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Ocean Viking, Open Arms, Lifeline, Alan Kurdi, Mare Jonio, Sea Watch 3... À qui appartiennent ces navires humanitaires? Qui les finance? Où opèrent-ils et où en sont les poursuites judiciaires? Carte à l’appui, Le Figaro fait le point.
Depuis le début de l’été, sur les six principaux navires d’aide aux migrants qui sillonnent la Méditerranée, quatre ont fait l’objet de saisies judiciaires et sont contraints de rester à quai dans divers ports de Sicile.
L’Ocean Viking de l’ONG SOS Mediterrannee et l’Alan Kurdi de l’ONG allemande Sea Eye sont les deux seuls bateaux actuellement libres d’exercer leurs missions de sauvetage.
Ils devraient être bientôt rejoints par l’Open Arms, dont la saisie a été levée par un juge italien.
L’Ocean Viking
L’Ocean Viking, le 4 août 2019 au port de Marseille. CLEMENT MAHOUDEAU/AFP
● Quelle ONG?
L’Ocean Viking est un navire affrété (loué) depuis avril 2019 par l’ONG européenne SOS Méditerranée, basée à Marseille.
Ce réseau européen est constitué de quatre associations, une en France, une en Allemagne, une en Italie et une en Suisse.
L’association française Médecins sans frontières assure un partenariat médical et logistique.
«SOS Méditerranée a signé un contrat auprès de l’armateur norvégien Hoyland», détaille au Figaro Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de l’ONG.
Le navire bat pavillon norvégien.
Cela signifie que la nationalité de rattachement du bateau est celle de son pavillon, et non de son propriétaire ou locataire.
L’Ocean Viking est donc enregistré auprès des autorités norvégiennes et dépend de la réglementation de ce pays.
Un choix stratégique pour l’ONG: «le pavillon norvégien est très réputé en termes de sécurité et de certification des navires.
Et il dépend ainsi d’un État irréprochable dans la défense des droits maritimes et droits humains», estime Sophie Beau.
«Vu les déboires avec notre précédent navire Aquarius, dont le pavillon nous a été retiré à deux reprises - par Gibraltar puis par le Panama -, confie-t-elle encore, il était important de trouver un navire avec un pavillon qui le mettrait à l’abri des pressions politiques».
Contraint d’abandonner sa mission en décembre 2018, rendu depuis à son armateur, l’Aquarius était devenu le symbole des tensions entre pays de l’Union européenne face à la crise migratoire.
Entre février 2016 et fin 2018, l’ONG revendique avoir secouru 29.523 personnes à bord de l’Aquarius.
● Quels financements?
Selon le rapport d’activité 2018 de SOS Méditerranée France, 98% des ressources de l’association sont issues de dons privés, principalement des particuliers (59%) mais aussi du mécénat - entreprises, fondations et associations - (39%).
Parmi ces derniers, on peut citer Agnès B., Emmaüs, ou encore la Fondation Abbé Pierre.
Enfin, il existe 2% de subventions publiques issues de collectivités territoriales, dont les régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, et la mairie de Paris.
Selon l’ONG, l’affrètement de l’Ocean Viking coûte 14.000 euros ar jour.
Ces derniers avaient dû patienter 14 jours en mer entre Malte et l’île sicilienne de Lampedusa (Italie), dans l’attente de la désignation d’un port où débarquer.
Après sept jours de pause à Marseille et un ravitaillement en carburant, le navire est reparti pour la Méditerranée centrale le 2 septembre pour une nouvelle mission de sauvetage au large des côtes libyennes.
Le 9 septembre, l’Ocean Viking a secouru 50 migrants à 14 milles nautiques des côtes libyennes. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, le navire a embarqué 34 migrants supplémentaires, qui venaient d’être secourus par le Josefa, un voilier de 14 mètres appartenant à une petite ONG allemande, la Reqship.
Les autorités maritimes ont proposé le débarquement des migrants en Libye, mais SOS Méditerranée refuse et réclame un «port sûr».
Dans la soirée du mercredi 11 septembre, une Nigériane enceinte de neuf mois a été évacuée de l’Ocean Viking avec son époux, par un hélicoptère de l’armée maltaise, en raison de «sérieuses complications médicales».
Trois jours plus tard, l’Ocean Viking était finalement autorisé à débarquer les 82 migrants sur l’île de Lampedusa.
«L’Ocean Viking vient de recevoir l’instruction de la part du Centre de coordination de sauvetage maritime de Rome de nous diriger vers Lampedusa, en Italie, désigné comme un port sûr pour les 82 rescapés sauvés lors de deux opérations», a expliqué SOS Méditerranée sur son compte Twitter.
L’équipage du navire Alan Kurdi effectue un exercice dans la zone SAR (Search and Rescue, recherche et secours) au large des côtes nord africaines, en Méditerranée centrale, le 29 août 2019. DARRIN ZAMMIT LUPI/REUTERS
●Quelle ONG et quel pavillon?
Le bateau Alan Kurdi, du nom du petit garçon syrien d’origine kurde mort noyé le 2 septembre 2015 et dont la photographie du corps avait provoqué une vague d’émotion à travers le monde, est affrété par l’ONG allemande Sea Eye, dont le siège est à Ratisbonne.
Construit en 1951, le navire Alan Kurdi a été racheté à l’automne 2018 par Sea Eye à l’entreprise Krebs, et bat pavillon allemand.
L’ONG revendique avoir sauvé 14.621 vies depuis le début de ses missions.
