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économie et finance - Page 887

  • Islande. Un exemple à suivre !

    Par Michel Lhomme

    Vous appréciez les paysages islandais mais l’Islande bouillonne aussi d'une énergie propre, venue directement du centre de la terre. Cette énergie géothermique, l’Islande l’exporte et elle souhaite désormais aller plus loin en envisageant d’exporter son électricité grâce à un ambitieux projet de pipelines vers l’Europe du Nord qui pourrait alimenter en électricité un million de foyers aux Pays-Bas et en Ecosse.

    Cette énergie géothermique permet de produire de l’électricité et de se chauffer grâce à la chaleur prélevée directement dans le sous-sol. A Hverageri, par exemple, on fait pousser différents fruits et légumes dans des serres tropicales grâce à l’énergie géothermique. 75% des tomates cultivées dans ces serres sont d’ailleurs directement consommées par les Islandais et le pays envisage même d’en exporter d’ici 5 ans. Plus d'énergie disponible que de besoins et donc un produit et un savoir faire à vendre au monde entier.

    L’Islande a du coup décidé de former à cette science des étudiants étrangers qu’elle va chercher jusqu’en Afrique. Un jeune kényan étudie ainsi la géothermie en Islande et se servira de ses connaissances une fois de retour au pays. Grâce à ses volcans, l'Islande produit aujourd'hui 5 fois plus d'électricité que ce dont le pays a besoin.

     L’Islande de la révolution future

    Mais l’Islande, ce n‘est pas seulement cela, c’est une révolution constituante. Après son refus de payer sa dette, l’Islande vient de publier son taux de croissance pour 2012 et il est le triple de la croissance de l’Union Européenne ! A côté de cela, dans les news économiques, on apprend que Benoît XVI soutient Monti : sans doute la doctrine sociale de l’Eglise ! Benoit XVI n’a surtout pas imaginé que l’Islande puisse devenir un modèle ! L’Islande avait déjà terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et, selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012 alors que la croissance globale de l’Union est prévue à 0,5% en 2012 contre 1,5% en Islande. Pour 2013, la croissance devrait atteindre 2,7%, principalement à cause de la création d’emplois

    Qu’a donc fait l’Islande ?

    Une thérapie de choc : elle a nationalisé les banques privées! Il faut le répéter à l’envie : l’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté, par un référendum citoyen, le sauvetage des banques privées et du coup, accepté consciemment de laisser s’effondrer certaines d’entre elles. Elle a ensuite jugé les nombreux banquiers pour leurs crimes financiers. Pendant ce temps, en France, on dort dans les voitures sur le parking du parvis du Château de Vincennes ou on installe des tentes derrière les murs du périphérique parisien (voir sous les bretelles de la porte d’Orléans) et dans un pays comme l’Espagne, le ministre de l’économie qui fut un grand responsable chez Lehmann Brothers, avait maquillé les soldes bancaires et gonflé les résultats pour faire croire à une solvabilité du système financier ! En 2008, Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing furent les banques islandaises nationalisées pour éviter leur faillite. Elles furent placées sous contrôle démocratique. En juin dernier, l’une d’elles, Landsbankinn, a même annoncé son intention de rembourser les intérêts aux détenteurs d’hypothèques pour éviter aux citoyens de payer leurs pertes.

    Nous avions sur Metamag présenté la vidéo de la révolte islandaise. La révolte pacifique avait débuté en 2008, sans que celle-ci soit décrite dans les pages des grands médias européens. Aujourd’hui dans les publications des experts économistes qui pullulent dans les bacs des libraires, la révolution islandaise n’est mentionnée que dans des notes en bas de page, en précisant que ce pays serait un dangereux exemple à suivre !

    À la fin de 2008, l’ensemble des dettes de l’Islande égalait neuf fois son PIB. Sa monnaie s’était effondrée et sa Bourse avait suspendu ses activités, après une chute de 76% ! Le pays a donc fait faillite et a ensuite reçu un prêt de 2 100 millions de dollars du FMI et 2 500 millions de dollars provenant des pays nordiques et de la Russie. Le FMI, comme d’habitude, avait exigé, en échange des mesures « d’ajustement » c’est-à-dire des coupures dans les dépenses sociales sauf que cette fois-ci, le plan d’austérité du FMI a provoqué la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées, au début de 2009.

    La gauche a remporté alors la majorité absolue et a provoqué l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur, qui était traditionnellement la force dominante du pays. Le Parti de l’Indépendance n’a pu conserver que 23,7% des voix. Johanna Siguroardottir a été choisie pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates, et des écologistes de gauche. En 2010, le gouvernement a mis sur pied une assemblée constituante de 25 membres, des « citoyens ordinaires » pour réformer la Constitution. Cette même année, le gouvernement avait soumis sa population à un référendum sur le paiement ou non de la dette contractée par les banques : 90% des gens ont refusé de payer. Le FMI a alors gelé les prêts en espérant que l’Islande finisse par payer ses dettes illégitimes.

    En septembre 2010, l’ancien Premier ministre Geir Haarde a été mis en procès pour négligence dans la gestion de la crise. En avril 2011, les citoyens ont de nouveau dit non à un nouveau référendum sur le paiement de la dette. Après cela, au mois de décembre, la banque Landsbankinn a décidé de réduire une partie de la dette, 350 milliards de couronnes, soit environ 33 % de la dette totale. Il y a quelques jours, les responsable de la Fiscalité en Islande ont inculpé deux cadres supérieurs de banque qui ont commis des fraudes au moyen de prêts non autorisés pendant les opérations qui ont conduit le système financier à s’effondrer en 2008 : l’ancien PDG responsable de la faillite d’une grande banque et son responsable financier. Ils auraient abusé de leur position pour fournir environ 102 millions d’euros sans autorisation, sans garanties de la part des bénéficiaires et sans avoir consulté le département de gestion des risques. Les agences de notation Moody, Standard & Poor et Fitch font pression pour punir l’endettement de l’Islande mais sans grand succès et toujours en essayant d’ignorer la reprise économique du pays.

     Pourquoi rappeler tout cela en début d’année ?

    Pour préciser par écrit et pour demain le prix du reniement. En se soumettant à la logique néolibérale de dérégulation et de privatisation, en déclarant son impuissance à conduire une politique de gauche et en accordant dans le débat public une place centrale à la rigueur, à l’austérité, la gauche française se suicide théoriquement et démobilise les classes populaires. François Hollande, au Val-de-Reuil, en Normandie, a rappelé que l’Etat ne reprendrait pas PétroPlus, qu’il était hors de question pour l’Etat d’envisager une quelconque nationalisation, y compris bancaire. C’est céder aux financiers, c’est ne pas imaginer d’autre existence sociale et économique au-delà du libéralisme mais c’est surtout ne pas comprendre que l’heure n’est pas la même qu’en 2002, par exemple, sous Lionel Jospin.

