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culture et histoire - Page 1973

  • LA BIODIVERSITE : UNE CHIMERE EN FOLIE( 2011)

    La biodiversité rentre par la grande porte avec le retour de Jean-Louis Borloo. Cet ancien ministre a fait un grand mal à l'économie française par le truchement des deux Grenelles de l'environnement. Ces parlottes, dont le coût ne sera jamais évalué, ont soumis par la voie légale d'immenses parties de la vie nationale au bon vouloir de la secte des écolos.
    Le Grenelle de l'environnement est un ensemble de rencontres politiques organisées en septembre et octobre 2007 visant à prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable. En particulier, il fallait pour restaurer la biodiversité mettre en place une trame verte et bleue, ainsi que des schémas régionaux de cohérence écologique, tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant l’efficience énergétique. Cette définition inextricable montre que la biodiversité est au carrefour de diverses autres chimères tout aussi destructrices.
    L'émission Thalassa du 9 mars 2012, nous parlait d'un « drame » en Polynésie au sujet des tortues, espèce protégée. Les « vilains » habitants braconnent les tortues dont ils raffolent et qui font la fortune des restaurants ; cette pêche est une tradition séculaire. Six mois de prison menacent désormais les honnêtes pêcheurs dont le seul tort est de gagner leur vie en faisant la joie de leurs clients.
    Le 17 mars, l'Islande est jugée « digne » d'entrer dans la CEE ; elle ne pourra que perdre son âme sans rien y gagner vraiment. Cette CEE exige que les Islandais renoncent à la chasse à la baleine, espèce protégée. Les Islandais plaident que c'est chez eux une coutume ancestrale et, qu’en plus, la chair de la baleine est délicieuse et se vend jusqu'au Japon. Attendons de voir comment se terminera le bras de fer. Si les Islandais capitulent, il faudra virer les pêcheurs à l'aide sociale.
    Nous apprenons très récemment que les papillons sont menacés. Les écolos sont adroits. En attirant l'attention sur la disparition éventuelle de certaines espèces de papillons, ils touchent un point sensible : qui n'aime pas les papillons et leur charmant manège ?
    La secte se prend pour Dieu et rien ne lui est impossible. En France et ailleurs il existe partout des personnes payées pour compter les oiseaux ; c'est un travail fort sympathique qui se passe dans la nature et évite de s'ennuyer dans un bureau ; ce dénombrement est très compliqué : pour compter l'impossible, il faut du matériel et des consultants qui travaillent à la méthode ; une fois le matériel créé et la méthode bâtie, des formateurs surviennent : que de marchés juteux !

    L'INVENTAIRE IMPOSSIBLE
    La liste des espèces protégées est impossible à faire, tant les textes sont nombreux, touffus et influencés par des accords internationaux. Cette liste augmente sans cesse, au hasard des appétits des uns et des autres.
    L'arme de la terreur est manipulée sans vergogne. Les dauphins du Mékong meurent. En 2050 les requins auront disparu. Les albatros, splendides oiseaux océaniques dont l'envergure peut atteindre jusqu'à 3,50 mètres, sont très menacés. Tous les experts annoncent que la population mondiale du tigre a chuté de 95 %, seuls 4000 spécimens résistants vivent encore dans la nature.
    Quel est l'objectif ? Faut-il reconstituer les espèces telles qu'elles étaient en 1900 ? C’est une histoire incertaine. Faut-il protéger les espèces telles qu’elles sont en mars 2012 ? Faut-il protéger la totalité des espèces ? Nous nous trouvons devant une tâche évidemment sans limite, car le Créateur a disposé des centaines de millions d'espèces dont une toute petite partie, simplement, est connue ; le début de l'exploration des abysses sous-marins nous découvre par exemple des horizons infinis.
    En outre, des découvertes permanentes trompent les statistiques déjà fausses par nature. Il ne restait plus, paraît-il, que 50 000 à 60 000 orangs-outans vivant à l'état sauvage, 80 % en Indonésie et 20 % en Malaisie. Or une colonie de plusieurs milliers d'individus fut découverte à l'est de Bornéo.

    LA RUINE POUR TOUS
    Les immenses sommes d'argent dérobées par la force fiscale aux peuples bien conditionnés en vue de financer ce cirque mondialiste génèrent de la pauvreté par une succession de mécanismes bien connus.
    S’y ajoutent des dégâts collatéraux pour faire plaisir à des membres de la secte plus actifs que d'autres. Le coût du TGV pour Marseille a été majoré à l’époque pour protéger un unique couple d’aigles de Bonnelli, dont, au demeurant, il n’est pas sûr que la trace ait été retrouvée. A cette fin, le trajet a été modifié et le chantier fut interrompu à plusieurs reprises. Il a fallu aussi complaire aux castors et, notons bien la précision, aux pélobates cultripèdes qui sont, comme tout le monde ne le sait sans doute pas, de rarissimes crapauds.
    Puis arrive l'effet habituellement destructeur des réglementations publiques, telle Natura 2000. C'est une directive européenne qui depuis 1992 établit partout des zones rurales où aucune activité n’est autorisée, sauf accord des « boureaucrates » de Bruxelles. Le prétexte est de défendre précisément cette biodiversité. La France a proposé 800 zones représentant 5 % du territoire. A ce titre des camarades des chauves-souris ont voulu sévir dans une commune parce qu’un quart des chauves-souris prétendues rares avaient élu domicile dans une caverne se trouvant sur son territoire !

    QUELLE EST L'ISSUE ?
    Dans toutes les situations même les plus néfastes et les plus ridicules, il existe des solutions. La secte des écolos est, certes, forte et elle s'appuie sur d'immenses intérêts représentés par la collection de ministres de tous pays. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), est au centre du dispositif et rêve de chiffrer la valeur des écosystèmes afin que les décisions étatiques les prennent en compte. Cela veut dire que la bataille engagée est rude.
    Pour échapper à la ruine, il faudrait reconnaître et diffuser sans cesse que l'homme n’est pas capable de diriger les espèces et qu'il doit simplement dans le cadre de sa raison voisiner avec ces espèces telles qu'elles sont, tout en en tirant d’ailleurs le meilleur parti.
    Le libre jeu du droit de propriété et son corollaire la liberté des contrats apportent une solution ; elle doit s'accompagner de la dénonciation de certains traités internationaux. Ceux qui aiment particulièrement les chauves-souris ou les tigres, ou les vipères peuvent très bien s'organiser à leur propre échelle dans le cadre du droit naturel et sans nuire aux autres. De même les plus grands et plus beaux animaux peuvent être exploités librement avec parfois la création de fonds d'investissement. Si ces animaux risquent de disparaître, leur valeur augmentera et les propriétaires légitimes prendront les mesures adéquates.
    Il est important en terminant de constater que la quasi-totalité de la population aime la nature et peut fort bien s'en occuper dans la liberté et la variété des situations. Seuls les serviteurs de la chimère peuvent être considérés comme des ennemis objectifs de la nature puisqu'ils veulent l'asservir à leur propre pouvoir, tout en empêchant les autres de s’en occuper.
    MICHEL DE PONCINS. http://libeco.net

  • Pensées noires

     

    Pensées noires
    Le noir n’est pas une couleur, mais son absence. Penser est apprendre à mourir, c’est-à-dire à s’abstraire. Socrate est sans doute le père du nihilisme, car il instille la pensée critique dans le tissu resserré de l’existence, la dissolution dans le coagulé. La vie exige la foi, la certitude de régir les événements, ou du moins de les influencer. De l’adhésion sans recul à l’action résulte la force. La pensée peut réguler la force, non la produire. Elle est la carte, quand tout ce qui a lieu s’effectue sur le terrain. La trop grande lucidité peut faire perdre une bataille avant qu’elle ne soit engagée, car la raison géométrique peut persuader qu’elle sera vaine. Pensée et action ne se conjuguent qu’étroitement pour atteindre le sommet de l’être, là où, comme un dieu, on peut avoir l’impression de maîtriser la matière de l’Histoire. Tels furent par exemple les destins d’Alexandre, de César et de Napoléon. Mais, somme toute, ils ne firent qu’accompagner l’inévitable, et, se voulant maîtres et dieux, ils ne furent que les domestiques du Temps.

    L’Histoire du monde ressemble à une vue aérienne : le plan panoramique révèle des lignes géologiques et le travail global des hommes, qui ont modelé le paysage sur une échelle universelle. Des champs, des prés, des forêts, des clairières, des villages, des villes, des voies se dessinent, s’étalent comme des taches, coupent, tranchent, s’évasent, se conjuguent aux blocs massifs des montagnes, aux effondrements des vallées et des gorges, aux linéaments des frontières naturelles, à la bigarrure des éléments minéraux et des végétations. Et si la vue se fait plus large et plus haute, et qu’elle emprunte le regard froid du satellite, l’apport humain se fait moins certain, les grandes logiques géographiques deviennent lisibles, les agencements géants du territoire continental et des évasements maritimes, les crispations et les relâchements titanesques de la planète apparaissent. Mais la vision se focalise-t-elle, en une sorte de travelling vertical descendant, sur les occupations microscopiques du vivant, l’agitation se fait plus fourmillante, le grouillement plus fébrile, et le temps semble s’accélérer, au grès des engagements particuliers, des rôles joués par des acteurs persuadés de tenir leur condition par l’action. La circulation se fait intense, chacun s’adonne à la tâche que sa vision implique, et si nous parvenons à cerner l’individu dans la circularité linéaire de son existence, qui est une spirale, c’est-à-dire une trajectoire répétitive du même dans le sillon d’une projection anticipative (ce que l’on appelle un destin, ou une vocation), nous avons presque la suggestion d’une liberté, d’une liberté néanmoins étranglée par la certitude de la mort.

