« Certaines personnes se croient d’autant mieux cultivées qu’elles ont étouffé la voix du sang et l’instinct du terroir. Elles prétendent se régler sur des lois qu’elles ont choisies délibérément et qui, fussent-elles très logiques, risquent de contrarier nos énergies profondes. Quant à nous, pour nous sauver d’une stérile anarchie, nous voulons nous relier à notre terre et à nos morts…Voilà déjà qui nous rabat l’orgueil individuel. Le “Moi” s’anéantit sous nos regards d’une manière plus terrifiante encore si nous distinguons notre automatisme. Quelque chose d’éternel gît en nous dont nous n’avons que l’usufruit, mais cette jouissance même est réglée par les morts. Tous les maîtres qui nous ont précédés et que j’ai tant aimés, et non seulement les Hugo, les Michelet, mais ceux qui font transition, les Taine et les Renan, croyaient à une raison indépendante existant en chacun de nous et qui nous permet d’approcher de la vérité. L’individu, son intelligence, sa faculté de saisir les lois de l’univers ! Il faut en rabattre. Nous ne sommes pas les maîtres des pensées qui naissent en nous… Il n’y a pas d’idées personnelles ; les idées, même les plus rares, les jugements, même les plus abstraits, les sophismes de la métaphysique la plus infatuée, sont des façons de sentir générales et apparaissent nécessairement chez tous les êtres de même organisme assiégés par les mêmes images. Notre raison, cette reine enchaînée, nous oblige à placer nos pas sur les pas de nos prédécesseurs.
Dans cet excès d’humiliation, une magnifique douleur nous apaise, nous persuade d’accepter nos esclavages : c’est, si l’on veut bien comprendre – et non pas seulement dire du bout des lèvres, mais se représenter d’une manière sensible – que nous sommes le prolongement et la continuité de nos pères et mères. »
Maurice Barrès
Le deux novembre en Lorraine in Amori et dolori sacrum. Juven, Paris, 1903.
Sous le titre collectif de Culte du Moi, Maurice Barrès avait publié la trilogie qui comprend Sous l’oeil des Barbares (1888), Un Homme libre (1889) et Le Jardin de Bérénice (1891). Face au déterminisme matérialiste, face au naturalisme scientiste, Barrès cherchait à assurer l’épanouissement de son âme. Mais déjà, dans Le Jardin de Bérénice, il recherchait, au-delà de l’exaltation solitaire, des intercesseurs. La voix de la terre natale va l’arracher à l’individualisme romantique.
On peut s’arracher à l’erreur
Antérieur au livre qui l’a recueilli, Le deux novembre en Lorraine forme le point d’orgue d’Amori et dolori sacrum (1903). Le livre trouve son équilibre dans cette description de la Lorraine qui atteint un haut sommet du lyrisme en prose. Barrès dépasse son individualisme né du romantisme pour retrouver les plus vieilles traditions.
La réaction de Barrès nous réconforte : quel que soit le dévoiement de la pensée qu’ils aient pu subir et connaître à cause du milieu où ils ont été élevés et instruits, des esprits droits et vigoureux peuvent toujours réagir. Barrès a mené une réaction légitime contre un fatalisme naturaliste étouffant, et son effusion individualiste s’est transformée en un effort de discipline, de réorganisation mentale dès que la patrie fut retrouvée à travers l’approfondissement du Moi. L’examen de conscience se termina par une conversion au nationalisme. Barrès découvrit la vérité de l’être, qui est complexe, qui implique une solidarité entre les générations, une histoire, l’Histoire.
Aux sources du nationalisme
La doctrine nationaliste telle que la définira Charles Maurras se trouve en germe dans cette page. D’abord teintée de romantisme chez Barrès, la notion de “culte des morts” rejoindra le positivisme. Auguste Comte n’affirme-t-il pas : « les morts gouvernent les vivants » ? Robinson dans son île héritier de toute une civilisation, le célèbre petit poussin de La Politique naturelle (Mes Idées politiques), combien de comparaisons, combien d’images chères à Maurras nous viennent à l’esprit à la lecture de cette méditation de Barrès ! Scènes et doctrines du nationalisme confirmeront définitivement en 1902 l’évolution intellectuelle d’un homme qui s’est engagé depuis de longues années dans les luttes nationales.
« Si l’impressionnisme, le naturalisme et toutes les autres formes d’un romantisme dégénéré ont été vaincus devant l’intelligence française entre 1885 et 1895, c’est à Barrès, à Barrès seul, qu’est dû le principal honneur du triomphe… » (Maurras, Gazette de France, 9 avril 1905) Maurras a reconnu sa dette, il est toujours resté intimement lié à Barrès, même si ce dernier n’a pas été capable de pousser son amour de l’héritage national jusqu’au nationalisme intégral qui est la monarchie. Les précurseurs ne vont pas toujours au bout du chemin.
Gérard Baudin L’Action Française 2000 du 21 juin au 4 juillet 2007
culture et histoire - Page 1694
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Vers le nationalisme
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L’Action française sur Radio Courtoisie
Jeudi 2 janvier, le libre journal de Catherine Rouvier, présenté par l’abbé Guillaume de Tanoüarn, était notamment consacré à : L’Action française en 2014, avec François Bel Ker, secrétaire général adjoint de l’Action française, Elie Hatem, avocat, Arnaud Paris, responsable de la communication et Philppe Mesnard, journaliste.
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Fantasmagorique histoire romaine
Longtemps à la base de toute culture, l’histoire romaine a été victime, au fil des siècles, des relectures qu’en faisaient les générations successives, de sorte qu’il est difficile, sous le flot des interprétations orientées, de retrouver une vérité insaisissable. Cependant, ce que nous croyons savoir des Romains peut s’avérer révélateur, non de leurs façons de penser, mais des nôtres.
Vertus rigides
Caton l’Ancien n’est pas, tant s’en faut, la figure la plus attrayante dans la galerie des hommes illustres. Notre époque, il est vrai, n’aime pas les vertus trop rigides et le Censeur offre précisément l’un de ces exemples, admirables mais par trop austères, qui rebutent le commun. Il est pourtant, et par essence, représentatif de ce que fut Rome en ses débuts, avant que les conquêtes et leur afflux de richesses et d’esclaves, fussent venus corrompre les moeurs antiques et bouleverser en profondeur le tissu social ainsi que les mentalités. Le vieux Caton l’avait compris, d’ailleurs, qui ne cessa de mettre ses contemporains en garde contre la tentation du luxe et de la facilité qui les menaçait. Est-il, précisément, en cela, un homme d’aujourd’hui apte à nous parler des problèmes de notre temps ?