    La crise du système financier a changé la donne. Pour la première fois, le système s’engage à faire ce qu’il n’avait jamais fait auparavant dans l’histoire du libéralisme et du capitalisme : exploiter l’Etat national lui-même, le dépouiller. Les banques et la bourse ne font, en fait, actuellement – c’est une lapalissade ! - des affaires qu’avec les Etats. Les capitalistes volent leur argent, le gardent dans les banques, se déclarent en faillite et demandent à être renfloués, c’est là la fantastique affaire d‘un vrai détournement oligarchique de la richesse populaire. Nos dirigeants européens le savent bien. Ils baissent la tête et acceptent d’aider les banques pour que le système ne s’effondre pas. Le régime est en quelque sorte devenu mafieux et le capitalisme financier escroque les Etats.

    le 17/01/2013 -  Source : metamag.fr  http://lejournalduchaos.hautetfort.com/

  • Élites mondialisées contre masses clouées au sol : la nouvelle lutte des classes ?

    L’émergence des valeurs globalisées s’opposant à celles des classes populaires “territorialisées” pourraient bien déclencher le plus important clivage social du XXIe siècle…

    Atlantico : Le terme “élites mondialisées” est devenu peu à peu incontournable pour décrire les nouvelles bourgeoisies qui occupent d’importants postes décisionnels dans l’économie ou la politique à l’échelle planétaire. En quoi se distinguent-elles fondamentalement des classes sociales traditionnelles ?

    Philippe Pierre : L’intensification des mobilités pour les plus privilégiés mais aussi les phénomènes de déréglementation des marchés, les stratégies des grandes firmes et l’introduction d’innovations technologiques rétrécissant le temps et l’espace, confèrent certainement une version inédite des rapports entre les êtres et un visage à des élites que nous nommerons avec vous “mondialisées”. Les travaux de R. Reich, au début des années 1990, ont permis de mieux mettre en évidence l’existence de cette nouvelle catégorie de “travailleurs mondiaux” à travers la figure de ceux qu’il nomme les “manipulateurs de symboles” qui ont plus souvent des partenaires, des associés, des contacts que des supérieurs hiérarchiques, des patrons. Diplômés d’études supérieures, ces chercheurs, ingénieurs, sportifs, avocats, consultants, publicitaires, journalistes, promoteurs, banquiers, et conseillers de toutes sortes… ces personnes travaillent en petite équipe mais plus que la connaissance pure, ce qui compte c’est qu’ils sont capables d’utiliser, de manière créative, la connaissance, les mots et les systèmes symboliques. R. Reich voit naître la constitution d’une nouvelle culture qui fait l’unité d’un groupe, du point de vue de ses représentations et de ses pratiques, au delà des différences de nationalité. Parler d’élites, c’est évoquer qu’ils occupent les positions les plus élevées dans les hiérarchies sociales et qu’ils en ont conscience. Wall Street, la City de Londres comme le World Economic Forum de Davos seraient des lieux cardinaux de ces élites avec comme mots d’ordre : “where conquest has failed, business can succeed” (Là où les conquêtes ont échoué, le business peut réussir).

    Josepha Laroche : Je dirais tout d’abord que cette différenciation est apparue au début des années 1980 avec le développement du processus de mondialisation des marchés lié aux principes de dérégulation économique vantés durant l’ère Reagan. C’est à partir de cette date que l’on observe un phénomène de “trans-nationalisation” des élites qui deviennent de moins en moins attachées à l’ancrage territorial. L’accroissement des mobilités fait qu’aujourd’hui les membres de cette nouvelle classe deviennent adeptes du “nomadisme”, passant d’un point à l’autre du globe pour travailler et entretenir leurs réseaux professionnels. Cela les oppose aux ouvriers/salariés qui sont très “territorialisés” dans le sens où leur lieu de vie et de sociabilisation se limite généralement à un périmètre beaucoup plus restreint. Cette définition peut aussi s’appliquer par extension aux classes moyennes, petite bourgeoisie y compris, qui continuent elles aussi d’évoluer dans un environnement local.

    Peut-on parler d’une fracture culturelle qui opposerait une culture mondialisée d’un côté et une culture nationale de l’autre ?

    Philippe Pierre : J’ai l’habitude de dire que l’on est d’autant plus international que l’on réussit à exploiter ses ancrages nationaux. Les deux choses ne s’opposent pas. De manière apparemment paradoxale, les individus qui se définissent le plus radicalement comme “internationaux” et cultivent réellement des traits de styles de vie internationaux (plurilinguisme, mariage avec une personne d’une autre nationalité, cosmopolitisme des amitiés, scolarité internationale de leurs descendances…) sont aussi le plus souvent ceux qui mobilisent le plus systématiquement leurs ressources nationales dans l’ensemble des dimensions de la vie sociale et entretiennent les liens les plus étroits avec le pays d’origine. En ce sens, une culture internationale d’entreprise, par exemple, ne peut que difficilement s’élaborer au détriment des identités et des positions acquises dans un champ national. En cela, les managers internationaux ne forment pas une “internationale des dirigeants”, homogène sur le plan de ses intérêts comme de ses pratiques (Wagner, 1998), et les filières internationales de l’entreprise sont loin de donner systématiquement accès aux plus hautes positions de pouvoir.

    Les puissants invitent à penser ce que j’appelle un paradoxe des distances. Les puissants ont, en effet, la capacité de voyager, d’aller loin mais de rester dans une forme d’entre-soi caractéristique. Ils construisent, par delà les frontières, des communautés soudées qui permettent de franchir des distances géographiques importantes mais de rester dans des distances sociales faibles. Ceci n’est pas nouveau. Les siècles précédents ont fait naître, en effet, des mobilités d’apprentissage où la jeunesse des plus hautes classes faisait un long voyage dans la société européenne, en particulier britannique ou allemande, à partir du XVIIème siècle. On était envoyé dans des comptoirs, dans le circuit des familles amies, alliées ou clientes. Le but du voyage n’était pas d’aller voir autre chose, d’aller se forger une culture propre, mais de s’approprier une culture commune des classes aisées. Les dominants d’aujourd’hui continuent de cultiver une culture de lien dont ils ont hérité et qu’ils entretiennent dans la mobilité et surtout au travers de celle des autres qui travaillent pour eux. Ce partage de catégories de perceptions communes se fonde sur le plurilinguisme, l’expérience du jeu, l’aptitude à prendre la parole en public petit quand l’enfant s’habitue a être sous le regard des autres… Cette culture du lien est proposée dans les institutions d’enseignement, dès le plus jeune âge, comme un des critères, plus ou moins explicite, d’appartenance à une élite pour soutenir la réorganisation d’un capitalisme dont les unités sont dispersées sur l’échiquier mondial. La valeur d’un manager, d’un dirigeant plus encore, en entreprise, se mesure ainsi au nombre de voyages qu’il effectue chaque mois et, surtout, au nombre de personnes qu’il dirige “à distance” afin de ne pas effectuer ces voyages à tort et de continuer de contrôler le commerce “au loin”. Avec ma collègue Laura Gherardi, nous reprenons le terme de “multipositionnalité” des puissants. Manuel Castells utilise de son côté une formule éloquente pour désigner les membres de cette élite d’un type particulier : il parle de “glocapolitains (mi-êtres, mi-flux)” expression qui résume bien la double essence des “nouveaux maîtres”. Beaucoup d’entre eux visent à se présenter comme un “certain type de personne”, cherchant à bricoler avec les identifications ethniques et pouvant le faire précisément parce que l’information transmise par les traits physionomiques, la couleur de la peau, l’accent… est souvent insuffisante pour les enfermer dans une seule “case”.

