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géopolitique - Page 482

  • Poutine et Russie bashing : les Inrocks en pointe

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    Un homme blond légèrement dégarni et au regard bleu acier vous dévisage. Il dirige deux doigts vers ses yeux, l’air de dire « Fais bien attention je t’ai à l’œil ». S’agit il du directeur de la CIA, dont un ancien agent fait main basse sur la presse dans les Balkans ? Ou bien du directeur de la NSA, l’agence américaine aux grands yeux et aux grandes oreilles, employant plus de 20 000 personnes et dont le budget dépasse largement les dix milliards de dollars ? Non, c’est Vladimir Poutine qui jette ce regard inquiétant sur la couverture du numéro du 20 septembre 2017 de l’hebdomadaire du charmant milliardaire Pigasse. Poutine dont la stratégie d’influence est détaillée dans un papier involontairement comique du numéro. Florilège.

    Sachez le « Vladimir Poutine s’invitera bientôt dans votre salon », il vient d’arriver en parachute, vous le voyez déjà là, mâchoires serrées, l’air pas commode. Le même Poutine qui en 2013 annonçait (le fourbe) ses sombres desseins dans une salle rappelant « la war room bondée du Docteur Folamour de Stanley Kubrick ». La war room ce sont les studios de Russia Today (RT) à Moscou. Puisqu’il y une war room, ces russes doivent bien préparer la guerre… Et puis ces gens là « insistent en permanence sur des sujets qui ont pour but de susciter l’anxiété », ânonne une obscure professeur d’études russes de Rennes. Car ils veulent « déstabiliser la société, créer de l’insatisfaction et instrumentaliser la droite dure et le FN », rien que ça. Et même « préparer le terrain pour la future élection présidentielle » (de 2022 note de la rédaction). On reconnaît là les fantasmes thérapeutiques qui ont suivi l’élection de Trump et le complotisme autorisé : Clinton ne pouvait pas perdre, Clinton ne devait pas perdre, si elle a perdu c’est que le Kremlin a manipulé l’élection et ils vont faire la même chose en France. Fermez le ban ? Oh non car le CSA veille !

    Le CSA qui a autorisé RT France en décembre 2015 à émettre non sur le réseau hertzien mais sur le réseau numérique « a placé le site sous surveillance » car « nos homologues en Europe nous ont alertés sur des contenus qui pouvaient être potentiellement problématiques ». Un traitement particulier dont sera exonéré Arte la chaine franco-allemande, véritable instrument de propagande.

    Et puis certains journalistes auraient animé « deux sites jugés conspirationnistes et proches de la mouvance Dieudonné/Alain Soral », une réputation bien « sulfureuse ». Pour mémoire le soufre signale l’odeur du diable. Malheureuse Amélie qui signe cet amoncellement de poncifs. Donnons lui une chance de se rattraper avec au choix un reportage sur les médias financés directement ou indirectement par le département d’État américain ou bien une enquête sur la French American Foundation et son programme Young Leaders dont Emmanuel Macron et Édouard Philippe font partie. Pas sur les Inrocks bien entendu. Sur RT ?

    Texte repris du site OJIM

    https://fr.novopress.info/

  • La France Vassale Christophe Brossier La France vassale des GAFA

  • La France Vassale, Leo Imbert Elite et vassalisation

  • Catalogne et Kosovo : le deux poids deux mesures de l’Union européenne

    EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : C’est le président serbe Aleksandar Vucic qui pose la question : « Comment se fait‑il que, dans le cas de la Catalogne, le référendum d’indépendance ne soit pas validé par Bruxelles, mais qu’à ses yeux la sécession du Kosovo, pourtant organisée sans référendum, le soit ? » Le Kosovo, berceau et cœur historique du royaume de Serbie, avait été reconnu indépendant par l’Union européenne en 2008 alors qu’il n’avait fait l’objet d’aucun référendum. « C’est le meilleur exemple du deux poids deux mesures et de l’hypocrisie dans le domaine de la politique internationale », ajoute le président serbe Aleksandar Vucic.

    Les pays où des mouvements séparatistes agissent, comme l’Espagne, n’ont pas reconnu cette indépendance du Kosovo. La Grèce, la Tunisie, la Roumanie non plus. C’est également la position adoptée par la Russie, notamment parce qu’elle révèle l’ambivalence de la position occidentale dans le dossier de Crimée. « Nos partenaires occidentaux ont créé le précédent du Kosovo de leurs propres mains », déclarait Vladimir Poutine devant le Parlement russe, en 2014. Poutine avait alors estimé que la situation au Kosovo et en Crimée était « exactement la même », mais que la diplomatie occidentale, dans sa grande majorité, avait choisi de traiter les deux cas de manière différente et incohérente.

    https://fr.novopress.info/

  • Les chrétiens syriens à l'épreuve des Kurdes

    Par Antoine de Lacoste

    Plus d'un million de Kurdes peuplent le Nord de la Syrie et cohabitent avec un peu moins d'un million d'arabes. Pragmatiques, ils vivaient en bonne intelligence avec le régime, bénéficiant d'une certaine autonomie en échange de leur neutralité politique.