    Entre le regard des dieux et celui de la fourmi, il y a plus qu’une différence ontologique, il existe une distinction de perspectives, et c’est ce constat amer que l’on trouve avec force dans l’Iliade, cette école de l’esprit européen. Les guerriers s’agitent comme des insectes, sont pris de passion, s’entre-tuent en s’insultant, parfois quelque dieu prend parti, comme pour se divertir, souvent cruellement, dans ce jeu puéril, toujours sérieux, que les enfants entretiennent pour dompter un temps qui fuit, mais finalement, la famille des divinités se retrouve dans l’olympe, là-haut et loin, et, dans de grands rires, oubliant la dérisoire inquiétude des mortels.

    Si Prométhée fut châtié d’avoir aidé les hommes, ce fut surtout parce qu’il leur donna l’illusion en leur octroyant un feu qu’il avait dérobé, un feu par conséquent illégitime. Toutes les sagesses anciennes présentent la conscience comme une faute ou une usurpation. Pensée, c’est souffrir, s’écarter de la condition naturelle du vivant, qui procrée et détruit comme une force qui va. Toutes les sagesses anciennes tenteront donc d’expliquer cette anomalie, ce fourvoiement du statut originel de l’être.

    Le lourd fardeau de l’être pensant est une fatalité douloureuse, car il voit qu’il souffre, comprend sa douleur, et parfois les causes de celle-ci. Toute civilisation avancée a consisté à apprivoiser cette douleur, et à la travestir pour en faire la source de jouissances. La littérature, l’art, la philosophie, la musique sont des baumes sur nos plaies, et des vapeurs fantasmatiques qui nous permettent d’entrevoir quelque lueur d’une beauté enfuie, et peut-être enfouie. Toute civilisation aboutie formule au fond de sa conscience l’inanité de toute action. Toute la dialectique civilisationnelle, qui se nourrit du conflit constructif entre la barbarie et l’apprivoisement du sauvage, finit toujours par l’extinction de la vie dans le rêve.

    Nous sommes à un moment décisif où le rêve, qui est parfois un cauchemar, s’est emparé de l’Histoire. La condition onirique supprime le temps et parodie le mythe dans l'utopie festive, la fixité d'un destin voué au plaisir. Le mythe est cette éternité originelle où tout pouvait commencer. L'éternité qui nous est promise est une agonie sans fin, un acharnement thérapeutique crépusculaire. Nous ne pouvons plus débuter car le terme, l’ultime et la finalité de notre être au monde historique a épuisé toutes ses potentialités de domestication de l’homme. Les insectes qui s’agitent ne le font plus que comme des robots téléguidés, car notre imperfection provient de notre perfection, notre faille de notre force, notre tare de notre vertu, notre stupidité animale de notre intelligence technique. C’est parce que nous avons atteint un degré de complexité incomparable que la matière vitale s’est absorbée dans la dimension mortifère du mécanique.

    Peut-être qu’un effondrement géologique d’ampleur continentale nous rendrait à une sauvagerie revitalisante. Il n’est pas impossible qu’elle ne nous entraîne plus loin dans le labyrinthe de nos rêves suicidaires, cul de sac fabriqué par l'ingénieux Dédale, et il n’est pas dit que l’on trouve encore une Ariane et un Thésée, la pensée désirante et l'action tranchante, pour tuer le Minotaure.
    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com
  • Préférence nationale : pourquoi les Français ont raison de la solliciter…

    Selon un sondage CSA, 66% des Français estiment que les réfugiés et demandeurs d’asile ne doivent pas bénéficier en priorité des aides et dispositifs sociaux publics.

    En dehors de toutes considérations sur la portée d’un sondage dont les ressorts sont effectivement aux mains d’un système partisan, la question de la préférence nationale qu’il soulève est en revanche d’une actualité brûlante. Car de deux choses l’une : ou bien il y a en France suffisamment d’emplois pour tous ceux qui y résident, et dans ce cas la priorité à l’emploi pour les français, parce qu’elle n’est pas par définition une exclusivité, n’a aucune raison d’inquiéter les étrangers. Ou bien la France manque d’emplois, et dans ce cas il est bien normal que la solidarité nationale s’exerce prioritairement à l’adresse des ressortissants nationaux.

    Qu’y a-t-il, en effet, de moralement suspect à vouloir enraciner l’amour du plus lointain dans l’amour du plus proche ? Celui-ci n’étant pas alors considéré comme un point d’arrivée dans l’exercice de la solidarité, mais bien comme un point de départ. Qu’y a-t-il de suspect à considérer que les Français sont héritiers chez eux, sur la terre de leurs ancêtres, et qu’ils possèdent alors davantage de privilèges que ceux à qui cet héritage, en tant que tel, ne s’adresse pas ? Après tout, seuls les enfants héritent de leurs parents, et non la terre entière.

    Il faut donc introduire un ordre dans l’exercice de la solidarité, lorsqu’elle se déploie dans le cadre de la communauté politique : à quoi bon vouloir faire la charité à la terre entière lorsqu’on est incapable de l’exercer déjà à l’égard des siens ? Charité bien ordonnée commence par soi-même !

    http://www.contre-info.com/

  • La déportation de la population basque par la Révolution française Un oubli du « devoir de mémoire »

    Vous souvenez-vous de tous ces « Infâmes » ? Ceux de Sare, Itxassou, Ascain et d'autres encore ? Grande est la misère au royaume de France ! Au nom d'Itxassou, certains, gourmets à n'en pas douter me crient : « Ah ! Les bonnes confitures de cerises noires… » Le rouge ne devrait-il pas leur monter aux joues ? Itxassou, Espelette, Biriatou, Aïnhoa… Leurs habitants déportés. Tous ces morts au cœur et à l'âme suppliciés par la Révolution française…. A tous nos amis Basques, en ce mois d'avril nous disons « On dagizula » !

    Et grâce à notre ami Alexandre de La Cerda  nous entamons le devoir de mémoire que nous vous devons ! Terre de « fors » (libertés pour un bien commun), peuple fidèle à la foi de ses pères…

    La Vendée, grande meurtrie parmi les « meurtries » est connue de tous… Mais le « Pays » Basque ne doit pas être oublié ! Un « Pays » qui sous la monarchie française avaient préservé ses traditions ancestralesDevenu français en 1451, le Labourd pouvait se prévaloir, par exemple, du règlement des successions en tenant compte du droit d'aînesse, dont bénéficiait tant la fille aînée que le fils aîné, moyennant d'assurer une contrepartie aux autres frères et soeurs célibataires. Les Basques ne connaissaient pas la féodalité, et jouissaient d'une véritable constitution, sous la direction de leurs assemblées élues, veillant « jalousement » à leurs « fors », vivant fièrement leur langue et leur foi catholique…

    Un grand merci à Alexandre de La Cerda.

     

    Portemont, le 14 avril 2011

    La déportation de la population basque par la Révolution française
    Un oubli du « devoir de mémoire »

     

    Le 22 février 1794, un arrêté des « représentants du peuple » Pinet et Cavaignac décrétait « infâmes » les communes de Sare, Itxassou et Ascain, et ordonnait l'éloignement de tous leurs habitants à plus de vingt lieues.

    La mesure fut aussitôt exécutée : après avoir été entassés dans leur église, 2.400 habitants de Sare furent conduits dans 150 charrettes à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure où ils furent soumis aux quolibets, vexations et lapidations des membres de la « Société Révolutionnaire » de la commune rebaptisée « Chauvin-Dragon ». 

    Parqués dans les églises et d'autres bâtiments désaffectés, ils furent bientôt rejoints par des milliers d'autres compatriotes arrachés à leurs foyers de Saint-Pée, Itxassou, Espelette, Ascain, Cambo, Macaye, Mendionde, Louhossoa, Souraïde, Aïnhoa, Biriatou etc…

    Saint-Jean-de-Luz et ses environs ne constituèrent qu'une première étape sur le chemin de croix des malheureux. Bientôt s’ébranla sur les routes le long cortège des déportés accompagné de charrettes où l'on avait jeté vieillards, enfants en bas-âge et grabataires. Des femmes accouchaient sur ces charrettes ou, en pleine nuit, sur la pierre nue, dans le froid !

