Le vide se fait peu à peu autour de lui et il entend les derniers compagnons, les derniers hommes liges murmurer dans son dos. L’hiver est bientôt là.
Toutes ces fidélités qui frissonnent comme des feuilles quand souffle le vent d’hiver… C’est tremblant. C’est troublant. Tombera ? Tombera pas ? Et de quel côté ? Comme dans un drame shakespearien, chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles, de désertions, de rébellions, de petites et de grandes, de basses et de hautes trahisons au souverain reclus dans son donjon de la rue de Vaugirard.
Les premiers à lever puis à brandir l’étendard de la révolte auront été, bien entendu, ceux qui avaient si longtemps siégé en son Conseil sans jamais se mettre en travers de ses volontés, de ses foucades, de ses errements : celui-ci pendant cinq ans son principal ministre, celui-là préposé aux Affaires étrangères, cet autre à l’Agriculture, cette autre à l’Écologie et à l’Environnement. L’un après l’autre, ils ont quitté la cour, emmenant avec eux leurs propres vassaux, leur clientèle et leur trésor de guerre avant de se poser ouvertement en rivaux et en prétendants avoués au trône en déshérence.
magouille et compagnie - Page 2049
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Républicains : les feuilles mortes se ramassent à l’appel
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Les autruches et les terroristes
Les Européens de l’Ouest ne veulent pas reconnaître que le choc des civilisations est désormais une réalité. Et ils ne veulent pas reconnaître qu’on leur fait une guerre d’un genre nouveau, ni qui la leur fait.
« Cachez cet ennemi que je ne saurais voir », disent en chœur les Tartuffe oligarques aux autruches européennes !
Les autruches européennes ne lisent pas Samuel Huntington
Les autruches européennes refusent aujourd’hui avec effroi le concept de choc des civilisations analysé par Samuel Huntington dans son ouvrage paru en 1996 (1). La thèse d’Huntington était simple : les conflits n’auront plus de fondement politique avec la fin de l’affrontement Est/Ouest, mais civilisationnel, car le XXIe siècle voit le retour des grandes civilisations qui vont concurrencer la civilisation occidentale.
Mais Huntington avait le tort d’être un conservateur et son analyse paraissait justifier la prétention du gouvernement américain à fonder un « nouvel ordre mondial ». Il avait aussi le tort d’affirmer le caractère irréductible des différentes civilisations, ce qui contredisait l’idéologie cosmopolite.
C’est pourquoi le concept de choc des civilisations est politiquement incorrect chez les bisounours européens et ne s’enseigne pas dans les Ecoles de guerre.
Il n’empêche que l’analyse de Huntington, même si on peut toujours contester les classements civilisationnels qu’il opère, correspond à une indéniable réalité. Mais les autruches ne sont pas autorisées à le dire.
Huntington a vu juste
Car le XXIe siècle se caractérise bien par le retour sur la scène mondiale des grandes civilisations et des grandes religions – et singulièrement de l’islam – qui avaient été éclipsées par la domination sans partage des Occidentaux depuis la Renaissance. Ces civilisations étaient en dormition mais aujourd’hui elles se réveillent. Alors que l’Europe, elle, ne sort pas de sa léthargie.
Le XXIe siècle est pour cette raison à nouveau (2) le siècle de la concurrence et donc de la confrontation entre les civilisations : confrontation économique, culturelle mais aussi démographique, stratégique et militaire. Car, contrairement à ce que prétend la doxa libérale occidentale, la « mondialisation » ne se réduit pas à la seule concurrence économique et financière !
Le XXIe siècle marque aussi le retour des grands mouvements de populations, des grandes migrations que l’on n’avait plus vues dans l’hémisphère Nord depuis la chute de l’Empire romain : migrations Sud/Nord mais aussi migrations Sud/Sud. Migrations provoquées par l’exode rural dans les pays émergents, par la surpopulation en Afrique, par l’instabilité croissante du monde, par l’affaiblissement des frontières et enfin par la facilité des transports. Et les migrations propagent le choc des civilisations en imbriquant des peuples de cultures et de religions différentes sur un même territoire.
Mais justement, cette réalité, les autruches européennes ne veulent pas la voir.
Les autruches européennes ne lisent pas Julien Freund non plus
Les Européens ne comprennent pas le choc des civilisations parce qu’ils refusent d’abord de se penser eux-mêmes en termes de civilisation.
Cinquante ans de rééducation « antiraciste » et de repentance, alliés à 50 ans de dressage conforme à l’idéologie des droits de l’homme, leur ont fait oublier qui ils sont et d’où ils viennent.
Les autruches européennes croient même que les races n’existent pas et il est devenu extrêmement politiquement incorrect de se déclarer de race blanche. Cela frise le délit.
Les autruches pensent aussi que l’identité se résumerait à un credo politique : chacun sait en effet que « l’identité de la France c’est la République » (3) ; et surtout qu’il ne faut pas « discriminer » les étrangers, car tout le monde « a le droit » de devenir européen ou français.
Pourtant si les Européens refusent de reconnaître leur identité et s’efforcent consciencieusement d’effacer leur histoire de leur mémoire, il n’empêche que, pour toutes les autres civilisations, ils sont bien avant tout perçus comme des Européens blancs de religion chrétienne – et non comme des Africains, des Chinois ou des « hommes ».
Comme l’a magistralement démontré en son temps le politologue Julien Freund (4), en effet, la relation polémique n’est nullement symétrique : le fait de ne pas considérer l’autre comme votre ennemi, comme le fait de refuser de voir l’autre comme un autre, ne vous empêche nullement d’être, vous, dans le monde réel, considéré comme ennemi ou comme autre par celui-ci.
Mais les autruches européennes ne lisent pas Julien Freund non plus.
Les autruches européennes ignorent que le monde a changé
Dans les années 1930, les démocraties européennes, aveuglées par la Grande Guerre, se préparaient à regagner la guerre de tranchées, sans voir que la donne stratégique avait changé et que la guerre serait désormais celle du mouvement.
Aujourd’hui, les autruches européennes ne savent pas non plus que le monde a profondément changé.
