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géopolitique - Page 831

  • L'américanité ou l'Europe...

    Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Diego Fusaro, cueilli sur le site du Cercle Aristoteet consacré à la domination qu'exerce les États-Unis sur l'Europe. Professeur d'histoire de la philosophie à l'université de Milan et déjà auteur d'une dizaine d'essais, Diego Fusaro est considéré comme le principal disciple de Costanzo Preve, mort en 2013.

    L'américanité ou l'Europe

    Après la disparition des systèmes socialistes sous les décombres du Mur de Berlin (9 novembre 1989), et l’élimination subséquente de toute alternative politique digne de ce nom, l’ancien dilemme de Novalis« L’Europe ou la chrétienté »(de l’ouvrage du même titre) s’est  reconfiguré sous les traits d’une alternative perverse et macabre : celle de «l’américanité ou l’Europe ».

    La puissance sortie victorieuse de la Guerre froide a depuis lors renforcé ce processus délétère d’américanisation intégrale du « Vieux Continent », déjà entamé à partir de 1945. Cela s’est manifesté notamment dans la culture, non seulement celle de masse, avec l’américanisation de la musique populaire, mais aussi la culture scolaire, qui a subi toute une restructuration capitalistique de son logiciel, et qui s’est dès lors vu de plus en plus façonner sur le modèle entrepreneurial, selon la logique « dettes/crédits », faisant ainsi des professeurs desmanagers,et des étudiants des apprentis-consommateurs. Cela s’est également manifesté dans les politiques sociales, au travers de la démolition du système européen d’assistanat.

    De fait, dans l’histoire récente de l’Europe, de la chute du Mur jusqu’à l’implosion de l’Union soviétique (peut-être la plus grande tragicomédie géopolitique du XXe siècle), plusieurs événements successifs sont venus alimenter un plus vaste processus de substitution paradigmatique du modèle américain, fondé sur un capitalisme dépourvu de toute base éthique, au modèle européen, qui s’était lui constitué en haute lutte comme équilibre entre le capitalisme, leWelfarestateet de solides fondations axiologiques. Aujourd’hui, on voit l’Europe devenir de plus en plus un protectorat américain, les États européens étant aux États-Unis ce qu’étaient les satellites du pacte de Varsovie vis-à-vis de l’URSS et de sa ligne de conduite marxiste.

    Dernière manifestation en date de ce scénario scandaleux, la stupeur déclenchée il y a quelques temps lors des révélations sur les pratiques obscènes d’espionnage des États-Unis à l’égard de leurs prétendus « alliés » (dans les faits leurs subordonnés).  Mais en réalité, pourquoi tant de stupeur ? Est-ce une nouveauté que cette absence de relationinter pares  entre les États européens et les États-Unis ? Qu’y a-t-il d’exceptionnel à cela ? Fallait-il s’attendre à ce que l’Empire du Bien traitât l’Italie, l’Allemagne, et l’Espagne comme des États libres et égaux à lui ?

    La « Quatrième Guerre mondiale »[1] (selon le concept de Costanzo Preve, sur la séquence historique qui s’étend de 1991 à nos jours) a vu la puissance américaine systématiquement entrer en lutte contre les forces qui résistaient à sa domination ; et, aussi bien avec l’Irak en 1991 qu’avec la Libye en 2011, l’on a vu à chaque fois ses soi-disant « alliés » se retrouver acculés à servir leur maître en prenant activement part à ses agressions impérialistes. L’on songe ici à ce que Carl Schmitt écrivait déjà en son temps dansLa notion de politique(1927) :« Si, sous forme de sentence ou de quelque autre manière, un peuple se laisse prescrire par un étranger l’hostis (l’ennemi) qui doit être le sien, contre lequel il lui est permis ou interdit de combattre, c’est qu’alors il n’est plus un peuple politiquement libre, mais un peuple satellisé ou subordonné à un autre système politique ».Ces mots sont à l’image de l’Europe actuelle.

