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insécurité - Page 764

  • Défense : Des Coupes claires qui ne passent pas [1]

    C’est peu de dire que le coup de rabot de 850 M€ imposé à la Défense, fait grincer des dents dans le milieu de la Défense. & ce jusque dans les rangs du pourtant très présidentiel LREM (La république en marche). Alors simple coup de vent ou début de fronde ? Quelques réactions pour nous éclairer. 1ère Partie.

    | Surprise & Colère !

    « On commence donc aussi la ‘remontée en puissance’ (en fait le sauvetage d’une armée en crise) par une baisse, suivie d’une fausse hausse. Plus 18 milliards d’euros en 8 ans comme annoncé, cela fait, si j’ai bien compté 2,25 milliards de plus par an et non 1,5 (hors OPEX) comme annoncé pour 2018. Par ailleurs annoncer 650 millions alors que la moyenne de coût des OPEX est d’un milliard depuis 27 ans, comment dire ?…Cela signifie en tout cas que si on adosse complètement ce budget aux armée, ce sera une réduction finale d’au moins 350 millions d’euros, plus probablement aux alentours de 500, autrement dit la hausse réelle ne sera que de un milliard, ce qui était autant que je me souvienne, déjà prévu par les ajustements de 2015.Dans le fond comme dans la forme, on est donc très loin du compte. Strictement aucune surprise dans tout cela mais l’absence de surprise n’empêche pas la colère ».
    Michel Goya, sur sa page Facebook.

    | Combat perdu d’avance…

    … Semblait dire notre estimé confrère Vincent Lamigeon, notant, en amont, sur son blog Supersonique, que « Si la ministre veut vraiment tenir cet objectif, le combat contre Bercy s’annonce homérique. Car le chemin le plus direct pour monter aux fameux 2%, selon les calculs d’un récent rapport du Sénat sur le sujet, consiste en une augmentation de 2 milliards d’euros par an du budget de défense, et ceci dès le budget 2018. De quoi donner des boutons aux grands argentiers du ministère du Budget, en pleine recherche de 4 à 5 milliards d’euros pour renter dans l’épure des 3% de déficit maastrichtien. En gros, dans l’idéal, il faudrait que Florence Parly obtienne le dégel immédiat des 2,7 milliards, tue dans l’œuf le projet de coupe claire de 850 millions du budget 2017, et obtienne dans la foulée les deux précieux milliards.

    « Bien sûr, on peut imaginer un rattrapage plus progressif, avec un effort de défense qui s’accélèrerait progressivement jusqu’à 2025. Mais sans geste résolu dès le budget 2018, ce scénario ne serait guère crédible pour des armées déjà bien au-delà de leurs contrats opérationnels. Surtout, les effets d’une cure d’austérité pour la défense seraient rapides, dévastateurs et probablement irréversibles. Les cibles des coupes budgétaires seraient comme d’habitude, les équipements du Programme 146. La DGA, qui doit en général stopper ses paiements aux industriels début octobre faute de moyens suffisants, serait en rupture de paiement dès cet été »1.

    | & Syndrome British Army

    « Les engagements financiers dérivés de l’actualisation de la loi de programmation militaire décidée par François Hollande (3 milliards d’euros liés aux non-suppressions de postes et investissements décidés après les attentats) ne pourraient pas être honorés. Les taux de disponibilité des équipements de l’armée, hélicoptères et blindés en tête, continueraient de se dégrader. Pire, les forces françaises se retrouveraient dans une situation comparable à celle de l’armée britannique après l’Afghanistan, incapable de se régénérer rapidement et donc durablement déclassée »2.
    Vincent Lamigeon, sur son blog Supersonique.

    | Début de fronde au sein de la République en Marche ?

    « Je considère que la proposition du ministère des Finances est inacceptable, carrément inacceptable (…). On ne peut dire d’un côté qu’on doit protéger nos concitoyens en raison aujourd’hui de l’état de la menace et dans le même temps au premier coup de rabot budgétaire se planquer et assumer ce genre de décisions. Moi je ne l’assumerai pas »…

    « Je suis révolté par cette proposition et par le fait que certains au gouvernement ne puissent pas tenir nos engagements (…). Le président de la République a confirmé l’opération Sentinelle sur le territoire national. Il a confirmé au Mali l’engagement de nos troupes au Sahel et au Levant. De deux choses l’une, soit nous garantissons à nos militaires les moyens de leurs missions et auquel cas la proposition de Bercy doit être recalée et je le demande solennellement ce soir (mercredi soir, NdlR) ; soit nous actons le retrait des troupes françaises et auquel cas on doit l’expliquer, l’assumer ».
    Gwendal Rouillard, député la République en Marche (LREM) du Morbihan, sur BFM Business.

