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international - Page 907

  • Alaska, État de Washington : Sanders écrase Hillary Clinton

    Bien mauvaise semaine pour Hillary Clinton : les 22 et 26 mars, elle perd six primaires sur sept. Irritant supplémentaire : lorsqu’il gagne, Sanders le fait avec de fortes marges : 67 % (les démocrates expatriés), 73 % (État de Washington), 75 % (Hawaï), 78 % (Utah), 79 % (Idaho), 82 % (Alaska).

    Coincée dans une boutique électorale désertée par les clientèles blanches, jeunes et masculines, Hillary Clinton garde pied sur un banc composé de féministes vieillissantes et des fidèles de son mari : les Afro-Américains (surtout du Sud), auxquels elle a su rajouter les hispanophones (âgés) tout en renforçant son contingent musulman.

    Formée à l’école politique du clientélisme, vivant loin du réel depuis plus de 20 ans, parmi gardes du corps, jets privés et limousines blindées, dans une bulle alimentée aux infrastructures et pléthoriques financements de la fondation Clinton, devenue coqueluche du Tout-Davos, ayant amassé un trésor de guerre pour sa campagne, Hillary Clinton devint « maîtresse de l’Univers », héroïne du bûcher des vanités de l’establishment, ne prévoyant pas que le jeune-vieux Sanders serait aussi coriace, la privant de l’électorat jeune et blanc du camp démocrate, ainsi que d’une grande portion de l’électorat indépendant.

    Elle n’avait pas prévu, en fait, qu’il lui faudrait rendre des comptes sur « sa politique internationale » lorsqu’elle fut secrétaire d’État, avec le fiasco libyen et son plan de déstabilisation de la Syrie, qui ont fait d’elle la marraine de facto du califat islamique.

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  • Pakistan : un attentat suicide fait plus de 60 morts dans un parc où des chrétiens fêtaient Pâques

    Au moins 65 personnes sont mortes, dimanche 27 mars, lors d’un attentat suicide qui a touché la ville de Lahore dans l’est du Pakistan. Près de 340 autres ont été blessées par l’explosion qui a touché un parc très fréquenté où des chrétiens célébraient Pâques. 

    « Le kamikaze a réussi à entrer dans le parc et s’est fait exploser près de l’aire de jeux pour enfants, où ils faisaient de la balançoire. C’est pour cela que la plupart des victimes sont des enfants et des femmes », a déclaré un haut responsable administratif de la ville de Lahore, Mohammad Usman. « C’était une explosion très forte et des explosifs très puissants ont été utilisés », a détaillé pour sa part un responsable de police, Haider Ashraf. « Le parc était bondé », a-t-il ajouté, soulignant que des billes métalliques ont été retrouvées sur place.

    La responsabilité de l’attentat a été revendiquée par les taliban de la faction Jamaat-ul-Ahrar qui précisent avoir « ciblé les chrétiens ». Au Pakistan, des groupes islamistes armés ciblent parfois la minorité chrétienne qui représente environ 2 % de la population de ce pays majoritairement musulman sunnite de 200 millions d’habitants. Au cours des dernières années, des églises ont ainsi été la cible d’attaques à Lahore, qui est aussi le fief du premier ministre, Nawaz Sharif.

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    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Pakistan-un-attentat-suicide-fait

  • Comment la France contourne l’embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Arabie saoudite

    Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays devraient suspendre toutes les ventes d’armes à destination de l’Arabie saoudite tant que ce pays ne met pas fin à ses frappes aériennes illégales au Yémen, et n’enquête pas de façon crédible sur les allégations de violations du droit de la guerre commises, a déclaré Human Rights Watch.

    Depuis le 26 mars 2015, une coalition de neuf pays arabes mène des opérations militaires contre le groupe armé composé de forces houthistes et procède à des frappes aériennes indiscriminées et disproportionnées. Les frappes aériennes se sont poursuivies malgré l’annonce en mars 2016 d’un nouveau cessez-le-feu. La coalition a systématiquement négligé d’enquêter sur les allégations de violations commises comme l’exigent les lois de la guerre. L’Arabie saoudite est à la tête de la coalition, les décisions de ciblage ayant été prises au ministère de la Défense saoudien à Riyad.

    « Depuis près d’un an, les gouvernements qui fournissent des armes à l’Arabie saoudite ignorent ou minimisent les preuves irréfutables selon lesquelles les frappes aériennes de la coalition ont fait des centaines de victimes au Yémen », a déclaré Philippe Bolopion, directeur adjoint du plaidoyer au niveau mondial. « En continuant à vendre des armes à un pays qui commet des violations sans faire grand-chose pour empêcher ces abus, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France risquent d’être complices d’actes illégaux entraînant la mort de nombreux civils ».

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    Des organisations non gouvernementales et les Nations Unies ont enquêté et signalé de nombreuses frappes aériennes illégales menées par la coalition. Human Rights Watch, Crisis Action, Amnesty International et d’autres groupes internationaux et yéménites ont publié une déclaration commune appelant à la cessation des ventes et des transferts de toutes les armes et les équipements militaires aux parties en conflit au Yémen où « il y a un risque important que ces armes soient utilisées … pour commettre ou faciliter de graves violations du droit humanitaire international ou du droit international des droits humains ». Human Rights Watch a examiné 36 frappes aériennes illégales, certaines pouvant peut-être s’apparenter à des crimes de guerre, qui ont tué au moins 550 civils, ainsi que 15 attaques impliquant des armes à sous-munitions interdites à l’échelon international. Le groupe d’experts de l’ONU sur le Yémen instauré par la résolution 2140 (2013) du Conseil de sécurité dans un rapport rendu public le 26 janvier 2016 a « documenté 119 sorties de la coalition relatives à des violations  » des lois de la guerre.

    L’Arabie saoudite n’a pas répondu aux courriers de Human Rights Watch exposant en détail les violations apparentes commises par la coalition et demandant des éclaircissements sur la cible intentionnellement visée par ces attaques. L’Arabie saoudite a réussi à faire pression sur le Conseil des droits de l’homme de l’ONU afin de l’empêcher de créer un mécanisme d’enquête international indépendant.

