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lobby - Page 2621

  • Ce que prouve la guerre Copé /Fillon

    En début de semaine, Dupont- Aignan, interrogé sur les ondes, déclarait que la classe politique ces derniers temps, que ce soit à l’UMP ou au PS , se délégitimait aux yeux des Français, ajoutant que le régime était en crise. Belle analyse politique en vérité, de la part du patron de « Debout la République », cette même république qui ne tient plus debout malgré ses béquilles.

    Crise de régime, crise de système aussi. Car enfin, à moins d’être aveugle, on voit bien que c’est la gamelle qui mobilise ces tristes pantins. On voit bien qu’un système qui repose sur la concurrence individuelle pour la désignation aux plus hautes fonctions d’un Etat, provoque et attise tous les instincts les plus bas que la perspective du pouvoir libère aujourd’hui en pleine lumière médiatique.

    Nous savons que ces luttes fratricides sont permanentes au sein des appareils, car il y a toujours des places à prendre et des « tacles » à donner. C’est pourquoi le spectacle que donne l’UMP a le mérite de faire émerger à ciel ouvert toute la pestilentielle ambiance qui suinte des salons feutrés de la rue de Vaugirard depuis de nombreuses années.

    Cette guerre des chefs est pour nous l’illustration de ce qui préside à l’engagement d’une grande partie du personnel politique et qui n’a rien à voir avec le service du pays. Voilà que peu à peu se dessine aux yeux des Français un paysage politique fait de ruines et de désolation. C’est à cela que nous aura amené la République, dont l’un des symboles à la Bastille, le génie, cet ange luciférien qui regarde le ciel en brisant ses chaînes, se tient sur un pied et basculant dans le vide jette un dernier coup de menton avant de sombrer dans l’abîme.

    Nous y sommes, chers amis, la femme sans tête, sobriquet donné à la république par Maurras, perdant chaque jour un peu de sa légitimité, offre ce spectacle dérisoire d’une présidence « désacralisée », normale quoi, comme si la fonction ne devait pas primer sur l’homme, et de partis de la majorité et de l’opposition devenus le champ clos de médiocres affrontements à des fins de carrière personnelle.

    Il est normal que dans ce contexte anarchique, destructeur et nihiliste, les mots d’ordre les plus farfelus portés par des lobbies ultra-minoritaires trouvent un certain échos, aussi bien au niveau de l’Etat qu’a celui d’une grande partie de la population saturée de télévision, de relativisme et de bons sentiments. C’est le « sauve qui peut » général, la république s’effondre par pans entiers, un peu comme les glaces du pôle en plein réchauffement climatique.

    L’Action Française doit être prête, car s’il y a lieu de se réjouir de l’agonie de la « Gueuse », nous devons éviter qu’elle n’emporte la France tout entière. Pendant que les vautours s’assembleront autour du cadavre, nous devrons réveiller le pays réel. Nous sentons du reste une réelle mobilisation, les nouvelles cotisations affluent ces derniers mois et nous trouvons un accueil plus chaleureux dans toute la France pour notre combat.

    Ce n’est qu’un début, le combat continue.

    Olivier Perceval, secrétaire général de l’Action française.

    http://www.actionfrancaise.net

  • « Le vrai génie du christianisme / Laïcité Liberté Développement » de Jean-Louis Harouel.

    Les religions séculières qui, surtout depuis la seconde moitié du XXe siècle, ont prospéré sur le déclin tant du catholicisme que du protestantisme, permettront-elles de préserver ce qui, selon Jean-Louis Harouel, fut Le vrai génie du christianisme en assurant pendant plus d’un millénaire la suprématie morale, intellectuelle, scientifique et technique de l’Europe ? Rien n’est moins sûr. CL  

    La France, « fille aînée de l’Eglise », a vécu. S’il fallait une preuve de l’effacement des valeurs chrétiennes – alors même que celles-ci s’inspirent de la Loi naturelle –devant les droits de l’homme devenus sacro-saints, on la trouverait dans le refus gouvernemental de tout débat préalable à l’instauration du « mariage pour tous » appelé pourtant à bouleverser irrémédiablement code civil, famille et société. Comment en est-on arrivé là ?