     

    L'itinéraire fut spécialement établi de manière à traverser des quartiers mal famés, notamment à Saint-Esprit, où une population trouble et famélique leur réserva le plus terrible des accueils… L'hiver 1794 fut particulièrement rigoureux, et les prisonniers mouraient en chemin comme des mouches, particulièrement les plus jeunes et les vieillards. On relève encore parmi les inscriptions tombales des cimetières jalonnant le parcours des suppliciés : Françoise Larregain, d’Ascain, 2 mois. Françoise Duhart, d’Ascain, 8 mois. Pierre Darhamboure, d’Ascain, 7 mois. Etienne Lissarade, d’Itxassou, 7 ans. Jean Garat, 3 ans. Michel Camino, de Sare, 11 ans. Michel Etchave, 9 ans. Martin Etcheverry, de Sare, 80 ans. Jean Delicetche, de Souraïde, 80 ans, etc. Les enfants qui réussissaient à survivre à ce cauchemar étaient livrés à eux-mêmes.

     

    L'arrivée des survivants à destination  églises et bâtiments désaffectés du Béarn, des Hautes-Pyrénées, des Landes, du Gers, du Lot-et-Garonne, jusque dans le Cantal et au-delà - ne signifia aucunement la fin de leurs tribulations, bien au contraire.

    Un nouvel arrêté des autorités révolutionnaires, pris le 24 mai 1794, prévoyait l'organisation générale de la déportation : les détenus devaient être employés à des travaux publics et particuliers et ne pouvaient quitter la commune à laquelle ils étaient assignés, à peine de six ans de fer pour les hommes, six ans de prison pour les femmes, avec au préalable, une exposition d'une heure pendant trois jours « sur l'échafaud, au regard du peuple ».

    II serait aujourd'hui difficile de s'imaginer les horribles conditions d'existence et de survie de ces malheureux entassés dans les églises (229 dans la seule église de Capbreton) dans le froid, sans nourriture, au milieu de populations étrangères, au moins par la langue, sous la surveillance d'autorités hostiles ; la liste des décès ne faisait que s'allonger…

     

     Vers la fin du supplice

     

    Il fallut attendre quelques huit mois pour qu'enfin le 28 septembre 1794, les « représentants » Baudot et Garrot mettent fin à l'internement des Basques et les autorisent à rentrer chez eux. La ruine était totale, les maisons dévastées, pillées et brûlées, la terre en friche ou les récoltes volées, les bourgs vidés de leur population. Pour le seul village d'Itxassou, une liste officielle dénombrait 271 déportés et 211 émigrés ; car nombreux étaient les Basques qui avaient cherché leur salut dans les provinces voisines de Navarre et de Guipuzkoa pour éviter la déportation. De timides mesures de répartition n'aboutirent pratique­ment jamais, quel­ques responsables furent vaguement inquiétés. La colère des victimes s'exprime parfaitement dans le « Sarako iheslarien Kantua » ou chant des fugitifs de Sare ; quant à Salvat Monho, il regrette dans « Orhoitzapenak » (mémoires) que « ne soit pas permise la plus ancienne des lois (celle du talion, ndlr.), de rendre à chacun ce qu’il nous a fait ! »

     

     Les prodromes de la tragédie

     

    Comment expliquer les causes profondes de la déportation criminelle d’une population civile qui aurait sans doute valu à ses auteurs, en d’autres temps, un « procès de Nuremberg », bien que l’enlisement sans fin de celui des Khmers rouges au Cambodge et l’impunité générale des responsables communistes semblent accréditer sérieusement une systématisation, à notre époque, des « doubles standards » d’appréciation et de jugement ?

    Tout d'abord un divorce profond des populations basques avec le pouvoir parisien révolutionnaire qui jugeait que les transformations souhaitées et l'élimination des anciennes forces vives ne s'accomplissaient pas assez rapidement.

    Sans doute, l’accélération des événements intérieurs entraînant une nette radicalisation du pouvoir central avait-elle de quoi surprendre l’opinion publique « moyenne » - dans l’ensemble plutôt modérée - du département nouvellement créé des Basses-Pyrénées.

     

    Une modération enrageante

     

    La situation à Bayonne est parlante à cet égard.

     

    Pôle marchand et libéral, les Protestants n’y furent par exemple guère inquiétés lors des guerres de religion qui avaient au XVIe siècle enflammé durablement toute la région alentour ; l’église de Saint-Jean-Pied-de-Port et celles de Chalosse, pour ne citer que celles-là, portent encore les séquelles des dévastations causés par Montgomery et ses troupes de Réformés.

    Or, en ce XVIIIe siècle finissant, les nécessités du négoce et le voisinage de la frontière avaient conduit de nombreux étrangers à Bayonne dont les plus remuants étaient « utilisés  » par les Girondins pour activer la propagande révolutionnaire dans leur pays d’origine.

    Les Juifs de Saint-Esprit avaient déjà oublié que leur début d’émancipation était dû à la volonté de Louis XVI (et qu’ils avaient été plus d’une fois soutenus par les tribunaux royaux dans leurs querelles prolongés contre les marchands bayonnais, en particulier à propos du chocolat) : ils étaient donc disposés à servir la Révolution - tant qu’elle ne compromettrait pas leurs intérêts - et il feront durement sentir leur animosité envers les colonnes de déportés qui traverseront Saint-Esprit.

    Quant aux députés représentant le nouveau département à la Convention, le procès du roi donna un aperçu de leur « modération » : Casenave, Conte, Meillan, Neveu, Pémartin et Sanadon se prononcèrent tous contre la peine de mort remplacée par la détention et le bannissement à la paix.

    Cependant, les menaces européennes qui firent triompher en France la politique belliqueuse et l'extension de la guerre fit prendre de nouvelles mesures de « défense nationale », exaspéra les discordes politiques et porta le gouvernement central à déléguer des conventionnels aux frontières et à l'intérieur. Avant même la déclaration de guerre à l'Espagne en mars 1793 et surtout après cette date, ces commissaires aux armées organisèrent peu à peu, pièce par pièce, en appliquant et en complétant les décrets, le gouvernement révolutionnaire dans les Basses-Pyrénées.

     

    Alexandre de La Cerda   http://www.lesmanantsduroi.com/

  • Jean Giraudoux

    Hippolyte Jean Giraudoux est né le 29 octobre 1882 à Bellac en Haute-Vienne. Fils cadet d'un père employé des Ponts-et-chaussées, puis percepteur, il manifestera toute sa vie son attachement à cette petite sous-préfecture de 2 400 habitants, disant : « Ma ville natale est Bellac. Je ne m'excuserai pas d'y être né ! » Il se révélera dès l'enfance un excellent élève, premier au certificat d'études dans son canton, avant d'obtenir le prix d'excellence au lycée de Châteauroux. Il ne gardera pas un excellent souvenir de l'« affreux Châteauroux, animé comme un cimetière ». Les habitants de cette ville ne lui en tiendront pas rigueur puisque le lycée de Châteauroux porte aujourd'hui le nom de Jean Giraudoux...
    Il poursuit de brillantes études, termine sa seconde année de Khâgne avec le prix d'excellence et obtient le premier prix de version grecque, en 1902, au concours général. Entré à l'École normale supérieure de Paris, il se passionne pour la culture allemande. Plus tard, il définira la rue d'Ulm comme une école spirituelle. Giraudoux écrira : « Je ne dirai pas que tous ceux qui sortent d'elle ont de l'esprit, mais ils sont les serviteurs de l'esprit, c'est-à-dire les adversaires de la matière [...], ils n'acceptent pas le poids du monde. » Sa subite vocation de germaniste a notamment comme source l'irrépressible envie d'effectuer un séjour à l'étranger. Ce sera Munich où il fera la connaissance de Paul Morand qui entraînera son mentor et ami dans une « fête inimitable et joyeuse » qui contribuera à ce que Giraudoux se détourne de la perspective d'une carrière dans l'enseignement. Il va choisir, comme Morand la "Carrière". Il échouera en 1909 au prestigieux concours des ambassades mais se rattrapera l'année suivante au « petit concours » des consulats. C'est en 1909 que paraît son premier livre, Provinciales, remarqué par André Gide.
    La Première Guerre mondiale éclate. Giraudoux aura une conduite héroïque. Insoucieux du danger, il est blessé dès septembre 1914 « à l'aine et sur l'Aisne ». À peine guéri, il fera des pieds et des mains pour retourner au front. Affecté au corps expéditionnaire d'Orient, sa brillante conduite au feu lui vaudra d'être deux fois blessé. Il sera promu sous-lieutenant et chevalier de la Légion d'honneur. Démobilisé en 1919, il revient à la diplomatie et à la littérature et sera enfin reçu au « Grand Concours ». Il écrit des livres, telle La guerre de Troie n 'aura pas lieu ayant pour thème le cynisme des politiciens et la différence entre l'histoire telle que les dirigeants la montrent au peuple et telle qu'elle se passe réellement. Il écrit Pleins pouvoirs en début 1939, qui lui vaudra sa nomination comme commissaire à l'Information dans le gouvernement Daladier.
    Frappé par la décadence de la France, il apprenait aux Français que leur patrie n'était pas une idée abstraite mais une personne, un être de chair et de sang, avec une mission de « grandeur et de magnificence, de splendeur et d'imagination », qu'il ne fallait pas laisser dépérir. Il adjurait les Français de se reprendre, de ne pas se laisser glisser sur la pente molle du laisser-aller et de la décadence. Dans cet important essai politique, il demande notamment l'adoption d'une politique d'immigration, « afin de constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ». On devine que Giraudoux n'évoque pas dans ce texte une immigration venue du Tiers Monde... Sa préférence va vers une « immigration Scandinave éminemment souhaitable », à l'exclusion de « ces races primitives ou imperméables dont les civilisations, par leur médiocrité ou leur caractère exclusif, ne peuvent donner que des amalgames lamentables », symbolisées selon lui par les Arabes. Pendant la guerre, il se tiendra à distance des passions politiques et de toute forme d'engagement. Il refusera le poste de ministre de France à Athènes proposé par Vichy mais entretiendra des relations personnelles avec plusieurs membres du gouvernement. Son fils Jean-Pierre avait quant à lui rejoint Londres dès juillet 1940. En 1942, il affirmera « l'impossibilité d'une véritable rencontre entre les deux cultures (française et allemande) tant que durerait la guerre ». On lui proposera de quitter la France. Il refuse, arguant de la nécessité de livrer en France une « lutte d'influence avec l'Allemagne ». Jean Giraudoux meurt le 31 janvier 1944, à Paris. Évoquant « Giraudoux l'Athénien » dans son ouvrage Le défilé des réfractaires, Bruno de Cessole a cette formule : « Quel écrivain français peut se flatter d'avoir excellé à la fois dans la course à pied, la version grecque, le poker, la métaphore, la diplomatie et le théâtre ? » L'auteur répond : « Le seul merle blanc qui ait jamais assumé un tel éclectisme c'est, bien sûr, Giraudoux. »
    R.S. Rivarol du 25 janvier 2013

