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France et politique française - Page 2811

  • Education & Ecriture inclusive • Vous aimez Proust ? Vous allez adorer ça

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    2211555907.jpgPar Claire Polin, Présidente de SOS Éducation
    Vous aimez Proust ? Vous allez adorer ça :

    « En réalité, chaque lecteur·rice est quand il·elle lit, le·la propre lecteur·rice de soi-même. » (Le temps retrouvé)
    Vous admirez Molière ? Vous allez être séduits par :

    « Un·e sot·tte savant·e est sot·te plus qu’un·e sot·te ignorant·e. » (Les femmes savantes
    Vous admirez Victor Hugo ? Vous allez apprécier :

    « La moitié d’un·e ami·e, c’est la moitié d’un·e traitre·esse. » (La légende des siècles
    Si rien n’est fait, si nous gardons le silence, si nous refusons de regarder en face ces graffitis de bas étage, voilà ce qui nous attend ! 
    Cette machine à fabriquer des crétins a un nom : l’écriture inclusive.
    Elle se définit elle-même comme une « graphie non-sexiste ». Parce que dans la langue française, on dit que le « masculin l’emporte sur le féminin » les dévots du féminisme voient dans cette règle une insulte insupportable faite aux femmes soumises à un affreux sexisme langagier. On réécrira donc Proust, Molière et Victor Hugo en novlangue pour les châtier d’avoir été des chauvinistes mâles. Sans oublier George Sand, Simone Weil et même Simone de Beauvoir (grand papesse du féminisme pourtant !) toutes coupables d’avoir baissé la tête sous le joug masculin.
    Les promoteurs de l’écriture inclusive veulent imposer le « point milieu » pour créer des mots androgynes.
    Par exemple, selon ces idéologues, vous ne devrez bientôt plus écrire « les électeurs » mais les « les électeur·rice·s »… Vous pourrez également vous extasier sur les autrices et autres travailleur·euse·s !
    Cela pourrait faire sourire, s’il s’agissait d’une coquetterie de mauvais goût ou d’une mode excentrique.
    Mais c’est bien plus dangereux.
    Il s’agit en réalité d’une véritable tentative de prise de pouvoir. 

    En changeant les mots et la manière de les écrire, les promoteurs de l’écriture inclusive veulent faire main basse sur la manière même de penser.

    Et ils visent particulièrement les enfants, plus malléables. 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE

    Ils veulent détruire notre langue et notre héritage culturel

    L’écriture inclusive est le fruit d’une union, hélas fertile entre des féministes hystérisées et des pédagogues militants, sectaires et intolérants. Il y a de cela quelques années, ils avaient essayé d’obtenir la suppression de l’épreuve de français au brevet. Leur argument était le suivant : cette épreuve discriminait les enfants de familles immigrées dont le français n’était pas la langue maternelle ! Une incursion en Absurdie qui souleva un tel tollé que ces handicapés de la pensée firent machine arrière.
    Ils reviennent à la charge, avec plus de succès, hélas en brandissant l’écriture inclusive. Cette dernière ne s’avance pas seule. Elle est accompagnée par une grande sœur un peu plus âgée qu’elle : « la féminisation de l’écriture ». 
    Ainsi doivent être proscrites des expressions telles que « il fait beau » ou « que reste-il ?». Ce « il » odieux et dominateur servirait à assujettir durablement les femmes. On écrira donc : « elle fait beau » et « que reste-t-elle ? ».
    Vous n’en croyez pas vos yeux ? 