    | & Exigences…

    « Nous souhaitons collectivement (Commission de la Défense nationale, NdlR) que les engagements d’Emmanuel Macron soient respectés ces prochaines heures », a souhaité Gwendal Rouillard pour lequel « c’est déjà un début de vérité ». « En tout cas, je considère que la question de la confiance aujourd’hui est posée. (…) Je le dis avec solennité, force et détermination ».
    Gwendal Rouillard, député la République en Marche, sur BFM Business.

    | & État des lieux…

    « 60% des véhicules de l’armée de Terre ne sont pas blindés. Au passage, j’ai une pensée pour les militaires qui sont morts à cause de cette absence de blindage », a par ailleurs expliqué Gwendal Rouillard. Cette décision de Bercy n’a « aucun sens, aucune cohérence ». « Jusqu’à preuve du contraire, j’avais compris que nous nourrissions une belle ambition pour la France, puissance stratégique d’autant que – je reviens à l’essentiel – c’est l’intérêt de notre propre sécurité ».
    Gwendal Rouillard, député la République en Marche, sur BFM Business.

    | Coup de poignard dans le dos.

    « C’est bien d’aller faire des photos au-dessus du Terrible (sous-marin) au bout d’un filin (…) si c’est pour derrière (leur) mettre un coup de poignard dans le dos ».
    Cédric Perrin, vice-président (LR) de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères & de la Défense.

    | Explication de texte.

    Emmanuel Macron « aura l’occasion de s’exprimer sur sa priorité (…) qui est de faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c’est nécessaire à sa modernisation (…). Dès 2018 il y aura un effort qui sera fait sur ce budget ». « Ce qu’il fallait pour le ministre du Budget, c’est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d’économies budgétaires. Tous les ministères y contribuent. Et sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c’est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions ».
    Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement.

    | Rappel utile…

    « Je suis contre le fait que les militaires parlent aux journalistes mais le CEMA est légitime à répondre aux députés qui l’auditionnent, et à qui l’État doit rendre des comptes. Sinon on peut supprimer la Commission de la Défense ! » a noté Jean-Christophe Lagarde (UDI), membre de ladite commission.

    « Ça dénote une volonté d’autorité légitime mais il doit faire attention que ça ne devienne pas de l’autoritarisme. Depuis que son pouvoir se met en place, le mot d’ordre le plus courant c’est ‘silence dans les rangs’. On le voit à l’Assemblée : les députés En Marche ont consigne de ne pas parler à la presse, et de ne pas signer un amendement déposé par un autre parti. On voit un système qui se verrouille ».

    | Limites…

    « C’est là où on voit très clairement la limite du raisonnement du gouvernement. D’abord, le ministère des Armées contribue pour 20% des économies, soit la vache à lait le plus productrice de Bercy. Et, enfin, décaler des programmes coûtent en général beaucoup plus cher au final. Étaler le programme de frégates FREMM s’est traduit par un surcoût de 15% ».
    Philippe Plouvier, directeur associé au Boston Consulting Group.

    | Grosse encoche…

    Le président de la République a annoncé « un effort dans le domaine de la Défense » avec une volonté de monter à 2% du PIB en 2025, mais « pour arriver à ces deux milliards de plus par an quand on fait une moyenne, on ne peut pas commencer par une encoche (…) Quand on commence à redescendre d’un escalier c’est beaucoup plus difficile de remonter ensuite les marches (…) Faire une encoche maintenant ne parait pas cohérent avec le fait qu’il faut monter les budgets ».
    Éric Trappier, président du GIFAS & pdg de Dassault Aviation.

    | & Mauvaise surprise…

    « C’est une surprise », a encore expliqué Éric Trappier. « La crainte que l’on peut avoir c’est que cette coupe puisse affecter les équipements, c’est-à-dire soit la recherche et technologie, soit le développement, soit l’acquisition. Ce qui de facto est inquiétant pour la profession », a souligné Éric Trappier. « On peut craindre des décalages de livraisons. On ne peut pas s’arrêter au milieu du gué. On doit avoir des perspectives. Nous industriels, on doit s’engager sur 5, 10, 15, 20, 30, 40 ans et de se dire quand on lance un programme, la France va poursuivre l’effort sur cette période. C’est très important car les coups de manche, ça fatigue le moteur ».
    Éric Trappier, président du GIFAS & pdg de Dassault Aviation.