Eugenio Corti en est persuadé puisqu’il propose de Marcus Portius Cato une biographie romancée sous la forme, justement, la plus moderne possible, à savoir un scénario cinématographique. Parti pris littéraire un peu dérangeant, qui fractionne l’intrigue en tableaux, remplace les descriptions par des jeux de scène et des indications destinées aux caméras, et oblige à recourir constamment au dialogue. Ce que l’on voit avec plaisir ne se lit pas fatalement avec agrément.
Si toutefois vous parvenez à entrer dans le choix de l’écrivain italien, qui ponctue son script de parenthèses érudites concernant tel ou tel personnage, tel ou tel détail historique, reste une fresque superbe, et remarquablement documentée sur cet instant crucial des guerres puniques, où Hannibal commet l’erreur de s’abandonner aux délices de Capoue et assure sans le comprendre la victoire de Rome sur Carthage. Victoire paradoxale comme le perçoit Caton, incarnation d’un monde rural et guerrier, ami du travail et ennemi de l’argent, qui ne survivra pas à son triomphe et en surgira si profondément modifié qu’il en sera méconnaissable. Tout le problème étant de savoir si le destin de Rome était de demeurer une ville du Latium pétrie de vertus antiques, ou de devenir la caput mundi et d’en payer le prix…
Textes antiques
Le drame de César, cent ans plus tard, fut-il d’avoir été le seul à tirer toutes les conclusions politiques et sociales des bouleversements survenus au cours du siècle écoulé et admis que les institutions républicaines ne correspondaient plus aux nécessités de l’Empire ? Sans doute, et il en mourut car les héritiers de l’ordre ancien, le prenant pour la cause de la crise quand il n’en était que le produit, crurent tout restaurer en le supprimant. C’est le propre du génie d’appréhender la réalité mieux et plus vite, mais, si cela fait de Caius Julius l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire, cela ne le rend pas toujours sympathique.
Rien d’étonnant, donc, à ce que sa bibliographie soit l’une des plus impressionnantes et des plus fournies. Mais, par la force des choses, les biographes modernes ne peuvent que recopier à l’infini des sources antiques, en les agrémentant d’interprétations et de commentaires de leur cru, qui se ressentent des idéologies de leur temps. Bien connus des spécialistes qui s’y réfèrent constamment, ces textes fondamentaux le sont moins du grand public, rebuté par la difficulté de se les procurer, ou l’aridité qu’il leur soupçonne. Jean Malye a eu l’heureuse idée de réunir l’essentiel de ces auteurs originaux, exception faite de Nicolas de Damas, pourtant proche des événements, et de présenter leurs témoignages de manière chronologique ou thématique.
La véritable histoire de Jules César offre en réalité une vision de ce que les Romains connaissaient du grand homme à travers leurs historiens. La démarche est érudite et précieuse, mais on conservera deux détails à l’esprit : une partie des textes antiques ne nous est pas parvenue, peut-être justement celle qui aurait, tels les mémoires de Marcus Bibulus, beau-fils de Brutus, ou ceux de Messala, apporté à l’histoire un éclairage très différent de la version officielle ; quant aux textes en notre possession, qu’il s’agisse du corpus césarien ou des historiens antiques, ils sont soupçonnables, autant que les modernes, de partis pris et de propagande. L’histoire est définitivement une science trop humaine pour se prétendre honnête et véridique en tout.
Feuilleton
Cela, Alexandre Dumas, auquel nous devons l’une des meilleures biographies de César, le savait. En publiant, en 1860, en feuilleton des Mémoires d’Horace, dont il n’écrivit jamais, hélas, la seconde partie, il choisissait d’éclairer ces heures troublées de l’agonie de la République à travers une personnalité libre, et qui, idéaliste comme on l’est à vingt ans, avait justement choisi le camp des tyrannicides avant, au lendemain de Philippes, de rallier celui d’Octave et de devenir plus tard, grâce à Mécène, son protecteur, l’un des chantres de ce Principat qu’il réprouvait en sa prime jeunesse.
Au vrai, Quintus Horatius Flaccus sert ici d’abord de commode prête-nom et Dumas l’oublie souvent en chemin, emporté qu’il est par les événements historiques relatés. Il y revient à l’occasion pour le faire disserter sur la poésie et la littérature, longuement car il ne faut pas oublier que le cher Alexandre était payé à la ligne… Ce ne sont pas les meilleurs morceaux de l’oeuvre. On aurait tort cependant de bouder son plaisir car on trouve aussi dans ces pages de merveilleuses descriptions du quotidien, une découverte de Rome par le jeune provincial qui devrait figurer dans les anthologies, et un hymne à la latinité comme seul Dumas pouvait en écrire. Et ce texte étonnant était demeuré inédit depuis presque cent cinquante ans !
Roman-fleuve
Max Gallo, lui aussi auteur de romans-fleuves, vient de publier, dans une veine très dumasienne, et en cinq tomes, une suite intitulée Les Romains qui, de 73 avant notre ère à 363, c’est-à-dire de la guerre servile à la mort de Julien l’Apostat, retrace ce profond retournement des consciences que Daniel-Rops appela justement « la révolution de la Croix ». Max Gallo s’est converti, et son oeuvre avec lui ; le romancier n’en a pas souffert, tout au contraire, car ses livres y ont gagné une profondeur nouvelle, sans le priver de ses capacités critiques. Mieux encore, ses doutes ou ses ricanements d’autrefois lui ont servi ici à pénétrer, comme un autre n’aurait pu le faire, les mentalités de ses personnages, eux-mêmes confrontés au pari de la foi.
Donc, sur quatre siècles, des hommes d’une même famille, les Fusci Salinatores, vont se retrouver face aux drames de leur époque, à la terrible brutalité qui paraissait être à jamais l’unique réponse de l’ordre romain devant ses opposants, à la peur qui régissait cet univers impitoyable ; et soudain à l’autre voie offerte par les chrétiens. Des chrétiens, au demeurant, pas toujours à la hauteur du message dont ils se trouvaient les fragiles dépositaires.