    Leurs relations avec les arabes (sunnites, alaouites ou chrétiens) étaient distantes mais sans hostilité manifeste. C'était avant la guerre et les Kurdes, malgré leur propension naturelle à l'hégémonie, n'avaient de toute façon guère le choix. Toutefois, leur rêve d'un Etat kurde officieux, les habitait toujours.

    La guerre va leur permettre de progresser dans leurs ambitions.

    L'armée syrienne, en grande difficulté jusqu'à l'intervention russe, n'avait plus les moyens de contrôler le nord du pays : la priorité était d'endiguer la marée islamiste qui voulait prendre le pouvoir. Tel n'était pas le but des Kurdes qui se contenteraient toujours d'un territoire à eux dans le Nord. Des deux maux Assad a choisi le moindre et a donc fort logiquement laissé les Kurdes prendre le contrôle des villes et des postes-frontières, à l'exception d'un seul, au Nord-Est, tenu par des milices chrétiennes et quelques militaires syriens.

    Des combats entre l'armée et les milices chrétiennes d'un côté, les combattants kurdes de l'autre (regroupés dans les YPG) eurent lieu, faisant tout de même des victimes et des prisonniers de chaque côté. On était toutefois loin de la conflagration générale.

    Les Turcs regardaient cela d'un mauvais œil, mais leur préoccupation de l'époque était surtout d'organiser la révolte islamiste pour renverser Assad.

    La bataille de Kobané va tout changer.

    Grâce à l'aide des Turcs, Daesh réussit à conquérir une partie du Nord de la Syrie faisant ainsi la jonction avec la frontière turque. Après la conquête de la vallée de l'Euphrate (Raqqa, Deir ez-Zor en partie, Mayadin, Al Quaïm) et des champs pétrolifères du Sud-Est du pays, les islamistes ont pu vendre le pétrole jusqu'en Turquie grâce à des norias de camions qui circulaient dans l'indifférence générale.

    L'aviation de la coalition ne les a quasiment jamais attaqués, ce qui est tout de même curieux. Il faudra attendre les avions russes pour qu'enfin cesse le trafic.

    Il restait toutefois une ville à conquérir pour Daesh : Kobané, peuplé majoritairement de Kurdes. Des combats furieux entre les YPG et les islamistes durèrent plusieurs semaines.

    C'est là que se noua l'alliance entre les Kurdes et les Américains : ceux-ci décidèrent d'aider massivement les combattants kurdes. Le soutien de leur aviation fut décisif (comme toujours d'ailleurs au cours de cette guerre) et Daesh dut se retirer. Le bilan était lourd des deux côtés mais la victoire des kurdes allait sceller leur alliance avec les Etats-Unis.

    Armés et financés par eux, les Kurdes purent consolider leurs positions le long de la frontière turque n'hésitant pas à attaquer les militaires syriens et les milices chrétiennes pour mieux assoir leur autorité.

    L'armée turque a alors réagi, a franchi la frontière afin de couper en deux le territoire kurde et l'empêcher ainsi de se tailler un territoire en continu. Les Kurdes se sont retirés devant les chars turcs sur ordre des Américains qui ne voulaient pas d'affrontement direct entre ces deux forces.

    Aujourd'hui, les Kurdes sont l'infanterie des Etats-Unis : ils sont en train de reprendre Raqqa (ex-capitale du califat maintenant moribond) et prennent position au Nord de Deir ez-Zor afin d'empêcher l'armée syrienne de reprendre le contrôle de la totalité du pays.

    Raqqa et Deir ez-Zor sont de peuplement arabe et non kurde, mais peu importe : ce qui compte pour les Etats-Unis, c'est de détruire Daesh et d'empêcher les Syriens de reprendre le contrôle de leur pays. Le retour de la paix sous l'égide d'Assad n'a jamais été l'objectif.

    Mais, une fois de plus, ce sont les chrétiens qui souffrent de la situation.

    Ils sont relativement nombreux dans la région, et il faut savoir que les exactions kurdes à leur endroit ne sont pas rares : vexations, arrestations et, plus grave, assassinats ciblés voire parfois déplacements forcés de populations. Le silence est assourdissant sur le sujet, mais les Kurdes font partie des héros médiatiques de cette guerre et il convient de ne pas entacher leur réputation.

    Le sujet n'est pas nouveau pourtant : les Kurdes ont participé au génocide de 1915, soit sur ordre des Turcs, soit, le plus souvent, pour dépouiller les malheureux Arméniens ou Assyriens. Le brigandage est une vieille tradition chez eux...

