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culture et histoire - Page 1723

  • L’arbitraire fiscal. L’impôt sous l’Ancien Régime et en 2013

    Article initialement paru dans Laissons Faire, Numéro 5, Octobre 2013, pp. 18-22

    On connaît tous l’abominable fiscalité de l’Ancien Régime, et l’image d’Épinal qui lui est associée : celle d’un paysan accablé sous le poids de l’impôt. En vérité, pourtant, le travailleur français moyen sous l’Ancien Régime payait l’équivalent de 18 jours de travail en impôts (gabelle, taille, vingtième, etc.).

    Aujourd’hui, il n’est quitte qu’après … 208 jours, soit dix fois plus. De quoi relativiser l’abomination de l’Ancien Régime, ou la supériorité de notre époque — ou les deux.

    La question fiscale n’a, semble-t-il, jamais cessée d’être actuelle. C’est elle qui remue les débats contemporains ; c’est elle aussi, qui les remuait par le passé. Au début du XVIIIe siècle, c’est en adressant cette problématique éminemment importante que l’économie politique française fut fondée et se développa. Un auteur comme le maréchal Vauban consacrait son œuvre à la réforme de l’impôt, et conseillait la création d’une dîme royale (qui est le titre de son livre), c’est-à-dire d’un impôt proportionnel sur le revenu des personnes (flat tax), en remplacement de l’imposante fiscalité de l’époque. Le grand Boisguilbert, à la même époque, proposa une réforme similaire.

    Écrivant un demi-siècle plus tard, les physiocrates, réunis autour de François Quesnay, eurent aussi en vue l’arbitraire fiscal de l’Ancien Régime. Ils publièrent leurs œuvres traitant du produit net et autres bizarreries, afin d’analyser les maux de la fiscalité du temps, et de dessiner les contours d’une réforme intelligente. [...]

    La suite sur Institut Coppet

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-arbitraire-fiscal-L-impot-sous-l

