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géopolitique - Page 1012

  • La Syrie est le théâtre d’une guerre économique mondiale

    La Syrie est le théâtre d’une guerre économique mondiale
    Le journaliste, écrivain et politologue suisso-tunisien Riadh Sidaoui est le fondateur et directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales basé à Genève. Il est également rédacteur en chef de la revue Progressiste. Dans cet entretien, il décortique la crise en Syrie, théâtre de la guerre économique mondiale entre les puissances économiques occidentale et les économies émergentes et explique l’appui américain aux islamistes dans ce qu’on appelle le printemps arabe.

    Le Temps d’Algérie : La Ligue arabe vient d’octroyer un siège permanent à l’opposition syrienne. Comment interprétez-vous ce geste ?

    Riadh Sidaoui : Sur le plan interne, nous constatons aujourd’hui que la Ligue arabe est l’otage de certains pays qui se sont octroyés la mission de propager la démocratie dans les pays arabes, alors qu’ils se trouvent être les pires dictatures. Les deux pays à la tête de la Ligue arabe que sont le Qatar et l’Arabie saoudite sont dépourvus de toute vie démocratique et sont en rupture totale avec les principes de démocratie, à savoir une tradition électorale, une vie syndicale, l’exercice des libertés d’expression et de pensée…

    C’est ce qu’on appelle en sciences politiques des dictatures absolues. Sur le plan externe, la politique de la ligue arabe répond parfaitement aux intérêts des Etats-Unis. Le Qatar et l’Arabie saoudite sont les principaux alliés des Américains dans la région et ont, de tout temps, aidé les Américains à appliquer leur agenda. L’Arabie saoudite a financé les Contras [correction du Grand Soir] (les éléments de la contre-révolution) en Amérique latine pour le compte de la CIA.

    Cette dernière a besoin d’un budget énorme pour financer tous ses projets et a pu compter sur l’aide de son allié saoudien. C’est une situation surréaliste que de voir un tel acharnement de dictatures absolues en soutien à une opposition. Un acharnement qui a abouti, puisque les voix de l’Algérie et de l’Irak, qui ont émis des réserves, ou du Liban qui s’est abstenu sur la question ont été très minoritaires et sans impact.

    Comment expliquer la position algérienne ?

    La position algérienne est le résultat de l’héritage de la révolution algérienne. L’Algérie a adopté, depuis son indépendance, des positions en faveur du « fraternisme » arabe et sa politique insiste beaucoup sur la souveraineté des Etats et s’oppose donc à l’ingérence et aux interventions étrangères.

    Cette position traduit-elle une prise de conscience par les autorités algériennes des réalités du « printemps arabe » ?

    Beaucoup la disent elle-même menacée par cette vague de déstabilisation. C’est surtout le résultat de la culture de la révolution et une tradition issue du boumediénisme qui était très proche des mouvements nassérien et baâthiste. L’on s’est rendu compte que l’on était en face d’un mouvement mondial pour l’hégémonie américaine. Ce mouvement déploie tous les moyens possibles et se sert de tous ses outils, notamment de la Ligue arabe.

    Il y a eu des tentatives de déstabilisation de l’Algérie par ces mêmes pays qui sont aujourd’hui à la tête de la Ligue. Outre un financement des groupes terroristes du GIA, ces pays ont procédé à un matraquage médiatique en faveur des groupes terroristes, notamment grâce aux grands titres de la presse comme Al Hayat et Charq El Awsat. Mais le rôle de l’armée algérienne a été déterminant dans cette tentative de déstabilisation du pouvoir algérien et de l’installation des islamistes au pouvoir.

    Pourquoi cette propulsion des islamistes au pouvoir dans les pays arabes ?

    Les clivages « progressiste » – à savoir la gauche arabe représentée par le boumediénisme (Algérie), le nassérisme (Egypte) et le baâthisme (Irak et Syrie) – et le clivage réactionnaire des monarchies du Golfe ne peuvent pas cohabiter.

    Après le rayonnement du clivage progressiste, malgré ce qu’on peut lui reprocher, on assiste aujourd’hui à la revanche des réactionnaires arabes sur tout ce qui est progressiste ou qui peut être démocratique, grâce notamment à une hégémonie sur le champ médiatique arabe.

    La crise syrienne, comme ce qu’on appelle le « printemps arabe », est donc un retour en force de la réaction arabe

    Il y a un dynamisme interne au sein du peuple syrien en faveur de l’établissement d’un modèle démocratique solide, loin du modèle qatari ou saoudien. On ne peut pas le nier. Cependant, ce n’est nullement la transition démocratique qui est le but de l’acharnement diplomatique des têtes de la Ligue en faveur de l’actuelle opposition syrienne. Les forces étrangères, à leur tête le Qatar et l’Arabie saoudite, ont accordé pas moins de 20 milliards de dollars d’aide à l’opposition. Si on avait voulu aider le peuple syrien, cette somme aurait pu être investie dans la création de l’emploi et l’aide à la population.

    Mais l’on vise la destruction de l’Etat syrien. C’est le baâthisme syrien qui est visé, comme l’a été le baâthisme irakien et le nassérisme égyptien. Ce sont ces modèles, malgré tout ce qu’on peut leur reprocher, qui sont visés afin de les détruire. On assiste cependant à une résistance interne et même externe face aux attaques étrangères émanant notamment de Turquie et du Liban malgré sa position officielle plus neutre. Les intérêts des puissances économiques mondiales se confondent et elles essaient, toutes, à travers leurs alliés, de défendre leurs intérêts.

    La Syrie est-elle le théâtre d’une guerre économique mondiale ? Quels sont les enjeux économiques derrière cette crise ?

    Absolument. On assiste à une guerre mondiale entre les différentes grandes puissances économiques. Il y a d’un côté les Etats-Unis, avec l’aide de leurs alliés qui veulent imposer leur hégémonie sur les énergies et les ressources naturelles mondiales, et de l’autre la Russie et la Chine qui résistent, avec à leur côté les économies émergentes, l’Iran, l’Inde, le Brésil et l’Afriques du sud qui ont refusé une intervention étrangère en Syrie et évité ainsi un scénario à la libyenne.

    La Russie a utilisé son veto, et pour la première fois, la Chine a recouru à son droit de veto elle aussi. Elle a voulu par ce geste passer un message aux Etats-Unis. On a désormais compris que l’on était dans une guerre économique mondiale ; les économies émergentes, la Russie et la Chine, ont fait savoir qu’elles n’allaient pas se laisser faire. Quant aux enjeux économiques, ils concernent en premier lieu le pétrole et le gaz.

    Quand on regarde bien la carte, on constate que l’Irak et l’Afghanistan, qui ont déjà été envahis, la Syrie, en proie à une crise, et probablement l’Iran après, forment un cordon autour de la Chine et de la Russie. La Syrie, même si elle ne dispose pas de ressources énergétiques importantes, relie la mer méditerranée et l’Asie. C’est une jonction entre les continents européen et africain d’un côté et le continent asiatique de l’autre, par laquelle passent de nombreux pipelines. C’est une crise motivée d’abord par les intérêts économiques des uns et des autres.

    C’est pour cela qu’on ne peut pas parler d’un « printemps arabe ». Si l’on nous parle d’une volonté d’aider des peuples à instaurer la démocratie, on ne peut que constater le deux poids, deux mesures des Etats-Unis qui soutiennent militairement des « oppositions » à renverser le pouvoir en place et aident en même temps le régime bahreïni à mâter une révolte populaire.

    Sur le terrain, les Etats-Unis ne sont pas très visibles. Ce sont plutôt la Grande-Bretagne et surtout la France, accusée de mener des guerres pour les Américains. comment expliquer la position de la France ?

    La position de la France concernant l’invasion de l’Irak était radicalement anti-américaine. L’ancien président, Jacques Chirac, avait menacé d’utiliser son droit de veto. Il avait opté pour une politique « pro-arabe » et s’est même montré correct avec les Palestiniens, s’attirant les foudres du lobby sioniste en France. Il tentait ainsi d’avoir la sympathie des pays arabes pour se procurer de nouveaux marchés, notamment un marché d’armes juteux.

    Mais il avait fait de mauvais calculs, les pays du Golfe sont des clients des Etats-Unis et de la Grande- Bretagne. Finalement, la politique de Chirac n’avait pas été fructueuse. Son successeur, Sarkozy, est ouvertement pro-américain et pro-israélien, il s’est rangé au côté de l’axe américano-sioniste et a même été plus royaliste que le roi en s’embarquant dans les guerres du printemps arabe, qui profitent pleinement aux Américains.

    Avec l’arrivée du socialiste Hollande, certains ont espéré un changement, mais on a constaté qu’il avait continué dans la même lignée. La France était déjà très impliquée dans la crise syrienne. Elle se retrouve, elle, le pays laïque, à soutenir des islamistes ! La position de la Grande-Bretagne est plus attendue. C’est l’alliée fidèle des Etats-Unis. D’ailleurs, ces derniers ont établi des liens avec les islamistes sous l’influence de la Grande-Bretagne.

    Ce sont donc les Etats-Unis qui ont le plus à gagner avec l’arrivée des islamistes au pouvoir ?

    Le lien entre les Etats-Unis et les islamistes est établi. Il y a d’abord les différents câbles diplomatiques divulgués par Wikileaks qui en attestent. Ensuite, la mort de Ben Laden qui, après une cavale de plus de dix ans, disparaît brutalement en plein « printemps arabe » ! De plus, les interventions militaires en Libye et Irak, qui visaient à détruire les courants de la gauche arabe, ont mené à la montée d’islamistes au pouvoir.