● Quels financements?
L’ONG assure être «entièrement financée par des dons», auxquels elle fait appel sur son site web. Parmi ses sponsors publics, on trouve plusieurs communautés chrétiennes allemandes: l’Église luthérienne évangélique du nord de l’Allemagne, et son évêque de Hambourg Kirsten Fehrs ; l’église évangélique d’Allemagne ; le diocèse catholique allemand de Ratisbonne ; l’Église de Lippe (Église protestante régionale), et une ONG de la communauté protestante mennonite locale.
Outre ces soutiens, on trouve également... le groupe de rock alternatif allemand Revolverheld. Interrogé par Le Figaro, Simon Pompé, porte-parole de Sea Eye, assure toutefois que l’ONG est «indépendante religieusement et politiquement».
● Quelles missions récentes et quelles poursuites judiciaires?
Le 31 août, l’Alan Kurdi a secouru 13 migrants en Méditerranée centrale affirmant être originaires de Tunisie.
Après s’être fait notifier l’interdiction d’accoster en Italie, le bateau s’est dirigé vers Malte.
Jusqu’au 10 septembre, un véritable bras de fer a opposé le navire humanitaire et les autorités maltaises, qui refusaient à l’Alan Kurdi de débarquer.
Les conditions de vie des migrants à bord s’étant très dégradées depuis, les migrants ont été débarqués sur Malte au compte-gouttes jusqu’au 10 septembre.
«Le sauvetage a eu lieu dans une zone maritime, où Malte était obligée légalement d’assumer la responsabilité de la coordination pour la répartition à venir des personnes secourues, assure au Figaro Simon Pompé, porte-parole de Sea Eye. Toutefois, tandis que Malte admettait que l’incident avait eu lieu dans leur zone de responsabilité, ils niaient leur obligation d’assumer leur rôle de coordination». Sea Eye avait déposé plainte devant une Cour maltaise, suite à quoi les autorités de l’île ont fini par proposer, avec l’appui de la Commission européenne, le débarquement des cinq migrants qui restaient à bord. Sa mission terminée, l’Alan Kurdi est actuellement en route vers son port d’attache à Borriana en Espagne. L’Eleonore
Le navire Eleonore, amarré au port de Pozzallo (Sicile), en dépit de l’interdiction des autorités italiennes, le 2 septembre 2019. ANTONIO PARRINELLO/REUTERS
● Quelle ONG et quel pavillon?
Le navire Eleonore est affrété par l’ONG allemande Mission Lifeline, fondée en 2016 et dont le siège est à Dresde. Il bat pavillon allemand.
● Quels financements?
L’ONG est financée exclusivement par des dons. Interrogé par Le Figaro, son cofondateur Axel Steier ne souhaite pas révéler le montant total mais assure qu’il s’agit «du budget le plus petit de toutes les organisations actives de sauvetage» et qu’un premier bilan sera rendu public à la fin de l’année 2019.
«Nous pouvons dire que nous sommes financés à quasi 100% par des dons privés.
Cela inclut des financements de l’Église et 28.000 euros de la German Fundraising Organisation - qui aide l’UNHCR, mais aussi de plus petits projets», détaille-t-il.
«Une infime part de nos revenus provient d’amendes imposées par les juges sur des infractions criminelles», révèle-t-il encore.
Enfin, particularité de l’ONG, il existe aussi des dons en provenance de «sources étatiques» qui ont généré «10.000 euros jusqu’à présent», confie Alex Steier.
● Quelles missions récentes et quelles poursuites judiciaires?
Bateau de pêche long de 20 mètres, construit en 1961 et transformé depuis en navire de sauvetage, l’Eleonore remplace le Lifeline, qui battait pavillon néerlandais, placé sous séquestre en juin 2018 par les autorités maltaises.
L’ONG a fait appel de la décision de justice.
Le capitaine de ce navire, Claus-Peter Reisch, avait été accusé par les autorités maltaises et italiennes d’avoir enfreint les règles en refusant de se plier aux ordres des gardes-côte libyens.
Il a été condamné à une forte amende pour des irrégularités concernant l’immatriculation du bateau, mais a fait appel de la décision.
Le 26 août, l’Eleonore a secouru en Méditerranée 104 migrants repérés sur un canot, tout en affirmant que son équipage avait été pris à partie par les gardes-côte libyens.
Le 2 septembre, après huit jours en mer dans l’attente d’un port sûr pour accoster, le capitaine du navire a forcé l’interdiction italienne en accostant au port de Pozzalo (Sicile).
Dans la foulée, l’embarcation a été saisie par les autorités du pays et une enquête a été ouverte contre le capitaine pour «soutien à l’immigration illégale».
L’Italie a en outre imposé une amende de 300.000 euros à l’ONG.
Dans un tweet, Claus-Peter Reisch a expliqué avoir été contraint de se diriger vers les côtes italiennes parce que la «situation à bord représentait un danger de mort» en raison d’une mauvaise météo. «Avec nos avocats, nous essayons de récupérer notre bateau et de contester l’amende de 300.000 euros, confie au Figaro Alex Steier, cofondateur de Sea Eye.
● Quels voiliers en soutien?
L’ONG possède également deux voiliers, malicieusement baptisés «Matteo S.» et «Sebastian K.», en référence à l’ancien ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini et à l’ex-chancelier autrichien Sebastian Kurz, deux des ministres ayant constitué ce qu’ils appellent «un axe des volontaires dans la lutte contre l’immigration illégale».