Les Européens se sont habitués depuis la Renaissance à dominer en tout : au plan religieux avec le christianisme, au plan moral avec l’esprit des Lumières et aux plans économique, technique et militaire avec le monopole de la Science. Mais ce monde-là est terminé.
Les Européens (5) sont désormais une proportion déclinante de la population mondiale, alors que jusqu’au XIXe siècle ils exportaient partout leur trop-plein de population. La natalité européenne est catastrophique, très en dessous du seuil de renouvellement des générations, sans parler des effets systémiques de l’avortement de masse. Compte tenu des tendances actuelles et avec l’immigration de peuplement, d’ici 2030 la majorité de la population des grandes villes européennes sera d’origine extra-européenne.
Mais cela n’inquiète pas les autruches qui se réjouissent d’avance du « vivre ensemble » métissé de demain.
L’Europe sans âme et désarmée
De même, le christianisme est de moins en moins la religion des Européens : les croyants sont désormais majoritairement africains, sud-américains et asiatiques. La pompe vaticane cache de plus en plus mal que la parenthèse ouverte par la conversion des « barbares » du bas-Empire romain au christianisme est en train, en quelque sorte, de se refermer en Europe – et que l’islam s’installe à sa place.
Quant à la puissance, elle se retire progressivement du Vieux Continent.
Les Européens ont perdu le monopole de la science au profit de la Chine, de l’Inde, de la Silicon Valley et de la zone Pacifique. Le niveau des études ne cesse de décliner en Europe, compte tenu de l’idéologie laxiste et égalitariste qui y règne. Depuis les années 1990, l’innovation stagne, car l’Europe connaît à son tour la fuite des cerveaux.
Au plan des forces militaires, l’Europe est désarmée et les jeunes Européens n’apprennent plus à se battre : ils comptent sur le parapluie américain et les armées mercenaires (6) spour se protéger, c’est-à-dire qu’ils comptent que les autres se sacrifieront pour eux. Un pari imprudent…
Les médias de propagande, qui les inondent de films et de téléfilms américains où l’Oncle Sam étale sa puissance matérielle et où les policiers sont surarmés, se gardent bien de présenter aux autruches européennes l’état réel des forces mondiales et, par voie de conséquence, leur faiblesse relative. Ils se gardent bien, par exemple, de montrer que la plupart des pays riverains de la Méditerranée sont dotés de forces armées suréquipées, très supérieures en nombre, voire en qualité, à celles des pays européens.
Mais chut ! La dissuasion nucléaire, nouvelle Ligne Maginot, et les droits de l’homme protégeront certainement les autruches !
Le monde n’est plus bisounours pour les Européens
Les autruches européennes ignorent enfin que le monde entier commence, au mieux, à les ignorer et, au pire, à les haïr.
Elles sont toutes surprises d’être prises en otages ou pire encore quand elles partent faire du « trekking » ou « de l’humanitaire » en Afrique ou ailleurs. Le monde ne serait donc pas bisounours et « happy end » comme à la télévision ?
Car les autruches européennes sont à la fois riches et faibles, ce qui a toujours constitué un cocktail incitant à la prédation et à la violence. Mais elles sont priées d’ignorer ce détail.
Les autruches européennes font envie pour la vie facile qu’on mène en Europe et que le reste de la planète voit à la télévision ou au cinéma. Car il n’y a que les bobos ou les évêques pour croire que les « migrants » soient malheureux en Europe : pour les immigrants, au contraire, c’est le pays de cocagne, selon les standards africains ou maghrébins !
Au temps de leur puissance les Européens étaient, certes, enviés mais surtout craints pour les pouvoirs mystérieux qu’ils semblaient posséder sur les autres peuples. C’est pourquoi quelques colons ou quelques conquistadors pouvaient s’imposer à des peuples entiers et maîtriser de vastes espaces.
Mais ce temps est fini. Et seules les autruches ne le savent pas
Le roi est nu : les Européens sont décadents
Car, à l’âge de la mondialisation, du tourisme de masse et des téléphones portables, le monde entier assiste désormais en direct au déclin de l’Europe. Et les « valeurs » dont se targuent les autruches européennes font rire tout le monde. En Chine il n’y a même pas d’idéogramme pour dire « droits de l’homme ».
Et grâce aux télécommunications modernes, tous les immigrants restent en contact avec leur pays d’origine et ils racontent à leurs familles ce qu’ils voient en Europe. Et ils sont abasourdis par ce qu’ils découvrent : notamment le laxisme des mœurs, l’implosion des familles et le tolérantisme vis-à-vis de la délinquance, toutes choses inexistantes dans leurs pays d’origine.
La terre entière voit aussi la lâcheté des Européens incapables de protéger leurs frontières, leur territoire ou leur religion. Elle voit que l’éloquence verbeuse des « élites » occidentales sert de masque à l’impuissance.
Les anciens colonisés découvrent avec stupeur que leurs anciens colonisateurs ne sont pas les géants qu’avaient connus leurs ancêtres, mais des rejetons gâtés qui ont peur de leur ombre. Ils ressentent comme une injustice que de pareils décadents vivent mieux qu’eux. Et cette stupeur fournit le terreau sur lequel prospèrent le mépris et bientôt la violence.
Les autruches ne veulent pas savoir ce qui se passe
Les Européens, formatés par les médias de propagande, ignorent ce qui se passe. Ils ne comprennent pas que le terrorisme marque l’entrée dans la confrontation civilisationnelle.
Pourtant la forme que prennent les attaques terroristes est révélatrice que quelque chose est en train de changer, ce qui aurait dû attirer l’attention des autruches.
Hier les terroristes se cachaient pour agir, car ils avaient peur d’être démasqués et parce qu’ils se trouvaient en situation d’infériorité stratégique par rapport à leur cible. Mais aujourd’hui les terroristes agissent au grand jour, comme pour mieux sidérer leurs victimes. Comme pour montrer aussi que la peur avait changé de camp.
Mauvaise nouvelle pour les autruches !