Voici Gaius Fuscus Salinator, jeune officier prisonnier de Spartacus qui se voit promettre la vie sauve et la liberté s’il accorde sa protection à l’épouse du général des esclaves et promet d’écrire, sous sa dictée, la véritable histoire du Thrace ; l’effroyable massacre des révoltés, les six mille croix que Crassus plantera le long de la Via Appia afin de rappeler que l’on ne défie pas Rome, ouvriront dans l’âme de ce premier personnage des gouffres d’interrogation qu’il saura transmettre à sa descendance.
Puis Serenus Salinator, le petit-fils, contemporain de Caligula, de Claude et de Néron, témoin de plus en plus effaré des agissements des Julio-Claudiens, ami de Sénèque dont il ne parvient plus à partager les vues politiques et la justification complaisante du crime. Tout cela prétexte à un très flamboyant, et très juste, portrait de Néron, nuancé et douloureux. C’est ce même Serenus que l’on retrouve affronté aux horreurs de la guerre de Judée, perpétrées par le doux Titus, “les délices du genre humain”…
Encore un siècle, et paraît un nouveau descendant, Julius Priscus, proche de Marc Aurèle, qui n’oubliera jamais, sans parvenir à se l’expliquer, le supplice de Blandine et des martyrs de Lyon, ni cette « folle obstination » des chrétiens, comme disait l’empereur stoïcien. Paradoxalement, Marcus Salinator, ultime héritier de ces hommes qui, tous, ont approché la vérité du Christ, choisira, lui, de s’en détourner pour revenir au vieux culte solaire, tandis que Constantin fait triompher ce signe de la Croix qui obséda ses aïeux. Car, et c’est la grande habileté de Gallo, il ne verse pas dans le roman apologétique et, pour se convertir ou s’en approcher, ses héros n’en demeurent pas moins des hommes, et des hommes de leur temps, capables du pire bien plus souvent que du meilleur. En quoi ils apparaîtront proches, accessibles et compréhensibles aux lecteurs modernes.
Anne Bernet L’Action Française 2000 du 7 au 20 juin 2007
* Eugenio Corti : Caton l’Ancien. Fallois-L’âge d’homme, 390 p., 22 euros.
* Jean Malye : La véritable histoire de Jules César. Les Belles Lettres, 450 p., 25 euros.
* Alexandre Dumas : Mémoires d’Horace. Les Belles Lettres, 355 p., 25 euros.
* Max Gallo : Les Romains. I Spartacus et la révolte des esclaves ; II Néron, le règne de l’Antéchrist ; III Titus, le martyre des Juifs ; IV Marc Aurèle, le martyre des chrétiens ; V Constantin, l’empire du Christ. Fayard, chaque tome entre 350 et 480 p., chaque tome 20 euros -
Robert Steukers : Identité(s) Européenne(s) et actualité internationale
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Journée de la Fierté Parisienne : entretien avec l’association Paris Fierté
PARIS (NOVOpress) - Dans une semaine aura lieu la journée de la Fierté Parisienne, organisée par l’association Paris Fierté, le samedi 11 janvier prochain. En quoi consiste cette journée ? Novopress a souhaité donner la parole à l’un des ses organisateurs, Pierre, jeune parisien de 24 ans.
Vous êtes un des responsables de Paris Fierté : pouvez-vous vous présenter ainsi que votre association ?
Bonjour. Je m’appelle Pierre, j’habite Paris et j’ai 24 ans. Je suis Histoire-Sciences Humaines à la Sorbonne. Cela fait maintenant 5 ans que je me suis investi dans l’association Paris Fierté (site internet : www.parisfierte.com), dont je suis devenu au fil du temps l’un des porte-paroles. L’objectif de Paris Fierté est de retrouver, promouvoir et défendre l’identité parisienne, son histoire, sa culture et ses particularismes. Car Paris a bien une identité historique ancienne, aussi malmenée soit elle.
Journée de la Fierté Parisienne : entretien avec l’association Paris Fierté
Notre activité est assez large : nous organisons des visites de la ville selon des thèmes précis (par exemple, à travers le spectre de la Commune), nous faisons la promotion des produits de notre terroir (c’est peu connu, mais les spécialités gastronomiques de Paris et de ses environs sont très riches) ; nous retrouvons de vieux sports parigots (la canne de combat pour ne citer qu’elle). De nombreux parisiens sont ignorants de ce patrimoine vivant : nous tentons de le leur révéler.
Justement, vous organisez la Journée de la Fierté parisienne le samedi 11 janvier : pouvez-vous nous en dire plus ?
Après le succès rencontré l’année dernière, nous avons décidé de maintenir cet évènement qui se déroule en deux temps. D’abord une partie fixe en début d’après midi où les Parisiens peuvent (re)découvrir notre patrimoine culinaire, sportif, historique, architectural, le tout ponctué par des animations (sport, danses, musique, conférences). Dans un second temps, nous défilerons en l’honneur de la Protectrice de Paris, Sainte Geneviève, qui est pour les parisiens un symbole très important. C’est un moment fort et festif qui marque le patrimoine spirituel d’une ville comme la nôtre.
Quel est le thème retenu cette année ?
Dans un contexte de crises (économique, sociale, culturelle…) qui se ressentent partout en France, y compris ici à Paris où les classes populaires et moyennes ont de plus en plus de mal à résister (augmentation sans précédent du coût de la vie), nous avons pensé que le thème le plus approprié est « nous sommes les enfants de Paris et nous voulons un avenir à Paris ! ». Et cela est possible !
Quel succès espérez-vous pour cette journée ?
Notre constat est simple : nous sommes de plus en plus nombreux chaque année. Cela devrait encore se vérifier en 2014 !
Pouvez-vous nous rappeler les principaux éléments de cette Journée ?
Le programme se déroule comme suit : de 14 heures à 18 heures, « Journée de la Fierté parisienne », au niveau du Pont d’Austerlitz. Ensuite nous nous mettons en route en fin de journée pour la marche Sainte Geneviève, au niveau du Pont de la Tournelle, dont le départ est fixé à 18 heures 30 (face à la statue de Ste Geneviève, à peine 10 minutes à pied). Vous pouvez nous suivre sur twitter #JFP2014, facebook et n’hésitez pas à consulter notre site www.parisfierte.com ! On attend les lecteurs de Novopress nombreux !
