La race et les origines
L’importance que revêt pour notre doctrine l’étude des origines — et par conséquent, la science de la préhistoire aussi — ne peut qu’apparaître dans toute sa clarté à l’issue de ce rapide survol des recherches relatives au racisme «au troisième degré». Mais il faut introduire dans ces disciplines des critères révolutionnaires et écarter résolument un certain nombre de préjugés propres à la mentalité scientiste et positiviste qui, favorisés par une école historique désormais dépassée, n’en persistent pas moins dans les formes les plus répandues de l’enseignement général. Nous ne prendrons que deux exemples.
Il convient tout d’abord de dépasser le préjugé évolutionniste au nom duquel, en étroite relation avec le préjugé progressiste et historiciste, on interprète le monde des origines et de la préhistoire comme le monde obscur et sauvage d’une humanité semi-bestiale qui, peu à peu, péniblement, se serait «civilisée» et rendue capable de posséder une culture. Ce que le racisme affirme, bien au contraire, c’est qu’ont déjà existé, à l’époque préhistorique, des peuples qui, outre une pureté raciale ensuite perdue, avaient une vaste intelligence du monde spirituel. Ceux-ci n’étaient certes pas «civilisés» au sens moderne de ce mot (en relation avec le développement des connaissances expérimentales, de la technique, du système juridique positif, etc.), mais ils possédaient des qualités de caractère et une vision spirituelle du monde bien à eux, laquelle procédait de contacts réels avec les forces supra-humaines de la nature — vision non pas «pensée» mais vécue, concrétisée par des traditions, exprimée et développée par des symboles, des rites et des mythes.
En relation avec ceci, il convient également de repousser les frontières de la nouvelle recherche préhistorique : les hypothèses racistes les plus récentes relatives à la question des origines de l’homme nous amènent aux alentours du dixième millénaire avant J.-C., alors qu’il y a peu de temps encore, il paraissait déjà hasardeux d’évoquer des civilisations remontant à 2 ou à 3000 ans avant J.-C. En ce qui concerne maintenant le cadre général du problème de ce qu’on appelle la «descendance», il faut prendre résolument position contre le darwinisme. La souche originelle de l’humanité — à laquelle les races supérieures, qu’elles soient antiques ou contemporaines, appartiennent — ne provient ni du singe, ni de l’homme-singe de l’ère glaciaire (l’homme moustérien ou de Néanderthal, et l’homme de Grimaldi), un fait que les spécialistes non racistes ont de plus en plus tendance à reconnaître à l’heure actuelle. L’homme simiesque ne correspond à un rameau humain bien particulier, en grande partie déjà en voie de disparition, que par ceux de ses éléments qui se sont incorporés à d’autres races humaines supérieures bien précises — éléments qui apparaissent comme plus récents que lui (faisant ainsi naître l’illusion qu’ils ont subi une «évolution») — pour l’unique raison qu’il apparut plus tard sur les mêmes territoires, venant de régions en grande partie détruites ou dévastées par des cataclysmes et des modifications climatiques.
Il est absolument capital de comprendre la vivante signification d’un tel changement de perspective propre aux conceptions racistes : le supérieur ne dérive pas de l’inférieur. Dans le mystère de notre sang, dans la profondeur la plus abyssale de notre être, demeure, ineffaçable, l’hérédité des temps primordiaux : mais il ne s’agit pas d’une hérédité de brutalité, d’instincts bestiaux et sauvages livrés à eux-mêmes, comme le prétend une certaine psychanalyse et comme on peut logiquement le conclure à partir de «l’évolutionnisme» et du darwinisme. Cette hérédité des origines, cet héritage qui nous vient du fond des âges est bien au contraire un héritage de lumière. La force des atavismes, en tant qu’expression des instincts inférieurs, n’appartient pas à cette hérédité fondamentale : c’est quelque chose qui, soit a pris naissance et s’est développé selon un processus de dégradation, d’involution ou de chute (dont le souvenir demeure sous forme de mythes divers dans les traditions de quasiment tous les peuples), soit procéda d’une contamination, d’une hybridité, due à l’apport étranger, à des avatars de l’homme de l’ère glaciaire. C’est la voix d’un autre sang, d’une autre race, d’une autre nature, et dont on ne peut dire qu’elle est humaine que par pur parti pris. Quoiqu’il en soit, à chaque fois que l’on ressent la justesse de la formule platonicienne : «deux âmes luttent en mon sein», il faut interpréter ceci à la lumière de ce que nous venons d’exposer pour en comprendre le sens exact. Seul peut adhérer au mythe de l’évolutionnisme et du darwinisme l’homme chez qui parle l’autre hérédité (celle introduite à la suite d’une hybridation), car elle a réussi à se rendre suffisamment forte pour s’imposer et étouffer toute sensation de la présence de la première.
Un autre préjugé combattu par le racisme est celui qui est contenu dans la formule bien connue : Ex Oriente lux. Chez beaucoup persiste aujourd’hui encore l’idée selon laquelle les plus antiques civilisations seraient nées dans le bassin méditerranéen oriental ou en Asie occidentale : ce serait d’elles, puis de la religion hébraïque, que l’Occident aurait tiré sa lumière — Occident qui, jusqu’à une époque beaucoup plus tardive, surtout dans les régions septentrionales, serait resté à l’état sauvage et barbare. Avec le racisme, on a, ici aussi, un changement total de perspective. Ces civilisations asiatiques n’ont pour nous rien d’originel ni, bien au contraire, de pur. L’origine de la civilisation la plus haute propre aux races blanches et, d’une manière générale, indo-européennes, n’est pas orientale mais occidentale et nordico-occidentale. Ainsi que nous l’avons dit, on se trouve en ce domaine ramenés à une préhistoire qu’hier encore l’on aurait pu croire fabuleuse. En face de l’éclat d’une telle préhistoire nordico-occidentale et aryenne, les civilisations asiatico-orientales nous apparaissent comme déjà crépusculaires et hybrides — aussi bien spirituellement que racialement. Ce qu’elles recèlent de vraiment grand et de lumineux provient en fait de l’action initiale civilisatrice de noyaux appartenant à la race dominatrice nordico-occidentale ayant jadis essaimé jusque-là.