    Il apparaît chaque jour plus évident que cet État sorti vainqueur de la Guerre froide, qui œuvre aujourd’hui à la stigmatisation de toute contre-puissance se refusant à subir sa domination et sa vision du monde (elle se voit alors immédiatement condamnée commerogue State, « État voyou »), repose sur une culture impérialiste foncièrement incompatible avec la perspective d’un véritable rapport à l’Autre : qu’elle le présente sous les traits du « terrorisme » ou de la « dictature », ou qu’elle le range avec mépris dans le champ du« Rest of the world »,dans tous les cas, elle se refusea priorià lui accorder la moindre légitimité. Cette règle n’épargne pas les États Européens : dans l’horizon de l’idéologie impériale américaine, ces derniers ont le droit d’exister tout au plus comme protectorat de la Mère-Patrie.

    A cette caractéristique, que l’on retrouve dans presque toutes les formes d’impérialisme de l’Histoire, doit être rajoutée une autre : le facteur explicatif majeur que constitue en soi la prégnance aux États-Unis du protestantisme puritain d’origine vétérotestamentaire. Telle est l’idéologie qui alimente la « monarchie universelle » [2] américaine : sous sa caution, les Américains tendent naturellement à se concevoir comme le « Peuple élu », si ce n’est même comme la seule nation digne de ce nom, entraînant par là des conséquences désastreuses sur la vie internationale.

    « America stands as the world’s indispensable nation », pouvait-on entendre dans le discours de Bill Clinton du 20 janvier 1997. Si l’Amérique est la seule nation indispensable au monde, alors toutes les autres ne sont plus bonnes à exister que comme ses colonies, au mieux ses subordonnées.

    Porte-drapeau d’une « Special mission »qui lui aurait été assignée par Dieu, « l’Empire du Bien » étiquette immédiatement comme « terroristes » toutes les formes de résistance que peuvent lui opposer les peuples opprimés ou les États (de l’Iran à Cuba, en passant par la Corée du Nord jusqu’au Venezuela),  qui, malgré des contradictions internes parfois très lourdes, ne se plient pas au diktat de la mondialisation capitaliste. Par leur positionnement géostratégique courageux, ces derniers rappellent ainsi aux Européens que résister est encore possible (pour prendre à-rebours le titre du peu glorieuxbest-sellerde Walter Sitti :Résister ne sert à rien).

    Dans une opposition revendiquée aux chantres duPolitiquement correctet à nos éternels « repentis », toujours prompts à discréditer comme pure nostalgie la récupération des catégories de pensée à même de déceler les contradictions de notre temps, la revivification de la critique de l’impérialisme est aujourd’hui d’une importance vitale. Face aux stratégies manipulatoires de la propagande officielle, capable de déclarer à son gré telle ou telle perspective critique comme complètement dépassée, l’impérialisme est aujourd’hui plus vivant que jamais – et que, par son pouvoir d’adaptation, il se soit métamorphosé sous un nouveau visage, compatible avec l’idéologie mondialiste, n’y change rien – ; face à lui, la tendance à le disqualifier comme une catégorie politique désuète  révèle une volonté mal cachée d’anesthésier toute critique en faisant passer pour mort l’objet pourtant bien vivant sur lequel elle est censée s’exercer.

    Comme Voltaire en son temps, nous n’aurons de cesse de le répéter : il ne pourra y avoir de démocratie en Europe tant que son territoire sera sous l’emprise de bases militaires états-uniennes. Il ne pourra y avoir d’Europe sans souveraineté géopolitique. Il ne pourra y avoir d’Europe démocratique d’États libres et égaux tant que le « Vieux Continent » continuera d’exister comme simple protectorat d’une monarchie universelle, ou simple pion de l’Eurocratie en place. S’étonner qu’une telle affaire d’espionnage ait pu avoir lieu est un privilège de vierges effarouchées. Il faut, au contraire, s’appliquer à éliminer à la racine les conditions qui rendent possibles des scandales comme celui-ci.

    Diego Fusaro (Cercle Aristote, 26 février 2015)

    Notes :

    Texte original en italien :Diego Fusaro, « Americanità o Europa », Lo Spiffero, Pubblicato Lunedì 08 Luglio 2013.

