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élections - Page 470

  • Les Républicains face à leurs contradictions…

    Nicolas Sarkozy connaît par cœur son histoire politique des quarante dernières années.

    « Qui tient les hauts tient les bas », un vieil adage militaire que Nicolas Sarkozy ne connaît peut-être pas mais dont il applique à merveille la version politique : qui tient les bas-fonds du parti tient les hauts ! Si, en 2014, il a accepté de « faire don de sa personne » en redevenant chef de parti, alors qu’il a exercé la plus haute fonction de l’État, ce n’était certainement pas pour aller distribuer les tracts d’Alain Juppé, coller des affiches pour Bruno Le Maire, encore moins pour faire du porte-à-porte pour NKM…

    Qui tient le parti a forcément un coup d’avance face à ceux qui peuvent avoir la faveur de l’opinion du moment. Nicolas Sarkozy connaît par cœur son histoire politique des quarante dernières années : Rocard, coupé net dans son élan en 1980 face à Mitterrand verrouillant le PS, Balladur, élu d’avance par acclamation des médias en 1994 face à Chirac, patron du RPR. Vinrent 1981 et 1995…

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  • Les partis politiques français face au Brexit : qui sont les gagnants et les perdants ?

    Christophe Bouillaud, professeur agrégé de science politique à l’Institut d’Études politiques de Grenoble depuis 1999, agrégé de sciences sociales (1988), ancien élève de l’Ecole normale supérieure.

    ♦ FIGAROVOX/ENTRETIEN – Une semaine après le Brexit, Christophe Bouillaud analyse les conséquences politiques en France de cet événement retentissant.

    Selon lui, –et ce n’est qu’une opinion parmi d’autres– la gauche et la droite en sortent divisés tandis que le FN en profite.


    FigaroVox. – Quels sont d’ores et déjà les gagnants et les perdants du Brexit parmi les partis politiques français ?

    Tous les partis du centre, à droite ou à gauche, sont les grands perdants du Brexit dans la mesure où ils vont devoir se positionner beaucoup plus nettement sur le sort de l’Europe. Or, républicains comme socialistes détestent prendre réellement parti sur l’Europe. Ils savent très bien que c’est un sujet qui fâche autant leurs militants et leurs cadres que leurs électeurs. Avec en leur sein des sensibilités très différentes, ils ont appris depuis des lustres à ne pas trop discuter de ce sujet pour ne pas en faire un point de clivage qui les diviserait. Inversement, les gagnants du Brexit sont les partis qui ne sont pas trop divisés sur la question européenne, avec en tête le Front national, mais aussi les partisans de Jean-Luc Mélenchon. Même s’il y a encore des divisions sur l’Europe au Front national – pensons à l’euro –, il existe une cohérence d’ensemble qui les avantage.

    Un point me paraît essentiel par ailleurs : lorsqu’ils proposent des réformes pour l’Europe, tous les hommes politiques français des partis de gouvernement le font de manière extrêmement isolée de positions politiques exprimées à l’échelle de l’Union européenne. Montebourg parle de son côté sans lien avec un quelconque parti (le PSE?) ou une quelconque organisation paneuropéenne, Juppé ou Fillon sans lien avec un possible projet de leur parti européen, le PPE, la liste est longue. Aucun représentant lié à un grand parti national ne parle au nom d’un parti politique européen. Il faut aller du côté des Verts pour avoir un discours vraiment cohérent à cette échelle, mais que pèsent-ils actuellement en France et en Europe? Or si vous voulez faire concrètement une réforme de l’Europe, il faudra bien avoir des partenaires pour la soutenir. Ce qui est absolument fou quand on souhaite réformer l’Europe, c’est de se placer seul face au reste du monde, c’est ce que font pourtant tous les dirigeants des partis de centre-droit ou de centre-gauche. Ceci montre également qu’il n’y a plus en réalité, s’il y a en a jamais eu, de parti politique européen ayant une influence réelle au niveau national, malgré les vitrines historiques que sont le PPE, le PSE ou l’ALDE.

    Pensez-vous que, parmi les partis dits «populistes», il y ait aujourd’hui un semblant de coopération et de dialogue?

    Oui et c’est paradoxal! Du côté des grands partis pro-européens – PPE, PSE, ALDE – l’accord des nations ne se fait plus, et les divisions sont béantes. En revanche, les nationalistes qui avaient beaucoup de mal à se coordonner ont de plus en plus tendance à se rencontrer, à s’organiser et à se congratuler. On l’a vu à la réunion de l’Europe des Nations et des Libertés organisée le 28 janvier à Milan, organisée par huit partis sous la houlette du Front national. Rien d’aussi fort politiquement de l’autre côté, car les partis sont trop divisés eux-mêmes. Le PPE et le PSE sont vraiment des auberges espagnoles qui tirent à hue et à dia. Prenez le PSE, vous pourrez y rencontrer le ministre des Finances néerlandais, Jeoren Djisselbloem, qui est un néolibéral et un austéritaire de fer, et Arnaud Montebourg, partisan en 2012 de la démondialisation, toujours membre du PS français à ma connaissance. Ne parlons pas de la situation slovaque, où le parti lié au PSE y est allié à l’extrême droite pour gouverner – situation qu’il est bon que l’électeur français ignore! Si le PSE est bien devenu un parti fantôme, il en va de même avec le PPE où cohabitent le premier ministre hongrois Viktor Orban et des fédéralistes comme le député français Alain Lamassoure. Il y a tout un monde entre eux… Il y a certes des partis plus unitaires comme les Verts, mais ils sont tout petits, et il y a des écologistes plus à gauche qui ne sont pas chez eux…

    L’électorat ouvrier et plus généralement les classes populaires, traditionnellement travaillistes, ont le plus voté pour le Brexit et se tournent davantage vers l’UKIP de Nigel Farage. Cela change-t-il la donne pour les primaires du Parti socialiste, où les frondeurs et les «démondialistes» sont volontiers eurosceptiques sans être europhobes, à l’image de Jeremy Corbyn?