    [à suivre]

    Jacques Borde

    Notes

    1 Supersonique .

    Supersonique 

    http://www.voxnr.com/11859/defense-des-coupes-claires-qui-ne-passent-pas-1

  • Sur une nouvelle traîtrise d'Erdogan

    Le 17 juillet l'agence de presse gouvernementale turque Anadolu révélait à proximité de Raqqa en Syrie, que les coalisés s'apprêtent à délivrer, les positions de 200 soldats des forces spéciales américaines et de 75 soldats des forces spéciales françaises.

    La publication d'une telle information, s'agissant d'un allié, s'appelle tout simplement une trahison. C'est ce que vient de commettre le régime d'Erdogan : trahison vis-à-vis de l'occident en général auquel la Turquie est liée par le pacte atlantique qu'elle a rejoint en 1952 ; mais aussi trahison vis-à-vis de l'Europe à laquelle elle prétend aspirer et à laquelle elle est associée depuis 1963, étant candidate depuis plus de 30 ans à ce qui s'appelle désormais l'Union européenne.

    Certains s'en étonnent, d'autres, moins nombreux sont ceux qui expriment leur indignation.

    Cette traîtrise qui met en danger nos forces spéciales engagées contre Daech s'explique sans doute d'abord, mais pas seulement, par une complaisance islamiste turque envers l'État islamique en recul territorial. La connivence dépasse le niveau du simple soupçon, ou de la lutte des sunnites contre les chiites, etc.

    Dès l'été 2014, lors de la prise de Mossoul et de la proclamation du Califat par Abou Bakr al Baghdadi, le chef du parti kémaliste, Kemal Kiliçdaroglu  (1)⇓ produisit au parlement d'Ankara des documents prouvant le soutien logistique des services secrets turcs. Les journalistes qui évoquent cette affaire sont poursuivis pour divulgation de secret d'État, ce qui semble un aveu.

    Mais la conjonction correspond beaucoup plus encore, sur le terrain syrien, à une convergence avec la politique de Moscou, dont s'est considérablement rapproché Erdogan.

    Cette nouvelle orientation devrait préoccuper nos stratèges en commençant par celui qui se prévaut de son titre constitutionnel de chef des armées.

    Elle a pris son essor, ou plutôt son retour, à partir de 2009. Cette année charnière vit Erdogan dévoiler son visage faussement démocratique en janvier lors de son coup de colère, probablement médité, à la conférence de Davos. En mai de la même année, devient premier ministre le professeur de géopolitique Ahmet Davutoglu, théoricien de ce qu'il appelle la diplomatie à 360°.

    La boucle était bouclée en 2012 avec les premières purges de l'armée, qui voient la liquidation de tous les éléments laïcs, jugés occidentalistes militants. L'affaire mythologique du complot Balyoz préfigure la paranoïa massive consécutive à la tentative de coup d'État de juillet 2016.

    Or en 2012, la Turquie est devenue partenaire de l'organisation de Shanghai dans le sillage de la Chine et de la Russie. Sans formellement avoir quitté l'Otan, ni renoncé aux avantages qu’elle en a toujours retirés, elle peut difficilement, dès lors qu'elle collabore avec l'organisation rivale, passer pour une alliée de confiance.

    En février 2013, Guillaume Perrier correspondant du Monde à Istanbul peut ainsi poser la question : "Turquie : cap à l'est ?" sans que personne ne semble s'en inquiéter vraiment en dehors des Israéliens conscients d'avoir perdu un de leurs rares alliés dans la région.

    Mes amis et attentifs lecteurs sont, quant eux, beaucoup moins surpris. Certains observeront même avec une certaine ironie l'ingénuité de ceux, experts reconnus, qui pendant des décennies nous ont vendu la fable d'une Turquie occidentale, et découvrent aujourd'hui qu'ils nous ont trompés.

    Ainsi faut-il accueillir telle savante étude publiée à Washington, bigrement intéressante qui expose le retournement eurasiatique du régime d'Ankara en 2017, à la faveur de l'affaire du coup d'État et de la purge d'une dimension sans précédent qui, chronologiquement, l'a suivi. (2)⇓

    Dans mon petit livre consacré à la Question turque (3)⇓

    je développai aussi, avec quelques années d'avance, la contradiction entre le processus d'islamisation de la société et la soi-disant candidature du pays à l'Union européenne. 

    Ce dernier point devrait être aujourd'hui considéré comme complètement dépassé dans les faits. Or, cette perspective n'a pas été gommée en théorie, car la Turquie officielle continue à s'exprimer occasionnellement comme si elle envisageait, comme si elle revendiquait de rejoindre l'Europe.