    [1] Constanzo Preve,La Quatrième Guerre mondiale,éd. Astrée, 2008, trad. 2013. Disponible sur :http://www.editions-astree.fr/BC/Bon_de_commande_Preve.pdf

    [http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2015/03/03/l-americanite-ou-l-europe-5570647.html2] On se réfère ici à l’« Universal monarchie » mentionnée par Kant dans son Projet de paix perpétuelle (1795)

  • 100 médias russes interdits en Ukraine, Moscou dénonce une guerre de l’information

    Les retraits d'accréditation de100 médias russes par Kiev ont été qualifiés de «discrimination ouverte» en Russie. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cela met en doute l'intérêt de l'Ukraine à mettre un terme pacifique à la crise.

    Une recommandation du Service de Sécurité d'Ukraine (SBU) publiée hier vise à priver 100 médias russe de leur accréditation à exercer leur activité dans le pays. Cette liste comprend TASSRossiya Segodnya et toutes les chaînes russes sauf Dozhd (chaîne connue pour son soutien à l'opposition en ) selon la porte-parole du service Elena Gouitlianskaïa. Les médias seront non-accrédités jusqu’à la fin du conflit ukrainien.

    «La décision tout à fait discriminatoire du parlement ukrainien de priver les médias russes d’accréditation gouvernementale s’inscrit dans la continuité d’une politique visant à débarrasser l’espace médiatique ukrainien de tout point de vue alternatif», a signalé le ministère russe des Affaires étrangères dans une déclaration la veille.

    Le ministère a ajouté qu’une telle décision intervient «en porte-à-faux avec les résolutions du sommet au format Normandie» et met en doute «l’intérêt de Kiev à la résolution pacifique du conflit».

    En savoir plus : les participants au sommet de Minsk ont réitéré leur soutien à l’accord du 12 février

    Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a informé samedi que le Kremlin touchera un mot à Kiev à ce sujet, soulignant «l’inadmissibilité de telles mesures». Il a aussi dit à TASS que Moscou ne répondra pas aux actions de Kiev en compromettant l'accès des médias ukrainiens à l'auditoire russe car «la Russie est un pays où l’activité des médias est régulée par la loi et où les journalistes russes et étrangers ont les mêmes droits d'obtenir des informations».

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  • Eric Zemmour dénonce l’attitude intenable de la France à l’égard de la Syrie. Bachar ou l’Etat Islamique, il faut choisir…

  • TVL : Mère Agnès-Mariam de la Croix: "en Syrie, Hollande est schizophrénique"

  • Méridien Zéro : Contre le Traité Transatlantique !

    Alain de Benoist au micro de Méridien Zéro s’entretient sur le thème du traité transatlantique de libre-échange, dit TAFTA, et ses conséquences sur lequel il vient d’écrire un ouvrage.

    LE TRAITÉ TRANSATLANTIQUE ET AUTRES MENACES
    Alain de Benoist
    Pierre Guillaume de Roux

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Un axe Moscou-Téhéran-Pékin compromettrait les plans US en Asie

    Un axe politique et économique Moscou-Téhéran-Pékin compromettrait les plans de Washington visant à élargir la présence américaine en Asie, estime un analyste de la chaîne de télévision RT.

    La pression exercée par les Etats-Unis sur l'Iran pousse ce dernier à se rapprocher de la Russie et de la Chine, ce qui rend plus probable la création d'un axe politique et commercial Moscou-Téhéran-Pékin. Ce facteur pourrait compromettre les plans de Washington en Asie, estime Pepe Escobar, correspondant du journal Asia Times et analyste de la chaîne de télévision RT, dans un article écrit spécialement pour Sputnik. 

    Concernant les relations avec Téhéran, la stratégie des Etats-Unis se réduit aux "sempiternelles «négociations» visant à limiter le programme nucléaire iranien en échange d'une levée — pour le moment fort douteuse — des sanctions".

    L'analyste constate dans le même temps que l'Iran entame un rapprochement avec la Russie et la Chine. 