    Il y a aussi les déclarations fortes du directeur de la police de Dubaï lors d’une réunion en présence de l’ambassadeur américain, accusant directement les Américains de vouloir renverser des régimes arabes et de favoriser l’accès des islamistes au pouvoir.

    Comment expliquer cette sortie fracassante alors que les Emirats arabes unis sont considérés comme les alliés des USA ?

    Il faut savoir que les Emirats ne sont pas le Qatar ou l’Arabie saoudite. Ils s’en démarquent. Ils refusent le wahhabisme promu par ces deux pays et tentent vraiment de se développer et de progresser. Ils ne cachent plus leur grand malaise face au wahhabisme qatari et avaient d’ailleurs osé s’opposer à l’Arabie saoudite en l’appelant à s’occuper de ses cinq millions d’habitants vivant sous le seuil de la pauvreté.

    Quels sont les scénarios envisageables maintenant en Syrie ?

    Le premier scénario voudrait que la guerre perdure. Certaines crises en Amérique latine, comme en Colombie, ont duré des décennies, car dans cette guerre, il y a ce qu’on appelle « une mobilisation totale des ressources », qu’elles soient humaines, financières ou médiatiques, de toutes les parties impliquées. On assiste également à des divisions au sein de l’opposition. Le deuxième scénario prévoit, lui, une victoire du pouvoir syrien. N’oublions pas qu’il vient de reconquérir des espaces qui étaient aux mains de l’opposition armée.

    Il est vrai que la crise dure, et elle risque de durer encore ; l’armée étant de formation soviétique, elle n’est pas préparée à la guérilla ; les guerres des villes sont les plus dures, d’autant que l’armée syrienne ne s’y était pas préparée. Ceci dit, c’est une armée qui est en train de gagner des batailles, si l’on en croit les vraies sources d’information. Car à en croire Al Jazeera par exemple, le régime syrien aurait dû tomber depuis longtemps. Il devra cependant faire des concessions et aller vers des réformes. Ce n’est pas perdu pour lui.

    Le siège de la Syrie à l’ONU ne serait-il pas menacé ?

    Non, il ne l’est pas. L’Onu n’est pas la Ligue arabe. Cette dernière n’a plus aucun poids. Son rôle a pris fin en 1973 quand l’organisation a décidé l’embargo pétrolier. C’est bien la dernière décision de la Ligue qui, depuis, n’est qu’une marionnette aux mains des dictatures absolues du Golfe ; elles-mêmes sont des marionnettes aux mains des Etats-Unis.
    Riadh Sidaoui http://www.voxnr.com
    notes :
    Riadh Sidaoui est le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales.

    Entretien réalisé par Mehdia Belkadi

  • Faut-il renoncer à la démocratie ?

    Je crois que certains lecteurs, en voyant ce titre, vont cliquer sur le lien tout en se demandant si Alexandre Latsa est brusquement devenu fou, ou en pensant que la suite va enfin dévoiler le fond de sa pensée. Mais non, pas d'inquiétude, l'idée n'est pas de moi.
    « Faut-il supprimer la démocratie » est une citation du « sage et démocrate » Jacques Attali. Celui-ci a en effet le 18 mars dernier signé un article absolument incroyable où il pose la question de l’opportunité de songer à appuyer, aider et compléter les structures et institutions démocratiques afin de pérenniser leur efficacité.

    Jacques Attali prend l’exemple de l’élection verticale et à vie du pape, puis de l'élection de la nouvelle présidence chinoise pour 10 ans, en remarquant que les deux fonctionnent selon le principe du parti unique, en portant au pouvoir quelqu'un du sérail sans consulter le peuple. Ensuite, il constate les échecs du système démocratique italien incapable de permettre l’émergence d’un gouvernement stable après les élections législatives du mois dernier. L’Italie serait d’après lui l’exemple type de l’échec du fonctionnement des systèmes démocratiques, le politique étant contraint de sacrifier l’avenir à long terme du pays (en aggravant la situation économique) pour assurer sa réélection.

    Serait-il tombé sous le charme des partis uniques parce que la démocratie montre ses limites ?

    Pas du tout, il propose une troisième voie. Construire (en parallèle des institutions démocratiques) de nouvelles assemblées consultatives, composées de gens choisis, qui nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, ces derniers constitueraient une assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques. Ces assemblées seraient toujours selon lui destinées à équilibrer des pouvoirs politiques qui seraient mieux en mesure d’exécuter leur mission: la gestion de la « cité ».

    Il ajoute qu'il y a urgence à ce que des gens (des « sages » n’en doutons pas NDLR) prennent le relai des politiques élus car les risques seraient réels puisque « les multiples fondamentalismes sont présents et ils rodent autour du lit de la démocratie ». Il conclut : « Si on veut sauver l’essentiel de la démocratie, c’est à de telles audaces qu’il faut commencer à réfléchir ».

    Il faut peut-être lire entre les lignes et traduire : Nous (l’oligarchie) allons devoir un peu plus confisquer la démocratie et permettre à des gens mieux « choisis » de diriger nos pays.

    Utopie ? Usine à gaz avec de nouvelles assemblées commissions et comités divers salariés par les états démocratiques ? Il faut prendre très au sérieux les « audaces » proposées par Jacques Attali, parce qu'il existe déjà des comités qui pensent et décident à la place des élus du monde occidental.

    Le 29 mars 2013, le président de Goldman Sachs a confirmé que le problème principal de l’UE était non pas Chypre (ou un pays comme la Grèce dans lequel le peuple est simplement en train de mourir NRDL) mais l’Italie d’aujourd’hui avec le facteur Grillo. Le troublant italien, sorte de Coluche politique, empêcherait en effet l’honnête establishment financier international d’achever sa prise de contrôle des états en faillite. Un processus qui comme on peut le voir ici est pourtant bien entamé et démontre, s’il le fallait, que c'est un comité d'anciens employés de la banque Goldman Sachs qui a pris les commandes des centres de décision du monde de la finance en Europe. Est-ce la meilleure des solutions pour l’Europe ? Le pauvre Beppe Grillo avait même eu droit au début de ce mois à un billet corrosif à son égard sur le blog de notre « sage » dans lequel il était montré du doigt comme un danger pour l’avenir de l’Europe.

    Etonnante similarité de point de vue, non ?

    Il y a pourtant, en dehors de la troisième voie proposée par Jacques Attali, une autre solution que la confiscation des élections par des « sages », au cœur de social démocraties dont les élites appartiennent à des corporations financières étrangères, et dont les politiciens sacrifient leurs peuples et leurs pays au nom de futiles réélections.

    Dans des pays comme par exemple la Chine de Jintao et Jinping, la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan ou le Venezuela de Chavez, des élites « d’un autre genre » jouissent majoritairement du soutien de leurs peuples pour accomplir la mission qui est la leur : faire de leurs pays des états puissants et souverains, capables de résister tant aux déstabilisations financières que militaires tout en poursuivant et assurant leur développement économique.

    La solution en Europe n’est sans doute pas la confiscation d’une démocratie déjà en phase terminale, mais sans doute plutôt de procéder démocratiquement à un changement radical d’élites, afin de sortir d’un système d’exploitation qui ne fonctionne manifestement plus et de pouvoir enfin rendre aux peuples d’Europe ce qui leur a été confisqué : le pouvoir de décider de leur propre destin.

    Alexandre Latsa http://www.voxnr.com

  • Pourquoi Moscou a lâché Chypre

    La solution imposée à la crise de Chypre risque fort de se révéler n'être ni isolée, ni exceptionnelle. Une déclaration maladroite du président de l'Eurogroupe, le socialiste néerlandais Joeren Dijsselbloem, l'a confirmé. Les technocrates du FMI sont en train d'imposer la chute, l'un après l'autre, des derniers bastions de la déontologie bancaire, et pour faire court : du droit de propriété des déposants sur leurs comptes. Après Chypre, le Luxembourg a annoncé (1)⇓ qu'il allait renoncer à son statut. Seule l'Autriche se retranche encore derrière la pratique traditionnelle, considérée par les Autrichiens comme le dernier refuge des libertés individuelles.

    À tout moment désormais, par cette jurisprudence, les États peuvent mettre la main, sous divers prétextes, sur les comptes courants des particuliers.

    Or la crise de Chypre, si elle représentait un dossier économique mineur s'inscrivait dans un contexte particulièrement sensible,  même crucial, du point de vue international dans la région, aussi bien en raison de la guerre civile syrienne que de la poussée islamiste en Égypte.

    Rappelons en effet que cette île, est très majoritairement peuplée de chrétiens, de langue et de civilisation grecque depuis trois mille ans, aujourd'hui de religion orthodoxe. Elle a toujours constitué une position clef, à deux encablures notamment du Liban, de la Syrie, et d'Israël. La Grande Bretagne passe pour avoir renoncé à toute hégémonie militaire. Elle y entretient cependant, aujourd'hui encore, deux bases qui occupent plus de 10 % du territoire. Celles-ci ne sont pas contrôlées par l'Europe mais par l'OTAN. D'autre part, tout au long de cette récente crise, on a omis de mentionner en occident, l'occupation par l'armée turque de la zone nord de l'île, sans aucune base du point de vue du Droit international qui ne l'a jamais reconnue. En 1974, cette intervention militaire y a regroupé les habitants musulmans et chassé les Grecs dans la partie sud demeurée sous la souveraineté effective de la République de Chypre, actuellement membre de l'Union européenne.