    Cela dépendra des conditions dans lesquelles seront organisées ces primaires. Si elles le sont essentiellement par les soutiens de François Hollande pour sauver le chef de l’Etat, ça ne changera rien. En revanche, si ces primaires correspondent à un départ préalable de François Hollande de la scène politique française, la gauche française essaiera de se regrouper pour ne pas être éliminée dès le premier tour. L’électorat de cette primaire libérée de l’hypothèse Hollande serait beaucoup plus large, et l’on pourrait imaginer que les frondeurs ou les soutiens d’Arnaud Montebourg lancent le thème: «On vous l’avait bien dit». L’ancien ministre du Redressement productif pourra dire: «J’avais porté une candidature en 2012 sur le thème de la démondialisation, la suite m’a largement donné raison». Ceci pourrait être un argument extrêmement fort pour lui ou pour d’autres candidats de l’aile gauche du Parti socialiste. Mais attention, ce n’est qu’une hypothèse, car encore faudrait-il qu’il s’agisse, si je puis dire, de «primaires post-Hollande», ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La possibilité que le président de la République se représente va éloigner une bonne part des sympathisants de gauche, que Jean-Luc Mélenchon pourrait alors regrouper. Il n’est pas question en effet pour toute une partie de la gauche militante de re-légitimer en quoi que ce soit le «traître Hollande».

    La droite, partagée entre europhiles et souverainistes, privilégie largement les premiers depuis Maastricht. Le Brexit pourrait-il rompre cet équilibre? Y a-t-il un nouveau créneau qui s’ouvre pour Henri Guaino à l’intérieur des primaires LR ou pour Nicolas Dupont-Aignan en dehors?

    A droite, nous avons déjà vu les premières escarmouches. Chaque candidat se bat pour apparaître comme celui des candidats de la droite qui prendra le mieux en compte les conséquences du Brexit. François Fillon, Alain Juppé, Bruno Lemaire, bien sûr Nicolas Sarkozy, et même Jean-François Coppé ont pris position pour un grand chambardement en Europe. En revanche, toutes ces propositions de chambardement sont strictement franco-françaises et ne s’appuient aucunement dans la perspective d’un front commun réunissant une large partie de la droite européenne. En réalité, tous adoptent une posture gaullienne: «La France, la France, la France va proposer et les choses vont changer». Malheureusement, on est soit dans une Europe à 27, soit dans une Europe à 18 – c’est la zone euro – soit dans une petite Europe à 6. Dans tous les cas de figure, c’est une Europe dans laquelle l’Allemagne compte énormément. Tout chambardement dans les institutions européennes nécessitera que Berlin soit un partenaire de premier plan. Et pas seulement l’Allemagne, mais aussi l’Italie et d’autres puissances plus modestes. Cette posture souverainiste de la droite – François Fillon semble s’être rappelé récemment qu’il avait été le compagnon de route de Philippe Séguin – n’a aucun impact à l’échelle européenne pour permettre de crédibiliser les propositions d’un président de la République de droite élu en 2017. Le même problème se pose avec Nicolas Dupont-Aignan. Même s’il a quelques alliés, son projet pour une future Europe des nations n’a pas vraiment de dimension européenne. Quant à Henri Guaino, c’est en un sens le plus cohérent! Sa position gaulliste d’une France qui fait cavalier seul est assumée. Néanmoins, cette position ne saurait fonctionner. La France ne peut plus imposer sa volonté aux autres Etats membres de l’Union européenne.

    Pour le Front national, peut-on parler de consécration ou a contrario d’un dangereux pari si l’on en juge par les possibles retombées du Brexit sur l’économie britannique?

    Le Front national est de facto le grand gagnant du Brexit, car il est cohérent face aux événements qui se déroulent au Royaume-Uni. Alors même qu’il n’est pas obligé d’être en alliance avec d’autres mouvements dans la mesure où le Front national adopte une ligne nationaliste, il parvient à obtenir des soutiens d’autres partis européens. Une sorte d’Internationale des nationalistes est en train de se former. Il bénéficie aussi énormément des choix des autres partis français qui, faute de crédibilité de leur propre discours sur l’Europe, sont obligés de se rapprocher de la ligne frontiste. La droite tend ainsi à valider le discours eurosceptique. Le FN gagne surtout en crédibilité, car l’histoire semble se dérouler comme il l’avait prévu. Jusque dans les moindres détails. Regardez par exemple le vote britannique des classes populaires en faveur du Brexit : celui-ci valide le clivage frontiste du peuple contre les élites.