    Jetez un œil sur les livres d’Isabelle Alonso écrits en « langue féminisée ». Ils ont été publiés par les éditions Héloïse d’Ormesson. Vous aurez un petit aperçu du désastre. 
    L’écriture inclusive et féminisée a ses grands prêtres et ses grandes prêtresses. Une partie d’entre eux siègent rue de Grenelle au ministère de l’Éducation nationale. Cela paraît fou mais c’est de là que partent la plupart des attaques sournoises et insidieuses contre la langue française. Nombreux par ailleurs sont les servant·e·s de cette religion réputée très tendance. On les trouve dans les médias, dans l’édition et dans les écoles. 
    Des pères Ubu, des mères Ubu bien plus grotesques que les créatures inventées par le génial Alfred Jarry. 
    Le but poursuivi par ces adorateurs de Sainte-Analphabète est de déposséder les habitants de notre pays de leur identité. Ce qui fonde notre appartenance à un peuple, à une nation, c’est bien sûr une mémoire historique commune mais aussi,et peut-être avant tout une langue. Faire disparaître le français est le but avoué, et non avouable des tricoteurs et tricoteuses du point médian. 
    Ainsi, c’est voulu, un peuple doit cesser d’exister. Pour être remplacé par des individus privés de toute identité et de toutes caractéristiques propres. Un monde orwellien de consommateurs voués à se précipiter sur les têtes de gondole des supermarchés mondialisés pour y acheter des produits « made in nulle part ». 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE

    Ils organisent un grand lavage de cerveau

    Il faut commencer tôt pour fabriquer des zombies dociles. À l’école. Les éditions Hatier soucieuses de se conformer à l’air du temps viennent de publier un manuel pour les enfants de CE2. Voilà comment on y raconte notre Histoire. 

    « Grâce aux agriculteur·rice·s, aux artisan·e·s et aux commerçant·e·s, la Gaule était un pays riche. »

    Hatier édite également le célèbre Bescherelle. On attend avec un intérêt certain les prochaines éditions !
    Très critiqué, Hatier se défend. La langue, selon ces éditions doit s’adapter au nouvel environnement et « au monde qui change ». Peut-être que pour tenir compte de la diversité de nos territoires, cette vénérable maison prépare-t-elle des manuels en argot des cités, destinés aux établissements classés ZEP ? 
    Mais il y a scandale plus grand encore. 314 professeurs ont signé une pétition sur Internet dans laquelle ils refusent d’enseigner la grammaire française.
    Ils annoncent leur volonté d’enseigner dorénavant l’écriture féminisée.
    Ils disent vouloir aussi imposer à l’école la règle de proximité qui consiste à accorder les mots concernés… avec le terme le plus proche !
    Ainsi, selon eux, plutôt que d’écrire « les maîtres et les maîtresses engagés », il faudrait écrire « les maîtres et les maîtresses engagées ». 
    Nous nous sentons donc autorisés à écrire, s’agissant des 314 : « ces maîtres et ces maîtresses sont des idiotes ». Si le ridicule tuait encore en France, ces enseignants seraient morts depuis longtemps… On peut en rire. Mais c’est de pleurer qu’on a envie. Les professeurs, signataires de la pétition, sont payés avec nos impôts. Ça leur crée quelques obligations à notre égard.
    Ils sont également fonctionnaires de l’Éducation nationale, et c’est ce ministère qui fixe les programmes : l’écriture féminisée n’y figure pas ! Ils se placent donc dans l’illégalité la plus totale. Il nous parait inimaginable que les rectorats dont ils dépendent ne les rappellent pas à l’ordre, en leur précisant qu’ils doivent enseigner le français, pas leur lubie imbécile. 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE

    Ils n’avancent pas seuls

    Ces enseignants et les éditions Hatier sont assurés du soutien enthousiaste de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes. 
    Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a quant à elle déclaré dans le journal le Point : « Comment cette écriture serait-elle compréhensible par des enfants en difficulté d’apprentissage comme les enfants dyslexiques ? ». Une argumentation consternante. Les enfants dyslexiques ? Mais non, madame la Ministre, pas seulement les enfants dyslexiques ! Tous les enfants !
    On s’étonnera qu’une femme aussi cultivée ne se soit pas avisée que l’écriture inclusive qu’elle critique si mollement, représente une absurdité unique dans l’histoire de l’humanité. On a connu des parlers, des dialectes, des patois qui ne s’écrivaient pas. Mais jamais, au grand jamais on n’a vu une écriture qui ne se parle pas. Essayez de parler « inclusif » pour voir ! 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE

    L’Académie Française est avec nous !