    Si le gouvernement de Moscou avait osé intervenir en faveur des Chypriotes, en acceptant le principe d'une garantie représentée par les réserves en hydrocarbures attestées dans les eaux territoriales du pays, (2)⇓ il aurait pu répondre à une très ancienne ambition de la Russie d'accès à la Méditerranée que l'Europe occidentale est parvenue à lui fermer depuis le XIXe siècle. (3)⇓

    Pourquoi Vladimir Poutine s'y est-il refusé ?

    Enseignant à l'université de Harvard, M. Yuri Zhukov vient de publier un article stimulant, quoique légèrement trompeur, dans la prestigieuse revue "Foreign Affairs", éditée à New York par le Council on Foreign relations.

    Aux yeux de nombreux observateurs occidentaux, note cet expert, ce refus de la Russie d'accepter la proposition de Nicosie représentait une erreur stratégique. Elle aurait pu en effet consolider son avancée géopolitique dans un pays stratégique, dernier bastion de ce qui fut l'Europe chrétienne face au Moyen Orient.

    Il y donne trois raisons du refus de Moscou de s'impliquer à Chypre.

    En premier lieu, affirme-t-il, "rien n'établit qu'une proposition crédible ait jamais existé." Mais est-ce si rare dans les négociations diplomatiques ?

    D'autre part, à Moscou, on n'estimait pas, pense-t-il, qu'un accord de dernière minute aurait pourrait changer le destin de Chypre.

    Enfin les pertes russes résultant de la destruction du secteur bancaire de Chypre n'étaient pas évaluées comme catastrophiques.

    Au bout du compte, par conséquent, il a été jugé que l'absence d'un accord de sauvegarde se révélerait plutôt profitable aux intérêts à long terme de la Russie.

    Certaines sources proches des négociations ont fait circulé dans la presse russe que le ministre chypriote Sarris, aujourd'hui démissionnaire, s'était rendu à Moscou sans préparation. Or, la mise au point d'un accord aurait nécessité plusieurs semaines de travail, et le gouvernement de Chypre ne disposait pas du temps nécessaire. Les deux géants russes du pétrole et du gaz naturel, Gazprom et Rosneft, ne voulaient pas discuter des investissements éventuels du secteur énergétique avant que soient achevés les forages correspondants en cours.

    La conviction générale en Russie, souligne Zhukov, est que la décision de changer le système bancaire de Chypre avait été prise en Europe il y a plusieurs années. Le choix de Moscou était entre la perte d'un paradis fiscal et l'investissement dans un tonneau sans fond. La Russie a donc choisi de minimi ses pertes. Les dernières estimations chiffrent celles des déposants russes entre 4 et 6 milliards d'Euros. Il s'agit certes d'une somme importante. Mais elle pose un problème minime en regard de celui de la fuite des capitaux qui aurait coûté, entre 2011 et 2012, 108 milliards à l'économie.

    La pénétration de la finance russe à Chypre a commencé aux débuts des années 1990. Le système bancaire de l'ex Union Soviétique était en plein chaos. Les paiements en devises étaient devenus pratiquement impossibles et de nombreux Russes ont alors ouvert des comptes à l'étranger. Depuis lors, le système a été stabilisé, mais l'utilisation de comptes ne s'est pas arrêté.

    En décembre 2012, le président Poutine a pris en main cette question et il a créé des zones franches dans des régions orientales de la Russie. L'idée n'était pas nouvelle : la Russie dispose déjà de plus de 20 zones économiques spéciales, qui offrent des bénéfices fiscaux aux investisseurs. Jusqu'à maintenant, ces zones n'étaient pas particulièrement attirantes.

    Le président de l'Eurogroupe M. Joeren Dijsselbloem nous a cependant averti : le précédent de Chypre peut être appliqué ailleurs. Déjà la Lettonie, candidate à l'Euro s'est vu signifier de ne pas accepter de capitaux russes importants en provenance de Chypre : les investisseurs russes risquent fort d'éprouver de plus en plus de difficulté à faire concurrence en occident à ceux du Qatar.

    Tout ceci ne signifie donc pas que la présence de la Russie à Chypre est terminée, conclut Zhukov. Au contraire.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. cf. Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung entretien le 7 avril de Luc Frieden ministre des finances du Grand-Duché "Luxemburg [wird] Bankgeheimnis lockern"
    2. cf. par exemple le communiqué du groupe Total http://www.total.com/fr/groupe/actualites/actualites-820005.html&idActu=2922 du 6 février 2013.
    3. Ce fut notamment la cause de la guerre de Crimée et la motivation profonde de la subtile diplomatie anglo-turque
  • L'Occident n'a pas à recevoir de leçons de pays christianophobes

    Alexandre del Valle, géopolitologue renommé, enseigne les relations internationales à l'Université de Metz et est chercheur associé à l'Institut Choiseul. Il a publié plusieurs livres sur la faiblesse des démocraties, les Balkans, la Turquie et le terrorisme islamique.
    Il trace un état des lieux du dialogue islamo-chrétien. Le calvaire des chrétiens dans le monde. En terre d'islam, des millions de chrétien fêtent la Résurrection du Christ souvent au péril de leur vie.¢
    Où en est le dialogue islamo-chrétien ? Les responsables musulmans qui ont écouté la messe d’inauguration du Pape François semblent préférer le nouveau pontife argentin – qui a lavé les pieds d’un musulman dans une prison de Rome et a souhaité « bâtir des ponts entre les religions » en relançant un "dialogue serein avec le monde islamique" - à son prédécesseur germanique Benoît XVI, qui avait osé interpeller les musulmans sur la question de la violence religieuse.
    C’est ainsi que Ekmeleddin Ihsanoglu, le dirigeant de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI, regroupant 57 Etats musulmans), a souhaité que "la relation entre l'islam et le christianisme retrouve sa cordialité et son amitié sincère." De même, Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, basée au Caire, a annoncé qu’elle pourrait renouer le dialogue qui fut interrompu deux fois sous Benoît XVI : une première fois en 2006, suite au "discours de Ratisbonne" de Ratzinger qui citait un empereur byzantin déplorant les "mauvaises et inhumaines" idées de Mahomet "propagées par la violence" ; puis une seconde fois en 2011, lorsque l’ex-Pape appela les pays musulmans à protéger les minorités chrétiennes menacées...
    Cet appel répondait à l’attentat-suicide perpétré contre l’Église des Deux Saints d'Alexandrie (Égypte), qui tua 23 chrétiens coptes dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011. Mais il ne convainquit point les pays islamiques à dénoncer la violence envers les Infidèles dès lors qu’elle est inscrite dans la Charià et le Coran, ce que déplorait justement Ratzinger. Et au lieu de faire leur aggiornamento sur ce point, Al-Azhar, l’OCI et La Mecque, qui défendent une conception totalitaire de l’islam, décidèrent au contraire de suspendre les rencontres avec le Vatican, au prétexte que Benoît XVI aurait "attaqué l'islam". Niant une réalité pourtant reconnue par les musulmans modérés et réformistes, ils rejetèrent en bloc l’"affirmation injustifiée que les musulmans persécutent les autres personnes qui vivent avec eux au Moyen-Orient"…
    Les 57 pays de l’OCI - Arabie saoudite, Turquie, Pakistan et Egypte en tête - initièrent alors une campagne planétaire de dénigrement de l’Eglise et de "l’Occident croisé", jouant sur la corde sensible du victimisme islamique et de la mauvaise conscience européenne. Cette campagne, qui entraîna la mort de nombre de Chrétiens, culmina avec l’affaire des "caricatures de Mahomet" et des "films anti-islam" montés en épingle pour faire oublier la christianophobie islamique.

    DOUBLE LANGAGE ET ABSENCE DE REMISE EN QUESTION DES PAYS MUSULMANS

    Gagnés par la dhimmitude volontaire et la peur - renforcées par l’explosion de violences anti-chrétiennes et anti-occidentale, nombre de chrétiens ont donc salué le fait que Pape François ménage bien mieux que Ratzinger la "susceptibilité des pays musulmans" et espèrent que par sa politique d’apaisement, il pourra améliorer le triste sort des chrétiens d’Orient. De son côté, Mahmoud Azab, conseiller pour les affaires interreligieuses de l'imam Ahmed Al-Tayyeb d'Al-Azhar, a déclaré : "Espérons que le nouveau pape jettera de nouveaux ponts solides et équitables pour un dialogue équilibré et efficace entre le monde islamique et le Vatican, un dialogue pour atteindre un consensus sur les valeurs suprêmes communes qui préservent la dignité de l’islam et la réalise concrètement". "Nous reviendrons au dialogue avec le Vatican dès qu'apparaîtra une nouvelle politique". Une réconciliation sous condition … qui laisse entendre que l’Eglise serait la seule responsable des blocages et que les pays islamiques n’auraient pas à respecter la liberté religieuse des minorités, bafouée par les lois inspirées de la Charià qui, dans certains pays tels l’Arabie, l’Iran ou le Soudan, punissent de mort l’apostasie ou le prosélytisme chrétien !
    On reste donc stupéfaits par cette exigence de tolérance à sens unique et par cette absence totale de remise en question des instances islamiques officielles qui exercent continuellement des pressions à l’ONU et sur nos gouvernements pour faire adopter des législations "anti-blasphème" visant en fait à limiter la liberté d’expression au prétexte de ne pas "diffamer l’islam". Alors que dans les pays islamiques, les chrétiens sont soit interdits (Arabie saoudite), soit régulièrement pris pour cibles par des attentats (Pakistan, Soudan, Maghreb, Turquie, Egypte, etc)… Ainsi, tandis que les pays de l’OCI dénoncent "l’islamophobie" occidentale, les adeptes du Christ sont réduits à des citoyens de seconde zone en pays d’islam et y forment des minorités humiliées.