    C’est vrai que ses adversaires vont attribuer tous les malheurs du Royaume-Uni à ce choix populaire et que le FN n’aura d’autre choix que d’assumer jusqu’au bout ce soutien au Brexit, quoi qu’il advienne. En même temps, c’est une arme à double tranchant pour la gauche et la droite, car aujourd’hui, on ne sait rien de l’issue finale du Brexit, notamment en matière économique. Loin des catastrophes annoncées, on peut parfaitement imaginer que la situation britannique s’améliore. Ce serait alors un succès considérable pour le Front national. On parle à chaud de baisse de la livre sterling, de la bourse de Londres, etc. mais ce sont des réactions épidermiques et instantanées. En réalité, les économies bougent de façon beaucoup plus lente que ça. Ce qui compte au Front national, c’est de continuer à tenir un discours qui soit validé petit à petit par l’histoire. C’est en tenant la plume du débat européen, en imposant aux autres partis de se positionner, que Marine Le Pen compte avancer. L’euroscepticisme frontiste, qui n’a pas toujours existé, et qui tend en plus à se transformer en europhobie ou indépendantisme à la façon UKIP, s’est révélé être un excellent investissement de long terme au point que le Front national dispose en la matière d’un quasi-monopole auprès des électeurs. Le souverainisme de droite reste extrêmement limité autour de Nicolas Dupont-Aignan, tandis qu’à gauche, le souverainisme de Jean-Luc Mélenchon est extrêmement jeune, consécutif à ses déboires post-2012. C’est une certitude aujourd’hui: tous les ennuis de l’Europe sont des atouts pour le Front national.

    Christophe Bouillaud Propos recueillis par Alexis Feertchak, 30/06/2016

    Source : Figaro Vox – voix politique

    http://www.polemia.com/les-partis-politiques-francais-face-au-brexit-qui-sont-les-gagnants-et-les-perdants/

  • Du Brexit au Brexin

    Exit subito ! L'insistance avec laquelle les fondateurs de la CEE poussent les Anglais a déclarer maintenant le divorce sans consentement mutuel est presque risible. Pourquoi avoir soutenu l'amarrage du Royaume uni au continent pour le presser de libérer la bitte après la surprise du résultat ? Nos politiciens de rencontre surfent au gré des courants, palpent l'émotion de l'opinion, y succombent eux-mêmes et gèrent leur vestiaire en conséquence. Le comble du chic est de demander de quitter l'Europe aux représentants du Royaume uni sur les champs de bataille de la Somme aux commémorations du centenaire. On a les peigne-culs qu'on élit !
    La démocratie a ceci d'imparable qu'elle ne fonctionne raisonnablement qu'encadrée étroitement. C'est un outil dangereux à ne pas mettre entre toutes les mains. Les consultations populaires directes sur circonscription unique déroutent toujours la classe politique, qui s'active ensuite à dénoncer "l'idiotie" des réponses. Jeudi dernier, une seule question, apparemment simple dans sa formulation, a fracturé le vieux royaume en cinq morceaux, autant qu'il y a de nations fédérées en lui, et a suscité une vocation de principauté pour sa capitale historique. Ceci pour la politique. Pour l'économie c'est moins clair, après le coup de déprime en rachat des positions à découvert, les marchés se reprennent et réinitialisent leurs compteurs comme si quelque gnome de la City avait trouvé la clef qui tourne dans la boîte à musique de la démocratie britannique. Le "marché" ne s'y trompe pas qui est reparti à la hausse, la spéculation ayant anticipé le naufrage à venir du Brexit et des brexiteurs. Comment ? C'est très facile, on est loin d'un embarquement précipité des Rosbifs pour le grand océan. M. Juncker devra s'y faire.
    L'article 50 ne prévoit pas de couperet mais l'ouverture de négociations pour le détricotage des relations anglo-européennes. Le référendum était réputé consultatif contrairement au référendum écossais de 2014 qui était de pleine application. C'est aux Communes qu'il revient maintenant de décréter le retrait du Royaume Uni de l'Union européenne et de donner mandat au nouveau premier ministre de déclarer l'article 50 du Traité de Lisbonne aux autorités de Bruxelles. Selon la mafia parlementaire, ce nouveau premier ministre doit être un brexiteur, dur ou mou, pour respecter la vox populi, dei et tout le diable son train. Sauf que :
    Le parlement anglais est très divisé sur la question ; la moitié des Tories et les deux tiers du Labour sont remainistes sans compter les libéraux du centre complètement eurobéats ; la décision, si elle est obtenue naturellement (le parlement est souverain), promet de heurter de front les tenants du grand large. Bien que le régime anglais soit réputé sous le nom de démocratie parlementaire de Westminster, il paraît osé de soutenir que les députés vont faire bloc pour s'opposer au peuple ayant exprimé son choix directement. Alors ? Avant de capturer le nouveau Cromwell, on dissout la Chambre et on sort les poubelles. C'est ça le truc.
    Dans la campagne électorale qui suivra la dissolution, les candidats à la députation vont afficher très clairement leur position sur l'Europe institutionnelle, ce sera d'ailleurs le sujet prioritaire dans tous les débats, au pub et aux courses. Le peuple appelé aux urnes enverra aux Communes les représentants qui lui conviennent, circonscription par circonscription, bourg pourri par bourg pourri. La composition du nouveau parlement indiquera très précisément l'état de l'Opinion au jour du vote et ce résultat sera considéré comme celui d'un second référendum.

