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économie et finance - Page 896

  • Vous avez dit « société marchande » ?

    La vidéo qui suit a été filmée en Chine. Mais les images que vous allez voir pourront bientôt être filmées en Europe. Car la logique du marché domine aujourd’hui la politique européenne qui, en abaissant les frontières, a érigé le dogme de la libre circulation des capitaux et des marchandises, soumettant à la concurrence déloyale des pays à bas taux de production l’ensemble des nations européennes. L’économie commande donc le politique : dans une Europe-supermarché où tout se vend et tout s’achète, où la concurrence est rude, les dynamiques d’intérêts, qui sont naturellement sécrétées, déshumanisent profondément l’homme, réduit à n’être qu’un producteur ou un consommateur :

  • LA DEPENDANCE

    Revoici la dépendance, qui revient en boucle, les politiciens de tous bords courant sans cesse après les calamités qu'ils créent eux-mêmes.
    Le nombre des personnes dépendantes ne cesse de croître. Au début des années 2000, elles étaient quelques 700.000, mais elles devraient dépasser 1,6 million en 2040. L’Aide Personnalisée à l'Autonomie (APA) est, à l’heure actuelle, la principale source de financement pour 1,3 million de personnes : 560.000 en maison de retraite et 751.000 à leur domicile ou dans leur famille. La Sécurité sociale, pour la partie soins, les départements et les familles se partagent aujourd’hui la facture. En moyenne, le coût annuel d'une personne dépendante est évalué à 30.000 euros. Chacun d'entre nous peut être frappé à son tour ou épargné sans que personne ne puisse savoir qui sera frappé, qui sera épargné et à quel degré.
    En bonne logique, le problème de la dépendance éventuelle devrait être régi par les épargnes individuelles jointes à la solidarité familiale. Mais c'est là que l'on rencontre les effets calamiteux des pouvoirs publics de toutes tendances qui, depuis longtemps, s'attaquent précisément à ces deux remèdes, pourtant nécessaires et suffisants.
    Il y a d'abord la paupérisation générale du pays organisé ou admise cruellement par ces pouvoirs et qui se traduit en particulier par la difficulté de créer des épargnes suffisantes, à l'abri de l'ouragan fiscal et social. Quant aux offensives contre la famille, elles ne cessent de se développer, ce qui brise les possibilités de recours à cette institution fondamentale. Pis encore : à cause de ce double comportement public, chacun peut trouver des excuses pour renoncer à sa responsabilité personnelle et s'abandonner à la sollicitude trouée de l'intervention étatique.
    LA FAUSSE SOLUTION DE L'ETATISME
    C'est ainsi que l'on voit l'État s'avancer avec ses gros sabots pour prétendre corriger la calamité que lui-même a créé.
    Il n'est, semble-t-il, plus beaucoup question de la création d'un cinquième pilier de la sécurité sociale, qui s'ajouterait aux quatre piliers existants : famille, accidents du travail, maladie, retraite : une telle création serait, certes, la faute à ne pas commettre et, néanmoins, le recul sur ce plan n'est peut être que provisoire.
    La « sécu » est un monstre qui, par ses dimensions titanesques après des extensions successives, finit par absorber une large part de l'activité nationale ; le monstre, quels que soient les changements de statut depuis sa création, reste étroitement soumis à la dictature de syndicats dont la légitimité est plus que douteuse. Les résultats sont désastreux, avec, en particulier, la disparition de la responsabilité personnelle seule façon de gérer réellement les risques en tout genre. Depuis sa création la « sécu » traine, par nature, un déséquilibre financier que l'on appelle maintenant couramment le « trou de la sécu », dont une partie très visible est formée par les dérives de l'assurance-maladie ; ce « trou de la sécu », à lui seul, explique une grande partie de la paupérisation du peuple français, avec, notamment, le dépérissement des entreprises, seules créatrices de vraie richesse et alimentant par la force largement le monstre.
    Depuis quelques temps, l'État s'avance sous d'autres formes que le cinquième pilier pour prétendument résoudre le problème.
    Le Premier ministre a mis en route une parlotte avec quatre groupes de travail planchant sur le dossier. Le premier traite de la question "société et vieillissement", le deuxième de celle des "enjeux démographiques et financiers de la dépendance", le troisième de "l’accueil et de l’accompagnement des personnes âgées", et le quatrième de la "stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées".
    DES IMPÔTS A PREVOIR
    Il a été officiellement indiqué que le produit de ces réflexions aurait des conséquences sur le prochain projet de loi de finances tout en précisant que la dépendance serait un des "sujets de la présidentielle". L'accroissement de la CSG est provisoirement exclu : peu importe, finalement, les impôts qui seront prélevés, car l'essentiel est que la course aux milliards est engagé et il n'est question que d'augmentations d'impôts et de charges. On n'imagine pas l'immensité du tort créé, de la sorte, à tous les créateurs et dirigeants d'entreprise par le flou juridique et fiscal créé dans de telles parlottes : l'une des conséquences les plus dommageables est évidemment le retard dans les décisions éventuelles, personne ne sachant à l'avance qui sera frappé et comment.
    Dans tout ce flou, interviennent les collectivités locales qui supportent pour l'essentiel l'APA et qui aimeraient bien en passer le fardeau à l'État. Elles n'ont pas complètement tort dans cet objectif, mais il faut rappeler que la paupérisation de la France vient pour une large part de ces collectivités locales et de l'enrichissement incroyable des élus de diverses sortes qui les manipulent à leur seul profit.
    Pour couronner le tout, force est de reconnaître que les programmes des éventuels présidentiables pour 2012 sont les mêmes, quelles que soient les nuances apparentes : poursuite sans répit des dépenses publiques et particulièrement de celles qui conduisent à l'enrichissement personnel des prédateurs étatiques, déficit, endettement, impôts et charges. C'est clair, mais c'est ainsi.
    LA RESPONSABILITE PERSONNELLE
    Pour terminer, voici plusieurs constatations.
    Tout système de subventions étatiques s'auto-alimente lui-même, beaucoup de personnes essayant de se glisser dans le système bureaucratique inventé pour l'occasion : c'est l'une des explications du succès de l'APA. La responsabilité personnelle est la seule façon de gérer les risques ; si elle s'exerçait librement, les épargnes accumulées en vue de l'avenir serviraient d'aliments aux entreprises et, par ricochet, la richesse se multiplierait. Des systèmes d'assurance, lesquels existent déjà, se développeraient davantage dans un cadre concurrentiel. Le tout déclencherait un cercle vertueux. Nous sommes, hélas, loin de ces perspectives dans la situation actuelle.
    Il serait, cependant, encore tout à fait possible de changer, mais il faudrait à coup sur changer intégralement de classe politique et c'est la seule et vraie difficulté !
    Michel de Poncins