    Josepha Laroche : Bien sûr. Le “digital gap” (fracture numérique, ndlr) en est l’illustration la plus visible : elle s’observe tant à l’échelle internationale (Nord développé / Sud en développement) qu’infra-nationale (certaines populations n’ayant que pas ou peu accès aux nouvelles technologies). On peut dire par ailleurs que la mondialisation des communications qui s’est faite dans les années 1980/1990 a permis à ces nouvelles élites de capitaliser des compétences et de développer une culture particulière. Un cadre français expatrié aura ainsi bien plus d’affinités avec un cadre chinois expatrié, qui pourra partager ses goûts et ses habitudes, qu’avec un paysan auvergnat.

    La frustration des classes populaires, souvent pénalisées dans le processus de mondialisation, peut-elle devenir le moteur d’une nouvelle lutte des classes ?

    Philippe Pierre : La distinction entre ceux qui sont obligés de se déplacer pour survivre, issus principalement des pays du Sud de la planète, et ceux qui se déplacent dans le cadre de leur profession, souligne comme jamais la distribution inégale des chances de mobilité physique comme de mobilité “virtuelle”. Zygmunt Bauman écrit que “certains d’entre nous jouissent de la nouvelle liberté de se déplacer sans papiers ; d’autres, pour les mêmes raisons, n’ont pas droit de rester où ils sont”, voulant souligner que cette mobilité nouvelle des capitaux, dont bénéficient les gens qui font le “choix d’investir”, ne correspond pas à leur devoir de contribuer à la vie quotidienne de la communauté où ils ont investi (devoirs à l’égard d’employés, des plus faibles, des générations à venir…). Pour les “dominants”, l’annulation des distances spatio-temporelles marque une indépendance à l’égard des obstacles physiques et consacre également de nouvelles possibilités d’agir à distance en se ménageant une sécurité de nature “extraterritoriale”. Plus qu’hier, quiconque est libre d’échapper au local est en quelque sorte libre d’échapper aux conséquences de son départ et de ses retraits… Aujourd’hui, ni la finance, ni l’économie ne requièrent de proximité. Voici peut-être les termes d’une nouvelle exploitation de classes. Au Moyen Age, le lieu premier était la porte. Il y eut ensuite le port et la gare. Aujourd’hui, la grande ville s’articule autour de l’aéroport et des gares de transit, ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Serge Latouche a su souligner que ce qui importe également, c’est que tout se vende et s’échange : travail, terre, corps, organes, sang, sperme, location d’utérus… tout doit concourir à l’omnimarchandisation du monde et à sa parfaite circulation. Zygmunt Bauman souligne que le capitalisme financier donne à certains la possibilité de se libérer des contraintes spatiales détachant le pouvoir de la responsabilité, ce qui est une nouveauté historique dans le contexte industriel.

    Josepha Laroche : Pas exactement. Le processus de mondialisation est paradoxal dans le sens où il est à la fois positif (il construit de nouveaux échanges) et négatif (il déstructure les liens sociaux classiques). Les frustrations que vous évoquez existent bel et bien mais elles ne débouchent pas réellement sur une critique construite et organisée. Nous sommes plutôt ici dans une exacerbation des communautarismes, vécus comme une solution de repli sur soi et de sécurité identitaire. Cela se voit un peu partout dans les zones désindustrialisées des pays développés, notamment en France, où l’on observe une croissance notable de la xénophobie et de la méfiance à l’égard des institutions transnationales (comme Bruxelles en Europe, ndlr).

    Peut-on pour autant parler d’une “internationale des dirigeants” ?

    Philippe Pierre : Il ne s’agit pas d’une élite d’emblée mondiale (indépendante de toute appartenance nationale) mais d’une fraction des élites nationales (se distinguant progressivement des autres catégories supérieures du pays) en compétition pour le contrôle d’une sphère de pouvoir à prétention internationale. Précisons encore que les modalités nationales de sélection des élites demeurent très prégnantes. Ainsi, les étrangers sont quasiment absents chez les dirigeants des cents plus grosses entreprises en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France et aux Etats-Unis à la fin des années 1990. Plus des 4/5e de ces grands dirigeants n’ont jamais vécu dans un pays étranger. En cela aussi, les managers internationaux ne forment pas une “internationale des dirigeants”, homogène sur le plan de ses intérêts comme de ses pratiques (Anne Catherine Wagner, 1998), et les filières internationales des entreprises sont loin de donner systématiquement accès aux plus hautes positions de pouvoir. En réalité, seul le passage en filiales par un petit nombre de pays industrialisés, et à certains postes, confère une “expérience internationale” qui peut être fortement valorisée d’un point de vue professionnel en entreprise. L’espace international des cadres reste en cela fortement hiérarchisé par l’importance des échanges propres à l’économie mondiale. Et la nationalité d’origine demeure un élément de statut qui “stratifie” cette population des élites.

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    Philippe Pierre est spécialiste du management interculturel. Docteur en sociologie de Sciences Po, il a réalisé son parcours professionnel dans le domaine de la gestion des ressources humaines chez Total et L’Oréal. Il codirige le Master de Management Interculturel de Paris Dauphine avec Jean-François Chanlat. Il a notamment écrit, aux côtés de Evalde Mutabazi, de Pour un management interculturel. De la diversité à la reconnaissance en entreprise aux Editions L’Harmattan (2008) et Les discriminations, Collections Idées reçues, 2010.

    Josepha Laroche est spécialiste des relations internationales. Elle est professeur à la Sorbonne, présidente du site Chaos international. Elle est aussi l’auteur de “Les Prix Nobel, Sociologie d’une élite transnationale” et “La Brutalisation du monde, du retrait des Etats à la décivilisation” aux éditions Liber (2012).