Les migrations nordico-occidentales
La «lumière du Nord», le «mystère hyperboréen» : tel est donc le motif central de notre doctrine de la race — ce qui ne manquera pas d’apparaître à certains quelque peu paradoxal, pour ne pas dire suspect et quasiment diffamatoire vis-à-vis de nos traditions [Evola s'adresse ici à un public italien, NDR], considérées comme «méditerranéennes». Quelques éclaircissements s’imposent donc.
En premier lieu, lorsque nous parlons du Nord, ce n’est pas de l’aire germanique que nous parlons. Le berceau primordial de la race aryenne doit au contraire être identifié avec une région qui correspond à l’actuel Arctique : ceci, à la très lointaine époque préhistorique évoquée plus haut. Ultérieurement, toujours à l’époque préhistorique, le centre d’irradiation semble s’être fixé dans une région nordico-occidentale. Dans d’autres de nos ouvrages, nous avons indiqué les références qui justifient une semblable thèse — laquelle correspond d’ailleurs à des réminiscences et à des enseignements traditionnels qui, dans toutes les civilisations, concordent. Même du point de vue positif, géographique, il est possible d’admettre que l’Arctique (ou, si l’on veut, l’Hyperborée) ne soit devenu une région inhabitable aux glaces éternelles que peu à peu et à partir d’une époque donnée ; quand au second berceau (le berceau nordico-occidental), il aurait, semble-t-il, disparu à la suite d’un cataclysme sous-marin.
Pour ce qui concerne maintenant l’inquiétude suscitée par la thèse nordico-aryenne, celle-ci repose sur une équivoque. Soutenir une telle thèse ne signifie nullement adhérer au mythe pangermaniste — lequel, après avoir quasiment fait des termes «nordique», «germanique», «aryen» et «allemand» des synonymes, prétend maintenant soutenir que tout ce qu’il y a de supérieur dans les diverses nations et civilisations de notre continent proviendrait des éléments germaniques — tandis que tout ce qui ne se ramènerait pas à eux serait carrément inférieur et subalterne.
C’est précisément pour éviter ce genre d’équivoque que, vis-à-vis de la race aryenne primordiale, nous utilisons d’habitude le terme d’hyperboréen, forgé en Grèce à une époque où l’on ignorait tout des Germains. Quoiqu’il en soit, nous tenons à préciser sans la moindre ambiguité qu’aryen, nordico-aryen, nordico-occidental, etc. ne signifient pas, dans le cadre d’une doctrine raciale sérieuse, «allemand» ou «germanique» : ce sont des termes qui désignent une réalité beaucoup plus vaste. Ils se réfèrent à une souche dont les peuples germaniques de la période dite des invasions ne sont qu’une des nombreuses ramifications, car les plus grandes races créatrices de civilisation, que ce soit en Orient comme en Occident (l’antique Perse comme l’Inde ancienne, de même que l’Hellade des origines ou Rome elle-même) auraient pu très légitimement y faire remonter leur origine. Entre toutes ces races, ce qui a pu exister, c’est un rapport de consanguinité, mais en aucun cas de dérivation. On ne peut parler de dérivation que par rapport à cette commune souche hyperboréenne évoquée plus haut — laquelle remonte toutefois à une préhistoire si éloignée que toute prétention, de la part de quelque peuple historique que ce soit (à plus forte raison s’il est récent), de vouloir se faire passer pour sa descendance exclusive, est purement et simplement une absurdité.
L’expansion des races nordico-aryennes emprunta deux directions fondamentales : l’une horizontale (venue de l’Occident à travers la Méditerranée, les Baléares, la Sardaigne, la Crète et l’Egypte), l’autre transversale (directions nord-ouest sud-est, depuis l’Irlande jusqu’à l’Inde, avec des centres localisés dans la région danubienne et dans le Caucase — lequel, loin d’être, comme on le croyait, le «berceau» de la race blanche, fut un foyer d’expansion sur l’itinéraire emprunté par l’un des courants nordico-aryens). Quant à la migration des peuples proprement germaniques, celle-ci par rapport aux deux précédentes, remonte à une époque incomparablement plus récente — ici, c’est en millénaires qu’il faut compter. C’est le long de cet axe horizontal et, partiellement, à la suite de rencontres avec l’axe transversal sur le continent eurasiatique, que sont nées les plus grandes civilisations du bassin méditerranéen — celles que nous connaissons aussi bien que celles dont rien d’autre ne nous est parvenu, sinon des résidus dégénérés. Par rapport à de telles civilisations, eu égard à ces horizons préhistoriques totalement nouveaux, il faut voir dans les peuples nordico-germaniques de la période des invasions de simples épigones, des gens qui, issus d’une famille commune, ont simplement été les derniers à apparaître sur la scène de l’histoire. A tous points de vue, ils n’y apparurent nullement comme «purs».
Bien entendu, n’ayant pas derrière eux tout le passé des autres groupes de la même famille, ceux-ci ne furent pas aussi exposés au danger des métissages : physiquement et biologiquement, ils apparurent donc davantage «en ordre». Leur vie dans des régions où les conditions climatiques comme celles du milieu étaient devenues très dures, et qu’ils furent les derniers à quitter, ne fit que renforcer le processus de sélection : c’est ainsi que se confirmèrent et se renforcèrent des dispositions de caractère comme la ténacité, l’ingéniosité et la hardiesse, tandis que l’absence de tout contact avec des formes extérieures et urbaines de civilisation maintinrent vivaces, chez ces peuples germaniques, des rapports d’homme à homme cimentés par les vertus guerrières et le sentiment de l’honneur et de la fidélité.