  • Quand l’ Islande dit merde aux banquiers !

    Ex: http://mediabenews.wordpress.com/

    Le jugement de cour est passé presque inaperçu, la semaine dernière. Mais il est de taille. Selon un tribunal de l’Association européenne de libre-échange, l’Islande avait le droit, lorsque ses banques se sont effondrées en 2008, de refuser de rembourser ses épargnants étrangers.

    Ce jugement répond à une question cruciale : l’argent public doit-il sauver ou non des banques en faillite ? Après la chute de la première banque privée du pays, Landsbanki, l’Islande avait dû nationaliser en catastrophe son système bancaire. Par la suite, décision avait été prise – les politiciens se voyant un peu forcés par un peuple en colère et des référendums sans équivoque – de dire « merde » aux banquiers… et par la même occasion à leurs victimes étrangères.

    ***

    L’Islande, c’est ce minuscule pays insulaire (325 000 habitants) qui, dès 2008 et avant tous les autres, a connu les affres de la crise économique et financière. Au cours des années 2000, et jusqu’à ce fatidique automne 2008, une gigantesque bulle s’était formée dans ce pays.

    Quelques banques de Reykjavik avaient réussi à attirer, de façon plus ou moins honnête, les économies et les investissements de sociétés et d’épargnants étrangers, la plupart britanniques et hollandais, qui étaient venus alléchés par des taux d’intérêt extraordinaires.