    Atlantico  via http://fortune.fdesouche.com

  • La chute de Berlusconi annonce la liquidation de l’ENI

    Washington et Londres veulent que l’Italie n’ait plus ni politique énergétique propre ni souveraineté nationale
    (...) Notre pays est un pays frontière, un pont entre l’Europe et l’Afrique du Nord : depuis 1945, il a cherché, sans vraiment réussir, à reprendre pied en Afrique et à se tailler un espace autonome dans toute l’aire méditerranéenne. Bettino Craxi, par exemple, avait réussi à renouer des contacts assez étroits avec les pays du Maghreb et avec la Palestine de Yasser Arafat. Même si l’Italie est restée fidèle à l’Alliance atlantique — elle ne pouvait pas faire autrement — elle a tout de même défié les États-Unis à l’occasion de la prise du navire Achille Lauro et lors de l’affaire Sigonella, revendiquant fièrement sa souveraineté nationale (...). Berlusconi a accueilli dans son parti bon nombre de cadres de l’ancien PSI de Craxi, ce qui avait fini par générer une approche similiaire des rapports italo-arabes. Berlusconi avait ainsi réussi à restabiliser les rapports entre l’Italie et la Libye de Khadafi, mais si on peut juger ridicule ou embarrassante la performance de l’an passé sur la Piazza di Siena. L’Italie avait récemment pris acte du fait que la Libye, qui fut une colonie italienne, est un pays voisin avec lequel il faut avoir — quasi physiologiquement — des rapports très amicaux, qui vont bien au-delà de simples fournitures de gaz ou de pétrole. Ce n’est donc pas un hasard si ce furent nos propres services militaires (le SID) qui aidèrent Khadafi à prendre le pouvoir en 1969 ; ce n’est pas un hasard non plus si ce sont d’autres services italiens (le SISMI) qui ont plusieurs fois sauvé le Colonel de plusieurs tentatives de coup d’État, successivement soutenus par l’Egypte, les États-Unis ou Israël.
    La récente révolution libyenne a été, en réalité une révolte financée par Washington, Londres et Paris. La fin de Khadafi, qui en a été la conséquence, a certainement été pour Berlusconi une sorte d’avertissement. Depuis la chute du Tunisien Ben Ali, que le SISMI avait aidé à monter au pouvoir, à la suite d’une intrigue de palais, le message est donc bien clair : l’italie n’a plus aucun appui sur son flanc méridional ; il ne lui reste plus que la seule Russie. Et ce n’est donc pas un hasard non plus si Poutine lui-même et Gazprom, à la remorque de l’ENI, sont entrés en force en Libye pour y développer la production de gaz et de pétrole. Les tandems italo-libyen et italo-russe, consolidés par Berlusconi, ont permis de forger des liens qui risquent d’être réduits à néant, avec le nouveau gouvernement technocratique de l’Italie qui sera plus orienté dans un sens “atlantiste” et “nord-européen”.
    Les liens, y compris les liens personnels, que Berlusconi avait réussi à tisser avec Poutine, ne doivent pas être simplement banalisés sous prétexte qu’ils concernent la vie privée des deux hommes d’État. En réalité, Berlusconi favorisait la pénétration d’ENI et d’ENEL en Russie car il se rendait parfaitement compte qu’il fallait à tout prix renforcer des liens avec le premier pays au monde disposant encore de gisements jusqu’ici inexploités de gaz et de pétrole. Cette position économico-politique était partagée par Prodi qui avait accompagné à Moscou les dirigeants de l’ENI pour aller y signer des contrats de fourniture de gaz, valables jusqu’en 2040. On y avait également signé un contrat ENEL visant l’acquisition de l’OGK-5, une des premiers groupes énergétiques nationaux.
    Autre initiative de Berlusconi et de l’ENI, qui fut très peu appréciée par Londres et par Washington : celle de torpiller la réalisation du fameux gazoduc “atlantiste”, Nabucco, que cherchaient à nous imposer les Etats-Unis pour pouvoir encercler la Russie par le Sud. Ce gazoduc, incroyable mais vrai, recevait de solides financements de l’UE. Cette initiative, patronnée par les Américains, entendait faire transiter par la Turquie et la Géorgie le gaz de l’Azerbaïdjan, pour l’acheminer ensuite vers la bifurcation de Baumgarten en Autriche, où arrivent plusieurs gazoducs russes. Berlusconi et l’ENI, au contraire, soutenaient le gazoduc “South Stream” qui part de la Russie, traverse la Mer Noire pour arriver en Bulgarie et passer par la Grèce et se diriger ensuite vers l’Italie et l’Autriche. Cette entreprise peut franchement être qualifiée d’ “eurasiatique”, d’autant plus qu’elle bénéficie d’une forte participation allemande. Mais elle est peu appréciée par les Britanniques et les Américains. Ces deux pays ne peuvent accepter qu’une nation européenne, quelle qu’elle soit, puisse normaliser des rapports trop étroits avec la Russie sur le plan énergétique, alors qu’un rapport énergétique avec la Russie est assurément plus “physiologique” que tous ceux que veulent nous imposer les Etats-Unis avec les pays arabes producteurs de pétrole qui sont leurs satellites.
    La Grande-Bretagne, elle, a toujours voulu se maintenir en Méditerranée. Elle profite aujourd’hui de l’attaque de l’OTAN contre la Libye pour y revenir en force. Pour s’y asseoir encore plus solidement, elle oeuvre contre Berlusconi et contre l’ENI via les gnomes de la City. Les spéculations financières auxquelles celle-ci s’adonne, en parfaite syntonie avec Wall Street, ont fait le siège de notre pays dans le but de jeter le doute sur sa solvabilité et obliger ainsi le gouvernement en place à revoir complètement ses programmes financiers futurs. Simultanément, ces spéculations ont pour objectif de faire passer l’idée que le gouvernement en place est trop faible, s’est disqualifié, et s’avère dès lors incapable d’assainir les comptes publics et de redonner confiance au monde de la finance. Tout cela n’est que la raison apparente de la crise italienne. En réalité, nous faisons face à la tentative — qui réussira probablement vu que c’est Mario Monti qui remplacera sans doute Berlusconi — de parachever le processus commencé en 1992 avec la fameuse Croisière du Britannia.
    Le 2 juin 1992, jour de la Fête de la République, alors que la campagne “Mani pulite” (= “Mains propres”) battait son plein et donnait d’ores et déjà l’impression que la Démocratie Chrétienne (DC) et le PSI, piliers du système politique en place à l’époque, seraient bientôt balayés, une impressionnante brochette de managers des entreprises à participation étatique accepte de s’embarquer sur le yacht royal britannique pour une croisière d’un seul jour. Au cours de cette croisière, organisée par “British Invisible”, une société qui promeut les produits “made in Britain”, on explique aux managers des entreprises d’Etat  italiennes qu’il est nécessaire de privatiser. À bord, nous trouvions Mario Draghi, à l’époque directeur général du Trésor : ce fut lui qui géra par la suite les privatisations ; entretemps, il prononça un discours d’introduction et fut le premier à partir. La suite des événements prouva qu’il ne s’est pas agi d’une simple conférence sur les privatisations, qui n’avait d’autres but que d’être prononcée : en automne de la même année, la City spécule contre la lire italienne qui doit être dévaluée de 30%, ce qui permettait de vendre plus aisément diverses entreprises publiques. Par la suite, avec les gouvernements Prodi, D’Alema et Amato, 70% des parts de l’ENI et de l’ENEL sont jetés sur le marché, prévoyant du même coup que 30% de la masse restante, c’est-à-dire 21% du total, seraient offerts aux investisseurs internationaux, c’est-à-dire anglo-américains, ceux-là mêmes qui cherchent aujourd’hui à mettre la main sur les 30% restants de l’ENI. Le gouvernement Monti sera très probablement fort heureux de les vendre, en prétextant de pouvoir ainsi diminuer la dette publique. On peut aussi imaginer que le gouvernement Monti bénéficiera de l’appui de Fini, le post-fasciste devenu philo-atlantiste, ainsi que de celui de Casini, qui représente l’héritage de la DC au sein du monde politique italien d’aujourd’hui. Cette démocratie chrétienne s’était toujours opposée à la politique autonome de l’ENI au temps d’Enrico Mattei qui, lui, voulait assurer l’indépendance énergétique et préserver la souveraineté nationale de l’Italie.
    Filippo GHIRA. ( f.ghira@rinascita.eu ).
    (article paru dans “Rinascita”, Rome, 12 novembre 2011; http://rinascita.eu ).
    R.Steuckers