Les choses en allèrent tout autrement en ce qui concerne le domaine proprement spirituel chez ces descendants de la race nordico-aryenne primordiale, lequel subit une involution certaine. Les traditions virent leur contenu métaphysique et «solaire» primordial s’obscurcir : elles devinrent fragmentaires, périclitèrent en folklore, en sagas et en superstitions populaires. En outre, plus que le souvenir des origines, vint à prédominer dans ces traditions le souvenir, mythologisé, des tragiques vicissitudes traversées par l’un des centres de la civilisation hyperboréenne : celui des Ases, ou héros divins du «Midgard» — d’où le thème bien connu du «ragna-rökkr», communément traduit par «crépuscule des dieux». De sorte que, pour s’orienter parmi les traditions nordico-germaniques des peuples de la période dite des invasions et pour comprendre la véritable signification des principaux symboles et des réminiscences qu’elles contiennent, il convient d’extraire des points de référence de l’étude approfondie de traditions aryennes plus antiques, dans lesquelles se sont conservés, sous une forme plus pure et plus complète, ces mêmes enseignements — traditions qui, une fois de plus, ne sont pas «germaniques» mais relèvent des civilisations aryennes antiques de l’Inde et de la Perse, de l’Hellade des origines et de Rome elle-même. Et certains racistes allemands, tels que Günther, sont les premiers à le reconnaître sans discussion.
Le cadre général du problème des origines tel que nous venons de l’exposer ne doit donc en aucun cas susciter un sentiment d’infériorité ou de subordination de notre part, en tant qu’Italiens, par rapport aux peuples germaniques, plus récents. Bien au contraire : de même que les meilleurs éléments du peuple italien correspondent, du point de vue de la «race du corps», à un type qui doit être considéré comme une dérivation de celui de la race nordique, de même peut-on retrouver dans le patrimoine de nos traditions les plus hautes (lesquelles remontent le plus souvent aux temps primordiaux), les mêmes éléments propres à la «race de l’âme» (en terme de style de vie, d’ethos, etc.) et à la vision du monde commune à toutes les grandes civilisations aryennes et nordico-aryennes. Avec la thèse nordico-aryenne que défend notre racisme, ce que nous contestons par conséquent, c’est le droit de quelque peuple que ce soit de vouloir s’emparer et monopoliser la noblesse de la commune origine. Ce qui signifie que nous, dans la mesure où nous sommes et voulons être les héritiers de la romanité antique et aryenne, tout autant que de la civilisation romano-germanique qui lui succéda, nous ne nous reconnaissons les seconds de personne en fait d’esprit, de vocation et de tradition nordico-aryens.
Il va de soi qu’une telle prise de position engage : du racisme théorique, celle-ci nous mène au racisme actif et créateur, c’est-à-dire à celui qui consiste à faire en sorte que, dans le type général italien tellement différencié d’aujourd’hui, s’extraie et s’affirme de façon toujours plus substantielle et précise le type à la fois physique et spirituel de la race éminente — lequel est tout aussi présent dans le peuple italien que peut l’être le type proprement nordique dans le peuple allemand, l’un et l’autre étant toutefois étouffés sous le poids de rebuts ethniques, d’autres composantes raciales et des effets de processus antérieurs de dégénérescence biologique et culturelle.
L’importance de situer convenablement le problème des origines pour la formation de la volonté et de la conscience de soi d’un nouveau type d’Italien saute maintenant aux yeux. En découle effectivement une idée-force, un sentiment de dignité et de supériorité qui n’a rien à voir avec l’arrogance et se fonde, non pas sur des mythes confus à usage simplement politique, mais sur des connaissances traditionnelles bien précises.
Julius Evola,
Ce texte constitue les chapitres 12 et 13 de la brochure de Julius Evola :
Indirizzi per una educazione razziale (Naples 1941).
Traduction française : Eléments pour une éducation raciale, Pardès 1984.
Source
http://la-dissidence.org/2013/11/27/julius-evola-lorigine-de-la-race-nordico-aryenne/
culture et histoire - Page 1725
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Julius Evola : "L’origine de la race nordico-aryenne"
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Documentaire : "L’Âge du Loup"
« L’Âge du Loup », documentaire produit par Cinequaprod et traitant de la crise économique, politique mais aussi spirituelle de l’Europe par le biais de la Grèce. Berceau de l’Europe, elle est aussi celui de la crise qui s’abat sur nous.
Co-réalisé avec François Roussel et produit par Cinequaprod.http://la-dissidence.org/2013/11/27/documentaire-lage-du-loup/
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28/11 : conférence sur le gender à Mâcon
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Renaud Camus sur Radio-Courtoisie au Libre Journal d’Albert Salon "Le français en partage"
Prochaine émission du lundi (semaine B) à Radio Courtoisie (95,6 Mhz dans la région parisienne), 61, Bd Murat 75016 :
Emission « le français en partage » : 2 décembre 2013 ; dirigée par Albert SALON, de 10h45 à 11h45
Prochaine émission à Radio Courtoisie (95,6 Mhz) : le français en partage dirigée par Albert SALON, docteur d’Etat ès lettres, ancien Ambassadeur, prix de langue française Jean Ferré 2008 des auditeurs de Radio Courtoisie, Président d’Avenir de la langue française ; avec l’assistance de : Mme Lydie CASSARIN-GRAND :Lundi 2 décembre 2013 : « Contre le changement de civilisation et le changement de langue. »
Invité : Monsieur Renaud CAMUS, écrivain et animateur culturel, auteur d’un Journal régulier, de nombreux ouvrages, dont Campagne de France ; Décivilisation ; Eglogues ; Le changement de peuple.
Lundi 2 décembre de 10h45 à 11h45 ; puis rediffusions la même semaine : lundi 2 à 14h, mardi 3 à 6h, samedi 7 décembre à 10h45.