    "La Russie fait déjà de bonnes affaires avec l'Iran, de la construction de centrales nucléaires jusqu'aux livraisons d'armes. Aucun accord entre les Etats-Unis et l'Iran ne verra le jour sans le consentement tacite de Moscou, et les Américains le savent bien. Pékin, pour sa part, cherche à maintenir le statu quo, car il ne veut pas voir Téhéran se rapprocher de l'Occident: cela signifierait que Washington est parvenu à opérer un «tournant vers l'Asie», tournant que la Chine considère avec juste raison comme une tentative d'endiguement", constate M. Escobar.

    Il estime qu'après la normalisation des relations avec l'Iran, ce dernier adhérera à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) où il possède actuellement le statut d'observateur. 

    Une telle évolution des événements favoriserait l'intégration eurasienne de l'Iran et renforcerait l'axe politique et commercial Moscou-Téhéran-Pékin au point de torpiller la stratégie américaine de "tournant vers l'Asie", conclut M. Escobar.

    http://fr.sputniknews.com/international/20150304/1015022721.html

  • Guerre en Ukraine : entretien exclusif avec l’association Vostok France solidarité Donbass

    L’une des conséquences du conflit au Donbass (Ukraine) entre forces de Kiev et séparatistes est la grave crise humanitaire qui touche les populations civiles. Pour leur venir en aide s’est constituée l’association Vostok France solidarité Donbass. Nous avons rencontré sa présidente Elena Ruffo-Kovriguina. L’association dispose, en plus d’un site, d’un compte Facebook et d’un compte Twitter.

    Bonjour, pouvez-vous rappeler l’objet de voter association ? Quel son rôle ?

    L’association Vostok France solidarité Donbass est une association humanitaire qui a été créée au mois d’août dernier afin de venir en aide à la population civile ukrainienne, sans distinction de son origine et de son religion, fuyants ou restants dans les zones de combats militaires à l’est de l’Ukraine.

    A qui venez-vous en aide ?

    Aujourd’hui notre aide est principalement concentrée sur la population civile de la région du Donbass à l’Est de l’Ukraine qui est ravagée par la guerre civile depuis 10 mois. La population que nous aidons ce sont des enfants, des femmes, des personnes âgées. Ces personnes ont survécu sous les bombes et les obus de longs mois, dans le froid, sans alimentation convenable, sans médicaments.

    Pourquoi aidez-vous ces populations ?

    Les villes et les infrastructures sont détruites, le système de santé presque inexistant suite à ces destructions massives et au blocus économique et bancaire instauré par le gouvernement ukrainien. Et au-delà, 5000 morts civiles dons 800 enfants, d’après le rapport de l’ONU… Le 21 janvier le gouvernement ukrainien a instauré l’interdiction de sortie du territoire du Donbass par la mise en place de barrages policiers, empêchant l’acheminement d’aide humanitaire ! Les médias occidentaux et ukrainiens ne parlent pas de cette crise humanitaire dont le représentant officiel de l’UNICEF en Ukraine qualifie comme une crise sans précédent.

    Pourquoi avez-vous manifesté samedi 21 février à Paris devant l’ambassade d’Ukraine ? Avez-vous bénéficié d’une participation importante ?

    Si nous nous sommes réunis le 21 février dernier devant l’Ambassade de l’Ukraine, c’est pour crier au gouvernement ukrainien et au monde entier notre inquiétude, notre douleur, notre compassion pour ces gens qui sont abandonnés à leur sort, mais aussi pour exiger du gouvernement ukrainienne et de la communauté internationale l’organisation de l’aide humanitaire massive en direction de la population civile du Donbass.

     

    Si nous parlions de mobilisation il faut noter trois facteurs :
    - tout d’abord l’opinion publique en France ainsi qu’en Europe est très mal informée et renseignée sur cette crise et la situation de la population civile du Donbass,
    - un grand nombre de personnes qui nous soutient habite dans toutes les régions de France,
    - et ensuite, le 21 décembre a été un jour de chassé-croisé de vacances d’hiver.

    Tenant compte de ces facteurs, on peut dire que la mobilisation a été satisfaisante, d’autant plus que tout au long de la préparation de cette manifestation nous avons reçu de nombreux soutiens sur Facebook. Et depuis le 21 février le nombre de dons a aussi augmenté, donc on peut considérer, que les gens ont entendu notre appel.