    LE DIALOGUE À SENS UNIQUE : ISLAMOPHOBIE VERSUS CHRISTIANOPHOBIE

    Adeptes de l’accusation-miroir, les pays musulmans exigent que les Européens s’excusent pour les Croisades et la Colonisation, mais ils ne songent aucunement à s’excuser pour les pirateries barbaresques, l’esclavage des Noirs et des Slaves, la colonisation islamique (Afrique, Andalousie, Sicile, Balkans, Indes) du passé, ou même les génocides de 1,5 millions d’Arméniens-assyro-chaldéens de Turquie (1896-1915), puis de 2 millions de chrétiens-animistes du Sud-Soudan (massacrés par le régime islamiste soudanais entre 1970 et 2007). Ce génocide du sud-Soudan n’a jamais été reconnu officiellement par l’ONU, qui reste soumise au diktat moral et aux pressions diplomatiques de l’OCI…
    Certes, le passé doit être dépassé et le dialogue islamo-chrétien semble partir d’une intention louable. Mais à condition que les pays musulmans combattent en échange la christianophobie islamique comme l’Occident combat l’islamophobie. Il n’en est rien. Et ce dialogue entamé sans conditions par le Concile Vatican II ans les années 60 restera un accord de dupes tant que les pays musulmans verront dans la main tendue des chrétiens et leur acceptation de cette tolérance à sens unique des marques de faiblesse, ce qui n’est pas entièrement faux d’ailleurs… Car cette faiblesse incite les bourreaux impunis à redoubler de violence.
    En réalité, de même que le dialogue islamo-chrétien voulu par Jean Paul II n’empêcha pas le massacre de chrétiens au Soudan ou en Irak, ni même l’assassinat de prélats catholiques en Turquie (Don Andrea Santoro en 2006 ou Mgr Luigi Padovese en 2010), le silence du Pape François sur la nouvelle christianophobie et ses professions de foi islamiquement correctes ne stopperont pas les condamnations d’apostats et autres persécutions de chrétiens au Pakistan, en Syrie, en Afrique du Nord ou ailleurs...
    Le vrai "printemps islamique" arrivera lorsque l’égalité musulmans/non-musulmans sera officiellement enseignée et inscrite dans les lois des pays islamiques (comme l’égalité hommes/femmes), ce qui ne semble pas être pour demain… En attendant, l’ONU, les Etats-Unis, l’UE et les gouvernements européens doivent exiger l’égalité de droits et la réciprocité religieuse et même en faire des conditions aux aides économiques et aux accords diplomatiques... Les démocraties occidentales n’ont plus à recevoir de leçons de “lutte contre l’islamophobie” de la part de pays ouvertement christianophobes !¢
    SourceChristianophobie : le calvaire des chrétiens dans le monde, par Alexandre Del Valle, Atlantico.fr, 1 avril 2013 via Poste de Veille
  • Syrie : un Chrétien décapité et son corps jeté aux chiens

    Les rebelles syriens ont décapité un homme chrétien d’une trentaine d’années et ont nourri les chiens avec des parties de son corps, selon une religieuse qui affirme que l’Occident ignore les atrocités commises par des extrémistes islamiques sur la communauté Chrétienne.¢
     
    Elle a dit qu’elle a retrouvé le corps décapité de l’un des siens sur le bord de la route, entouré de chiens affamés. Il venait de se marier et était sur le point d’être père. La Sœur Agnès-Miriam de la Croix, a déclaré: « Son seul crime était d’être chrétien. »
    Il y a un nombre croissant d’atrocités commises par des éléments incontrôlés de l’armée syrienne libre, qui s’opposent à la dictature de Bachar al-Assad et sont reconnus par la Grande-Bretagne et l’Occident comme le parti légitime.
    Sœur Agnès Miriam, la mère supérieure du couvent de Saint-Jacques, a condamné la Grande-Bretagne et l’Occident de soutenir les rebelles en dépit des preuves de plus en plus flagrantes de violations des droits de l’homme pour assassinat, enlèvement, viol et vol de plus en plus fréquents.
    « Le monde libre et démocratique soutient les extrémistes », a déclaré Sœur Agnès Miriam de son sanctuaire au Liban. « Ils veulent imposer la loi islamique et créer un État islamique en Syrie » selon la nonne de 60 ans, qui dit que l’Occident a fermé les yeux sur l’évidence croissante de la montée du terrorisme islamique qui forme l’Armée syrienne libre.¢

    Alyaexpress   http://www.francepresseinfos.com/

    ( je n'ai pas mis la photo qui accompagne l'article.....Pat )

  • Les services secrets britanniques dominent le commerce de la drogue

    [Article de Laurent Glauzy en exclusitivé pour Contre-info]

    Le commerce de la drogue est dominé et géré à l’échelle mondiale par les agences d’espionnage. Dans cette activité illicite et criminelle, l’Intelligence britannique règne en souveraine. Le M15 et le MI-6 contrôlent avec la City de Londres plusieurs agences d’espionnage à l’instar de la CIA et du MOSSAD.

    Entre 1995 et 1999, James Casbolt travaille pour le MI-6 dans des opérations occultes de trafics de cocaïne avec l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et le MOSSAD. Les propos de cet ancien agent sont d’autant plus fondés que son père Peter Casbolt servait le MI-6 et travaillait avec la CIA et la Mafia italienne dans les réseaux internationaux de cocaïne.

    Dans son livre Agent Buried Alive (agent enterré vif), paru en 2008, James Casbolt, ancien commandant des services d’espionnage britanniques explique que la distinction de tous ces groupes est à tel point nuancée que l’on trouve in fine un groupe unique travaillant aux mêmes objectifs. James Casbold certifie : « Nous étions des marionnettes dont les cordes étaient tirées par des marionnettistes à l’échelle planétaire. Leur siège se situait à la City »[1] [2]. Il souligne que la CIA a importé la majeure partie de la drogue en Amérique dans les années 1950, et qu’elle œuvre aux ordres de l’espionnage britannique. Pour sa part, le MI-6 aurait introduit 90 % de la drogue en Grande-Bretagne. L’agence de renseignement américaine a été créée à cet effet en 1947. James Casbold explique qu’elle dépend de la City et des familles aristocratiques composant l’élite mondiale, à savoir les Rothschild et les Windsor.

    Toujours selon James Casbold, ces opérations sont réalisées par le biais de structures terroristes. Car le MI-6 importe l’héroïne du Moyen-Orient, la cocaïne de l’Amérique du Sud et le cannabis du Maroc. Dans les années 1950, l’Intelligence britannique produit le LSD au sein du Tavistock Institute de Londres[3]. Dans les années 1960, le MI-6 et la CIA utilisent ce psychotrope hallucinogène pour transformer une jeunesse rebelle en des sujets défoncés et pacifistes, incapables de mener une vraie révolution.

    Le Dr Timothy Leary, le gourou du LSD des années 1960, est un tireur de ficelles entre les mains de la CIA. Les fonds monétaires et la drogue pour la recherche de Leary proviennent de la CIA. Leary témoigne que Cord Meyer, un des responsables de la CIA, subventionnait la contre-culture du LSD dans les années 1960, afin d’opérer un changement culturel radical. James Cosbald rapporte qu’en 1998 le MI-5 a envoyé à son père trois mille doses de LSD sur du papier buvard frappé de la représentation du drapeau européen. En guise de discrétion, le LSD est d’ailleurs appelé « Europa ». L’agent qui en a effectué le transport, travaillait pour une entreprise du gouvernement.

    Le trafic mondial de la drogue constitue une manne d’au moins 500 milliards de livres par an, en plus du pétrole et de l’armement. Ces trois activités seraient-elles sous la coupe des mafias, des Etats ou des agences de renseignement ? Le 5 août 2008, le patron de la mafia américaine John Gotti est arrêté et emprisonné suite à des accusations d’implication dans un énorme trafic de cocaïne et pour les meurtres de trois hommes. Lors de son procès, il expose : « Non, nous ne pouvons pas rivaliser avec le gouvernement ».

    Pour James Casbold, il s’agit d’une demi-vérité parce que la mafia et la CIA, au niveau le plus élevé, constituent un seul groupe profitant du commerce de la drogue. Il soutient que les capitaux de la drogue du MI-6 sont notamment recyclés par la Banque d’Angleterre, la Barclays Bank et d’autres entreprises en lien avec des familles princières hors de tout soupçon. Cette réalité est également dénoncée par l’écrivain néerlandais Robin de Ruiter, dans Les 13 lignées sataniques, publié en 2012.

