
Il existe une maladie singulière dans certains milieux souverainistes : la réalité n’y paraît jamais suffisamment éloquente. Lorsqu’un fait est grave, il faut encore l’orner ; lorsqu’une influence est attestée, il faut lui découvrir un dessein secret ; lorsqu’une politique se poursuit pendant plusieurs décennies, il faut qu’un cénacle l’ait conçue dès l’origine jusque dans ses moindres conséquences. La vérité, décidément, n’est jamais assez belle. On lui plante un décor derrière, on ajoute quelques personnages dans la pénombre et, bientôt, l’Histoire ressemble à une mauvaise pièce où Bilderberg tient lieu de Deus ex machina.