Ces voiliers sont un support pour d’autres ONG, précise Alex Steier, et peuvent accueillir une dizaine de naufragés maximum.
Sea Eye a également l’intention d’«acheter un bateau plus gros», déclare Alex Seiter.
«Nous avons récolté 200.000 euros, il nous manque encore la même somme».
Le Mare Jonio
Le Mare Jonio, de l’ONG Mediterranea Saving Humans, au large de l’île de Lampedusa, le 31 août 2019. DARRIN ZAMMIT LUPI/REUTER
● Quelle ONG?
Le Mare Jonio est affrété par l’ONG Mediterranea Saving Humans, qui se présente comme «une plateforme citoyenne» constituée au printemps 2018 pour résister à la politique anti-immigration du gouvernement Ligue-Cinq étoiles, raconte sa porte-parole Alessandra Sciurba au Figaro.
Ce collectif de gauche et d’extrême gauche a vu le jour officiellement le 4 octobre 2018, lors du premier départ en mer du Mare Jonio.
À l’origine, quatre associations italiennes, parfois proches de la gauche antifasciste ou du catholicisme progressiste, ainsi que l’ONG allemande Sea Watch qui organise des sauvetages en mer de migrants.
Le député LeU (gauche) Erasmo Palazzoto et plusieurs autres personnalités de la gauche italienne se sont ensuite joints au collectif.
● Quel pavillon?
L’embarcation bat pavillon en Italie.
Tout un symbole, explique Alessandra Sciurba: «Nous voulions sortir de la rhétorique de Salvini selon laquelle seuls d’autres pays européens viennent sauver des migrants.
Ce bateau a été voulu par des Italiens!»
Afin d’assurer la poursuite des missions du Mare Jonio, une campagne de crowdfunding a été lancée. Elle a récolté plus d’un million d’euros en moins d’une année, dont «100% des donations privées», selon la porte-parole de Mediterranea.
● Quels financements?
Pour se financer, Mediterranea a contracté un prêt de 465.000 euros auprès de Banca etica, coopérative sociale italienne de finance éthique.
Plusieurs figures de la gauche italienne (LeU, Sinistra italiana) ont signé une garantie à ce prêt, ainsi que Sandro Metz, éducateur auprès de personnes handicapées.
Une société armatoriale, dont Sandro Metz est le président, a été constituée afin d’acquérir, pour 360.000 euros, le Mare Jonio, navire de 37 mètres de long et 9 mètres de large, construit en 1972. «Le reste du prêt a été utilisé pour financer les travaux de remise en état du navire», détaille Sandro Metz, qui est donc juridiquement l’armateur et le propriétaire du Mare Jonio.
Il revendique déjà «le sauvetage direct de 237 personnes», et indirect (en signalant des naufrages aux autorités italiennes et maltaises) «d’environ 600 personnes», selon Alessandra Sciurba.
● Quelles missions récentes et quelles poursuites judiciaires?
Le navire a été mis sous séquestre à trois reprises lors d’opérations de sauvetage en mars, en mai, puis début septembre.
Le 28 août dernier, le Mare Jonio avait annoncé avoir secouru 98 personnes.
Le 2 septembre, le bateau forçait l’interdiction italienne en approchant le port de Lampedusa, afin de débarquer les derniers rescapés (femmes et enfants avaient été débarqués entre-temps). L’ONG assure avoir eu toutefois le feu vert des gardes-côte italiens.
Mais «tard dans la nuit, notre capitaine et le propriétaire du bateau ont été notifiés de la saisie administrative du Mare Jonio, ainsi que d’une amende de 300.000 euros pour violation du décret sécurité Bis», déplorait Mediterranea dans un communiqué.
Pour l’heure, le Mare Jonio est immobilisé dans le port de Licata, en Sicile méridionale. L’ONG a déposé plusieurs recours devant le procureur italien de la République.
● Quel voilier en soutien?
Mediterranea dispose aussi d’un voilier baptisé Alex.
Ce navire de 18 mètres avait lui aussi accosté de force à Lampedusa le 7 juiller dernier, pour débarquer 41 migrants qu’il avait secourus au large de la Libye.
Le voilier a été provisoirement saisi et son capitaine fait l’objet d’une enquête pour aide à l’immigration clandestine.
Il est lui aussi immobilisé à Licata (Sicile).
L’équipage a écopé de 65.000 euros d’amende.
L’Open Arms
Le navire Open Arms, devant la «porte de l’Europe», un monument érigé sur la côte de l’île sicilienne Lampedusa (Italie), le 16 août 2010. Guglielmo Mangiapane/REUTER
● Quelle ONG et quel pavillon?
L’Open Arms est affrété par l’ONG catalane Proactiva Open Arms, fondée en octobre et dont le siège est à Barcelone.
L’ONG est financée à 90% par des dons privés de plus de 51.000 particuliers, et à 10% de dons d’organismes officiels et d’administrations locales.
Il remplace le Golfo Azzuro, qui a cessé sa mission en août 2017, après de sévères menaces des gardes-côte libyens.
Le navire est issu d’une «donation qui remonte à 2016.
Il s’agissait d’un vieux remorqueur daté de 1974 qui après une refonte complète», aux frais de l’ONG, «a finalement repris la navigation en juillet 2017», précise au Figaro Laura Lanuza, directrice de communication d’Open Arms.
●Quelles missions récentes et quelles poursuites judiciaires?