    L’argent de la drogue passe de compte en compte jusqu’a ce que son origine se perde dans un entrelacs de transactions. « L’argent de la drogue sort plus propre, mais non totalement blanc. Les familles qui gèrent ce buisines, comme les Oppenheimer, utilisent cet argent pour acquérir des diamants. Quand ils sont vendus, l’argent de la drogue devient propre », souligne James Casbold. Il poursuit en argumentant qu’en 1978, le MI-6 et la CIA étaient présents en Amérique du Sud pour étudier les effets du « basuco », « restes ». Cette drogue redoutable, une des plus mortelles, détruit une personne en moins de deux ans. James Casbold constate que le potentiel d’accoutumance est de très loin supérieur à celui de la cocaïne ordinaire. Le MI-6 et la CIA en submergent la Grande-Bretagne et l’Amérique. Deux ans après, en 1980, la Grande-Bretagne et l’Amérique commencent à voir les premiers signes de la diffusion du « basuco » dans la rue.

    Le 23 août 1987, dans une communauté rurale implantée au sud de Little Rock, dans l’Arkansas, deux garçons mineurs, Kevin Ives et Don Henry, sont assassinés : ils sont témoins d’une transaction de cocaïne opérée par la CIA dans un petit aéroport de Mena, dans cet Etat du sud américain. Bill Clinton est alors gouverneur de l’Arkansas. James Casbold développe cet évènement : « A cette époque, Bill Clinton est impliqué [dans cette affaire] avec la CIA. Une valeur de 100 millions de dollars de cocaïne transitait alors par l’aéroport de Mena. La drogue était ensuite écoulée en Grande-Bretagne. (…) Mon père rencontrait des bateaux provenant du Maroc dans la Costa del Sol et transportait les charges de chanvre par camion ».

    Son père est devenu héroïnomane dans les dernières années de sa vie : « Il est mort drogué et pauvre, en prison, dans des circonstances très étranges ». Il avance que « les agences d’espionnage utilisent la drogue comme une arme contre les masses pour faire accepter leur programme sur le long terme : un unique gouvernement mondial, une unique force de police mondiale, œuvre pour laquelle a été désignée l’OTAN, et une population fichée par micro-puce ».

    James Casbold argue que les organismes et les personnalités de ce secteur doivent être démasqués :

    1) Tibor Rosenbaum, agent du MOSSAD, est le directeur de la banque du Crédit international ayant son siège à Genève. Cette banque est le précurseur de la célèbre Banque de crédit et du Commerce international (BCCI). Elle constitue une des principales branches pour le blanchiment de la l’argent de la drogue. La revue Life a présenté la banque de Rosenbaum comme une entreprise de recyclage de l’argent et du crime organisé. Le mafieux américain Meyer Lanksky et Tibor Rosenbaum ont fondé Permindex, l’unité de choc du MI-6 ayant servi dans l’assassinat de John Kennedy.

    2) Robert Vesco, subventionné par la branche suisse des Rothschild, est impliqué dans la connexion américaine collaborant avec le cartel de la drogue de Medellin, en Colombie.

    3) Sir Francis de Guingand, général de l’armée britannique, ancien chef du MI-5 et du MI-6, et qui a vécu en Afrique du Sud, collaborait au commerce de la drogue.

    4) Henry Keswick est le président de Jardine Matheson Holdings Ltd. Fondée en 1832 et ayant son siège à Hong-Kong, cette entreprise participe au commerce de l’opium dans les années 1840. Selon James Casbold, Jardine Matheson Holdings Ltd est à la tête des plus grandes opérations de trafic de drogue se produisant dans le monde. Son frère John Keswick est président de la Banque d’Angleterre.

    5) Sir Martin Wakefield Jacomb, vice président en 1985 de la Barclays Bank, directeur en 1986 du journal The Telegraph (il fut épargné par les mass media. Les agents qui perpétuent ces crimes possèdent la majeure partie des mass media. En Amérique, l’ancien directeur de la CIA, William Casey, fut le président du conseil d’administration de la chaîne ABC).

    6) George Bush Senior, ancien chef de la CIA et 41e Président des Etats-Unis de 1989 à 1993, fut le principal baron de la drogue. Ses interventions conduites en Amérique du Sud contre les Cartels servirent à éliminer toute concurrence. Le journaliste d’investigation Gary Webb, auteur du livre Dark alliance, fut retrouvé mort avec deux impacts de balles derrière la tête. La police conclut à un suicide. Le journaliste avait découvert que les capitaux tirés de la drogue provenaient d’« opérations occultes » servant à financer des projets classifiés « top secret ». Selon Casbold, ces projets incluent la construction de bases souterraines militaires à Dulce dans le Nouveau Mexique, Pine Gap, Snowy Mountains en Australie, Nyala Range en Afrique, à l’ouest de Kindu en Afrique à côté de la frontière égypto-libyenne, au Mont Blanc en Suisse, à Narvik en Scandinavie, sur l’île de Gottland en Suède et en de nombreux autres lieux autour du monde. Des projets servant très certainement à une mise en fonction du Nouvel ordre mondial.

    [1] Egalement ancien du MI-6, le Dr John Coleman, dans sa revue World in Review, explique cette symbiose des services de renseignements internationaux et que l’ancien KGB et la CIA travaillait en collaboration. Il développe la théorie selon laquelle l’organisation des Frères musulmans serait noyauté par la franc-maçonnerie britannique dans le but de contenir le Moyen-Orient dans une situation de sous-développement afin que ses ressources énergétiques continuent à être pillées par la Grande-Bretagne.

    [2] The Guardian du 14/5/09 affirme que les pirates de Somalies appartenant à des réseaux islamistes, attaquent les bateaux étrangers dans le golfe d’Eden et disposent d’un armement et de moyens de communication ultrasophistiqués. Ils disposaient aussi d’informateurs bien placés au sein de la City de Londres (cf. L. Glauzy, Atlas de géopolitique révisée. Chroniques 2003-2010, Editions des Cimes, 2011, p. 301).

    [3] Cf. : Laurent Glauzy, Illuminati : de l’industrie Rock à Walt Disney, les arcanes du satanisme, Maison du Salat, 2012

  • L’invasion silencieuse de l’Afrique et les mensonges de Hollywood

    Une invasion à grande échelle est en train de se dérouler en Afrique. Les Etats-Unis sont en train de déployer des troupes dans 35 pays africains, en commençant par la Libye, le Soudan, l’Algérie et le Niger. Signalée par l’agence de presse Associated Press le jour de Noël, cette information était absente de la plupart des médias anglo-américains.

    L’invasion n’a pratiquement rien à voir avec « l’Islamisme », et presque tout à voir avec la mainmise sur les ressources, notamment les minerais, et une rivalité croissante avec la Chine. Contrairement à la Chine, les Etats-Unis et leurs alliés sont prêts à employer la violence, comme démontré en Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen et Palestine. Comme lors de la Guerre Froide, une certaine division du travail stipule que c’est au journalisme occidental et à la culture populaire de fournir une justification à la guerre sainte contre « l’arc de menace » islamiste, semblable en tous points à la soi-disant « menace rouge » d’une conspiration communiste mondiale.

    A l’instar de la Ruée vers l’Afrique à fin du 19eme siècle, l’African Command (Africom) des Etats-Unis a créé un réseau de partenaires parmi les régimes africains compréhensifs et avides de pots-de-vin et d’armes américains. L’année dernière, Africom a organisé l’opération African Endeavor, commandée par l’armée US, avec la participation des forces armées de 34 pays africains. La doctrine « de soldat à soldat » d’Africom consiste à placer des officiers US à tous les échelons de commandement, du général au sous-officier. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

    C’est comme si le fier passé historique de libération de l’Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était condamné à l’oubli par une nouvelle élite coloniale noire dont la « mission historique », avait averti Franz Fanon il y a un demi-siècle, était de servir de courroie de transmission à « un capitalisme acculé au camouflage ».

    Un exemple frappant est celui du Congo occidental, une région stratégique en minerais, contrôlé par un groupe atroce connu sous le nom de M23 et qui est lui-même contrôlé par l’Ouganda et le Rwanda, tous deux à la solde de Washington.

    Planifié depuis longtemps comme une « mission » pour l’OTAN, sans parler des zélés Français dont les causes perdues coloniales sont restées à travers de la gorge, la guerre en Afrique est devenue urgente en 2011 lorsque le monde arabe semblait se libérer des Moubaraks et autres serviteurs de Washington et de l’Europe. L’hystérie provoquée dans les capitales impériales ne doit pas être sous-estimée. Des bombardiers de l’OTAN furent expédiés non pas à Tunis ou au Caire mais en Libye, où Kadhafi régnait sur les plus grandes réserves de pétrole en Afrique. Une fois la ville de Sirte réduite en poussière, les commandos d’élite britanniques ont dirigé les milices « rebelles » dans une opération qui depuis a été révélée et qualifiée de « bain de sang raciste ».

    Le peuple indigène du Sahara, les Touaregs, dont les combattants berbères étaient protégés par Kadhafi, se sont enfuis à travers l’Algérie vers le Mali, où les Touaregs réclament depuis les années 60 un état indépendant. Comme l’a fait remarquer Patrick Cockburn, toujours attentif, c’est ce contentieux local, et pas al-Qaeda, que l’Occident craint le plus dans cette région de l’Afrique… « bien que pauvres, les Touaregs sont souvent assis sur d’immenses réserves de pétrole, de gaz, d’uranium et d’autres minerais précieux ».