    On retrouve dès lors le débat affligeant du parlement français en 2004, il y a bientôt 15 ans. Or, cet échange d'idées, avait tout juste permis à celui parlait, alors, au nom du centre droit de rappeler, pratiquement seul, quelques vérités, quelques évidences, que ses collègues persistaient à nier. Une Europe élargie à la Turquie allait découvrir des frontières communes avec la Syrie, avec l'Irak, le Caucase, l'Iran, etc.

    Soulignons d'ailleurs que ce porte-parole du centre droit via le groupe UDF, ne s'était pas encore marginalisé, et démonétisé, par ses ralliements ultérieurs inappropriés. (4)⇓

    À la même époque, nos dirigeants se posaient encore la question de la candidature européenne de la Turquie en relation avec le pacte atlantique.

    Ankara faisait figure d'allié solide de l'occident, pays musulman et cependant réputé laïc, sans que l'on prenne garde à la signification très particulière de ce concept en Asie mineure.

    Mais déjà la propagande turque jouait sur deux tableaux parfaitement contradictoires en bonne logique qui s'apparentaient au jeu traditionnel de la chauve-souris : "je suis oiseau voyez mes ailes, je suis souris vivent les rats".

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1. A noter que Kemal Kiliçdaroglu est l'élu de la région autrefois connue sous son nom kurde de Dersim. Aujourd'hui, renommée en turc Tunceli, cette province, révoltée et durement massacrée en 1937, est majoritairement encore peuplée de Kurdes de religion alevie. Lui-même alevi, et d'origine kurde par sa mère, il est issu par son père de la tribu des qoraïch (on se reportera sur ces divers sujet aux livres de Henri Lammens).
    2. (2) cf. "Turkey’s Post-Coup Purge and Erdogan’s Private Army" par Leela Jacinto in Foreign Policyle 13 juillet 2017.
    3. cf. "La Question turque et l'Europe" que l'on peut commander directement au prix de 20 euros port compris soit sur la page catalogue des Éditions du Trident soit en adressant en chèque de 20 euros aux Éditions du Trident, 39 rue du Cherche Midi 75006 Paris. 
    4. Ayant écrit en annexe de La Question turque et l'Europe que les interventions, dans le même sens, de MM. François Bayrou et Jérôme Rivière, "sauvent l'honneur du parlement" lors de ce débat, non seulement je maintiens cette considération mais il me semble que leurs propos d'alors rehaussent leur carrière politique..

    http://www.insolent.fr/

  • « Il faut fermer 450 mosquées radicales en France »

    mosquee-france-islam-1200x728.jpg

    Kaoutar Seghrouchni Idrissi. Dans votre livre Mosquées Radicales (éditions Dominique Morin, 2017), vous recensez les principales mosquées radicales sur le territoire français. Vous relevez, derrière le qualificatif de « radicalité », plusieurs tendances des mosquées dont certaines sont connues (fréristes, salafistes, saoudiennes) tandis que d’autres le sont moins (malikites, turques). A quoi ressemblent ces différentes mouvances ?

    Joachim Véliocas 1. Les Turcs sont nationalistes et communautaristes et le public qui fréquente leurs mosquées est homogène. C’est leur différence majeure avec les autres. Les Frères musulmans, les tablighis et les salafistes sont transnationaux. Les salafistes puisent leur idéologie dans des universités islamiques saoudiennes comme Médine et Riad, mais les fidèles sont de toutes les nationalités. D’ailleurs, on a vu des mosquées marocaines basculer dans l’escarcelle des salafistes, résultat de l’entrisme pratiqué par ces derniers. Les tablighis, eux aussi très inclusifs, sont en progression et contrôlent 147 mosquées. Contre 120 pour les salafistes et 200 pour les Frères musulmans de l’UOIF. A titre de comparaison, la Mosquée de Paris contrôle, elle, 700 mosquées.

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  • Un été dangereux pour Macron - Journal du lundi 24 juillet

  • Ne pas baisser la garde, militairement parlant

    Les premières mesures budgétaires de l'ère Macron, survenant au cœur d'un été que l'on espère plus paisible que celui, meurtrier, de l'an dernier, soulèvent évidemment nombre de critiques, et chacun, ou presque, y trouve à redire, de plus ou moins bonne foi selon les cas.