    Certes, certains chrétiens leur doivent la vie par leur résistance opiniâtre contre Daesh ; les YPG sont assez efficaces. Mais cela ne doit pas masquer la réalité sur ce que sont les Kurdes : ils sont Kurdes et le reste ne compte pas. Leur islam est très lointain et l'idéologie marxiste qui les habite assez théorique, mais les chrétiens comptent encore moins pour eux.

    Ils veulent un territoire et sont prêts à tout pour cela : les Américains l'ont bien compris et s'en servent pour éliminer Daesh. Et les Kurdes se servent des Américains pour assoir leur pouvoir local.

    Fort heureusement, les chrétiens sont encore assez nombreux dans la région, en particulier dans le Nord-Est. Les villes d'Hassaké (180 000 hab.) et Qamishli (170 000 hab.) comptent de nombreux syriaques catholiques et orthodoxes dont les jeunes sont armés et organisés. Mais la vie y est très difficile et beaucoup songent à partir.

    C'est précisément ce qu'attendent les Kurdes. 

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Défense des patries charnelles oui, landërisation, euro-amérique non!

    Nous n’en avons pas fini avec la menace terroriste et le pire est peut-être devant nous.  Les  commanditaires et/ou initiateurs des attaques peuvent  compter sur un vivier d’islamo-racailles  (le profil type des individus impliqués dans les passages à l’acte) pour frapper  les infidèles. Après le double meurtre de la gare Saint-Charles, ce sont plusieurs bonbonnes de gaz reliées avec  un dispositif de mise en feu  qui ont été découvertes samedi dans un immeuble du XVIe arrondissement de Paris. Cinq personnes – dont une fichée pourradicalisation – ont été arrêtées  en lien avec cette affaire par les services antiterroristes et étaient en garde à vue hier. Cette cinquième colonne islamiste présente sur notre  se nourrit aussi d’une  immigration sauvage qui suscite l’opposition frontale des peuples européens.  Félicitons nous dans ce contexte de ce que déplore le site Euractiv,  à savoir un « échec patent de l’UE » puisque « le programme de relocalisation obligatoire des réfugiés ne sera pas prolongé. La Commission suggère (désormais) aux Etats-membres d’accueillir des réfugiés situés hors de l’UE de manière volontaire: un mécanisme appelé  réinstallation »...Réinstallation ?! Réinstallation  d’immigrés dans des  pays dans lesquels par définition  ces derniers n’ont jamais mis les pieds auparavant?  Le terme d‘installation tout court eut été plus adéquat et moins stupidement hypocrite…

    Cette fin de semaine, les regards des Européens étaient aussi braqués vers l’Espagne après le référendum d’autodétermination organisé dimanche par les indépendantistes en Catalogne  mais interdit par Madrid. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait  estimé que « la tenue d’un référendum n’était pas la bonne solution » et la France comme les autres pays européens campent sur une ligne de soutien au gouvernement espagnol de Mariano Rajoy. Pas de quoi émouvoir le  président Catalan Carles Puigdemont… membre du Parti européen démocrate catalan (PDECAT), affilié au Parlement européen à l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE). « Aujourd’hui, avec cette journée d’espoir et aussi de souffrances a-t-il déclaré dimanche  soir, les citoyens de Catalogne, nous avons gagné le droit d’avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d’une République. » Est-il besoin de le  préciser, ces représentants-là de la tendance  européenne et  régionaliste  se  défendent bien évidemment de partager  la moindre accointance  idéologique  avec les  sulfureux défenseurs de l‘ethno-régionalisme européen que furent au siècle passé un Drieu, un Paul Sérant, un Yann Foueré,  et autres défenseurs de l’Europe aux cent drapeaux qui  eux, certes, auraient été notamment certainement plus radicaux  dans leur approche des problèmes migratoires…

    Un référendum qui s’est déroulé comme l’a rappelé M. Puigdemont dans un climat  de grandes tensions et de violences avec la police qui cherchait à interrompre le processus de vote dans les bureaux, et dont le  taux de participation  aurait dépassé légèrement les  42%  selon  l’exécutif catalan.  Le OUI aurait atteint  les  90% , soit  2,26 millions de participants et  2,02 millions de bulletins OUI à la question « voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République? ». Ce à quoi  les opposants et les légalistes répliquent que ladite consultation était dénuée des critères basiques établissant la sincérité du scrutin : caractère secret du vote, commission électorale indépendante, listes électorales transparentes… Quant à la loi régionale promulguée par les indépendantistes pour organiser le référendum, elle avait été suspendue il y a quelques semaines  par la Cour constitutionnelle espagnole. Les partisans de la rupture, nous l’avons vu,  n’entendent pas reculer  et la  région autonome de Catalogne est bloquée ce mardi par une grève pour « défendre son indépendance »,  ses « droits »,  et dénoncer les « les violences policières de l’Etat espagnol », qui affecte les transports, les universités, le port de Barcelone…