    Comme conséquence de l’attaque France/US contre le Mali le 13 janvier, une attaque contre un site gazier en Algérie s’est terminée dans un bain de sang, provoquant chez (le premier ministre britannique) David Cameron des réactions aux relents de 11 Septembre. L’ancien chargé des relations publiques de la chaîne de télévision Carlton s’est emporté sur une « menace globale » qui requiert « des décennies » de violences occidentales - c’est-à-dire la mise en place du modèle économique prévu par l’Occident pour l’Afrique, ainsi que le viol d’une Syrie multi-ethnique et la conquête d’un Iran indépendant.

    Cameron a envoyé des troupes britanniques au Mali, et un drone, tandis que son chef des armées, l’expansif Général Sir David Richards, adressait « un message très clair aux djihadistes du monde entier : ne venez pas nous chercher des noises. Nous riposterons avec vigueur. » - exactement ce que les djihadistes avaient envie d’entendre. La trainée sanglante laissée par les victimes (toutes musulmanes) du terrorisme de l’armée britannique, et les affaires de torture « institutionnalisée » qui sont portées devant les tribunaux, apportent la touche d’ironie qui manquait aux propos du général. J’ai eu un jour à subir la « vigueur » de Sir David lorsque je lui ai demandé s’il avait lu la description faite par la courageuse féministe afghane Malalaï Joya du comportement barbare dans son pays des occidentaux et leurs alliés. « Vous êtes un défenseur des Taliban » fut sa réponse. (Il s’en excusa plus tard)

    Ces sordides personnages sortent tout droit d’un roman d’Evelyn Waugh et nous font ressentir tout le souffle de l’histoire et l’hypocrisie. Le « terrorisme islamique » qui est leur excuse pour perpétuer le vol des richesses africaines est une de leurs propres inventions. Il n’y a plus aucune excuse pour avaler les histoires débitées par BBC/CNN et ne pas connaître la vérité. Lisez le livre de Mark Curtis, Secret Affairs : Britain’s Collusion with Radical Islam (Serpent’s Tail) [affaires secrètes : la collusion de la Grande-Bretagne avec l’islam radical – NdT] ou celui de John Cooley Unholy Wars : Afghanistan, America and International Terrorism (Pluto Press) [guerres impies : afghanistan, amérique et le terrorisme international – NdT] ou The Grand Chessboard [en français « le grand échiquier », chez hachette – NdT] par Zbigniew Brzezinski (HarperCollins) qui joua le rôle de sage-femme dans la naissance du terrorisme fondamentaliste moderne. En effet, les moudjahidin d’Al-Qaeda et des Talibans ont été créés par la CIA, son équivalent Pakistanais l’ISI, et le MI6 britannique.

    Brzezinski, qui fut le Conseiller à la Sécurité Nationale du Président Jimmy Carter, décrit une directive présidentielle secrète de 1979 qui devint le point de départ de ce qui est aujourd’hui présenté comme une « guerre contre le terrorisme ». Pendant 17 ans, les Etats-Unis ont délibérément formé, financé, armé et lavé le cerveau de djihadistes qui « entrainèrent toute une génération dans la violence ». Le nom de code de l’opération était Operation Cyclone, et faisait partie du « grand jeu » destiné à faire tomber l’Union Soviétique mais qui a fait tomber les tours jumelles.

    Depuis, l’information que des gens intelligents et éduqués ingurgitent et régurgitent est devenue une sorte de journalisme de parc d’attraction, épaulée comme jamais par Hollywood et son permis de mentir, et de mentir encore. Il y a le film en préparation sur Wikileaks de Dreamworks, un tissu de mensonges inspiré par le livre perfide de deux journalistes du Guardian devenus riches ; et il y a le film Zero Dark Thirty, qui promeut la torture et l’assassinat, dirigé par l’Oscarisée Kathryn Bigelow, la Leni Riefenstahl des temps modernes, qui diffuse la voix de son maître comme le faisait jadis le metteur en scène chéri du Führer. Tel est le miroir sans tain qui donne à peine un aperçu de tout ce que le pouvoir commet en notre nom.

    John Pilger  http://www.voxnr.com

  • Génocide du Rwanda : un matraquage médiatique ne fait pas une vérité historique

    Chaque année à l’approche du 6 avril, date anniversaire du début du génocide du Rwanda (6 avril 1994), les médias répètent les mêmes poncifs tout en se faisant, volontairement ou non, la caisse de résonance des thèses de Kigali.

    Nous aurons ainsi droit à des émissions de télévision annonçant des « révélations embarrassantes » pour la France, à une campagne de promotion à la limite de la complaisance pour un livre qui n’apporte rien de nouveau et à une avalanche de déclarations aussi creuses qu’orientées. Tout ceci n’est qu’enfumage.

    Le fond du problème est que la thèse fondant la « légitimité » du régime de Kigali, à savoir celle du génocide « programmé » et « planifié » par les « extrémistes » hutu, a volé en éclats devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda). Ce tribunal créé par le Conseil de sécurité de l’ONU et siégeant à Arusha depuis 1995 a en effet, dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », que ce soit en première instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre[1]. Si ce génocide n’était pas programmé c’est donc qu’il fut spontané et ce qui le provoqua fut l’assassinat du président Habyarimana. [...]

    Bernard Lugan - La suite sur Afrique réelle

    http://www.actionfrancaise.net

  • Verbatim d'un entretien sur l'orthodoxie

    Verbatim d'un entretien sur l'orthodoxie Le 30 mars, l’hôte de l’émission « L’Église et le monde » sur la chaîne télévisée « Rossia 24 », dirigée par le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe russe, était le philosophe, politologue et sociologue Alexandre Douguine. Les sujets abordés étaient le traditionalisme, le vieux-ritualisme, l’iconographie et le chant traditionnels. Nous publions ci-après la transcription de cette émission.

    Le métropolite Hilarion : Bonjour, chers frères et sœurs ! Vous regardez l’émission « L’Église et le monde ». Aujourd’hui, nous parlerons du vieux-ritualisme [ou « vieux-croyants », qui se sont séparés de l’Église orthodoxe russe en raison de la réforme liturgique du XVIIème siècle, ndt], de « l’edinoverie » [c’est-à-dire les communautés qui, tout en gardant leurs anciens rites, font partie de l’Église orthodoxe russe, ndt]. Nous aborderons également le traditionalisme et le conservatisme dans l’Église. Mon invité est le philosophe, politologue et sociologue Alexandre Douguine.

    A. Douguine : Bonjour ! Aujourd’hui, dans de nombreuses religions, et aussi dans de nombreuses couches de la société s’accroissent les dispositions conservatrices, traditionnalistes. Les gens ne veulent pas simplement revenir à la religion, à la foi, mais s’efforcent de trouver leurs racines originelles, de rétablir, dans la mesure du possible, la tradition dans toute sa plénitude. Cette tendance est présente aussi dans notre Église orthodoxe russe, bien que, peut-être, d’une façon qui n’est pas aussi frappante que dans l’islam, où le fondamentalisme, en général, est un phénomène global. À la lumière de cela, il me semble qu’il serait très important de se tourner vers l’histoire de l’Église russe ancienne, les événements du schisme [des vieux-croyants], ainsi que ceux qui l’ont précédé, c’est-à-dire vers la situation de l’orthodoxie russe ancienne. C’est dans cette direction que s’oriente aujourd’hui l’aile conservatrice des croyants orthodoxes. La question du schisme [des vieux-croyants]: quelle doit être notre attitude envers lui et envers la période de l’histoire préalable au schisme de l’Église orthodoxe russe, cela me semble d’une extrême importance.

    Le métropolite Hilarion : Tout d’abord, je voudrais distinguer le conservatisme et le traditionalisme du fondamentalisme et du radicalisme. Ce que nous observons maintenant dans l’islam est une croissance des mouvements fondamentalistes qui mènent, en fait, à la déformation de l’islam et à la violence directe à l’encontre des chrétiens et des représentants des autres confessions religieuses. Un tel radicalisme est absolument inacceptable, tant pour les chrétiens que pour les musulmans traditionnels. Lorsque nous parlons du traditionalisme et du conservatisme dans l’Église, il s’agit de tout autre chose. En général, un sain conservatisme a toujours été inhérent à l’Église orthodoxe, lequel a revêtu des formes différentes à diverses époques. Le schisme [des vieux-croyants] est une tragédie de l’Église russe, qui était due à de nombreux facteurs. Je tiens à souligner qu’elle s’est produite à un moment où les influences étrangères commençaient à pénétrer en Russie, tant occidentales que grecques. Le patriarche Nikon [auteur de la réforme liturgique du XVIIème siècle, ndt] était captivé par la Grèce et a décidé de procéder à une correction des livres liturgiques selon les modèles grecs. Dans un premier temps, cela a provoqué la méfiance, puis ensuite détaché de l’Église une partie importante de son « aile conservatrice », comme vous le dites. Il me semble qu’en soi, cette tragédie ne remet pas en question la présence et la nécessité du conservatisme dans l’Église, parce que l’Église orthodoxe est traditionnelle, elle conserve précieusement ce qui a été accumulé au cours des siècles. Nous ne devons jamais nous précipiter dans les réformes liturgiques. En effet, l’office liturgique, c’est ce que nous avons gardé, en dépit de la multitude des influences étrangères, c’est ce que nous avons emporté à travers les siècles. Tout ce qui touche l’office est perçu douloureusement par le plérôme ecclésial. Aussi, par exemple, nous continuons à célébrer en slavon, bien que beaucoup disent que cette langue n’est plus compréhensible maintenant.