    En septembre 2014, les houthistes, un groupe issu des Zaidi Shia originaires du Yémen du Nord également connu sous le nom d’Ansar Allah, ont pris le contrôle de la capitale du Yémen, Sanaa. En janvier 2015, ils ont évincé le président Abdu Rabu Mansour Hadi et son gouvernement. Les houthistes, de concert avec les forces demeurées loyales à l’ancien président Ali Abdullah Saleh, se sont alors propagés vers le sud, menaçant de prendre la ville portuaire d’Aden. Le 26 mars, la coalition menée par l’Arabie saoudite composée du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis, de l’Égypte, de la Jordanie, du Maroc et du Soudan, a entamé une campagne de bombardements aériens contre les forces houthistes et leurs alliés.

    Au moins 3 200 civils ont perdu la vie et 5 700 ont été blessés depuis le début des opérations militaires menées par la coalition, 60 pour cent d’entre eux lors de frappes aériennes selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Le blocus naval imposé par la coalition au Yémen a contribué à une immense crise humanitaire qui a conduit 80 pour cent de la population de ce pays appauvri dans un besoin d’assistance et de protection humanitaire.

    Le groupe d’experts de l’ONU a établi que « le ciblage des civils par la coalition au travers des frappes aériennes, soit par le bombardement des quartiers résidentiels, soit en considérant l’ensemble des villes de Sa‘dah et de Maran situées dans le nord du Yémen comme des cibles militaires, constitue une grave violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Dans certains cas, le groupe d’experts a établi que de tels manquements avaient été conduits de manière généralisée et systématique ». Les attaques délibérées, indiscriminées et disproportionnées perpétrées contre des civils constituent de graves violations des lois de la guerre auxquelles toutes les parties belligérantes sont tenues de se conformer.

    Le groupe d’experts de l’ONU a déclaré que les attaques qu’il avait constatées comprenaient des attaques contre des « camps de personnes et de réfugiés déplacés à l’intérieur de leur propre pays, des rassemblements de civils — notamment des mariages — des véhicules civils — dont des bus — des zones résidentielles civiles, des établissements médicaux, des écoles, des mosquées, des marchés, des usines et des entrepôts alimentaires et autres infrastructures civils essentielles comme l’aéroport de Sana’a, le port de Hudaydah et des axes de transit routier intérieurs ». Des habitants fouillent les décombres de maisons détruites lors d’une frappe aérienne trois jours auparavant dans la ville de Yareem. Le bombardement a fait au moins 16 morts parmi les civils.

    Des habitants fouillent les décombres de maisons détruites lors d’une frappe aérienne trois jours auparavant dans la ville de Yareem. Le bombardement a fait au moins 16 morts parmi les civils.

    Les 36 frappes aériennes illégales documentées par Human Rights Watch englobent des attaques menées contre des écoles, des hôpitaux et des lieux d’habitation sans la moindre preuve de leur utilisation à des fins militaires. Human Rights Watch a recueilli les noms de plus de 550 civils qui ont perdu la vie lors de ces 36 attaques. Amnesty International a étudié 26 frappes supplémentaires qui semblent avoir enfreint les lois de la guerre. Mwatana, l’une des grandes organisations de défense des droits humains au Yémen, a publié un rapport en décembre qui met en évidence 29 autres frappes aériennes illégales commises dans tout le Yémen de mars à octobre.

    En outre, Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté des cas de civils victimes d’armes à sous-munitions interdites par le droit international utilisées sur ou à proximité des villes et des villages. Des armes à sous-munitions ont été utilisées en de nombreux endroits dans au moins cinq des 21 gouvernorats du Yémen : Amran, Hajja, Hodaida, Saada et Sanaa. La coalition a utilisé au moins six sortes d’armes à sous-munitions, trois sous la forme de bombes larguées par avion et trois sous la forme de roquettes tirées depuis le sol. Human Rights Watch a demandé l’arrêt immédiat de toute utilisation des armes à sous-munitions et a enjoint les membres de la coalition à adhérer à la Convention des Nations Unies sur les armes à sous-munitions.

    Malgré les nombreux rapports crédibles sur les graves violations des lois de la guerre, la coalition menée par l’Arabie saoudite n’a pris aucune mesure manifeste ni pour limiter les méfaits causés aux civils dans le cadre des opérations aériennes ni pour enquêter sur les incidents précédents et mettre leurs auteurs devant leurs responsabilités. Tant que de telles mesures n’ont pas été prises, les gouvernements ne devraient pas fournir d’armes au chef de file de la coalition.

    Le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Phillip Hammond, et d’autres hauts responsables britanniques n’ont eu de cesse de répéter que les forces de la coalition n’ont en rien enfreint les lois de la guerre. Le 2 février, un important comité multipartite composé de députés britanniques a envoyé une lettre au Secrétaire au Développement international Justine Greening, appelant à la suspension immédiate des ventes d’armes du Royaume-Uni à l’Arabie Saoudite et à la tenue d’une enquête internationale indépendante sur la campagne militaire menée par la coalition au Yémen.

    Le 25 février, le Parlement européen a adopté une résolution demandant à la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécuritéFederica Mogherini de «  lancer une initiative visant à imposer un embargo sur les armes de l’UE contre l’Arabie saoudite ». Le 17 février, le parlement néerlandais a voté l’imposition d’un embargo et l’interdiction de toute exportation d’armes vers l’Arabie saoudite.

    Le 31 janvier, la coalition a annoncé la création d’un comité pour promouvoir le respect des lois de la guerre par la coalition. Toutefois, le porte-parole militaire de la coalition a précisé que l’objectif du comité n’était pas d’enquêter sur les allégations de violations.

    Human Rights Watch a de plus documenté de graves violations des lois de la guerre perpétrées par les forces houthistes et leurs alliés, notamment le pilonnage indiscriminé des villes, les disparitions forcées et l’utilisation des mines antipersonnel interdites au plan international. Human Rights Watch soutient l’adoption d’une mesure interdisant la vente ou la fourniture aux forces houthistes d’armes qui seraient susceptibles d’être utilisées illégalement, notamment des roquettes non guidées de type « Grad » ou des mines antipersonnel.