    Dans les magouilles de ces fastes années, beaucoup d’Islandais avaient trouvé leur compte. Avant leur « divine colère » de 2008-2009, ils avaient longtemps fermé les yeux sur les manoeuvres lucratives des Icesave et autres Landbanski, entreprises financières dirigées par des chefs hautement « créatifs » dans leur recherche de débouchés internationaux.

    Fin 2007, l’ONU rapportait qu’avec un produit intérieur brut de 40 000 euros par habitant, les Islandais jouissaient du niveau de vie le plus élevé du monde. Chômage inexistant, dette minime, croissance annuelle de 5 %. Avec un secteur bancaire envahissant qui avait supplanté les activités traditionnelles du pays (pêche).

    Fin 2008, la bulle éclatait. Les banques faisaient faillite, laissant des dettes équivalant à plusieurs centaines de milliers de dollars par habitant… et le niveau de vie s’effondrait de près de 20 % en quelques mois.

    ***

    Il y a quelques jours sur Al-Jazeera anglais, en provenance de Davos, on pouvait voir une interview d’Olafur Ragnar Grimsson, président islandais réélu pour un quatrième mandat en juin 2012 (notamment parce qu’il a pris la part « du peuple » dans ce scandale bancaire).

    Extrait de cette entrevue du président Grimsson : « Pourquoi considère-t-on que les banques sont les saintes chapelles de l’économie moderne ? La théorie que vous devez payer pour sauver les banques, selon laquelle les banquiers peuvent jouir de leurs propres bénéfices et de leur succès, mais que ce sont les gens ordinaires qui doivent payer pour leurs échecs, au moyen des impôts et de l’austérité… cette théorie, eh bien, les gens ne l’accepteront pas sur le long terme, dans des démocraties éclairées. »

    On ne saurait mieux critiquer la doctrine de l’austérité, appliquée scrupuleusement par des pays comme la Lettonie (5,5 % de chômage avant la crise, 14 % aujourd’hui), le Royaume-Uni ou l’Irlande, régulièrement cités en exemple par les tenants de la rigueur fiscale. L’Irlande qui a connu vers la même époque des malheurs similaires, mais qui – à la différence de l’Islande – a remboursé scrupuleusement les créanciers étrangers, augmentant la dette nationale de façon astronomique… L’Irlande dont le taux de chômage, début 2013, reste aux alentours de 15 %.

    Et l’Islande en 2013 ? Le pays des Vikings n’a pas seulement dit « merde » aux banquiers véreux. L’État islandais a refusé de suivre les doctes conseils des spécialistes de Londres et de Bruxelles ; il n’a pas fait de la réduction du déficit et des privilèges des banques une priorité absolue ; il a même défié le droit européen. Il a dévalué radicalement sa monnaie (oui, ce petit pays farouchement indépendant dispose toujours de sa devise), et ne s’en trouve que mieux aujourd’hui.

    Le niveau de vie des Islandais a certes baissé : les week-ends à Paris sont plus rares, les importations de luxe également. Mais le chômage est retombé sous les 8 %, et après l’épouvantable purge de 2008-2009, la croissance a repris à 3 ou 4 % par an. Le pays, au contraire de tous les voisins qui ont traversé des épreuves semblables, est résolument sur la voie de la récupération totale.

    Et s’il y avait une autre façon de faire face à la crise ?

    Source : http://www.ledevoir.com

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Fabius gêné par la viande de cheval mais pas par le halal

    Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a qualifié dimanche « d'abominable et dégueulasse » l'affaire de la viande de cheval dans des plats censés contenir du bœuf, réclamant enquête et des « sanctions dures ».