    Pourtant, personne ne nie que la situation financière de notre pays est délicate et qu'une meilleure maîtrise des dépenses s'avère nécessaire pour pouvoir retrouver une certaine crédibilité sur le plan européen, et, plus important, les moyens d'une véritable souveraineté économique, qui n'est pas l'isolement mais la capacité à « être et agir » librement pour l’État politique face aux féodalités de l'Argent, qu'elles prennent les formes de puissances financières légales, de fonds vautours ou de multinationales industrielles ou commerciales. 

    Si nombre de mesures annoncées, pour désagréables qu'elles puissent être à court terme, ne me choquent pas outre mesure (comme le gel du point d'indice pour les fonctionnaires, dont je suis, et le rétablissement du jour de carence), d'autres me paraissent inappropriées et, même, dangereuses. Ainsi la diminution (provisoire ?) du budget de la Défense, celle-là même qui a provoquée la colère, puis la démission du général de Villiers, n'est pas une bonne nouvelle au regard des périls internationaux actuels et du rôle de l'armée française dans la protection du continent européen, rôle et place qui faisaient dire au président de la Commission européenne pour une fois bien inspiré que « l'armée européenne c'est l'armée française », reconnaissant ainsi que, plutôt que de vouloir une hypothétique Défense européenne unifiée, mieux valait reconnaître et renforcer ce qui existait déjà, nationalement, et que c'est bien la France, et elle seule, qui incarnait le mieux cette Défense... Au moment où le monde vit un réarmement général, il ne faut pas baisser la garde, même si la solution n'est pas que militaire mais d'abord politique. En disant cela, je ne suis pas militariste mais prudent, tout simplement : si la confiance entre amis est honorable, elle n'enlève rien à la nécessité de se préserver de ceux qui ne le sont pas, ou qui en sont de « faux »... Et, en diplomatie, l'on sait aussi que, selon la formule du général de Gaulle, « les alliances sont saisonnières » : mieux vaut, donc, se garder soi-même, sans méconnaître les possibles coopérations et, bien sûr, les communautés de combat que les événements obligent parfois. 

    Les 850 millions pris aux armées cette année peuvent avoir, si l'on n'y prend garde, des conséquences fâcheuses sur les terrains, sans doute trop nombreux aujourd'hui, sur lesquels la France est militairement engagée. Et je doute fortement que le rétablissement d'une forme de service militaire (quel qu'en soit le nom), égalitaire de plus, soit une bonne nouvelle pour une armée qui risque bien d'y perdre une partie de son temps et de son énergie, comme si elle n'avait pas assez à faire par ailleurs ! Déjà, l'opération Sentinelle qui a mobilisé et épuisé une partie des troupes pour des activités de surveillance sur un territoire, le nôtre, que nous pensions à l'abri de toute guerre et de tout éclat terroriste, s'est avérée très lourde et peu efficace au regard des moyens engagés, et il me semble que ce n'est pas le rôle de l'armée (hors gendarmerie) d'assurer la sécurité dans nos rues et devant nos lycées, sauf de façon très ponctuelle et limitée dans le temps. 

    Dans les années 30, le royaliste Maurras terminait nombre de ses articles consacrés aux questions européennes et internationales par un « Armons, armons, armons » qui n'a pas été écouté ni entendu, sinon trop tardivement en 1938... La catastrophe passée et l'Allemagne enfin vaincue, il sera facile pour ceux qui n'avaient rien voulu voir venir de dénoncer et condamner Maurras pour des fautes qu'il n'a pu commettre que parce que ses plus rudes avertissements, justifiés comme l'histoire l'a montré, n'avaient pas été pris en compte : c'est Cassandre alors emprisonnée, insultée, condamnée à l'infamie. Mais l'avertissement de Maurras reste toujours actuel, et il faut l'entendre désormais pour ne pas avoir à affronter, peut-être, un prochain « Mai 40 » dont l'histoire nous a appris les funestes conséquences pour le pays comme pour ses habitants, mais aussi pour l'équilibre du monde. 

    La liberté a un coût sans doute élevé, mais il sera toujours plus léger que celui de la servitude...  

    http://nouvelle-chouannerie.com/

  • L’armée n’est pas une start-up, par Guy Rouvrais

    Armée-française.jpg

    8908-20170725.jpgAvec Sarkozy et Hollande, nous avons eu les premiers présidents qui n’ont pas vécu la guerre. Macron, lui, inaugure la première génération d’occupant de l’Elysée n’ayant pas connu le service militaire, ce qui n’est pas anecdotique. Le service militaire avait, outre la vertu de brasser socialement des jeunes très différents, d’apprendre le sens de la hiérarchie, du devoir, du respect des anciens dont souvent le corps portait encore les cicatrices des blessures reçues au combat. L’effet bénéfique de cette école, parfois rude mais nécessaire, perdurait au-delà du temps de service. Même redevenu civil, le citoyen disait « Mon général » en saluant l’officier, et non pas « monsieur » ou « général », soulignant que le lien d’obédience subsistait hors du cadre strictement militaire.

