait eu lieu grâce à une alerte de l’Agence de renseignement de la Défense états-unienne (DIA), le 24 décembre. Washington avait alors informé l’Armée libanaise que Majed al-Majed venait d’être hospitalisé pour subir une dialyse. L’Armée libanaise fut rapide à le localiser à l’hôpital Makassed, et l’aurait arrêté lors de son transport en ambulance vers Ersal, le 26 décembre, c’est-à-dire trois jours avant l’annonce saoudienne.

    Durant plus d’une semaine, l’arrestation du leader d’Al-Qaida au Liban fut un secret d’État. Le Saoudien était officiellement recherché par son pays pour terrorisme, mais officieusement il était considéré comme un agent des services de renseignement saoudiens placé sous les ordres directs du prince Bandar Ben Sultan. Il avait reconnu publiquement avoir organisé de nombreux attentats, dont celui contre l’ambassade d’Iran à Beyrouth, le 19 novembre 2013, qui avait fait 25 morts. C’est pourquoi, l’Armée libanaise informa Riyad et Téhéran de sa prise.

    Parmi les affaires intéressant le Liban, Majed el-Majed joua un rôle important dans l’organisation d’une armée jihadiste, le Fatah al-Islam.
    En 2007, ce groupe tenta de soulever les camps palestiniens du Liban contre le Hezbollah et de proclamer un émirat islamique au Nord du pays. Cependant, son commanditaire, l’Arabie saoudite, le laissa tomber sans préavis à la suite d’une rencontre entre le président Ahmadinejad et le roi Abdallah. Furieux, les jihadistes se présentèrent eux-mêmes en armes à la banque des Hariri pour y être payés. Après quelques affrontements, ils se replièrent au camp de Nahr el-Bared, dont l’Armée libanaise fit le siège. À l’issue de plus d’un mois de combats, le général Chamel Roukoz [3] donnait l’assaut et les écrasait. Durant cette guerre anti-terroriste, l’Armée libanaise perdit 134 soldats [4].

    Majed al-Majed était en contact personnel, direct et secrets, avec de nombreux dirigeants politiques arabes et occidentaux. Devant les enquêteurs, il a eu le temps de confirmer son appartenance aux services secrets saoudiens. Il est clair que ses aveux pouvaient être de nature à bouleverser la politique régionale. Particulièrement s’il avait incriminé l’Arabie saoudite ou le 14-Mars libanais.

    Le vice-président de la Commission parlementaire iranienne de la Sécurité nationale évoquait une proposition saoudienne de 3 milliards de dollars pour ne pas enregistrer les aveux de Majed al-Majed et pour l’extrader vers Riyad [5]. Le quotidien Al-Akhbar, avançait que le détenu était de toute manière en danger de mort et risquait d’être supprimé par ses commanditaires pour s’assurer qu’il ne parle pas [6].

    Le lendemain de cet éditorial, l’Armée libanaise annonçait sa mort. Le corps de Majed el-Majed était autopsié, mais contrairement à la procédure pénale, par un seul médecin. Celui-ci concluait à un décès des suites de sa maladie. Sa dépouille était transférée en Arabie saoudite et enterrée en présence de sa famille et de celle des Ben Laden.

    L’Iran exige des explications plus claires du Liban sur l’arrestation et la mort de Majed al-Majed. Mais sans trop d’insistance car le président Rohani tente par ailleurs de se rapprocher de l’Arabie saoudite.

    C’est la sixième fois que le chef d’une organisation terroriste pro-saoudienne opérant au Liban échappe à la justice. Ce fut ainsi le cas de Chaker Absi, d’Hicham Kaddoura, d’Abdel Rahmane Awadh, d’Abdel Ghani Jawhar et plus récemment d’Ahmad al-Assir.

    Quoi qu’il en soit, si le roi Abdallah a bien déboursé 3 milliards de dollars, bien peu arriveront à l’Armée libanaise.
    - Premièrement, cette somme inclut traditionnellement les « libéralités » royales à ceux qui ont servi le souverain. Ainsi, conformément au Protocole, le président Michel Sleiman a t-il immédiatement reçu, à titre personnel, 50 millions de dollars, et le président François Hollande une somme proportionnelle à sa fonction, dont on ignore le montant ainsi que s’il l’a acceptée ou non. Le principe saoudien de la corruption s’appliquera identiquement à tous les dirigeants et hauts-fonctionnaires libanais et français qui ont participé et participeront à la transaction.
    - Deuxièmement, l’essentiel de la somme sera versé au Trésor public français, charge à la France de transférer au Liban des armes et de la formation militaire. Il s’agit là de la rétribution de l’engagement militaire secret de la France, depuis 2010, pour fomenter des troubles en Syrie et renverser l’alaouite Bachar el-Assad que le Serviteur des Deux Saintes Mosquées ne peut accepter comme président d’une terre à majorité musulmane [7]. Cependant, comme il n’existe pas de catalogue des prix, Paris évaluera selon son bon vouloir ce que représente cette donation. De même que Paris choisira le type d’armes et de formation qu’il donnera. D’ores et déjà, il n’est pas question de fournir de matériel qui puisse ultérieurement être utilisé pour résister efficacement à l’ennemi principal du Liban, Israël.
    - Troisièmement, si cet argent n’est pas fait pour aider l’Armée à défendre le pays, c’est qu’il est destiné au contraire à la diviser. L’Armée libanaise était jusqu’ici le seul corps à la fois intègre et multi-confessionnel du pays. Les formations qui seront dispensées par la France viseront à « franciser » les officiers, plus qu’à leur transmettre un savoir-faire. L’argent restant sera utilisé à construire de belles casernes et à acheter de belles voitures de fonction.