    Que n’a-t-il ce genre de propos s’agissant de la viande halal que les consommateurs ingurgitent sans même le savoir et qui participent du financement des mosquées ! « Non seulement il faut une enquête mais il faut des sanctions », a déclaré Fabius-Tartarin interrogé sur BFMTV sur une éventuelle enquête au niveau européen. Diable !
    « C'est abominable. Si on en parlait autour d'une table de famille, on dirait: c'est dégueulasse. Les consommateurs achètent quelque chose et on leur donne de la viande de vieille carne d'après ce que j'ai compris », a-t-il ajouté. Diantre !
    « Il y a sûrement des gens qui là-dessus font du profit. Il faut de la traçabilité, c'est ce que propose le gouvernement français, et il faut des sanctions dures », a-t-il conclu. Ventre saint gris !
     
    Les retraits des rayons de plats surgelés à la viande de cheval en lieu et place de bœuf se sont multipliés, ont annoncé dimanche les distributeurs, et le gouvernement a convoqué lundi les professionnels de la filière pour étudier l'affaire.
    « Ah, ce Fabius… Quel homme ! », s’esbaudirait Jack Lang, la « tête » de l’IMA (Institut du Monde Arabe).
  • 1.087 : c’est le nombre d’usines qui ont fermé en France depuis 2009

     Depuis 2009, plus d’un millier d’usines ont dû mettre la clef sous la porte. C’est le bilan inquiétant dressé par le cabinet de veille économique Trendeo.

    En 2012, quelque 266 usines auraient disparu quand seulement 166 auraient été créées, selon la société de veille économique Trendeo. Au total, le rythme de fermeture se serait ainsi accéléré de 42%. Ce n’est pas loin de la triste performance enregistrée au plus fort de la crise en 2009 avec quelque 379 usines fermées. Résultat : ce sont 1.087 usines qui ont mis la clef sous la porte depuis 2009.

    L’économie française s’installe dans une tendance dépressive

    Alors que la tendance était incertaine en 2011, la conjoncture pour l’emploi se dégrade fortement en 2012, note l’étude. Les créations d’entreprises continuent à diminuer tandis que les suppressions ne cessent d’augmenter. “L’économie française s’installe dans une tendance dépressive“, avertit le cabinet.

    L’industrie manufacturière à la peine

    C’est l’industrie manufacturière qui est le premier secteur touché, avec en première ligne l’industrie automobile (- 41.994 emplois depuis 2009), suivie de l’industrie pharmaceutique (-8.648 emplois). Au total 23.897 emplois ont été supprimés en 2012, soit 121.946 postes depuis 2009. Viennent ensuite les secteurs des Transports et de la logistique et celui de l’Administration publique avec respectivement 60.854 et 57.790 emplois supprimés depuis 2009. En revanche, dans ce contexte de délitement du tissu industriel, la construction aéronautique et le luxe résistent plutôt bien, avec plus de 2.400 créations de postes.

    Reste que le cabinet se montre pessimiste pour l’avenir. Avec les annonces de suppressions d’emploi chez Goodyear ou encore Renault, l’étude évoque notamment le mois de janvier 2013 comme étant “le plus mauvais“ depuis qu’il collecte des données.

    La Tribune

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Pour les retraites, le changement c’est maintenant

    Des efforts seront demandés aux Français lors de la prochaine réforme des retraites et seront modulés selon les carrières professionnelles, a déclaré dimanche la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

    Elle a cependant précisé qu'aucune piste n'était privilégiée pour l'instant et que toutes les options étaient sur la table. "Il y aura des efforts, je le dis", a-t-elle déclaré lors de l'émission "Tous politiques" France Inter-Le Monde-AFP.
    "Il y aura des efforts nécessaires, et dans le même temps, il faut évidemment que ces efforts soient différenciés selon les carrières professionnelles", a-t-elle ajouté.
    Le déficit du régime des retraites devrait dépasser 21 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites, alors que la réforme de 2010 prévoyait l'équilibre en 2018.
    Un comité d'experts doit être constitué "dans quelques jours ou quelques semaines" pour faire des propositions, a confirmé Marisol Touraine, et le gouvernement engagera ensuite une concertation avec les organisations syndicales.
    Selon un sondage CSA, 60% des Français considèrent que le report à 65 ans de l'âge légal de départ à la retraite, contre 62 ans prévu par la réforme de 2010, sera à terme nécessaire.
  • Quand la chimie contamine notre eau

    Peut-on boire sans crainte l’eau du robinet ? C’est ce qu”affirme Janez Potocnik, commissaire européen en charge de l’environnement. Mais les scientifiques qui analysent les substances rejetées dans nos eaux se montrent plus réservés. En effet, ils observent chez les poissons et les amphibiens des troubles de la masculinisation, des hypertrophies du foie et des branchies… Chez l’homme, les phénomènes d’allergies et de résistance aux antibiotiques progressent.