    Comment analysez-vous les accords de Minsk ?

    En ce qui concerne des accords de Minsk : pour nous il est très important que les combats militaires s’arrêtent et les gens du Donbass puissent enfin trouver la paix, se reposer dans le calme, sortir dehors des sous-sols et de retrouver la vie normale. Quoi que cette vie normale ne sera pas facile, suite, comme j’ai déjà dit, aux destructions massives des villes, des villages et des infrastructures – donc pas d’électricité, pas d’eau, pas de gaz. Et le pire, c’est la famine et les conditions anti-sanitaires de la vie sur les ruines.

    Cela va-t-il permettre d’améliorer la situation des populations du Donbass, tout au moins de faciliter l’aide humanitaire à destination de ces populations ?
    Est-ce que l’aide humanitaire va arriver plus facilement au Donbass maintenant, après les accords de Minsk ? Oui, à la condition que la communauté européenne s’y mette, à la condition que l’aide humanitaire soit envoyer par les grands ONG qui commencent à arriver sur place.

    Mais aussi que la communauté européenne exige du gouvernement ukrainien la création des couloirs d’accès pour l’aide humanitaire, car au jour d’aujourd’hui la région du Donbass se trouve en état de blocus par les forces de police et de l’armée ukrainienne.

    Dans le cas contraire, la population civile de cette région, qui a déjà subi des pertes importantes par des hostilités, sera exterminée par la famine, les maladies et le froid.

    http://fr.novopress.info/183315/guerre-en-ukraine-entretien-exclusif-avec-lassociation-vostok-france-solidarite-donbass/#more-183315

  • L’Afrique en guerre – L’Afrique Réelle N°63, mars 2015

    Editorial de Bernard Lugan :

    En ce mois de mars 2015, en dépit des discours économiques désincarnés prononcés par les « experts » et pieusement récités par les médias, l’Afrique est plus que jamais en perdition.
    En laissant de côté les crises politiques qui peuvent à tout moment déboucher sur des guerres, le simple énoncé des conflits en cours permet de le comprendre.

    A l’exception du Maroc, toute l’Afrique du Nord est en guerre :

    - L’Egypte est prise entre deux fronts jihadistes, celui du Sinaï à l’est et celui de Libye à l’ouest ; sans parler de la subversion intérieure qui se manifeste par des attentats quotidiens.

    - En Libye les dernières structures étatiques ont achevé de se dissoudre dans des affrontements aux formes multiples à travers une fragmentation régionale et tribale que Daesch tente de coaguler.

    - La Tunisie ne parvient pas à réduire ses maquis islamistes.

    - En Algérie, des maquis islamistes sont actifs dans plus de la moitié du pays. L’Algérie est dans une impasse économique due aux aléas pétroliers, ce qui risque d’avoir de graves conséquences sociales et politiques.

    Au sud du Sahara, la totalité de la bande sahélienne, de l’atlantique à la mer Rouge est en état de guerre ouverte ou larvée.

     

    - La question malienne n’a pas été réglée. Elle n’est pas religieuse, mais ethno-raciale et elle ne trouvera pas de solution tant que l’Etat malien ne se sera pas véritablement « fédéralisé ».

    - Dans toute la région péri tchadique, Boko Haram étant à l’offensive, le Niger, le Tchad et le Cameroun tentent de coordonner la résistance.

    - Le Nigeria qui a militairement perdu le contrôle de trois de ses Etats est en plein délitement alors qu’il y a encore quelques mois, les « experts » du développement le présentaient comme un « relais de croissance »[1].

    - En Centrafrique, l’actuel dégagement français et le passage de relais à la MINUSCA se fait alors qu’aucun des problèmes qui se posaient avant Sangaris n’a été réglé. Le pays est même devenu une nouvelle zone de déstabilisation régionale.

    - Les deux Soudan sont toujours au bord de la guerre cependant qu’au Soudan du Sud, la guerre entre Dinka et Nuer prend chaque jour de l’ampleur.