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Renaud-Camus-sur-Radio-Courtoisie
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[Marseille] La réunion à ne pas manquer : Béatrice BOURGES
Invitée par le Cercle ISTEON et l’association CULTURE FRANÇAISE,
Béatrice BOURGES, porte-parole du PRINTEMPS FRANÇAIS,
présentera ces questions lors de la réunion qui aura lieu
VENDREDI 29 NOVEMBRE à 20h15 à la brasserie Le Castellane, 16 place Castellane.
Entrée : une consommation. Possibilité de repas sur place après la réunion (25 euros ; s’inscrire au 06-77-07-11-71).
Contact : culturefrancaise@live.fr Diffusez largement cette invitation.

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L’arbitraire fiscal. L’impôt sous l’Ancien Régime et en 2013
Article initialement paru dans Laissons Faire, Numéro 5, Octobre 2013, pp. 18-22
On connaît tous l’abominable fiscalité de l’Ancien Régime, et l’image d’Épinal qui lui est associée : celle d’un paysan accablé sous le poids de l’impôt. En vérité, pourtant, le travailleur français moyen sous l’Ancien Régime payait l’équivalent de 18 jours de travail en impôts (gabelle, taille, vingtième, etc.).
Aujourd’hui, il n’est quitte qu’après … 208 jours, soit dix fois plus. De quoi relativiser l’abomination de l’Ancien Régime, ou la supériorité de notre époque — ou les deux.La question fiscale n’a, semble-t-il, jamais cessée d’être actuelle. C’est elle qui remue les débats contemporains ; c’est elle aussi, qui les remuait par le passé. Au début du XVIIIe siècle, c’est en adressant cette problématique éminemment importante que l’économie politique française fut fondée et se développa. Un auteur comme le maréchal Vauban consacrait son œuvre à la réforme de l’impôt, et conseillait la création d’une dîme royale (qui est le titre de son livre), c’est-à-dire d’un impôt proportionnel sur le revenu des personnes (flat tax), en remplacement de l’imposante fiscalité de l’époque. Le grand Boisguilbert, à la même époque, proposa une réforme similaire.
Écrivant un demi-siècle plus tard, les physiocrates, réunis autour de François Quesnay, eurent aussi en vue l’arbitraire fiscal de l’Ancien Régime. Ils publièrent leurs œuvres traitant du produit net et autres bizarreries, afin d’analyser les maux de la fiscalité du temps, et de dessiner les contours d’une réforme intelligente. [...]
La suite sur Institut Coppet
http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-arbitraire-fiscal-L-impot-sous-l
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Le preneur de villes
Les fastes officiels du tricentenaire de la mort de Vauban ne sont pas dénués d’arrière-pensées. Si la République accorde tant d’attention à un maréchal de Louis XIV, il doit bien y avoir quelques raisons à cela. Sans doute faut-il les chercher dans un courant biographique qui, au XIXe siècle, voulut voir en Sébastien Le Prestre une figure prérévolutionnaire et une « victime du despotisme » royal. Double erreur...
On a voulu faire de Vauban un homme du peuple. C’est faux. Lorsqu’il vient au monde, le 15 mai 1633, à Saint-Léger-de-Foucherets dans le Morvan, Sébastien Le Prestre, dont le père est sire de Bazoches et Vauban, est gentilhomme ; « le plus pauvre du royaume », aimera-t-il à dire plus tard. Sans doute le duc de Saint-Simon a-t-il beau jeu de ricaner de l’obscurité de sa race : « Rien de si court, de si nouveau, de si plat, de si mince... », force lui est tout de même d’ajouter, « petit gentilhomme de Bourgogne », car la famille a été agrégée à la noblesse, « maintenue de noblesse », affirmeront les descendants à l’encontre des d’Hozier, en 1554. Quelques alliances honorables, quoique de la main gauche, parmi les grandes familles nivernaises, le service assidu des armes, l’impôt du sang généreusement payé, et la haute protection des princes de Condé, gouverneurs de Bourgogne, ont fait le reste.
Chanceux
C’est ainsi que Sébastien débute lui-même, en s’engageant en 1651 dans les Cadets de Condé. Seul inconvénient : le vainqueur de Rocroi est alors à la tête de la Fronde des Princes ; c’est dans une armée rebelle que Vauban fait ses premières armes, révélant, outre du courage, des talents plus rares pour la poliorcétique, autrement dit l’art de fortifier ou de prendre des villes, dont il a étudié les bases au collège de Semur-en-Auxois.
Il n’existe pas alors d’écoles d’ingénieurs destinées à former les futurs officiers du Génie. C’est sur le tas, auprès des anciens, que les plus doués se forment. Vauban fait son apprentissage devant Clermont-en-Argonne qu’assiège Monsieur le Prince, et, en traversant l’Aisne à la nage pour ouvrir la voie à ses sapeurs, décroche ses galons de maistre dans Condé Cavalerie. Mais c’est à une apparente méveine, celle d’être fait prisonnier par l’armée de Turenne, en 1653, que le jeune homme doit sa première chance véritable. Conduit devant le cardinal de Mazarin, il attire assez son attention pour se voir proposer, s’il tourne sa veste, une lieutenance au régiment de Bourgogne Infanterie. Pragmatique, trop intelligent pour ne pas comprendre qu’il se fourvoie dans le camp des frondeurs, Vauban accepte. Il a raison.
L’année suivante, deux blessures reçues devant Stenay lui valent le grade de capitaine, et, le 3 mai 1655, son efficacité à remparer Clermont reprise par les Royaux, le titre d’ingénieur ordinaire. Sa carrière est faite, ou en passe de l’être. Est-il chanceux ? Certainement. Habitué à prendre des risques, il s’en sort indemne, au pire avec des blessures qui ne sont jamais assez graves pour l’éloigner du front, comme en 1657 où il est le seul ingénieur à survivre au siège de Montmédy. Pénible expérience, car il est aussi le plus jeune et sent peser sur lui les responsabilités. Cela lui vaut, sinon des galons supplémentaires, de servir dans des régiments toujours plus prestigieux, où il est plus aisé de se faire remarquer.