    A. Douguine : Il me semble que la langue slavonne, ce n’est pas le passé, mais l’avenir. Cette langue, qui en grande partie a été créée artificiellement, calquée sur le grec, nous a apporté, à nous, slaves, la richesse immense de l’héritage, théologique, philosophique. Il me semble que nous avons encore à le comprendre. La langue elle-même, sa structure, ses formules, c’est ce qu’il nous faut étudier.
    Pour ce qui concerne le vieux-ritualisme, c’est une question de principe : nous voyons qu’à l’époque du schisme, la partie conservatrice de l’Église orthodoxe russe a refusé d’accepter les innovations, c’est-à-dire la modernisation. Dans quelle mesure était-ce une controverse qui annonçait celle qui se produira plus tard entre slavophiles et occidentalistes, conservateurs et progressistes ? Il y a actuellement dans notre Église « l’edinoverie » [c’est-à-dire les communautés qui, tout en gardant leurs anciens rites, font partie de l’Église orthodoxe russe, ndt], qui propose de ne pas opposer l’ancien et le nouveau rite, mais de les unir dans le cadre de la tradition d’avant le schisme, sans tirer de conclusions ecclésiologiques aussi rigides que les vieux-ritualistes. À mon avis, c’est une direction très prometteuse.

    Le métropolite Hilarion : Il me semble qu’aujourd’hui « l’edinoverie », c’est la voie unique de l’intégration du rite ancien dans la vie de l’Église orthodoxe, parce que, malheureusement, le schisme est devenu la cause d’un antagonisme très profond entre les vieux-ritualistes et ceux que l’on appelle les « nouveaux-ritualistes ». Au demeurant, je n’associerais aucunement notre Église avec les nouveaux-rites, ceux-ci sont anciens. Je parlerais plutôt de deux aspects du rite ancien, et, naturellement, des influences occidentales qui sont entrées dans notre Église et ont substantiellement touché sa construction liturgique.

    Si l’on parle de l’icône ancienne, de la tradition iconographique, elle est conservée chez nous. Nous ne l’avons pas plus mal gardée que les vieux-ritualistes, bien que, parallèlement aux icônes, existe dans certaines églises la peinture dite « académique » [c’est-à-dire occidentalisante, ndt], en raison des circonstances historiques. Mais il est caractéristique que lorsqu’a débuté une renaissance ecclésiale, dans les années 1990, c’est principalement l’icône traditionnelle qui a commencé à apparaître dans les églises et non pas la peinture académique. Ce qui par contre a été pratiquement perdu dans son intégralité chez nous, c’est l’ancien chant russe znamenny [à l’unisson, mélismatique, ndt]. Il a été progressivement évincé par le chant aux normes occidentales, le chant polyphonique à quatre voix. Ce processus a été lent, il s’est accompli durant tout le XIXème siècle. Maintenant, il est rare d’entendre quelque part le chant znamenny, à l’exception des paroisses relevant de « l’edinoverie ».
    Il est très important que le phénomène de « l’edinoverie » existe déjà depuis plus de deux cents ans et que l’Église orthodoxe, dans les différentes étapes de son histoire, a reconnu l’équivalence et l’égalité pour ce qui concerne le salut, de l’ancien rite pré-nikonien et du rite plus tardif. Cela a été fait déjà du temps du métropolite de Moscou Platon (Lechine) en 1800, puis à l’époque du métropolite Serge (Stragorodsky) en 1928-1929. Enfin, en 1971, le concile local pan-russe a pris une décision selon laquelle l’anathème prononcée sur les anciens rites était levée. Simultanément, l’ancien et le nouveau rites étaient proclamés tout aussi salvifiques. Tout cela a ouvert la voie au retour des anciens-ritualistes dans l’Église. Et précisément, « l’edinoverie » à laquelle, pour autant que je le sache, vous appartenez, est cette voie.

    A. Douguine : Vous avez soulevé une question très importante. De nombreux théologiens et historiens de l’Église considèrent les changements dans l’icône, par exemple l’apparition d’ombres sur les représentations iconographiques, les changements dans le chant d’Église lorsque le chant polyphonique est apparu, comme une sorte de modernisation, comme une sorte d’influence occidentale, tant sur le plan esthétique que, si vous voulez, sur le plan théologique. L’ancienne icône, peinte sans ombre et sur des critères spécifiques de perspective, constitue un appel au monde spirituel. Le chant à l’unisson, conservé dans « l’edinoverie » et dans le vieux-ritualisme, signifie, à sa façon, la même chose que l’absence d’ombre dans l’icône. C’est la concentration de tous ceux, qui chantent et qui écoutent, sur l’une et même mélode spirituelle. Il me semble que l’une des voies vers la tradition - non pas à celle des vieux-ritualistes, mais à celle qui est commune aux deux branches de la tradition moscovite – nous conduit à la dimension sacramentelle de la pratique liturgique. Le mouvement de « l’edinoverie », prudent, ne manifeste pas une stratégie offensive. Mais les églises en relevant sont pleines, parce que les gens veulent parvenir aux profondeurs, à la tradition, et découvrent ici ce qui, sans conflits, sans critiques, sans fondamentalisme ni extrémisme, nous ramène aux racines de notre foi.

    Le métropolite Hilarion : Oui, beaucoup de choses sont revenues dans l’Église, mais beaucoup de choses n’avaient pas du tout disparues. Par exemple, l’icône traditionnelle, à la fin du XIXème siècle était évincée presque partout par la peinture académique, mais, malgré tout, une présence subtile de l’iconographie traditionnelle a survécu. Ensuite, nos grands artistes, Vasnetsov, Nesterov, se sont efforcés à leur façon, par des éléments du folklore, des contes anciens, à revenir à l’icône ancienne. Et quand, au début du XXème siècle, Eugène Troubetzkoï a écrit son célèbre « Trois études sur l’icône », a commencé le véritable mouvement de retour à l’iconographie traditionnelle. A l’époque soviétique, ce mouvement a été pratiquement interrompu, mais il a connu sa renaissance dans les années 1990, et maintenant, dans la majorité des nos églises, nous voyons des icônes absolument traditionnelles, peintes selon les anciens modèles.

    Pour ce qui concerne le chant znamenny, il revient aussi dans une certaine mesure. Nous entendons de plus en plus des chants de ce type, bien que souvent ils soient disséminés dans l’office chanté à quatre voix. Le retour au chant znamenny, dans certains monastères et églises a joué un très grand rôle, car ce n’est pas simplement un style de chant, c’est une perception totalement différente de la musique : non comme un élément appelé à orner l’office liturgique, mais comme une partie intégrale de l’expérience de la prière.

    Le chant znamenny, comme vous le savez a été écrit non pas avec des notes, mais avec des signes spéciaux, les kriouki (« crochets »). Chaque kriouk contient non pas un seul, mais plusieurs sons, qui constituent une certaine intonation mélodique, une formule mélodique. Celle-ci reflète une certaine disposition à la prière, c’est-à-dire que le chant znamenny est une projection de la prière sur la notation musicale. De même qu’une mosaïque est composée de pierres qui ont été préparées, le chant znamenny a été composé de cellules mélodiques, et chaque cellule est une petite prière, qui est scellée dans les kriouki. Tout cela créée une synthèse étonnante de musique, de prière et de mots, parce que dans le chant znamenny, la parole, c’est-à-dire le texte liturgique a une importance primordiale. Le chant polyphonique peut être beau, attendrissant, mais il ne peut pas apprendre à l’homme la prière. Tandis que le chant znamenny peut devenir un véritable maître pour la prière, et dans ce sens, il a une valeur durable.

    Le retour chez nous de l’ancien rite, est un grand événement dans la vie de l’Église russe. Récemment, pour la première fois depuis 350 ans, la liturgie a été célébrée selon l’ancien rite en la cathédrale de la Dormition, au Kremlin. Cela témoigne de l’intérêt croissant envers l’ancien rite dans notre Église.

    A. Douguine : J’ai participé à l’office que vous venez d’évoquer, et dans mes modestes possibilités, je m’occupe de chant liturgique. Je voudrais mentionner encore quelques aspects importants, liés à l’ancien rite : premièrement, le baptême par triple immersion, qui n’a jamais été abrogé et a été pratiqué durant de nombreux siècles. Pour des raisons pratiques, à l’exemple de l’Occident, nous avons pratiqué aussi d’autres formes de baptême, par aspersion ou par ondoiement. Le fait que, ces derniers temps, l’Église orthodoxe russe recommande avec insistance aux prêtres de pratiquer le rite entier du baptême, de s’efforcer à baptiser les adultes également par immersion, cela témoigne du retour à la tradition.

    Il y a encore un élément de l’office qui, malheureusement, est perdu actuellement. C’est la règle concernant les métanies [les prosternations], laquelle donne de la discipline. Si l’on observe strictement l’ancien ordo, le signe de Croix, les métanies à terre où jusqu’au niveau de la ceinture, doivent être effectuées à des moments déterminés de la prière. Parfois, le prêtre se signe, tandis que les fidèles ne le font pas, parfois c’est le contraire : les fidèles se signent, tandis que le prêtre ne le fait pas. Dans le cas de l’ancien ordo, chacun se sent concerné dans l’office, il suit plus attentivement ce qui est dit. C’est une ancienne pratique russe qui, à mon avis, aide beaucoup le fidèle à entrer dans la plénitude de ce qui est accompli.

