La France est un pays difficile à gouverner, délicat à manier. Parfois il faut le rudoyer avec une forme de tendresse bourrue, d'autres fois le traiter avec des pincettes.
Je me souviens de la période pas si éloignée que cela où le président de la République houspillait avec ironie ou vigueur ses concitoyens avec des saillies, des foucades et des traits qui pour n'être pas toujours infondés avaient pour dénominateur commun de tous critiquer les Français.
Aujourd'hui il me semble que c'est le contraire. Depuis la date du 11 mai annoncée pour le début du déconfinement (qui à l'évidence ne pourra être que fragmenté, précautionneux et progressif), le pouvoir paraît marcher sur des oeufs comme on dit familièrement.
Il se trouve confronté à l'ire d'un troisième âge qui apparemment devrait rester confiné plus longtemps que d'autres catégories de la population. Et qui se révolte car il aurait été offensé par ce qu'il a pris pour une injonction de continuer à demeurer chez soi (Le Parisien). Comme s'il n'énonçait pas un état mais dénonçait un défaut ! Pas un opprobre, une salubrité. Pas un ostracisme, un altruisme sélectif (Le Figaro).