Mais il faut dire que l’oligarchie fait tout ce qu’elle peut pour empêcher les autruches de sortir leur tête du sable. Pas d’amalgame ! Ce n’est pas du terrorisme : seulement des actes de « déséquilibrés » ; seulement des actes « isolés ». Vite, une nouvelle « loi » pour garantir notre « sécurité ».
Après chaque attentat l’oligarchie se prétend « en guerre » mais curieusement elle interdit de désigner les protagonistes et l’enjeu du conflit : sans doute pour ne pas effrayer l’électorat autruche ?
On prie les autruches européennes de se préoccuper du réchauffement climatique mais pas du changement de civilisation qui s’annonce.
Comme leurs grands-parents des années 1930, les autruches européennes ne voient pas qu’on les dirige vers une conflagration d’un nouveau genre, mais sans préparation. Car la confrontation est avant tout culturelle et morale, entre une Europe en dormition et le reste du monde en plein réveil : une confrontation qui risque donc de mal se terminer pour les autruches !
Celui qui ignore les leçons de l’histoire se condamne à la revivre, dit-on.
Il serait temps que les autruches européennes réapprennent à lire leur propre histoire….
Michel Geoffroy
7/01/2016Notes :
- The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order.
- Car par exemple le Moyen Age a bien été une période de confrontation civilisationnelle, notamment avec l’Islam.
- Tweet de Najat Vallaud-Belkacem le 9 septembre 2015.
- Notamment L’Essence du politique, Sirey 1965.
- Et aux Etats-Unis les WASP, c’est-à-dire les Anglo-Saxons protestants et de race blanche.
- On dit « armée de métier » en novlangue.
Note de la rédaction : Voir : http://www.20minutes.fr/economie/1114151-20130307-20130307-apres-pigeons-autruches-donnent-voix
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Jamais congédiée du gouvernement, Taubira s’autorise tous les écarts
La garde des Sceaux se sait invirable du gouvernement. Une position dont elle use pour exercer sa liberté de parole, quitte à provoquer des couacs gouvernementaux.
Le 25 août 2014, le boulet est passé près. Au ministère de la Justice de la très chic place Vendôme, les cartons avaient été préparés. Echaudé par les déclarations d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon contre le cap économique du gouvernement, le premier ministre remanie son équipe pour le rendre cohérente. Exunt les ministres qui fricotent avec la gauche radicale. Mais au moment où le secrétaire général de l’Elysée s’avance pour annoncer le nouveau gouvernement, surprise, Christiane Taubira est encore là. Invirable, elle est confirmée dans l’équipe de Manuel Valls.
Elle le sait : Christiane Taubira peut tout se permettre. Sept mois après le remaniement, elle se tourne vers L’Obs pour dire tout le mal qu’elle pense de son patron. « Je suis sensible au débat. La gauche, c’est le débat, ce n’est pas le césarisme, ce n’est pas le bonapartisme. La gauche, c’est la délibération collective. Je ne conçois pas qu’on diabolise ceux qui veulent débattre », dit-elle à l’égard de Manuel Valls tout en claironnant sur ses accointances avec les frondeurs qui conspuent tant l’exécutif. Elle rendra d’ailleurs visite à ces derniers lors de l’université d’été de La Rochelle, quelques jours après le remaniement. Dans une cohue médiatique indescriptible, elle se fait prendre en photographie auprès des plus fervents liquidateurs socialistes de François Hollande. Les réactions de Matignon ou de l’Elysée ? Nulles. Delphine Batho, sèchement virée du gouvernement pendant l’été 2013 pour avoir critiqué le budget de son ministère, appréciera. [....]
La suite sur Le Figaro.fr
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Jamais-congediee-du-gouvernement
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Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne, Mme Taubira !
En continuant à affirmer son désaccord avec la réforme constitutionnelle, Taubira ne fait que souligner l’incurie du gouvernement qui la tolère et son propre manque d’honneur.
Elle avait affirmé à Alger que la déchéance des binationaux nés français ne se ferait pas, avant d’être démentie dès le lendemain en Conseil des Ministres. Comme si de rien n’était, comme si elle n’avait rien dit, même pas le plus petit rappel à l’ordre. Une bonne claque à la crédibilité de ce gouvernement. Il faut dire que l’on est habitué aux dérapages plus ou moins contrôlés et jamais sanctionnés du Garde (?) des Sceaux.
Alors, tant qu’elle gagne, elle joue. Elle a donc remis ça jeudi, réaffirmant sa conviction que “la déchéance de nationalité n’est pas souhaitable” pour les Français binationaux, critiquant une mesure à l’efficacité “absolument dérisoire”. Mais c’est bien elle qui devra défendre ce projet qu’elle estime contraire à ses valeurs.Elle a beau se cacher derrière une supposée loyauté au président de la République en réaffirmant que sa parole était “la première et la dernière”, on ne peut s’empêcher de se dire que si elle était loyale, elle fermerait sa gueule ou que si elle avait des convictions, elle démissionnerait. Jean-Pierre Chevènement avait pour lui cette droiture et ce sens de l’État, que l’on est bien en peine de trouver dans l’actuel ministre de la Justice (?).
Quant au gouvernement de fantoches qui tolère toutes ses frasques, au « président » qui lui conserve une place près de lui pour ne pas l’avoir contre lui aux prochaines élections, ils font preuve -mais en était-il besoin ?- de leur lâcheté et de leur sens navrant des priorités. Le calcul politicien avant les convictions et les convictions contre l’intérêt de la France…
On n’y croit pas, bien sûr, mais ce serait tellement bien qu’elle se taise… ou démissionne !Charles Dewotine
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Au bonheur des enfumeurs
Ces derniers jours, et dans le cadre des offensives terroristes on a assisté à une montée d'un cran dans l'échelle de l'enfumage. Plusieurs dossiers ont ainsi permis d'en mesurer les progrès.
Commençons par évoquer, brièvement cette fois l'interminable débat sur la déchéance de nationalité, montée en épingle pour éviter de parler des questions véritables, comme si les intéressés ne s'étaient pas exclus d'eux-mêmes d'une communauté qu'ils vomissent.