    Fort heureusement, L’Académie française a dit, dans un texte où chaque mot a été pesé, ce qu’il fallait dire sur ce qu’elle appelle un « danger mortel ».

    « Prenant acte de la diffusion d’une "écriture inclusive" qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. (…) Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

    Voilà où nous en sommes. 
    Comme le résume Madame Hélène Carrère d'Encausse  : « Cette écriture prend en otage les écoliers pour transformer notre langue à des fins idéologiques ! »

    Agissons ensemble, dès maintenant !

    Face à cette attaque — frontale et explicite ! — nous devons réagir tout de suite, pour le bien de nos enfants et petits-enfants.
    Vous et moi, et tous les membres de SOS Éducation devons absolument mettre toute notre énergie dans ce combat.

    C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui cette grande pétition nationale : « Non à l’écriture inclusive ! ». 

    Je vous invite à signer cette pétition dès maintenant en cliquant ici : 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE

    Je sais que le ministre actuel est de notre côté. Il a même pris position contre cette initiative. Mais vous savez bien qu’il ne pourra pas faire grand-chose s’il n’est pas soutenu par un large mouvement populaire. Les promoteurs de la destruction de notre langue sont en effet très actifs et bien organisés. Ils sont présents au sein de l’Éducation nationale, dans les académies, chez les grands éditeurs, à la Mairie de Paris… et tentent de répandre leur lubie pseudo-féministe auprès du plus grand nombre.
    Alors, signez cette pétition, et partagez-là à l’ensemble de vos contacts pour garantir la réussite de cette action. 
    Votre signature est très importante pour nous permettre de soutenir la position du Ministre Jean-Michel Blanquer, et de définitivement bannir l’écriture inclusive dans les écoles.
    Par avance, un grand merci de votre soutien et de votre action pour nos jeunes. 

    OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE 

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Le bac selon Jean-Michel Blanquer ? Une coquille vide

    De Claude Meunier-Berthelot pour les lecteurs du Salon beige :

    6a00d83451619c69e201bb09dbd90d970d-800wi.jpgUne illusoire consultation

    Le ministre de l’Education Nationale a lancé le 13 novembre 2017, une soi-disant consultation nationale en vue d’une réforme du baccalauréat.

    Nous connaissons déjà trop bien la formule consistant à prétendre procéder à une consultation de la « communauté éducative » - enseignants, parents, représentants des lycéens et toutes institutions intervenant dans le système éducatif français - quand se profile une réforme qui constitue une étape majeure dans  la destruction du système éducatif et ceci, dans le but de prétendre à une onction populaire alors que les réponses sont connues avant même que les questions n’aient été posées et correspondent. sans coup férir à ce qui avait été envisagé  au départ.

    C’est ainsi que Claude Allègre – maître ès désinformation - nous avait déjà joué « la grande scène du 2 » lorsqu’il a adopté la « charte pour bâtir l’école du XXIème siècle » qui  a révolutionné le système scolaire en lieu de vie (cf. « le trompe-l’œil de l’éducation» - Editions des Trianons - 2000) et sur laquelle s’appuient tous les ministres depuis, Vincent Peillon ne s’en est pas privé non plus lorsqu’il a mis la dernière main à la mise en œuvre de cette charte par la « loi de refondation de l’Ecole » du 7 juillet 2013.

    Le système a tellement bien marché, que JM.BLANQUER n’hésite pas à l’utiliser.