Après 19 jours d’attente, le procureur d’Agrigente (Sicile) avait finalement autorisé l’Open Arms à débarquer, le 20 août, les 87 migrants qui étaient à son bord sur l’île de Lampedusa.
Mais le 22 août, le ministre des Transports italien a fait saisir le navire en évoquant «de graves problèmes de sécurité» constatés par les gardes-côte lors d’une vérification technique.
Le 30 août, un juge d’instruction d’Agrigente a toutefois ordonné «le retour immédiat» de l’embarcation à son propriétaire, à savoir l’ONG.
Le navire est pour l’heure encore immobilisé à Porto Empedocle, près d’Agrigente (Sicile) pour effectuer des «certifications et mises à jour mécaniques», précise Laura Lanuza.
«Dès qu’il sera prêt, il sera de retour en mer», ajoute-t-elle.
Sea Watch 3
Le Sea Watch 3, de pavillon néerlandais, près des côtes maltaises, le 4 janvier 2019, après avoir secouru 32 migrants le 22 décembre 2018. FEDERICO SCOPPA/AF
●Quelle ONG et quel pavillon?
Le Sea Watch 3, long de 55 mètres, est affrété par l’ONG allemande Sea Watch, créée fin 2014, à l’initiative de quatre familles de la région de Berlin.
Le navire bat pavillon néerlandais, principalement «parce qu’il n’y a pas de restriction de taille pour l’enregistrement d’un navire non commercial», affirme sur son site l’ONG.
De décembre 2017 à janvier 2018, le Sea-Watch 3 revendique avoir contribué au sauvetage d’environ 1500 personnes.
Les missions de Sea Watch «sont financées à 100% par des dons de particuliers et de petites entreprises.
L’Église protestante d’Allemagne soutient notre projet de reconnaissance aérienne, l’opération #Moonbird.», peut-on lire sur son site Internet.
Parmi les soutiens de l’ONG, on retrouve plusieurs personnalités de la gauche allemande et de l’Alliance 90/Les Verts (parti écologiste de centre gauche).
● Quelles missions récentes et quelles poursuites judiciaires?
Après une première saisie par la justice italienne en mai dernier, le navire était reparti en mission début juin.
Le 12 juin, il a secouru 53 migrants au large de la Libye.
Les gardes-côte libyens ont alors demandé de ramener les migrants à Tripoli, mais la capitaine a refusé en vertu du droit international de la mer, qui impose de débarquer des naufragés dans «un port sûr».
Un nouveau bras-de-fer s’engage entre l’ONG et l’Italie, qui interdit une nouvelle fois au navire d’entrer dans les eaux territoriales italiennes.
Le 26 juin, après 14 jours de dérive dans le canal de Sicile, la capitaine allemande du navire Carola Rackete décide d’entrer de force dans le port de Lampedusa pour débarquer les 42 migrants restants (11 personnes vulnérables avaient été débarquées les jours précédents).
La collecte de fonds lancée pour payer ses frais de justice et la poursuite des activités de son ONG a recueilli plus de 1,4 million d’euros en moins d’une semaine.
Le Sea Watch 3, quant à lui, est toujours sous séquestre dans le port sicilien de Licata.
L’Italie est en fête ! Nous l’avons échappée belle ! On peut finalement souffler, la période de la haine est terminée.
Heureusement que cela n’a duré qu’un an, mais les dégâts ont été énormes ! Ports fermés aux clandestins, durcissement pénal pour les délinquants devenus tels à cause de cette société, renforcement de la légitime défense, lutte contre les mafias et leurs patrimoines, recrutement de policiers pour augmenter les effectifs afin de combattre des pauvres gens… mais quelle haine qu’il avait, ce Salvini… Enfin, nous sommes libres, la période noire est terminée !
Et cette libération est bien relayée par les médias principaux. Vous regardez le journal télévisé de Rai Uno à 20 heures et vous voyez la joie des dirigeants du Parti démocrate : eux le répètent, la période de la haine est finie ; et la joie des dirigeants du Mouvement 5 étoiles finalement libérés de Salvini qui les tenait en otages. Conte, le Premier ministre, l’a dit, que maintenant une nouvelle ère allait commencer, et cela, dans la gestion des migrants, pour la place de l’Italie en Europe… Oui, Conte ! Oui, c’est le même qu’avant. Non, non, ce n’est pas un cas d’homonymie !
Ces mêmes médias l’avaient massacré, il y a un peu plus d’un an, lorsqu’il devenait Premier ministre garant de l’alliance du M5E et de la Ligue de Salvini.
Inconnu, incompétent, imposteur, esclave de Salvini, inexistant sur la scène mondiale, magouilleur de CV : voilà ce qui lui était reproché.
Maintenant, il est porté en procession comme le Sauveur !
L’autre soir, lors d’une émission, le secrétaire du Parti démocrate n’arrivait même pas à parler, submergé par l’émotion, la joie d’avoir libéré le pays, il n’arrêtait pas de rire, il n’y croyait pas lui-même !
En effet, personne n’aurait cru les revoir au gouvernement, après la succession de faillites électorales de ces dernières années, c’est un vrai miracle.
En revanche, je ne comprends pas pourquoi la fête ne continue pas dans la rue, pourquoi les médias ne montrent pas les gens descendre de chez eux pour aller exprimer cette joie, klaxonner comme pour la victoire à la Coupe du monde. On voit plutôt, sur les réseaux sociaux (et pas sur Rai Uno), des dizaines de milliers d’Italiens remplir les places pour écouter les discours de haine de Salvini.