    « Combien d’autres frappes aériennes devront encore blesser ou tuer des civils avant que les pays qui fournissent des avions et bombes à la coalition cessent enfin de le faire ? » a demandé Philippe Bolopion.

    En vertu du droit international, les États-Unis sont parties au conflit armé au Yémen. Le lieutenant-général Charles Brown, commandant du Commandement central de l’armée de l’air américaine a déclaré que l’armée américaine a déployé du personnel dédié en faveur de la cellule des opérations et de planification commune afin d’aider à « coordonner les activités ». La participation des États-Unis aux opérations militaires telles que le conseil sur les décisions de ciblage et le ravitaillement en vol lors des bombardements aériens peut rendre les forces américaines conjointement responsables des violations graves des lois de la guerre commises par les forces de la coalition. En qualité de partie au conflit, les États-Unis sont eux-mêmes obligés d’enquêter sur les attaques illégales qui auraient été perpétrées et auxquelles ils auraient participé.

    Le gouvernement britannique a déclaré que son personnel en Arabie saoudite n’est pas impliqué dans l’organisation des frappes. Il a ajouté qu’il ne mène ni ne dirige d’opérations au Yémen et qu’il ne participe pas non plus au choix des cibles. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a indiqué que le déploiement du personnel britannique vise à « offrir conseil, soutien et formation » aux militaires d’Arabie saoudite sur les lois de la guerre.

    En juillet 2015, le Département américain de la Défense a approuvé la vente d’un certain nombre d’armes à l’Arabie saoudite, notamment celle de 600 missiles Patriot pour un montant de 5,4 milliards de dollars américains et une transaction de 500 millions de dollars américains correspondant à la vente d’un million de munitions, grenades à main et autres articles destinés à l’armée saoudienne. Selon l’examen mené par le Congrès américain, entre mai et septembre, les États-Unis ont vendu pour 7,8 milliards de dollars américains d’armes à l’Arabie saoudite.

    En octobre, le gouvernement américain a approuvé la vente à l’Arabie saoudite de quatre navires de combat Lockheed Littoral Combat Ships pour un montant de 11,25 milliards de dollars américains. En novembre, les États-Unis ont conclu une vente d’armes avec l’Arabie saoudite s’élevant à 1,29 milliard de dollars américains correspondant à plus de 10 000 munitions air-surface de pointe, notamment des bombes guidées par laser, des bombes antibunker et des bombes d’usage général MK84, toutes trois utilisées au Yémen.

    Selon l’organisation Campaign Against Arms Trade (CAAT) basée à Londres, le gouvernement britannique a approuvé la vente de matériel militaire pour 2,8 milliards de livres sterling britanniques à l’Arabie saoudite entre janvier et septembre 2015. Ces armes incluent des bombes à guidage laser Paveway IV pesant 500 livres. Le Royaume-Uni est en cours de négociations avec les Émirats arabes unis pour une transaction s’élevant à 1 milliard de livres sterling.

    Un rapport du gouvernement espagnol datant de juin 2015 a indiqué que l’Espagne avait autorisé huit licences d’exportations d’armes à destination de l’Arabie Saoudite au premier semestre de l’année pour un montant de 28,9 millions de dollars. En février 2016, les médias espagnols ont signalé que l’entreprise publique de construction navale Navantia était sur le point de signer un contrat de 3,3 milliards de dollars avec l’Arabie saoudite pour la construction de cinq frégates de type Avante 2200 destinées à la marine saoudienne.

    En juillet 2015, l’Arabie saoudite aurait signé des accords avec la France pour 12 milliards de dollars, dont 500 millions de dollars correspondant à la vente de 23 hélicoptères Airbus H145. Le Royaume devrait également commander 30 navires de patrouille d’ici fin 2016 aux termes de l’accord. Reuters a fait savoir que l’Arabie saoudite vient aussi d’entrer en phase de négociation exclusive avec le groupe français Thales pour acheter des satellites-espions et du matériel de télécommunications pour des « milliards d’euros ».

    Lire la suite de l’article sur geopolintel.fr

    Source: egaliteetreconciliation.fr

    http://www.altermedia.info/france-belgique/egalitereconciliation/comment-la-france-contourne-lembargo-sur-les-ventes-darmes-a-destination-de-larabie-saoudite_156613.html#more-156613

  • Palmyre entièrement libérée

    Après de violents combats menés par des unités de l’armée arabe syrienne et les groupes de la Défense populaires contre l’Etat Islamique, l’armée arabe syrienne a rétabli dimanche matin la sécurité et la stabilité dans la ville antique de Palmyre, inscrite sur la liste de l’UNESCO du patrimoine mondial.

    Les autorités militaires syriennes ont annoncé que la ville de Palmyre est complètement vide de terroristes de Daech, et que l’armée arabe syrienne s’est emparée de toute de la ville, dont la cité antique et l’aéroport. Les unités de génie ont commencé immédiatement les opérations de ratissage de la ville, où des centaines de mines et d’engins explosifs ont été plantées par les terroristes de l’Etat Islamique entre les monuments antiques, les maisons des civils et les vergers qui entourent la ville.

    Les unités de l’armée et les groupes de la défense populaires ont traqué les islamistes, tuant et blessant un grand nombre parmi eux.

    Les deux armées de l’air, syrienne et russe, avaient effectué des sorties aériennes intensives contre les terroristes dudit réseau, qui avaient pris la fuite vers les axes Palmyre-Sukhna, Palmyre- la 3ème station, Palmyre-Toueinan et Rassafa-Tabqa à Raqa”, ont expliqué les autorités militaires syriennes.

    Ces sorties aériennes ont notamment détruit des véhicules et blindés de l’Etat Islamique. Plus de 450 combattants de l’Etat Islamique, dont des mercenaires étrangers qui s’étaient infiltrés dans la ville à partir des deux gouvernorats de Raqa et Deir Ezzor et des frontières irakiennes, ont été tués au cours des combats.