    Un résultat connu d’avance

    Il est donc possible et même certain de savoir dès maintenant ce que sera le « bac nouveau »… pas encore arrivé, mais qui ne saurait tarder : le résultat de la consultation est déjà annoncé pour février, pour un bac nouveau en 2021 « avec des « répercussions » - est-il dit - sur la classe de 2nde dès la rentrée 2018, sur la 1ère en 2019, et sur la terminale en 2020 » et la disparition des filières L,S, et ES.

    Une réforme anticipée

    En réalité, le « bac nouveau » n’est pas une soucoupe volante qui vient se poser fortuitement sur le système scolaire tel qu’il existe aujourd’hui mais résulte d’une totale et préalable refonte des « programmes » des lycées dont la mise en œuvre doit se faire en 2nde dès la rentrée 2018 et  qui s’inscrit dans le prolongement de celle des collèges, « programmes » désormais appelés « parcours » basés sur l’ « interdisciplinarité », c’est-à-dire sur la disparition de la transmission des savoirs remplacée par des activités choisies par l’élève, en conséquence de quoi, il n’est plus possible de soumettre les candidats à des épreuves du bac par matière telles qu’elles existent aujourd’hui. Cette refonte des programmes avec la disparition de la transmission des savoirs est la cause de la réforme du bac et non l’inverse.

    Le bac nouveau n’est donc pas destiné à redonner un second souffle au bac, mais à le dénaturer pour couronner l’anéantissement du lycée-lieu d’instruction métamorphosé en lycée-lieu de vie où les programmes disparaissent faisant place à des « parcours » propres à chaque élève.

    Les objectifs affichés ?

    Mais  le ministre se garde bien de nous exposer les tenants et aboutissants de cette réforme, claironnant qu’« il faut retrouver l’utilité profonde du baccalauréat en en faisant un tremplin pour la suite du parcours de l’élève ». Objectif fourre-tout et passe-partout !

    Le contenu du bac ?

    Le contenu du bac corrobore cet anéantissement du lycée-lieu d’instruction. En juin dernier, il a été prétendu par Macron, que le bac comporterait ( mais ne comportera pas) quatre épreuves finales pour quatre matières que le candidat choisirait (mais ne choisira pas). Les autres matières seraient (et seront) évaluées par le contrôle continu. Le contrôle continu ? c’est l’auberge espagnole !

    Pour ce qui est des prétendues quatre matières finales, est posée la question de savoir comment les lycéens « choisiraient » ces quatre matières ?

    Les candidats choisiraient leurs matières ?

    Si le candidat choisit ses quatre matières, il ne s’agit donc pas de matières pré-établies et fondamentales  comme le français ou les mathématiques, pour ne parler que de celles-ci. Mais pire encore, la question suivante qui est posée apporte la preuve de la disparition de tout enseignement y compris de celui des disciplines fondamentales.

    Ainsi est posée la question de savoir :

    • si les candidats continueraient à être orientés fin de première vers des « séries » telles que celles qui existent aujourd’hui,
    • ou s’ils auraient une autonomie de choix leur permettant de « panacher » leurs matières de bac en fonction de leur projet d’avenir.

    C’est forcément la 2nde proposition qui s’appliquera. En effet, pour ce qui est de l’orientation fin de première vers des « séries » , il n’en est pas question :   la disparition envisagée des filières L, S et ES sera ,  JM. BLANQUER a beau prétendre que ce n’est qu’une option, dans le cadre de cette destruction de l’institution scolaire, la disparition des filières est inéluctable.

    Une seule épreuve pour quatre matières

    Pour ce qui est de l’autonomie de choix permettant aux candidats de « panacher » leurs matières de bac en fonction de leur projet d’avenir, cette solution s’imposera forcément car que signifie  « panacher » ses matières ?

    Tout simplement, que les activités réalisées en remplacement des cours sont censés permettre d’instruire les élèves dans différentes disciplines à la fois –  ce que le système appelle « interdisciplinarité » . La présentation des activités réalisées constituera une seule épreuve du bac censée « panacher les quatre matières » et sans qu’il y ait obligation de résultat : l’élève exposera  ce qui est appelé son « parcours »  qui sera personnel. Voilà le bac nouvelle formule !