  • Retraites : la réforme à reculons

    Le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites, publié en janvier, laisse craindre que la réforme systémique, programmée en 2013 par la loi Woerth, ne soit pas mise en train avant longtemps.
    Le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites (COR), publié le 22 janvier, laisse à penser que l'article 16 de la loi Woerth du 9 novembre 2010 portant sur la réforme des retraites restera lettre morte.
    Cet article prévoit notamment qu' « À compter du premier semestre 2013, le Comité de pilotage des régimes de retraite organise une réflexion nationale sur les objectifs et les caractéristiques d'une réforme systémique de la prise en charge collective du risque vieillesse. »
    En d'autres termes, la loi Woerth, qui nous avait été présentée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement comme une réforme de grande ampleur, loin d'assurer le financement des retraites, a surtout reporté jusqu'après l'élection présidentielle de 2012 la réforme en profondeur du système. L'article 16 en précisait néanmoins les pistes de travail, en recherchant : premièrement, « les conditions d'une plus grande équité entre les régimes de retraite légalement obligatoires ». La loi prend donc acte des injustices flagrantes qui prévalent au sein du système français, notamment entre les régimes spéciaux (fonctions publiques, RATP, SNCF, industries électriques et gazières...) et les autres.
    Deuxièmement, « les conditions de mise en place d'un régime universel par points ou en comptes notionnels, dans le respect du principe de répartition au cœur du pacte social qui unit les générations » : une vaste blague, puisque les jeunes générations sont d'ores et déjà sacrifiées sur l'autel de la répartition.
    Troisièmement, « les moyens de faciliter le libre choix par les assurés du moment des conditions de leur cessation d'activité ». C'est l'idée de la retraite à la carte, qui n'est pas absurde à condition que le montant de la pension dépende des cotisations effectivement versée.
    La loi précise qu'en s'appuyant sur un rapport préparé par le Conseil d'Orientation des Retraites, le Comité de pilotage des régimes de retraite (Copilor) soumettra au Parlement et au gouvernement le fruit de ses cogitations, dans le respect, entre autres, des principes de « pérennité financière », « d'équité intergénérationnelle » et de « solidarité intragénérationnelle ». C'est beau comme un rêve.
    Des partenaires sociaux campés sur la conservation du système
    Le rapport du COR publié le 22 janvier doit donc servir de base de réflexion au Copilor. Précisons d'emblée que le COR est un outil servi par des experts placés sous la houlette des « partenaires sociaux » (syndicats et patronat) et des représentants de l’État. Quant au Copilor, créé par la loi Woerth pour surveiller la situation financière des régimes et les conditions dans lesquelles est supposé s'effectuer le retour à l'équilibre, il est aussi entre les mains des mêmes « partenaires sociaux » et représentants de l’État. Lesdits partenaires sociaux vivant largement sur la bête, on peut douter que la réforme « systémique » soit très audacieuse.
    C'est d'ailleurs ce qui apparaît à la lecture du rapport du COR, dont le principal intérêt est de souligner l'impasse financière dans laquelle est engagé le système de retraite français : « En 2011, les besoins de financement du système de retraite s'élèvent à 14 milliards d'euros. » Le chiffre est considérable, mais le plus inquiétant tient à une situation générale où se cumulent les effets de la crise économique et les déficits structurels liés à l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du « baby boom » et à l'allongement continu de l'espérance de vie. Autrement dit, les retraités sont plus nombreux et vivent plus longtemps à la retraite, alors que les actifs, dont les cotisations alimentent les caisses de retraites, sont moins nombreux et subissent les effets de la crise.
    Notons au passage que les générations qui arrivent à la retraite sont celles qui avaient 20 ans dans les années qui ont suivi 68 et qui n'ont pas fait d'enfants. L'espérance de vie progressant, les jeunes actifs sont invités, au nom de l’« équité intergénérationnelle » et de la répartition, à financer leur « deuxième vie », autrement dit à payer de grandes vacances à ces sexagénaires en pleine forme, tandis que la dépendance, qui est la vraie vieillesse, n'est toujours pas financée...
    Quant à la « solidarité intragénérationnelle », quelques chiffres tirés du rapport du COR en disent plus qu'un long discours : le déficit du régime général (CNAV) s'élève en 2011 à 6 milliards d'euros, celui des complémentaires du privé (Agric-Arrco) à 3,7 milliards d'euros, tandis que celui des régimes spéciaux ne dépasse pas 0,2 million d'euros.
    Or le financement de la CNAV repose à 63 % sur les cotisations sociales (à 10 % sur les impôts et taxes et 25 % sur des transferts), tandis que « de nombreux régimes spéciaux, dont celui de la fonction publique d'Etat (FPE) sont équilibrés in une par des subventions d'équilibre et des contributions d'équilibre des employeurs. » En réalité, dans le cas de la fonction publique d’État, les retraites sont en réalité financées par les contribuables, les « cotisations » se résumant à des jeux d'écritures.
    Pourtant, on cherche en vain, dans le chapitre du rapport du COR consacré aux « Différentes dimensions de l'équité du système de retraite au sein d'une génération », un axe de réforme concernant cette différence de traitement flagrante entre la masse des salariés et retraités dépendant du régime général et ceux qui bénéficient des régimes spéciaux. Tout au plus le COR note-t-il que « l'existence de règles différentes contribue à un sentiment, justifié ou non, d'inégalité de traitement voire d'absence d'équité, ce qui est préjudiciable à la confiance dans le système de retraite et à la capacité à accepter des réformes des droits à-retraite. »
    Ce silence laisse à penser que les politiques et « partenaires sociaux » qui président aux destinées du COR n'ont pas souhaité que le sujet soit abordé et restent campés sur la défense et la conservation du système actuel, dont ils tirent leur subsistance. Autant dire que la grande réforme n'est sans doute pas pour demain.
    Jean-Pierre Nomen Monde&Vie

  • Les Chinois dans la pierre

     

     

     

     
    SAFE est le nom de l'institution chinoise d'administration des réserves de change de l'Empire du Milieu (3310 milliards de dollars). Royal-Artillerie a présenté ce léviathan financier dans un billet resté fameux, Picsou l'a rêvé, Ts'ai-chen l'a fait, paru aussi dans l'AF2000 le 20 janvier 2011. C'est à Londres qu'on reparle du monstre.