    Des unités de l’armée, en collaboration avec les groupes de la défense populaire, ont aussi repris le contrôle des deux points 850 et 849 en direction de Hazem Thani et du point 876 en direction du mont Rmeila au nord-ouest de Qaryateine dans la banlieue sud-est de Homs.

    Par ailleurs, une unité de l’armée a déjoué une tentative d’infiltration d’un groupe terroriste de “Daech” en direction de Touloul Nizami dans la périphérie du gisement de Chaër dans la banlieue-est de Homs.

    http://www.medias-presse.info/palmyre-entierement-liberee/51855

  • La planète ne tient que par l’endettement et la planche à billets

    De Mylène Troszczynski, député européen du groupe ENL (FN), sur Boulevard Voltaire :

    "[...] Depuis la crise de 2008, dite des subprimes, la planète ne tient que parce que les principaux États (États-Unis, Chine, Japon, Grande-Bretagne et les principaux pays de la zone euro) se sont lourdement endettés et aussi parce qu’ils ont mis les taux à zéro et qu’ils ont fait marcher « la planche à billets », pudiquement appelée « politique de Quantitative Easing ». Ces politiques étatiques monétaires, d’inspiration keynésienne, n’ont pas réussi à relancer la croissance économique réelle. Dans toutes les zones du monde, la croissance ralentit dangereusement pour se rapprocher d’une croissance quasi nulle. On a même entendu parler de risque de récession planétaire au forum de Davos.

    Le monde est une bulle de crédit qui ne demande qu’à éclater.

    Effondrement industriel, explosion de la dette et du chômage : depuis le premier choc pétrolier, notre pays décline. Ce déclin s’accélère. Aux Trente Glorieuses (1945-1973), où notre croissance oscillait entre 4 et 6 %, avaient succédé les Trente Piteuses (1974-2007), où elle atteignait entre 1 et 3 %. Depuis 2008 (les Trente Calamiteuses), notre croissance nulle fait exploser notre chômage et nos dettes. Comment cela peut-il finir ? Pour l’État français, comme pour de nombreux États, cela pourrait se terminer par un défaut de paiement de l’État français qui cumule un chômage de masse, des déficits publics depuis 43 ans, alors qu’il a une des fiscalités les plus lourdes du monde et des déficits commerciaux gigantesques…"

    Michel Janva

  • Syrie : Mais où en sont les Américains ?

    Le cessez-le-feu conclu en Syrie sous l’égide des Russes et des Américains tient bon… En surface. Car le feu couve encore sous la braise. Ankara l’attise, les Américains sont déboussolés et les Russes gardent leurs fers au feu.

    Personne ne croyait vraiment au cessez-le-feu qui est entré en vigueur en Syrie le 27 février, y compris les Russes et les Américains, parrains de l'accord. Pourtant, il semble être globalement respecté et si le bruit médiatique reflète bien celui des canons, un calme relatif est revenu en Syrie. Ce n'est bien sûr pas si simple.

    En premier lieu, la cessation des hostilités ne concerne que les « opposants modérés » et exclut donc les terroristes de l'État Islamique et du Front Al-Nosra. Pomme de discorde entre les USA et la Russie, la définition de l'introuvable « opposition modérée » a été réglée de manière imparable par Moscou : sont qualifiées de modérées les milices qui viennent s'enregistrer comme telles auprès du "Centre pour la réconciliation des parties en conflit syrien", près de Lattaquié, soit à ce jour environ 30 groupes de taille très variable. Cela leur assure d'être épargnés par les trappes russes ou américaines, mais ils doivent alors renoncer à renverser Assad et s'engager dans un processus politique en faveur d'une Syrie laïque et démocratique, donc abandonner le rêve d'un État islamique. Ils sont donc assez peu nombreux à avoir franchi ce pas, ce dont l'ONU et les USA ont dû convenir à mots couverts : les organisations classées « terroristes » par l'ONU couvrent une majorité absolue des forces anti-Assad.

    Vers un processus politique avec Assad

    Les autres sont invitées à la table des négociations à Genève du 14 au 24 mars. Conséquence diplomatique directe et majeure : plus personne ne parle d'exclure le président syrien légal du processus politique.

    Autre conséquence, loin du regard un peu gêné des médias qui suivent docilement la politique américaine, les offensives se poursuivent tous azimuts contre les terroristes. La bavure qui remettrait en cause le fragile cessez-le-feu est donc toujours possible et même activement recherchée par le Front Al-Nosra, par des provocations à rencontre des Russes.

    Front Al-Nosra que la Turquie et l'Arabie Saoudite considèrent comme un interlocuteur tout à fait valable et soutiennent activement. Car ces deux pays font tout pour faire capoter le timide début de processus politique. Si l'Arabie Saoudite joue pour le moment les faire-valoir, la Turquie y est allée franco, en bombardant régulièrement les forces kurdes anti-islamistes du YPG qui progressent le long de la frontière turco-syrienne.

    Mieux, la Russie et la presse turque libre accusent Ankara, preuves à l'appui, d'alimenter en continu le Front Al-Nosra et d'autres groupes islamistes en armes, notamment dans les provinces d'Idlib et d'Alep. Les blessés de ces groupes sont d'ailleurs souvent soignés en Turquie. Une politique jusqu'au-boutiste qui isole le pays sur le plan international : l'OTAN a fait savoir qu'en cas d'agression turque en Syrie, Ankara ne serait pas soutenu.

    Qui veut la paix ?

    Outre sa guerre à outrance contre les Kurdes, sur son territoire et plus ou moins directement en Syrie, la Turquie soutient des « rebelles » turkmènes qui tiennent notamment la ville de Jisr Al-Shughur, entre Lattaquié et Alep. Une offensive de l'armée syrienne contre cette localité stratégique serait probablement considérée comme un casus belli par Ankara.