     

    Le « miracle chrétien », né de la disjonction du politique et du religieux

     

    Dans la première partie de son dernier livre, Le vrai génie du christianisme, bourré de citations dûment référencées mais qui auraient gagné à être élaguées, le grand juriste Jean-Louis Harouel démontre qu’en dissociant d’emblée le spirituel du temporel, les deux axiomes christiques, « Mon Royaume n’est pas de ce monde » et « Tu rendras à César ce qui appartient à César », ont fait de l’Europe la maîtresse du monde. Grâce à cette « disjonction » qui fut, il est vrai, une longue marche souvent entravée par l’augustinisme et un « césaro-papisme » récurrent s’étant perpétué dans l’orthodoxie, le monde chrétien, bientôt réduit à l’Europe par les invasions musulmanes, échappait au monisme et constituait, « avant même la Renaissance » et donc la Réforme, un terreau favorable à l’émergence de sciences et de techniques toujours plus innovantes. Ces dernières, bientôt mises en pratique, provoquèrent « un progrès fulgurant » dont les résultats ne furent pas seulement économiques : la machine se substituant à l’homme, l’esclavage qui, malgré l’ONU, sévit toujours en Afrique et dans la péninsule Arabique, fut ainsi très tôt aboli sur notre continent.

     

    On y connut un rayonnement inouï alors que l’islam, religion normative, ne développait guère le « prodigieux patrimoine matériel et intellectuel » qu’il avait raflé des Echelles du Levant au détroit de Gibraltar et que la Chine, qui avait pourtant, elle aussi, multiplié les inventions telles celles du papier, de la poudre, de la boussole ou de l’imprimerie (que, soit dit en passant, lui dispute la Corée), était empêchée de les exploiter par son conservatisme superstitieux et un « animisme magique » qui lui interdisait « d’indisposer les esprits ». L’auteur cite ainsi le cas de hauts-fourneaux privés alimentés dans le nord de Cathay par « des gisements de minerai et de charbon d’exploitation aisée » dont la production, qui « semble avoir atteint quelque 100.000 tonnes vers 1080 », fut arrêtée net sur l’ordre de l’empereur et des mandarins ; ceux-ci y voyaient « un grave désordre social » et une « menace pour les valeurs confucéennes ».

     

    Des valeurs évangéliques subverties à la religion d’Etat

     

    Revers de la médaille : si, en dissociant le religieux du politique, le christianisme libère l’esprit, naturellement créatif et entreprenant, de l’homo europaeus, il constitue par là même une « religion de la sortie de la religion » au profit de croyances millénaristes ou de religions séculières, en particulier celle des droits de l’homme. C’est ce qui se passe depuis les Lumières, le mouvement s’étant accentué à partir de la IIIe République dont l’un des fleurons, Ferdinand Buisson, aujourd’hui référence de l’actuel ministre de l’Education nationale Vincent Peillon (1), professait : « La morale laïque reste la plus religieuse des morales en même temps que la plus morale des religions », cependant que le député Edgard Quinet voulait forger dans tous les élèves de la Laïque des « Christs républicains ».

     

    Toutefois, estime Jean-Louis Harouel dans la dernière partie de son livre, « ce n’est que dans le courant du second XXe siècle que la religion de l’humanité va devenir la religion d’Etat que nous connaissons ; un système politico-réglementariste, coercitif et répressif » et donc renouant avec un monisme totalitaire… avec la bénédiction de tant de clercs et même de pontifes. Feignant de s’appuyer sur des valeurs évangéliques subverties, ces « idées chrétiennes devenues folles », ce système implique en réalité la disparition du libre-arbitre et du droit au doute chez l’homme européen, ainsi que la disparition de nos nations et de nos civilisations elles-mêmes sacrifiées sur l’autel de l’antiracisme et de « l’ouverture à l’Autre » : ouverture des frontières mais aussi des institutions et même de la législation puisque, avant le « mariage pour tous », la polygamie avait été légitimée par le Conseil d’Etat.

     

    Une irréversible régression du droit ?