En cela, ce 7 janvier, les policiers du 18e arrondissement ont trouvé une réponse de synthèse : au moins la question de l'agresseur du commissariat de la Goutte d'Or, qui n'aurait "aucun lien avec la radicalisation violente", (sic) à en croire Madame Taubira ne fera plus débat. Binational ou pas, nos excellents gardiens de la paix n'en ont pas fait un apatride, ils l'ont renvoyé au paradis des radicaux, supposés en l'occurrence non-violents. Son dispositif explosif était-il factice, plutôt que d'attendre l'expérimentation ils ont eu l'excellente idée d'applique le principe constitutionnel de précaution. Élémentaire mon cher Watson.
Mais d'autres affaires ne se soldent pas avec le même type de bilan brillant.
Comme le nuage de Tchernobyl, c'est bien connu, on pourra certes imaginer encore que nos frontières nous protègent contre ce qui s'est passé à Cologne le 31 décembre.
Rappelons quand même qu'en dehors des circonstances exceptionnelles de la grève des cheminots belges francophones, – cela ne s'invente pas : les néérlandophones, eux n'ont pas fait grève, – on se rend plus vite depuis Paris à Cologne qu'à Bordeaux. 3 h 14 pour aller à Cologne, 3 h 19 pour aller à Marseille.
Observons hélas que les discours politiquement corrects des politiciens allemands n'ont rien à envier À ceux de l'Hexagone. Au moins ne parlent-ils pas d'une "patrie des droits de l'homme", et ceci les rend moins irritants en première lecture.
Mais si on écoute les commentateurs agréés des chaînes publiques allemandes on y découvre une Dunya Hayali. Cette attachante personnalité bat bien des records sur la ZDF. Pour elle, ce ne sont pas des Étrangers (Ausländer) qui importunent, qui brutalisent et violent les femmes allemandes mais de "gros dégueulasses" ("Arschlöcher", un terme argotique peu recommandable).
On imagine que dans son esprit cette catégorie ne recoupe jamais celle des bons sauvages de notre temps.
Le record de la dhimmitude est cependant battu par Frau Henriette Reker bourgmestre de Cologne qui recommande à ses concitoyennes de raser les murs et de ne pas provoquer…
Au moins chez nos voisins des voix importantes protestent contre tout cela, que l'on met de plus en plus au débit d'une Angela Merkel en perte de vitesse. Et même la ZDF, a été amenée à "présenter ses excuses pour avoir tardé, à l'instar de la plupart des grands médias nationaux, à évoquer les agressions sexuelles sur des femmes survenues le soir du Nouvel An à Cologne" – ajoutons qu'ils ont aussi été déplorés à Stuttgart et Hambourg. (1)⇓
L'enfumage ne consiste pas seulement, dans l'Hexagone, en ces célébarations interminables et contre-productives, des événements de janvier 2015, dont on a pourtant trop peu tiré les leçons entre janvier ET novembre. En Allemagne aussi, en l'occurrence, certains s'emploient à ne pas tirer au clair les responsabilités des événements scandaleux de la saint-sylvestre qui ont pourtant fait une centaine de victimes, sans qu'on ose encore nous en désigner les coupables.
En France on s'ingénie à obscurcir ce qui semble, au contraire parfaitement clair : à Valence, le 1er janvier un individu se propose-t-il de tuer des soldats français, en tirant sur la garde d'une mosquée, au cri désormais mondialement connu de "allahou akbar". (2)⇓ On fait mine de s'interroger. Son arme était-elle caractéristique d'un terroriste ? Il est musulman, certes : est-il breveté islamiste ? Qu'en pensent les spécialistes de la radicalisation ? etc.
Au total le 2 janvier "Le Monde" semble ainsi se féliciter que "la piste terroriste [soit] pour l’instant écartée concernant l’attaque de militaires à Valence" (3)⇓.
Certes les maîtres de la république n'ont pas attendu le règne de Monsieur Hollande pour manipuler l'opinion, pour la détourner des vrais problèmes et pour l'orienter vers de faux débats, pour commémorer de fausses victoires.
Observons cependant que nous avons affaire, avec l'homme de l'Élysée, à un vrai pro.
Cela ne doit guère nous surprendre puisque de sa vie il n'a jamais exercé d'autre métier que celui de la communication biseautée de la gauche faisandée depuis l'ère Mitterrand.
Car le bonheur des enfumeurs en général et de celui-ci en particulier c'est le malheur du peuple sur lequel s'exerce leur perverse habileté.
Cela implique en tout état de cause que l'on s'apprête à en refuser, quoiqu'il advienne, en 2017 la réélection.
JG Malliarakis
Apostilles
- ZDF="zweites deutsches Fernsehen" deuxième chaîne publique allemande ⇑
- lire à ce sujet l'article réactionnel du 1er janvier sur du site "judéo-chrétien"Dreuz ⇑
- cf. Le Monde.fr avec AFP et Reuters. ⇑
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Attentat de la Goutte d’Or, l’État s’enferre dans le déni
Alors que, vendredi matin, l’enquête sur l’attaque du commissariat de la Goutte d’Or à Paris, perpétrée la veille par un individu de type nord-africain, s’orientait de plus en plus vers la piste islamiste, le gouvernement, Christiane Taubira en tête, s’enferrait dans le déni et continuait à évoquer l’hypothèse du « déséquilibré ».
Au cri d’« Allah akbar »Pourtant, rapportaient la veille le procureur de la République François Molins ainsi que plusieurs témoins, c’est bien au cri d’« Allah akbar » que cet homme avait attaqué jeudi matin, avec un hachoir, les policiers en faction devant le commissariat, avant d’être tué par les tirs de riposte de ces derniers. Sur son cadavre, les enquêteurs ont notamment découvert une fausse ceinture d’explosifs et un téléphone portable, mais aussi un drapeau de l’EI, ainsi qu’une lettre en arabe dans laquelle l’agresseur faisait allégeance à Al-Baghdadi, le leader de Daech, et déclarait vouloir « venger les morts de Syrie ».