    1 Angel Square
    La SAFE avait garé 2,5 milliards de dollars en 2008 chez un fonds collectif d'investissement américain, Texas Pacific Group (ce fonds détient 42% de notre TDF) qui avait lui-même misé sur la Washington Mutual Investment Holding Corp. de Seattle (WIMH). Cette banque multi-marchés, un des plus gros acteurs des Etats Unis, a fondu les plombs le 25 septembre 2008 dans l'ouragan de feu des subprimes et SAFE n'a jamais rien dit de la lourde perte encourue. Mais n'en a pensé pas moins. Choisir une grosse institution - too big to fail - était décidément une connerie malgré les cours dispensés à l'université. TPG est le seul échec connu de la politique d'investissement de la SAFE, mais il y en eut probablement d'autres. C'est ce qui a redirigé ses crânes d'oeuf vers le placement de père de famille, un vieux truc chinois finalement. C'est Londres (et l'Angleterre) la première cible, la mauvaise santé de l'économie britannique ne perturbant pas les analystes de Pékin ou Singapour. Ils visent simplement l'immobilier et les infrastructures... comme le ferait le Qatar ! Le Qatar certes, mais tous les fonds souverains d'aujourd'hui, Norvège, Azerbaïdjan, Malaisie, Brunei..., échaudés par la créativité financière que seuls les créateurs arrivent à comprendre.

    Le bras investisseur chinois en vue est le fonds singapourien Gingko Tree Investment Ltd immatriculé à Londres (comme par hasard) et détenu à 100% par la SAFE qui a décidé de sauter par dessus la cascade d'acteurs spécialisés, fonds investisseurs classiques et banques, pour mettre ses sous directement sur la cible ultime. Selon Dealogic, il est sorti du bois l'an dernier. En janvier il a racheté à la Barclays pour 550 millions de livres 40% de la United Pulp & Paper Company Ltd. qui travaille dans l'écologie du recyclage et traitement de déchets, l'énergie de récupération. Gingko a placé immédiatement deux administrateurs au conseil. Gingko avait pris en juillet 10% dans le consortium qui a racheté le réseau d'eau Veolia Water Central pour 1236M£. Il a ramassé aussi un immeuble de bureau à Manchester (49% de One Angel Square) en décembre, après avoir payé en mai 438M$ pour l'immeuble de bureaux Drapers Gardens de Londres, selon Real Capital Analytics (NYC). Ce ne sont que des exemples émergés.

    Winchester House
    Excédés par les faibles taux d'intérêt des bonds du trésor et le yoyo spéculatif des actions en bourse déconnecté des réalités, la SAFE gare les avoirs de l'empire dans la pierre, ce qui est une innovation, mais oblige à désinvestir du papier. Jusque là, le défaut de confiance dans les entreprises qu'elles ne dirigent pas obligeait les autorités chinoises à se garder "liquides" le plus possible, quitte à jouer sur les changes. Mais la montagne de bons amassés les étouffe. Ils auront mis deux décennies au moins à comprendre du haut de leur incommensurable orgueil qu'ils ont acheté de la m... La Washington Mutual leur a ouvert les yeux.
    De son côté, la CIC, fonds souverain chinois China Investment Corp. qui gère 410 milliards de dollars d'actifs, a racheté la prestigieuse Winchester House pour 401M$, pour la louer à la Deutsche Bank qui en a fait son siège anglais. La CIC a aussi des parts dans l'aéroport d'Heathrow et dans le réseau d'eau Thames Water. C'est clair !

    Sont-ils au courant que nous avons des usines super-productives et que personne n'y met un kopek ! C'est vrai qu'un syndicat communiste dans l'affaire est rédhibitoire pour un Chinois responsable, même si M. Mélenchon est un "ami utile" !
  • Étienne Chouard - 10 raisons de sortir de l'Union Européenne

  • Montebourg / Poutine : Deux façons différentes de défendre les intérêts de son pays...

  • Delanoë ridiculisé par les défenseurs du mariage

    Après ses déclarations sur les dégâts occasionnés à la pelouse du Champ de Mars par la manifestation contre le « mariage » pour (tan)tous(es), et sa demande d’une indemnisation, le maire de Paris a reçu des milliers de chèques de 10 centimes d’euro en moyenne.
    Delanoë réclamait 100.000 euros au collectif de la Manif pour tous, le voici aujourd’hui submergé de chèques :
    « J’ai reçu un certain nombre de milliers de chèques de 10 centimes d’euros, ce qui fait à peu près 3000 euros en tout, a indiqué Bertrand Delanoë lundi matin, sur France Bleu. Je ne sais même pas comment je vais faire parce qu’il faut, selon la loi, que je leur envoie un récépissé, ça va me coûter plus cher en timbres que ce qu’ils ont envoyé. »
    La mairie de Paris a reçu en tout 9000 courriers.

    Lors de précédents événements sur le Champ-de-Mars, qui avaient causé «beaucoup plus de dégradations», se souvient Bernard Loing, président de l’Association des amis du Champ-de-Mars, la Mairie de Paris ne s’était pas montrée si tatillonne. La facture de 73.640 euros adressée à SOS Racisme après le concert de l’association, le 11 juillet 2011, s’était, elle, volatilisée. Avant que le Canard Enchaîné ne la retrouve, impayée.

    http://www.contre-info.com/

  • La nouvelle lutte des classes : les nations contre les marchés financiers

    Par Aristide Leucate *

    Les nations sont devenues les nouveaux prolétaires de la mondialisation, exploitées, vidées de leur substance et, finalement, aliénées entre les mains irresponsables de la haute finance apatride, des marchés financiers, des banques, des fonds monétaires et autres fonds de pensions, tous concourant à ce mortifère turbo-capitalisme d’arraisonnement du monde.

    Depuis que l’ancien Premier secrétaire du PS, devenu locataire de l’Elysée le 6 mai 2012, a ratifié, les 28 et 29 juin2012, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), notre pays est littéralement placé sous tutelle de la Commission de Bruxelles. Un peu comme nos communes l’étaient sous celle de l’Etat, avant les lois Deferre de décentralisation. Flamby Normal ne fit, cependant, qu’emboîter le pas de son prédécesseur qui, le 21 février 2012, ratifia le Mécanisme européen de stabilité (MES), sorte de FMI européen que la France devra abonder à hauteur de 142,7 milliards d’euros et qui prohibe les déficits publics au-delà de 0,5% du PIB des Etats. Or, dans son dernier rapport public annuel, la Cour des comptes a estimé irréaliste la politique du gouvernement socialiste de tenir le déficit public de la France en dessous des 3% du PIB. Partant, la France, ayant vraisemblablement atteint, fin 2012, un déficit proche de 90% de son PIB (environ 1700 milliards d’euros, soit 11 151,27 milliards de Francs), s’expose, à un programme drastique d’ajustement structurel, « comportant une description détaillée des réformes structurelles à établir et à mettre en œuvre pour assurer une correction effective et durable de son déficit » (art. 5 du TSCG).