     

    Me Eric Delcroix, si longtemps inlassable avocat des mal-pensants poursuivis en vertu des lois scélérates Pleven et Gayssot, l’avait montré de manière lumineuse dans deux livres prémonitoires, Le Théâtre de Satan (2) et Manifeste libertin (3), flétrissant l’inféodation des pouvoirs exécutif et législatif mais aussi judiciaire à l’ « ordre moral antiraciste ». Agrégé de l’histoire du droit, J.-L. Harouel le déplore à son tour : « Sous l’effet de l’augustinisme politique de la religion des nouveaux droits de l’homme, l’Etat se définit et se légitime par sa mission religieuse ». Anxieux d’imposer son nouvel ordre moral, cet Etat tout à la fois criminel et suicidaire a donc rétabli « la punition judiciaire du blasphème et du sacrilège » (exclusivement extra-chrétien). Cette « immense régression par rapport au droit pénal du XIXe et du premier XXe siècle » a pour objectif et conséquence la « sacralisation » des groupes positivement discriminés par le nouveau Code pénal, soit « les Juifs, les étrangers, les “minorités visibles”, les Noirs, les immigrés, les homosexuels, les handicapés, les femmes ». Il faut y ajouter, bien sûr, les musulmans qui considèrent à juste titre, tel le très répandu Tariq Ramadan, que si « la liberté de religion n’est pas un bien en soi », elle « est un bien parce qu’elle permet la pratique et la consolidation de l’islam ». Et Youssef al-Quaradewi, membre du Conseil européen de la recherche et de la fatwa, de renchérir (en 2002 à Rome) : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons. »

     

    La déesse démocratie au service du fanatisme islamique

     

    Pour J.-L. Harouel, ce basculement des valeurs ne fait donc aucun doute : loin d’œuvrer au progrès de l’Humanité, « la religion d’Etat des droits de l’homme est au service de l’islamisation de l’Europe ».

     

    Ainsi réduite en dhimmitude par la volonté messianique de dirigeants aux ordres, l’Europe pourra dire adieu au « miracle chrétien » porteur d’une extraordinaire efflorescence scientifique et technique et donc d’une prospérité et d’un dynamisme économiques tels que l’humanité n’en avait jamais connu. La fuite des cerveaux et la montée implacable du chômage sont-ils les signes précurseurs de notre sortie de l’histoire ? Il reste peu de temps pour conjurer l’issue fatale. Espérons que, comme le livre de Thierry Bouclier, La France au risque de l'islam (4) ou celui de Christopher Caldwell, Une révolution sous nos yeux / Comment l'islam va transformer la France et l'Europe (5), le cri d’alarme de Jean-Louis Harouel fera prendre conscience de l’urgence de l’indispensable réaction.

     

    Claude Lorne  4/12/2012 http://www.polemia.com

     

    J.-L. Harouel : Le vrai génie du christianisme, éditions Jean-Cyrille Godefroy 2012. 269 pages.

     

    Notes :

     

    (1) Voir : « L'Education nationale met nos enfants en péril »
    (2) Le Théâtre de Satan, L’Æncre 2002, réédité en 2010. 432 pages
    Diffusion
    http://www.francephi.com
    (3) Manifeste libertin, essai révolutionnaire contre l’ordre moral antiraciste, L’Æncre 2004 puis 2005, 120 pages,
    diffusion www.akribeia.fr/.
    De Me Delcroix, voir également l’étude « Mariage et homosexualité »
    (4) Thierry Bouclier, La France au risque de l’islam, Ed. Via Romana, 2012, 184 pages
    (5) Aux éditions du Toucan, 2011, voir :
    http://www.polemia.com/article.php?id=4368
    http://www.polemia.com/article.php?id=4366

  • [Editorial de L’AF 2852] DANGER : EUROPE

    On raconte, à tort, que les théologiens de Constantinople discutaient du sexe des anges pendant que les Turcs préparaient l’assaut de la ville. C’est avec raison en revanche que les historiens retiendront la vacuité de nos querelles politiciennes en cet automne 2012, où des menaces plus graves que jamais pèsent sur l’indépendance nationale.

    Combien, en effet, peut peser l’avenir d’une UMP dont l’éclatement serait, d’ailleurs, une chance pour la France, tant cette fausse droite stérilise les justes aspirations du pays réel, face au projet d’une Commission européenne dont l’arrogance fédéraliste fait froid dans le dos ? Car ce n’est ni plus ni moins que le mode d’emploi d’une disparition programmée des nations européennes que Manuel Barroso, président de la Commission, a rendu public le mercredi 28 novembre dernier. Sans que la presse nationale, occupée à des futilités, en fasse état. Comme l’a déclaré aussitôt la vice-présidente de la Commission, Viviane Reding : "Notre objectif est clair : si nous souhaitons préserver et renforcer la position de l’Europe dans le monde, nous devons faire de notre union économique et monétaire une fédération politique européenne forte, dotée d’une union monétaire, budgétaire et bancaire." Les maîtres-mots de ce projet ? Une surveillance accrue des Etats par la Commission, jusqu’à vider de tout contenu propre les politiques nationales, et un renforcement des compétences d’un Parlement européen dont l’absence abyssale de légitimité « démocratique » — comme le montre suffisamment l’abstention record partout dans l’Union aux élections européennes — sera comblée par sa transformation en partenaire zélé du Big Brother bruxellois, les parlements nationaux devenant des parlements croupions — le Sénat romain n’a-t-il pas fini, au temps des invasions barbares, en simple conseil municipal de Rome ?