  • Anne-Marie Delcambre démonte l’islam

    Anne-Marie Delcambre n’est jamais invitée sur les plateaux Radios/TV en sa qualité de spécialiste de l’islam. Les médias préfèrent donner la parole à des dhimmis en puissance. Elle est pourtant :

    Ø  Docteur de 3ème cycle de l’Université Paris IV
    Ø  Docteur d’État en droit et agrégée d’arabe classique
    Ø  Professeur d’arabe littéraire
    Ø  Auteur de nombreux livres et articles sur Mahomet et l’islam
    Regardez cette vidéo et vous comprendrez pourquoi les médias l’ignorent…
  • Le grand bobard médiatique : plus il fait froid et plus ils nous menacent du réchauffement

    La vague de froid qui s'abat sur l'ensemble de l'Europe doit être remise en son contexte. Pendant une semaine les média d'Occident ont été absolument indifférents à l'effondrement des températures survenu à l'Est et particulièrement en Russie, en Ukraine, en Bulgarie et en Roumanie faisant des dizaines de morts. Le même phénomène s'était produit l'année dernière et en 2007 avec un gel spectaculaire des rives de la Mer Noire, aussitôt occulté de peur que cela n'alimente la verve "conspirationniste" des "sceptiques".
    Et pourtant les services de la météorologie avaient annoncé, confiants, que l'hiver 2012 et le printemps qui le suivrait seraient très doux. Rien en cela qui soit de nature à surprendre.
    Les Anglais commencent à en avoir l'habitude pour lesquels c'est le troisième hiver enneigé et glacial, eux qui, certes familiarisés avec l'humidité, ne le sont qu'exceptionnellement avec les conditions actuelles.
    Depuis des années, comme s'ils en avaient reçu des consignes expresses, les « météorologues de média », ceux qui, par leurs incessantes interventions sur les radios et les télévisions ont peu à peu façonné la vision du monde acceptée par la plupart des gens dociles, nous ont convaincus que nous allions vers un inéluctable réchauffement climatique. De surcroît provoqué par les activités humaines dont la production de CO₂ serait en train d'embraser la planète. Ainsi les océans ne cesseraient de monter, menaçant les îles Tuvalu, Cook, Marshall dans le Pacifique ou encore les Maldives dans l'Océan Indien. Ce même Réchauffement assécherait le Sahel africain, l'Est du continent ou l'Amazonie. Il aurait fait fondre les neiges du Kilimandjaro, des centaines de glaciers, les banquises nord et sud ainsi que le Groenland. Il serait responsable de la tempête de l'an 2000, des incendies australiens de 2009 et russes de 2010, du cyclone Katrina. Bref, s'il pleut trois jours sur le Poitou mais pas au printemps 2011 sur la Beauce, c'est encore lui. Et toujours lui si en septembre (... prochain !) le passage du Nord Ouest à travers l'archipel canadien sera ouvert - promis, juré - à la circum-navigation.
    Or tout ceci est faux et cent fois démontré. Les océans n'ont pas crû d'un centimètre au cours du XXe siècle, les îlots menacés par les marées et les tempêtes, culminant à 1 mètre, 5 au-dessus du niveau des eaux, sont d'abord victimes d'une surpopulation qui force les villages à s'exposer au bord des plages. La Nouvelle-Orléans à été victime de l'effondrement de digues mal entretenues, pas de Katrina qui ne l'a pas touchée. L'Antarctique en sa partie orientale ne cesse de croître. Depuis deux ans l'Arctique retrouve ses marques habituelles et depuis la mi-novembre - dans l'indifférence des « météorologues de média » - l'Alaska est sous 4 mètres de neige. Fairbanks, la seconde ville de l'État avec 32 000 habitants, a battu à la mi-novembre tous ses records de froid, y compris le record absolu datant de 1911. Au cours des deux derniers mois le port de pêche de Cordova, 2 000 habitants, a reçu près de 6 mètres de neige. Certains toits sur lesquels 2 mètres de poudreuse s'étaient accumulés se sont effondrés. Une expédition russo-canadienne de grande ampleur a pu approvisionner en carburant la communauté inuit de Nome perdue dans le grand nord de l'Alaska, totalement isolée par un hiver précoce, brutal et glacial. Il a encore neigé au Mexique à Noël. On trouve sur Internet des photos spectaculaires de villes japonaises enfouies en décembre sous 3 à 4 mètres de neige. Début février tout le nord du pays était paralysé à son tour. Début janvier n'a-t-il pas neigé sur le Sahara ? Les murs ocre des oasis du Sud et des villages du Hoggard sous 5 centimètres on n'avait pas vu cela depuis 25 à 30 ans. Et pourtant le premier week-end de février de nouvelles et importantes chutes de neige sont tombées sur l'Algérie, le Maroc après que la Corse, la Sardaigne, la Sicile eurent connu leur pire enneigement depuis des décennies.
    ILS TRUQUENT ET ILS MENTENT AUX ORDRES DE L'ONU
    Mais ces événements s'opposent à l'idéologie véhiculée depuis des années par le, GIECC.
    Le MET, office britannique de Météorologie, qui dépend du ministère anglais des Armées, et, à l'instar de Météo-France, est membre de l'Organisation Météorologique Mondiale, laquelle, comme le GIECC, est une agence des Nations Unies, faisait savoir le 29 septembre 2009 qu'à défaut, d'ici 2050, de réduire les émissions de CO₂, la température de la terre croîtra de 4e.
    Le 8 décembre 2009, alors que s'ouvrait le sommet de Copenhague qui devait déboucher sur un fiasco complet pour le GIECC et ses partisans, le MET, en collaboration avec l'Université britannique de l'East Anglia, celle dont Internet révéla les tripatouillages en faveur du GIECC, publiait les résultats d'une étude destinée à confondre définitivement les sceptiques du réchauffement climatique anthropique. Et démontrant au-delà de toute contestation que selon des données fournies par 1 500 centres d'analyses dans le monde sur 5 000 consultés, les températures globales auraient augmenté au cours des 150 dernières années.
    Le même MET, apportant encore plus de grain à moudre aux "chauffagistes" du GIECC, annonçait le 25 novembre 2010 que, du fait de mauvaises appréciations dans les relevés océaniques, en réalité la température avait augmenté depuis 1970 de 0,03° de plus par décennie que ce qui avait été annoncé. Le lendemain, à la veille de la conférence de Cancun sur le Climat, il confirmait que 2010 serait la première ou la seconde année la plus chaude depuis que la météo possédait des archives.
    Le 26 novembre 2010, il publiait néanmoins cet incroyable communiqué : « Forget the cold, the world is warmer ». Ce qui commençait en ces termes : « En dépit de la neige de novembre et de l'hiver le plus froid que nous ayons connu depuis 30 ans, l'évidence d'une planète encore plus chaude, provoquée par les activités humaines, est devenue encore plus solide l'année dernière ». Suivait une oiseuse explication destinée à confondre définitivement les contradicteurs... qui n'existent pas !
    On ne compte plus les interventions dans ce sens, qui correspondent aux vœux du GIECC, de l'Organisation Mondiale de la Météorologie et de l'ONU poussant à l'unification accélérée de la planète sous couvert de cataclysme universel.
    Or, dans un rapport publié fin janvier, le MET et l'Université d'East Anglia reconnaissaient qu'il y aurait 92 chances sur 100 pour que l'actuel cycle solaire 25 ainsi que les suivants soient aussi faibles et peut-être plus faibles encore que ceux qui provoquèrent les Minimums de Maunder et de Dalton. En d'autres termes que nous pourrions entrer dans 75 années de périodes glaciales. À l'image de celles que connut l'Europe de 1545 à 1715, sous l'appellation de « Petit Âge Glaciaire », qui vit par exemple la Tamise geler plusieurs années de suite. Ou celles qui survinrent entre la fin des années 1780 et 1830 lorsque les températures en Europe chutèrent de 2°, avec pour conséquence l'effondrement des productions agricoles et la brutale augmentation des prix qui furent une des causes de la Révolution française.
    Or le MET, tout en reconnaissant que cette situation pourrait entraîner une chute des températures de 0,08°, prétendit que cela serait contrebalancé par la quantité de dioxyde de carbone générée par les activités humaines. L'un des auteurs du rapport, Peter Stott, responsable du service du Changement Climatique au MET, n'hésitant pas à écrire : « Nos découvertes suggèrent une réduction de l'activité solaire à des niveaux qui n'ont pas été atteints depuis des siècles mais qui ne seraient pas suffisants pour supprimer l'influence dominante des gaz à effets de serre ». D'où l'importance capitale de la contestation de ces gaz à effets de serre et de leur influence sur notre climat ainsi que l'opposition déterminée de milliers de scientifiques qui réfutent obstinément la vérité dogmatique dont l'ONU et ses factotums des services météorologiques et du GIECC continuent à proclamer qu'elle serait l'objet d'un consensus universel.
    René BLANC. Rivarol du 3 février 2012