    L'autre acteur qui ne veut pas être entraîné malgré lui dans les frasques d'Erdogan, ce sont les États-Unis. Leur diplomatie est en KO technique face à la Russie qui a su dicter ses conditions pour lancer le cessez-le-feu et le processus politique. Pire, l'Oncle Sam s'empêtre dans ses contradictions. Il somme Ankara d'arrêter ses bombardements contre ses affidés kurdes, mais rejette à l'ONU une résolution allant précisément dans ce sens. Allez comprendre... Plus fort encore, les Kurdes, soutenus par le Pentagone, ont attaqué la milice arabe Furqa al-Sultan Murad... soutenue par la CIA ! Bref, soit Washington est en pleine déconfiture sur le terrain, soit elle garde plusieurs fers au feu. Sa menace d'un plan B sous forme de confrontation militaire avec l'armée syrienne en cas d'échec des négociations est à prendre au sérieux, tant il serait étonnant que les USA renoncent aussi facilement à leur projet de destitution d'Assad. Comme l'a souligné le ministre russe des Affaires étrangères, « les États-Unis et leurs alliés sont à la recherche de la guerre et non de la paix en Syrie. »

    Richard Dalleau monde&vie 16 mars 2016

  • Donald Trump et les sept raisons de la colère américaine

    Sur son adresse twitter que je recommande fortement, Trump adore donner ses scores. Le dernier m’a surpris : The Donald (l’expression vient de sa première femme) reçoit 64 % des voix à New York contre 12 % pour Ted Cruz !

    New York : la ville la plus chère, cosmopolite et ouverte du monde. Pas mal pour un plouc populiste !

    Trump a aussi gagné en Floride, état du sud devenu très latino, avec une importante population juive. Voici donc que notre futur Adolf Hitler ne fait peur ni aux juifs ni aux cousins des mexicains – qu’on l’accuse de vouloir déporter.

    Au vu de ces chiffres, on peut douter de la défaite de Trump ! L’ineptie-système est devenue telle que le système va perdre partout. Il perdra la bataille monétaire, la bataille géopolitique, la bataille humanitaire, la bataille politique, la bataille médiatique.

    Maintenant venons-en à la source du problème : pourquoi les Américains votent-ils pour Trump, qu’ils soient riches, pauvres, blancs, noirs, juifs (les Israéliens d’ailleurs aiment Trump et détestent Obama), latinos, hétéros ou homos ?

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  • Libération de Palmyre : l'angélisme doit laisser place au réalisme

    Alors que l'Europe vient d'être frappée par de nouveaux attentats, l'armée syrienne a libéré Palmyre. Pour Hadrien Desuin*, la Russie est notre meilleure alliée avec Damas pour lutter contre Daech en Syrie. Nous partageons son point de vue et son article est remarquable.  LFAR

    L'Europe se relève à peine des derniers attentats bruxellois. Comme à chaque tuerie islamiste, la foule allume des bougies. On se recueille, on dessine des cœurs à la craie, les drapeaux sont en berne et on pleure. On se promet que rien ne doit changer et qu'on vivra comme avant. Surtout on veille à ne pas faire d'amalgames, on répète que ce n'est pas çà l'islam. On ne doit pas avoir peur, il faut vivre avec. Et puis on rappelle aux réfractaires que l'Islam est une religion de paix et d'amour. Au bout de quelques jours et de longues minutes de silence, on cible la vraie menace; «l 'islamophobie » est finalement identifiée comme le seul ennemi sérieux à combattre.

    Tandis qu'en Europe on se drape dans le deuil et le déni, la bataille fait rage contre Daech en Syrie. Au moment où ces lignes sont écrites, les forces syriennes appuyées par les milices chiites irano-libanaises ainsi que l'aviation russe, se battent pour reprendre Palmyre aux mains des barbares. A l'heure qu'il est des soldats tombent et donnent leur vie pour nous venger. Quelle aide fournissons-nous à ces hommes qui tentent de libérer des populations civiles asservies par une charia implacable ? Que fait la France pour sauver ce qui reste de ce patrimoine mondial de l'humanité ? Rien. Absolument rien. Nous n'avons rien fait pour sauver Palmyre il y a un peu moins d'un an. Nous ne ferons rien pour libérer Palmyre. En dix mois, nous n'avons rien appris et rien compris.

    Alors que toute la Syrie anti-islamiste s'apprête à remporter une victoire symbolique autant que stratégique contre les hordes djihadistes de Daech, les réactions occidentales risquent de se faire discrètes. Coïncidence heureuse ou rideau de fumée, on annonce une offensive imminente vers Mossoul en Irak. Pas question de remercier la Russie ou l'Iran de leur aide militaire en Syrie. Impossible d'applaudir à cette victoire contre Daech. Depuis le temps qu'on nous répète que Daech et Bachar sont complices, c'est un petit peu compliqué d'expliquer le contraire à présent. La réalité crève les yeux, et on continue à se mettre la tête dans le sable. La Russie est notre meilleure alliée avec Damas pour lutter contre Daech en Syrie. Et nous refusons toujours de nous unir à elle pour frapper Daech. Combien de fois a-t-on répété que la Russie et le régime syrien ne se battaient pas contre Daech mais contre « l'opposition modérée » ? Des milliers de fois sans doute. Cette version officielle a été reprise sans preuve dans les médias en dépit de l'évidence. Cette fois-ci, le récit officiel de la guerre va être difficile à entendre. Il faudra bien admettre que la Russie et la Syrie de Bachar Al-Assad sont en première ligne contre Daech tandis que nous les regardons faire.

    Après plus de cinq ans de guerre civile syrienne, il serait temps de changer de stratégie et de sécher nos larmes. Contre Daech, on ne devrait pas avoir de scrupules à se battre aux côtés des Russes, des Kurdes et de l'armée syrienne. C'est un moindre mal qui doit l'emporter sur toute autre considération. A Palmyre, celui qui ne se bat pas contre Daech est quelque part avec lui.

    La meilleure réponse à apporter aux attentats qui frappent notre continent tous les quatre mois, ce n'est pas de s'agenouiller devant un lumignon ou de s'interroger sur l'état d'urgence. Ce n'est pas de hisser un grand drapeau blanc en haut de la cathédrale de Strasbourg. Ce n'est pas seulement un grand sursaut national contre l'islam radical, infiltré sur notre sol, qui est nécessaire. C'est aussi en Syrie qu'il faut changer d'alliés. On renâcle à se battre aux côtés des russes et des syriens qui sont en première ligne contre Daech au prétexte qu'ils ne sont pas de parfaits démocrates. On préfère encourager contre eux une « rébellion modérée » qui n'en est pas une. Cette vision stratégique a un nom, l'angélisme. A Bruxelles, à Paris comme en Syrie, l'angélisme doit laisser place au réalisme.  