  • Le preneur de villes

    Les fastes officiels du tricentenaire de la mort de Vauban ne sont pas dénués d’’arrière-pensées. Si la République accorde tant d’’attention à un maréchal de Louis XIV, il doit bien y avoir quelques raisons à cela. Sans doute faut-il les chercher dans un courant biographique qui, au XIXe siècle, voulut voir en Sébastien Le Prestre une figure prérévolutionnaire et une « “victime du despotisme »” royal. Double erreur...
    On a voulu faire de Vauban un homme “du peuple”. C’’est faux. Lorsqu’’il vient au monde, le 15 mai 1633, à Saint-Léger-de-Foucherets dans le Morvan, Sébastien Le Prestre, dont le père est sire de Bazoches et Vauban, est gentilhomme ; « le plus pauvre du royaume », aimera-t-il à dire plus tard. Sans doute le duc de Saint-Simon a-t-il beau jeu de ricaner de l’’obscurité de sa race : « Rien de si court, de si nouveau, de si plat, de si mince... », force lui est tout de même d’’ajouter, « petit gentilhomme de Bourgogne », car la famille a été agrégée à la noblesse, « maintenue de noblesse », affirmeront les descendants à l’’encontre des d’’Hozier, en 1554. Quelques alliances honorables, quoique de la main gauche, parmi les grandes familles nivernaises, le service assidu des armes, l’’impôt du sang généreusement payé, et la haute protection des princes de Condé, gouverneurs de Bourgogne, ont fait le reste.
    Chanceux
    C’’est ainsi que Sébastien débute lui-même, en s’’engageant en 1651 dans les Cadets de Condé. Seul inconvénient : le vainqueur de Rocroi est alors à la tête de la Fronde des Princes ; c’’est dans une armée rebelle que Vauban fait ses premières armes, révélant, outre du courage, des talents plus rares pour la poliorcétique, autrement dit l’’art de fortifier ou de prendre des villes, dont il a étudié les bases au collège de Semur-en-Auxois.
    Il n’’existe pas alors d’’écoles d’’ingénieurs destinées à former les futurs officiers du Génie. C’’est sur le tas, auprès des anciens, que les plus doués se forment. Vauban fait son apprentissage devant Clermont-en-Argonne qu’’assiège Monsieur le Prince, et, en traversant l’’Aisne à la nage pour ouvrir la voie à ses sapeurs, décroche ses galons de maistre dans Condé Cavalerie. Mais c’’est à une apparente méveine, celle d’’être fait prisonnier par l’’armée de Turenne, en 1653, que le jeune homme doit sa première chance véritable. Conduit devant le cardinal de Mazarin, il attire assez son attention pour se voir proposer, s’’il tourne sa veste, une lieutenance au régiment de Bourgogne Infanterie. Pragmatique, trop intelligent pour ne pas comprendre qu’’il se fourvoie dans le camp des frondeurs, Vauban accepte. Il a raison.
    ’L’’année suivante, deux blessures reçues devant Stenay lui valent le grade de capitaine, et, le 3 mai 1655, son efficacité à remparer Clermont reprise par les Royaux, le titre d’’ingénieur ordinaire. Sa carrière est faite, ou en passe de l’’être. Est-il chanceux ? Certainement. Habitué à prendre des risques, il s’’en sort indemne, au pire avec des blessures qui ne sont jamais assez graves pour l’’éloigner du front, comme en 1657 où il est le seul ingénieur à survivre au siège de Montmédy. Pénible expérience, car il est aussi le plus jeune et sent peser sur lui les responsabilités. Cela lui vaut, sinon des galons supplémentaires, de servir dans des régiments toujours plus prestigieux, où il est plus aisé de se faire remarquer.
    Des missions de confiance
    Bien noté, apprécié de ses supérieurs, Vauban est assez assuré de l’’avenir pour épouser, en 1660, sa cousine Jeanne d’’Osnay. Ils auront trois enfants, deux filles et un garçon qui mourra en bas âge, dont les naissances bizarrement espacées témoignent seulement des très rares permissions de leur père. Lui-même renoncera à compter les bâtards qu’’il aura entretemps semés dans ses villes de garnison……Capitaine au régiment de Picardie, ingénieur de place en Lorraine, puis en Alsace, Vauban s’’affirme l’’un des plus compétents, ce qui ne suffirait peut-être pas à l’’imposer, en dépit des Colbert qui l’’accusent d’’avoir touché des pots de vin des entrepreneurs alsaciens, si le clan adverse, celui des Le Tellier, ne le prenait sous sa protection. De la même génération que Louvois, il le convainc de l’’opportunité de ses vues, jugées trop novatrices par d’’autres et se voit charger de missions de confiance, qui, menées à bien, prouveront la justesse de ses opinions, et son immense talent. Il s’’agit de fortifier les nouvelles frontières du nord et de l’’est, entre autres Lille, Courtrai et Besançon. Tâche énorme, écrasante, qui n’’effraie pas l’’ingénieur.
    Avec Louis XIV et Louvois
    Quand il livre ses commandes, il annonce, sans fausse modestie, à Louvois qu’’il lui donne « une place qui sera l’’admiration des siècles à venir », qu’’elle est « belle au point de n’’avoir de pareille en Europe ». C’’est vrai. s’ajoute celui de Louis XIV. En prévision de la guerre qu’’il entend déclarer à la Hollande, le roi souhaite un Mémoire pour servir d’’instruction dans la conduite des sièges.
    Surchargé de travail, en proie à des rhumes répétés qui le minent, Vauban tarde à le rédiger mais remet finalement un ouvrage magistral : « Vous n’’y verrez rien de connu, ni presque rien qui ait été pratiqué et cependant, rien qui ne soit aisé de l’’être ». La leçon qu’’il dispense se résume en ces termes : « Le gain d’’une bataille rend bien le vainqueur maître de la campagne pour un temps, mais non pas du pays s’’il n’en prend les places ».
    Louis XIV ne l’’oubliera pas qui, en 1672 et 1673, prend, grâce à Vauban, vingt-deux places hollandaises fortifiées, dont Maëstricht, tombée, en juin 1673, au terme d’’un siège éclair de cinq jours au cours duquel l’’ingénieur a déployé tout son art ; il y est désormais « le premier homme du monde ». Aussi bon dans la défense que dans l’’attaque, il forge sa légende : « Place attaquée par Vauban, place prise ! Place défendue par Vauban, place imprenable ! »
    La défense du royaume
    L’’on comprend Louis XIV, apprenant que son irremplaçable ingénieur s’’est exposé follement devant Besançon, de se fâcher : « Le Roi défend, sous peine de son indignation, de ne vous plus exposer à de pareils risques. » C’’est qu’’il a besoin de Vauban pour parfaire cette œœuvre de défense du royaume qui les obsède tous deux et que l’’ingénieur résume à sa manière de hobereau campagnard soucieux d’agrandir son bien : « Le Roi devrait un peu songer à faire son pré carré. »
    Faire son pré carré, au prix de remembrement et d’’annexions intelligentes implique de ne pas agir n’’importe comment, en se lançant dans des acquisitions indéfendables de par leur situation.
    Vauban, devenu maréchal de camp en 1676, commissaire général des fortifications en 1678 au moment de la paix de Nimègue, revient sans cesse sur le sujet, rédige le Mémoire des places frontières qu’’il faudrait fortifier pour la sûreté du pays dans l’’obéissance du Roi. Il y préconise « une nouvelle frontière et de la si bien fortifier qu’’elle ferme les entrées de notre pays à l’’ennemi et nous les facilite dans les siens ». Louis XIV suit le conseil, tant par sa politique des réunions que par une très vaste entreprise de fortification de l’’Alsace, de la Lorraine, de la Franche-Comté, des frontières du Nord et du Roussillon, des Alpes mais aussi des côtes, dans le triple but de protéger les ports, d’’interdire les débarquements et d’’intégrer les îles dans notre dispositif de défense. Seule la question de Paris, dont les remparts ont été démantelés et dont le Roi se méfie, est laissée de côté, en dépit d’’un autre mémoire, De l’’importance dont Paris est à la France.
    Les protestants
    Contraint par ses fonctions d’’inspecteur de parcourir la France en tous sens, soucieux également de travaux de génie civil, en particulier l’’aménagement fluvial et la création de canaux, Vauban, lors de ses déplacements dans le Midi en 1686, au lendemain de la révocation de l’’édit de Nantes, y constate que la question protestante n’’y est point réglée et prend des proportions inquiétantes. « Cévennes et Vivarais, pays de nouveaux convertis qui sont catholiques comme je suis mahométan ! » Au-delà de la charité et de la tolérance qui l‘’incitent à dénoncer les conversions forcées, l’’ingénieur voit le danger de s’’aliéner une minorité agissante, de la voir passer à l’’ennemi, devenir un péril intérieur. C’’est cela, et le désir d’’avertir le Roi d’’une réalité qu’’il pressent occultée et méconnue, qui lui inspire son Mémoire Pour le rappel des Huguenots.
    Louis XIV en a-t-il même connaissance ? Ce n’’est point assuré car Louvois le trouve « outré » et, prudent pour son ami plus que pour lui-même, ne le fait peut-être pas lire au roi… La longue maladie qui écarte Vauban de toute activité pendant plus d’’un an, entre 1689 et 1690, le détourne d’’en reparler, d’’autant que Louvois meurt en 1691, le privant d’’un appui dont, vieillissant, il a plus besoin qu’’il y paraît.
    Ce n’’est pas que le travail lui manque, au contraire ! Les responsabilités l’’écrasent, on le respecte, mais on ne l’’écoute pas toujours et les honneurs, qu’’il espère avec une vanité parfois presque enfantine, tardent. Ce n’’est qu’’en 1703 qu’’il reçoit un bâton de maréchal trop longtemps attendu. Lui en veut-on, en hauts lieux, de donner des avis qu’’on ne souhaite pas écouter, ou de ses critiques de 1697 sur la paix de Ryswick, qu’’il tient « pour plus infâme que celle du Cateau-Cambrésis qui déshonora Henri Second » ? Le fait est qu’’on le pousse gentiment vers une retraite qu’’il ne voudrait pas prendre.
    L’’impôt
    À la mort de sa femme, en 1705, il choisit de s’’installer à Paris, plus près du roi et des occasions de le servir, consacre ses loisirs, qui le déconcertent, lui qui n’’en a jamais eus, à écrire. Sa plume prolixe rédige les abondantes Oisivetés de Monsieur de Vauban, où il traite de tout et de n’’importe quoi, et corrige un vieux rapport qui traîne dans ses tiroirs, Mémoire sur la dîme royale, étudiant une meilleure répartition de l’’impôt.
    On verra dans ce texte un pamphlet annonciateur de la Révolution, ce qu’’il n’’est certes point. Louvois serait-il encore de ce monde, il le trouverait cependant « outré » et conseillerait à son ami de le garder pour l’’heure par devant lui. Mais Louvois est mort, et Vauban a l’’innocence de publier, sans doute en Flandre, à l’’heure où la censure royale se renforce. Fin 1706, le livre est saisi.
    Ce n’’est pas de cette déception, qui ne l’’atteint guère, que le vieux maréchal tombe malade en janvier 1707, mais d’’un de ces rhumes qui ont empoisonné sa vie entière. Cette fois, il n’’en guérira pas. Il s’’éteint le 30 mars, emporté par une congestion pulmonaire. « Je perds un homme affectionné à ma personne et à l’’État » dira Louis XIV sobrement.
    Dans son apparente sécheresse, cette oraison funèbre résume la vie et l’œ’œuvre du hobereau morvandiau dont seule une postérité aveuglée put faire un opposant à son souverain.
    Anne Bernet L’’Action Française 2000– du 1er au 14 mars 2007