En début de soirée, certains médias l’ont identifié comme Sallah Ali, un individu déjà connu des services de police pour une affaire de vol en réunion commis dans le Var en 2013. Ses empreintes digitales seraient en effet les mêmes que celles de cet homme qui à l’époque avait déclaré aux gendarmes chargés de l’enquête s’appeler ainsi et être né en 1995 au Maroc. Cependant, avertissait vendredi matin François Molins, « ce n’est pas du tout certain » que l’identité déclarée par l’assaillant « soit réelle ».Un « déséquilibré » comme Nzohabonayo ?
Une agression au cri d’« Akbar », un drapeau de l’EI, une revendication en langue arabe… Des éléments parlants, mais qui n’ont cependant pas empêché le ministre de la Justice Christiane Taubira de déclarer sur Itélé que « ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne, [c’est qu’elle] n’a aucun lien avec la radicalisation violente » et que « cela peut être des signes de déséquilibre ». Un peu comme Bertrand Nzohabonayo, ce « déséquilibré » converti à l’islam qui, en décembre 2014, était entré dans le commissariat de Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire, et avait blessé à l’arme blanche trois policiers en criant lui aussi « Allah akbar ». Ou encore cet automobiliste, amateur de sites djihadistes, qui, le 1er janvier, a foncé sur des militaires en faction devant la mosquée de Valence…
Franck Delétraz
http://fr.novopress.info/196762/attentat-goutte-dor-letat-senferre-deni/
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Attentat avorté dans le XVIIIe : un an après « Charlie », ils osent encore nous faire le coup du déséquilibré
Attentat déjoué hier dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Malgré l’évidence, Taubira affirme qu’il n’y a aucun lien avec la radicalisation et que tout fait penser au déséquilibré.
Ça devient lassant, à force, d’être pris pour des idiots.
Hier, au jour et pratiquement à l’heure de l’attentat contre Charlie Hebdo, un homme se jette sur des policiers en faction devant le commissariat de la Goutte d’Or, armé d’un hachoir et criant « Allah Akbar ». Le fonctionnaire dégaine et tire, tuant l’assaillant. Plus tard dans la journée, le parquet annonce qu’un « téléphone portable et un papier sur lequel figurent un drapeau de Daesh et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe » ont été retrouvés sur l’homme neutralisé par les policiers. Le document fait en effet état d’une vengeance pour les morts en Syrie et le terroriste prête allégeance à Al-Baghdadi, le leader de l’État islamique. L’homme portait sur lui une ceinture d’explosif factice.
Une enquête en flagrance est ouverte pour « tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », sous l’autorité de la section anti-terroriste du parquet de Paris. Elle révèle rapidement que l’homme, un marocain d’une vingtaine d’années connu de la police pour vol, disposait d’un téléphone portable avec une carte SIM allemande. Arrêté il y a deux ans pour vol, il avait fourni une fausse identité.Ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne (c’est qu’elle) n’a aucun lien avec la radicalisation violente, aucun […] Une ceinture d’explosif factice, ces cris, cette allégeance dans la poche, ce sont des signes qui peuvent le raccorder à un réseau, mais en même temps cela peut être des signes de déséquilibre. L’enquête fera la clarté de tout cela.
affirme pourtant Taubira. Et c’est là qu’on en a assez d’être pris pour des idiots. Qu’il faille être un peu « déséquilibré » pour se jeter sur des policiers arma d’un hachoir et d’une ceinture d’explosifs factice, certes. Il faut l’être aussi pour pénétrer dans une salle de spectacle et tuer une centaine de personnes à la Kalachnikov et au couteau.
Mais d’affirmer tout de go qu’un type qui cherche à mourir en tentant de tuer des policiers à l’arme blanche en hurlant « Allah Akbar » n’a aucun lien avec la radicalisation islamique, même le pire des bobos islamophiles n’y croit plus.
Pitié, Mme Taubira, à défaut de démissionner, taisez-vous.C.D.
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Terrorisme : le double jeu de Christiane Taubira
La ministre de la Justice se dit opposée à la déchéance de nationalité. Mais elle va devoir endosser des réformes sécuritaires voulues par le gouvernement.
Fragile caution de gauche de l'exécutif, Christiane Taubira semble plus seule que jamais. Après les attentats meurtriers de janvier, puis ceux de novembre, on l'attendait là où elle a toujours brillé : une vigie des libertés et du progressisme, un bouclier contre les démagogies. Depuis sa prise de fonctions, la ministre de la Justice n'a eu de cesse de vouloir « redonner du sens à la peine » et de faire sauter les verrous idéologiques qui enferment la matière pénale. Aussi, la voir aujourd'hui endosser au nom du gouvernement – alors qu'elle y est parfaitement opposée – une mesure comme la déchéance de nationalité laisse pantois.
Jeudi sur i>Télé, la ministre de la Justice a ainsi tancé une mesure aussi inutile qu'inutilement blessante, à l'efficacité « absolument dérisoire ». Avant, aussitôt, de redire sa loyauté au président de la République et au gouvernement. Une dernière ruade avant de rentrer dans les rangs. François Hollande a jusque-là toujours toléré les libertés que sa ministre de la Justice prenait, au nom de ses convictions personnelles, avec la solidarité gouvernementale, jugeant qu'elle lui apportait les faveurs indispensables d'une partie de la gauche. Mais pour combien de temps encore ? Dans son édition datée du vendredi 8 janvier, Le Monde titrait ainsi : « Taubira assume le virage sécuritaire ». Cruel pour l'icône socialiste.
« Très loyale »
« Elle est surtout très loyale », la défend Jean-Pierre Sueur, vice-président PS de la commission des Lois du Sénat. « Tout cela est de la faute de Hollande, lance un autre parlementaire. Tout le monde lui avait dit : ne fais pas la déchéance de nationalité, ça va mettre un binz pas possible. Résultat, Taubira s'est fait piéger. » De nombreux élus militent aujourd'hui pour abandonner la déchéance, et se prononcent en faveur d'une peine d'indignité nationale, seule capable de rassembler la gauche. Cela consisterait par exemple, à l'occasion d'une condamnation, à priver une personne de ses papiers d'identité, de ses droits civiques, ou encore de son autorité parentale. « C'est le seul moyen de sortir de ce débat très politicien dans lequel on s'est engagés et de résoudre un problème insoluble : on ne peut pas faire d'apatrides », assure Jean-Pierre Sueur.