    Hadrien Desuin           

    Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Un européisme offensif pour surmonter le monde.

    Ex: http://www.leblancetlenoir.com

    3358144014.3.gifFace au changement mondial qui, avec ses perturbations de toutes natures (et qui n’ont rien à voir avec on ne sait quelle « main invisible », maléfique en l’occurrence), précipite les nations européennes dans un profond déclin, jusqu’à saper les bases de la civilisation européenne, les classes politiques au pouvoir persistent dans leurs errements suicidaires pour leurs peuples, en termes d’identité, d’emploi, ou d’indépendance. Quant aux divers mouvements populistes qui, en réaction, émergent un peu partout en Europe, ils ne perçoivent pas d’autre issue que celle d’un repliement, national ou régional, frappé d’une impuissance mortelle.

    En effet, le vrai niveau de la lutte politique, parce que le seul où elle peut être efficace, est aujourd’hui continental. En premier lieu, il se situe au cœur même de l’Union européenne dont il est urgent que les peuples européens se la réapproprient en écartant la caste idéologique et technocratique qui la dirige.

    Changer les formes pour sauver le fonds. Il faut comprendre, une fois pour toutes, que si l’on veut sauver ou préserver le fonds, à savoir la civilisation européenne avec son substrat humain (ses nations ancestrales), il faut, d’une part, rompre avec la logique libérale et purement mercantile imposée par les Etats-Unis depuis l’effondrement de l’Union soviétique, et, d’autre part, pour s’adapter aux réalités du monde, savoir changer les formes politiques, c’est à dire les institutions étatiques périmées. Compte tenu des bouleversements qui n’ont fait que commencer, et des périls grandissants, que chacun saisit désormais au quotidien, l’européisme rassembleur et offensif est à l’ordre du jour.

    Maintenant que la construction libérale de l’Europe est à l’agonie, et que les Etats nationaux étalent leurs incapacités respectives dans la nouvelle distribution mondiale de la puissance (en particulier dans le champ de la démographie-question centrale du 21ème siècle), il est plus que jamais indispensable de réunir les dernières forces vives nationales dans le même Etat européen, et d’arrêter des stratégies unitaires tous azimuts.

    L’incapacité des partis de gouvernement à changer leur vision du monde.

    Avant tout parce qu’elles y trouvent leur intérêt financier, mais en raison, aussi, du formatage idéologique dont nos sociétés sont l’objet (facilité par une inculture historique généralisée) les élites dirigeantes des Etats européens s’accrochent à leurs croyances. Elles ne veulent pas admettre que leurs valeurs ne sont pas universelles, mais qu’elles sont contingentes d’une ère qui s’achève, celle de la modernité occidentale. Elles n’entendent pas mettre en cause les dogmes de la métaphysique des Lumières que sont : l’identification de la vérité (!) à l’universel, la conviction que la raison annihile les prédéterminations, l’unité du genre humain et la perfectibilité de l’homme, le développement économique et l’enrichissement mutuel grâce au libre-échange. Parce que cela leur sied, moralement et matériellement. Alors que tout ce que l’on observe concourt à contester le maintien d’une telle rhétorique.

    Une idéologie néfaste. Aussi bien la connaissance que l’expérience de la diversité, d’un côté, que les conséquences malheureuses de la mondialisation pour des pans entiers de la société, d’un autre, ont rendu cette rhétorique illusoire et dangereuse. Mais nos élites inhibées ne veulent pas l’admettre. De plus, à force d’avoir voulu séparer la culture de la nature, en surestimant la première pour dénigrer la seconde, elles ne peuvent pas comprendre que les idées occidentales n’ont mené l’humanité, sans jamais réussir à la convertir à leurs croyances, que tant qu’elles ont été portées par une infrastructure humaine et matérielle dynamique. Or, ce n’est plus du tout le cas. Maintenant, compte tenu du bouleversement des rapports de force mondiaux, culturels inclus, l’aspiration à une société humaine universelle signifie la fin de la civilisation européenne.

    Outre son parti-pris idéologique, le problème de la classe politique européenne est qu’elle est obsédée par le souci de la croissance économique ou, ce qui revient au même dans nombre de pays européens, par la crise qu’elle-même a contribué à créer en avalisant le libre-échange avec les pays à bas salaires. Elle n’a jamais voulu légiférer pour faire en sorte que les grandes compagnies privilégient l’investissement dans l’espace européen. Il en va ainsi parce que l’idéologie basique libérale, à savoir la primauté de l’enrichissement individuel, a vaincu. Mieux, elle a retourné en sa faveur le préjugé universaliste égalitariste de la gauche, par une sorte de renversement gramscien, en obtenant qu’elle approuve l’installation en Europe d’un sous-prolétariat massif issu de l’ancien Tiers-monde.

    Néanmoins, en raison d’une demande intérieure qui s’affaiblit, pour cause de vieillissement marqué, c’est la stagnation économique qui s’installe. Et pour longtemps, car contrairement à ce que la classe dominante claironne, malgré les nouvelles technologies, les beaux jours ne reviendront pas de si tôt. Elle pense alors résoudre les problèmes posés par la démographie européenne défaillante, en faisant appel aux susdites populations allogènes qui affluent par millions (3,6 millions de places offertes par le gouvernement allemand, d’ici à 2020 !).

    Des contradictions insupportables. Cette politique systématique de portes ouvertes à tous les flux, matériels et humains, est cautionnée par tous les partis de gouvernement qui s’y croient obligés, qui n’en imaginent pas d’autres, et qui l’appliquent sans s’inquiéter du fait qu’elle prépare des temps barbares. Car le monde historique, et non pas rêvé, dans lequel nous sommes, reste le monde des forces et de la force, comme tout le démontre autour de nous, et maintenant aussi chez nous.