  • Rébellion #61: "L'engagement militant au féminin"

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     Au sommaire :
    Editorial : bonnets rouges et rouges bonnets.
    Entretien avec David Bisson - René Guénon. Entre Tradition et Révolution.
    International : Le Hezbollah. De la résistance à la révolution.
    Vive le Québec Libre ! Histoire et analyse de la lutte de libération nationale du Québec par Yves Bataille.
    Le militantisme au féminin : Une enquête.
    Femme et militantisme, l'alliance impossible ? par Anaïs Vidal.
    Les nuits de Mai par Louise d'Espagnac
    Entretien avec Iseul Turan des Antigones : Ni consommatrices, ni consommées !
     Rencontre avec le groupe Creve Tambour
    La théorie du Drone, Rise of the machines.
    Le numéro est disponible pour 4 euros auprès de
    Rébellion C/O RSE BP 62124 31020 TOULOUSE cedex 02

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  • Les plus grands scientifiques défendent le Loch Ness, par Laurent Glauzy

    Sous le nom de Béhémoth, le Livre de Job (40, 15-18) contient la description d’un monstre laissant penser à un dinosaure observé par le patriarche Job : « Vois Béhémoth, que j’ai créé comme toi : il se nourrit d’herbe, comme le bœuf. Vois donc, sa force est dans ses reins, et sa vigueur dans les muscles de ses flancs. Il dresse sa queue comme un cèdre ; les nerfs de ses cuisses forment un solide faisceau. Ses os sont des tubes d’airain, ses côtes sont des barres de fer. » Cette queue aussi robuste qu’un cèdre ne peut être celle d’un hippopotame.