    Bruno Gollnisch notait sur ce blogue le 22 septembre qu’il ne pensait pas qu’une séparation de la Catalogne avec l’Espagne  soit  bénéfique. Il condamnait  plus largement  tout ce qui contribue à affaiblir  les Etats nations pour le plus grand profit des tenants de l’euromondialisme ou de l’eurofédéralisme. Certes, rappelions-nous alors, le gouverneur de la Banque d’Espagne et membre du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) , Luis Maria Linde, avait indiqué qu’une indépendance de la Catalogne  signifierait qu’elle serait « automatiquement exclu de la zone euro, car ce processus implique la sortie de l’Union européenne. » « Les banques catalanes pourraient cesser d’avoir accès au refinancement de la BCE.  Les dépôts pourront alors être gelés, comme cela a été le cas en Amérique latine ou en Grèce. » Mais  les indépendantistes,  dont une large part  s’accommode très bien  de la tutelle de l’Europe bruxelloise,  ne prennent pas cette menace au sérieux…parce qu’elle n’est pas crédible au vu du poids économique de la Catalogne qui représente 17% du PIB espagnol  ce qui  la rendrait  donc incontournable…

    Dans Le Figaro, Eric Zemmour  s’est arrêté sur le processus de détricotage  de l’Espagne, « une nation longue d’une histoire millénaire, mais dont les intellectuels de gauche n’ont cessé de dénoncer le caractère  fasciste, franquiste. L’école n’enseignait plus les hauts faits d’armes de la nation espagnole. Même la droite n’osait plus se dire espagnolista. La déconstruction a mené à la destruction. Les Espagnols ont désappris à être espagnols ; les Catalans ont réappris à être catalans. Quand un sentiment d’appartenance collective se délite, un autre lui succède. Et le progressisme de nos élites de gauche conduit directement à l’archaïsme tribal.» Toutes choses que le président de la Commission européenne,  Jean-Claude Juncker,   dont Emmanuel Macron tressait encore les louanges la semaine dernière, pourraient méditer avec profit.

    M. Juncker a tenu en tout cas des propos peu susceptibles de rassurer Madrid. Il y a quinze jours, invité d’euronews,  il a  affirmé que « la Commission Prodi, la Commission Barroso et la mienne avons toujours dit (que)  nous respecterions les arrêts de la cour constitutionnelle espagnole et du parlement espagnol,  mais il est évident que si un oui à l’indépendance de la Catalogne voyait le jour, nous respecterions ce choix ». « La Catalogne ne pourra pas devenir membre de l’UE le lendemain matin du vote.  » «Ce serait (aussi)  le cas de l’Écosse »,  « (la Catalogne) sera soumise à un processus d’adhésion comme l’ont été les États membres qui nous ont rejoints après 2004, ça ne se fait pas simplement en claquant des doigts. » Et d’ajouter avec un certain  détachement  et  fatalisme : « L’Europe est riche parce que les traditions régionales sont fortes, mais je ne voudrais pas que les traditions régionales s’érigent en un élément de séparation et de fragmentation de l’Europe. Mais qui suis-je pour pouvoir donner un avis éclairé à ceux qui sont tentés par des aventures indépendantistes ? »

    Et bien nous, nous pouvons donner un avis sur  ceux qui manœuvrent en faveur de l’affaiblissement des Etats européens. A côté d’un régionalisme  identitaire historique,  celui des Basques, des Catalans, des Flamands, des Corses… coexiste aussi un régionalisme technocratique -bien analysé par Pierre Hillard  notamment-, celui-ci ouvertement promu par Bruxelles dont la finalité est de dépouiller les Etats de leurs pouvoirs régaliens. Une dérive vers une landërisation à l’Allemande,  le fédéralisme,  entamée  depuis le traité de  Maastricht, au sein d’une construction européiste  dont la finalité est la mise en place d’une euro-amérique, d’un  marché transatlantique, marchepied vers une gouvernance mondiale.

    Bruno Gollnisch l’expliquait il y a déjà quelques années, « l’Eurocratie a très bien compris qu’il vaut mieux avoir comme interlocuteurs  100, 150, 200 collectivités territoriales en position de quémandeurs de crédits  plutôt que des Etats nations, si modestes soient-ils par leur taille, leur superficie ou leur population, car ils peuvent parfois opposer des résistances sévères (…).  Notre famille d’esprit  n’a jamais été hostile, et  était même à l’origine extrêmement favorable, à la défense, non seulement des identités nationales, mais également des identités provinciales, dans lesquelles nous voyions autant de particularismes culturels légitimes qui pouvaient s’épanouir en toute liberté dans la France de l’Ancien Régime. C’était un thème cher à Charles Maurras et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont subi son influence, par réaction contre un jacobinisme révolutionnaire négateur de ces mêmes particularismes. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ce régionalisme est utilisé par l’Union Européenne comme une arme contre les nations. »

    https://gollnisch.com/2017/10/03/defense-patries-charnelles-oui-landerisation-euro-amerique-non/

  • Eglises profanées, chrétiens chassés : les islamistes sévissent désormais au Mali

    Tout cela se passe à la barbe des unités françaises déployées au Sahel contre le terrorisme :

    "La conférence épiscopale du Mali s'est déclarée dimanche "inquiète" après plusieurs attaques commises récemment contre des églises et des chapelles dans le centre de ce pays du Sahel à 90% musulman où les catholiques sont très minoritaires.