Franchement, je ne sais plus quoi penser… Salvini continue de répéter que, entre le Parti démocrate et le M5E, c’est le baiser mortel qui tuera les deux.
Et si, finalement, Salvini avait reculé pour mieux sauter ?
On nous le dit, on nous le répète : les jobs de demain n’existent pas encore, on les entrevoit seulement. Quant à ceux du jour présent, ils se ringardisent à la vitesse grand V, mangés par la robotisation et la technologie. C’est simple : les algorithmes nous retirent le pain de la bouche.
Faut-il pleurer de cela ? On n’a que ce que l’on mérite et voilà longtemps déjà que nous ne sommes plus que des machines à reproduire du même. Tenez, prenez le métier d’amuseur public sur les radios du matin, par exemple. Ils sont pléthore, ces humoristes qui dézinguent à l’heure du café, « chroniqueurs » sans autre vrai talent que de piocher des bouts de phrase dans la bouche des politiques pour les détricoter et les remettre dans un sens, toujours le même : celui du conformisme.
Ainsi le dénommé Guillaume Meurice qui officie sur France Inter, ce temple de la bien-pensance où des curés payés par nos impôts officient pour servir la bonne parole. On apprend ainsi, dans Le HuffPost de ce jour, que ledit Meurice, « aussi engagé que touche-à-tout », ouvre une boutique en ligne pour aider SOS Méditerranée.
« Tu te cherches un swag de rentrée à mi-chemin entre Christophe Barbier et Iggy Pop ? J’ai pensé à toi ! », nous dit-il dans son tweet d’ouverture. Et de proposer de délicieux gadgets : badges « Sortons nous les droits du cul », « Sex, drugs and trottinettes », pin’s « Les jeunes avec Raffarin ». On notera, au passage, que si les articles « seront forcément made in France et écolo-responsables », on préfère toutefois, pour parfaire son « swag », vendre des « tote-bag » plutôt que des fourre-tout. Bref, c’est plus chic de se sortir « les droits du cul » en globish qu’en français vernaculaire.
Ces objets de piété migratoire sont vendus entre 2 et 8 euros qui iront alimenter les comptes de SOS Méditerranée, ONG associée à Médecins sans frontières. C’est « aujourd’hui l’une des dernières à assurer une mission de sauvetage en Méditerranée, en raison notamment de la pression des autorités de certains pays qui considèrent ces organisations comme complices des passeurs », nous rappelle Le HuffPost. Ainsi, « grâce à son navire l’Ocean Viking, SOS Méditerranée a par exemple pu secourir 356 personnes au mois d’août 2019, en l’espace de 23 jours » et « c’est donc pour financer ce genre d’opérations que Guillaume Meurice a lancé sa boutique en ligne ».
On lâche tout et on applaudit. C’est beau, c’est grand. Surtout, ça ne mérite aucune discussion ni même interrogation, vu qu’il s’agit d’une <em« action="" citoyenne="" »<="" em="">. Comment pourrait-on, en effet, oser porter un regard critique sur tant de générosité désintéressée ? On ne questionne pas le Bien, ce serait indigne.</em«>
Sauf que… Sauf qu’on les sauve, et après ? On leur remet un tote-bag avec un pin’s « Sors-toi les droits du cul » ? Et d’ailleurs, de quoi les sauve-t-on, au juste, et pour leur offrir quoi ?
Un autre papier du jour, dans Le Point celui-là, se penche sur le sort de certains de ces migrants sauvés des flots : les mineurs, ou réputés tels, « non accompagnés ». « Ils étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, hébergés et en voie d’intégration », peut-on lire. « Mais en changeant de département, une formalité en théorie, un nombre croissant de mineurs isolés étrangers ont été réexaminés et déclarés majeurs. Le début d’une fulgurante descente aux enfers » qui les conduit dans les camps de la misère.
La faute à « l’application progressive depuis fin janvier du décret ouvrant l’utilisation du fichier biométrique ». Soit la possibilité de « comparer les empreintes avec celles du fichier Visabio des visas et des ressortissants étrangers ». Chose que Paris se refuse à faire « pour des questions morale », suivant en cela les associations et « défenseurs des droits fondamentaux », qui reprochent à nos institutions de vouloir évincer ces MNA « d’une prise en charge évaluée à 2 milliards d’euros par an ». Et ça, ce n’est pas bien du tout !
L’aide au départ volontaire pour les sans-papiers et les demandeurs d’asile déboutés en première instance va passer de 650 à 2.500 € jusqu’à la fin de l’année 2019. Cette prime exceptionnelle du ministère de l’Intérieur vise à réduire le nombre d’expulsions forcées, qui coûtent très cher et sont peu efficaces. La France prend aussi en charge le billet d’avion.
Selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration(OFII), en 2018, 10.678 étrangers dont 2.709 mineurs ont bénéficié d’un retour volontaire, ce qui représente une augmentation de 50% par rapport à 2017. Côté expulsions, 15.677 éloignements forcés ont été effectués par la police l’an dernier. Le nombre de retours volontaires pourrait donc bientôt dépasser celui des départs forcés.
Pour rappel, en juin dernier, deux députés du Modem et de LREM, Jean-Noël Barrot et Alexandre Holroyd, révélaient dans un rapport le coût très élevé des éloignements forcés, 14.000 € en moyenne, alors qu’un retour volontaire coûte de 2.500 à 4.000 euros, voyage compris.
Une étude de l'institut Ipsos publiée ce vendredi 13 septembre révèle notamment que 65% des Français pensent qu'accueillir les migrants n'améliorera pas la situation du pays.