    - La Somalie demeure une plaie ouverte en dépit des interventions extérieures.

    - L’est de la RDC, et plus particulièrement le Kivu, est toujours ensanglanté par les affrontements de milices qui permettent à Kigali de continuer à piller ses richesses minières.

    [1] Les lecteurs de l’Afrique Réelle avaient été « vaccinés » contre cette illusion. Voir à ce sujet le numéro 52, avril 2014

    SOMMAIRE

    Actualité :
    - Les fragilités du Tchad face à Boko Haram
    - De la Libye à la région péri tchadique, est-il encore possible d’endiguer le califat islamique ?
     
    Dossier :
    L’Algérie produira-t-elle encore du pétrole et du gaz en 2030 ?
     
    Histoire :
    Le premier conflit mondial en Afrique de l’Ouest

    .
    Source : le blog de Bernard Lugan.

    http://fr.novopress.info/183256/lafrique-en-guerre-lafrique-reelle-n63-mars-2015/#more-183256

  • Les USA : amis, alliés, adversaires ou ennemis ?

    « Avec Obama, un indécis qui n’a pas de ligne constante, les USA improvisent une politique étrangère peu lisible, tiraillée entre les « trois sœurs » : la CIA, le Pentagone et le complexe militaro-industriel ».

    Dans plusieurs de mes livres, j’ai toujours critiqué deux positions : l’anti-américanisme obsessionnel issu d’une rigidité idéologique, et l’atlantisme de soumission, l’américanolâtrie.  Diaboliser les USA est aussi inconséquent que de les idéaliser. Voici donc  le résumé d’une position qu’on pourrait appeler « gaullienne ».


    Une politique étrangère à l’impérialisme incohérent.

    Dans le domaine de la politique étrangère, depuis la catastrophe du Vietnam, les actions bellicistes de Washington se sont multipliées, aussi contre-productives les unes que les autres, mais toujours animées par ces deux objectifs : maintenir l’Europe dans la soumission et encercler la Russie pour l’empêcher de redevenir une grande puissance. Dans les Balkans, en Afghanistan, en Irak et au Moyen-Orient, les opérations de guerre des Etats-Unis, par le biais de pseudo-coalitions illégales au regard de l’ONU, ont toujours débouché sur le chaos et la guerre civile. Avec cette conséquence de renforcer partout l’islamisme et sa barbarie, de déstabiliser des régions entières d’où les chrétiens sont chassés, et tout cela pour installer une démocratie à l’américaine, qui n’a jamais connu le début du moindre commencement. La politique internationale de Washington, belliciste par essence, affairiste par nécessité, est un mélange bien repéré de naïveté et de cynisme, de grands principes larmoyants et de pratiques de la CIA, de l’US Army ou de la NSA qui violent allégrement le droit.  Et trahissent quand il le faut les « alliés ».

    Dans l’affaire ukrainienne où Washington est intervenu ouvertement, il s’agit de provoquer la Russie et de lancer contre elle une nouvelle guerre froide de moyenne intensité, afin d’éviter à tout prix un axe Paris-Berlin-Moscou, de casser l’économie russe,  de déstabiliser le régime politique, d’éliminer toute influence russe de sa sphère naturelle d’Europe centrale, ainsi que d’étendre l’OTAN le plus à l’Est possible, en violation des accords passés au moment de la dissolution de l’URSS.

    Il faut pointer aussi les errements, les retournements, les naïvetés de la diplomatie américaine, notamment avec l’Arabie, le Pakistan, l’Iran… Avec un manque complet de cohérence entre, par exemple, le fanatisme des néo-conservateurs sous George Bush et l’administration Obama qui semble ne plus avoir de doctrine claire.  Même par rapport à l’allié israélien. Avec Obama, un indécis qui n’a pas de ligne constante, les USA improvisent une politique étrangère peu lisible, tiraillée entre les « trois sœurs » : la CIA, le Pentagone et le complexe militaro-industriel.

    Un État stratège économiquement très performant.