    Devant tant de contradictions, seule la puissance des tabous, entretenue par les communicants de service, fait tenir encore le système. Alors que l’interprétation officielle du monde est démentie, tous les jours, par le réel, ils écrasent le champ symbolique et interdisent ainsi la diffusion d’autres façons de penser le monde. On retrouve là une fonction essentielle de l’idéologie qui est de maintenir des formes obsolètes de pensée en dissimulant tout ce qui les dément.

    Les limites des populismes.

    Malgré toute la défiance qui existe dans les populations européennes envers les partis de gouvernement, pour les raisons que nous venons d’évoquer, les différentes consultations électorales qui ont eu lieu en Europe, ces dernières semaines ou ces derniers mois, ont montré, encore une fois, les limites du populisme.

    La faiblesse des partis « attrape-tout ». En France, l’échec du FN à s’emparer d’au moins une des deux ou trois régions qui lui étaient promises, dans un contexte de désaffection du vote qui lui est favorable, est symptomatique de la faiblesse programmatique d’un parti attrape-tout fondé sur le seul réflexe protestataire. Et, qui plus est, demeure un « parti de l’isoloir » (où l’on se cache pour voter pour qui l’on veut), tant il est vrai qu’il manque de cadres compétents (sinon on les connaitrait) et de militants capables d’être en nombre sur le terrain (ce qui serait une faiblesse rédhibitoire en cas de prise miraculeuse du pouvoir), alors même qu’il prétend agir dans la sphère sociale. A l’appui du constat, d’une part, la prestation pathétique de la candidate du Front National dans le Nord-Pas de Calais-Picardie face à son concurrent des Républicains quand celui-ci la questionna sur l’opportunité du retour des frontières pour une région située au cœur de l’Europe, et quand ils débattirent de l’euro. Il n’est pas étonnant que seuls 22% des Français jugent qu’elle ferait une bonne présidente et que 62% d’entre eux qui n’ont jamais voté pour le FN, n’ont pas l’intention de le faire à l’avenir. D’autre part, il y a l’incapacité notoire du parti nationaliste à mobiliser des manifestations de masse. S’il a hérité de l’ancien parti communiste français la fonction tribunitienne qui était la sienne (à savoir, celle de porte parole des classes défavorisées), il est très loin de pouvoir rivaliser, à distance dans le temps, avec lui dans ce domaine. Cela faute de disposer d’un appareil partisan comparable et d’un relais syndical comme la CGT.

    L’inconséquence politique des dirigeants. En Espagne, le succès de Podemoss’explique, lui aussi, par le mécontentement d’une grande partie de la population. Mais, il est des plus relatifs, et sans doute éphémère, tant le mouvement est incapable de trouver des alliés, et de préconiser des solutions crédibles (autrement dit non démagogiques et soutenables par l’économie espagnole) pour résoudre la crise sociale. En effet, il est d’autant plus incapable d’y parvenir que, comme l’ultra gauche en France, il est internationaliste. Et qu’à ce titre, il ne saurait admettre que c’est la mondialisation qui a ruiné la plupart des industries espagnoles, et que le salariat espagnol est victime, comme tous les autres en Europe, de la concurrence mondiale.

    Et que penser de la motivation de ces populistes régionalistes qui rêvent d’une souveraineté, nécessairement fictive compte tenu des potentiels régionaux concernés, à la seule fin, non exprimée bien sûr, de pouvoir mieux s’intégrer au marché mondial en faisant de leur terre respective un paradis fiscal ? A l’instar des nationalistes affairistes catalans qui entendent transformer leur province en une sorte de Grande Andorre (de culture catalane par ailleurs). Minoritaires en voix (47,8% des bulletins), lors des dernières élections régionales, mais majoritaires en sièges au parlement de Barcelone, grâce au mode de scrutin régional espagnol, ils ont quand même du mal à convaincre que l’Espagne est leur pire ennemi.

    L’horizon des populismes est, certes, provisoirement large et dégagé, mais il n’est pas celui du pouvoir et encore moins celui de la maîtrise des réalités.

    L’absence de projet politique en adéquation avec le réel. Rassembler des mécontents de tous les bords (et ils sont de plus en plus nombreux) est une chose. Proposer un projet de gouvernement crédible parce qu’en adéquation avec le réel et parce que susceptible de se donner les moyens de peser dans la balance du pouvoir mondial, est autre chose. Or, c’est là le seul critère qui vaille. Tout le reste n’est que verbiage, phantasmes, ou illusion. Car les vraies questions sont : quel Etat en Europe est en mesure de mettre en échec les stratégies de domination des Etats-Unis ou de la Chine ? Quel Etat est en mesure de se mettre, individuellement, à l'abri des fluctuations financières ? De quel pouvoir dispose-t-il pour négocier avec les géants de la finance ou avec les nouvelles économies ? Bon courage aux Anglais, si le Brexit est voté ! A quoi bon reprendre sa souveraineté monétaire si c’est pour disposer d’une monnaie dépréciée et être obligé d’acheter des devises étrangères (dollar ou yuan) pour régler ses paiements internationaux, et un jour, parce que cela arrivera, pour rembourser ses dettes ? Comment s’opposer, seul, et de façon durable, aux mouvements migratoires ou aux forces terroristes ?

    Le seul enjeu politique qui s’avère pertinent : la prise du pouvoir à Bruxelles.

    Le problème actuel des populismes, aussi légitimes qu’ils soient dans leur aspiration à porter les revendications des populations maltraitées par les politiques mises en place par des gouvernements, tous motivés par l’idéologie libérale et cosmopolite, est qu’ils n’ont rien d’autre à opposer à celle-ci qu’une utopie nostalgique et régressive. En effet, tandis que l’on peut parler d’une idéologie des groupes dominants parce que le libéralisme mondial satisfait leurs intérêts, et que cela les empêche, à la fois, d’en comprendre les effets préjudiciables et d’estimer objectivement l’état réel de la société, l’utopie des populistes consiste à croire que l’on peut revenir en arrière, voire retrouver la gloire passée, ou encore maintenir ce que de longues luttes sociales ont permis d’acquérir, en occultant des pans entiers de la réalité du monde et des changements irréversibles qui se sont opérés. Car, en effet, si le marché mondial donne l’impression de pouvoir se fracturer, la redistribution de la puissance est bel et bien effective, et avec elle, celle de la richesse et des ambitions. Dans ce nouveau contexte, les Etats nationaux européens ne sont plus que des petites puissances inaptes à retenir un mouvement du monde qui leur est devenu défavorable

    La mutation radicale du champ de l’action politique. Le niveau pertinent de l’action politique pour les Européens conscients des désastres qui s’annoncent et du dépassement des solutions nationales, dans un monde globalisé, est, d’évidence, celui du continent.