    Telles des hyènes, Bruxelles et les « marchés » profitent des difficultés mettant à mal ou hypothéquant l’avenir d’un grand nombre d’Etats européens pour régler définitivement leur compte à des souverainetés nationales dont les cadavres bougent encore. C’est pourquoi, dans un document de près de soixante pages, la Commission, pour laquelle « il est anachronique de constater que plus de 50 ans après la création de l’Union européenne, la crise de confiance semble renforcer les frontières nationales, mettre en question le marché unique et menacer les réalisations et les attentes en ce qui concerne l’union économique et monétaire », propose, en trois étapes, de plier les peuples européens à la règle de fer d’une gouvernance financière, fiscale, économique et politique, visant évidemment à protéger « le modèle d’économie de marché sociale de l’Union européenne ». Comment ? Sur le court terme (six à dix-huit mois) en renforçant le flicage des Etats par Bruxelles, déjà prévu par l’adoption, à la suite du « paquet de six » en 2011, du « paquet de deux » en juin dernier — surveillance renforcée des budgets nationaux et mise sous protectorat bruxellois (de fait germanique, comme on le voit pour la Grèce) des Etats en difficulté. Cela s’appelle en novlangue européenne, « privilégier dans l’immédiat le déploiement intégral des nouveaux outils de gouvernance ». Ce n’est que le hors-d’œuvre. [...]

    François Marcilhac - Pour lire la suite

    http://www.actionfrancaise.net

  • « Une révolution sous nos yeux - Comment l'islam va transformer la France et l'Europe » de Christopher Caldwell (2/2)

    Polémia poursuit la publication de la présentation du livre de Christopher Caldwell, avec les troisième et quatrième partie où l’on découvrira d’une part les « écueils et incompatibilités » opposant les deux grandes entités que sont l’Occident et l’Islam et, d’autre part, en forme de conclusion, une hypothétique ouverture vers l’avenir.
    A la fin de ce texte, un commentaire reçu d’un essayiste anglo-saxon, résidant en Europe, qu’il connaît tout autant que les Etats-Unis, fournit un éclairage presqu’inattendu sur les véritables motivations de l’auteur.

    III - Ecueils et incompatibilités

    Avec sa franchise de marbre, Caldwell introduit la deuxième partie de son livre, titrée L’Islam, par ces mots : « Si les Européens avaient compris, quand l’immigration en provenance de Turquie, du Maroc, d’Algérie et d’ailleurs débuta dans les années 1950 et 1960, que des milliers de mosquées seraient disséminées d’un bout à l’autre de l’Europe un demi-siècle plus tard, jamais ils ne l’auraient autorisée. »

    Ici, l’auteur égrène écueils et incompatibilités de culture et de comportement qui ne peuvent, le pense-t-il, que faire obstacle à une intégration. Nous nous limiterons à n’en citer que quelques-uns sans omettre les deux les plus fondamentaux : la religion et le sexe.