  • Retour au réel socialiste ou Jules l’imposteur

    Après la fausse droite voilà la vraie gauche. Hollande ,en deux jours, proclame deux énormités  : la première avant d’être élu : « il y a une culture communiste et je voudrais lui rendre hommage ». Les descendants des 100 millions de morts apprécieront.
    2 ème énormité : la célébration de Jules Ferry. Jean Madiran nous conseillait hier matin dans Présent de lire Jules l’imposteur de François Brigneau ,publié dans Itinéraires. Aussitôt lu ce texte remarquable je vous en donne un aperçu.
    Petit rappel historique: Sous la présidence de Jules Grévy, premier président franc maçon qui  « abomine les prêtres et les rois » va être accompli une forfaiture.
    Jules Ferry, ministre de l’instruction publique que l’on devrait nommer ministre de la propagande s’est donné pour tache de « changer le coeur de ce vieux peuple monarchiste et chrétien. » Pour parvenir à ce but son programme: dissolution des congrégations, laïcisation de l’enseignement et séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le 15 Mars 1879 Ferry dépose plusieurs propositions visant toutes à républicaniser tout l’enseignement. Un article est particulièrement vicieux : l’article 7 : Nul n’est admis à diriger un établissement public ou privé, de quelque ordre qu’il soit ni à donner l’enseignement, s’il appartient à une congrégation non autorisée. Or et je cite François Brigneau : « L’enseignement privé (1.600.ooo élèves, un garçon sur cinq, une fille sur deux ) est essentiellement donné et dirigé par des congrégations non autorisées. C’est à dire des congrégations que la Révolution avaient mises hors la loi( liberté ,égalité, fraternité) et bannies, mais qui sont revenues depuis, tolérées sans avoir jamais été officiellement reconnues. » Ces bons républicains veulent donc faire appliquer des lois votés au début du siècle en pleine terreur révolutionnaire.
    Après des débats houleux la loi n’est pas votée par le Sénat. Qu’importe le gouvernement publie un décret d’expulsion et ces dernières commencent le 29 Juin I88O par La Compagnie de Jésus rue de Sèvres.Puis se généralisent partout en France. Il faut lire le récit de François Brigneau évoquant tous ces vieux moines  traînés hors de leurs murs. Il y a un mort ,le supérieur des Bénédictins de Solesmes , Dom Couturier, qui s’est épuisé le coeur à résister.
    « Ce n’est pas le premier mort ,écrit Brigneau,mais c’est certainement celui qui doit lui faire le plus plaisir. Il symbolise et résume le combat engagé et son issue, la défaite du catholicisme. Le 31 Décembre Ferry peut mesurer l’étendue de sa victoire: 261 couvents crochetés et vidés. 5641 religieux expulsés. Le projet maçonnique est en bonne voie. »
    Cette forfaiture de Jules Ferry qui ressurgit en 2012 est une magistrale leçon pour la droite, cette droite stupide qui danse sur une musique qui n’est pas la sienne et qu’on lui impose. Soit elle comprend où est l’ennemi ,et surement pas à sa droite comme elle  le répète idiotement. Soit elle crèvera et notre beau pays avec. Sont à gauche tous ceux qui répètent comme des malades mentaux qu’il faut respecter les valeurs républicaines et la laïcité. Lesquelles valeurs ont pour seul but d’éradiquer les catholiques. Cela durent depuis deux siècles il serait temps de comprendre. Anticipons sur ce qui va se passer pour l’enseignement libre : au nom de la sécurité, c’est la nouvelle arme hypocrite à souhait,  on imposera des accès pour handicapés,des toilettes spéciales, des escaliers de secours etc ,etc. Les établissements ne pourront pas ,n’auront pas de place ou pas d’argent et on les contraindra à fermer. Et bien sûr plus une pièce d’argent public pour cet enseignement libre.
    Que les non chrétiens ne pensent pas se tirer d’affaire, ils seront obligés de se soumettre eux aussi dans tous les autres domaines ,les lois vont se durcir pour protéger tous les projets de la gauche, préparés par la droite inconsciente et molle : immigration, métissage,suppression de la famille, avortement, travestissement de l’histoire , indemnités à la nation algérienne  et tutti quanti.
    La devise Liberté, Egalité Fraternité est un leurre qui  signifie en réalité Totalitarisme, discrimination et haine à tous les étages. . Il n’y a pas de droite molle ou dure, de droite républicaine ou lepéniste . Il y a ceux qui comprennent la manipulation gauchiste et les autres. Ceux qui préparent le lit de la gauche et ceux qui résistent. Ceux dits de droite  qui ne veulent pas s’instruire sur le cas Ferry ,qu’ils cessent de faire de la politique, de faire semblant de nous représenter, de voter , qu’ils cessent de mépriser la vraie droite qui représente la France profonde, qui s’est abstenu ou a voté blanc , car ils raisonnent comme des caniches et les caniches se tiennent  en laisse c’est bien connu.
    Le seul régime libre, égalitaire et fraternel est un régime chrétien ou qui respecte le christianisme. Les autres mènent tôt ou tard au meilleur des mondes c’est à dire au pire. Aucun parti actuel ne prend cette idée en considération. Merci à Jules Ferry et à Hollande de remettre les pendules à l’heure.
    Anne Brassié

