Arnaud Imatz, Droite, gauche : pour sortir de l’équivoque
« La droite catholique ne perd pas une occasion de se montrer xénophobe et islamophobe ». « Ce Pape est de gauche, il a cité la Bonino et Napolitano parmi les grands de l’Italie d’aujourd’hui ! ». Pendant qu’intellectuels et politiques de toutes orientations proclament que la division de la droite et de la gauche est obsolète, qui pour se plaindre de l’homologation permanente, qui pour proposer des troisièmes voies, dans le monde catholique reviennent à la mode les dénigrations croisées à base de catégories empruntées à la politique. La saison des accusations réciproques de « fondamentalisme » et de « modernisme » étant passée rapidement, trop difficiles à soutenir dans une discussion sur les réseaux sociaux de la part de supporters qui pour leur propre formation intellectuelle ne vont pas au-delà de quelques blogs et de quelques revues, l’on est revenu rapidement aux deux catégories politiques qui pendant ce temps sont devenues des catégories métaphysiques. De fait, on entend parler « d’hommes de droite » ou de « femmes de gauche » comme si l’on parlait de caractéristiques non seulement politiques mais culturelles et anthropologiques des individus, et même des choses. Comme l’ironisait Giorgio Gaber il y a plus de vingt ans, « une jolie petite soupe est de droite/un bon pot-au-feu est toujours de gauche. Le concert dans le stade est de gauche/les prix sont un peu de droite ».



Christophe Guilluy est le véritable inventeur de l'analyse antilibérale que pratiquent avec allégresse, à longueur d'émissions télévisées un Zemmour ou un Villiers. C'est le théoricien de la bande. On peut dire qu’il a vu venir les Gilets jaunes et qu’il n'est pas étonné par leur programme.

