Le projet du Premier Ministre turc Erdogan de faire de la Syrie aussi une “démocratie” islamo-modérée a échoué: Damas a dit “non”!
L’arabisme contre l’ottomanisme : tel est l’enjeu aujourd’hui au centre des débats au Proche Orient. Le défi est le suivant: pour être au diapason du grand projet occidental, il faudra forger une aire proche-orientale totalement rénovée et ravalée, avec partout des pays alliés à Washington, souples à l’égard d’Israël, qui, de surcroît, ne seraient plus que des réservoirs énergétiques, prompts à satisfaire les exigences de l’économie globale. Après les révolutions d’Afrique du Nord — qui ont été habilement déviées et orientées vers des objectifs fort différents de ceux qu’espéraient voir se réaliser les protagonistes premiers de ces effervescences révolutionnaires et populaires — la pièce maîtresse qui devait rapidement tomber, pour faire triompher le projet occidental, était la Syrie. Cependant, il s’est vite avéré impossible de renverser El Assad par une simple révolte populaire téléguidée : une bonne partie des Syriens continue à appuyer le gouvernement, surtout quand on s’aperçoit, à l’évidence, que les “manifestations pacifiques” contre le régime ne sont en réalité et dans la plupart des cas que des actes terroristes de facture islamiste perpétrés contre les autorités du pays. Damas résiste donc à toutes les tentatives de déstabilisation intérieure comme à toutes les menaces extérieures. Et Damas résiste surtout aux pressions qui voudraient faire perdre au régime ses dimensions laïques pour faire du pays une nouvelle pièce dans la mosaïque d’Etats islamistes modérés, qui devraient tous devenir les meilleures alliés de l’américanosphère occidentale. Le modèle que l’on suggère aux Syriens est le modèle turc et c’est justement Ankara qui s’est mis en tête de gérer cette “islamisation modérée” que l’on peut parfaitement définir comme un “néo-ottomanisme”.
Il y a quelques semaines, le premier Ministre turc Erdogan s’est rendu dans les pays du “printemps arabe”, l’Egypte, la Tunisie et la Libye. Cette tournée diplomatique a été célébrée par les médias turcs comme une volonté d’amorcer de nouvelles relations avec les gouvernements issus de cette “révolution”, dans l’optique de réaménager les équilibres au Proche Orient. Au même moment, Erdogan a changé de ton vis-à-vis de la Syrie et, quelques jours plus tard, en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, il a, lors d’un entretien avec Obama, officialisé le “changement de front”, en annonçant “qu’il avait bloqué les pourparlers entamés avec Damas” et qu’il était désormais prêt à participer aux sanctions que l’on imposerait à la Syrie. Mais ce ne sont pas les violences présumées que l’on attribue au régime syrien qui ont poussé Erdogan à se ranger contre un ancien allié de la Turquie, posé désormais comme ennemi. Il s’agit bien plutôt du “non” catégorique qu’a opposé Bashar El Assad au projet turc de subvertir subrepticement le caractère laïque de la république arabe syrienne. C’est au cours du mois de juin 2011 que la rupture réelle a eu lieu, quand “le premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan a proposé au Président syrien Bashar El Assad de réserver un quart voire un tiers des postes de ministre dans son gouvernement aux Frères Musulmans et d’user alors de toute son influence pour mettre un terme à la rébellion, si Assad s’exécutait”. Erdogan a essuyé un refus clair et net. C’est ce qu’a révélé un diplomate occidental à l’AFP, du moins d’après ce que rapportait, vendredi 30 septembre, le quotidien libanais en langue anglaise, The Daily Star.