  • Russie, Europe et Mondialisation : Entretien avec Jean-Michel Vernochet

    Francis Ross : La Russie tente de reprendre sa place dans l’échiquier géopolitique indépendamment du contentieux qui l’oppose à Washington à propos du projet américain de bouclier antimissiles. En dépit de cette zone d’ombre qui brouille ses relations avec les États-Unis, le Kremlin semble considérer son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce comme une priorité majeure. Quelles concessions, selon vous, devront accompagner cette admission tant convoitée au sein de la communauté d’échanges internationale ?
    • JMV : Toute chose a un prix et chacun sait que si Paris vaut bien une messe (le futur Henri IV abjurant le protestantisme pour voir les portes de Paris s’ouvrir devant lui), Washington détient les clefs qui permettront à la Russie de se voir admettre dans le club ultra libre-échangiste mondial… Dire quel intérêt elle en escompte n’entre pas dans le cadre de votre question, laquelle met cependant le doigt sur l’ambivalence actuelle de la Russie vis-à-vis de ce qu’il convient d’appeler le monde occidental, Japon compris. La Russie est en effet prête à un certain nombre de concessions pour être admise, de façon générale, dans le club occidentaliste… Le terme « occidentaliste » est repris de l’ex ministre socialiste, Hubert Védrine, et désigne l’ensemble des multiples protectorats et des « alliés » des États-Unis et du Royaume-Uni au sein d’une zone d’influence à dimension planétaire.
    Zone d’influence qui couvre le bassin Asie-Pacifique et l’Océan indien, de la mer de Chine (avec la Corée du Sud, Taïwan, le Japon), à l’Afrique de l’Est avec les reliquats anglophones de l’Empire britannique, auxquels viendra bientôt certainement s’ajouter le Sud Soudan devenu indépendant… En un mot, le Commonwealth britannique.
    Ce pourquoi il nous faut parler d’une sphère d’influence anglo-américaine qui comprend au premier chef l’Atlantique Nord et l’Union européenne dont l’expansion à l’Est progresse presque aussi vite que son intégration économique et commerciale avec le continent Nord-américain… Intégration au sein d’un vaste marché commun transatlantique qui devrait être achevé en 2018.
    Aussi quand nous parlons de « club occidentaliste », il ne s’agit pas seulement pour la Russie d’adhérer à l’OMC mais également de devenir membre à part entière de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Adhésion par laquelle la Fédération de Russie pourrait trouver des garanties pour sa propre sécurité : n’oublions pas que l’une des constantes de la politique américaine depuis soixante ans a toujours été l’endiguement de la puissance continentale, hier soviétique, russe à présent. Une politique toujours active aujourd’hui comme le montre le système antimissile supposé devoir contrer une très hypothétique menace transcontinentale iranienne !
    Quant aux concessions consenties par la Russie pour se faire admettre au sein d’une Communauté internationale dominée par le monde anglo-américain, ces concessions se trouvent conditionnées par une sorte de double contrainte. D’un côté le Président Medvedev qui apparemment s’est laissé ensorceler par les sirènes occidentalistes est prêt à lâcher plus et autrement que ne le fera le Premier Ministre Poutine, bête noire des euratlantistes, lesquels n’auront de cesse qu’ils ne parviennent à l’éliminer de la scène politique, ceci afin de reconduire dans ses fonctions un Medvedev sans doute plus « docile ».
    On voit cet effet de cisaille à l’œuvre sur des dossiers sensibles tels la vente de systèmes de défense antiaérienne S300 PMU-2 à l’Iran avec des annonces totalement contradictoires entre les services relevant de la présidence russe et celle des Affaires étrangères, en l’occurrence du ministre Sergueï Lavrov. Mais les dissonances ne se limitent pas à ce cas…
    Bref, parmi les concessions déjà faites ou à venir, il semble que le dossier du nucléaire iranien y occupera, plus que le Caucase, une place déterminante. Déjà, la Russie a voté, le 11 juin 2009, au Conseil de Sécurité des NU des sanctions renforcées à l’encontre de l’Iran ; cependant dans le même temps des pourparlers étaient ouverts avec Téhéran pour la construction de nouvelles centrales nucléaires après la mise en service de la centrale de Bouchehr… centrale dont la montée en puissance est en cours à l’heure actuelle. Ajoutons que la Russie, à la suite du vote de sanctions internationales – lesquelles soit dit en passant ont offert le prétexte aux É-U et à l’UE de resserrer leur propre dispositif d’étranglement de l’économie iranienne – n’a pas suivi les occidentalistes et n’a décrété aucun embargo sur les produits pétroliers raffinés aux contraire de l’UE et des É-U. Précisons que l’Iran, pays exportateur de brut, doit importer en grande partie sa propre consommation d’hydrocarbures car ne disposant pas du parc de raffineries nécessaire à la satisfaction de sa demande intérieure.
    Pour nous résumer, l’étendue des concessions accordées à l’Occident sur le dossier iranien en contrepartie d’une admission à l’OMC sera essentiellement fonction de l’avantage pris par le camp présidentiel ou par celui du premier ministre dont les positions apparaissent comme de plus en plus divergentes par rapport à celles des occidentalistes russes. Il est cependant à peu près assuré que la Russie, dans sa continuité historique et politique, ne resterait pas indifférente, voire passive, en cas d’une attaque contre les installations nucléaires iraniennes par une coalition de forces israélo-américaines… Autant dire qu’au-delà des divergences réelles existant en Russie entre occidentalistes et grands russiens, des terrains consensuels existent potentiellement en raison de l’intérêt bien compris de la Fédération russe.
    Ainsi, la Russie a ouvert ses voies aériennes (et terrestres) aux frets nécessaires à l’approvisionnement des quelque 150 000 américano-européens combattant en Afghanistan alors que la résistance pachtoune a rendu vulnérables les flux logistiques depuis le Pakistan par la Passe de Kyber… Patriotes et internationalistes russes savent qu’ils doivent marchander, ou imposer, aux occidentaux, leur présence, ou mieux leur participation, dans le règlement de la guerre afghano-pakistanaise. Cela aussi a un prix et chacun avance ses pions, ou en concède à l’adversaire, volontairement ou involontairement, sur le grand échiquier géoplitique.

    • Francis Ross : L’élargissement de l’Europe a créé un conglomérat de pays particulièrement hétérogènes. Une association d’États disparate mais soumise à un pouvoir central comparable par bien des côtés, à celui l’ex Union soviétique. Alors que dire de cet « ensemble gazeux » comme l’a désigné Hubert Védrine, sans frontières tangibles et sans limites définies ?
    • JMV : « Sans frontières tangibles et sans limites définies » dites-vous. C’est d’autant plus vrai que Bruxelles fait aujourd’hui les gros yeux à la Grèce parce que celle-ci construit une barrière de séparation sur sa frontière avec la Turquie zone par où transitent 90% de l’immigration clandestine (africaine, asiatique entre autres) qui pénètre dans l’Union européenne… Selon l’agence intergouvernementale Frontex 33000 migrants illégaux auraient ainsi franchi la ligne de démarcation depuis le 1er janvier 2011 !
    Cette question des frontières passoires – laquelle illustre à bien des égards le mode de fonctionnement totalement divaguant de la Commission de Bruxelles incapable de gérer ses propres contradictions – est représentative d’une construction européenne sans architecture véritable, sans colonne vertébrale pourrait-on presque dire, mais basée sur le consensus mou des « Droits de l’Homme »… Droits parfaitement insuffisants à définir et à mettre en œuvre une politique européenne cohérente et surtout efficace face aux défis de la mondialisation avec ses déplacements massifs de populations des zones pauvres de l’Est ou du Sud vers les zones de relative prospérité du grand Ouest… D’où l’impuissance de nos eurocrates prisonniers de leur dogmatique ultralibérale – les Droits de l’homme n’en étant que le volet, l’aspect humanitarien - à penser ou à gérer l’évaporation des activités manufacturières, d’arrêter l’hémorragie des emplois liée à la migration industrielle vers l’Asie ou l’Europe orientale.
    Rappelons que la dogmatique ultralibérale fait un devoir absolu à chaque État – ne parlons pas de cette aberration tragique que constitue le dogme tragique de la concurrence pure, libre et parfaite ! – de vivre jour et nuit portes et fenêtres ouvertes et tant pis si au passage des pillards viennent se servir, le libre marché est à ce prix… Et ceux qui auraient l’audace de se plaindre sont aussitôt désignés comme « ennemis du genre humain » et du droit fondamental pour chacun d’aller et venir, d’acheter, de vendre ou de voler à sa guise.
    Ce laisser faire, laisser passer à outrance, évangile des ultralibéraux a déjà ruiné l’Europe. Les crises, les nouvelles formes de pauvreté en témoignent. Comme on juge l’arbre à ses fruits, on doit juger l’Europe de Bruxelles à cette aune… Une eurocrature intrinsèquement liée au Nouvel Ordre International, autrement dit une Europe entièrement dévolue à l’Unification du Marché mondial… Or, cette « globalisation » n’a d’autre vocation que d’instaurer un monothéisme du marché qui ne saurait se développer que sur les cadavres des nations précurseurs de l’agonie des peuples !
    Car ne nous y trompons pas la Crise actuelle ne doit pas grand chose au hasard ou à la malchance, cette crise n’est in fine que l’expression visible, immédiatement expérimentale, de la reconfiguration du hypercapitalistique du monde. Il en existe d’autres manifestations, moins directement évidentes mais d’autant plus terribles si l’on songe aux conflits en cours et à venir au Proche Orient (Liban, Iran ?) et en Asie centrale. Des guerres provoquées et criminelles qui sont l’autre versant de la mondialisation et nous en montre la face immonde et nous en révèle l’ultima ratio… L’Europe est à l’image du monde, elle se déconstruit en s’étendant sans limites ni frontières, tout cela pour placer les hommes sous la férule d’une économie dégénérée… Une économie que je qualifie de « dégénérée » parce que sa finalité n’est plus de servir le développement humain, le développement de l’homme en tant qu’Humain. Une économie qui n’est plus au service de la Vie, de son épanouissement, est déjà, au moins en partie, totalitaire.
    Pour ceux qui n’auraient pas tout à fait compris où nous conduisent les mauvais bergers de Bruxelles, l’Union européenne ne peut que s’étendre de façon indéfinie vers l’Est puis qu’elle n’est rien d’autre que le marché unifié en marche. Ce pourquoi nos idéocrates et européistes chevronnés l’ont conçue comme une entité abstraite, un contrat passé entre États destinés à dépérir inexorablement avant de périr tout à fait comme le prophétisait Karl Marx. Un contrat social de suicide programmé mais adossé à des « valeurs » dont la noblesse d’intention devait garantir une segmentation et une fluidité maximale des marchés ex-nationaux et justifier par avance toutes les guerres d’ingérence dite humanitaire.
    Bref, pour ceux qui donc ne l’auraient pas encore deviné, l’Union européenne n’a rien à voir avec l’Europe. Entendons l’Europe réelle, charnelle… Quand « ils » nous parlent d’Europe c’est pour mieux nous tromper par la confusion des mots. L’Union ne bâtit pas l’Europe mais sa destruction. L’Union européenne n’est pas l’Europe mais un carrefour d’échanges et de commerce, une tâche d’encre qui s’étend peu à peu sur le reste du Continent… Védrine a donc fortement raison lorsqu’il parle d’un « ensemble gazeux, diffus »… L’UE n’est pas une réalité organique, historique et culturelle, c’est un espace ouvert, anonyme, massifié laboratoire d’un Marché mondial en voie d’unification.
    Si l’Europe doit exister, ou simplement survivre, ce sera nécessairement contre l’Union européenne. Ce sera l’une ou l’autre. Par conséquent l’Europe pour exister et s’édifier en tant que puissance émergente doit, en premier lieu, tourner le dos à l’Union euratlantique et échapper à la condition de l’homo æconomicus devenu une marchandise comme les autres dans un monde où tout se vend et s’achète, à commencer par les consciences et le respect des lois… L’Europe ayant emboîté le pas aux États-Unis ne sombre-t-elle pas dans la corruption avouée et totale de ses élites dirigeantes ? Inutile de donner des noms ou des exemples au moment où les premières condamnations pleuvent sur les parlementaires anglais coupables de malversations et de détournements de fonds publics et alors que la Chambre des députés vote une loi d’absolution préalable pour tout représentant ayant truqué ses déclarations de patrimoine…