Christiane Taubira n'a pas fini d'avaler des couleuvres. La déchéance de nationalité n'est rien comparé à ce qui l'attend. Dans les prochains mois, la garde des Sceaux va devoir assurer le service après-vente de textes ultra-sécuritaires, qui transposent en droit commun des mesures inspirées de l'état d'urgence, et destinées à durer dans le temps. Parmi elles, la possibilité pour les préfets d'assigner à résidence des personnes de retour de Syrie et de les soumettre à un tas d'obligations. « Un contrôle judiciaire sans juge », résume le journaliste Franck Johannès. Comprendre : des droits moins garantis. Le gouvernement promet que le texte évoluera dans les prochains jours et sera modifié via des amendements parlementaires. « On n'est pas encore sous Pol Pot, sourit le député PS Dominique Raimbourg. Mais on devra nous laisser du temps à l'Assemblée pour examiner tout cela. »
Un pot-pourri de procédure pénale
Pour pouvoir agir rapidement, le gouvernement se sert d'un texte sur la simplification de la procédure pénale, que Christiane Taubira devait défendre devant le Parlement début février. Le gouvernement l'a largement raboté, pour y ajouter des mesures répressives, issues de deux autres projets de loi : l'un soutenu par Michel Sapin sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme ; l'autre, en cours d'élaboration, sur le renforcement des pouvoirs des préfets, de la police et du parquet. Toutes ces mesures vont accoucher d'une sorte de "pot-pourri de procédure pénale", sans aucune cohérence, qui devrait être distribué aux parlementaires à la mi-février. « Nous devons faire attention, prévient Jean-Pierre Sueur. Nous aurions préféré avoir trois textes différents. Nous ne tenons pas à instaurer en France un état d'urgence permanent. Tout devra se faire sous le contrôle du juge. »
Sous le feu des critiques, Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve ont réagi dans une tribune commune publiée dans Le Monde et intitulée : « Non, le gouvernement ne procède pas à une mise à l'écart de la justice ». Il s'agit d'une « contrevérité », affirment les deux ministres, « une offense aux convictions qui n'ont cessé de dicter nos choix dans une période trouble ». Le projet du gouvernement conduit pourtant bel et bien à accroître les pouvoirs des préfets. Mais également ceux des procureurs, qui pourront par exemple avoir recours à des techniques d'espionnage poussées, des prérogatives jusque-là réservées aux juges d'instruction. « Avant d'accroître le pouvoir des procureurs, encore faut-il les rendre indépendants vis-à-vis du pouvoir politique. Il faut enfin mener la réforme constitutionnelle sur l'indépendance du parquet ! » lance le respecté Jean-Pierre Sueur. Une promesse du candidat Hollande que l'on avait presque oubliée. À force d'avaler des couleuvres, Christiane Taubira voit ressurgir les vieux serpents de mer.Marc Leplongeon
Le Point.fr :: lien
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Une longue déchéance
La «Une» de La Croix le résumait parfaitement mercredi, juste avant l’attaque hier par une fou d’Allah muni d’un hachoir du commissariat la rue de la Goutte-d’Or, dans le très pluriel quartier de Barbès à Paris : «Déchéance de nationalité, l’inutile confusion ». Le quotidien catholique expliquait à juste titre dans son éditorial qu’il est urgent de «sortir d’un débat si mal engagé, devenu incompréhensible pour les Français». Français qui attendent avant toute chose des actes et qui ne comprennent pas que des binationaux ennemis de notre pays puissent rester membres de la communauté nationale. Florian Philippot l’a précisé, le FN souhaiterait pour sa part que ladite déchéance soit étendue «aux fichés S binationaux, qui sont convaincus de radicalisation islamiste, ou dont on sait qu’ils sont partis s’entraîner en Syrie, en Irak ou en Libye pour le djihad ». Fondé en 1983 au début du premier septennat de François Mitterrand, dans la foulée de la Marche des beurs, SOS racisme, pseudopode du PS, s’est pour la première fois de son histoire opposé à un gouvernement socialiste. Sous la pression du Front National, François Hollande a rappelé lors de ses vœux son souhait de voir adopter par le congrès la modification de la constitution nécessaire pour inscrire cette mesure dans le marbre. Ce qui n’est pas du goût des potes qui ont tenu lundi un (très maigrelet) rassemblement aux abords du siège du PS contre cette déchéance jugée « discriminatoire.»
L’opposition à la modification de la Constitution émane plus largement de la vieille garde socialiste, d’ ex ministres emblématiques des années Mitterrand: Jack Lang, Paul Quilès, Pierre Joxe, mais aussi Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault, des frondeurs, voire des députés PS non catalogués comme tels, à l’instar de Karine Berger.
«J’ai toujours été contre cette idée de déchéance de nationalité, dès lors que la discrimination entre les nationaux et les binationaux se fait. J’ai toujours été un partisan de la binationalité» affirmait Jack Lang sur Europe 1 dimanche. Mme Berger s’est dite pour sa part favorable –comme Valérie Pécresse– à «la déchéance pour tous les Français coupables d’actes terroristes », laquelle aurait pour effet de créer des apatrides, ce qui serait proprement aberrant. Karine Berger citait dans Le Point, à l’appui de son vœu une phrase du discours d’investiture de François Mitterrand, le 21 mai 1981 : «Il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où régnerait l’injustice, où gouvernerait l’intolérance. »
La mémoire du défunt président socialiste est aujourd’hui célébré, à l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort. François Hollande se rend ce vendredi sur sa tombe à Jarnac (Charente) pour se recueillir sur sa tombe, en compagnie de Pierre Bergé, Jean-Christophe Cambadélis, Bernard Cazeneuve, Harlem Désir Jack Lang, Anne Lauvergeon, Hubert Védrine. Un grand dîner est également prévu ce soir à Paris en présence des mêmes et d’autres figues de la mitterrandie comme Laure Adler, Robert Badinter Dominique Bertinotti, Jean-Louis Bianco, Myriam El Khomri, Pierre Favier, Elisabeth Guigou, Patrick Kanner, George Kiejman, Laurent Fabius, Louis Mermaz, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem…
Que faut-il retenir des années Mitterrand, du personnage lui-même ? L’ancien décoré de lafrancisque qui faisait fleurir chaque année la tombe du vainqueur de Verdun à l’île d’Yeu ? L’homme de grande culture, fin connaisseur de l’histoire de France, l’amoureux de la littérature qui lisait Morand, Drieu, et Chardonne ? L’homme du refus des simplismes historiques, notamment surla douloureuse période de Vichy ? Le président qui, au contraire d’un Chirac qui a tout lâché, disait au crépuscule de sa vie à Jean-Pierre Elkabbach son rejet de la repentance (« dans cent encore » ?), son refus « l’entretien de la haine », d’une inculture fondée sur une mémoire faussée à dessein (« Vous ne savez pas de quoi vous parlez, jeune homme », disait François Mitterrand àGeorges-Marc Benamou) ?