Cette nouvelle a été confirmée par un autre diplomate européen, qui a, lui aussi, préféré garder l’anonymat : “Les Turcs, dans un premier temps, proposèrent que les Frères Musulmans occupassent quatre ministères importants, en arguant que les Frères sont une partie importante du paysage politique syrien”. Les Frères Musulmans, en réalité, ont été mis hors la loi en Syrie dès 1980, à la suite d’une campagne terroriste particulièremet sanglante que leurs affidés avaient menée à cette époque-là; aujourd’hui, ils font partie de ceux qui, ouvertement de l’extérieur et clandestinement depuis la Syrie elle-même, sèment la terreur dans toutes les régions du pays. Le 9 août 2011, le Ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu a indirectement confirmé l’alliance de facto entre les Frères et les néo-ottomans turcs en confiant au Président syrien un message écrit par le Président turc Abdullah Gül, dans lequel ce dernier explique qu’avant de former le parti pour la Justice et le Développement, actuellement au pouvoir à Ankara, il avait appartenu à une organisation proche des Frères Musulmans. Dans un débat face à face avec le Président syrien, Davutoglu a, une fois de plus, “réclamé le retour des Frères Musulmans en Syrie”. El Assad a répondu "qu’à titre individuel, certains Frères pourraient récupérer leur citoyenneté syrienne mais ne pourraient pas se constituer en parti politique parce qu’un tel parti serait basé sur des principes religieux incompatibles avec le caractère laïque de la Syrie”.
Revenu en Turquie, dès son débarquement à l’aéroport d’Ankara, Ahmet Davutoglu, bien loin de révéler le contenu de ses discussions avec El Assad, a lancé un ultime message à Damas : “Nous espérons que certaines mesures seront prises dans les prochains jours pour mettre fin aux effusions de sang et pour ouvrir la voie à un processus de réformes politiques”. Vingt jours plus tard, le 28 août 2011, le Président turc Gül affirmait qu’Ankara avait “perdu confiance” en la Syrie. Peu de temps auparavant, lors d’une rencontre avec une délégations des associations chrétiennes du Moyen Orient, El Assad avait déclaré — et ses déclarations avaient été répercutées par de nombreux médias — “qu’il avait refusé que l’ottomanisme se substitue à l’arabisme et qu’Ankara redevienne le centre majeur de décision pour le monde arabe”. El Assad répétait ainsi son opposition à toute participation des partis religieux dans la politique syrienne, parce que “cela permettrait aux Frères Musulmans, qui ont un siège à Ankara, de contrôler toute la région”. Toutes les démarches qui ont suivi vont dans le sens d’un rejet par l’alliance américano-turque de ce laïcisme arabiste : les sanctions prises par la Turquie contre Damas ; la Syrie devenue un pays ennemi de l’Occident car trop laïque pour s’insérer dans le nouveau Moyen Orient islamo-modéré voulu par Washington et les projets atlantistes.
Alessia LAI. ( a.lai@rinascita.eu ). (article paru dans “Rinascita”, Rome, 1 & 2 octobre 2011 – http://www.rinascita.eu ).
par R.Steuckers
culture et histoire - Page 2038
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Bashar el Assad : dernier bastion contre le néo-ottomanisme d’Ankara
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Piero San Giorgio : Survivre à l’effondrement économique
De nombreux lecteurs connaissent Piero San Giorgio et partagent son opinion sur le constat qu’il dresse économiquement, monétairement et financièrement de notre monde. Il estime que l’effondrement économique est pour bientôt « et que ses conséquences sociales seront telles que la meilleure solution sera de développer une Base Autonome Durable (BAD) ».
Voici une interview courte mais qui donne des éléments de réflexion utiles pour le monde de demain.
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Bilderberg 2011 à la loupe
Dans une étude très fouillée que l'on peut trouver sur son site Internet - danielestulin.com -, le Canadien Daniel Estulin, dont les réseaux, à l'intérieur des séminaires, sont innombrables, énuméra les grands thèmes traités au cours de la session 2011.
IRAK : la plupart des délégués ne considèrent pas possible que les USA s'en aillent. Au mieux, afin de donner un os à ronger aux média, la responsabilité passera du Département d'État (Gates) au Ministère des Affaires Etrangères (Clinton). A ceux qui sont convaincus du retrait, Estulin rappelle que l'ambassade des États-Unis à Bagdad est une forteresse d'un milliard de dollars et que cette guerre a coûté aux USA des milliers de milliards de dollars, 5.000 soldats tués, un million de civils massacrés. Un engagement justifiant de tels sacrifices n'est pas de ceux dont on se retire aussi simplement.