    Le métropolite Hilarion : Ce qui m’attire particulièrement dans l’office liturgique des vieux-croyants et les tenants de « l’edinoverie », ce ne sont pas tant les caftans, tuniques et écharpes avec des épingles [vêtements traditionnels des vieux-ritualistes], que le fait que la liturgie est célébrée précisément comme une œuvre commune. Le mot « liturgie » en grec signifie précisément cela. Chez nous, on la perçoit souvent comme de quelconques actions accomplies par les célébrants dans le sanctuaire. En même temps, le chœur célèbre encore en quelque sorte une autre liturgie au kliros. Et souvent ces deux éléments ne sont pas liés l’un à l’autre. Disons que le prêtre a terminé les prières, tandis que le chœur chante encore, et le prêtre attend que le chœur ait chanté « sa » liturgie. En ce qui concerne les paroissiens, l’un arrive plus tard, l’autre part avant, l’un se signe, l’autre ne se signe pas, c'est-à-dire qu’en fait la sensation d’une œuvre commune est souvent absente. Lorsque nous assistons à l’office des tenants de «l’ edinoverie », nous voyons que les gens prient ensemble, qu’ils effectuent ensemble les métanies. Ils arrivent au début et restent jusqu’à la fin. Cela donne de la discipline, bien sûr. Cela apprend aux fidèles à se sentir des participants authentiques de l’office divin.

    Je voudrais dire aussi que la tradition du chant par toute l’assistance renaît peu à peu chez nous aujourd’hui. Dans les premiers temps, il n’y avait pas de chœur à l’église, il y avait le prêtre, le diacre et le peuple qui répondait aux ecphonèses et par le chant, c’est-à-dire que c’est tout le peuple qui chantait. De nos jours, un tel chant a été conservé dans certains endroits. Par exemple, en Russie subcarpathique, j’ai entendu comment le peuple chantait intégralement la liturgie.

    Un tel chant implique les fidèles dans la liturgie, précisément comme œuvre commune. Lorsqu’ils chantent ensemble, ils ne chantent pas à quatre voix, ils chantent à l’unisson. Et ce chant à l’unisson, outre le fait qu’il enseigne la prière, permet que toute la paroisse en tant que communauté, réunie à l’office, loue Dieu « d’une seule voix et d’un seul cœur ».

    Enfin, en ce qui concerne le baptême par trois immersions, il n’est pas simplement recommandé, mais il est introduit dans notre Église comme la norme. Naturellement, en pratique, il y a des exceptions à cette règle. Mais dans tous les documents conciliaires, nous disons que le baptême doit être précisément accompli par immersion, et non par aspersion ou par ondoiement.

    En conclusion de notre émission, je voudrais exprimer l’espoir que le rite ancien trouve dans notre Église sa place légitime et digne, et que « l’edinoverie » serve de pont entre notre Église et les vieux-ritualistes. Nous n’avons pas l’intention de faire une campagne et, d’autant plus, à contraindre les gens à adhérer à notre Église, mais nous nous réjouissons lorsque se produit un rapprochement, lorsque la compréhension mutuelle va en augmentant.

    Alexandre Douguine - Hilarion de Volokolamsk http://www.voxnr.com

    Notes :

    Source: Patriarcat de Moscou, traduit du russe pour Orthodoxie.com

    Source:
    Orthodoxie.com :: lien

  • Poutine 3 - An 1: Bilan et avenir

    Poutine 3 - An 1: Bilan et avenir Beaucoup de commentateurs et analystes ont tenté de faire le bilan politique de la première année du troisième mandat de Vladimir Poutine, c'est-à-dire sa neuvième année en tant que président de la fédération de Russie et sa treizième année au sommet de la scène politique russe.

    Le premier mandat Poutine avait commencé dans le sang avec la tentative de déstabilisation orchestrée de la république Tchétchène qui avait conduit à la seconde guerre de Tchétchénie. Ce premier mandat sera également marqué par la prise d’otages du théâtre de Moscou en 2002 ainsi que par l’attentat du métro de Moscou en février 2004. Le second mandat commencera lui aussi difficilement avec le double attentat sur les avions de ligne d’août 2004, l’abominable prise d’otages de l'école de Beslan et l’attaque de 2005 à Naltchik contre le bâtiment des forces de l’ordre. 2010 et 2011 connaitront également leurs attentats, dans le métro puis à l’aéroport de Domodedovo. Pourtant dans le même temps, l’intensification de la lutte contre les structures terroristes dans le Caucase a sans doute considérablement amoindri la capacité de ces cellules à frapper ailleurs en Russie et notamment dans la capitale russe, visée en priorité pour des raisons bien évidemment politiques. Sur le plan du terrorisme la situation s’est donc améliorée en Russie et ce sur la quasi-totalité du territoire.

    La situation politique s’est elle aussi stabilisée. L’opposition parlementaire n’est pas plus qu’il y a 10 ou 12 ans en position de remporter des échéances électorales majeures puisque seul le parti communiste peut prétendre faire de l’ombre à Russie-Unie, ce parti (on doit sans doute plus parler de plateforme) centriste et conservateur. Mais le parti communiste, tout comme le parti nationaliste libéral-démocrate de Vladimir Jirinovski, souffrent d’une usure profonde due à l’ancienneté de leurs leaders respectifs, qui concourent politiquement depuis la fin de l’URSS. Curieusement du reste, cette usure politique semble frapper autant, voir plus, l’opposition que le pouvoir et ce contrairement aux prévisions de nombre d’experts.

    L’opposition minoritaire et non parlementaire qui avait quand à elle réuni quelques dizaines de milliers de manifestants durant l’automne 2011 s’est logiquement essoufflée, minée par les scandales et les dissensions internes, tout comme sans doute et surtout par l’absence d’un quelconque programme politique. Aucune surprise à cela, il y a un an j’avais tenté d’expliquer que la jeune classe moyenne supérieure (dite classe créative) n’allait pas pouvoir se résoudre bien longtemps à confier le leadership des manifestations de l'opposition à des tendances radicales par exemple d’extrême gauche, prêtes à l’action violente, voire à basculer dans le terrorisme.

    Illustration: Une de mes amies, journaliste pour une télévision publique me disait qu’elle était allée à Bolotnaia, puis lorsqu’elle a vu ce que devenaient ces rassemblements, à savoir occuper des quartiers pour jouer du tam-tam et dormir dehors (à l’époque révolue du slogan Occupy Moscow) elle m’a dit n’y avoir plus jamais mis les pieds. Ce mouvement, pâle copie d’un projet américain lui aussi sur le déclin, est rapidement mort. Mon amie a fini par voter Prokhorov aux élections, par défaut, ne sachant pas trop pour qui mettre son bulletin dans l'urne.

    Une enquête par sondages vient de démontrer que les jeunes russes, contrairement à une idée reçue, ne font en réalité pas plus confiance à l’opposition qu’au pouvoir. Si un grand nombre de jeunes soutiennent les autorités, ils ragent en même temps contre les bureaucrates et le système administratif, et ce comme la totalité des russes. Si Vladimir Poutine reste l’homme politique préféré des jeunes, celui-ci est suivi par Vladimir Jirinovski et par Michael Prokhorov, et la grande majorité des jeunes interrogés n’a pris part à aucune manifestation de l’opposition. Pour Elena Omeltchenko, chef du Centre de recherche de la jeunesse de l’École des hautes études en sciences économiques: "Les jeunes gens ont de la bouillie dans la tête. Le nationalisme coexiste avec le libéralisme".

    Ce mélange de deux tendances que l’on pourrait juger hautement contradictoires peut donner naissance a une nouvelle tendance hybride, dont l’une des formes a sans doute émergé discrètement en conséquence de l’évolution que la scène politique russe a connu ces 18 derniers mois: l’idéologie nationale-démocrate.

    Plusieurs membres de la Chambre civile russe (organe consultatif auprès du Kremlin) s'attendent du reste à l'émergence de plusieurs partis nationalistes capables de concurrencer les partis parlementaires lors des prochaines élections législatives. Cette droitisation à venir de la société civile a visiblement été anticipée par le pouvoir russe, et ceci se traduit par l’émergence de figures fortes et nationalistes dans le cercle de gouvernance, que l’on pense par exemple à Dimitri Rogozine ou encore à Serguey Glaziev, tous deux anciens du mouvement politique Rodina (La Patrie).

    On peut donc imaginer que de Bolotnaia 2011, il ne restera pas grand-chose dans le futur proche. Comme l’écrivait Dimitri Olchansky il y a de cela un peu plus d’un an: "Les gens qui ont manifesté à Bolotnaia et Sakharov sont victimes d’une illusion d’optique. (…) Ils pensent représenter le peuple russe dans son ensemble – mais sur ce point, ils se trompent. (…) Plus longtemps Poutine conservera le pouvoir, plus on aura de chances de voir la société russe évoluer de façon paisible et harmonieuse. Les nationalistes finiront de toute façon par prendre le pouvoir, c’est inévitable. Mais plus tard ce jour arrivera, plus ils seront civilisés".

    Pourrait-on imaginer dans l’avenir une scène politique russe partagée entre un bloc centriste (concentré autour de Russie-Unie et/ou du Front populaire Russe) et un bloc nationaliste? Et si la réelle opposition, après avoir été communiste de 1991 à aujourd’hui, devenait à l’avenir l’opposition nationaliste ?

    Alexandre Latsa http://www.voxnr.com