    Contrairement à l’Europe et en particulier à la France, les USA sont redevenus le premier moteur de la croissance mondiale, grâce à hausse de 15% de la productivité du travail, à une relocalisation des entreprises, à l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste et surtout grâce à leur leadership absolu  dans l’économie de la révolution numérique. Obama a déclaré le 17 février dernier avec un impérialisme tranquille : « nous possédons Internet. Nos entreprises l’ont créé, l’ont étendu, l’ont perfectionné à un niveau qui fait que nul ne peut nous concurrencer ». Les conséquences de la domination sans partage de l’économie numérique mondiale par les Etats-Unis sont capitales et pas seulement dans l’espionnage tous azimuts. Ils compensent un repli stratégique et l’érosion de la Pax Americana par un impérialisme technologique massif que  la Chine et la Russie essaient de contrer mais que l’Europe, ahurie et soumise, laisse faire. « L’Europe est totalement soumise à l’oligopole de l’Internet américain. […] Dominante en 2000 l’industrie européenne des télécommunications s’est effondrée. Les institutions européennes se sont montrées aussi efficaces pour interdire l’émergence d’une industrie continentale que pour laisser le champ libre au entreprises américaines », note Nicolas Baverez (dans La guerre d’Internet aura bien lieu, in Le Figaro, 23/02/2015). La création d’un « Internet européen » est demandée par Angela Merkel, en vain…Véronique Morali, qui dirige Webedia et qui est une des personnalités les plus influentes du numérique européen, asserte (Ibidem) : « les Etats-Unis, avec des géants comme Google, Facebook, Amazon ou Twitter ont clairement gagné la bataille de la puissance […] Seuls les groupes chinois sont capables de rivaliser. L’Europe a perdu la bataille. » Pour l’instant.

    En tout cas, l’État stratège américain a su promouvoir en quinze ans à peine, à partir de l’écosystème de la Californie et par une politique économique  à la fois libérale et souveraine, un instrument techno-économique de domination et de contrôle globaux. On est loin des âneries des énarques sur le colbertisme collectiviste ou le « modèle social français ».

    Une hégémonie acceptée par les Européens et non pas imposée

    Dénoncer l’ « impérialisme » américain, en tant que tel, est stupide parce que toute grande puissance est nécessairement impérialiste, c’est-à-dire à la recherche de domination.  Ce qu’il faut critiquer, c’est la formeque prend l’impérialisme américain et qui est contre –productive à moyen terme pour les États Unis eux mêmes, parce qu’ils se créent des ennemis partout et multiplient contre eux des haines et des ressentiments tenaces. D’autre part, ce maladroit impérialisme américain est alimenté par la faiblesse et la soumission mêmes des Européens, qui fournissent des verges pour se faire battre.

    Par exemple, dans la négociation actuelle du nouveau Traité de libre-échange UE-USA, qui est un scandaleux traité inégal, les Européens sont les seuls responsables de leur propre capitulation. Les Européens n’ont jamais osé sérieusement protester contre les privilèges juridiques internationaux que les Américains s’octroient tout comme les sanctions, punitions, amendes qu’ils infligent unilatéralement  aux pays et aux sociétés qui bravent leur imperium.

    Quant à  la nature  de la « domination culturelle américaine », qui se pose depuis des décennies, c’est un débat piégé où, là encore, la faute revient entièrement aux Européens qui devraient se poser la question de leur créativité culturelle propre plutôt que de rejeter la faute sur les autres. Songeons en particulier à l’ « exception culturelle française », avec son système de subventions quasi-soviétiques d’œuvres médiocres, avec les privilèges coûteux de ces assistés que sont les intermittents du spectacle.

    Globalement, la domination culturelle, technologique, politique des Etats-Unis est davantage le fruit d’un videet d’une aboulie européenne que d’une brutalité américaine. Là où l’État stratège américain aide ses entreprises, l’État collectiviste français pratique les entraves administratives et les matraquages fiscaux, décourageant le travail et la compétitivité. D’autre part, l’Europe applique la règle de concurrence débridée qui aboutit à la préférence économique étrangère (on est libéraux là où il ne faudrait pas l’être et on ne l’est pas là où il faudrait l’être). Les USA, eux, s’adonnent à la préférence économique nationale (Buy American Act). Les deux seules puissances qui, actuellement, font barrage à l’unilatéralisme américain sont la Russie et la Chine. Ayant sacrifié, tout comme leurs ambitions dans l’économie numérique, leurs budgets militaires, les Européens ne doivent pas s’étonner d’être dépendants de l’OTAN et des géants Internet d’outre-Atlantique.