    "Ces dernières semaines, ces derniers mois, nos églises, nos chapelles, ont été victimes de plusieurs attaques par de présumés jihadistes. (...) Nous sommes inquiets", a déclaré à l'AFP le secrétaire de conférence épiscopale du Mali, Edmond Dembélé.

    "La semaine dernière, dans le village de Dobara (centre, 800 km au nord de Bamako), des hommes armés ont forcé la porte de l'église et y ont retiré crucifix, images et statue de la Vierge Marie, nappes d'autel et ont brûlé le tout devant ladite église", a précisé Edmond Dembélé.

    "D'autres attaques d'églises et de chapelles dans le centre du Mali se sont déroulés devant des fidèles" les semaines précédentes, a-t-il ajouté.

    "En septembre toujours, dans la localité de Bodwal (centre), des Chrétiens ont été chassés de leur lieu de culte par des hommes armés avec ce message: +Nous allons vous tuer si nous vous voyons prier encore dans l'église", a-t-il poursuivi".

    Lahire

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  • Les islamistes n'occupent plus que dix pour cent du territoire syrien

    Analyse d'Antoine de Lacoste pour les lecteurs du Salon Beige :

    Avant l'intervention russe déclenchée le 30 septembre 2015, les différents mouvements islamistes occupaient la majeure partie du territoire syrien. Les loyalistes ne tenaient plus que l'ouest du pays et les plus grandes villes mais partiellement pour certaines :  Damas, Homs, Alep et Lattaquié. Les Kurdes avaient, de leur côté, préservé une partie des zones longeant la frontière turque au nord.

    Daesh tenait l'est, la vallée de l'Euphrate et une partie du nord ; Al-Nosra la province d'Idleb au nord-ouest en concurrence avec des milices turkmènes organisées par Ankara, les FDS (soutenus par les occidentaux) le sud. Une myriade d'autres groupuscules islamistes gravitaient dans ces zones; leurs effectifs étaient variables et poreux d'un mouvement à l'autre. Les règlements de compte étaient quotidiens en fonction de la solde et des perspectives de butin. Une vieille tradition sunnite...

    Tous ces mouvements étaient par ailleurs en conflits incessants dans de nombreuses zones urbaines, notamment dans la banlieue de Damas, l'est d'Alep et d'Homs. Des affrontements sanglants les y opposaient régulièrement.

    Depuis l'intervention russe et la délivrance d'Alep en décembre 2016, le combat a changé d'âme et la reconquête est lente, complexe, mais régulière.

    Aujourd'hui c'est encore Daesh qui occupe les zones les plus importantes à l'est : une partie de Deir ez-Zor, où les combats font rage contre l'armée syrienne, Al Mayadin, un peu plus bas et les territoires frontaliers de l'Irak. L'Etat islamique s'est d'ailleurs renforcé dans cette zone, grâce à des combattants venus d'Irak après leur défaite de Mossoul. À Raqqa, son ex-capitale, le siège mené par les Kurdes (camouflés par les Américains en FDS) progresse lentement. Mais de nombreux combattants de Daesh ont évacué la zone pour rejoindre Deir ez-Zor, et ils ne sont plus que quelques centaines à se battre. L'issue ne fait donc aucun doute.

    Le Front al-Nosra (rebaptisé Fatah al-Cham) fait, quant à lui, régner sa tyrannie dans la province d'Idleb, après avoir vaincu les factions rivales. La concentration islamiste est très importante dans cette zone et la reprise de la province, pas encore programmée, risque d'être très difficile.

    Les FDS enfin, détiennent plusieurs zones au sud de Damas, le long des frontières jordanienne et israélienne.  L'armée syrienne et le Hezbollah libanais ne parviennent pour l'instant pas à les déloger car l'aviation israélienne intervient régulièrement pour les en empêcher. Les Russes temporisent, protestent, mais, fort sagement, ne veulent pas entrer en conflit direct avec l'Etat hébreu. Ce serait un prétexte trop tentant pour une intervention américaine.

    Il est maintenant certain que Daesh perdra ses derniers territoires. Mais les Syriens n'en auront pas fini pour autant avec eux. En effet, la tactique de Mossoul, très critiquée, notamment par Al Nosra, ne sera pas reproduite à l'infini : perdre des milliers d'hommes dans une bataille perdue d'avance, relève de la stupidité pure et simple.

