On a le sentiment que vous vous êtes lancé dans une nouvelle croisade ?
Je ne sais pas si le mot « croisade » convient. En revanche, je suis persuadé que se joue aujourd’hui une part de ce que nous sommes. Sans donner dans la surenchère, j’ai la conviction, en me promenant dans nos rues, en écoutant mes voisins, que quelque chose se délite, disparaît, qui n’est autre que notre façon de vivre. Je ne me résigne pas à croiser toujours plus de femmes voilées, toujours plus d’enfants parlant un charabia mi-français mi-arabe, toujours plus de jeunes gens qui respirent le mépris pour ce pays qui leur offre quand même une école gratuite, des soins gratuits, des logements quasi gratuits… Et, contrairement à d’autres, je n’ai pas envie de leur trouver des excuses !
Mais il n’est pas facile de vivre dans certaines cités…
J’en viens, de ces quartiers ! Et j’y ai été heureux. Vivre dans une HLM, c’était un mieux, un plus. Une grande salle de bains, des toilettes dans l’appartement, une chambre pour chaque enfant. Je n’ai jamais eu le sentiment de vivre dans un ghetto comme c’est le cas aujourd’hui pour ces mêmes quartiers. Mais, il faut le dire sans peur de la meute journalistique, les minorités étaient alors minoritaires. Et pour parler encore plus cash, les personnes d’origine étrangère étaient suffisamment peu nombreuses pour pouvoir être intégrées. Dès qu’une maman algérienne rejoignait son mari, elle se débarrassait de son voile. Elle voulait devenir française. À part de très vieux Arabes, tout le monde se faisait un devoir de parler français, dans les lieux publics en tout cas. Quand un gosse se comportait mal à l’école, son père prenait systématiquement le parti de son instituteur, de son maître, disions-nous alors. Tout cela a bien changé…
La semaine dernière, dans ces mêmes colonnes, vous proposiez de ne pas mêler immigration et identité…
Je disais surtout que nous devions trouver les mots pour parler de ces questions en faisant attention à rassembler. Ce qui devrait être d’autant plus facile que l’immigration n’est pas une question clivante, comme on veut nous le faire croire. Une immense majorité des Français sont d’accord pour qu’elle soit limitée, contrôlée et qu’on ne garde pas sur notre sol ceux qui ont été déboutés du droit d’asile comme tous ceux qui sont en situation irrégulière. Si elle est clivante, c’est entre la majorité de nos concitoyens et la poignée de privilégiés, dans la presse comme dans le monde politique, spécialiste de la moraline à quatre sous, d’autant plus qu’ils ne sont pas confrontés, personnellement, aux « bienfaits » d’une société ouverte à tous vents…
Si beaucoup de Français sont d’accord sur le constat, reste à trouver les solutions.
Pour trouver les solutions, comme vous dites, encore faudrait-il qu’on ne nous cache pas – de façon souvent dérisoire, tant c’est cousu de fil blanc – la réalité des choses. Prenez l’agression – il faudrait plutôt parler de passage à tabac – des deux policiers à Champigny-sur-Marne. Et relisez la presse. Des « jeunes », reprennent en chœur la plupart des journalistes comme des commentateurs. Un vocable bien commode pour ne pas avoir à préciser « manifestement issus de l’immigration ». Il m’a fallu lire la chronique de Gilles-William Goldnadel, dans Le Figaro, pour qu’enfin des mots, juste des mots mais des vrais mots, soient posés sur des faits… Emmanuel Macron, qui s’inquiète des fake news émanant des médias étrangers lors des campagnes électorales, pourrait s’interroger sur la désinformation – je ne trouve pas d’autre mot – à laquelle se livrent la plupart de nos médias, et ceux de « service public » en particulier…
Il n’y a pas que les « conservateurs » comme vous qui fassent ce constat !