    La nouvelle Chambre déclarera-t-elle l'article 50 au Conseil européen ? Rien n'est moins sûr. Tout dépend du délai offert au public pour organiser ces élections, plus il sera long moins ils seront nombreux à vouloir partir car ils s'apercevront que les inconvénients de la rupture l'emportent sur une légitime fierté, un peu gratuite à la fin : le régime spécial euro-britannique négocié depuis le début par les premiers ministres anglais, et confirmé par le pacte du 19 février 2016 arraché par David Cameron au Conseil, suffit amplement à l'indépendance de la perfide Albion vis à vis du vieux continent, et si l'immigration sème à ce point la terreur dans les boroughs, on peut signaler que le problème de l'inintégration des aliens relève d'abord des intrants du Commonwealth avant de se poser sur les Européens de l'Est et sur ces p... de continental coloured catholics que nous sommes. La haine du Polonais ressemble beaucoup à la haine de l'Irlandais de jadis. Celui-ci catholique et européen affirmé remplacera-t-il à nouveau les ressortissants d'Europe de l'Est dans la détestation publique ? Peut-être bien, sauf à se retourner contre les Pakistanais, Indiens, Jamaïcains et autres niggers et rastacouères qui hantent les métros et les tabloïds.
    Que la sagesse des nations britanniques me fasse mentir et qu'ils partent donc ! Ce sera beaucoup plus clair ensuite pour nous continentaux parce que nous gagnerons en autonomie par rapport aux Etats Unis et parce que nous pourrons aussi mieux résister à l'élargissement de l'Union ; mais le gros business ne semble pas d'accord sur le largage, comme Easy Jet qui menace déjà de transférer ses sièges sociaux en Irlande ou sur le Continent, ou la HongKong & Shanghaï Bank qui voudrait s'installer à Paris. Dans un an, on se rappellera peut-être ce tsunami politique du Brexit comme une gigantesque farce avec Farage en clown blanc et Johnson en auguste, l'apprenti-sorcier restant David Cameron, l'aristo un peu con qui joua son empire pour un cheval.

    http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • LR : un projet a minima, fruit d’un consensus sans direction

    Edouard du Parc, Conseiller Municipal Délégué de Bordeaux, Délégué LR de la 2ème circonscription de Gironde, Conseiller national LR, analyse le Conseil national LR qui a donné lieu au projet mentionné ici. Extrait :

    "[...] Ce texte a été soumis aux voix des conseillers nationaux pour approbation, et seulement 14 ont voté contre. Ce travail a eu le mérite de mobiliser et de canaliser les forces autour de la construction d’un projet qui rassemble.[...]

    Toutefois, les observateurs à cette journée, auront pu constater une divergence notable entre ce projet, fruit d’un consensus d’appareil, et les interventions à la tribune puis l’auditoire nettement plus débridé.

    Lorsque l’on analyse le texte, on s’aperçoit que, d’un côté, certaines formules et certains mots sont utilisés pour définir des priorités absolues, alors qu’elles bénéficient d’un traitement minimaliste !

    Ainsi en est-il de la famille, par exemple. On est heureux de lire qu’elle est « une institution clé et un repère dans cette période charnière que nous traversons » et que « les Républicains souhaitent défendre une politique familiale ambitieuse, juste et volontariste ». Cependant, ce sujet n’est traitées qu’en 12èmeposition sur 18, et donne lieu à des dispositions peu ambitieuses : le rétablissement du quotient familial, et de l’universalité des allocations familiales, supprimés par les socialistes. Et le développement de l’emploi familial, pour favoriser l’engagement professionnel des femmes et la refonte des modes d’accueil et de gardes des enfants. 

    D’un autre côté, les « valeurs, celles qui constituent notre ADN », ne sont pas définies…, et les maux sont peu évoqués : la désagrégation du territoire, de la langue et du peuple français. Plus largement, la perte de compétitivité économique, et du rayonnement de la présence et de la culture française dans le monde. De même, il n’est pas indiqué avec quels moyens les réformes proposées seront financées.

    Si les mesures techniques sont bien évoquées dans le projet, elles ne semblent pas en adéquation avec la gravité de la situation d’aujourd’hui. Peut-être, justement,  parce qu’elle est insuffisamment analysée, décrite !

     Alors que, la quasi-totalité des intervenants, très applaudis, ont traité, sans langue de bois, de ces sujets.

    En conséquence, ce projet donne l’impression d’être un minima, d’être le fruit d’un consensus sans direction. Celui d’un appareil qui souhaite se protéger, garder son fonctionnement et ses références, alors que la réalité et que les hommes et les femmes d’aujourd’hui appellent à un véritable changement, à la fois, anthropologique et humain. [...]"

    Michel Janva

     

  • Brexit... (partie 2) Le fort abstentionnisme des jeunes Britanniques.

    La réaction des jeunes Britanniques en défaveur du Brexit ne surprend guère au regard des promesses toujours renouvelées de la mondialisation et de l’individualisme libéral dominant parmi les jeunes générations : on peut le regretter mais c’est un fait, non un bienfait sans doute, et aucune politique ne peut négliger cette appétence apparente des étudiants et de la jeunesse dorée (mais pas seulement) envers les avantages supposés des libres Marché et échange. Pour autant, faut-il se contenter ou se satisfaire de ce constat ? Ce n’est pas obligatoire…

    Quelques commentateurs et hommes politiques, dont MM. Moscovici et Juppé parmi les plus virulents, ont vanté la jeunesse et dénoncé ces « vieux » qui ont, selon eux, « gâché l’avenir des nouvelles générations » en votant pour le Brexit. L’âge du second pourrait le desservir, néanmoins, dans cet hymne jeuniste : a-t-il oublié que les « anciens » sont les plus mobilisés durant les élections, y compris en France durant l’élection présidentielle ? D’ailleurs, c’est ce que confirme l’étude de l’âge des électeurs britanniques s’étant déplacés l’autre jeudi, et que rapporte La Croix dans son édition du lundi 27 juin : « 75 % des 18-24 ans et 56 % des 25-49 ans ont voté en faveur du maintien dans l’UE. A l’inverse, 56 % des 50-64 ans et 61 % des plus de 65 ans se sont prononcés pour le Brexit. (…) Ces jeunes ne peuvent pourtant s’en prendre qu’à eux-mêmes : seuls 36 % des 18-24 ans et 58 % des 25-49 ans se sont rendus au bureau de vote contre 83 % des plus de 65 ans… », pour un taux de participation générale de plus de 72 %. 