    De nombreux combattants se fondent maintenant dans les villes, attendant le moment propice pour organiser des attentats. Plusieurs dizaines de chiites ont ainsi péri dans des opérations kamikazes à Bagdad, il ya quelques jours.

    D'autres rejoignent le vaste désert syrien, se camouflant dans les villages, s'enterrant, près à mener des coups de main audacieux et sanglants. Soixante-dix soldats syriens ont ainsi été tués le 28 septembre, surpris par une attaque éclair, sur la route menant de Palmyre à Deir ez-Zor.

    Il faut noter que cette opération a été menée le jour même de la diffusion d'un message du chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi. Il est donc toujours vivant et se terre du côté de la frontière irakienne. Il a appelé ses fidèles à poursuivre la lutte contre "les croisés", notamment dans leurs propres pays.

    Nous non plus, nous n'en avons pas fini avec le terrorisme islamiste.

    Michel Janva

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  • Corée, allons-nous vers la guerre ?

    6a00d83451619c69e201bb09c87e63970d-250wi.pngDe Thomas Flichy de La Neuville pour les lecteurs du Salon Beige : 

    Il y a deux jours une officine britannique déclarait que le risque de guerre était à prendre au sérieux en Corée. Cette annonce mérite quelques réflexions :

    1 – Le duel rhétorique entre Donald Trump et Kim-Jong-un profite aux deux présidents. Il permet aux Etats-Unis en pleine rétractation géopolitique de donner l’illusion de la puissance. Il permet d’autre part au président de la Corée du nord de négocier en position plus avantageuse le prochain accord nucléaire.

    2 - Véritable pont entre la Chine et le Japon, la Corée fut très tôt soumise à des forces extérieures antagonistes influant sur le destin des royaumes qui la constituaient. C’est ainsi que le royaume du Koguryo au nord, s’opposa à celui de Baekje au sud-ouest. Après avoir résisté pendant longtemps à la pression chinoise, le môle de résistance du nord fut transformé en une marche militaire de la Chine. Quatre commanderies militaires y furent installées dès le VIIe siècle. Cette contrée inaccessible, fut soumise aux attaques de l’Empire maritime Japonais à la fin du XIXe siècle.

    3 – Les petites phrases de Kim-Jon-Un doivent être mises en perspective.Depuis les années 1850, les récits de voyage en Corée soulignent en effet l’importance de la culture du parler haut et de la provocation chez les Coréens du nord. Le missionnaire catholique français Charles Dallet (1829-1878) écrivait : « En Corée on parle toujours sur un ton très-élevé, et les réunions sont extraordinairement bruyantes. Crier le plus haut possible, c’est faire preuve de bonnes manières » Or « Ceux des deux provinces du Nord, sont plus forts, plus sauvages, et plus violents que les autres Coréens ».

    4 – La Corée se présente comme un théâtre ancien de la lutte entre empires maritimes et puissances continentales. En 1894 et 1895, la Chine continentale s’oppose à la puissance maritime japonaise. Quelques années plus tard, la Russie tsariste y est battue par le Japon. Aujourd’hui, la puissance navale américaine s’est substituée à celle de l’empire japonais. Même si les empires maritimes et continentaux se jaugent depuis des millénaires sur la péninsule coréenne, ils ne se font qu’exceptionnellement la guerre. 

    5 – Malgré les tensions en cours, l’idée de complémentarité entre les deux Corées est présente depuis longtemps dans les médias des deux pays.L’expression traditionnelle namnam pungnyŏ, suggère par exemple que le couple coréen idéal est celui que forment un homme du Sud (namnam) et une femme du Nord (pungnyŏ).

    6 - La Chine est aujourd’hui le seul pays du monde à entretenir des relations étroites avec les deux Corées dans le contexte d’une péninsule coréenne divisée. Globalement, la politique chinoise vis-à-vis de la péninsule comprend trois tendances : réduction des tensions concernant le dossier nucléaire nord-coréen, maintien des liens traditionnels et des relations économiques avec la Corée du Nord et coopération économique avec la Corée du Sud. Quant au programme nucléaire nord-coréen, il constitue un enjeu de sécurité majeur pour les autorités chinoises, non pas parce qu’il constitue une menace directe dirigée contre la Chine, mais par ses éventuelles conséquences sur une prolifération à l’échelle régionale.  

    7 – L’évolution économique des deux Corées peut nous surprendre : ainsi, la Corée du Sud se rapproche actuellement  de l’Iran, pays avec lequel elle entretient  des relations économiques très suivies. A l’inverse la Corée du nord, s’intègre depuis les années 2000 dans l’économie libérale mondialisée. Les négociations se font d’ailleurs de plus en plus en dollars ou en yuans.