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In memoriam - Nos jeunes années
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Les Ukrainiens défilent nombreux pour honorer leur héros nationaliste
Ils ont salué la mémoire de Stephan Bandera – héros de l’indépendance ukrainienne – à l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance. Aux cris de “gloire à l’Ukraine et Bandera est notre héros”, plus de 15 000 personnes ont défilé en brandissant notamment les drapeaux du parti nationaliste Svoboda.
“Chaque année depuis 2006, Svoboda marche le 1er Janvier en mémoire de lui et et pour diffuser ses idées. Des idées simples : un pays indépendant où les Ukrainiens sont les propriétaires de leurs patrie”, explique un participant.
http://www.contre-info.com/les-ukrainiens-defilent-nombreux-pour-honorer-leur-heros-nationaliste
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Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale
« Enquête sur la droite en France : Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale »
Professeur émérite à l'Université Lyon III, économiste libéral, spécialiste de la protection sociale, Jacques Bichot a présidé l'association Familles de France. Il est membre honoraire du Conseil Economique et Social.
Monde et Vie : Jacques Bichot, pensez-vous qu'il existe encore une gauche et une droite ? Si c'est le cas, qu'est-ce qui les différencie, au-delà de l'aspect partisan ?
Jacques Bichot : Cet aspect partisan, celui de la conquête du pouvoir, reste malgré tout déterminant. Les idéologies ne sont pas complètement négligeables, mais l'essentiel tourne quand même autour de la volonté de parvenir aux postes de commandement.
C'est ce qui explique que l'on puisse parler de FUMPS et que, quand la droite revient au pouvoir après la gauche, elle n'agisse pas vraiment autrement qu'elle. Il existe cependant des personnes qui possèdent des convictions : de ce point de vue, il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale, ainsi qu'entre,une droite conservatrice en matière sociale, sur les conceptions de l'existence, et une droite « libertaire » - je distingue bien libéral et libertaire. La tendance de l'UMP est essentiellement dirigiste, comme l'a montré la manière dont le parti de Madelin a été phagocyté et réduit à néant lorsqu'il s'est en quelque sorte fondu dans l'UMP. Et cette évolution dirigiste de la droite marque aussi bien le Front national que l'UMP : quand Jean-Marie Le Pen le présidait, le Front national avait des positions économiques plutôt libérales, alors que sous la présidence de sa fille le pouvoir a été pris au sein de ce parti par des chevènementistes, partisans d'un nationalisme inscrit dans un cadre extrêmement dirigiste. Naguère, des penseurs comme Maurice Allais ou Maurice Lauré, qui avaient des positions prudentes par rapport aux excès de la mondialisation, n'en étaient pas moins libéraux. Aujourd'hui, se trouvent d'un côté des libéraux favorables à une mondialisation échevelée et de l'autre, des nationalistes dirigistes.
En va-t-il de même en matière politique et sociale ?
En matière de mœurs, le dirigisme est libertaire. De ce point de vue, l'évolution a été largement conduite par la gauche.
Malgré quelques penseurs de droite qui tentent de résister, les positions de la droite politique sont seulement décalées de quelques kilomètres par rapport à celles de la gauche, mais l'une et l'autre sont engagées sur la même route. Sur les sujets de famille, de patriotisme, de morale, on ne voit pas de différence, la droite suivant le mouvement. Voyez, par exemple, la manière dont sont mis en cause le quotient familial et le quotient conjugal, par lesquels l’État reconnaît que la famille est un corps intermédiaire, la cellule de base de la société, et qu'il n' a pas seulement affaire à des individus, mais à des individus constitués en communautés, dont la famille est la plus petite mais la plus importante. Les adversaires du quotient familial disent qu'il introduit une réduction d'impôt, sans que la droite ne réagisse.
Ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune
Or, raisonner en termes de réduction d'impôt à propos du quotient familial signifie que le contribuable n'est plus le foyer fiscal, mais le couple parental, ou le parent isolé - ce qui revient déjà à détruire l'idée de foyer fiscal et de famille. Un rapport récemment publié, qui met le quotient conjugal sur la sellette, prône aussi l'individualisation de l'impôt L'on évacue ainsi l'idée que la société est constituée de familles autant qu'elle est constituée d'individus, et l'on entre ainsi dans le système, bien décrit par Tocqueville, d'une société complètement atomisée face à l’État qui en assure le bien-être. Le même rapport qui menace le quotient familial, veut étendre la logique d'individualisation aux mécanismes de secours comme le RSA, ou à l'assistance aux personnes en situation difficile. Il y est dit nettement qu'il n'existe pas de devoir de soutien des époux entre eux, ni des parents vis-à-vis des enfants, ou vice-versa : c'est à l’État qu'il appartient de régler tout ça !
Mais l'idéologie libérale fait-elle place aux corps intermédiaires ?
Je vous citerai le passage de Tocqueville, dans lequel il s'occupe du problème de l'alcoolisme : en France, dit-il, on pétitionne pour que l’État s'occupe de l'alcoolisme, aux États-Unis on crée une association qui s'occupera de la désintoxication... Qu'est-ce qu'une association, sinon un corps intermédiaire, capable de résoudre un certain nombre de problèmes sans que l’État vienne tout régenter ? La pensée libérale - en tout cas celle qui me plait - cherche à régler un certain nombre de problèmes conformément au principe de subsidiarité, c'est-à-dire au plus près des personnes ; or, ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune, avant d'en venir à des macrostructures. L'une des raisons qui explique l'exaspération des gens à rencontre de l'Europe, par exemple, vient de ce qu'elle n'applique absolument pas le principe de subsidiarité. Comme le disait un syndicaliste de la CFDT, les problèmes sont plus facilement résolus par les gens qui les connaissent de près que par ceux qui les voient de loin : c'est cela, la subsidiarité.
Propos recueillis par Eric Letty Monde&Vie Décembre 2013 -
Rebello-Rebelle
Belle et rebelle – Tu étais jeune et jolie. Deviens belle et rebelle.