    Ainsi, les classes les plus « mobiles » et, souvent, les plus instruites ou, du moins, les plus diplômées, si l’on en croit les instituts de sondage, seraient à la fois les plus europhiles et les moins « démocrates », au moins électoralement parlant, préférant l’abstention à l’expression du suffrage.

    A moins qu’il n’y ait un malentendu : si le vote avait été obligatoire, est-on sûr que les 64 % d’abstentionnistes de moins de 25 ans du jeudi 23 juin auraient forcément voté comme ceux qui se sont déplacés ? Rien n’est moins sûr, en définitive… Peut-être l’abstention signifie-t-elle un désaveu encore plus net de l’Union européenne de la part de cette jeunesse qui pratique l’abstinence des urnes ou, et ce n’est pas forcément plus rassurant pour les européistes même si c’est souvent plus confortable pour ceux-ci et leur pouvoir, une indifférence teintée de fatalisme ou de mépris. Mais l’on peut évidemment avancer l’explication inverse : l’Union européenne serait une telle évidence pour ces jeunes générations qu’elles n’éprouveraient pas le besoin de se déplacer pour le dire par le bulletin de vote. Dans ce dernier cas, c’est bien la démocratie comme mode d’expression électorale et politique qui est en cause…

    En somme, ce Brexit mérite une attention toute particulière pour tout ce qu’il révèle, au-delà même des faits et de leurs conséquences, et cela non seulement sur la question européenne mais aussi sur les questions politiques et civilisationnelles. Se contenter d’une lecture « unique » serait, à coup sûr et à coût élevé, ne rien comprendre de ce qui s’est passé et, bien plus encore, de ce qui se passe aujourd’hui. « L’Europe légale » aurait grand tort de ne pas entendre ou de se contenter de quelques préjugés rassurants pour elle, mais c’est aussi vrai pour ses opposants…

    (à suivre)

    http://nouvelle-chouannerie.com/

     

  • Sur l'économie, le FN devrait garder en 2017 le cap de 2012

    Le Front national lève peu à peu le voile sur son programme économique pour la présidentielle 2017, mis à jour par rapport à 2012 mais toujours basé sur la "clé de voûte" de la sortie de l'euro et de la manne financière attendue du frein à l'immigration.
    Le Cap éco, organe interne du parti, remettra jeudi à Marine Le Pen un "pré-programme économique" pour 2017, fruit de "quatre ans de travail" et d'adaptation, a déclaré à l'AFP le "stratégiste économique" du parti, Bernard Monot, confirmant des informations de Valeurs Actuelles et du Parisien.
    Le programme final pour 2017 ne devrait d'après lui guère varier de ce pré-programme : "Sur les grands thèmes, tout a déjà été arbitré par Marine Le Pen".
    Celle-ci a pourtant indiqué rapidement à l'AFP que ce que va lui soumettre le Cap éco est "un document de travail parmi d'autres. Rien n'est validé. Je présenterai mon projet, économique et autre, dans plusieurs mois".
    Pour la candidate à la présidentielle, l'enjeu est grand. Si son électorat et celui de droite en général partagent plutôt ses positions régaliennes ou sécuritaires, l'économie reste le principal point de clivage.
    Selon un sondage Odoxa d'avril, les sympathisants de droite hors FN approuvent à 79% une forme de préférence nationale, chère aux frontistes, mais 13% seulement souhaitent "sortir de la zone euro et revenir au franc", 14% "sortir de l'UE", deux mesures FN cardinales. 70% jugeaient d'ailleurs le programme frontiste "dangereux pour notre économie".
    Pourtant, dans ce pré-programme dévoilé par M. Monot, pas vraiment de virage à 180 degrés. La sortie de l'euro, transformé en "euro commercial à côté d'une monnaie nationale", sera "toujours la clé de voûte du patriotisme économique" FN, d'après lui.
    "Si Marine Le Pen dit demain +on est pour l'euro+, les adversaires diraient +vous êtes des incompétents, vous vous êtes trompés pendant des années, c'est sûrement la même chose avec l'UE, l'immigration...+. C'est perdant-perdant", décryptait en janvier Florian Philippot devant quelques journalistes.
    Quelques traductions concrètes de la communication FN depuis début 2017, axée sur le volet libéral de son programme économique, apparaissent.
    M. Monot propose ainsi un "objectif de réduction des dépenses publiques de 60 milliards d'euros", qui seraient à "moyen terme" ramenées à 50% du PIB (contre 57% en 2015). En 2012, Marine Le Pen n'avait pas pris d'engagement chiffré.
    De la même manière, le droit du travail serait "assoupli (...) quand les choses iront mieux". Sur l'emploi, les 35 heures seraient aussi "assouplies" pour favoriser les accords de branche et le "39 heures payées 39".
    Par rapport à 2012, la taxe sur les importations qui vise à augmenter de 200 euros net les salaires jusqu'à 1,4 fois le Smic, deviendrait "temporaire", selon M. Monot.
    - 40 mds € annuels attendus avec une immigration réduite -
    Constante par rapport à 2012, Marine Le Pen a récemment déclaré à plusieurs reprises qu'elle maintenait sa volonté de revenir à la retraite à 60 ans avec 40 ans de cotisation.
    Volet recettes, tous les Français seraient tenus de payer l'impôt sur le revenu (IR), même "symboliquement". Le FN souhaite aussi élargir l'assiette imposable des particuliers "mais surtout des entreprises", tout en réduisant les taux marginaux. En 2012, le FN prônait une tranche marginale de l'IR à 46%.
    Le FN escompte récupérer "15 à 20 milliards d'euros annuels" de la lutte contre la fraude fiscale des entreprises et des multinationales.
    Parmi les principaux postes, le FN attend, selon M. Monot, "40-42 milliards d'euros annuels à la fin du quinquennat" (11,5 en 2012), et 8,5 mds dès la première année (4,8 en 2012), d'une réduction de l'immigration à 10.000 entrées légales annuelles.
    Cette prévision de recettes, contredite par de nombreuses études universitaires, paraît d'autant plus ambitieuse que le parti d'extrême droite a discrètement assoupli sa position sur l'immigration: le chiffre de 10.000 entrées légales annuelles était en 2012 un plafond brut, il est devenu un solde, c'est-à-dire les entrées moins les sorties.
    Reste à savoir ce qui restera dans le projet final frontiste. Mme Le Pen prévoit de lancer officiellement sa campagne début 2017.