    8 – Notre imaginaire littéraire entretient une double image de la Corée qui se présente à la fois comme le pays du matin calme et le royaume des ermitages. C’est peut être dans la mesure où la Corée représente un espace marginal dans notre conscience collective que nous avons du mal à nous extirper des discours simplificateurs à son égard. En réalité, le regard de la France en Extrême-Orient a longtemps porté ailleurs, vers une péninsule symétrique de la Corée mais située au sud : l’Indochine.

    La Chine n’a donc aucun intérêt à déstabiliser la péninsule coréenne, ce qui provoquerait des migrations très importantes sur son territoire. Les Etats-Unis sont encore trop empêtrés au Moyen-Orient pour concentrer l’intégralité de leurs forces dans le Pacifique. Qui plus est, leurs problèmes intérieurs sont actuellement leur priorité. Quant au Japon, il n’a aucun intérêt à ce que la péninsule coréenne se réunifie car un géant émergerait à moyen terme à ses côtés. Pour ces raisons variées, la montée en cours des tensions doit être nuancée. 

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Tempête rouge : le succès de l’intervention russe en Syrie

    La Presse Internationale a, dans sa grande généralité, assez peu communiqué sur ce que l’on peut appeler le succès de l’intervention militaire russe en Syrie[1]. Et même si l’intervention du Corps expéditionnaire russe n’est pas terminée, force est de constater que tant sur le plan politique que sur le plan militaire, la copie rendue séduit à plusieurs titres. L’opération qui visait à « sauver » le Président Bachar al-Assad a clairement touché son but en assurant à l’homme de Damas non seulement une plausible victoire mais surtout l’assurance de sa gouvernance à court terme; sur le plan militaire, les Russes n’ont pas fait les choses à moitié en éradiquant l’Etat Islamique des axes principaux de la Syrie comme d’une majeure partie du terrain qu’il occupait. Outre ces bénéfices directs, la Russie renforce sa stature d’Etat avec lequel le monde doit – désormais – compter.

    De la crise libyenne à celle de Syrie.

    Pour comprendre cette intervention qui a commencé officiellement le 30 septembre 2015, il est nécessaire de remonter aux événements survenus en Libye (2011) qui avait vu une Russie dupée, en complet désaccord avec les Etats membres de l’OTAN qui avaient transformé une résolution « de bonne intention » en un passeport d’intervention. « Une bonne résolution a été transformée en un chiffon de papier pour couvrir une opération militaire inutile », affirmait Dmitri Medvedev le 20 juin 2011 dans une interview au Financial Times. Après avoir été compréhensive des crises du « Printemps arabe », la Russie va ensuite se démarquer irréversiblement de la communauté internationale, estimant que «  le caractère exclusivement humanitaire de la résolution 1973 » a été transformée de manière « inacceptable » en permettant de « violé(r) le mandat donné par le Conseil de Sécurité ».

     Dès lors, la Russie n’entend plus laisser faire et refuse l’idée qu’on puisse changer de l’extérieur le régime de Damas. Pour Moscou, le départ de Bachar al-Assad est une ingérence sans fondement. Alliée de longue date à la Syrie, la Russie a bien entendu de nombreux avantages à lui venir en aide: déjà à l’époque de la guerre froide, l’URSS coopère  économiquement et militairement avec elle; son libre accès au port de Tartous lui donne un point d’appui matériel et technique d’une haute valeur stratégique en Méditerranée (accord de 1971); enfin, en intervenant au profit d’un allié, elle supprime un champ d’actions supplémentaire aux forces des Etats de l’OTAN qui ne rêvent que d’encerclement de la Russie..

    « Cette opposition totale sur cette question est un autre facteur explicatif de la politique (de Poutine), un chercheur américain allant jusqu’à estimer que « le jour où le président Obama a déclaré le 18 août 2011 que “le temps était venu pour le président Assad de partir”, faisant du changement de régime une priorité officielle des États-Unis, la fenêtre pour un terrain commun avec la Russie aux Nations Unies s’est complètement fermée »[2] indique Anne de Tinguy[3]

    Le 30 septembre 2015, à la télévision russe, Vladimir Poutine s’exprime sur l’intervention en Syrie: « Le seul moyen de lutter efficacement contre le terrorisme international – en Syrie comme sur les territoires voisins – […] est de prendre de vitesse, de combattre et de détruire les combattants et les terroristes sur les territoires qu’ils contrôlent et de ne pas attendre qu’ils arrivent chez nous. »

    Stratégie aérienne et faible engagement terrestre.

    Si l’’intervention russe est un succès, par-delà le faible effectif engagé sur le terrain, il n’en reste pas moins vrai qu’il est aussi le résultat d’une volonté politique à choisir ses alliés comme à nommer ses ennemis. Et pour le coup, la Russie a été clairvoyante comme courageuse à désigner, dans ce bourbier syrien constitué d’une mosaïque de belligérants, ceux qu’elle voulait clairement combattre, bien au-delà des combines internationales aux enjeux pour le moins sibyllins et ce, avec le concours d’une Armée Syrienne (AAS) visiblement tout à fait capable à manœuvrer sur son terrain.