Moins d'immigration et la volonté d'un leader fort... Un sondage Ipsos publié ce vendredi 13 septembre révèle notamment que 60% des Français voient les migrants comment une menace.
Ils sont même 65% à estimer que les accueillir n'améliorera pas la situation du pays et 45% à penser que l'arrivée des migrants « prive les Français de services sociaux ». Dans le même temps, 54% des sondés estiment que les Français devraient être prioritaires dans l'attribution d'un emploi.
Scandale ! Le portefeuille du commissaire s’intitule : “Protection de notre mode de vie européen“. Le Grec Margaritis Schinas vient d’être nommé vice-président de la Commission européenne en charge des migrations, par la présidente Ursula von der Leyen, issue du PPE (droite). Schinas aura en charge, a priori, de veiller à l’identité du Vieux continent. Mais pour la gauche européenne, tant de gros mots ramassés dans l’intitulé de la mission ne passent pas. “Cela fait peur de voir proposer un portefeuille sur la “protection du mode de vie européen qui inclut la migration et la protection des frontières. Nous espérons que la présidente von der Leyen ne voit pas une contradiction entre soutenir les réfugiés et les valeurs européennes“, a déclaré la co-présidente du groupe Vert au parlement européen, Ska Keller.
Le porte-parole d’Amnesty International a dénoncé “la rhétorique de l’extrême droite“, sur le thème “les migrants menacent le mode de vie européen“. Mardi, l’entourage de la présidente s’est employé à relativiser la polémique : “La protection de notre mode de vie européen fait référence aux valeurs européennes, à savoir la tolérance, l’accueil, l’asile“. Peu auparavant, elle avait déclaré : “Notre mode de vie européen, c’est s’accrocher à nos valeurs. La beauté et la dignité de chaque être humain est l’une des plus précieuses valeurs“.
Rien n’illustre mieux le sentiment d’abandon que partagent de plus en plus de peuples européens que cette querelle soulevée par le “progressisme”. L’indignation rappelle celle née naguère, en France, avec l’installation par Nicolas Sarkozy d’un ministère de l’identité nationale. Si la gauche est la première à soutenir les peuples exotiques quand ils résistent aux influences occidentales, elle interdit à l’Europe d’avoir de semblables préoccupations pour elle-même; elles deviennent des marques de xénophobie.
C’est ce pêché d’orgueil des universalistes, qui laissent croire que la culture européenne aurait vocation à être exemplaire dans ses ouvertures à tous, qui affaiblit le sentiment d’appartenance à l’Union européenne. La poussée populiste puise sa dynamique dans cette gauche irénique qui se persuade que les peuples sont remplaçables. En réalité, rien n’est plus naturel pour une civilisation que de se protéger en partie de l’extérieur. Claude Lévi-Strauss l’avait rappelé dans son fameux discours (“Race et culture”) devant l’Unesco en 1971. La commission “Protection de notre mode de vie européen” n’a en soi rien de scandaleux. Mais ces mots resteront des leurres si l’UE persiste à se croire tenue, au nom de ses valeurs, à s’ouvrir à une diversité de moins en moins respectueuse de cet Occident qui se saborde en s’admirant le nombril.
Ce soir, pour ce « Bistro Libertés » de rentrée, Martial Bild et les sociétaires reçoivent l’essayiste et blogueur Majid Oukacha. Parmi les thèmes abordés :
A-t-on le droit d’être islamophobe ?
Lors de l’Université d’été de la France Insoumise, un intellectuel marxiste a suscité une vive polémique en affirmant « le droit d’être islamophobe ». Dans une grande confusion, entre diagnostic et idéologie, les médias et la classe politique se sont emparés du débat : A-t-on le droit d’être islamophobe ?
Entre violences et homophobie, faut-il rééduquer les supporters ?
Depuis la reprise du championnat de France de football, les incidents liés à des comportements présentés comme homophobes se multiplient. Le gouvernement réprime systématiquement les attitudes discriminatoires suscitant, en retour, une vive réaction des clubs de supporters. Et au final, faut-il rééduquer les supporters ?
Une tribune libre de Bertrand Estienne pour Contre Info : Après les propos insultants du footballeur au QI de poule, Lilian Thuram, sur les Blancs, c’est au tour de la militante « indigéniste » [sic] Rokhaya Diallo d’en ajouter une couche.
Dans un entretien au magazine bobo les Inrocks, tout en parlant de « fragilité blanche » face au « stress racial », elle affirme que que ce n’est pas la même chose de traiter quelqu’un de « sale Noir » ou de « sale Blanc ». Selon elle, les Blancs, par manque d’habitude, sont chancelant à la moindre évocation de la race.
A contrario, les extra-européens auraient l’habitude de subir des discriminations, des humiliations à cause de leurs origines. Mais dans le monde selon Diallo, c’est justement par ce que nous sommes des « privilégiés » que l’insulte raciste n’est pas vraiment une offense. Passons sur l’ineptie du raisonnement, notamment sur la valeur objective d’un acte ou bien sur la contradiction qu’il renferme, pour nous arrêter sur l’essentiel.
Grâce aux Diallo, Thuram, Dhorasoo et consort, il n’est plus possible pour un esprit qui cherche ardemment la vérité, de ne pas se rendre à l’évidence. Cette génération d’extra-européens pourtant gâtée (2 footballeurs, 1 universitaire, etc.), se retourne aujourd’hui vers la main qui l’a nourri pour la mordre à pleine dents ! L’heure n’est plus à réclamer l’égalité des droits – qui était déjà une aberration en soi – mais ils exigent désormais la soumission de l’Homme blanc.