    Des dragons apparaissent sur certaines œuvres d’art, telles que des mosaïques romaines, ou bien un sceau minoen datant de 1 600 ans av. J.-C. Le folklore sioux fait état d’un oiseau géant abattu par la foudre. Des dessins découverts dans les grottes du Grand Canyon, situé dans le Nord-Ouest de l’Arizona, ainsi que les drakkars des Vikings, reproduisent ces drôles d’animaux. Toutes les cultures anciennes les mentionnent. S’agit-il de simples légendes ? Les dinosaures ont-ils disparu il y a 70 millions d’années ?

     

    Dans After the flood (Après le Déluge), publié en 1995,l’historien Bill Cooper consacre deux chapitres répertoriant quatre-vingt-un lieux de Grande-Bretagne où l’homme et les dinosaures se seraient « côtoyés ». Il relate entre autres le cas d’un énorme reptile aperçu dans le Suffolk, en 1405 :
    « À
    côté de la ville de Bures, à Sudbury, un dragon provoqua une grande panique parmi les villageois. C’était une énorme bête ayant une crête sur le dessus de la tête, des dents pointues et une puissante queue. »Un autre paragraphe mentionne un témoignage concernant des empreintes de reptiles volants trouvées au Pays de Galles, à la fin du XIXe siècle, dans les bois du château de Penlin. Ces récits rappellent étrangement ceux de l’aigle de Haast, fort connu, qui s’est éteint au XVe siècle en Nouvelle-Zélande.

     

    Publié en 1563, Historia Animalium, le livre d’histoires naturelles le plus lu à la Renaissance,enseigne que des créatures préhistoriques sont encore vivantes mais extrêmement rares. Toujours au XVIe siècle, le naturaliste Ulysses Aldrovandus évoque l’histoire d’un berger appelé Battista, qui aurait tué, en 1572, près de Bologne, un grand lézard ressemblant à un Tanystropheus.

     

    Un plésiosaure dans les filets d’un bateau de pêche

     

    En 1977, au Japon, un bateau de pêche prend dans ses filets l’énorme carcasse d’un plésiosaure semblable aux descriptions de Nessie pour le Loch Ness. Dans les années 1980, assisté par une équipe de géologues, le Dr Clifford Wilson témoigne avoir trouvé au Mexique et au Texas, à Glen Rose, des empreintes de dinosaures et d’hommes datant d’une époque « récente »sur des plaques de craie.

     

    Pour cette raison, à la lecture de Livre de Job, il est logique de soutenir la plausibilité du monstre du Loch Ness. Son existence trouve moult arguments, surtout depuis que des apparitions semblables auraient été constatées dans les lacs d’Italie du Nord, au lac Champlain, situé entre le Québec et les États-Unis, au lac Titicaca ou encore en Norvège.

     

    La revue créationniste flamande Leviathan étudie ce dernier cas : « Une équipe de scientifiques, qui étaient sur les traces du Loch Ness, ont récemment accosté sur les rives du Fjord de Roemsjoen. Des témoins affirment y avoir aperçu un monstre semblable à celui du Loch Ness. Ces récits, courants dans ce coin de Norvège, remontent pour les premiers au XVIIIsiècle. La nouvelle a même été diffusée par la BBC et The Sunday Heralddu 12 juillet 2002. Des témoignages semblables avaient conduit plusieurs expéditions scientifiques au Congo, dans la forêt équatoriale de Mokele Mbembe1. »

     

    Concernant Nessie, B. Cooper développe que l’Écosse compte plusieurs lochs où d’autres monstres auraient été aperçus, à l’instar du Loch Morar où, depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de quarante témoignages ont été enregistrés.

     

    En 1948, neuf passagers d’un bateau prétendent avoir vu une créature ressemblant à un serpent d’environ six mètres, à l’endroit de sa prétendue première apparition, en 18872. La rencontre la plus célèbre est celle réalisée en 1969 par deux pêcheurs. Duncan McDonnel et William Simpson, qui se trouvaient à bord d’une vedette, affirment avoir heurté le dos d’une créature, appelée Morag. Simpson ouvrit le feu, mais l’animal parvint à s’enfoncer lentement dans les eaux sombres du Loch. Ils décrivent un animal mesurant entre sept et neuf mètres, ayant la peau dure, trois bosses de quarante-six centimètres dépassant de la surface du Loch et une tête de la même taille. Cette description ressemble bien à celle d’un plésiosaure.

     

    La science au péril du Loch Ness

     

    Les défenseurs du Loch Ness affirment que certaines photographies ont déjà été reconnues comme exactes par le corps scientifique, avant d’être déclarées fausses. Publiés dans le plus grand hebdomadaire allemand, le Der Spiegel,du 30 juillet 1979, les clichés de Frank Searle sont à présent controversés.

     

    Cependant, et malgré l’intérêt que peut susciter la théorie de l’existence d’un plésiosaure habitant les eaux du Loch Ness,des scientifiques ont perdu leur profession. Dans les années 1950, Gordon Atwater démissionne du Hayden Planetarium et le zoologiste Denys Tucker est contraint de quitter le British Museum. Autant d’intransigeance est bien contestable de la part du musée de l’histoire et de la culture humaine qui, de 1912 à 1949, avait conservé dans ses vitrines le crâne de l’homme de Piltdown, refusant toute expertise. Il s’avéra que cette pièce était le vulgaire montage d’une mâchoire d’orang-outang dans laquelle avaient été fixées des dents limées et teintées pour faire accroire à une mâchoire d’homme préhistorique. Le tout fut ensuite adapté sur un crâne d’homme. Les empreintes digitales des faussaires furent même trouvées sur des ajouts de plâtre disposés à l’intérieur du crâne.