    – La protection sociale. Comme souvent, Caldwell procède par aphorisme : « Les économies complexes des Etats Providence comme celles qui se sont développées en Europe ces soixante dernières années ne naissent généralement pas dans les sociétés multiethniques. »
    – La mobilité. « Les migrations déclenchent des migrations secondaires, ce que le sociologue Rogers Brubaker appelait les “migrations sans mélange ethnique”. »
    – La diversité et le mépris de soi. « La diversité décrit à la fois une réalité sociologique (…) et une idéologie. Cette idéologie était en parfait accord avec la neutralité entre cultures adoptées par les bâtisseurs de l’idéal européen. Et pourtant, la diversité n’a jamais réellement pu devenir un idéal stable ou neutre, car les Européens n’en savaient pas assez sur les autres cultures pour la faire advenir. »
    – Antagonisme entre Occident et Islam. Cet antagonisme est très ancien. Citant l’historien Henri Pirenne : « Les deux puissances – l’Europe en tant qu’Occident et l’Islam en tant que civilisation – sont apparues dans l’histoire ensemble et ont représenté un défi l’une pour l’autre. »
    – Les populations musulmanes. « La nouvelle immigration, essentiellement musulmane, était moins gérable et moins soluble que les précédentes. »
    – Régénération de quartiers en déshérence. Le résultat escompté s’est produit un peu partout en Europe. Mais cette vision de l’immigration, celle des élites qui habitent les beaux quartiers, était trompeuse. Il y a plus de ghettos que des Kreuzberg [à Berlin].
    – Les zones de non-droit. Caldwell connaît bien le cas de Chanteloup-les-Vignes. Il est typique et le lecteur comprendra bien comment on passe, « d’un pas de somnambule », de la tentative d’intégration à la ségrégation pure et simple.
    – Violence, délinquance et émeutes. « La violence relative des quartiers musulmans est un obstacle de taille à la mixité sociale et à l’intégration. »
    – Les espaces de la Charia. « Dès qu’il devint évident que certains émigrés proposaient d’instaurer des cultures étrangères dans des pays européens, l’immigration (…) apparut sous un jour différent. » Par ailleurs, la propension au développement des lieux de culte répond à une certaine résurgence religieuse. Caldwell donne, par exemple sur l’appartenance des jeunes immigrés, étudiants et autres, à la religion islamique, des chiffres surprenants. Un long chapitre est consacré à La crise de la foi en Europe, et tente de placer les deux cultes, chrétien et musulman, l’un par rapport à l’autre. Jusqu’à aujourd’hui le dialogue interreligieux tiendrait du vœu pieux. Une chose est certaine : les musulmans restent fidèles à leur religion, les chrétiens s’en écartent. Le jour où le rapport de forces sera inversé, que se passera-t-il ?
    – Le sexe. « Les musulmans d’Europe viennent de cultures où les femmes sont strictement subordonnées à leur mari et aux hommes en général. (…) C’est un fait sociologique universel. » (…) « Adopter le style européen de sexualité et de relations entre sexes est la seule exigence non négociable que l’Europe impose. »

    IV - Quel avenir se réserve l’Europe ?

    Pour Caldwell, qui ne croit pas à l’intégration en Europe, l’immigration, c’est l’américanisation. Les Etats-Unis seraient le modèle du genre. Donc devant « les problèmes abyssaux » que l’Europe va rencontrer, la solution serait qu’elle devienne davantage comme l’Amérique. Mais on a vu que Caldwell rejetait la comparaison entre Europe et Amérique. Le melting-pot américain fonctionnerait-il avec des musulmans ? On ne connaît aucune expérience en la matière.

    Un second modèle d’immigration serait peut-être plus adapté : le système du millet de l’Empire ottoman qui a fonctionné pendant plusieurs siècles avec des populations de différentes religions, mais qui a disparu au début du XXe siècle du fait de l’appétit expansionniste de ses voisins européens.

    Comme nous l’avons déjà dit, Caldwell ne croit pas à l’intégration de masse. Néanmoins, il termine son puissant ouvrage par une légère pointe d’optimisme : « Les Européens ne peuvent qu’espérer que les nouveaux venus, surtout musulmans, s’assimileront pacifiquement », phrase rapidement compensée par un retour à la réalité crue : « Quand une culture peu sûre d’elle, malléable et relativiste rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c’est généralement la première qui change pour s’adapter à la seconde. »

    « Il est sûr que l’Europe sortira changée de sa confrontation avec l’Islam. » Quel verdict !

    Un livre à lire, qui force à la réflexion.

    René Schleiter 6/12/2011  Polémia

    Titre original : Reflections on the Revolution in Europe, Doubleday, 2009.

    Le commentaire d’un Anglo-Saxon :

    Polémia a confié le livre de Christopher Caldwell, en sa version originale, à un ami anglo-saxon qui connaît bien la politique américaine. Nous voulions savoir ce qu’il en pensait et surtout comment il interprétait la démarche de ce journaliste américain néo-conservateur bien en cour. Il faut lire cette note avec détachement, en se rappelant que l’auteur du livre est américain, proche des néo-conservateurs et en oubliant tout préjugé français et européen.
    Le 28 octobre dernier, Polémia avait publié une interview que Christopher Caldwell avait recueillie auprès de Marine Le Pen. (6)
    Voici la note que notre ami nous a fait parvenir (il a demandé à conserver l’anonymat).