Si ces discours racistes ont comme bénéfice de réveiller certaines consciences, ils participent également à l’écroulement d’un mythe, celui de la conception révolutionnaire de la nationalité. Selon le dogme républicain, peu importe le sang, l’antériorité historique sur le territoire ou même les services rendus à l’Etat, ce sont les papiers qui font foi. Un Érythréen détenteur du RSA avec la double nationalité depuis 2 mois est « autant français » que le petit-fils d’un Poilu mort à Verdun. Car dans la mythologie progressiste, la race n’existe pas. Elle ne peut donc pas faire partie de l’identité d’un individu, et ne peut être un élément constitutif de l’appartenance à une nation.
Si la race n’est pas à elle seule l’identité, si elle n’est pas non plus un absolu, elle est une part de notre héritage. Elle en est la matière, le support physique. Son altération irréversible par le métissage généralisé, signerait la disparition définitive de la France.
C’est en ce sens que nous pouvons remercier Diallo et sa clique d’abrutis. Leur idéologie dangereuse (pour nous) et l’échos qu’en fait une certaine presse, rappellent à la réalité de doux rêveurs. Le « Vivre ensemble » est un mensonge, il n’a jamais existé et n’existera jamais. Si les Français de sang ne veulent pas maîtriser et dominer l’apport allogène, ce sera une partie du corps étranger qui s’emparera du pouvoir. Si les Français ne désirent pas assumer la maîtrise de leur destin, Diallo et Thuram s’en occuperont.
Bernanos écrivait en son temps : « Peut-être le vice est-il moins dangereux pour nous qu’une certaine fadeur ? Il y a des ramollissements du cerveau. Le ramollissement du cœur est pire. »
Comment expliquer que les écologistes radicaux embrassent à ce point la cause du multiculturalisme ?
La planète se meurt. C’est parce qu’il concerne l’humanité entière que l’environnement devrait transcender les clivages politiques. Au Canada, même le Parti conservateur – une formation jugée climatosceptique – a fini par présenter un plan environnemental.
Il existe évidemment un courant écologiste de droite. En France, le Rassemblement national estime qu’il n’y a pas de nation sans terroir, et que ce pays ne serait pas lui-même s’il devait renoncer à ses paysages.
Sans eux, la France ne serait plus la France, mais un grand square bétonné et désenchanté. La France ne sera plus la France quand ses vignobles seront recouverts de serres affreuses abritant des poivrons à destination de la Chine.
La gauche veut le monopole de l’écologisme
Pourtant, l’écologisme continue d’être perçu comme ancré à gauche. Malgré qu’il puisse s’harmoniser avec l’amour de la patrie, l’écologisme dominant demeure profondément antinationaliste. En Amérique du Nord, aucun parti vert n’a encore cru bon de défendre le peuple en tant que tel, sinon pour l’encourager à abandonner l’usage de l’automobile.
Le peuple est bon quand il fait pousser des carottes sur le toit de son immeuble, mais dangereux quand il entend protéger sa culture. Le peuple est progressiste quand il réduit sa consommation de viande, mais intolérant quand il se méfie de l’islamisme.
Il existe une explication au préjugé multiculturaliste des écologistes radicaux. Ces derniers détestent l’Occident, qu’ils accusent d’avoir engendré la crise écologique en inventant le progrès. Le progrès sous sa forme technologique, bien sûr, mais aussi sous sa forme idéologique appelant au constant dépassement.
Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. (Gn 1.28)
Tous les grands théoriciens de l’écologisme radical, ou presque, font de l’anthropocentrisme judéo-chrétien la source ultime de la crise actuelle. Dans son bestseller catastrophique Earth in the Balance (1992), le baptiste Al Gore reconnaissait lui-même la critique adressée à l’humanisme chrétien, tout en s’efforçant de la relativiser.
Cette vanité humaine aurait plus tard engendré l’appel du progrès technologique et de la croissance économique. Dieu a fait l’Homme à son image, qui s’est fait Dieu en retour. L’Occident chrétien, capitaliste et matérialiste devrait être remplacé par quelque chose d’autre.
Les immigrés comme sauveurs climatiques
Ainsi, les cultures étrangères ont commencé à être perçues comme des instruments destinés à sauver l’Occident de lui-même. Le marxisme avait fait des immigrés le nouveau prolétariat, l’écologisme en fait le nouvel éco-peuple. L’attrait actuel pour les religions asiatiques comme le bouddhisme s’inscrit d’ailleurs dans cette dynamique.
Le multiculturalisme devient une politique écologique, il freinerait la pollution en bloquant l’assimilation de groupes qui n’ont pas encore été infectés par l’Occident prométhéen. Les gens dans le besoin ne peuvent pas surconsommer…
Il faut notamment revoir le film Avatar (2009) pour constater à quel point ce mythe est présent dans la culture populaire. En 2154, des méchants Terriens (Occidentaux) débarquent sur la planète Pandora habitée par d’innocents extraterrestres (Indigènes). Le personnage principal, Jake Sully, laissera tomber sa culture productiviste pour trouver l’amour et embrasser l’animisme.
On retrouvait déjà une logique similaire dans The Last Samurai (2003). Dans ce film, un militaire américain (Tom Cruise) allait joindre le camp adverse, celui des valeureux Samouraï, pour retrouver la paix intérieure. Entre la paix intérieure et la paix écologique, il n’y avait qu’un pas à faire.