Celui qui confessait au même («Le dernier Mitterrand» , 1997), la «guerre à mort» livrée parWashington à la France ? L’homme qui vaille que vaille, tenta et réussi parfois à faire entendre sur la scène internationale la voix d’une France indépendante ? Ou le président qui contribua à donner son blanc-seing au déchainement du chaos au Proche-Orient en engageant la France dans la première guerre d’agression contre le régime laïque irakien ?
Plus concrètement, pour la très grande majorité de nos compatriotes qui vécurent les deux septennats mitterrandiens, ceux-ci restent attachés aux promesses trahies, à la montée inextinguible du chômage ; à la désindustrialisation du pays ; aux naturalisations et à l’immigration massives ; au rabaissement de facto du rang de la France par sa dilution dans l’Europe du catastrophique traité de Maastricht, qu’il fit adopter d’un cheveu lors du référendum de 1992, jouant sur la corde sensible des Français en révélant sa maladie.
Une Europe dont cet homme qui connu les drames de la terrible guerre civile européenne de 1939-1945 souhaita aussi l’assomption pour des raisons qui pouvaient alors être entendues, notamment celui de la consolidation de la paix et de l’entente franco-allemande.
L’ère Mitterrand fut aussi celle du cynisme le plus éhonté, qui acheva de démonétiser la parole politique, de la duplicité, d’une famille secrète entretenue aux frais des contribuables, des écoutes illégales, des scandales financiers à répétition de ses amis socialistes, de la mise en orbite d’unBernard Tapie, éphémère ministre de la Ville…
Les 14 années du mitterrandisme marquèrent l’activation à grand échelle de l’idéologie culpabilisatrice dite antiraciste. En témoigne bien sûr la création de l’imposture SOS racisme avec les réseaux trotskystes des Dray, Ghebali et Désir à la manœuvre, le milliardaire rose Pierre Bergé dans le rôle du banquier, le soutien du tout-Paris médiatique, publicitaire et pipole comme formidable caisse de résonance.
Il s’agit ici de dissiper la légende tenace du coup de pouce de Mitterrand au FN, même si ce madré politicien a pu y voir un moyen d’affaiblir le camp de la « droite » chiraquienne. Bruno Gollnisch le rappelait sur Radio Courtoisie dimanche, François Mitterrand fut un adversaire résolu de l’opposition nationale qu’il ne ménagea pas, ne s’opposant pas à l’emploi des méthodes les plus ignobles comme l’affaire Carpentras . Ce qui ne l’empêchait pas en privé de reconnaître l’épaisseur, les éminentes qualités et le grand talent de Jean-Marie Le Pen…
A dire vrai, un même fil relie depuis quatre décennies les présidents qui se sont succédés à l’Elysée, c’est celui, du déclin du recul, de la paupérisation, de l’abaissement de notre nation.
Ce que résumait Jean-Jacques Fifre sur boulevard voltaire le 29 novembre dernier : « De Giscardon retiendra la loi sur l’IVG, les premiers déficits budgétaire, l’apparition du chômage de masse et l’émergence de l’immigration mais aussi de l’insécurité. De Mitterrand on retiendra la suppression de la peine de mort, la pagaille économique, le développement continu de l’immigration mais aussi celui de l’insécurité. De Chirac on retiendra la suppression du service militaire, l’explosion des déficits, la poursuite de l’immigration et l’insécurité totale. De Sarkozy nous ne retiendrons rien sinon l’accélération de tous les déséquilibres, une immigration toujours plus forte et une insécurité persistante ».
« De vous, Monsieur Hollande, concluait-il, nous retiendrons la loi sur le mariage pour tous, les déficits et le chômage devenus endémiques, la sacralisation de l’immigration et le paroxysme de l’insécurité. » En ce sens, oui, l’actuel président socialiste est bien fondé à se prévaloir de l’héritage de François Mitterrand, et certes, il n’est pas le seul.
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Ce que le réchauffisme pollue
Dans sa livraison de janvier, le mensuel La Nefconsacre un dossier à la COP21, en en soulignant notamment les limites. Abordant le sujet du réchauffement climatique, Christophe Geoffroysouligne que c'est
"loin d’être le seul problème écologique qui menace la planète – et c’est une autre faiblesse des grandes réunions comme la COP21 de polariser l’attention sur ce seul aspect, alors que l’écosystème forme un tout."
Néanmoins, il tombe dans le travers du réchauffisme en ajoutant :
"Dès lors, que veulent prouver les climato-sceptiques en niant l’origine humaine du réchauffement et en se moquant du souci écologique ?"
Mais les climato-sceptiques (et même, pour être plus exact, les CO2-sceptiques) se moquent-ils vraiment de l'écologie ?
Distinguer les sujets
- Le réchauffement climatique est-il vraiment global et universel ? Car constater qu'il a fait plus chaud en décembre 2015 en France ou, comme Denis Sureau, que les vignerons français sont confrontés à une évolution du climat, ne prouve certainement pas que le réchauffement soit général ni fatal. Le climat est par nature changeant, cyclique et il faisait plus chaud en Europe au Moyen-Age (les Romains faisaient pousser des vignes et des citronniers jusqu'au nord du Mur d'Hadrien en Angleterre ).