Je n’en peux plus ! Aujourd’hui, être rebelle est une mode, rebelle à la police, à l’armée, aux religions, aux pouvoirs, à la société, on râle, on fait grève, et l’on se vautre devant « l’amour est dans le pré », pour rechercher de l’authenticité…
Comment en sommes-nous arrivés là ? Trop de lois, trop de sécurité, tout est ordonné depuis notre naissance pour nous éviter de réfléchir et de prendre des décisions. Le simple fait de marcher est géré par de petits bonhommes verts ou rouges, notre banque nous dit si l’on peut payer, le moindre petit boulot demande sécurité, assurance ou diplôme, déclarations, vaccins. Depuis que nous avons mis les pieds sur cette terre, notre vie est totalement planifiée… Une société d’assistés faciles à manipuler.
Alors forcément, quelque chose d’inconscient mais sortant du fond de nos entrailles cherche à se réveiller et un malaise circule petit à petit. Puis comme toute grande puissance à son apogée, commence la grande décadence. On danse, on chante, on rie, on boit, on se perce, on se tatoue, les mœurs dégénèrent, la drogue circule, tout est permis pour se sentir libre et exister, comme de jeunes enfants fougueux cherchant l’amour de nos parents en repoussant sans cesse les limites de l’insupportable.
J’ai retrouvé dans un carnet un extrait de Jean Cau du livre La grande prostituée. En voici une petite citation, écrite rapidement, et qui peut vous parler : « Ce cri encore et qui dit tout : “ Nous voulons qu’on nous donne des raisons de vivre ! » Pourtant je vous corne qu’il n’y en a pas et que tout l’égarement du troupeau est là, dans cet appel creux que le démagogue et le philosophe invitent à pousser. Il y a des passions de vivre. Il y a des poussées énormes et des volontés de vivre. Il y a un honneur à vivre. Il n’y a pas de raisons. ” »
C’est à nous qu’il incombe d’être des moteurs !
Non, il n’y en a pas. C’est à vous de vous créer, de devenir navigatrice, mère au foyer, paysanne, politicienne, tout et n’importe quoi, tant que l’on est passionnée, droite et solide. Nous devons être des îlots face à ce flot dévalant, des îlots bien ancrés et bien stables, des femmes droites et passionnées par la vie. Mères ou pas, mais fortes et se riant de la vie !
Nous avons la chance, nous les femmes, de pouvoir transmettre à nos enfants des bases solides et variées, de leur faire découvrir le monde pour qu’ils puissent se l’approprier. C’est un devoir d’apporter à nos enfants – beaucoup plus que ce que l’État ou la télévision peuvent leur transmettre – la culture générale, pour des racines solides et lointaines ; l’effort physique, l’entraide, la communauté. Il nous faut éveiller cette petite flamme qui n’attend que ça et qui fera les grands « hommes et femmes» de demain, lesquels tiendront ce pays à leur tour.
Stop aux rebelles ados insolentes et capricieuses, soyons des femmes engagées, passionnées, montrons qui nous sommes, d’où nous venons, des femmes pures et dures et qui vivent leur vie haut et fort. C’est tout, j’ai fini…
Asa longues Cuisses,BELLE ET REBELLE, 3/01/2014
http://www.polemia.com/rebello-rebelle/ -
La guérilla espagnole dans la guerre contre les armées napoléoniennes 3/3
J’espère avoir suffisamment illustré les raisons de mon désaccord avec Charles Esdaile.
En guise de conclusion, je présenterai quelques considérations générales sur le rôle et l’importance de la guérilla dans la guerre, même au-delà des pourtant considérables aspects militaires.
Les troupes impériales arrivèrent en Espagne en ayant gagné toutes les guerres entreprises jusque-là contre les armées les plus aguerries et chevronnées d’Europe, et, après avoir établi leur supériorité par une longue série de victoires écrasantes, crurent pouvoir se cantonner dans la routine quotidienne de l’occupation, comme elles l’avaient fait sans problèmes en Allemagne, en Europe centrale ou en Italie, avant la création d’un système d’États satellites de la France. Mais l’illusion fut de courte durée, le rêve se muant très vite en un horrible cauchemar, dans lequel chaque endroit du pays cachait un poignard prêt à frapper, où un verre de vin offert avec le sourire était très souvent empoisonné. Dans un ouvrage récent, Alan Forrest est net à cet égard :
« If service in Italy seemed threatening, Spain was even worse. The war in the Peninsula enjoyed a particularly fearsome reputation, in part – but only in part – as a consequence of the army’s intensive propaganda against the Spaniards. Napoleonic soldiers seem to have shared a horror of fighting there, especially after experience of other theatres of war, notably Germany and Central Europe. Spain was widely believed to be a savage and inhospitable country where French soldiers were left to die by callous villagers set on vengeance, where local people refused to sell them foodstuffs, and where they were virtually prisoners in their camps because of the activity of local ‘brigands’. » (63)
Les soldats impériaux, les jeunes recrues comme les grognards les plus expérimentés, éprouvaient à l’égard de l’Espagne une espèce de crainte révérencielle qui affectait leurs capacités militaires et encourageait la désertion, surtout chez les alliés, de même que l’insoumission en France (64). D’après Charles Esdaile, les déserteurs français auraient, en 1811, dépassé le nombre de 50.000 (65). La guérilla a également apporté un important soutien psychologique à la population espagnole, surtout pendant les années 1810 et 1811, lorsque les nouvelles des champs de bataille ne faisaient état que de terribles défaites, que la confiance envers les armées ne cessait de faiblir, et qu’il semblait que le tyran de l’Europe allait triompher une fois de plus. Les guerrilleros jouissaient du soutien populaire, qui s’exprimait aussi bien par l’appui matériel apporté (nourriture, hébergement…) qu’à travers les renseignements sur les mouvements de l’ennemi, ou les fausses informations dispensées aux impériaux. Personne ne songe à nier qu’il y ait eu des scènes de brigandage, de pillage, de violence, atroces parfois, imputables à des hommes ou à des bandes qui se réclamaient de la guérilla. On ne peut pas davantage nier que la population et les authentiques guerrilleros dénonçaient en général ces malfaiteurs, même aux autorités joséphines ou impériales, ou bien exerçaient directement sur eux une justice sommaire.
Sans vouloir mythifier la guérilla, ni en exagérer l’importance, on doit de toute façon admettre que son existence et sa présence active, pendant les longues et difficiles années de la guerre, exercèrent un poids essentiel sur l’issue du conflit.