    Dans les pays en voie de développement, la situation est plus dramatique encore : en Inde, où l’industrie pharmaceutique européenne a délocalisé une partie de sa production, le chercheur Joakim Larsson a mesuré des concentrations en antibiotiques un million de fois supérieures à la normale. Maladies chroniques, fausses couches, naissance de nourrissons handicapés se multiplient.

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  • France : La financiarisation prend le dessus sur l’industrialisation

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Australie : Les villes organisent leur survie alimentaire

    Les petits jardins citadins et autres potagers de poche ont la cote dans les banlieues australiennes. Mais suffiront-ils pour répondre aux besoins des villes en cas de crise alimentaire?

    Sans changement radical imposé d’ici 2030, 30 millions de citadins seront dépendants d’une chaîne d’avions et de camions pour leur survie alimentaire, à la merci du moindre choc pétrolier. Certains ont décidé de ne pas attendre que les gouvernements réagissent, comme Michael Mobbs, dans la banlieue de Chippendale à Sydney.

    Michael Mobbs vit dans une maison qui économise environ 100.000 litres d’eau par an. Mais le régime moyen d’un Australien implique le même volume utilisé pour la nourriture consommée en 10 jours. Pour résoudre le problème, il a décidé d’acheter local et de produire une partie de son alimentation, malgré le fait de vivre en hyper-centre.

    Heureusement pour lui, ses voisins ont répondu à l’appel et l’ont aidé à transformer le quartier en potager. Dans sa banlieue, ils ont planté 200 arbres fruitiers et plantes sur 32 hectares, et ce n’est qu’un début.

    Le conseil municipal local est conquis et aide à l’amélioration. Les routes vont être repeintes pour réduire la température de deux degrés. On va installer un système d’auto-irrigation, et un super-potager devrait produire 33 tonnes de légumes par an. Pour régler les problèmes d’espace, il sera implanté sur les toits. A ce rythme, d’ici 10 ans, la banlieue devrait atteindre 40 à 50% d’autonomie alimentaire.

    Cette démarche n’est pas isolée : le petit potager urbain est en pleine renaissance. Les jardins communautaires sont de plus en plus populaires et les réseaux d’information sur les produits de saison et locaux permettent à tous de prendre les bonnes décisions. A Sydney ou Brisbane, Food Connect vous livre des boîtes de légumes bio et locaux à la demande.

    Le message de Michael Mobbs est pourtant encore difficile à faire passer car la population australienne a du mal à croire à la possibilité de manquer un jour de nourriture. Pourtant, en 2008, 17 pays ont connu des révoltes dues à la pénurie alimentaire. Et l’infiltration continue d’eau de mer dans les sols cultivables des îles du Pacifique laisse présager le pire. Pour Michael Mobbs : Il faut jardiner comme si nos vies en dépendaient, parce que, au fond, c’est fort probable.

    ABC et Green et Vert via l’excellent blog Au Bout De La Route

  • Dépasser les mythes économiques

    bairoch-dddd7.jpgLes idées reçues contemporaines sont le fléau quotidien de tout chercheur de vérité. Combattre le lieu commun constitue un exercice délicat tant les cerveaux humains sont aujourd’hui, mais cela ne date pas d’hier, contaminés par l’opium de l’oligarchie dirigeante. Paul Bairoch, dans son livre Mythes et paradoxes de l’histoire économique, fait l’exégèse des lieux communs en matière d’histoire économique.