    L'Express :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuyZkVZZFkuHFZVNrr.shtml

  • Brexit... (partie 1) Ce Brexit inattendu.

    Le Brexit a eu lieu contre toute attente et à rebours des derniers sondages, ce qui confirme, une fois de plus, que « sondage n’est pas suffrage ». Ce qui a suivi n’a pas clarifiée la situation, bien au contraire, et il faudra sans doute attendre que soit retombée la fumée pour mieux saisir les perspectives de cet événement qui sort des schémas les mieux établis par Bruxelles et par le monde de la Finance :parler trop tôt sur tous les sujets serait parler trop vite, avec tous les risques de dérapage que cela peut entraîner. 

    Ce qui est certain, pour l’heure, c’est la réalité du vote majoritaire des Britanniques pour la sortie de l’Union européenne, après 43 ans d’un mariage peu sentimental entre le Royaume-Uni et le continent bruxellois. Un vote qui reflète aussi les paradoxes de la mondialisation et la complexité, parfois antagoniste, des rapports entre les sociétés et en leur sein face à ce grand remue-ménage mal ordonné par la « gouvernance mondiale », autre nom de la domination de l’Economique sur le Politique.

    Ainsi, les Anglais et les Gallois ont voté pour la sortie de l’Union quand les Ecossais et les Irlandais ont voté contre ; même dissensus entre les classes aisées, urbaines et mondialisées, favorables au maintien dans l’UE, et les classes populaires, hostiles à celui-ci, sans oublier la fracture générationnelle entre la jeunesse dorée de Londres, europhile, et ses géniteurs, moins enthousiastes devant l’Union européenne… Certains y voient les signes probants d’un « royaume désuni », en oubliant, un peu vite, que le trait d’union entre toutes ces différences (ou diversités de situation et d’appréciation) est, lui, toujours là et a encore plus de raisons d’exister, à bien y regarder… Un ami britannique me confiait il y a peu : « la famille royale unit ceux qui, aujourd’hui, ne veulent plus (ou ne peuvent plus) se parler en face. Tant qu’elle est là et qu’elle assume sa tâche historique et symbolique, le Royaume-Uni a un lendemain ». Et il ajoutait que, même si l’Ecosse s’émancipait du Royaume (ce qui n’est pas fait), c’est encore la famille régnante qui servirait d’intermédiaire pour nouer des relations « sentimentales » durables et apaisées entre les deux pays… 

    En tout cas, le jour d’après le référendum, la Bourse de Londres n’a pas dévissé au contraire des bourses du continent, et la dépréciation de la livre sterling n’a pas forcément affolé les entrepreneurs anglais qui y voient, en fait, le moyen de gagner en compétitivité à moindre frais, leurs produits étant désormais moins chers pour les clients étrangers. En revanche, les touristes britanniques ou les expatriés sont désormais moins à l’aise, mais cela pourrait aussi favoriser Londres aux dépens de Paris, désormais trop cher pour les touristes d’Outre-Manche et moins sûr en raison des menaces d’attentats, sans oublier que Londres aura toujours la relève de la Garde (royale) et le trésor de la Tour de Londres, entre autres, pour satisfaire les étrangers férus d’exotisme européen : verdict dans six mois, lorsque la saison estivale sera passée…

    http://nouvelle-chouannerie.com/

  • Le bilan de François Hollande (Bruno Guigue et Jean-Michel Vernochet)

    A moins d’un an de l’élection présidentielle, Jean-Michel Vernochet demande à Bruno Guigue de donner pour Médias-Presse-Info son analyse du bilan de François Hollande, essentiellement en ce qui concerne la politique étrangère de la France.

    http://www.medias-presse.info/le-bilan-de-francois-hollande-bruno-guigue-et-jean-michel-vernochet/57269

  • Un deuxième scrutin sera bien organisé...