     Au niveau des moyens engagés, le format étonne :les forces aériennes russes ont aligné 70 aéronefs[4] – sur les 1600 dont dispose le pays – et les forces terrestres 4 à 5000 hommes[5] – sur les 750 000 hommes de la Fédération de Russie – ont été déployés en Syrie (dont la fameuse 810e Brigade d’Infanterie de Marine) auxquels on peut rajouter quelques unités de Forces Spéciales (Spetsnaz), une dizaine de chars et quelques batteries LRM (Lance-Roquette Multiple) pour l’artillerie sans oublier les drones. Ainsi, la stratégie russe était axée sur une option clairement aérienne évitant pour le coup l’hypothétique enlisement, souvent synonyme de coûts humains élevés, dont les armées soviétiques avaient fait les frais en Afghanistan comme en Tchétchénie quelques décennies auparavant. Quant à la « productivité » de cette opération, elle relève de la quasi-excellence.

    « Malgré la densité engagée, le coût d’emploi (environ 3 millions d’euros/jour) peut être comparé à l’action de l’opération française Chammal au Levant (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros/jour) et qui, pour n’évoquer que le volet appui aérien, représente une moyenne de 6 sorties aériennes (dont une frappe/jour pour 33 pour les Russes). Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une « productivité » opérationnelle très supérieure à celle des Américains ou des Français.».[6]De plus, comme le souligne Michel Goya « la brigade aérienne a été engagée dans plusieurs dizaines d’opérations combinées, à un rythme très élevé (1 000 sorties mensuelles en moyenne) rendu possible par la proximité des bases de la ligne de contact, comme Hmeimim en premier lieu (à 25 km au sud de Lattaquié)  Shairat ou Tiyas près de Palmyre ».

    Une redoutable efficacité.

    A l’actif des Russes, l’intervention a considérablement réduit les forces rebelles et ce, dès l’année 2015, accentuée avec la prise d’Alep en décembre 2016 comme de l’axe autoroutier M5 ou la « route de Damas » qui traverse le pays de la Jordanie jusqu’à Homs en passant par Alep et Damas, ainsi que l’aéroport de Deir ezzor, assiégé par l’Etat Islamique. Cette semaine encore, c’est Maadan, une des dernières localités aux mains de l’EI au Sud de Raqqa qui a été reprise par les troupes syriennes. Cependant quels constats est-il permis de faire après deux ans d’intervention[7]? Comme l’explique à nouveau Michel Goya, l’essentiel des pôles de résistance ont basculé à un moment ou à un autre pour disparaître.

    «  Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs àd’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs et sur la scène internationale. D’un point de vue tactique, ces espaces disputés sont essentiellement urbains, parfois montagneux, et toujours difficiles à conquérir surtout pour des forces disponibles en manœuvre offensive, et relativement peu nombreuses de part et d’autre. On a donc assisté à des opérations extrêmement fragmentées et à des batailles d’autant plus lentes que la motivation des défenseurs était forte ».

    Pour conclure et même si la bataille n’est pas encore finie, on peut allègrement dresser un constat très positif de l’intervention russe en Syrie. Avec des effectifs réduits et un engagement de matériels certes intensif mais somme toute rationné, les Russes ont réussi un pari qui, par l’intelligence et l’intensité des actions, s’est transformé en victoire. Et même si la victoire militaire est essentiellement russe, on peut en attribuer les effets politiques à Moscou comme à Damas qui n’en n’attendait pas plus de son fidèle allié. Et force est de constater qu’avec une feuille de route cohérente –et je dirais loyale-, les Russes ont acquis une autorité qui, des Occidentaux en passant tous les belligérants locaux, laissera pour longtemps l’empreinte d’une redoutable efficacité.

    Ch.Mihaïlovitch Tripetzky

    [1] Voir l’excellent article de Michel GOYA in« La voie de l’épée »

    [2] Charap 2013 p. 37‑39

    [3] Anne de Tinguy : « La Russie face aux révoltes libyennes et syriennes »

    [4] Composés essentiellement de bombardiers tactiques Sukhoi-34, de chasseurs multi rôles Sukhoi-30 et Sukhoi-35, complétés d’hélicoptères Mi-24 PN, MI-35M et Kamov-52

    [5] Russia’s Syria operation cost over $460 million — Putinhttp://tass.com/politics

    [6] Michel Goya in « La voie de l’épée »

    [7] Le nombre de tués russes est officiellement de 23 militaires et 17 employés civils de sociétés privées.

    http://www.medias-presse.info/tempete-rouge-le-succes-de-lintervention-russe-en-syrie/80743/