    En d’autres termes, notre pays est, volens nolens, condamné à une politique libérale d’austérité sans précédent, coincé dans l’étau incoercible de Bruxelles et de Francfort, sous l’œil vigilant de la Cour de justice de Luxembourg. Dès lors, que pèsera la pâle réforme des banques promises par François Le Normal ? Ayant déclaré emphatiquement, hier, que son « ennemi sans visage » était la « Finance », le voilà, aujourd’hui, embrasser les dogmes libre-échangistes de la Banque centrale européenne. L’économiste, Gaël Giraud, a raison de dire que « ce projet n’est pas du tout ce que prétendent ses promoteurs, [quand] ils affirment qu’il s’agit de séparer les activités utiles à l’économie [dépôt et épargne, NDLR] des activités inutiles [spéculation, NDLR], et de sécuriser les dépôts des Français ». En réalité, note-t-il, « il s’agit d’un projet qui (…) déploie un filet de sécurité supplémentaire pour les banques, qui, en cas de malheur, risquent d’être à nouveau renflouées par le contribuable ! (…) En cas de faillite d’une banque, le gouverneur de la Banque de France et le directeur du Trésor disposent de la majorité absolue pour décider comment et par qui elle sera renflouée. (…) C’est un projet qui a été rédigé sous la dictée des grands banquiers français. Il y a une collusion d’intérêt évidente entre le Trésor, Bercy et les banques » (L’Expansion, 8 février). [...]

    La suite dans L’AF 2857

    *Aristide Leucate est rédacteur à L’Action Française

    http://www.actionfrancaise.net

  • L’autorité publique est aux mains du système financier

    Entretien avec Hervé Kempf

    Vous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique : la fin possible de la démocratie.

    L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie.

    L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.

    Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.

    Bien sûr. L’oligarchie répète sans cesse que nous sommes dans une démocratie et que tout est parfait. C’est une fiction. Même les intellectuels ont oublié le concept d’oligarchie et contribuent à nourrir la fiction. Tous les intellectuels en syntonie idéologique avec le capitalisme ont maintenu l’idée selon laquelle existaient seulement deux alternatives : ou la démocratie, ou le totalitarisme.

    Cela pouvait être compris au début à travers deux exemples : dans les années ’30 avec Hitler, ou dans les années ’50 ou ’60 avec l’Union soviétique, on pouvait dire qu’il était précis d’opter entre la démocratie et ces deux dictatures. Mais cela est fini : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le naufrage de l’Union Soviétique, nous passons à un autre ordre. Mais les intellectuels qui sont au service du capitalisme ont persisté dans l’idée selon laquelle il y a seulement deux chemins : ou la dictature, ou la démocratie. C’est pourquoi il est important que le concept d’oligarchie soit bien présent pour comprendre que, progressivement, la démocratie nous a été volée.

    Les pays européens, et beaucoup plus les États-Unis, ont glissé vers un régime oligarchique où le peuple n’a déjà plus de pouvoir. La démocratie européenne est malade, elle s’est beaucoup affaiblie, et s’oriente de plus en plus vers l’oligarchie. En revanche, les États-Unis ont arrêté d’être une démocratie : c’est une oligarchie, parce que c’est l’argent qui détermine les orientations des décisions politiques. En réalité, l’oligarchie est une démocratie qui fonctionne seulement pour les oligarques. Dès qu’ils se sont mis d’accord entre eux, ils imposent les décisions.

    Nos systèmes ne peuvent plus s’appeler démocratie, parce que la puissance financière détient un pouvoir démesuré. L’autorité publique est dans les mains du système financier. Les pouvoirs publics ne prendront jamais de décision que puisse nuire aux intérêts économiques, aux intérêts de l’oligarchie financière. Nous devons accepter l’idée que ceux qui ont les rênes du pouvoir politique de l’État ne prennent pas de décisions pour le bénéfice de l’intérêt général. Leurs décisions peuvent aller à l’ encontre de l’intérêt public.

    Ce raisonnement implique que la souveraineté populaire a disparu, comme idée et comme pratique.

    Effectivement. Déjà il n’y a plus de souveraineté populaire. Quand le peuple arrive à réfléchir, à discuter et à délibérer ensemble et prend une décision, l’oligarchie va contredire la décision populaire. En 2005 il y a eu en Europe un grand débat autour d’un référendum qui à la fin a été organisé en France et ensuite en Irlande et aux Pays-Bas sur un projet de traité de Constitution européenne.

    Pendant six mois, la société française a discuté de ce sujet comme elle ne le faisait pas depuis de nombreuses années. Les médias, appuyant la philosophie capitaliste, disaient « il faut voter oui, il faut voter en faveur du traité ». Mais le peuple français a voté « non ».Et qu’est-il arrivé ensuite ? Presque deux ans plus tard les gouvernements d’Europe ont imposé ce traité avec quelques légères modifications sous le nom de Traité de Lisbonne. Il y a eu alors une trahison extraordinaire de la volonté populaire. Nous retrouvons cet exemple dans d’autres endroits.

    Sans aller plus loin, en 1991, en Algérie, les islamistes ont gagné les élections législatives, mais les militaires ont interrompu le processus par un coup d’État qui a mené le pays vers une guerre civile épouvantable. Autre exemple : en 2005 les palestiniens ont voté pour choisir leurs députés. C’est le Hamas qui a gagné. Cependant, tous les États, des États-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par Israël, ont choisi d’ignorer le Hamas parce qu’ils le considèrent comme une organisation terroriste. On n’a pas respecté le vote du peuple palestinien. Le peuple en tant que tel est le cœur de la démocratie c’est-à-dire le principe à partir duquel tous partageons quelque chose.

    Le peuple n’est pas vous, Michel ou moi, mais tous ensembles. Nous partageons quelque chose et nous devons prendre une décision conjointe. Nous formons un corps, c’est pourquoi on dit « le corps électoral ». Mais ce qui est arrivé en Europe en 2005 marque une rupture profonde avec le peuple.

    Cependant, entre l’idée d’oligarchie qui existait au début du XXe siècle et maintenant, il y a eu aussi une coupure radicale dans ce groupe.

    Oui. Il y a eu une évolution de l’oligarchie. Maintenant nous pouvons parler des déviations de l’oligarchie poussée par l’évolution même du capitalisme. Durant les trente dernières années le capitalisme s’est transformé. Tout commence en 1980, quand Ronald Reagan gagne les élections présidentielles aux États-Unis et Margaret Thatcher arrive au pouvoir en Grande-Bretagne.