MOYEN-ORIENT. Les deux pays arabes qui en détiennent la clé sont le Bahreïn et l'Arabie Séoudite. Non seulement ils financent et soutiennent les contre-révolutions tranquilles qui reprennent la main dans tous les pays du « printemps arabe » en finançant l'accession au pouvoir de nouvelles oligarchies, mais ils laissent discrètement Goldman Sachs et le cartel pétrolier solidement implanté dans le Bilderberg manipuler le prix du pétrole. Les uns et les autres visant un baril entre 150 et 180 $. Estulin rejoint ici la position de Jim Tucker, de l'American Free Press, en considérant que ce « printemps arabe » débouchera sur un chaos généralisé entre Maghreb et Golfe Persique précédant dans cette région une guerre perpétuelle dont le détonateur est la Libye. Pour le plus grand profit d'Israël.
CHINE. La colonisation accélérée de l'Afrique par la Chine inquiète les Bilderbergers. Pékin est en train de construire à Addis Abeba une gigantesque mégapole administrative qui pourrait devenir, sous sa domination, le Bruxelles de l'Afrique. Les manigances chinoises en Libye et dans les pays arabes "libérés", passent de moins en moins inaperçues. Selon les spécialistes qui sont intervenus, dans 5 ans la Chine, avec un PIB de 19 000 milliards de dollars, contre 11 200 milliards de dollars aujourd'hui, s'emparera de la première place économique mondiale. Ce sera la fin de l'hégémonie américaine. Le prochain président des États-Unis serait ainsi le dernier à diriger une Amérique dominatrice. Néanmoins, afin de contrebalancer la puissance chinoise, de plus en plus de pays asiatiques se placeront sous la protection des États-Unis avec tous les risques que cela comporte. Pour les conjurés de St Moritz le danger vient de ce que la Chine n'est pas infiltrée par le Bilderberg.
EUROPE. Les congressistes ont été entretenus de la réalité de certains pays européens. Les banques irlandaises sont ruinées et le pays pourrait être dirigé par un gouvernement économique de fait. La Grèce a cessé d'exister et ne remboursera jamais les dettes qu'elle accumule. Comment dans de telles conditions imaginer un second renflouement auprès de créanciers qui savent qu'ils ne seront jamais remboursés ?
PAKISTAN. Son meilleur allié est la Chine. Obama n'a jamais fait mystère de sa volonté d'en découdre avec Islamabad. Or la Chine a construit au Pakistan, à proximité du Détroit d'Ormuz le port de Gwadar. On la soupçonne de vouloir le transformer en base navale. Devant la menace, les Bilderbergers s'efforcent de provoquer un conflit Sino-Indien. La Russie serait la clé de la One World Company Limited, une fois éliminées les deux superpuissances asiatiques. Pour le Bilderberg et l'Amérique, entourée de missiles américains et de pays de l'OTAN ex-soviétiques, de surcroît de plus en plus minée et dépravée par la sous-culture occidentale, la Russie serait une proie facile pour le Nouvel Ordre Mondial. Resterait l'Amérique du Sud avec Chavez et ses alliés socialistes indigènes faciles à éliminer.
L'ECONOMIE. Sauf que l'économie mondiale est à mi-chemin d'une seconde implosion économique et financière. L'Europe est au bord du gouffre. Estulin écrit : « Le rôle de la Banque Centrale Européenne, du FMI, de la Banque Mondiale, de la Banque des Règlements Internationaux, de la Réserve Fédérale et des autres agences de contrôle financier a été de s'assurer que les banquiers soient payés ». Ils l'ont été, mais à quel prix ! Les États-Unis avec une dette de 14 300 milliards de dollars et un déficit qui pour la troisième année consécutive atteint 3 000 milliards de dollars, voient les Chinois devenir les premiers vendeurs de bons du Trésor US. Signe avant coureur d'une bulle qui lorsqu'elle explosera laissera derrière elle toutes les crises que l'on a connues dans l'Histoire des hommes.