     

    En 1991, dans The Enigma of Loch Ness (L’énigme du Loch Ness), le Pr Henry Hermann Bauer, professeur émérite de Chimie et de Sciences à l’Institut polytechnique et Université d’État de Virginie, note l’importance et le sérieux du monstre du Loch Ness : il considère l’existence du plésiosaure comme une réalité, appuyant à cet effet l’authenticité du film tourné le 23 avril 1960 par Tim Dinsdale, ingénieur aéronautique dans la Royal Air Force.

     

    Le 3 août 2012, George Edwards, qui a chassé le monstre aquatique pendant vingt-six ans, à raison de soixante heures par semaine, aurait filmé le monstre du Loch, le 2 novembre 2011, à neuf heures. Selon ses propos, les images recueillies seraient « les plus claires jamais prises ». Ces recherches requirent le sérieux d’une équipe de l’armée américaine qui analyse les clichés. Aucun démenti n’infirma les propos de George Edwards. Le skipper certifia qu’il ne s’agissait pas d’un esturgeon, mais d’un Léviathan, le plésiosaure mentionné dans la Bible : Livre de Job (40, 15 et 41, 2), Psaumes (74, 14 et 104, 26) et Isaïe (27, 1). Dans les pages du célèbre journal américain The Huffington Post, il argumente que « la première apparition du monstre remonte à 565 ap. J.-C. Des milliers de témoins rapportent l’avoir vu, et ils ne peuvent tout de même pas tous mentir3. » Selon la légende, saint Columba, moine irlandais et évangélisateur de l’Écosse, sauva l’un de ses disciples d’une mort certaine. Il avait tenté de traverser le lac à la nage pour ramener une barque échouée : un épouvantable monstre fit brusquement surface et se précipita sur lui. Saint Colomba fit un signe de croix et invoqua la puissance de Dieu, en criant au monstre d’épargner le malheureux, ce que fit an Niseag (nom celte de Nessie).

     

    Robert Rines, un savant hors-norme

     

    Cependant, le chantre du monstre, celui qui représente le mieux sa traque, est l’Américain Robert Harvey Rines, décédé le 1er novembre 2009, à l’âge de 87 ans. Il avait pris sa retraite en mai 2008, après quarante-cinq années de service à l’Institut de technologie du Massachusetts, université américaine spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie. Il possédait un doctorat de Physique et de Droit. Ces recherches le rendirent surtout célèbre en Grande-Bretagne en tant que passionné de cryptozoologie. Pour ce faire, il adapta ses inventions, qui avaient été exploitées au plus haut niveau dans l’armée américaine.

     

    Robert Rines avait mis au point un prototype technologique qui avait permis de perfectionner des appareils à ultrasons servant, en premier lieu, à la visualisation interne des organes. En 1985, des chercheurs utilisèrent des vaisseaux sous-marins munis d’un sonar inventé par Robert Rines pour localiser l’épave du Titanic, qui avait sombré dans les eaux de l’Atlantique nord, en 1912. Son savoir-faire exceptionnel et inégalé fut également exploité en 1989 pour retrouver l’épave du cuirassé allemand Bismarck, le bâtiment le plus puissant du régime national-socialiste, qui sombra en 1941.

     

    Les compétences de ce savant hors du commun furent donc mises à contribution tant dans le domaine médical qu’aéronautique.

     

    R. Rines qui surpassait grand nombre de scientifiques dans leur propre domaine, affirmait que, grâce à ses inventions technologiques, il put prouver « l’existence d’une bête gigantesque, probablement un plésiosaure, reptile aquatique soi-disant éteint depuis 70 millions d’années ». En 2000, R. Rines admettait : « C’est une idée ridicule ! Si je ne faisais pas confiance aux personnes avec lesquelles j’ai conversé et à nos propres preuves scientifiques, je dirais que je suis fou. Je ne suis pas capable de le prouver, mais je sais qu’il y a un monstre dans le Loch Ness, parce que je l’ai vu. »

     

    Il avait acquis cette certitude le 23 juin 1972. Alors qu’il prenait le thé sur les bords du Loch Ness, à proximité d’Inverness, avec sa femme Carol et deux amis, le monstre fit surface. Découvrant alors une étrange forme, il se saisit d’un télescope et le pointa vers « une grande bosse sombre recouverte d’une peau épaisse comme celle du dos d’un éléphant. » Cette rencontre enflamma son intérêt pour le Loch Ness : son enthousiasme devint une passion et l’Écosse une seconde patrie.

     

    Cette même année, ses appareils photographiques prirent une nouvelle fois un plésiosaure ou, du moins, une grande nageoire. Il estimait la taille de l’animal à 13,5 mètres de long, avec un cou de 1,20 à 1,50 mètre.