    Je suis en train de le relire – et je suis surpris, et troublé, par le nombre de noms d’amis, d’auteurs et de publications NEO-CONS qu’il mentionne comme étant des gens qui ont lu et vérifié le manuscrit et visiblement l’ont approuvé. La question est POURQUOI ?

    Celui qui domine entre tous est le « Tsar » des néo-cons, Leon William Kristol, qui pendant des années a écrit dans l’organe des néo-cons, The Weekly Standard. Il a aussi écrit pour le New York Time Magazine, The Financial Times, etc. !!! Toutes ces publications étant des publications grand public.

    Lisez la liste des noms de la page 365 [533, version française] sous le titre de « Remerciements ». C’était le 18 février 2009, tout à fait à la fin de l’ère Bush/néo-cons !!!

    A mon avis, ce livre essaie, d’une manière très sophistiquée, d’adopter un parti pris antimusulman acceptable au sein de l’élite europeo-américaine. Une politique néo-con.

    Je continue de penser que c’est l’un des livres les plus remarquables et le plus documenté et rempli de statistiques utiles que je connaisse. Je ne connais pas d’autre livre comme celui-là sur le marché.

    Les statistiques sont révélatrices – et choquantes – et utiles pour les auteurs et penseurs dits de droite – pour nous aider à clarifier et étayer nos arguments à propos de cette « crise de la culture européenne » !

    Mais il nous faut prendre conscience que Caldwell a bénéficié d’un accès privilégié à des banques de données auprès de ces grands médias que sont The Financial Times, The New York Times, The Weekly Standard – appartenant tous à l’Etablissement.

    Par conséquent, il faut être PRUDENT mais, comme toujours, il faut s’appuyer sur les informations réunies et distribuées par l’Etablissement quand on ne dispose pas de réseaux propres. Donc il faut évaluer avec soin les arguments de Caldwell – ainsi que leur portée – qui sont là pour étayer un parti pris essentiellement antimusulman ; non pas de manière brutale, « raciste » ou « sectaire », mais simplement en jouant de manière subliminale sur les cerveaux intoxiqués par le système d’éducation « maçonnique » en vigueur en Europe en général et dans les cercles de l’élite franco-anglaise en particulier : l’endoctrinement fondé sur le concept « Liberté, Egalité, Fraternité » a poussé les néoconservateurs à cette immigration désordonnée et aujourd’hui ils s’inquiètent de ce monstre qu’ils ont laissé échapper !

    Ce livre est très utile mais ce n’est qu’un outil, un outil non pas pour la libération de l’Europe, mais pour les propres objectifs des disciples de William Kristol…

    (En Europe, décembre 2011)

    (Traduction de l’anglais pour Polémia – RS)

    Note :

    (6) Madame Le Pen expliquée par un conservateur américain

  • Alain Soral -- Monde Multipolaire, Poutine, Libye, Syrie, Wall Street, Israel, Tarik ramadan.

  • Bernard Lugan et L’Arche de Zoé (MàJ)

    05/12/2012

    L’affaire dite de l’Arche de Zoé est l’occasion de mettre en garde ceux qui désirent adopter des petits africains. En dépit des boniments des trafiquants d’êtres humains, et sauf cas exceptionnel, ils doivent en effet savoir qu’en Afrique, il n’existe pas d’orphelins au sens européen du terme.

    L’organisation sociale africaine étant communautaire et fondée sur le clan ou la famille élargie, l’enfant y est donc presque autant le rejeton du groupe que celui du couple. Ceci fait qu’un enfant qui perd son père et sa mère est tout naturellement pris en charge par une tante, par un oncle, par un grand-père, par des cousins, par un grand frère déjà marié ou par tout autre membre du lignage ; et si le lignage a disparu, ce qui n’est quasiment jamais le cas, par tout autre membre du clan. Même s’ils n’ont plus leur père ou leur mère, ces enfants ont donc toujours une famille.