« Le groupe de Bilderberg, conclut Estulin, n'est pas la fin mais le moyen d'accéder à la future One World Company Limited. Cette organisation est devenue l'instrument privilégié dans les prises de décision de l'élite. Le but ultime de ce cauchemar futur est de transformer la terre en une Planète/Prison en imposant un seul marché globalisé, contrôlé par une World Company, financièrement régulée par la Banque Mondiale, peuplée d'ahuris dont les besoins vitaux seront réduits au matérialisme et à la survie - travail, achats, sexe, sommeil -, le tout connecté à un ordinateur central qui surveillera chacun de nos gestes ».
J. R. RIVAROL 24 JUIN 2011 -
11 octobre 1973 : Consécration de l'éthologie (arch 2011)
En étant décerné conjointement à Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch, le prix Nobel de médecine et de physiologie 1973 promeut cette science de la vie qu'est l'éthologie an rang majeur qu'elle mérite, en décryptant l'origine et la signification des comportements animaux et humains.
Il a fallu du temps et beaucoup de travail pour en arriver là. Car, pendant longtemps, régnait la conviction que le comportement d'un être vivant était dû à ses réactions aux stimuli du milieu environnant. Une telle interprétation mécaniste aboutit au béhaviourisme (une conception typiquement américaine), qui exclut tout rôle de l'inné dans la façon de se comporter et en vient à considérer qu'on peut obtenir tel ou tel comportement en fonction d'un conditionnement adapté. D'où la négation de la fonction d'instinct.
Au début du XXe siècle, des zoologues (Whitman, Heinroth, Huxley) mettent en évidence l'existence de pulsions instinctives et de schémas de comportement innés chez les animaux. Jacob von Uexküll, lui, démontre que te comportement d'un être vivant dépend de la perception qu'il a du monde. Konrad Lorenz va prolonger, d'une façon décisive, l'œuvre de ces pionniers en débouchant, par ses travaux, sur l'éthologie proprement dite, c'est à dire l'étude comparée des comportements.
Ses premiers travaux portent sur les choucas et les oies cendrées, puis sur les chiens et les chats. Il ne veut pas entendre parler d'étude en laboratoire et il vit au milieu des animaux, qui s'ébattent librement dans leur milieu. Ce qui lui permet de jeter, entre 1935 et 1939, les bases de l'éthologie, affirmant qu'à l'origine de chaque comportement existe une détermination génétique, qui fournit une aptitude à agir en réponse aux stimuli (mais les pulsions fondamentales peuvent se déclencher sans intervention d'un stimulus ?).
Lorenz montre que beaucoup de comportements innés sont soumis à un processus de ritualisation, souvent qualifié de "parade", qui peut s'exprimer chez l'homme par des formes symboliques complexes. En rupture avec ceux qui voulaient, d'une façon réductionniste, tout expliquer soit par l'inné soit par l'acquis, Lorenz montre que l'interaction entre l'inné et l'acquis est une dé indispensable pour comprendre les comportements. D'où le devenir permanent qui caractérise la nature humaine. L'apport décisif de Lorenz, dans la biologie du comportement, est d'avoir intégré dans un système d'interprétation cohérent et complet les observations de ses prédécesseurs, faisant de lui l'incontestable fondateur de l'éthologie comparée.
Fort des conclusions scientifiques de ses travaux, Lorenz a voulu en tirer parti pour actionner un signal d'alarme au bénéfice d'une humanité contemporaine qui « est en péril ». Lorenz identifie quatre instincts fondamentaux : la faim, la peur, l'agressivité et la pulsion sexuelle. Dans son livre L'agression il montre que l'agressivité est une disposition normale dans toute espèce, chez tout organisme vivant, car liée à l'existence en tant que telle. L'agressivité nourrit des aspects essentiels du développement d'un être : apprendre, rechercher et découvrir, faire face aux défis multiples qui rythment le déroulement d'une vie. D'où, pour l'homme, la nécessité d'affronter « le combat auquel toute vie se ramène ».