     

    Une autre photographie, de juin 1974, avait capturé un animal avec un long cou, une petite tête et un grand corps : autant de caractéristiques ressemblant encore à celles des plésiosaures. Les images furent même diffusées dans la célèbre revue scientifique Nature de décembre 1975. Des experts, à l’instar du célèbre naturaliste de la télévision britannique Sir Peter Scott, soutinrent que les photographies indiquaient l’existence d’une masse animée. Sir Peter Scott était aussi convaincu par le récit de R. Rines. Il octroya au monstre le nom latin de Nessiteras rhombopteryx.

     

    Parallèlement à ses investigations sur le monstre, R. Rines continua de travailler pour l’armée américaine. Le radar, mis au point à l’époque où il était officier et affecté dans un laboratoire de radiations, fut perfectionné pour guider les missiles patriotes pendant la guerre du Golfe, en 1991.

     

    En 1997, R. Rines et des scientifiques, y compris son fils de 24 ans prénommé Justice, retournèrent au Loch Ness avec une équipe de télévision américaine. Grâce à leurs sonars ultra-performants, ils réalisèrent deux contacts avec des objets animés de la taille d’une petite baleine. Quatre ans plus tard, R. Rines filma la vidéo d’un sillage de 12 mètres de long à la surface de l’eau.

     

    En tant que compositeur, ce scientifique écrivit de la musique pour les spectacles de Broadway et d’off-Broadway, notamment Blast and Bravos, comédie musicale portant sur la vie de H. L. Mencken. Par ailleurs, il composa des morceaux pour O’Casey’s Drums Under the Windows, O’Neill’s Long Voyage Home et Strindberg’s Creditors. Il partagea un Emmy Award avec le dramaturge Paul Shyre, en 1987, pour la télévision et, par la suite, pour la pièce de Broadway, Hizzoner the Mayor. Quoi de plus normal pour ce musicien talentueux qui, à onze ans, joua du violon avec Albert Einstein dans un camp du Maine ?

     

    Tel était Robert Harvey Rines, né le 20 août 1922, à Boston, fils d’un professeur d’Harvard, scientifique persuadé de l’existence d’un plésiosaure dans les eaux du Loch Ness.

     

    Reconnaître la présence d’un tel monstre réfuterait la disparition des dinosaures il y 70 millions d’années, ainsi que la création de la Terre il y a 4,5 millions d’années. Toute l’histoire de l’humanité contemporaine sur la prétendue préhistoire serait ainsi battue en brèche et donnerait raison aux périodicités de la Bible. Il en va de même de l’île de l’Atlantide qui, malgré le dialogue du Critias écrit par Platon et les révélations des hiéroglyphes, ne sera jamais reconnue, car cette île contredit l’histoire de l’humanité et de civilisations passées maîtrisant une technologie avancée.

     

    Laurent Glauzy

    http://www.contre-info.com/les-plus-grands-scientifiques-defendent-le-loch-ness-par-laurent-glauzy#more-30284
    laurent-blancy@neuf.fr

     

    1 <Leviathan, n° 26 de janvier 2003 dans l’article Op zoek naar Nessie in Noorwegen (À la recherche de Nessie en Norvège).

     

    2 Daily Mirror du 30/8/1948, Sunday’s the Day for Monsters (Dimanche, jour des monstres)

     

    3 The Huffington Post du 3/8/2012, Loch Ness Monster ? Skipper George Edwards has best ever shot of elusive Nessie (Le monstre du Loch Ness? Le skipper George Edwards a le meilleur cliché de l’élusif monstre Nessie).

  • « La tyrannie médiatique » : Conférence de Jean-Yves Le Gallou, le 29 novembre à Strasbourg

    « La tyrannie médiatique » : Conférence de Jean-Yves Le Gallou, le 29 novembre à Strasbourg

  • De 1675 à 2013 : la Bretagne, une insoumission particulière ? (2ème partie)