    ...en Autriche :

    "La Cour constitutionnelle autrichienne a annoncé vendredi l'invalidation du résultat de la présidentielle qui a vu l'écologisteAlexander Van der Bellen battre de peu le candidat d'extrême droite Norbert Hofer en mai, en raison d'irrégularités dans le dépouillement de certains suffrages.

    Cette décision sans précédent, qui valide le recours déposé par le parti FPÖ de Norbert Hofer, ouvre la voie à un nouveau scrutin, sans doute à l'automne. Alexander Van der Bellen, qui l'avait emporté avec 50,3% des voix, devait prendre ses fonctions le 8 juillet. L'intérim à la tête de l'Etat sera assuré par la présidence de la chambre basse du parlement."

    Nos grands démocrates qui veulent faire revoter les Britanniques, le résultat du référendum ne leur plaisant pas, vont finir par s'étrangler de ce trop plein de vraie démocratie en Europe.

    Rappel des faits ici et ici.

    Philippe Carhon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • L'après-Brexit (Franco)-Allemand

    Les résultats du Brexit, inattendus et malvenus auprès des élites de l'Union Européenne ne se seront pas fait attendre d'une réponse rapide et virulente concernant le futur envisagé par l'Allemagne et la France de ce que devrait devenir l'Union Européenne. En effet, un média d'Europe Centrale Polonais a révélé le document de neuf pages(1) qui a été soumis le lundi 27 juin au groupe de Visegrád(2) par les Allemands(3). Il est déjà important de noter que ce document n'a été diffusé à aucun moment avant qu'il ne soit transmis aux pays d'Europe Centrale du V4. Il s'agit ici de présenter les points centraux du document de 9 pages et leurs conséquences.

    Toute la rhétorique du texte tourne autour de l'importance capitale de la France et (surtout) de l'Allemagne pour mener de futurs projets européens au sein de l'UE, le premier étant ici la mise en place d'une construction supranationale étatique remplaçant à minima partiellement les instances politiques, économiques et sécuritaires des États-nations historiques engagés dans l'intégration à l'Union Européenne. Mais cette condition s'accompagne de clauses, et pour les États européens qui refuseraient cet état de fait au sein de l'UE, une place de pays de seconde zone clairement mentionnée leur serait réservée. En effet « La France et l'Allemagne reconnaissent leurs responsabilité de renforcer la solidarité et la cohésion au sein de l'Union Européenne. A ce titre, nous devons reconnaître que des États-membres diffèrent dans leur niveau d'ambition comme État-membre quand on en vient au projet d'intégration Européenne. »

    Le premier volet de supranationalité présenté concerne la sécurité européenne, vu comme un élément essentiel pour assurer la pérennité de l'Union Européenne(4). Devant des succès supposés de la diplomatie de l'UE comme en Libye (pays en ruine, plus aucune force politique, des islamistes et des migrants qui traversent jusqu'en Europe) ou en Ukraine avec les Accords de Minsk (le conflit dure toujours avec son lot de morts quotidien, l'Ukraine n'a récupéré aucun des territoires qu'elle a perdu du fait de l'ingérence Russe et les accords de Minsk concernant le cessez-le-feu n'ont jamais été appliqués)(5). L'Union Européenne devrait mettre en place des réformes pour promouvoir une « Union sécuritaire » qui inclurait à terme une intégration complète d'une sécurité des États-nations vers la sécurité d'un État Européen. Est également évoqué dans ce cadre sécuritaire la mise en place d'une véritable armée européenne pour remplacer les armées nationales (Armée qui serait donc bien entendu centrée autour des intérêts Allemands). Sans compter une ingérence dans les choix militaires de toutes les anciennes structures étatiques dans le processus pour répondre aux intérêts de la « défense européenne » en priorité(6).

    Le deuxième volet traité est celui du droit d'asile et de la question de la politique migratoire. Le ton est donné sous forme de menace quant aux choix concernant leur politique migratoire des pays d'Europe Centrale dans l'actualité récente. « Il n'y aura pas de réponses unilatérales nationales au défi de la migration, qui est véritablement le défi Européen du XXIème siècle. » Les propositions de ce volet sont donc tout simplement un rattachement unilatéral à la politique migratoire allemande depuis maintenant le début de la « crise des migrants » mais à une échelle européenne, sous prétexte de renforcer l'Europe avec une ligne commune(7). Le texte reste donc clair sur le fait d'accueillir sans hésitation les migrants arrivant en Europe, et qui continueront d'affluer dans le futur(8). A ce titre, il se permet d'ailleurs même d'affirmer que c'est l'expérience en terme d'intégration des migrants de la France et de l'Allemagne qui « bénéficieront » aux autres pays européens sur cette même voie. Des viols, des agressions et des Cologne bis seraient donc potentiellement à prévoir à une plus large échelle pour plus d'intégration et d'acceptation. A ce phénomène de politique migratoire est par ailleurs ajouté la perte de la gestion de ses frontières au profit de l'instance supranationale européenne et aussi comme justificatif d'une sécurité européenne.