Des missions de confiance
Bien noté, apprécié de ses supérieurs, Vauban est assez assuré de l’avenir pour épouser, en 1660, sa cousine Jeanne d’Osnay. Ils auront trois enfants, deux filles et un garçon qui mourra en bas âge, dont les naissances bizarrement espacées témoignent seulement des très rares permissions de leur père. Lui-même renoncera à compter les bâtards qu’il aura entretemps semés dans ses villes de garnison… Capitaine au régiment de Picardie, ingénieur de place en Lorraine, puis en Alsace, Vauban s’affirme l’un des plus compétents, ce qui ne suffirait peut-être pas à l’imposer, en dépit des Colbert qui l’accusent d’avoir touché des pots de vin des entrepreneurs alsaciens, si le clan adverse, celui des Le Tellier, ne le prenait sous sa protection. De la même génération que Louvois, il le convainc de l’opportunité de ses vues, jugées trop novatrices par d’autres et se voit charger de missions de confiance, qui, menées à bien, prouveront la justesse de ses opinions, et son immense talent. Il s’agit de fortifier les nouvelles frontières du nord et de l’est, entre autres Lille, Courtrai et Besançon. Tâche énorme, écrasante, qui n’effraie pas l’ingénieur.
Avec Louis XIV et Louvois
Quand il livre ses commandes, il annonce, sans fausse modestie, à Louvois qu’il lui donne « une place qui sera l’admiration des siècles à venir », qu’elle est « belle au point de n’avoir de pareille en Europe ». C’est vrai. s’ajoute celui de Louis XIV. En prévision de la guerre qu’il entend déclarer à la Hollande, le roi souhaite un Mémoire pour servir d’instruction dans la conduite des sièges.
Surchargé de travail, en proie à des rhumes répétés qui le minent, Vauban tarde à le rédiger mais remet finalement un ouvrage magistral : « Vous n’y verrez rien de connu, ni presque rien qui ait été pratiqué et cependant, rien qui ne soit aisé de l’être ». La leçon qu’il dispense se résume en ces termes : « Le gain d’une bataille rend bien le vainqueur maître de la campagne pour un temps, mais non pas du pays s’il nen prend les places ».
Louis XIV ne l’oubliera pas qui, en 1672 et 1673, prend, grâce à Vauban, vingt-deux places hollandaises fortifiées, dont Maëstricht, tombée, en juin 1673, au terme d’un siège éclair de cinq jours au cours duquel l’ingénieur a déployé tout son art ; il y est désormais « le premier homme du monde ». Aussi bon dans la défense que dans l’attaque, il forge sa légende : « Place attaquée par Vauban, place prise ! Place défendue par Vauban, place imprenable ! »
La défense du royaume
L’on comprend Louis XIV, apprenant que son irremplaçable ingénieur s’est exposé follement devant Besançon, de se fâcher : « Le Roi défend, sous peine de son indignation, de ne vous plus exposer à de pareils risques. » C’est qu’il a besoin de Vauban pour parfaire cette œuvre de défense du royaume qui les obsède tous deux et que l’ingénieur résume à sa manière de hobereau campagnard soucieux dagrandir son bien : « Le Roi devrait un peu songer à faire son pré carré. »
Faire son pré carré, au prix de remembrement et d’annexions intelligentes implique de ne pas agir n’importe comment, en se lançant dans des acquisitions indéfendables de par leur situation.
Vauban, devenu maréchal de camp en 1676, commissaire général des fortifications en 1678 au moment de la paix de Nimègue, revient sans cesse sur le sujet, rédige le Mémoire des places frontières qu’il faudrait fortifier pour la sûreté du pays dans l’obéissance du Roi. Il y préconise « une nouvelle frontière et de la si bien fortifier qu’elle ferme les entrées de notre pays à l’ennemi et nous les facilite dans les siens ». Louis XIV suit le conseil, tant par sa politique des réunions que par une très vaste entreprise de fortification de l’Alsace, de la Lorraine, de la Franche-Comté, des frontières du Nord et du Roussillon, des Alpes mais aussi des côtes, dans le triple but de protéger les ports, d’interdire les débarquements et d’intégrer les îles dans notre dispositif de défense. Seule la question de Paris, dont les remparts ont été démantelés et dont le Roi se méfie, est laissée de côté, en dépit d’un autre mémoire, De l’importance dont Paris est à la France.
Les protestants
Contraint par ses fonctions d’inspecteur de parcourir la France en tous sens, soucieux également de travaux de génie civil, en particulier l’aménagement fluvial et la création de canaux, Vauban, lors de ses déplacements dans le Midi en 1686, au lendemain de la révocation de l’édit de Nantes, y constate que la question protestante n’y est point réglée et prend des proportions inquiétantes. « Cévennes et Vivarais, pays de nouveaux convertis qui sont catholiques comme je suis mahométan ! » Au-delà de la charité et de la tolérance qui l’incitent à dénoncer les conversions forcées, l’ingénieur voit le danger de s’aliéner une minorité agissante, de la voir passer à l’ennemi, devenir un péril intérieur. C’est cela, et le désir d’avertir le Roi d’une réalité qu’il pressent occultée et méconnue, qui lui inspire son Mémoire Pour le rappel des Huguenots.
Louis XIV en a-t-il même connaissance ? Ce n’est point assuré car Louvois le trouve « outré » et, prudent pour son ami plus que pour lui-même, ne le fait peut-être pas lire au roi… La longue maladie qui écarte Vauban de toute activité pendant plus d’un an, entre 1689 et 1690, le détourne d’en reparler, d’autant que Louvois meurt en 1691, le privant d’un appui dont, vieillissant, il a plus besoin qu’il y paraît.