    En rupture ou en continuité, Monsieur Blanquer ?

    Faut-il rappeler que, le 13 octobre 2009, lors d’un discours à l’Elysée sur la réforme des lycées sur laquelle repose la réforme du bac aujourd’hui,  Nicolas Sarkozy avait annoncé froidement : « …nous allons casser, mais casser(sic) une fois pour toutes, cette hiérarchie implicite des voies et des séries qui mine (?) le lycée républicain …», discours correspondant aux nouveaux programmes  concoctés par le ministre de l’Education Luc Chatel qui, le 19 novembre 2009, avait annoncé lui aussi, sans ambages  : « Un enseignement transversal d’histoire des arts, porté par toutes les disciplines, est introduit à tous les niveaux du lycée à l’occasion de la réécriture des programmes des disciplines fondamentales (histoire, français, sciences… )…cet enseignement fera l’objet d’une évaluation au bac… », ce qui, en clair, signifie « suppression des heures d’histoire, de français, de sciences », disciplines censées être infusées au cours d’un enseignement transversal d’histoire des arts  qui ne sera en réalité, qu’une activité au cours de laquelle l’élève sera censé s’instruire dans ces différentes disciplines à la fois et  évaluée dans le cadre du « bac ».

    Alors, Monsieur Blanquer, cette réforme du bac est-elle la marque d’une rupture avec vos prédécesseurs ou celle d’une continuité ?

    Conclusion

    Jusqu’à quand allez-vous continuer à berner les Français, persistant à vouloir faire croire que vous vous démarquez des précédents ministres de l’Education et que vous voulez restaurer une Ecole de qualité pour nos enfants ? La preuve est faite que cette réforme était  « dans les cartons »  et que vous nous les déballez ! En réalité, vous faîtes partie de la lignée indigne des fossoyeurs de l’Ecole de la République puisque votre bac n’est et ne peut être qu’une coquille vide. Et s’impose à l’esprit ce que proclamait en « bon » révolutionnaire, votre maître à penser sans doute, Lénine : « le mensonge est sacré, la tromperie doit être notre arme principale », et aussi « gardez la coquille, videz-là de sa substance ».

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Immigration, asile et intégration. Échec et mensonge du gouvernement face au Sénat

    Par André Posokhow, consultant 

    Encore heureux qu’il existe un contrôle parlementaire des projets de loi des gouvernements et de la confection des budgets annuels grâce aux travaux des commissions ! Cela a été le cas de l’avis présenté par François-Noël Buffet sur l’asile, l’intégration et l’immigration (*) le 23 novembre 2017 au nom de la commission en charge de l’examen du projet de loi de finances pour 2018. Les constats auxquels il procède n’ont rien de rassurant.

    Surtout il permet de s’apercevoir que le gouvernement, aidé par l’administration, n’hésite pas à tordre certains chiffres présentés à la représentation nationale alors qu’il est contraint à la transparence envers l’Europe de Bruxelles.

    Après avoir entendu les ministres G. Collomb et J. Gourault, la Commission des lois du Sénat, réunie le 22 novembre 2017, a examiné, sur le rapport pour avis de M. François-Noël Buffet, les crédits alloués par le projet de loi de finances pour 2018 à la mission « Immigration, asile et intégration ».

    Sur proposition de son rapporteur, la commission a donné un avis défavorable à l’adoption des crédits de cette mission et s’est montrée particulièrement critique à l’égard du gouvernement sur sa politique dans ce domaine. Il est vrai que les constats de la commission n’ont rien de rassurant.