    À partir de là, non seulement s’est concrétisé un capitalisme orienté vers la  financière, mais aussi une une transformation culturelle, anthropologique a eu lieu. La philosophie capitaliste s’est répandue avec ce message : « La société humaine n’existe pas ». Pour les capitalistes, la société est un une collection d’individus qui se trouvent dans une boule et son unique mission consiste à en tirer un maximum de profit.

    Pour les capitalistes, l’individu est séparé des autres, est en concurrence permanente avec eux. Dans cette vision, ce qui est commun n’est plus le peuple, mais le marché. Pour cette raison les gens ont tant de difficultés à se sentir un citoyen qui participe à un processus commun à tous. Le système a occulté une donnée : le phénomène fondamental qui s’est produit au sein du capitalisme au cours des trente dernières années fut l’augmentation de l’inégalité, dans tous les pays, y compris les pays émergents.

    Nous sommes dans une phase cruciale de crise. Il n’y en a déjà plus une, mais plusieurs, et toutes se concentrent en même temps. La réponse de l’oligarchie est proportionnelle à l’intensité de ces crises : l’autoritarisme et la répression comme réponse.

    Nous sommes dans un moment très délicat de l’humanité. La crise écologique s’aggrave de plus en plus et les crises sociales s’accroissent : Europe, États-Unis, les pays arabes, la Chine et Inde. Et face à l’augmentation des protestations populaires, l’oligarchie tend à aller vers une direction de plus en plus autoritaire, répressive, militaire. C’est ainsi en France, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada.

    Dans chacun de ces pays nous avons vu le développement impressionnant des technologies policières (caméras de surveillance, fichiers informatiques, etc.). Nous affrontons un double danger : non seulement que la démocratie se dirige vers l’oligarchie mais, aussi, que l’oligarchie, le capitalisme en général, entrent dans une phase autoritaire, insistant sur des sujets comme la xénophobie, l’insécurité ou la rivalité entre les nations.

    L’oligarchie ne veut pas adopter des mesures pour pallier à la crise écologique ou pour diminuer l’inégalité. Non. Ce que l’oligarchie veut, c’est conserver ses privilèges fondamentaux. C’est une oligarchie destructrice. Je crois qu’elle ne comprend pas la gravité de la situation. Au lieu d’évoluer, l’oligarchie est chaque fois plus réactionnaire.

    Aujourd’hui il y a un nouvel élément, qui sera sans doute déterminant : la crise écologique, la crise climatique. Cependant, peu sont ceux qui sont disposés à relever les défis.

    Nous sommes dans un moment essentiel de l’histoire humaine, pour deux raisons. En premier lieu, nous traversons un moment de notre histoire dans lequel l’humanité arrive aux limites de la biosphère. L’espèce humaine s’est répandue et développé à travers de la planète en s’appuyant sur une nature qui nous semblait immense et inépuisable. Mais maintenant l’ensemble de l’espèce humaine découvre que la planète a des limites et qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre l’activité et la créativité humaines et les ressources.

    Nous devons changer de culture et passer de l’idée selon laquelle la nature est inépuisable à la réalité que nous mettons en danger ces ressources. Il nous reste à apprendre à les économiser et à les utiliser avec sagesse et prudence. En cela, se joue un changement de culture. Le deuxième en importance, est que nous nous trouvons au moment où nous formons une société humaine. Avant nous étions comme des étrangers les uns avec les autres. Là non.

    Même si à Rio de Janeiro on vit d’une façon différente qu’à Paris, à Londres ou Shanghai, il y a beaucoup d’éléments communs qui nous amènent à prendre conscience que nous appartenons au même monde. La mondialisation non seulement est en compétition avec la mondialisation de la culture ou de l’économie, non, mais aussi atteint la population humaine. Nous découvrons que nous avons des intérêts communs.Les problématiques de l’oligarchie ou de la démocratie se jouent aussi en « Amérique Latine », en Asie et en Europe. Nous sommes la même société.

    C’est un nouvel élément dans l’histoire de l’humanité. Mais cette nouvelle société doit réécrire, inventer une nouvelle façon de vivre avec la biosphère et les ressources naturelles. Si nous n’arrivons pas à le faire, cette société humaine ira vers le chaos, la concurrence et la violence [nous y sommes déjà au Moyen Orient et Afrique NDLT]. Il n’y aura pas seulement du désordre, l’aventure humaine s’arrêtera.

    Pour vous, il ne peut pas y avoir un renouvellement de la démocratie si la question écologique n’est pas prise en considération.

    L’écologie et la démocratie sont inséparables. Si nous regardons vers les années 70, quand le mouvement écologique a pris son impulsion, il l’a fait avec une critique de la démocratie. La démocratie a toujours été dans le cœur de l’écologie. Mais ensuite le capitalisme a dérivé vers l’oligarchie et nous ne sommes déjà plus dans une situation démocratique. Le capitalisme et l’oligarchie poussent toujours vers la croissance économique.

    Mais aujourd’hui nous savons que cette croissance économique fait des dommages importants à l’environnement. Nous ne savons pas produire de la croissance économique sans détruire l’environnement, sans émettre du gaz avec effet de serre, sans détruire les forêts comme dans l’Amazonie, ou sans produire d’énormes quantités de soja comme en Argentine, pour lequel des tonnes de pesticides sont utilisés.

    La croissance permet qu’on oublie l’énorme inégalité qu’existe. La croissance permet de calmer les tensions sociales. Le développement de l’oligarchie, c’est-à-dire, le délire d’un petit nombre de personnes pour s’enrichir d’une manière colossale, pousse à la croissance et, en même temps, à la destruction de la nature. C’est pourquoi la question démocratique est essentielle. Nous devons arriver à une situation où nous pouvons discuter et réussir à diminuer l’inégalité et, ainsi, pouvoir redéfinir ensemble une économie juste qui ne détruit pas l’environnement.

    En somme, toute reformulation de l’idée et du principe de démocratie passe par l’écologie.

    Effectivement : il est impossible de penser le monde si nous oublions de la question écologique. Ce sujet n’est pas exclusif des Européens ou des occidentaux, non, c’est une question mondiale. Le sujet du changement climatique, le sujet de l’épuisement de la biodiversité ou de la contamination sont des sujets mondiaux.

    Il est impossible de penser à l’émancipation humaine, à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’évolution vers une humanité réalisée dans laquelle chaque personne pourra exprimer ses potentialités par rapport aux autres, dans le concret, rien de cela ne peut être pensé si sont laissées de coté , la nature et la relation avec la biosphère.

    La situation actuelle est grave à cause de la crise écologique mais aussi pleine d’espoir. Nous avons dix ou vingt ans devant nous pour organiser la transition et permettre aux jeunes du futur qu’ils imaginent une société harmonieuse. Si dans 10 ans nous ne contrôlons pas la contamination, si dans 10 ans nous ne réussissons pas à l’empêcher l’évolution dictatoriale du capitalisme, nous allons tout droit vers des situations très difficiles.

    Pagina 12 via l’excellent blog Au bout de la Route

    http://fortune.fdesouche.com