Ce n’est pas que le travail lui manque, au contraire ! Les responsabilités l’écrasent, on le respecte, mais on ne l’écoute pas toujours et les honneurs, qu’il espère avec une vanité parfois presque enfantine, tardent. Ce n’est qu’en 1703 qu’il reçoit un bâton de maréchal trop longtemps attendu. Lui en veut-on, en hauts lieux, de donner des avis qu’on ne souhaite pas écouter, ou de ses critiques de 1697 sur la paix de Ryswick, qu’il tient « pour plus infâme que celle du Cateau-Cambrésis qui déshonora Henri Second » ? Le fait est qu’on le pousse gentiment vers une retraite qu’il ne voudrait pas prendre.
L’impôt
À la mort de sa femme, en 1705, il choisit de s’installer à Paris, plus près du roi et des occasions de le servir, consacre ses loisirs, qui le déconcertent, lui qui n’en a jamais eus, à écrire. Sa plume prolixe rédige les abondantes Oisivetés de Monsieur de Vauban, où il traite de tout et de n’importe quoi, et corrige un vieux rapport qui traîne dans ses tiroirs, Mémoire sur la dîme royale, étudiant une meilleure répartition de l’impôt.
On verra dans ce texte un pamphlet annonciateur de la Révolution, ce qu’il n’est certes point. Louvois serait-il encore de ce monde, il le trouverait cependant « outré » et conseillerait à son ami de le garder pour l’heure par devant lui. Mais Louvois est mort, et Vauban a l’innocence de publier, sans doute en Flandre, à l’heure où la censure royale se renforce. Fin 1706, le livre est saisi.
Ce n’est pas de cette déception, qui ne l’atteint guère, que le vieux maréchal tombe malade en janvier 1707, mais d’un de ces rhumes qui ont empoisonné sa vie entière. Cette fois, il n’en guérira pas. Il s’éteint le 30 mars, emporté par une congestion pulmonaire. « Je perds un homme affectionné à ma personne et à l’État » dira Louis XIV sobrement.
Dans son apparente sécheresse, cette oraison funèbre résume la vie et l’œuvre du hobereau morvandiau dont seule une postérité aveuglée put faire un opposant à son souverain.
Anne Bernet L’Action Française 2000 du 1er au 14 mars 2007 -
Rébellion #61: "L'engagement militant au féminin"
Au sommaire :
Editorial : bonnets rouges et rouges bonnets.
Entretien avec David Bisson - René Guénon. Entre Tradition et Révolution.
International : Le Hezbollah. De la résistance à la révolution.
Vive le Québec Libre ! Histoire et analyse de la lutte de libération nationale du Québec par Yves Bataille.
Le militantisme au féminin : Une enquête.
Femme et militantisme, l'alliance impossible ? par Anaïs Vidal.
Les nuits de Mai par Louise d'Espagnac
Entretien avec Iseul Turan des Antigones : Ni consommatrices, ni consommées !
Rencontre avec le groupe Creve Tambour
La théorie du Drone, Rise of the machines.
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Les plus grands scientifiques défendent le Loch Ness, par Laurent Glauzy
Sous le nom de Béhémoth, le Livre de Job (40, 15-18) contient la description d’un monstre laissant penser à un dinosaure observé par le patriarche Job : « Vois Béhémoth, que j’ai créé comme toi : il se nourrit d’herbe, comme le bœuf. Vois donc, sa force est dans ses reins, et sa vigueur dans les muscles de ses flancs. Il dresse sa queue comme un cèdre ; les nerfs de ses cuisses forment un solide faisceau. Ses os sont des tubes d’airain, ses côtes sont des barres de fer. » Cette queue aussi robuste qu’un cèdre ne peut être celle d’un hippopotame.
Des dragons apparaissent sur certaines œuvres d’art, telles que des mosaïques romaines, ou bien un sceau minoen datant de 1 600 ans av. J.-C. Le folklore sioux fait état d’un oiseau géant abattu par la foudre. Des dessins découverts dans les grottes du Grand Canyon, situé dans le Nord-Ouest de l’Arizona, ainsi que les drakkars des Vikings, reproduisent ces drôles d’animaux. Toutes les cultures anciennes les mentionnent. S’agit-il de simples légendes ? Les dinosaures ont-ils disparu il y a 70 millions d’années ?
Dans After the flood (Après le Déluge), publié en 1995,l’historien Bill Cooper consacre deux chapitres répertoriant quatre-vingt-un lieux de Grande-Bretagne où l’homme et les dinosaures se seraient « côtoyés ». Il relate entre autres le cas d’un énorme reptile aperçu dans le Suffolk, en 1405 :
« À côté de la ville de Bures, à Sudbury, un dragon provoqua une grande panique parmi les villageois. C’était une énorme bête ayant une crête sur le dessus de la tête, des dents pointues et une puissante queue. »Un autre paragraphe mentionne un témoignage concernant des empreintes de reptiles volants trouvées au Pays de Galles, à la fin du XIXe siècle, dans les bois du château de Penlin. Ces récits rappellent étrangement ceux de l’aigle de Haast, fort connu, qui s’est éteint au XVe siècle en Nouvelle-Zélande.Publié en 1563, Historia Animalium, le livre d’histoires naturelles le plus lu à la Renaissance,enseigne que des créatures préhistoriques sont encore vivantes mais extrêmement rares. Toujours au XVIe siècle, le naturaliste Ulysses Aldrovandus évoque l’histoire d’un berger appelé Battista, qui aurait tué, en 1572, près de Bologne, un grand lézard ressemblant à un Tanystropheus.