Lorenz, à la différence de tant d'autres savants, ne s'est pas enfermé dans sa spécialité, ses préoccupations embrassant un vaste espace de réflexion, comme, l'a démontré son ouvrage Les huit péchés capitaux de notre civilisation. Il y écrit : « L'humanité contemporaine est en péril. Elle court de nombreux dangers, que le naturaliste et le biologiste en premier heu sont seuls à apercevoir, alors qu'ils échappent au regard de la plupart des hommes ». Il dénonce ce qu'il appelle « la mortelle tiédeur », c'est à dire le refus ou l'incapacité à réaliser que la vie n'est pas « un long fleuve tranquille », la fuite des responsabilités, toute difficulté étant vécue comme une insupportable injustice.
Lorenz dénonce l'imbécile tyrannie du « droit au bonheur », l'infantilisme qui en découle, la destruction des liens organiques et des hiérarchies au nom de l'égalitarisme, cette « escroquerie intellectuelle ». L'éthologie a marqué des points décisifs lorsqu'elle a touché le grand public, grâce à l'intelligente vulgarisation réalisée par des auteurs comme Robert Ardrey, dont les livres ont connu une grande diffusion. Dans Le territoire (Stock, 1967), il montre comment est déterminant, dans les sociétés animales et humaines, l'instinct de défense de son territoire, espace vital nécessaire à la survie de l'espèce.
Pierre VIAL Rivarol octobre 2011 -
Michel Drac : Enjeux géopolitiques pour l’avenir
Michel Drac analyse les principales tendances géopolitiques pour les prochaines années : l’impasse politique de la zone Euro, la montée en puissance de la Chine et de la Russie, et le nécessaire redressement industriel des Etats-Unis. Il nous expose également les problématiques énergétiques à venir, et les solutions possibles pour s’en émanciper.
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Ces présidents de la République qui ont ruiné la France
PARIS (NOVOpress) – Philippe Valode vient de consacrer un volumineux ouvrage aux « 24 présidents de la République française », aux éditions de l’Archipel. Soit 150 ans dans les coulisses de la petite et de la grande Histoire républicaine. Un voyage dans le temps souvent guère reluisant. Avec Adolphe Thiers (1871-1873), traité par Gustave Flaubert de « croûtard abject » et vu comme un « gnome monstrueux » par Karl Marx. Les débuts du régime sont sanglants, Adolphe Thiers se chargeant de liquider la Commune de Paris en 1871. La politique politicienne pointe rapidement son nez avec son cortège de scandales : « toute la République est atteinte au travers de ses élites », écrit l’historien, lors du scandale de Panama en 1892 sous la présidence de Sadi Carnot. Et ça continue avec le scandale de la Compagnie des chemins de fer du Sud sous Félix Faure (1895-1899) ou Albert Lebrun (1932-1940) au moment de l’affaire de l’escroc Stavisky. Fric et magouilles culmineront sous François Mitterrand (1981-1995) et Jacques Chirac (1995-2007).
La décadence de la République française, c’est aussi la montée du chômage, l’avènement de l’avortement industriel et de l’immigration de masse extra-européenne sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). « Une fois de plus, la question est posée : peut-on gouverner contre un peuple ? », s’interroge Philippe Valode. Des politiques économiques folles qui saignent les Français. « Le déficit béant du commerce extérieur. La pression exercée sur les revenus touche toutes les catégories de Français », note déjà l’auteur pour l’année 1983. Plus loin, Philippe Valode rappelle qu’en 2011, « pour la première fois dans l’histoire économique du pays, le service de la dette (47 milliards) dépasse les deux budgets principaux, l’éducation et la Défense nationale ».