Vittorio SCOTTI DOUGLAS
http://theatrum-belli.org/la-guerilla-espagnole-dans-la-guerre-contre-les-armees-napoleoniennes/
Notes :
(1) Pour une vision plus ample des thèmes abordés ici, je me permets de renvoyer à mes articles « Spagna 1808 : la genesi della guerriglia moderna. 2. Fenomenologia della guerriglia spagnola e suoi riflessi internazionali », Spagna contemporanea, n° 20, 2001, pp. 73-167; « La guerilla en la Guerra de la Independencia : ayuda imprescindible para la victoria o estorbo grave e inoportuno ? », Primeras Jornadas de Estudio sobre la Guerra de la Independencia en Málaga y su provincia (1808-1814), Actas del Colloquio, octubre de 2002 (à paraître).
(2) Voir l’essai de T. Barata, O desenvolvimento doutrinário e a importância crescente da guerra subversiva nos dois últimos séculos, Lisboa, Acta dos Colóquios Internacionais, 1990-1991-1992.
(3) Cité par W. Hahlweg, Guerrilla. Krieg ohne Fronten, Stuttgart-Berlin-Köln-Mainz, Kohlhammer, 1968. Trad. italienne (utilisée ici) Storia della guerriglia. Tattica e strategia della guerra senza fronti, Milano, Feltrinelli, 1973, p. 21. La définition est de V.-R. Wolf, R.-W. Günter, G. Moritz, Der Verdeckte Kampf, Bonn, Offene Worte, 1965, p. 1.
(4) Trad. récente de ce texte en italien, Thomas Edward Lawrence, Guerrilla-Guerriglia, Roma, Stampa Alternativa, 2002. Cf André Guillaume, Lawrence d’Arabie, Paris, Fayard, 2000. La doctrine de Lawrence sur la guérilla est résumée dans le chapitre 33 de son ouvrage Seven Pillars of Wisdom. A Triumph, imprimé une première fois à titre privé en 1926, puis en 1935 à Londres.
(5) Sebastián de Covarrubias Orozco, Tesoro de la Lengua Castellana o Española, Madrid, Luis Sánchez, 1611 ; réimpr. par F. C. R. Maldonado, Madrid, Castalia, 1995, p. 613, entrée guerra : cuando entre particulares hay pendencia y enemistad formada, que acuden unos a una parte y otros a otra; pero éstas castigan los príncipes de las repúblicas severamente.
(6) À propos du succès des traités français en Espagne, voir M.-R. Garcia Hurtado, Traduciendo la guerra. Influencias extranjeras y recepción de las obras militares francesas en la España del siglo XVIII, A Coruña, Universidade da Coruña, 1999, ainsi que le compte rendu que j’en ai fait : « La guerra « alla francese » nel XVIII secolo e la sua fortuna in Spagna », Spagna contemporanea, n° 17, 2000, pp. 161-163.
(7) Sur la genèse et le développement de la petite guerre, et plus généralement sur la guerre irrégulière, je renvoie à mon article « Spagna 1808 : la genesi della guerriglia moderna. 1. Guerra irregolare, petite guerre, guerrilla », Spagna contemporanea, n° 18, 2000, pp. 9-31.
(8) Publié à Paris en 1756, l’ouvrage de Philippe Augustin Thomas de Grandmaison fut rapidement traduit en allemand (Frankfurt et Leipzig, 1758), puis en espagnol (1780), à nouveau en allemand (Wien, 1785) et en espagnol (1794). On continua de le rééditer tout au long du XIXe siècle.
(9) Trad. du capitaine Víctor Amadeo María Caballero, Valence, Salvador Fauli, avec ajouts de considérations personnelles et de notas de los más extraordinarios sucesos acaecidos en la guerra à las Tropas Ligeras. Voir M.-R. Garcia Hurtado, op. cit., pp. 103-104.
(10) Pour l’histoire et la fortune d’un autre mot étroitement lié à la conception moderne de la guérilla, « partisan », voir l’art. cit. supra, note 7.
(11) J. Gomez De Arteche, Guerra de la Independencia : historia militar de España de 1808 a 1814, 14 vol., Madrid, Depósito de la Guerra, 1866-1903, II, pp. 692-696 (ouvrage en cours de réédition à Valencia, chez Simtac).
(12) Apuntes de la vida y hechos militares del brigadier Don Juan Martín Díez El Empecinado por un admirador de ellos, Madrid, s.e., 1814, p. 6.
(13) Par exemple Natalio Rivas Santiago, El alcalde de Otívar, héroe en la Guerra de la Independencia, Madrid, s.e., 1940, pp. 28 et 30. On trouve également Partida de guerrilla au sens de « formation d’infanterie légère » dans F. Casamayor, Diario de los sitios de Zaragoza, (rédigé en 1808), éd. par H. Lafoz Rabaza, Zaragoza, Comuniter, 2000, pp. 49 et 65, et dans le bulletin du Général Castaños déjà cité.
(14) Pour un usage très récent du terme, voir Le Monde, 9 juillet 2003 : « Pour les spécialistes militaires, les combats ont pris maintenant la forme d’une guérilla classique. Le faible attaque le fort à l’endroit et au moment qu’il choisit et se fond ensuite dans la population. Plus la réponse est brutale, plus les civils ont tendance à considérer les assaillants avec bienveillance ».
(15) Jean-René Aymes, « La guerrilla española (1808-1814) en la literatura testimonial francesa », dans P. Molas Ribalta (éd.), La España de Carlos IV, Madrid, Tabapress, 1991.
(16) G. de Grandmaison (éd.), Correspondance du Comte de La Forest Ambassadeur de France en Espagne 1808-1813, 7 vol., Paris, Picard, 1905-1913, I (1905), Avril 1808-janvier 1809, p. 147 (6 juillet 1808).
(17) Ibid., p. 154 (10 juillet).
(18) Joseph de Maistre, Correspondance, 6 vol., Lyon, Vitte et Perrussell, 1884, IV, p. 282. Les Œuvres complètes : contenant ses œuvres posthumes et toute sa correspondance inédite de J. de Maistre ont été réimprimées par G. Olms, Hildesheim, 1984.