Un plésiosaure dans les filets d’un bateau de pêche
En 1977, au Japon, un bateau de pêche prend dans ses filets l’énorme carcasse d’un plésiosaure semblable aux descriptions de Nessie pour le Loch Ness. Dans les années 1980, assisté par une équipe de géologues, le Dr Clifford Wilson témoigne avoir trouvé au Mexique et au Texas, à Glen Rose, des empreintes de dinosaures et d’hommes datant d’une époque « récente »sur des plaques de craie.
Pour cette raison, à la lecture de Livre de Job, il est logique de soutenir la plausibilité du monstre du Loch Ness. Son existence trouve moult arguments, surtout depuis que des apparitions semblables auraient été constatées dans les lacs d’Italie du Nord, au lac Champlain, situé entre le Québec et les États-Unis, au lac Titicaca ou encore en Norvège.
La revue créationniste flamande Leviathan étudie ce dernier cas : « Une équipe de scientifiques, qui étaient sur les traces du Loch Ness, ont récemment accosté sur les rives du Fjord de Roemsjoen. Des témoins affirment y avoir aperçu un monstre semblable à celui du Loch Ness. Ces récits, courants dans ce coin de Norvège, remontent pour les premiers au XVIIIe siècle. La nouvelle a même été diffusée par la BBC et The Sunday Heralddu 12 juillet 2002. Des témoignages semblables avaient conduit plusieurs expéditions scientifiques au Congo, dans la forêt équatoriale de Mokele Mbembe1. »
Concernant Nessie, B. Cooper développe que l’Écosse compte plusieurs lochs où d’autres monstres auraient été aperçus, à l’instar du Loch Morar où, depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de quarante témoignages ont été enregistrés.
En 1948, neuf passagers d’un bateau prétendent avoir vu une créature ressemblant à un serpent d’environ six mètres, à l’endroit de sa prétendue première apparition, en 18872. La rencontre la plus célèbre est celle réalisée en 1969 par deux pêcheurs. Duncan McDonnel et William Simpson, qui se trouvaient à bord d’une vedette, affirment avoir heurté le dos d’une créature, appelée Morag. Simpson ouvrit le feu, mais l’animal parvint à s’enfoncer lentement dans les eaux sombres du Loch. Ils décrivent un animal mesurant entre sept et neuf mètres, ayant la peau dure, trois bosses de quarante-six centimètres dépassant de la surface du Loch et une tête de la même taille. Cette description ressemble bien à celle d’un plésiosaure.
La science au péril du Loch Ness
Les défenseurs du Loch Ness affirment que certaines photographies ont déjà été reconnues comme exactes par le corps scientifique, avant d’être déclarées fausses. Publiés dans le plus grand hebdomadaire allemand, le Der Spiegel,du 30 juillet 1979, les clichés de Frank Searle sont à présent controversés.
Cependant, et malgré l’intérêt que peut susciter la théorie de l’existence d’un plésiosaure habitant les eaux du Loch Ness,des scientifiques ont perdu leur profession. Dans les années 1950, Gordon Atwater démissionne du Hayden Planetarium et le zoologiste Denys Tucker est contraint de quitter le British Museum. Autant d’intransigeance est bien contestable de la part du musée de l’histoire et de la culture humaine qui, de 1912 à 1949, avait conservé dans ses vitrines le crâne de l’homme de Piltdown, refusant toute expertise. Il s’avéra que cette pièce était le vulgaire montage d’une mâchoire d’orang-outang dans laquelle avaient été fixées des dents limées et teintées pour faire accroire à une mâchoire d’homme préhistorique. Le tout fut ensuite adapté sur un crâne d’homme. Les empreintes digitales des faussaires furent même trouvées sur des ajouts de plâtre disposés à l’intérieur du crâne.
En 1991, dans The Enigma of Loch Ness (L’énigme du Loch Ness), le Pr Henry Hermann Bauer, professeur émérite de Chimie et de Sciences à l’Institut polytechnique et Université d’État de Virginie, note l’importance et le sérieux du monstre du Loch Ness : il considère l’existence du plésiosaure comme une réalité, appuyant à cet effet l’authenticité du film tourné le 23 avril 1960 par Tim Dinsdale, ingénieur aéronautique dans la Royal Air Force.
Le 3 août 2012, George Edwards, qui a chassé le monstre aquatique pendant vingt-six ans, à raison de soixante heures par semaine, aurait filmé le monstre du Loch, le 2 novembre 2011, à neuf heures. Selon ses propos, les images recueillies seraient « les plus claires jamais prises ». Ces recherches requirent le sérieux d’une équipe de l’armée américaine qui analyse les clichés. Aucun démenti n’infirma les propos de George Edwards. Le skipper certifia qu’il ne s’agissait pas d’un esturgeon, mais d’un Léviathan, le plésiosaure mentionné dans la Bible : Livre de Job (40, 15 et 41, 2), Psaumes (74, 14 et 104, 26) et Isaïe (27, 1). Dans les pages du célèbre journal américain The Huffington Post, il argumente que « la première apparition du monstre remonte à 565 ap. J.-C. Des milliers de témoins rapportent l’avoir vu, et ils ne peuvent tout de même pas tous mentir3. » Selon la légende, saint Columba, moine irlandais et évangélisateur de l’Écosse, sauva l’un de ses disciples d’une mort certaine. Il avait tenté de traverser le lac à la nage pour ramener une barque échouée : un épouvantable monstre fit brusquement surface et se précipita sur lui. Saint Colomba fit un signe de croix et invoqua la puissance de Dieu, en criant au monstre d’épargner le malheureux, ce que fit an Niseag (nom celte de Nessie).
Robert Rines, un savant hors-norme
Cependant, le chantre du monstre, celui qui représente le mieux sa traque, est l’Américain Robert Harvey Rines, décédé le 1er novembre 2009, à l’âge de 87 ans. Il avait pris sa retraite en mai 2008, après quarante-cinq années de service à l’Institut de technologie du Massachusetts, université américaine spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie. Il possédait un doctorat de Physique et de Droit. Ces recherches le rendirent surtout célèbre en Grande-Bretagne en tant que passionné de cryptozoologie. Pour ce faire, il adapta ses inventions, qui avaient été exploitées au plus haut niveau dans l’armée américaine.