Le livre se termine évidemment sur l’arrivée au pouvoir de François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat du parti socialiste pourrait se révéler comme le président de la République le plus incompétent d’entre tous. On sourit alors en lisant ces lignes dans l’avant-propos de l’ouvrage : « Il semble intéressant d’essayer de dresser un portrait type de nos présidents. Tous ont eu un cursus politique exceptionnel avant d’arriver au pouvoir et se présentent donc comme des hommes d’intelligence et d’expérience ». Cherchez l’erreur…
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Le Nouvel Ordre Mondial Partie 2
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Le nouvel ordre mondial - 1 ère partie
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Que faire ? disent-ils… – Par Dominique Venner
Pour respirer un peu loin des miasmes ridicules de la petite politique, je vais parler d’un message que m’adresse un lecteur de La Nouvelle Revue d’Histoire. Un lecteur mécontent, je le précise. Il a 21 ans, des études scientifiques. Il vit en grande banlieue. Il a réagi à la lecture de notre dossier récent « Les droites radicales en Europe ». Il me reproche, dans mon éditorial, de ne pas répondre à la question du « Que faire ? ». Il relève mes distances à l’égard de l’action politique, note que je parle de « solution spirituelle », me disant en substance : « c’est bien beau, mais cela ne me dit pas comment réagir face à la décadence européenne ». Je ne vais trahir aucun secret en reproduisant ma réponse qui résume en profondeur ma façon de voir. Voici :
« N’attendez pas de moi des recettes pour l’action. Attendez de moi que je dise ce qu’est la vocation de votre génération. Si vous éprouvez le désir d’une action politique, engagez-vous, mais en sachant que la politique a ses propres règles qui ne sont pas celles de l’éthique. Quelle que soit votre action et tout simplement votre existence, il est vital de cultiver en vous, chaque jour, comme une invocation inaugurale, ce qui doit devenir, par répétition, une foi indestructible. Une foi indestructible dans le devenir européen au-delà de la période présente.
« Je songe souvent au désespoir de Symmaque, appelé « le dernier Romain », l’un de nos ancêtres spirituels. J’ai évoqué ce personnage bien connu dans Histoire et tradition des Européens (p. 39-41). Symmaque, grand aristocrate romain, vivait à la fin du IVe siècle, époque sinistre entre toutes. Il est mort en témoin désespéré de la fin de l’ancienne romanité. Il ignorait que l’esprit de la romanité, héritier lui-même de l’hellénisme, renaîtrait par la suite perpétuellement sous des formes nouvelles. Il ignorait que l’âme européenne, autrement dit l’esprit de l’Iliade, est éternel à l’échelle humaine (qui n’est pas celle de la physique astrale).
« Nous qui connaissons l’histoire sur quelques milliers d’années et l’explorons avec le regard interrogateur qui pouvait être celui de Symmaque, nous savons ce qu’il ne savait pas. Nous savons qu’individuellement nous sommes mortels, mais que l’esprit de notre esprit est indestructible, comme celui de tous les grands peuples et de toutes les grandes civilisations. Pour les raisons que j’ai souvent expliquées (conséquences du Siècle de 1914), ce n’est pas seulement l’Europe de la puissance qui est en sommeil. C’est avant tout l’âme européenne qui est en dormition. Quand viendra le grand réveil ? Je l’ignore et certainement je ne le verrai pas. Mais de ce réveil je ne doute pas une seconde. L’esprit de l’Iliade est comme une rivière souterraine toujours renaissante et intarissable. Parce que cela est vrai, mais invisible, il faut se le répéter soir et matin. Et ce secret (l’éternité de l’esprit de l’Iliade), personne ne pourra jamais nous le voler. »
Dominique Venner http://fr.novopress.info
Source : le site internet de Dominique Venner.