(19) Par exemple dans un document signé par le ministre de Police, Pablo Arribas, adressé au Roi le 24 janvier 1810. Voir Archivo General de Simancas (désormais AGS), sección Gracia y Justicia (désormais GyJ), legajo (désormais leg.) 1076, sin foliar : «… con aquellos que habiendo sido seducidos han formado parte de dichas quadrillas de guerrilla…» (« …avec ceux qui, séduits par la guérilla, ont voulu faire partie de ses bandes… »).
(20) A. Wellesley, The Dispatches of Field Marshal the Duke of Wellington During His Various Campaigns in India, Denmark, Portugal, Spain, the Low Countries, and France, from 1779 to 1815, éd. par le Lt-Col. Gurwood, 12 vol., London, John Murray, 1834-1838, V, pp. 9 et 12. Le général anglais emploie le terme dans l’acception moderne.
(21) Cf. art. cité, supra, note 7.
(22) Esdaile est le seul grand spécialiste britannique contemporain de la Peninsular War. La liste de ses publications est remarquable : The Spanish Army in the Peninsular War, Manchester, Manchester University Press, 1988 ; « Heroes or Villains. The Spanish Guerrillas in the Peninsular War », History today, 4, 1988, pp. 29-35 ; The Duke of Wellington and the Command of the Spanish Army, 1812-1814, London, Macmillan, 1990 ; « The problem of the Spanish guerrillas », dans A. Berkeley (éd.), New Lights on the Peninsular War : International Congress on the Iberian Peninsula, 1780-1840, Lisbon, The British Historical Society of Portugal, 1991; The Wars of Napoleon, London and New York, Longman, 1995; « Rebeldía, reticencia y resistencia : el caso gallego de 1808 », Trienio, n° 35, 2000, pp. 57-80 ; Spain in the Liberal Age. From Constitution to Civil War, 1808-1939, Oxford, Blackwell, 2000 ; The Peninsular War. A New History, London, Allen Lane, 2002. Le dernier livre d’Esdaile porte précisément sur le thème en question ici (Fighting Napoleon. Guerrillas, Bandits and Adventurers in Spain, 1808-1814, New Haven-Londres, Yale Univ. Press, 2004).
(23) Charles Esdaile, « Heroes or Villains revisited: fresh thoughts on la guerrilla », Il Seminario Internacional sobre la Guerra de la Independencia, Madrid, 24-26 octobre 1994, Madrid, Ministerio de Defensa, 1996, pp. 191-210. Citation pp. 209-210.
(24) William Francis Patrick Napier, History of the War in the Peninsula and in the South of France from the year 1807 to the year 1814, 6 vol., London, Warne & Co., 1890-1892 (1ere éd., Londres, 1828-1840).
(25) Une première réponse aux positions soutenues par Esdaile est contenue dans la communication présentée au colloque de Màlaga, citée supra.
(26) Jean Frédéric Auguste Le Miere de Corvey, Des partisans et des corps irréguliers ou Manière d’employer avec avantage les troupes légères, quelle que soit leur dénomination : Partisans, Voltigeurs Compagnies-Franches, Guérillas, et généralement toute espèce de Corps irréguliers, contre des Armées disciplinées. Ouvrage utile dans les guerres régulières, et indispensable dans le cas d’une invasion étrangère, Paris, Anselin et Pochard, 1823.
(27) Ibid., pp. 101-102.
(28) Auguste Bigarré, Mémoires du général Bigarré, Aide de camp du Roi Joseph, 1775-1813, Paris, Kolb, 1893, p. 278.
(29) Jean Sarramon a consacré douze volumes à la description détaillée de toutes les actions militaires, jusqu’à la moindre, pendant les vingt-six mois de la période mai 1811- juin 1813. Deux volumes seulement ont été publiés : La bataille des Arapiles (22 Juillet 1812), Toulouse, Publications de l’Université Toulouse-Le Mirail, 1978 ; La bataille de Vitoria. La fin de l’aventure napoléonienne en Espagne, Paris, Bailly, 1985. L’ouvrage de Sarramon peut être consulté en microfilm aux Archives de la Guerre au Château de Vincennes et à l’Instituto de Historia y Cultura Militar de Madrid. Du même auteur, Napoléon et les Pyrénées. Les chasseurs des montagnes et la couverture de la frontière 1808-1814, Selgues, Le Lézard, 1992.
(30) Jean Sarramon, La bataille des Arapiles (…), op. cit., p. 431.
(31) J.B.A.M. Marbot, Mémoires 1799-1815, 3 vol., Paris, Plon, 1891, II, p. 484. Marbot pense en effet que « dans les six années qui se sont écoulées depuis le commencement de 1808 jusqu’à la fin de 1813, les Français ont perdu dans la péninsule ibérique 200 000 hommes tués ou morts dans les hôpitaux, auxquels il faut ajouter les 60.000 perdus par nos alliés des diverses nations ». Même en déduisant les pertes subies au Portugal, on est proche de l’estimation de Bigarré.
(32) Je tiens à remercier vivement Ronald Fraser, ainsi que la maison d’édition Faber & Faber, de m’avoir autorisé à prendre connaissance d’une partie du manuscrit à paraître sous le titre To Die in Spain. Popular Resistance in the Peninsular War.
(33) J. L. Tone, La guerrilla española y la derrota de Napoleón, Madrid, Alianza, 1999, p. 321. Éd. originale, The Fatal Knot. The Guerrilla War in Navarre and the Defeat of Napoleon in Spain, Chapel Hill et Londres, The University of North-Carolina Press, 1994. L’édition espagnole contient une traduction partielle de l’édition originale, à laquelle de nouveaux chapitres ont été ajoutés. Les pertes en Navarre données par Tone et reprises par Fraser, ne sont que celles causées par les deux Mina (Javier et Francisco) de 1810 à la fin de la guerre : 17.103 tués ou faits prisonniers (358 par Javier Mina, 16 745 par Francisco Espoz).
(34) Rory Muir, Britain and the Defeat of Napoleon 1807-1815, New Haven and London, Yale University Press, 1996, p. 421, n. 9 et 11.
(35) Nicolas Horta Rodriguez, « Sociología del movimiento guerrillero », dans M. Hernandez Sanchez-Barba & M. Alonso Baquer (dir.), Historia social de las fuerzas armadas españolas, 8 vol., Madrid, Alhambra, 1986, II, Revolución nacional e independencia, p. 511.