Robert Rines avait mis au point un prototype technologique qui avait permis de perfectionner des appareils à ultrasons servant, en premier lieu, à la visualisation interne des organes. En 1985, des chercheurs utilisèrent des vaisseaux sous-marins munis d’un sonar inventé par Robert Rines pour localiser l’épave du Titanic, qui avait sombré dans les eaux de l’Atlantique nord, en 1912. Son savoir-faire exceptionnel et inégalé fut également exploité en 1989 pour retrouver l’épave du cuirassé allemand Bismarck, le bâtiment le plus puissant du régime national-socialiste, qui sombra en 1941.
Les compétences de ce savant hors du commun furent donc mises à contribution tant dans le domaine médical qu’aéronautique.
R. Rines qui surpassait grand nombre de scientifiques dans leur propre domaine, affirmait que, grâce à ses inventions technologiques, il put prouver « l’existence d’une bête gigantesque, probablement un plésiosaure, reptile aquatique soi-disant éteint depuis 70 millions d’années ». En 2000, R. Rines admettait : « C’est une idée ridicule ! Si je ne faisais pas confiance aux personnes avec lesquelles j’ai conversé et à nos propres preuves scientifiques, je dirais que je suis fou. Je ne suis pas capable de le prouver, mais je sais qu’il y a un monstre dans le Loch Ness, parce que je l’ai vu. »
Il avait acquis cette certitude le 23 juin 1972. Alors qu’il prenait le thé sur les bords du Loch Ness, à proximité d’Inverness, avec sa femme Carol et deux amis, le monstre fit surface. Découvrant alors une étrange forme, il se saisit d’un télescope et le pointa vers « une grande bosse sombre recouverte d’une peau épaisse comme celle du dos d’un éléphant. » Cette rencontre enflamma son intérêt pour le Loch Ness : son enthousiasme devint une passion et l’Écosse une seconde patrie.
Cette même année, ses appareils photographiques prirent une nouvelle fois un plésiosaure ou, du moins, une grande nageoire. Il estimait la taille de l’animal à 13,5 mètres de long, avec un cou de 1,20 à 1,50 mètre.
Une autre photographie, de juin 1974, avait capturé un animal avec un long cou, une petite tête et un grand corps : autant de caractéristiques ressemblant encore à celles des plésiosaures. Les images furent même diffusées dans la célèbre revue scientifique Nature de décembre 1975. Des experts, à l’instar du célèbre naturaliste de la télévision britannique Sir Peter Scott, soutinrent que les photographies indiquaient l’existence d’une masse animée. Sir Peter Scott était aussi convaincu par le récit de R. Rines. Il octroya au monstre le nom latin de Nessiteras rhombopteryx.
Parallèlement à ses investigations sur le monstre, R. Rines continua de travailler pour l’armée américaine. Le radar, mis au point à l’époque où il était officier et affecté dans un laboratoire de radiations, fut perfectionné pour guider les missiles patriotes pendant la guerre du Golfe, en 1991.
En 1997, R. Rines et des scientifiques, y compris son fils de 24 ans prénommé Justice, retournèrent au Loch Ness avec une équipe de télévision américaine. Grâce à leurs sonars ultra-performants, ils réalisèrent deux contacts avec des objets animés de la taille d’une petite baleine. Quatre ans plus tard, R. Rines filma la vidéo d’un sillage de 12 mètres de long à la surface de l’eau.
En tant que compositeur, ce scientifique écrivit de la musique pour les spectacles de Broadway et d’off-Broadway, notamment Blast and Bravos, comédie musicale portant sur la vie de H. L. Mencken. Par ailleurs, il composa des morceaux pour O’Casey’s Drums Under the Windows, O’Neill’s Long Voyage Home et Strindberg’s Creditors. Il partagea un Emmy Award avec le dramaturge Paul Shyre, en 1987, pour la télévision et, par la suite, pour la pièce de Broadway, Hizzoner the Mayor. Quoi de plus normal pour ce musicien talentueux qui, à onze ans, joua du violon avec Albert Einstein dans un camp du Maine ?
Tel était Robert Harvey Rines, né le 20 août 1922, à Boston, fils d’un professeur d’Harvard, scientifique persuadé de l’existence d’un plésiosaure dans les eaux du Loch Ness.
Reconnaître la présence d’un tel monstre réfuterait la disparition des dinosaures il y 70 millions d’années, ainsi que la création de la Terre il y a 4,5 millions d’années. Toute l’histoire de l’humanité contemporaine sur la prétendue préhistoire serait ainsi battue en brèche et donnerait raison aux périodicités de la Bible. Il en va de même de l’île de l’Atlantide qui, malgré le dialogue du Critias écrit par Platon et les révélations des hiéroglyphes, ne sera jamais reconnue, car cette île contredit l’histoire de l’humanité et de civilisations passées maîtrisant une technologie avancée.
Laurent Glauzy
http://www.contre-info.com/les-plus-grands-scientifiques-defendent-le-loch-ness-par-laurent-glauzy#more-30284
laurent-blancy@neuf.fr1 <Leviathan, n° 26 de janvier 2003 dans l’article Op zoek naar Nessie in Noorwegen (À la recherche de Nessie en Norvège).
2 Daily Mirror du 30/8/1948, Sunday’s the Day for Monsters (Dimanche, jour des monstres)3 The Huffington Post du 3/8/2012, Loch Ness Monster ? Skipper George Edwards has best ever shot of elusive Nessie (Le monstre du Loch Ness? Le skipper George Edwards a le meilleur cliché de l’élusif monstre Nessie).