    Selon lui, «  l’histoire économique est un sourd qui répond à des questions que nul économiste ne lui a jamais posées  ». Son premier objet d’étude est la crise économique de 1929. Selon la légende, elle serait due essentiellement à la montée du protectionnisme. Or, en 1928, la France a abaissé sensiblement ses tarifs douaniers. En outre, l’Europe et le Japon ont connu de 1920 à 1929 la plus forte croissance économique depuis cent trente ans, ce qui contredit l’idée selon laquelle les économies occidentales étaient dans un état catastrophique avant la crise.

    Pour autant, les années trente furent plus prospères en Grande-Bretagne et en Allemagne que les années vingt. De 1934 à 1938, en raison de la politique de réarmement, le chômage allemand fut divisé par trois. Cependant, l’auteur relativise largement les performances des économies fascistes avant la guerre. De même, avant les guerres de 1914 et de 1870, les résultats économiques furent excellents.

    L’auteur s’évertue à démontrer que le protectionnisme n’est pas un mal ou un quelconque projet de haine de l’autre. Toutes les politiques industrielles, à l’exception de celle du Royaume-Uni, se sont développées grâce à un haut taux de barrières tarifaires afin de se mettre à l’abri de la concurrence étrangère. À la fin du XIXème siècle, les Anglais se sont mis eux-aussi à augmenter les barrières douanières.

    Les États-Unis, la Chine et le Japon n’échappent pas à cette règle. En 1914, les droits de douane étaient chez l’oncle Sam quatre fois supérieurs à ceux de la perfide Albion. Les Britanniques ont profité du libéralisme car ils avaient une avance technologique importante. Dans le reste des pays, l’abaissement des barrières tarifaires s’est systématiquement soldé par un ralentissement de l’activité économique.

    Paul Bairoch s’intéresse aussi aux relations avec les pays du tiers monde. À la question de savoir si les matières premières du tiers monde ont été indispensables à l’industrialisation des pays occidentaux, il répond par la négative. À la veille de la Première Guerre mondiale, les pays européens étaient en suffisance énergétique. Le solde est devenu négatif à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce qui explique largement les guerres impérialistes des Américains et de leurs toutous de l’OTAN. Les matières premières ne représentaient qu’un quart des exportations des pays du tiers monde.

    Les débouchés coloniaux jouèrent-ils un rôle important dans le développement des industries occidentales  ? Là encore, Bairoch montre que les pays non ou peu colonialistes comme l’Allemagne, les États-Unis, la Suède, la Suisse, la Belgique ont eu une croissance plus rapide que les pays colonialistes comme la Grande-Bretagne ou la France. «  Si l’Occident n’a guère gagné au colonialisme, cela ne signifie pas que le tiers monde n’y ait pas beaucoup perdu.   »

    L’auteur ose même s’attaquer au lieu commun voulant que seul l’Occident fût un grand colonisateur. Les Égyptiens, les Perses, les Romains, les Arabes et les Ottomans participèrent aussi à ce phénomène. Le trafic d’esclaves dans le monde musulman a duré plus longtemps et a touché un plus grand nombre d’esclaves, dont il reste peu de descendants car beaucoup étaient castrés. La problématique de la forte participation de la communauté juive au trafic d’esclaves occidental n’est pas traitée car elle n’a aucun rapport avec la question posée.

    Contrairement au mythe répandu, c’est bien la croissance économique qui est à l’origine du commerce et non l’inverse. Les pays du tiers monde exportent énormément mais n’ont quasiment pas de croissance.

    Paul Bairoch termine son livre en enfonçant une porte ouverte, mais l’évidence suivante mérite tout de même d’être rappelée  : une politique de libre-échange absolu ou un protectionnisme absolu n’a évidemment aucun sens. Pourtant, les partisans du libre-échange vivent sur un modèle idéalisé et fantasmé où la « main invisible » réglerait tout. C’est pourquoi toute idée protectionniste est taxée par eux d’isolationnisme. Ceux qui réclament l’intervention de l’État quand leur arrogance et leurs multiples erreurs ont abouti à la catastrophe n’ont aucune leçon à donner. Comme l’écrit Léon Bloy, dans son Exégèse des lieux communs : «  Le bonheur des uns ne fait pas le bonheur des autres.  »

    http://www.egaliteetreconciliation.fr