    L’immigration régulière : des flux en hausse

    En 2016, 227.923 titres de séjour ont été accordés à des étrangers souhaitant résider durablement en France, soit une augmentation de 4,78% par rapport à 2015. L’immigration régulière de longue durée est principalement familiale (38,83% du flux en 2016). L’immigration de travail reste marginale (10%).

    La commission constate une hausse substantielle des régularisations d’étrangers en situation : 30.632 en 2016, soit une hausse de 31% par rapport à 2012, notamment sous l’effet de la « circulaire Valls » du 28 novembre 2012.

    Au total, 2,83 millions d’étrangers disposent d’un titre de séjour français, 70% d’entre eux bénéficiant d’une carte de résident valable dix ans et renouvelable de plein droit sauf menace pour l’ordre public.

    Un dispositif d’intégration en souffrance

    Entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017, 101.448 contrats d’intégration républicaine (CIR) ont été conclus. Le rapporteur constate que la loi du 7 mars 2016 n’a pas eu les effets escomptés. Ainsi, à l’issue de la formation linguistique du contrat d’intégration républicaine, seuls 61,4% des stagiaires ont acquis le niveau A1.

    Par ailleurs, le périmètre des visites médicales de l’OFII a été drastiquement réduit ces dernières années. Le rapporteur déplore que cette réduction ait été réalisée au détriment des enjeux de santé publique, notamment en ce qui concerne les étudiants étrangers.

    Dès lors, sans un changement de méthode et un renforcement des moyens, la politique d’intégration se trouve dans une impasse.

    * * *

    La gestion difficile du droit d’asile et de la crise migratoire

    En 2016, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a enregistré 85.696 demandes d’asile, soit une augmentation de 7% par rapport à 2015 et de 62%. La pression est particulièrement forte dans les outre-mer.

    D’après les premières estimations du gouvernement, la demande d’asile devrait approcher les 94.300 demandes en 2017, soit une hausse de 10% par rapport à 2016.

    Les délais de traitement des demandes d’asile (449 jours) apparaissent largement supérieurs aux objectifs fixés : 240 jours.

    La lutte contre l’immigration irrégulière : un échec et une donnée chiffrée mensongère

    Des chiffres ignorés ou dissimulés ?

    Il n’existe aucune donnée précise concernant le nombre d’étrangers en situation irrégulière présents sur le territoire français.

    Seul le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (AME) pourrait donner une indication pertinente : il s’établit à 311.310 personnes au 31 décembre 2016, soit une hausse de près de 49% par rapport au 31 décembre 2011.

    Dans les faits, selon le rapport, le nombre d’étrangers en situation irrégulière est probablement nettement supérieur, contrairement à ce qu’a affirmé récemment G. Collomb.

    La lutte contre l’immigration clandestine est le parent pauvre de la mission « Immigration, asile, intégration »

    Le chef de l’État a annoncé sa volonté d’accroître significativement le nombre de reconduites à la frontière et d’expulser l’ensemble des étrangers en situation irrégulière ayant commis un délit.

    Le projet de loi de finances pour 2018 reste toutefois nettement en deçà de l’affichage officiel. Les crédits de la lutte contre l’immigration irrégulière ne représentent en effet que 6% de la mission « Immigration, asile et intégration ». Dans le PLF pour 2018, ces crédits sont d’ailleurs en baisse de 7% par rapport à 2017.

    La lutte contre l’immigration irrégulière constitue par conséquent, une nouvelle fois, le parent pauvre de la mission « Immigration, asile et intégration », ce qui met en cause la sincérité des déclarations présidentielles.

    L’échec des éloignements forcés

    Le gouvernement a créé un nouvel indicateur au sein du programme 303 (« Immigration et asile ») : le nombre de retours forcés exécutés. Il convient de noter que celui-ci a baissé entre 2015 et 2016, passant de 15.458 à 12.961.