(36) V. Scotti Douglas, Spagna 1808 (…), art. cité, pp. 94-96.
(37) José de Arteche y Moro, Guerra de la Independencia. Historia militar de España de 1808 a 1814, 14 vol., Madrid, Déposito de la Guerra, 1886-1903, II, p. 125.
(38) Données aimablement communiquées par l’auteur. Cf. note 32.
(39) Cf. note 35.
(40) Elle contient de nombreuses données statistiques sur la provenance sociale des guerrilleros et sur leur profession d’avant-guerre.
(41) Dans l’Archivo Histórico Nacional de Madrid (désormais AHNM), Estado, leg. 3003, 3068, 3069, 3070, 3078, 3091, 3096, 3100, 3108, 3111, 3112, 3116, 3119 et 3130, Fraser a dénombré 1 626 lettres interceptées. D’autres se trouvent dans le 84 legajos (Estado), avec l’indication Papeles de la Junta Central Suprema Gubernativa del Reino y del del Consejo de Regencia (numérotés 1-84).
(42) « une guerre de bandes, d’obstacles pour miner les armées ennemies par le manque de vivres, la coupure des ponts ainsi que toutes sortes de coupures là où il soit convenable, et d’autres moyens semblables. La situation de l’Espagne, son caractère montagneux avec ses défilés, ses fleuves et ses ruisseaux, et même la disposition de ses Provinces facilitent cette sorte de guerre, ainsi que sa réussite » (Prevenciones, promulgadas por la Junta Suprema de Gobierno de España e Indias, el 6 de junio de 1808, « Colección documental del Fraile », Archivo Histórico Militar, Madrid, vol. DCCCLXIV, p. 50).
(43) « la notoriété du fait que tous les chemins sont occupés par des insurgés ».
(44) « la sécurité de l’escorte» (AGS, GyJ, leg. 1078, sin foliar, lettre de Palencia du 27 octobre 1810, de Pedro Joaquín Escudero, président de la Junta Criminal Extraordinaria de Palencia, à Manuel Romero, ministre de la Justice).
(45) Autres exemples cités dans mon article « L’Archivo General de Simanca, fonte misconosciuta per la storia del regno di Giuseppe Bonaparte », Spagna contemporanea, n° 7, 1995, pp. 189-194.
(46) AGS, GyJ, leg. 1083, sin foliar.
(47) « Monseigneur : Malgré la proximité de ce village vis-à-vis de la Cour, pour le courrier c’est la même chose que s’il se trouvait à plus de cent lieues. Il n’arrive presque jamais à temps : quelquefois il est volé et d’autres il est retenu une ou plusieurs semaines à Alcalá, comme cela vient d’arriver récemment, tandis que ce village se trouve seulement à quelque quatre lieues. L’excuse que donne le conducteur, c’est que les guérilleros l’ont intercepté et l’ont menacé de mort, et ici, pas davantage qu’en Alcalá, les Commandants militaires ne peuvent –ou ne veulent- offrir aucune escorte » (AGS, GyJ, leg. 1121, sin foliar, lettre de Guadalajara du 26 juin 1811, de Diego Gallardo, préfet de la ville, au ministre de la Justice).
(48) Cas prévu par l’art. 16 du règlement sur le Corso terrestre, Instruccion que su Magestad se ha dignado aprobar para el corso terrestre contra los exércitos franceses, AHNM, Estado, Papeles de la Junta Central, leg. 51A, doc. 6. À propos des lois promulguées par les autorités espagnoles sur la guérilla, voir V. Scotti Douglas, « Guerrillas y autoridades patriotas en la Guerra de la Independencia », dans AA.VV., La Guerra de la Independencia en el Valle Medio del Ebro. Segundo Curso de Verano de Tudela, Tudela, Ayuntamiento de Tudela, 2003, pp. 169-210.
(49) « entretenir avec leurs propres moyens – en rations et en argent – le détachement de troupes qu’on va lui envoyer » (Real Decreto du 7 août 1811, AGS, GyJ, leg. 1084, sin foliar) ; autre exemplaire de l’arrêté, leg. 1108, sin foliar.
(50) Afrancesado : littéralement « francisé ». Le mot était utilisé pour identifier les partisans de Joseph Bonaparte.
(51) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Oxford, Clarendon Press, 7 vol., 1902-1930, III, p. 116.
(52) David Gates, The Spanish Ulcer. A History of the Peninsular War, London, Allen & Unwin, 1986, Appendice 2, pp. 481-530. Au 15 juillet 1811, les impériaux avaient en Espagne 354 461 hommes, dont 291 414 prêts au combat, ibid., pp. 504-507.
(53) AHNM, Estado, leg. 3003. Le chiffre de Masséna diffère de celui de David Gates, qui propose toutefois un effectif élevé (note précédente).
(54) Alphonse-Louis Grasset, Malaga, Province française (1811-1812), Paris, Lavauzelle, 1912, pp. 20-21 et 573-577.
(55) Ibid. pp. 52-53.
(56) J.B.A.M. Marbot, op.cit., II, p. 45.
(57) A.-A.-R. de Saint-Chamans, Mémoires du général comte de Saint-Chamans ancien aide de camp du Maréchal Soult 1802-1832, Paris, Plon Nourrit, 1896, p. 208.
(58) Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT), Paris, Château de Vincennes, C8, 387, Relation du général Abbé, 1er février 1812.
(59) Basil Liddell Hart, The Strategy of Indirect Approach, London, Faber and Faber, 1941, p. 148.
(60) D’après David Gates, The Spanish Ulcer (…), op. cit., pp. 490-492.
(61) D’après Rory Muir, Salamanca 1812, New Haven and London, Yale University Press, 2001, Appendix II et III, pp. 240-264.
(62) Jean Sarramon, La bataille de Vitoria (…), op.cit., pp. 678-687.
(63) Alan Forrest, Napoleon’s Men. The Soldiers of the Revolution and Empire, London-New York, Hambledon and London, 2002, pp. 123-124.
(64) Id., Conscripts and Deserters. The Army and French Society during the Revolution and Empire, New York-Oxford, Oxford University Press, 1989.
(65) Charles Esdaile, The Wars of Napoleon, op.cit., pp. 247-249.