    Désigner la nature des Etats-Unis.

    Quoi qu’il en soit, les États-Unis ne peuvent en aucun cas être qualifiés d’ennemis par les Européens, en particulier par les Français, comme le font certains milieux extrémistes à gauche comme à droite. Le véritable ennemi, fondamental, a le visage de ceux qui ont commis les attentats de début janvier et des forces qui sont derrière eux et qui entreprennent, avec la complicité d’une oligarchie aveuglée, la colonisation et l’islamisation de l’Europe. Les États-Unis peuvent en revanche être qualifiés d’adversaires, de compétiteurs très durs, notamment dans les domaines techno-économiques et stratégiques, tout comme la Chine, d’ailleurs. Le seul véritable ami naturel de l’Europe devrait être la Russie et ce, dans tous les domaines, parce que nous appartenons à la même Maison commune continentale. Cela dit, en fonction des circonstances et sur certains dossiers,  notamment face à l’islamisme, les Etats-Unis peuvent être des alliés. Néanmoins, on peut toujours rêver, avant qu’il ne soit trop tard, à une alliance générale de tous les peuples apparentés d’origine et de civilisation européenne

    Guillaume Faye, 2/03/2015

    Source : Gfaye.com

    Voir aussi : Le Traité transatlantique et autres menaces, d’Alain de Benoist

    http://www.polemia.com/les-usa-amis-allies-adversaires-ou-ennemis/

  • La rencontre avec Bachar suscitée par Fabius

    Au-delà du médiatique Jacques Myard, Minute s'est intéressé au sénateur-maire centriste de Laval François Zocchetto, président du groupe UDI-UC au Sénat, véritable cheville-ouvrière du voyage parlementaire à Damas, qui n'a pas pu agir sans l'aval du Quai d'Orsay. Extrait :

    M"[...] Zocchetto, c’est un grand bourgeois centriste qui avance à pas feutrés. Ce n’est pas un « gugusse » pour reprendre l’expression incroyablement méprisante qu’a employé l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy à l’encontre de ces quatre parlementaires. A chaque crise internationale, François Zocchetto, en tant que président de groupe parlementaire, fait partie des quelques responsables politiques consultés par le premier ministre. Ce n’est pas un aventurier ou un passionné de politique étrangère. Il n’a pas la panoplie du barbouze ou de l’agent secret. Depuis son bureau situé au sud-est du rez-de-chaussée du Palais du Luxembourg, c’est avant tout un important rouage parlementaire français.

    Tout cela pour dire que François Zocchetto était l’homme idoine pour monterce voyage de Damas, qui semble relever de la diplomatie parlementaire, semi-publique, et qui marque en fait une tentative de la France de renouer avec Bachar, dont elle a fait une sorte de Grand Satan et de qui elle ne sait plus comment se rapprocher sans (trop) se déjuger… ni se ridiculiser. Dans les manoeuvres géopolitiques en cours, suscitées par la montée en puissance de l’Etat islamique, qui voient les Américains se rapprocher discrètement de l’Iran et de « l’arc chiite » qui court de Téhéran à Beyrouth, ce voyage de Damas était nécessaire pour se rapprocher… du réel. [...]

    Il faut maintenant espérer que cette initiative aura des conséquences diplomatiques positives pour une approche raisonnable de la situation syrienne. Les vrais amis du Liban et de la Syrie savent depuis les années 1980 que la famille El Assad est tout sauf recommandable. Mais le danger que représente l’Etat islamique pour la stabilité de cette région et pour les chrétiens d’Orient oblige à trouver un terrain d’entente avec Damas. Peu importe que cela oblige Laurent Fabius, Manuel Valls et François Hollande à quelques contorsions."

    Michel Janva