    Le troisième et dernier volet du texte concerne l'économie et les politiques monétaires qui devraient être mises en place pour garantir une meilleur intégration européenne et une économie stable en Europe d'après les politiciens Allemands et Français. Dans la lignée de la fusion en un seul État européen tournant autour de l'Allemagne et de la France, le texte évoque le besoin « d'organiser un processus de convergence économique et de gouvernance politique », donc garder l'€uro comme monnaie unique et faire en sorte qu'elle soit avant tout une monnaie qui servirait des intérêts franco-allemands, tout en continuant de garder les autres États européens dans son giron(9). Il est également expliqué qu'il faudrait encore d'avantage accentuer la politique économique européenne par un renforcement du marché unique en Europe (à mettre en corrélation avec le TAFTA qui est toujours d'actualité), ainsi qu'une gestion monétaire transférée entièrement des États-nations aux instances de cette nouvelle structure européenne, notamment dans le cadre de la fiscalité(10). C'est ainsi la chambre du parlement Européen qui détiendrait toutes les directives concernant les décisions monétaires autour de l'€uro. (11)

    En définitive, ce texte « franco-allemand » s'apparente plutôt à un texte dont les intérêts sont avant tout Allemands, pour faire pression sur le reste de l'Europe, et notamment l'Europe Centrale et orientame en tentant d'aligner tous les acteurs européens aux positions des élites allemandes actuelles en matière politique, migratoire et économique. Un tel projet est un danger pour les États-nations historiques et pour les peuples Européens. Si l'Allemagne n'est plus la même entité et ne possède plus les mêmes élites que sous le IIème et le IIIème Reich, l'impérialisme allemand comme affirmation politique est loin d'être enterré, et constitue aujourd'hui une menace grave pour les Européens.

    Lilian / C.N.C.

    Notes :

    (1)http://s.tvp.pl/repository/attachment/d/5/1/d51736df11c6a...

    (2) http://www.radio.cz/fr/rubrique/infos/le-brexit-au-coeur-...

    (3) http://www.tvp.info/25939371/nasz-news-superpanstwo-zamia...

    (4) “Dans ce contexte, la France et l'Allemagne se réengagent à partager une vision de l'Europe à travers une Union dans la sécurité, basée sur la solidarité et l'assistance mutuelle entre les Etats membres, en soutien de la sécurité commune et de la politique de défense. Assurer la sécurité pour l'Europe ainsi que contribuer à la paix et la stabilité à l'échelle mondiale est au coeur du projet Européen."

    (5) “L'engagement Européen dans le processus de Minsk a aidé à contenir une confrontation militaire dans l'Est de l'Ukraine qui aurait pu facilement échapper à tout contrôle. Nos efforts diplomatiques ont pavé la voie pour un réglement politique dans le conflit qui continue de se poursuivre. En Libye, nous soutenons le gouvernement sortant des accords nationaux cherchant à répondre aux risques posés par la fragilité de l'Etat et par l'instabilité dans le Sud Méditerranéen.”

    (6) "L'une des principales caractéristiques de l'environnement de sécurité d'aujourd'hui est l'interdépendance entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure, étant donné que les risques les plus dangereux et déstabilisants émanent de l'interaction entre les menaces externes et les faiblesses internes. Pour répondre à ce défi, l'Allemagne et la France proposent un Pacte de Sécurité Européen qui englobe tous les aspects de la sécurité et de la défense traités à un niveau Européen et qui doit donc répondre à la promesse de l'UE de renforcer la sécurité pour ses citoyens.

    [...]

    La stratégie globale de l'Union Européenne est une première étape dans cette direction. Mais nous avons besoins de pousser plus loin : sur une plus contestée et compétitive scène internationale, la France et l'Allemagne vont promouvoir l'UE comme un acteur indépendant et global capable de tirer parti de sa game unique de compétences et d'outils, civils et militaires, afin de défendre et de promouvoir les intérêts de ses citoyens. La France et l'Allemagne vont promouvoir la politique étrangère et sécuritaire intégrée de l'UE pour rassembler tous les instruments politiques de l'UE."

    (7) "Les demandeurs d'asile atteignant l'Europe ont le droit d'être traité selon la Convention de Genève, peu importe où ils atteignent nos côtes. A cette fin nous devons continuer d'harmoniser et de simplifier nos normes et procédures dans des régions spécifiques.

    [...]

    Dans un premier temps, le système de Dublin doit être amélioré pour faire face à des circonstances exceptionnelles au moyen d'un mécanisme permanent et contraignant qui prévoit le partage des charges entre tous les Etats membres. Si nécessaire, l'Allemagne et la France sont prêtes à procéder à ce sujet avec un groupe de partenaires aux vues similaires."

    (8) "L'Europe devrait rester ouverte à ce que la migration et la mobilité peuvent contribuer à nos sociétés dans les domaines de l'économie, de la culture et de la diversité."

    (9) "Nous avons donc l'intention de procéder sur trois fronts simultanément : Le renforcement de la convergence économique, l'amélioration de la justice sociale et la responsabilité démocratiques.

    [...]

    Les pays exédentaires et déficitaires devront bouger, comme un alignement unilatéral est politiquement irréalisable."

    (10) "Par conséquent, en tant que principe général, toute démarche visant à approfondir l'Union économique et monétaire devrait être accompagnée par des progrès dans le domaine de la fiscalité commune, notamment en ce qui concerne les sociétés transnationales, ainsi que le développement d'une union sociale soutenue par des normes sociales minimales communes."

    (11) "Par conséquent, en tant que principe général, toute démarche visant à approfondir l'Union économique et monétaire devrait être accompagnée par des progrès dans le domaine de la fiscalité commune, notamment en ce qui concerne les sociétés transnationales, ainsi que le développement d'une union sociale soutenue par des normes sociales minimales communes."

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2016/06/29/l-apres-brexit-franco-allemand-5820573.html