    (…) Boulevard Voltaire

    23/11/2007


    Bernard Lugan contre L'Arche de Zoé 1/2 par prince_de_conde

    « Dans les sociétés africaines l’orphelin n’existe pas. »


    Bernard Lugan contre L'Arche de Zoé 2/2 par prince_de_conde

    http://www.fdesouche.com

  • Étienne Chouard - L'arnaque de l'impôt sur le revenu

  • Le scénario socialo-centriste attend depuis un demi-siècle

    Rédigeant notre chronique du 29 novembre (1)⇓ nous ne pouvions prévoir jusqu'où irait la cacophonie ministérielle, pire encore peut-être que le vaudeville mortifère au sein de l'UMP. La contradiction évidente entre les deux (ou trois) lignes cohabitant, plutôt mal que bien, depuis mai au sein du gouvernement Ayrault s'est amplifiée. Le dossier démagogique des 600 emplois de Florange l'a fait éclater au grand jour au lendemain même de la mise en ligne de notre texte. Les faits ont ainsi confirmé notre certitude : raisonnablement cela ne peut plus durer longtemps comme cela.

    Nous écrivons plus haut : "dossier démagogique" car 600 emplois à Florange, 500 emplois à Petroplus, cela ne représente au total que le quart du millième du problème que constitue le sous-emploi en France.

    Celui-ci touche 3,1 millions de chômeurs de catégorie A, plus 1,7 million de salariés en temps partiel subi, sans compter les travailleurs précaires dont le nombre a littéralement explosé depuis 20 ans.

    Pour répondre aux attentes, aux besoins, aux détresses humaines que ces statistiques reflètent rappelons qu’aucune mesure du catalogue socialiste ou du programme Hollande ne peut être considérée comme répondant de manière satisfaisante. Quand on envisage de "nationaliser", c'est-à-dire de faire racheter par l'État, fût-ce à titre punitif, et même plus encore en agitant cette menace, non seulement on ne crée aucun poste de travail nouveau mais on dissuade gravement les opérateurs, qu'ils soient étrangers ou nationaux à en développer aucun.

    Seule en effet la création d'entreprises, dont le gisement principal se situe dans les petites unités de production, ce que Mme Parisot fait trop souvent mine d'ignorer, permet de tendre à rééquilibrer l'offre et la demande de travail. Il est également très clair, et on doit le rappeler aux ministres psychorigides tels Michel Sapin et Marisol Touraine que le "modèle social français", en voie de putréfaction, forme le terreau du chômage.

    Ainsi le socialisme, le fiscalisme et l'intervention étatique, même lorsqu'ils créent une illusion de petits résultats ponctuels, dissuadent globalement l'initiative individuelle, les offreurs de travail n'ont donc rien à en espérer.

    Nous disons aussi qu'il semble s'ajouter aux deux clans du parti socialiste, l'un "social démocrate" plus ou moins assumé, l'autre "socialiste étatique" inguérissable, une troisième ligne de fracture, aggravatrice de chaos : celle que représente la fofolle Duflot. Elle aussi incarne une nuisance : on ne peut pas l'ignorer à l'Élysée. Mais comme sa rivalité avec Mélenchon, lequel fait aujourd'hui profession "d'éco-socialisme" et revendique une "planification écologique" semble convenir aux affaires politiciennes du président, celui-ci la maintient encore dans son dispositif alors que ses outrances et aberrations contribuent à déstabiliser les perspectives d'investissement.

    L'urgence tendrait donc à imposer un remaniement ministériel profond significatif d'un changement de cap. Cela explique les risettes aux centristes, voire même les approbations à contretemps de l'hypothèse de la nationalisation de Florange soutenue par un opposant d'opérette à la Borloo.

    La course au ralliement est à nouveau ouverte. On se place en vue d'une combinaison "socialo-centriste" à laquelle un François Bayrou semble avoir accepté depuis 2007 de sacrifier sa carrière. Souvenons-nous quand même que dès les années 1960, avec la candidature imaginée en 1964 par "l'Express" de "Monsieur X" alias Gaston Defferre, puis dans les années 1980 avec le ralliement À Mitterrand de "Valeurs Actuelles", tout ceci a été suggéré, susurré, mais jamais concrétisé.

    Monsieur Normal parviendra-t-il à imposer ce que son mentor Mitterrand a constamment promis mais toujours éludé ? Son caractère ne l'y prédispose pas. Les marchés financiers pourraient l'y contraindre. Les palinodies de l'opposition pourraient lui faciliter grandement la manœuvre.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    notes :
    1 cf. "Deux craquements au sein de la pseudo-majorité"