    Après la dispersion des Bonnets rouges à l’automne 1675, il faudra attendre la période de la Révolution et des années 1790 pour revoir un tel mécontentement et une telle mobilisation des Bretons face à l’Etat, voire contre lui : les promesses révolutionnaires une fois envolées et la perte concrète et définitive de l’autonomie et des privilèges fiscaux, les Bretons se retrouvent fort marris d’une situation que, pourtant, certains d’entre eux, comme le député rennais Le Chapelier, ont créé et avalisé, de la nuit du 4 août à ses suites diverses et variées… La Révolution, avant même l’établissement de la République, a frappé plus fort que le roi Louis XIV qui, tout absolu qu’il était, n’avait pas osé, malgré la répression de 1675, imposer la gabelle et autres taxes, octrois et impôts français, à une province qui, même rebelle, restait une part de son royaume et dont il était, au regard des traités, le protecteur et, au regard du serment du sacre, le « père » : les hommes de l’Assemblée constituante, puis de la République, n’eurent pas de telles ambitions… Si la perte de l’autonomie politique elle-même n’inquiéta alors que les membres de la noblesse et quelques ecclésiastiques (et entraîna la création d’une Association bretonne très autonomiste et royaliste par un ancien compagnon de Washington, le marquis de La Rouërie, première ébauche de la Chouannerie, celle-ci militaire, politique et surtout nobiliaire), la nouvelle pression fiscale « égalitaire », d’une égalité nationale qui se marquait par un « rattrapage fiscal » assez rude, provoqua un fort mécontentement et un ressentiment qui s’accrurent quand la Révolution, à travers les décisions de la Constituante, supprima quatre évêchés de la province et priva l’Eglise locale de revenus qui lui permettaient de soulager les misères du temps. De plus, la répression contre les prêtres qui refusaient de prêter serment à la nouvelle constitution fit gronder des paroissiens attachés à leurs traditions et à leurs recteurs : certains notables républicains ne virent là que la survivance de vieilles superstitions quand, en fait, il serait plus juste d’y voir une forme, à la fois particulière et classique, d’enracinement remontant aux sources mêmes du christianisme breton, et constitutif d’une sorte d’identité collective sublimant les antagonismes villageois et les querelles anciennes de clocher (qui n’étaient pas que proverbiales…).
    Cet enracinement véritable qui fait que les Bretons regardent plus souvent vers la mer ou vers le ciel que vers le Pouvoir central et la capitale, si ce n’est avec inquiétude et circonspection, explique que les révoltes y trouvent une énergie propre et une capacité, également, de résistance, fut-elle passive, à la répression et aux malheurs : les chouans de la Bretagne et de ses marges mayennaises et normandes, hommes parfois bien difficiles à discipliner, furent d’ailleurs ceux qui, même sous l’Empire napoléonien, poursuivirent une lutte clandestine apparemment vouée à l’échec, mais qui raviva et ancra pour près de deux siècles (y compris dans la lutte contre la tentative gouvernementale de construire une centrale nucléaire à Plogoff…) un esprit hostile à la centralisation parisienne, esprit que certains Parisiens de parti ou de gouvernement qualifient de régionaliste en espérant le décrédibiliser aux yeux de ceux des Français qui ne pensent qu’en termes d’Europe ou de mondialisation… Il n’est pas certain que les Bonnets rouges d’aujourd’hui, qui retrouvent les réflexes chouanniques du harcèlement et de l’esprit communautaire (et non pas communautariste…) et qui brandissent leur bretonnité comme un étendard de résistance (ici contre une pression fiscale imposée de « la capitale » et de Bruxelles) apprécient cette sorte de mépris si républicain et si oublieux de la pluralité française, cette pluralité qui « est » la France, cette pluralité aussi bien vantée par Fernand Braudel que chantée par Charles Maurras…
    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1104:de-1675-a-2013-la-bretagne-une-insoumission-particuliere-2eme-partie&catid=47:2013&Itemid=58

  • L’école des barbares

    De l’école, j’ai eu le meilleur.

    J’ai su lire, écrire et compter dès le cours préparatoire. À l’école primaire j’ai appris l’orthographe et la grammaire, l’Histoire de France et sa géographie, l’arithmétique et la géométrie, les sciences naturelles (on disait « leçons de choses »), la couture, la musique et la gymnastique.

    Au Lycée j’ai appris le latin, l’anglais, l’allemand, la littérature, les maths, la biologie, la physique, la chimie. J’ai appris à maîtriser ma langue, à disserter en trois parties, à raisonner juste. À coudre un bouton avec une queue, faire un ourlet invisible et une reprise d’accroc.

    J’ai appris aussi la discipline, le respect des autres, les horaires, la hiérarchie, la politesse. Il y a ce qu’on fait, et ce qu’on ne fait pas. Nos blouses gommaient nos différences sociales.

    Notre école était sanctuarisée. Si un prof était un peu tripoteur, un simple signalement nous mettait à l’abri. Garçons et filles apprenaient à se connaître en se respectant, la violence était absente. On rêvait à l’amour, ceux qui le faisaient le faisaient discrètement. Ça ne regardait personne. Les problèmes que j’ai eus dans ma jeunesse ne venaient pas de l’école, ils ne vinrent pas de mon Lycée.   Aujourd’hui les élèves ne savent plus écrire et ne savent même pas à quoi peut servir de savoir compter, certains accèdent au bac sans maîtriser la lecture. Leur programme d’Histoire les fait passer de la Renaissance à la Révolution, les cours de Sciences étudient le « genre ».

    Les filles doivent avoir couché avec une fille et pas seulement avec un garçon. Ben quoi, c’est vrai ça, pourquoi pas, bande d’homophobes ! Certaines demandent si, quand on couche, « il faut » faire comme ci, ou bien comme ça. Par ailleurs, on va s’assurer que les petits garçons auront très vite une notion précise de ce qu’est la sodomie, comptons sur la maîtrise du sujet qu’auront les militants de la cause homosexuelle qui viendront leur apprendre à jouir sans entrave dès les cours préparatoires.   Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Je croyais qu’on avait touché le fond, jusqu’à ce que j’entende, pétrifiée, le témoignage de Nora Fraisse, la maman d’une petite Marion, qui s’est pendue à l’âge de 13 ans, parce qu’elle a préféré mourir que de retourner en classe.

    Non seulement l’école ne veut plus rien enseigner aux gosses à part leur droit de baiser avec tout ce qui bouge sans s’attacher à personne, mais elle n’est même plus à même d’assurer leur sécurité.