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Déclin français et « argentinisation » : et si l'on parlait de la responsabilité des institutions de la Ve République ! (arch 2003)
À partir du livre de Nicolas Baverez, un débat s'est ouvert sur le déclin français. Notion à la fois discutable (la France reste compétitive sur les marchés extérieurs et forte dans les industries de puissance comme l'aéronautique, l'espace ou le nucléaire) et incontestable au vu de l'état de ses finances publiques. L'ampleur des déficits, l'absence de maîtrise des dépenses publiques, l'incapacité à réformer l'Etat font en effet de la France l'homme malade de l'Europe, voire un pays en voie d' « argentinisation ».
Or l'explication par la « médiocrité » ou la « lâcheté » de la classe politique est un peu courte, car les hommes politiques sont choisis par les électeurs dans le cadre d'une sélection organisée par les institutions : c'est donc à l'analyse critique de celles-ci qu'il faut s'attacher. Élaborées dans le souci de remédier à l'instabilité des régimes parlementaires telle qu'elle ressortait des expériences des 3ème et 4ème Républiques et de la République de Weimar, les institutions de la Vème République furent construites en 1958/1962 autour de 3 piliers :
L'élection au suffrage universel direct du président de la République pour rendre le chef de l'exécutif indépendant des parlementaires ;
Le scrutin majoritaire pour dégager des majorités claires et monolithiques ;
L'abaissement du Parlement ;
Un demi-siècle plus tard les inconvénients d'un tel système sont patents.
1 Le chef de l'exécutif et les candidats à cette fonction - sont certes relativement indépendants des parlementaires et des partis ; mais ils sont placés sous une tutelle infiniment plus sévère et moins démocratique : celle des journaux et des télévisions ; et ce sont ces organes qui décident de qui est « présidentiable » ou non. Bien entendu cela conduit les hommes politiques à se formater pour plaire aux médias, or ceux-ci, à la différence des parlementaires ne sont pas représentatifs des électeurs. Il y a là une différence majeure avec les systèmes britannique ou allemand où le chef de chaque camp est choisi par les siens selon des voies démocratiques.
2 Malgré l'éclatement de l'opinion - la montée du Front National d'un côté, de l'extrême gauche de l'autre ainsi que la progression de l'abstention - le système électoral dégage des larges majorités tantôt à dominante socialiste, tantôt à dominante RPR ou UMP mais ce sont des majorités parlementaires très minoritaires dans l'opinion : il n'en va pas de même dans la quasi-totalité des autres pays européens où le système électoral proportionnel rend nécessaire des coalitions complexes ; avec un inconvénient bien sûr des marchandages pas toujours clairs mais aussi un fort avantage : des gouvernements bénéficiant d'une large assise dans l'opinion et où des forces concurrentes, sinon opposées, peuvent s'entendre pour effectuer les réformes nécessaires ; ce n'est donc pas un hasard si tous les autres pays européens ont pu engager des réformes de leurs systèmes de retraite plus tôt et plus profondément que la France.
3 L'abaissement du Parlement français où la minorité ne pèse pas et où la majorité soutient le gouvernement, l'a privé de sa fonction de contrôle et notamment de contrôle des dépenses. Résultat les politiques ministérielles ne sont plus surveillées par les élus mais par les représentants des syndicats des administrations adeptes du « toujours plus » d'où l'explosion des charges et des déficits.
Il y a là aussi une différence majeure avec les autres grandes démocraties européennes mais aussi américaine : le Congrès des Etats-Unis jouant lui un rôle majeur dans le contrôle des dépenses publiques.
Il est donc clair que le système institutionnel français est un élément explicatif du déclin. Or ce qui est paradoxal c'est que la mise en cause des institutions françaises est jugée « tabou » : les constitutionnalistes et les politologues restent en effet dans leur immense majorité attachés aux dogmes fondateurs des institutions de 1958 faites pour régler les problèmes des années 50, voire des années 30, et conçues à une époque où la pouvoir médiatique n'existait pas. « L' « argentinisation » de la France est donc la double conséquence de l'archaïsme et du conformisme.
Jean-Yves Ménébrez http://www.polemia.com
30/09/2003