    Le rapporteur, de son propre chef, a comparé le chiffre des éloignements prononcés en 2016 que le gouvernement renâclait à communiquer (92.076) avec celui des éloignements exécutés (16.489) et avec celui des éloignements forcés exécutés (12.961), soit un ratio de 14%, ce qui apparaît complètement insatisfaisant et permet de comprendre le manque de transparence du gouvernement.

    Il faut souligner que l’une des raisons de ces résultats consternants est la mauvaise volonté des pays d’origine à délivrer des laissez-passer consulaires, documents pourtant indispensables aux procédures d’éloignement. Une fois de plus on ne peut que dénoncer la faiblesse sinon la lâcheté des gouvernements français qui ont pourtant entre leurs mains une arme lourde : le blocage des transferts de fonds des immigrés vers leur pays.

    Des chiffres insincères

    Le décompte des éloignements exécutés d’étrangers en situation irrégulière fait l’objet d’une ventilation selon trois types d’éloignement : les éloignements spontanés, les éloignements aidés et les éloignements forcés. Ceux-ci, dont le total en 2016 s’élève, comme nous l’avons vu, à 12.961, regroupent trois catégories : les réadmissions des ressortissants de pays tiers vers l’UE, les renvois de ressortissants de l’UE dans leur pays et surtout les retours forcés de ressortissants de pays tiers hors UE.

    Le nombre de renvois exécutés forcés vers les pays tiers hors UE indiqué par le rapporteur dans son avis s’élève à 6.166 (voy. le tableau en annexe).

    Ce chiffre est inexact et de nature à tromper les parlementaires et le public. En effet la politique d’éloignement donne lieu à un financement par l’UE au travers du Fonds asile migration et intégration (le FAMI) auquel l’administration française a adressé, le 16 février 2017, un rapport d’exécution et une demande d’acompte.

    Dans ce rapport il est indiqué que :

    « Le projet FAMI 2014-2020 conditionne la réalisation du projet sur la base du coût moyen des billets des pays selon la procédure méthodologique jointe et la liste annexée sur la base de l’étude Ernst & Young. A ce titre, le nombre de retours réalisés en 2016 dans le fichier GESTEL transmis par la DCPAF est de 2.429 contre une prévision de 5.800 pour les motifs exposés ci-après. Les données transmises par la Direction des statistiques, des études et de la documentation (DSED) de la DGEF font état de 6.166 retours forcés vers les pays tiers hors UE. »

    Ainsi l’administration, qui a manqué de transparence à l’égard des parlementaires, a été contrainte de communiquer les vrais chiffres d’éloignement forcés exécutés à Bruxelles, nettement inférieurs à ceux affichés officiellement.

    Un tel constat ne peut que renforcer les soupçons qui pèsent sur les données chiffrées communiquées par les pouvoirs publics français au titre de la problématique de l’immigration.

    André Posokhow 27/11/2017

    (*) Voir : Sénat – Commission des lois. Avis budgétaire « Immigration, l’asile et intégration » (PDF), François-Noël Buffet, Sénateur du Rhône, novembre 2017.

    https://www.polemia.com/immigration-asile-et-integration-echec-et-mensonge-du-gouvernement-face-au-senat/

  • Ivan Rioufol sur TV Libertés pour parler de la « grande mascarade » de Macron

    Ivan-Rioufol-Macron-230x350.jpg01/12/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans son recueil de chroniques, Macron, la grande mascarade (éditions du Toucan), Ivan Rioufol, journaliste et éditorialiste au Figaro, retrace l’ascension fulgurante de l’ancien banquier, qui a, dit-il, « une vision postnationale », au fil d’artifices, de tricheries et de mensonges.

    Clone de Justin Trudeau ou sorte de Barack Obama blanc, le nouveau président français se construit au gré de la plume d’Ivan Rioufol pour peindre un homme empli d’ambitions mais vide d’idées et de convictions. Avec près d’un an et demi de bloc-notes acerbes, on redécouvre ainsi comment les Français ont été dupés. Ivan Rioufol est ici l’invité de TV Libertés.