    Le chef n’avait pas besoin de dire « je suis le chef » pour imposer son autorité, ni d’exhiber les insignes de son grade pour rappeler à l’ordre un subordonné, comme si l’autorité n’émanait pas autant de sa personne que de son statut hiérarchique.

    Ce qu’a affiché le président de la République, face au chef d’état-major des Armées, n’est pas de l’autorité mais ce que le général Vincent Desportes a appelé « un autoritarisme juvénile », lequel n’est point une autorité portée à son paroxysme mais l’aveu d’une impuissance à s’imposer par sa stature et sa valeur personnelles.

    Il n’est pas question de contester à Emmanuel Macron son rôle constitutionnel de chef des Armées mais de lui rappeler que le bénéfice de cette fonction, il le doit à une campagne électorale de quelques mois, tandis que la nomination du chef d’état-major des Armées est le couronnement de campagnes autrement plus périlleuses et glorieuses pendant des décennies où le général a risqué sa vie et non point de perdre une élection. Aux yeux des militaires, ses hommes, cela fait une singulière différence sans mettre en péril leur loyauté à l’égard de l’autorité légitime. Laquelle, en la personne du chef de l’Etat, a ignoré, ou feint d’ignorer, ce principe que lui rappelle son propre conseiller militaire lors de sa campagne électorale, le général Trinquant : « Un chef n’est jamais remis en cause devant ses subordonnés. » Le prédécesseur du chef d’état-major, le général Bentégeat, s’en indigne :

    « Recadrer le chef d’état-major devant un parterre de généraux et de subordonnés, c’est l’horreur absolue, on ne doit jamais remettre en cause un chef militaire comme cela. »

    Mais Emmanuel Macron est un homme auquel l’univers militaire est étranger, ainsi que son mode d’organisation et de commandement. « En marche », c’est sa start-up, conçue et développée sur ce modèle et qui a été couronnée de succès. La start-up procède d’un homme, s’organise autour de lui : il lance une innovation, crée un « concept » qui rencontre l’attente du consommateur, alors, cette idée « géniale » fait de lui un chef charismatique, un gourou, que l’on doit continuer à suivre. Mais il est sévère avec ceux qui doutent, refusent ou rejettent ce qu’il a déclaré bon pour sa petite entreprise. Ces dissidents sont alors rejetés dans les ténèbres extérieures. C’est ce que Macron a fait avec le général Pierre de Villiers. Mais la France n’est pas son entreprise et l’armée n’est pas une start-up.

    Guy Rouvrais

    Article paru dans Présent daté du 22 juillet 2017

    https://fr.novopress.info/207122/armee-nest-pas-une-start-up-par-guy-rouvrais/

  • Tolérer la tolérance ?

    Extraits d'une analyse intéressante :

    "Lors des attentats à Paris de novembre 2015, après qu’on eut découvert que tout avait été pensé et préparé en Belgique, un psy expliquait dans le journal Sud-Ouest que c’est « un pays de très grande tolérance », allant jusqu’à tolérer des groupes islamiques radicaux. La question se pose donc : faut-il encore tolérer la tolérance ? [...]

    1. La tolérance est la vertu qui permet d’accepter un mal
      a. en vue d’un bien ultérieur,
      b. ou pour éviter pire.
    2. On tolère momentanément (même si on ne sait pas combien de temps cela va durer)

    3. Elle est à inventer constamment, puisqu’elle est un équilibre entre le laxisme et l’intolérance.

    4. Elle est un choix = elle n’est pas subie. Autrement dit, elle n’est ni une défaite, ni une démission, ni une résignation.

    5. Elle n’est qu’un minimum requis pour vivre ensemble, elle ne suffit pas à créer des liens durables.

    Tolérance dans la société moderne

    Voici une définition donnée par le Robert :

    Attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même. Voir : Compréhension, indulgence (cf. avoir l’esprit large).