- En admettant que ce réchauffement global est réel, il est utile de s'interroger sur sa nocivité. Encore une fois, il faisait plus chaud en Europe au cours du Moyen-Age et cela n'a pas provoqué de catastrophisme angoissant comme aujourd'hui...
- Enfin, la cause de ce potentiel réchauffement. Est-ce vraiment l'homme qui est responsable des évolutions du climat ? Sur cette question, la libre réflexion de vos blogueurs, de 2007, est toujours d'actualité.
Et c'est sur ce dernier aspect que le bât blesse le plus. En 2011, Georges Dilliger, qui n'est pas climato-sceptique mais est CO²-sceptique, avait déjà répondu à la question de Christophe Geoffroy, dans un ouvrage sur le sujet. S'interrogeant sur les profits réalisés par certains lobbies profitant de la campagne d’enfouissement ou de « séquestration » du CO2, Georges Dillinger mettait en cause la fixation des esprits sur une thèse non prouvée, qui permet de relativiser d’autres en jeux écologiques importants, comme la pollution et le manque d’eau, la détérioration des sols, la déforestation, la régression de la diversité biologique ou, comme on peut le constater dans l’actualité, les ravages de la malbouffe. Pour Stanislas de Larminat, réduire le CO² ne sert à rien... sinon peut-être à maintenir le continent africain en état de dépendance.
En dénonçant l'idéologie du réchauffisme, ce luxe de pays développé, il ne s'agit donc pas de sauver un système, puisque c'est ce même système qui tente de survivre à coups de milliards (avec des taxes en tout genre comme la taxe carbone) tout en voulant empêcher le développement des pays pauvres.
Etre CO²-sceptique, ce n'est pas se moquer de l'environnement.
En 2008 déjà, Benoît XVI plaidait pour "une écologie de l'Homme" fondée sur le respect de la distinction entre hommes et femmes, prenant le contre-pied de l'idéologie du genre. Lorsque l'Eglise catholique prend la défense de la Création, oeuvre de Dieu,
"elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air (...) mais aussi protéger l'homme contre sa propre destruction [...] si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme (...) ne la mérite pas moins [...] Une écologie de l'homme, justement comprise, est nécessaire [...] parler de la nature de l'être humain comme homme et femme et demander que cet ordre de la création soit respecté ne relève pas d'une métaphysique dépassée [...] L'homme veut se faire seul et disposer seul de ce qui le concerne, mais en agissant ainsi il vit contre la vérité, il vit contre son créateur".
Et l'encyclique Laudato Si du pape François nous appelle à cette écologie intégrale :
"Une écologie intégrale implique de consacrer un peu de temps àretrouver l’harmonie sereine avec la création, à réfléchir sur notre style de vie et sur nos idéaux, à contempler le Créateur, qui vit parmi nous et dans ce qui nous entoure, dont la présence « ne doit pas être fabriquée, mais découverte, dévoilée»."
Le problème de la COP21 et du réchauffisme en général, c'est de croire encore que l'on peut sauvegarder l'environnement sans respecter la personne humaine. Dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau, le père Yannick Bonnet écrit, à propos de la manipulation des médias :
"L’important, bien sûr, c’est de sauver la planète ! La profonde stupidité de ce slogan échappe à l’esprit de nos jeunes, qui ignorent qu’avant la présence des hommes, ladite planète avait subi des percussions violentes de météorites colossaux, des éruptions volcaniques ravageuses et des variations de températures et de niveau des océans, considérables. Et personne ne nous explique comment l’on contrôlera les variations d’émissions énergétiques du soleil, comment on évitera les chocs de météorites et comment on domptera le volcanisme. Comment se fait-il que si peu de nos contemporains ne soient pas frappés par le fait que ce discours dominant « pue » l’orgueil et une volonté sous- jacente de domination mondiale, servie par des moyens financiers incontrôlés ?
En décembre, Stéphanie Bignon, éleveur dans le Brionnais, appelait simplement à respecter les saisons et les personnes :
"Sauver le climat quand on ne respecte pas les saisons c’est du volontarisme révolutionnaire. La réalité de l’échelon local est méprisée au profit de l’idéologie et de la toute-puissance du Régime globalisateur. Le propre de l’idéologie est de s’intéresser à l’universel, au global sans partir du particulier. [...]
Mais il faut aller jusqu’au bout du raisonnement et réaliser que tout de nos vies est décidé à notre place (naissance, éducation, mariage, mort…) par un système de plus en plus jacobin et mondial auquel toute formation politique doit faire allégeance pour exister. [...]"
L'idéologie (monocausale, étatique, révolutionnaire...) du réchauffisme nous empêche de nous pencher sur les vrais sujets environnementaux. Pour en sortir, il faut d'abord retrouver notre liberté, cesser de confier à l'Etat nos faux-problèmes : ce n'est pas la COP21 ni la COP22 qui règleront la température de la Terre... Les idéologues du réchauffisme nous polluent car ils veulent maintenir leur volonté de puissance, leur étatisme, en nous culpabilisant. C'est à nous de changer nos modes de vies. D'être des dissidents dans tous les domaines. Sur le plan médiatique avec ce blog et les autres contre-médias, sur le plan scolaire, en soutenant les écoles libres, nées de l'initiative privée. Et pour lutter contre le gaspillage et apprendre à user avec mesure de chaque chose, rien de mieux qu'une bonne éducation, les familles nombreuses en savent quelques chose. Pas besoin de l'Etat et de son tri sélectif. De façon similaire, il existe déjà de nombreuses initiatives privées et locales dans le domaine de l'alimentation (panier des familles, livraisons directes entre éleveurs/producteurs et consommateurs,...) et même commercial, grâce notamment à l'essor d'internet, qui permet par exemple la vente en direct et le recyclage (adieu les grandes surfaces made in China, bienvenue aux marchés privés -notamment scolaires- et aux Gens de confiance...).
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/01/ce-que-le-r%C3%A9chauffisme-occulte.html