    • Francis Ross : Dans le cadre d’un retour à une Europe réelle, nécessaire à relever les défis du XXIe Siècle, doit-on envisager à terme l’entrée de la Russie dans l’Europe ?
    • JMV : Certainement, mais ça ne semble pas pour être dans l’immédiat… Encore que, l’histoire s’accélérant, les crises aidant – et parmi les crises je pense aux guerres régionales qui peuvent déferler dans les années à venir – les choses aillent plus vite que nous ne pouvons aujourd’hui le concevoir.
    Arrimer la Russie à l’Europe, de Brest à Brest-Litovsk – ou comme de Gaulle « de l’Atlantique à l’Oural » - paraît tout à fait essentiel… Pour des raisons de sécurité d’abord une grande alliance continentale s’impose, même si, comme c’est à prévoir, il sera nécessaire de rétablir peu ou prou des frontières nationales à l’intérieur d’un espace européen qui reste pour le moment à redéfinir. Frontières extérieures à l’Europe, frontières intérieures parce que la liberté de circulation n’est pas une liberté abstraite, une liberté totale et une idole qu’il faudrait adorer les yeux fermés. La « Liberté » ou la permissivité inhérente au laisser faire des libéraux et des mercantis, ne sont pas à confondre avec « les libertés » concrètes, celles que nous devons farouchement défendre et garantir pour tous. Encore faut-il au préalable les définir et les fixer.
    La Russie ne saurait enfin rester hors de l’Europe, en prenant ce seul exemple, pour une raison aussi triviale que la pérennisation de nos approvisionnements énergétiques et d’abord gaziers. Notre énergie ne nous est pas fournie par la grande Amérique mais par la Fédération de Russie. La saine politique commence par une vision claire de ce que sont et où se situent les intérêts premiers. Ajoutons que la Russie de Nicolas Gogol, de Dostoïevski, de Konstantin Leontiev, de Soljenitsyne, participe au fonds culturel européen dans toute l’acception du terme… la continuité culturelle est totale, n’en déplaise au sieur Huntington (Cf. « Le choc des civilisations » 1996), entre peuples germanophones, latins et slaves, entre catholicité et orthodoxie. Voir les différences qui existent entre les peuples et les cultures d’Europe ne doit pas nous rendre aveugle quant au formidable socle commun de Culture, de Foi et d’Histoire qui fonde l’Europe des peuples… Celle que l’ex ministre socialiste de l’Intérieur et de la Défense, Jean-Pierre Chevènement appelle de ses vœux dans son dernier livre « La France est-elle finie ? » - et qui, un jour, unira, espérons-le, des peuples certes distincts mais dont le destin est de s’allier pour le meilleur et surtout pas pour le pire comme à l’heure actuelle, à l’heure des crises qui vont précipiter la chute de l’eurocrassie européiste.
    Pour Geopolintel, le 11 janvier 2011

  • Un ouvrage collectif sur Schopenhauer (ou 8 raisons de le relire)