Je le sais. Mais il n’y a que derrière la bannière du « conservatisme » que nous pourrons – c’est du moins mon intuition – mettre tout le monde en ordre de bataille. Face aux « progressistes » – en fait, de vrais dilapidateurs – qui ne rêvent que d’ouvrir les frontières, d’en finir avec ce qui nous est propre au nom d’une « mondialisation heureuse », il nous faut construire une alliance du bon sens, de la raison, de la préservation. Non pour, cigare à la bouche, gérer nos pactoles. Mais pour assurer que nos enfants ne seront pas spoliés de ce que nous leur devons, de ce dont nous-mêmes avons hérité. Il ne s’agit pas, encore une fois, de défendre les pré carrés, les avantages dont bénéficie une minorité, ni même le statu quo si injuste au plus grand nombre, mais de construire une société soucieuse de tous. Or, dans cette attention portée aux autres, aux plus fragiles, la défense de leur identité – cet héritage immatériel – est primordiale. C’est le premier souci des conservateurs. Parce que c’est la première préoccupation de nos concitoyens. Je ne cesse de les recevoir, de les écouter, de leur parler, et ce qui ressort de ces multiples rencontres, c’est le constat d’une fragilité, d’une crainte, d’une peur du lendemain. Un lendemain où ils n’auraient plus leur place…
Et que leur répondez-vous ?
Que je les entends, que je les comprends, que je les approuve. Que nous les défendrons. Que nous sommes là pour eux. Même si je n’ai pas toutes les réponses à leurs questions. Je ne leur cache pas mes doutes, mes hésitations. Je pourrais, à ces instants-là, reprendre à mon compte la phrase d’Albert Camus, que j’ai découverte en exergue du tout nouveau livre de Paul-François Paoli, L’Imposture du vivre-ensemble de A à Z : « S’il existait un parti de ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir raison, j’en serais. » C’est cela, aussi, le conservatisme. De la modestie. Des intuitions, certes – de la défense des crèches de Noël à la redécouverte de la cuisine traditionnelle, chacun s’accroche, me semble-t-il, à cette mémoire qu’on nous avait pourtant fortement conseillé d’occulter –, mais pas de catéchisme, pas de prêt-à-penser. Une conviction, en revanche : la France ne se droitise pas, elle reprend racine.
http://www.bvoltaire.fr/france-ne-se-droitise-reprend-racine/
Un rapporteur de la Commission nationale des comptes de campagne
Le président social-démocrate de la République fédérale, Franz-Walter Steinmeier, a alors poussé ses camarades du SPD à négocier avec Angela Merkel afin de relancer une « Grande Coalition » CDU – CSU – SPD. Or les sociaux-démocrates rechignent à s’y associer après leur sévère claque électorale de septembre dernier. Ils préféreraient que Merkel dirigeât un gouvernement minoritaire qui discuterait de chaque mesure législative avec le SPD, les Grünen ou les libéraux.
Sous la houlette de Roland Hureaux, ancien collaborateur de Philippe Séguin, premier adjoint (2003) de Cahors ; ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Ecole nationale d’administration, agrégé d’histoire. Auteur de plusieurs livres sur les questions nationales et internationales dont le dernier : D’une crise à l’autre (Euro, mondialisation, France, Allemagne), Perspectives libres 2017 et de nombreux articles :
Mouvance France veut être un pôle de compétences à même de proposer, dans un délai d’un an, les premiers axes d’un Projet pour la France orienté autour des enjeux essentiels : l’indépendance, la transmission de l’héritage national , notamment à l’école, la puissance économique et militaire, aujourd’hui mise en péril par un démantèlement industriel accéléré, la justice et la sécurité et, avant tout, la paix civile, menacée par le communautarisme et les déséquilibres démographiques. Comme l’a constaté Roland Hureaux, président provisoire cette association qui tiendra sa première assemblée générale le 26 janvier 2018, « il n’y a aucun exemple dans l’histoire qu’ un face à face entre communautés hétérogènes ne se soit pas terminé par une guerre civile. C’est d’abord cela qu’il faut éviter ».
Voeux de Pascal Gannat
Pour sa première allocution télévisée de présentation de ses vœux aux Français, et au-delà de sa durée inhabituelle, Emmanuel Macron n’a pas révolutionné le genre, ni dans le fond ni dans la forme. Comme ses prédécesseurs, il a évité les sujets qui fâchent – la hausse de la CSG pour les retraités, des prix du gaz et de l’essence, des tarifs postaux, des assurances… - et a manié le registre du plaidoyer pro domo. Il a vanté son volontarisme, celui de son gouvernement et exalté classiquement les Français à ne pas douter de la grandeur de la France, les invitant à la concorde, à la solidarité et à l’unité. Il a même plagié la célèbre formule de John Fitzgerald Kennedy sur le citoyen qui avant d’attendre ce que son pays peut faire pour lui doit d’abord ce demander ce qu’il peut faire pour son pays... Au rayon des emprunts, comme Nicolas Sarkozy en 2007 rappelait