    Quelle est la grande nouveauté avec ce qui précède ? C’est qu’il n’y a plus d’appréciation morale de ce qui est toléré. Auparavant, on tolérait un mal. Dans cette nouvelle approche, on tolère une manière de penser ou d’agir différente de la sienne. Il n’y a plus de jugement de valeur sur ce que l’on tolère. Ce que l’on tolère est peut-être bon, mais je le tolère parce que c’est autre que ce que je vis, pense ou crois. J’insiste, car c’est important pour comprendre l’engouement pour la tolérance aujourd’hui. Traditionnellement, on tolère un mal. Aujourd’hui, on utilise le verbe tolérer pour accepter quelque chose qui est simplement considéré comme autre. [...]

    À mon avis, la mise au pinacle de la tolérance va de pair avec le relativisme. Ce système de pensée s’est imposé au monde moderne, au point que Benoît XVI évoquait une véritable « dictature du relativisme ». Selon ce courant de pensée : tout se vaut. Il n’y a pas de vérité valable pour tous. Chacun a sa vérité, qui est relative et qui peut changer. S’il existe des vérités, elles diffèrent pour chacun : ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Tout dépend des personnes et de leur état, voire de leur humeur. Sous la dictature du relativisme, je peux dire ce que je pense, mais à la condition de ne pas imaginer que cela puisse être vrai pour autrui. Je dois m’interdire de considérer mes idées comme éventuellement valables pour d’autres. Puisqu’il n’y a pas de vérité intangible valable pour tous, il est louable et respectable, dans cette optique, d’être tolérant. C’est ainsi que la tolérance est devenue la vertu essentielle de l’honnête homme du XXIe !

    La pétrification des croyants…

    Au royaume du relativisme, il est très mal vu d’avoir des certitudes. Quelqu’un qui croit connaître quelque chose de vrai, valable pour tous, est forcément perçu comme intolérant dans notre société : comment pourrait-il entrer en dialogue avec quelqu’un d’autre puisqu’il prétend savoir ? L’image qui vient spontanément à notre esprit (moderne) pour parler de quelqu’un qui a des certitudes, c’est le caillou ! Une personne qui a des certitudes, c’est une personne qui serait pétrifiée, rigidifiée dans ses certitudes. Comment pourrait-elle être tolérante celle qui sait quelque chose de certain ? Quelle présomption, quel orgueil !

    Pour la modernité, rien n’est sûr, rien n’est certain. Cela au moins, c’est sûr et certain ! Je le répète : « Ce qui est certain, c’est que rien n’est certain ». C’est une phrase absurde. Or, c’est sur cette absurdité qu’est construite une grande partie de la pensée moderne. [...]"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • La double peine du juge Lambert

    1011147673.jpgLa chronique de Philippe Randa

    Si l’histoire de l’Humanité est jalonnée de crimes monstrueux, elle l’est également de châtiments implacables. Le juge Jean-Michel Lambert se déconsidéra gravement en instruisant l’« Affaire Grégory » voilà plus de 30 ans, mais ne fut certes pas un criminel : l’incompétence n’est pas reconnue comme telle par le code civil, bien qu’elle soit le moteur de tant de drames…

    Après trois années d’erreurs de jugement, d’inculpations hasardeuses et d’incarcérations malencontreuses, sous le poids insupportable des médias, il devint pour tous « Le petit Juge », moins en raison de sa taille que par ses jugements désastreux et fut dessaisi de l’enquête en 1987 au grand soulagement de l’Opinion publique.

    Rongé tout à la fois par le remords d’avoir jeté en prison la mère de Grégory – elle le troublait sexuellement comme il le confessa plus tard – et l’écrasante responsabilité d’avoir libéré trop précipitamment le « cousin Laroche », donnant ainsi au père de l’enfant le motif et l’occasion de rendre justice lui-même, il n’eut même pas la dignité de démissionner de la fonction judiciaire (le calamiteux juge Burgaud suivra son indigne exemple après le fiasco du procès d’Outreau).

    Jean-Michel Lambert « survivra » donc aux yeux de ses contemporains avec une humiliante tunique de Nessus, celle de « magistrat incompétent, désinvolte et finalement profondément déplaisant », selon les paroles de l’avocat Régis de Castelnau.

    À ce jour, c’est bien la seule condamnation effective à l’encontre d’un des « coupables » du drame de la Vologne.

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  • Démission de Pierre de Villiers : l’honneur d’un général, par Caroline Parmentier

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    Général-Pierre-de-villiers-234x350.jpgIl s’en va. Avec dignité et dans l’honneur. Après un bras de fer courageux contre le président Macron. « Je ne pourrai plus regarder mes gars dans les yeux si on réduit encore nos moyens », avait-il déclaré.