Le retour du bon sauvage
L’écologisme radical, dans son imaginaire irrationnel, essentialise les immigrés qu’il voit comme de potentiels bonhommes écologiques. Au Canada, cette vision xénophile se traduit depuis longtemps par la défense inconditionnelle des Premières Nations (qui ne sont toutefois pas des communautés immigrées)
Les Amérindiens seraient naturellement prédisposés à conserver la nature, ils ne seraient au fond que les éternels jardiniers de notre fragile existence. Que les personnes autochtones conduisent maintenant des voitures ne change rien à l’affaire : le mythe du bon sauvage n’est jamais très loin.
Évidemment, il suffit de voyager un peu pour constater à quel point il s’agit d’un énorme fantasme. Le confucianisme est loin d’avoir préservé la Chine de la pollution. La crise écologique ne pourra être réglée qu’en développant des technologies vertes, et non en demandant aux populations de redévelopper des modes de vie austères supposément apparentés à ceux des immigrés, qui au contraire cherchent à améliorer leur sort économique.
La solution viendra de l’Occident et non des contrées exotiques. Pour se payer le luxe de l’écologisme, il faut d’abord pouvoir se nourrir convenablement.
À l'époque de Marx, il n'apparaît pas hélas, que beaucoup d'économistes aient alors pris au sérieux sa prétendue Critique de l'économie politique. Il faut d'ailleurs reconnaître d'ailleurs que l'auteur de Das Kapital, après plus de 30 ans de travaux n'était pas parvenu au bout de sa tâche, qui ne sera achevée qu'après sa mort, par les soins de son ami, bienfaiteur et vulgarisateur Engels.
Le marxisme proprement dit est ainsi vraiment né discours de 1883 de celui-ci sur la tombe de son maître, de sorte que l'on pourra longtemps encore gloser, à l'infini, sur le degré de responsabilité, que je crois pour ma part immense dans les crimes du communisme[1].
Plus généralement, d'ailleurs, on peut considérer que la pente naturelle de toutes les utopies, et de toutes celles que Jules Monnerot appellent les "religions séculières", y compris l'islamisme politique par conséquent, puisqu'il est un corpus juridique plus qu'une théologie, les conduit nécessairement au totalitarisme.[2]
Or, l’égalitarisme est aujourd'hui en train de se faire tailler de nouveaux habits par un confectionneur de grande série en la personne de Piketty. Depuis longtemps ses sophismes m'étaient connus. En 2011, il allait commettre sous le titre "Pour une révolution fiscale"[3] sous couverture rouge, une addition de contre-vérités,de niaiseries, d'à-peu-près et d'erreurs grossières, faciles à réfuter. Même un François Hollande, alors en marche pour la présidence, était parvenu à lui river son clou dans un débat installé sur le site de Médiapart. Cherchant à élever le débat votre serviteur s'amusa à lui consacrer une réponse, publiée sous le titre "Pour une libération fiscale", sous couverture bleue.
Quoiqu'une partie de mon travail, novateur pour l'époque, soit devenu presque banal, assez couramment repris aujourd'hui par les conservateurs qui réclament enfin la diminution de la dépense publique... quoiqu'une autre partie ait été contemporaine de la soi-disant RGPP à laquelle s'époumonait alors, poussivement mais avec opiniâtreté, une Valérie Pécresse... j'ai la faiblesse de croire encore utile d'en recommander la lecture.
En particulier, il me semble nécessaire de réhabiliter non pas seulement la propriété et la richesse, qu'on appelle avec dédain "capitalisme", mais, fondamentalement, l'inégalité sans laquelle aucune justice, aucun progrès, aucune liberté n'est possible. La seule égalité souhaitable concerne la dignité intrinsèque des êtres humains, précisément dans la mesure où, en réalité, quant à leur fortune, à leur beauté, à leur intelligence, ils sont inégaux.
Il faut n'avoir rien lu de Gobineau (1816-1882) pour imaginer qu'il incite à la haine ou au mépris. Son Essai de 1855, si souvent cité et si rarement lu disserte sur ce que le XIXe siècle tient pour un lieu commun. L'idée d'inégalité des races était universellement répandue en son temps, et habituellement alors suggérait l'idée d'une supériorité des peuples anglo-saxons. Or, il nous conduit à considérer, au contraire de toute haine raciale que chaque peuple possède son génie propre, irréductiblement et nécessairement différent.
Si les hommes étaient égaux, ils seraient des fourmis.
Ils sont inégaux, c'est ce qui fait leur noblesse.
JG Malliarakis
Une réunion des Amis de l'Insolent Mercredi 18 septembre JG Malliarakis donnera une conférence suivie d'un débat sur le thème
"Le Moment conservateur" de 18 h à 20 h Brasserie du Pont Neuf 14 quai du Louvre Paris 1er M° Louvre/Pont Neuf/Châtelet Parking : St Germain l'Auxerrois [consommation de la brasserie : 6 euros, participation libre aux frais]
Apostilles
[1] On doit lire à ce sujet le livre d'André Senik "Le Manifeste du Parti communiste aux yeux de l'histoire", 2015, ed. Pierre-Guillaume de Roux. [2] cf. sa "Sociologie du communisme" dont le premier tome est précisément intitulé "L'islam du XXe siècle" [3] cf. "Pour une Libération fiscale" par JG Malliarakis, 2012, ed. Trident.