    Toutefois, la donation royale risque de ne jamais parvenir du tout au Liban. En effet, selon l’article 52 de la Constitution [8], pour être perçu, le don doit être approuvé d’abord par le Conseil des ministres, puis soumis au Parlement. Or, le cabinet démissionnaire de Najib Mikati ne s’est pas réuni depuis 9 mois et n’a donc pas pu transmettre cet accord au Parlement pour qu’il le ratifie.

    Présentant l’accord aux Libanais, le président Michel Sleiman a cru bon de préciser, sans qu’on lui demande, que les négociations de Riyad n’ont aucunement porté sur un possible ajournement de l’élection présidentielle et une prorogation de son mandat, ni sur la composition d’un nouveau gouvernement. Cette précision fait sourire, tant il est évident que ces points étaient au centre des discussions.

    Le président s’est engagé auprès de ses interlocuteurs saoudiens et français à former un gouvernement de « technocrates », sans chiites, ni druzes, et à l’imposer au Parlement. Le terme « technocrate » s’applique ici à de hauts-fonctionnaires internationaux qui ont fait leur carrière à la Banque mondiale, au FMI etc. en montrant leur docilité à la doxa états-unienne. Il faut donc comprendre que le gouvernement sera composé de pro-US, dans un pays où la majorité résiste à l’Empire. Mais ne peut-on pas se trouver une majorité au Parlement avec 3 milliards de dollars ?

    Malheureusement, le prince Talal Arslane, héritier des fondateurs de la principauté du Mont-Liban au XIIe siècle et président du Parti démocratique, a immédiatement pris à parti le président Sleiman en lui rappelant que, conformément à l’Accord de Taëf [9], l’Exécutif est aujourd’hui le monopole du Conseil des ministres [10] et que celui-ci doit refléter la composition confessionnelle du pays [11]. Dès lors, un gouvernement de technocrates constitue une violation de cet accord et le président Sleiman serait considéré comme un putschiste, indépendamment de sa capacité à corrompre le Parlement.

    L’affaire ne se termine probablement pas là : le 15 janvier, l’Armée libanaise arrêtait dans un raid à la frontière syrienne, Jamal Daftardar, un des lieutenants de Majed al-Majed.

    Le président François Hollande sera certainement désolé de l’échec de son homologue libanais à vendre son pays pour 50 millions de dollars, mais vu de Paris, la seule chose qui compte c’est la répartition des 2 995 000 000 dollars restants.

    [1] Ahmad Assi Jarba est membre de la tribu bédouine des Chamar, dont le roi Abdallah est issu. Avant les événements, il avait été condamné pour trafic de drogues en Syrie. Les Chamar sont des nomades qui évoluent dans le désert d’Arabie et de Syrie.

    [2] « Les magistrats et les fonctionnaires de la première catégorie ou son équivalent dans toutes les administrations publiques, établissements publics et toute autre personne morale de droit public ne peuvent être élus au cours de l’exercice de leur fonction et durant les deux années qui suivent la date de leur démission et de la cessation effective de l’exercice de leur fonction ou de la date de leur mise à la retraite. »

    [3] Le général Roukoz, sans aucun doute le militaire le plus prestigieux du Liban, aurait dû être nommé chef d’état-major. Mais il se trouve être le gendre du général Michel Aoun, président du Courant patriotique libre, allié au Hezbollah.

    [4] « Le dossier des mercenaires du Fatah al-Islam est clos », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2007.

    [5] “S. Arabia Offers $3bln to Lebanon In Return for Infamous Terrorist”, Fars News, 4 janvier 2014.

    [6] “Don’t Let Majed al-Majed Be Killed” par Ibrahim al-Amin, Al-Akhbar (version anglaise publiée le 4 janvier 2014).

    [7] Depuis la signature du Traité de Lancaster House, la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Libye et en Syrie pour y organiser de pseudos-révolutions et en renverser les États. Toutefois, l’opération syrienne s’avérant être un échec, Londres s’en est retirée, tandis que Paris continue à soutenir activement la « Coalition nationale » dirigée par le Saoudo-syrien Ahmad Assi Jarba.

    [8] « Le Président de la République négocie les traités et les ratifie en accord avec le Chef du gouvernement. Ceux-ci ne seront considérés comme ratifiés qu’après accord du Conseil des ministres. Le Gouvernement en informe la Chambre des députés lorsque l’intérêt du pays et la sûreté de l’État le permettent. Les traités qui engagent les finances de l’État, les traités de commerce et tous les traités qui ne peuvent être dénoncés à l’expiration de chaque année ne peuvent être ratifiés qu’après l’accord de la Chambre des députés. »

    [9] « Accord de Taëf », Réseau Voltaire, 23 octobre 1989.

    [10] « Le Conseil des ministres représente le pouvoir exécutif »

    [11] « Tout pouvoir qui contredit la charte de vie commune est illégitime et illégal ».