    Le général Pierre de Villiers (frère de Philippe) a remis sa démission en signe de protestation contre la coupe budgétaire annoncée de 850 millions d’euros pour l’armée en 2017. Signe éloquent : sur le compte twitter officiel de l’état-major des armées, une vidéo émouvante montre la haie d’honneur de centaines de militaires de tous grades et les longs applaudissements de ses hommes le jour du départ du général de Villiers. Même les flics qui assurent la sécurité des lieux l’applaudissent à tout rompre. La révolte gronderait-elle ? C’est le premier gros couac en tout cas de la présidence Macron. Une première. Jamais un chef d’état-major des armées n’avait démissionné sous la Ve République.

    Emmanuel Macron, qui aime à montrer qu’il se rend dans les hôpitaux militaires, roule des mécaniques sur les théâtres d’opération et passe la main dans le dos des troufions, assène le coup de grâce à une armée française sur la paille et dont les casernements n’ont parfois rien à envier aux camps de migrants. « Un militaire de haut rang, ça parle peu, mais quand ça parle, mieux vaut l’écouter » résume avec sa verve à la Audiard, Jacques Guillemain, sur Riposte Laïque. C’est exactement ça.

    Emmanuel Macron a réagi en jeune coq se dressant sur ses ergots au grave avertissement que lui adressait le chef d’état-major des armées, général cinq étoiles. Une décision qui n’a pas dû enchanter Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères de Macron, qui avait soutenu le général de Villiers alors qu’il était ministre de la Défense en 2014 dans sa guérilla contre Michel Sapin sur le même sujet déjà. Allez, un peu de courage Le Drian, démissionne aussi ! Et avec, tout le quarteron de généraux félons (ah ! si seulement) qui pensent que Villiers a totalement raison mais qui ne sortent jamais des rangs.

    Après les attentats islamistes de 2015, plus que jamais, le général de Villiers a martelé qu’il était suicidaire de baisser la garde : « On ne gagne pas une guerre sans effort de guerre. » Alors qu’elle a 30 000 militaires déployés combattant le djihadisme, au Sahel, au Levant mais aussi sur le territoire national avec le dispositif « Sentinelle » de 10 000 hommes mis en place en quelques jours en janvier 2015, l’armée française est à l’os. Emmanuel Macron n’a toujours pas pris la mesure de l’importance de son rôle face à la menace islamiste.

    Une pensée pour le successeur du général de Villiers, le général Lecointre : la place n’est pas un cadeau. A peine nommé, cet ancien chef du cabinet militaire de Valls, Cazeneuve et Edouard Philippe passe pour une serpillière. Avec lui, peu de risque de coup d’éclat.

    Caroline Parmentier

    Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 21 juillet 2017
    (titre original : « L’honneur d’un général »)

  • Et maintenant, ils squattent les piscines…

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    Les millions de litres d’eau déversés dans les rues de nos quartiers ne leur ont donc pas suffi.

    Après avoir ouvert les précieuses bornes à incendie, les jeunes – enfin, les « djeunes » -, les désœuvrés de nos villes mais aussi de nos villages, ceux à qui la France et leurs parents n’ont pas su apporter le minimum d’éducation, s’en sont pris aux piscines.

    Les piscines municipales, d’abord, dans lesquelles ils trouvent un malin plaisir à se soulager, polluant l’eau déjà passablement impropre et où sévit parfois, avec la complicité des maires, quelques modes musulmanes fort peu hygiéniques. Un exemple parmi des dizaines d’autres : la piscine de Sanvignes, en Saône-et-Loire. Squattée par des dizaines d’ados et jeunes adultes mâles déjà bien bronzés et qui plongent, replongent en hurlant au point que les riverains ont porté plainte sans résultat. Le Journal de Saône-et-Loire a recueilli ce témoignage d’un voisin : « On appelle le commissariat, mais ils disent qu’ils ne peuvent rien faire, qu’ils ne sont pas assez nombreux. C’est tout juste si on ne les dérange pas à les appeler… La piscine de Sanvignes devient une zone de non-droit. »

    Il y a pire ! C’est l’invasion des piscines privées, de villas ou de résidences. BFM TV, dont on sait combien les journalistes sont politiquement corrects, a toutefois réalisé un court reportage sur le viol de ces piscines à Toulouse. Là aussi, les policiers sont sollicités. Ils reçoivent une centaine d’appels par semaine, et plus, même, lorsque le thermomètre grimpe.

    Comme le chantait le regretté Éric Charden dans un autre siècle, l’été s’ra chaud. Et pas seulement dans les T-shirts et les maillots…

    http://www.bvoltaire.fr/et-maintenant-ils-squattent-les-piscines/