    Le 200ème anniversaire de la naissance de Schopenhauer a amorcé un intérêt pour sa personne et sa philosophie. Ce philosophe demeure d'actualité, pense Reinhard Margreiter, vice-président de la Internationale Schopenhauer-Vereinigung, pour 8 raisons essentielles :
        * 1) Il a développé un discours philosophique double : académique d'une part, populaire d'autre part.
        * 2) Il insiste sur la vérité et cultive un affect anti-idéologique.
        * 3) Il donne la priorité à la réflexion par rapport à l’intuition.
        * 4) Il est l'un des premiers, en Europe, à abandonner l'euro-centrisme philosophique de façon conséquente.
        * 5) Il déploie une éthique ontologique, non anthropocentrique.
        * 6) Il entonne un plaidoyer pour une mystique non obscurantiste, ancrée dans les phénomènes.
        * 7) Il jette les bases d’une phénomenologie critique des religions.
        * 8) Il traite de façon originale le problem de la dialectique.
    I. Discours académique et discours populaire
    Les premiers adeptes de Schopenhauer ne furent pas seulement des universitaires mais aussi des gens issus de tous les milieux sociaux et professionnels. Cette hétérogénéité du public crée une communauté de communication, où s'échangent des vues et se commentent des expériences très différentes les unes des autres, provoquant l'émergence d'un discours interdisciplinaire de nature plurielle et « exotérique ». C'est dans cette volonté de limiter l'ésotéricité du discours philosophique et de promouvoir l’exotéricité de la philosophie que réside l'actualité de Schopenhauer. Dans le discours pluriel qui en découle, les éléments philosophiques, scientifiques, existentiels, etc., interagissent les uns sur les autres et la philosophie doit explorer ces plages d'interaction, tout en résistant à la tentation de s'abstraire de ce tumulte. La philosophie, placée à l'intersection du savoir et de la vie quotidienne, doit servir de pont.
    II. La « vérité » et l'affect anti-idéologique
    Quand Schopenhauer se concentre sur la « vérité », il ne cherche pas un monde au-delà du monde, un « double » du monde (pour reprendre une expression de Clément Rosset qui lui a consacré une biographie dans la collection SUP des PUF) (1), mais marque sa volonté d'aller à l'essentiel en toute indépendance sans avoir à dépendre d'institutions ou de donateurs. L'insistance sur la « vérité » est aussi refus du culte des personnalités (qui ne sont dès lors que gesticulations éphémères) et de l'hypocrisie de toutes les orthodoxies (qui impliquent fermeture au monde). Les idéologies étant les travestissements d'un optimisme béat, Schopenhauer les combat parce qu'elles empêchent le philosophe de mener à fond sa quête intellectuelle, de parfaire sa recherche des ressorts ultimes du monde, ressorts qui n'autorisent en rien l'optimisme historicisant.
    III. Réflexion et intuition
    À l'époque où Schopenhauer formule sa philosophie, les principaux idéalistes allemands, Fichte, Schelling et Hegel, plaçaient l'intuition au-dessus de la réflexion. Pour Schopenhauer, c’est ouvrir la porte à toutes les charlataneries. La réflexion intellectuelle a ses droits et elle n’est pas le contraire de l’Anschaulichkeit, c’est-à-dire de la vision directe, inspirée et spontanée du concret. Elle n'est évidemment pas but en soi mais moyen de ne pas basculer dans l'obscurantisme. Pour Margreiter, ce rôle dévolu à la réflexion doit nous interpeller à nouveau, à notre époque dite « postmoderne », où une certaine postmodernité sauvage, diffuse, charlatanesque, risqué d’étouffer l’éclosion d’une postmodernité précise et sérieuse (2). Schopenhauer défendait la réflexion contre l’intuitionnisme aveugle et acritique en vogue à son époque. Dans son plaidoyer pour la “réflexion”, on peut tirer bon nombre de leçons pour notre actuelle “ère du vide”, qui permet à quantité de déviances mystico-farfelues et de subjectivismes délétères d'envahir notre univers réflexif.
    IV. Pour en finir avec l'euro-centrisme
    Schopenhauer annonce la fin de l'euro-centrisme en philosophie. Après lui, tout ce qui s'est pensé et se pense en dehors d'Europe n'est plus simple objet d'intérêt exotique mais matière à dialogue. C'est l'amorce d'un dialogue interculturel, d'un dialogue mondial entre les cultures. Mais cette reconnaissance des créations philosophiques extra-européennes ne s'accompagne pas, chez Schopenhauer, d'une fébrilité de converti. Il ne se pose pas comme « déserteur de l'Europe », pour reprendre l'expression de Max Weber. En réhabilitant la pensée indienne, Schopenhauer réintroduit dans le discours philosophique des linéaments aussi importants que l'idée du malheur structurel et incontournable inhérent à la vie humaine et animale, l'égalité en rang du règne animal et du règne humain, un principe de réalité non intellectuel, etc. Cet arsenal d'idées, de méthodes inconnues ou oubliées en Europe, de questions et de réponses, permet un fantastique jeu de corrections et, surtout, la réappropriation d'une vision de l'harmonie qui est non chrétienne.
    V. Une éthique ontologique, non anthropocentrique
    L'agir humain, pour Schopenhauer, se réfère systématiquement à l'Être, lequel est la totalité de notre réel. D'où les normes de notre agir, pour autant qu'elles existent, sont structures de ce réel et ne lui sont pas étrangères, ne sont pas plaquées sur le réel à la manière d'un “tu dois” extérieur. Quant au réel, il n'est pas un socle rassurant, une base fiable cachée par la prolixité des phénomènes, mais un gouffre insondable auquel correspond le gouffre insondable de la nature humaine. Les stratégies et calculs anthropocentriques ne sont alors que des dérivatifs, visant à masquer ce chaos qui est fond-de-monde. L'historicisme, le pragmatisme, même le décisionnisme vitaliste et le “nihilisme de l'action” de Nietzsche, ne sont pas des réponses satisfaisantes. Toute “identité”, ou plus exactement toute “pose” que nous voulons bien nous donner ou nous forger, est par conséquence irréelle, éphémère, factice. Comme les volontés fébriles sont souvent mises en œuvre par les hommes pour se construire ces identities rassurantes et factices, Schopenhauer prône l'abandon des volontés illusoires pour regarder avec lucidité l'Abgrund, l'abîme, le chaos, le monde sans double.
    Schopenhauer, dans la facette exotérique de son œuvre, démontre que les volontés, couplées aux chimères du rationalisme équarisseur et moralisant, ont mis les mondes animal, végétal, biochimique, etc., à disposition de l'homme et entraîné, par voie de conséquence, un processus d'holocide, un processus destructeur de l'éco­système, de la vie. La Machbarkeit rationaliste est anthropocentrique, ne tient donc pas compte de tout le réel et oublie l'abîme constitutif de ce réel. D'où la vision schopenhauérienne est double : le monde et les hommes sont interpellés par deux catégories de faits ; 1) les volontés qui s'entre-déchirent parce qu'elles sont mues par le principium individuationis et 2) l'harmonie du tat-tvamasi, que nous enseigne la philosophie hindoue et qui nous apaise et nous conduit à la solidarité. L'éthique de Schopenhauer, au vu de l'infécondité fondamentale des constructivismes et de la la raison prescriptive, nous amène à accepter une phénoménologie descriptive, prenant en compte le comportement humain tel qu'il est, se référant à une ontologie du chaos et de l'abîme (sans aucun arrière-monde consolateur), s'identifiant à une mystique réalitaire, celle du tat-tvamasi postulant l'unité de tout le vivant. Par le biais de cette unité, cette éthique peut être qualifiée d'“écologique”, ce qui la repropulse aussitôt dans notre actualité, où il y a urgence en matière écologique et où les pesanteurs d'une politique politicienne anachronique sont ébranlées par un vote écologiste. Le dépassement de l'anthropo­centrisme, par l'ontologie de l'abîme, implique simultanément un dépassement des formes prescriptives et impératives de la vieille éthique reposant sur Dieu, la Raison ou le positivisme optimiste. La démarche de Schopenhauer consiste donc en un « saut cosmologique » qui quitte le domaine étroit du sociétaire, étouffoir des « perspectives aquilines ».
    VI. Pour une mystique non obscurantiste
    L'unité fondamentale de toute chose et de toute vie ne peut se saisir que par une mystique. La mystique saisit donc la réalité au-delà de tout dicible et de tout pensable. C'est la réalité d'avant le langage, la réalité non cognitive, laquelle se borne à “se montrer”, se dévoiler. Schopenhauer a, sur ce plan, inspiré directement Ludwig Wittgenstein pour son Tractatus logico-philosophicus, dont l'un des thèmes centraux est de constater que le langage masque le réel, masque la prolixité féconde et ubiquitaire de l'indicible et de l'impensable, de l'incommensurable. Ce travail de masquage est arbitraire, illusoire, comme les poses et les gesticulations de ceux qui se laissent exclusivement mouvoir par le principium individuationis et en tirent toutes sortes de profits. Chez Schopenhauer, la trame du monde se fonde sur deux logiques : celle de la volonté (expansive, aveugle, exploitrice, etc.) et celle de la négation de la volonté (mystique, harmonique, solidaire, acceptatrice du vivant sous toutes ses formes, etc.). L'intellect humain, d'abord instrument borné de la volonté aveugle, peut, dans l'art ou dans la musique, s'émanciper de cette funeste tutelle et accéder à une saisie des archétypes sans plus se limiter à formuler des généralisations abstraites. C'est cette démarche, à la fois mystique et immanente, qui inspire Wittgenstein, lequel cherche à dépouiller le langage de toutes les traces de cette non-empiricité gesticulatoire, de tous les reliquats d'arbitraire qui vicient sa pertinence, tout en valorisant l'art et la musique, dévoilements de l'indicible et des archétypes. La mystique de Schopenhauer et de Wittgenstein demeure de ce fait immanente et logique ; elle ne part pas à la recherche d'un arrière-monde qui dévaloriserait et masquerait (obscurcirait) ce monde dans lequel nous sommes jetés et qui repose en dernière instance sur l'abîme, le ginnungagap de l'Edda (3). L'obscurantisme étant ici le travail peureux de travestissement, de voilement, d'illusionnisme.
    VII. Pour une phénoménologie critique des religions
    Le projet rationaliste d'éliminer les religions, de les houspiller en des niches périphériques de la société, a largement échoué. Notre époque assiste à des renaissances religieuses, y compris dans les pays de “socialisme reel” et dans les sociétés libérales où elles offrent du sens et de la transcendance avec plus ou moins de bonheur. Ce retour inattendu des religions prouve que, malgré la charlatanerie obscurantiste que les religiosités marginales véhiculent, surtout aux États-Unis, la religion recouvre un besoin de transcendance inhérent à l'homme. Mais le constat de ce besoin ne conduit pas Schopenhauer à accepter les obscurantismes. Au contraire, sa mystique tragique, réalitaire et consciente du chaos, permet d'élaborer une religion dégagée de tout obscurantisme, de tout recours à des arrière-mondes (Clément Rosset).
    VIII. Le problème de la dialectique
    Parce qu'elle englobe des contradictions sans les nier ni chercher à les escamoter, la philosophie de Schopenhauer ne relève pas du monisme, n'est pas une philosophie de l'origine (unique) des choses. Schopenhauer est dialecticien car il ne salue pas les contradictions d'un haussement d'épaules et ne les emprisonne pas trop rapidement dans la camisole d'une synthèse. Il prend les contradictions du monde au sérieux ; il les inclut dans sa pensée et les articule à des niveaux multiples et disparates (d'où le reproche de désordre que l'on a souvent adressé à sa philosophie). Sa dialectique est éristique, c'est-à-dire acceptatrice des controverses et des antinomies, notamment celles qui sous-tendent notre connaissance. Les subjectivistes transcendantaux affirment que le monde est le produit de l'esprit humain ; les objectivistes réalistes affirment qu'il est le produit de la matière. Opter pour les uns ou pour les autres, c'est mutiler le monde, mettre entre parenthèses des éventails de perspectives pourtant bel et bien existantes. Mais comme on ne peut raisonner sans base de départ, on est contraint d'opter arbitrairement pour l'esprit ou pour la matière. C'est pourquoi, il faut se ménager une porte de sortie, prévoir un mode rectificateur et se montrer capable de changer de paradigme. De ce fait, Schopenhauer nous enseigne qu'il n'y a pas de “premier absolu”, donc pas de philosophie de l'origine (unique) qui tienne. Schopenhauer suggère une philosophie ouverte, qui échappe aux assertions ultimes de la métaphysique prescriptive tout en rendant possible l'événement d'une métaphysique empirique.
    Le volume édité par Schirmacher contient encore plusieurs essais féconds, dont un texte de Wim van Dooren sur le caractère “ouvert” de la philosophie de Schopenhauer ; de Wolfgang Weimer sur la dialectique du corps et de la conscience ; de Dorothée Jansen sur la musique comme dévoilement de la vérité chez Schopenhauer et de Georges Goedert sur les rapports Schopenhauer/Nietzsche dans la critique de la démocratie. Nous reviendrons sur ces textes dans notre série “Nietzscheana”, commencée dans Orientations n°9.
    ► Robert Steuckers, Orientations n°11, 1989. via VOULOIR
    ◘ Notes :
        * (1) Clément Rosset, Schopenhauer, PUF, 1968. Une réédition de cet ouvrage est parue en 1988 à l'occasion du 200ème anniversaire de la naissance de Schopenhauer dans la collection Quadrige des PUF.
        * (2) Pour une définition des postmodernités « diffuse » et « précise » , cf. Wolfgang Welsch, Unsere postmoderne Moderne, VCH-Acta Humaniora, Weinheim, 1987. Recension par R. Steuckers in Vouloir n°54/55, 1989.
        * (3) L'abîme constitutif du monde apparaît dans la mythologie hindoue et Schopenhauer s’y réfère (Rgveda, X, 129, 1). La mythologie nordique évoque le ginnungagap, trou béant existant avant que tout n'existe, et que les chrétiens assimileront, avec Adam de Brème, à l'enfer (ghinmendegop en vieil-haut-allemand). Exégète de l'Edda, le professeur de Zürich, Karl A. Wipf, parie pour une traduction plus précise, en l'occurrence « abîme travaillé par la magie », donc un grouillement, un bouillonnement informel d'où jaillira la vie pour y retourner ensuite. Cf. Kart A. Wipf, « Der Weltbau bei den Germanen » in Dieter Korell u. Hermann Maurer (Hrsg), Gesellschaft fur Vor-und Frühgeschichte, Tagung Niederösterreich 1985 Vorträge, Bonn/Wien, numéro spécial de Mannus, 3/4­1985.