    Après la crise bancaire de 2008 et la crise de la zone euro non résolue, celle des réfugiés le démontre à son tour. La rationalité politique de la pensée européiste consiste ici à accepter le nouveau monde tel qu’il est, et à produire une nouvelle compréhension de ce monde (car rien ne sert de nier le changement, et de regretter le passé aussi brillant qu’il ait été). Mais, en même temps, l’éthique politique de ce même européisme est une nouvelle volonté du monde en devenir, une volonté des Européens de sauvegarder leurs identités et de compter encore longtemps dans l’histoire, grâce à un rétablissement en leur faveur des rapports de force qui conditionnent tout, qui sont l’essence de la politique mondiale

    A ce stade de la réflexion, deux chemins différents, mais qui ne sont pas exclusifs sous certaines conditions, s’offrent aux générations qui viennent pour conduire la lutte politique dont l’objectif est la prise du pouvoir en Europe (à Bruxelles en l’occurrence, d’un point de vue institutionnel), sachant que toute victoire qui demeurerait nationale ou provinciale serait à court terme annihilée. Le premier consiste à persister, malgré tout, dans la voie nationale avec des perspectives de réussite aléatoires selon les pays, puis, dans le meilleur des cas, si les divergences ne sont pas trop grandes et si les contentieux ne sont pas trop nombreux, à envisager des alliances entre les nouveaux pouvoirs contestataires de l’ordre imposé.

    Le second, celui qui permettait de sortir des chemins battus, réside dans l’invention d’un style et d’un organe politiques, tous les deux transnationaux, dont l’objectif est l’investissement coordonné du Parlement européen par les mouvements citoyens qui ont commencé à éclore. Et dont on peut concevoir qu’ils ne vont pas cesser de se multiplier au fur et à mesure que le contexte de crises va se confirmer et se durcir. La question qui se pose, et que l’organisme transnational a à résoudre, est celle de leur convergence et de leur fédération dans l’objectif précis de conquérir par les urnes le Parlement européen, afin de pouvoir ainsi changer de l’intérieur l’Union européenne, et par conséquent toutes les politiques non conformes aux intérêts des Européens conduites jusqu’à maintenant. Parce que le Parlement a les pouvoirs de le faire, dès lors qu’existerait en son sein un bloc nettement majoritaire de députés solidaires dans leur vision d’une Europe émancipée de ses vieux tabous idéologiques et consciente de la précarité de son avenir.

    Bien évidemment, s’il s’avérait, qu’entre-temps, des pouvoirs nationaux prenaient conscience de l’impérieuse transformation du champ politique et, de ce fait, découvraient la convergence de leurs intérêts propres avec la démarche précédente, leur appui serait des plus décisifs. Il en découlerait la possibilité que se forme un premier noyau étatique dans la perspective d’une unification européenne en plusieurs temps.

    Plateforme organisationnelle et doctrinale. Comme l’Histoire l’enseigne, c’est toujours dans l’épreuve que se fondent les grandes constructions. L’épreuve commune permet d’abord la prise de conscience de la précarité de la situation, puis la réflexion sur l’état des lieux et les solutions à trouver, et enfin, sur l’action à entreprendre. Peut-on voir, dès lors, dans les protestations contre « l’islamisation de l’Europe », écume d’un envahissement sournois, ou contre la négociation du traité transatlantique, aussi différemment intentionnés que soient les divers protagonistes, des indices, attendant que d’autres apparaissent, d’une réelle prise de conscience et d’une révolte européenne potentielle? C’est une possibilité, car l’identification d’ennemis ou de défis communs, supposés ou réels peu importe, est un préalable à toute construction politique.

    Ce qu’il y a de sûr, aujourd’hui, c’est qu’on ne résoudra pas les crises apparues en se terrant dans les vieilles institutions, mais en élargissant l’horizon de la reconquête idéologique, culturelle et économique à toute l’Europe, et en retrouvant, par avancées simultanées et coordonnées dans toutes les provinces du continent, la voie de la maîtrise. Les premiers mouvements à l’instant évoqués, et tous ceux qui adviendront, doivent servir de « planches d’appel » à un saut vers l’action européenne dans toutes les directions possibles. Car, bien entendu, tout est lié. Et il faut offrir aux groupes résistants dispersés dans l’espace européen une image rationalisée de l’histoire qui se joue sous leurs yeux et qui sera leur lien. En effet, la dispersion politique est l’obstacle insurmontable des populismes, alors que la perspective du rassemblement des peuples européens, qui ont tout inventé, est grosse d’une dynamique irrésistible. Nous avons besoin pour cela d’un européisme intellectuellement offensif qui soit, à la fois, explicatif et critique, propositionnel et programmatique. Mais, comme on ne pense que pour agir, et que la théorie et la praxis vont ensemble, ce nouvel élan mental doit s’accompagner d’un travail d’organisation à l’échelle continentale, préalable aux initiatives à venir.

    Au seuil d’une régression civilisationnelle irréversible et d’une dilution ethnocidaire dans le magma universel, un leitmotiv s’impose aux Européens lucides et décidés à ne pas subir : inventer un nouveau style politique continental pour changer les formes politiques afin de sauver le fonds (le substrat humain et civilisationnel de l’Europe).

    Gérard Dussouy

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2016/03/22/un-europeisme-offensif-pour-surmonter-le-monde-5777719.html

  • Le Gouvernement américain était favorable à l’émergence de l’État islamique en Syrie