    Des pervers en herbe peuvent, en toute impunité et sous le regard indifférent d’un encadrement totalement amoralisé, persécuter à mort une gosse de treize ans.

    C’est l’école de la barbarie et des barbares.

    Sortez vos gosses de l’Éducation nationale ! Vite !

    Marion Sigaut

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-ecole-des-barbares-21446.html

    En complément

    Farida Belghoul explique le projet REID d’éducation à domicile dans les banlieues françaises ainsi que les difficultés rencontrées lors de sa mise en œuvre (extrait de la conférence du 22 juin 2013 avec Alain Soral et Mathias Cardet) :

  • Peillon et la gauche ou la haine de l’excellence

    Peillon veut rogner les revenus des profs des classes préparatoires... Ou comment jouer sur ces sentiments bas que sont l’envie ou la jalousie en dénonçant les "privilèges"... de ceux qui ne font pas partie de votre électorat de base...

    Au sein de cette corporation d’habitude discrète certains menacent de bloquer leur lycée.

    Lu sur Le Figaro

    Du lycée Hoche à Versailles, en passant par le lycée Saint-Louis à Paris ou Lakanal à Sceaux, les professeurs de classes préparatoires ont multiplié les assemblées générales cette semaine. Au lycée Condorcet, certains hésitent même à bloquer l’établissement ! Du jamais vu de la part de cette corporation de 8000 enseignants habituellement extrêmement discrète.

    En cause, une piste de réforme de Vincent Peillon sur le métier d’enseignant. Ce dernier envisage d’entamer les avantages de ces professeurs réputés privilégiés et (trop) bien payés afin de financer l’allégement d’une ou deux heures hebdomadaire d’une partie des enseignants de zone d’éducation prioritaire (ZEP). Selon des calculs syndicaux, le ministère pourrait économiser 20 à 30 millions d’euros sur le dos des prépas. « La gauche ne les aime pas, même si elle en sort et y met ses enfants. C’est purement idéologique », s’insurge un professeur de mathématiques de Louis-le-Grand.

    En mai dernier, la Cour des comptes avait fait grand bruit en pointant un professeur agrégé de langue vivante rémunéré 107.339 euros net, en grande partie grâce à ses multiples heures supplémentaires. La Cour rappelait que les enseignants de classes prépa touchaient en moyenne 28 % de plus que les agrégés de lycée, eux-mêmes gagnant 30 % de plus que les professeurs certifiés…

    Ce projet de réforme Peillon, qui entend modifier l’actuel système, consisterait à supprimer les diminutions horaires liées aux « heuresde première chaire », dont bénéficient uniquement les professeurs de première et de terminale, ainsi que celles des professeurs de classes préparatoires. Les décharges horaires seraient calculées différemment avec un système de « pondération » uniforme censé bénéficier à plus de monde, incluant les enseignants de ZEP.

    Beaucoup à perdre

    Les professeurs de classes prépa sont sans nul doute ceux qui ont le plus à perdre. Selon Dominique Schiltz, du Snalc ,ce projet, s’il aboutissait, conduirait à une fonte de revenu de 10 à 15 % par an pour plus de la moitié d’entre eux. Le gros des troupes perdrait 2 500 à 4 000 euros par an. Les professeurs « de chaire supérieure », les mieux payés, en fin de carrière, pourraient perdre plus de 10.000 euros.

    Aujourd’hui, les professeurs de prépa ont un service obligatoire entre huit et onze heures de cours hebdomadaires qui oscille selon les effectifs de la classe et son niveau. Certaines classes pouvant atteindre jusqu’à 45 élèves.

    Or, et c’est une particularité des prépas, plus l’obligation de service est faible, plus l’heure supplémentaire est payée chère… Ceux qui travaillent dans les lycées à forts effectifs, qui sont souvent situés en centre-ville et font partie des plus prestigieux, ont donc beaucoup à perdre : avec la réforme Peillon ils auront tous dix heures obligatoires à assurer quels que soient les effectifs de leurs classes.

    Du coup, tous ceux qui effectuent aujourd’hui moins de dix heures devront travailler une ou deux heures de plus sans être payés plus. Ceux qui cumulaient quatre à six « heures supplémentaires » devront en faire moins, rognant ainsi leurs revenus.

    Présidente de l’union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, Sylvie Bonnet ne décolère pas. Elle vient d’envoyer une lettre au ministre pour être reçue. « Avant même que nous soyons au courant, Peillon a indiqué mardi qu’il voyait déjà des conservatismes qui s’organisaient. C’est incroyablement humiliant ! » Des courriers furieux s’accumulent au siège de l’association. Elle se souvient pourtant avec ironie de Hollande critiquant Sarkozy pendant la campagne électorale : « Connaissez-vous des salariés prêts à travailler 50 % de plus pour gagner 25 % de plus ? », avait-il tonné au sujet d’une réforme des enseignants proposée par le candidat UMP. « C’est ironique, puisque c’est précisément ce que Hollande est en train de nous faire », critique-t-elle, ajoutant que cette annonce tombe d’autant plus mal que les professeurs de prépa cumulent cette année plusieurs lourdes réformes de leurs programmes.

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Peillon-et-la-gauche-ou-la-haine