  • POUR FRANÇOIS RUFFIN, LA FRANCE INSOUMISE EST INCAPABLE DE GOUVERNER !

    François Ruffin, député de La France insoumise et palmé à Cannes, cette année, pour Merci patron, documentaire consacré à Bernard Arnault, patron du consortium mondial LVMH, n’est pas forcément le « mauvais garçon » qu’on croit. Parcours assez classique pour un gauchiste : il fait ses classes chez les jésuites, puis chez Daniel Mermet, dont l’émission « Là-bas si j’y suis », fait les belles heures de France Inter, ambiance géopolitique façon poil à gratter.

    Désormais, c’est chez les mélenchonistes que ça démange et qu’on se gratte, donc ; soit depuis la mise en ligne de sa dernière vidéo. La phrase qui fait tache et mouche à la fois ? « Aujourd’hui, La France insoumise peut être reconnue comme la force d’opposition. Et, en même temps, je ne suis pas sûr que les gens nous donnent les clefs du pays pour le gouverner. » Pis : « J’éprouve un certain vertige à l’idée qu’on puisse détenir le pouvoir. Je ne nous sens pas prêts. » Immédiatement, Alexis Corbière, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, allume un contre-feu sur Europe 1, assurant que François Ruffin est un « garçon modeste », un « gentil garçon ».

    Un « garçon » lucide, peut-être, lorsqu’il avertit : « Le défi qu’on aurait en face de nous, il est colossal. Qui sont les techniciens sur lesquels on va pouvoir s’appuyer ? Ce ne sont pas les technos de Bercy, les inspecteurs des finances, qui vont être pour un programme de transformation avec La France insoumise. […] Il va falloir affronter le Sénat, le MEDEF, les médias, la Commission européenne, la Banque centrale, le Conseil constitutionnel. On va être dans une situation conflictuelle vachement forte avec des gens qui ne seront pas préparés à ce niveau de pouvoir, de responsabilité. »

    La vérité oblige à dire que tout cela n’est pas faux. Et même vrai pour tout mouvement prétendant offrir une alternative plutôt qu’une alternance. Cette culture de gouvernement ne s’acquiert pas du jour au lendemain, le Front national en sait quelque chose. En 2007, il y était évidemment plus préparé qu’en 2002. En 2012 plus qu’en 2007. En 2017 encore un peu plus qu’en 2012 ; et pourtant… Domestiquer un système qu’on combat en permanence ? Demander à ses tenants de collaborer à leur éradication programmée ? 

    Vaste programme et équation d’autant plus impossible à résoudre que les mouvements de type révolutionnaire, de droite comme de gauche, ont renoncé à la lutte armée depuis belle lurette, hormis quelques émeutes de rue dont les fauteurs ont à peu près autant de conscience politique que le chat du voisin. Octobre 1917, c’était il y a un siècle. Et le général Boulanger ne nous rajeunit pas non plus.

    L’autre possibilité consiste, évidemment, à subvertir ce même système de l’intérieur, avec les résultats qu’on sait. Les militants d’Occident et du PFN ont infiltré l’UDF et le RPR. Pour donner des Claude Goasguen et des Patrick Devedjian. Leurs homologues trotskistes ont fait de même du Parti socialiste. Avec, au bout du compte… un Harlem Désir et un Jean-Christophe Cambadélis. Plus récemment, ce sont ceux de la Manif pour tous qui tentent encore de « droitiser » la droite. Tout ça pour aboutir sur un Laurent Wauquiez, l’homme qui pétoche plus vite que son ombre…

    Certes, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ou de réussir pour persévérer. D’ailleurs, les activistes de gauche n’ont-ils pas fini par imposer leurs idées sociétales, avec immigrés en vente libre, bébés fabriqués dans le tiers-monde et LGBT mondialisés ? Ceux de droite ne sont-ils pas non plus parvenus à faire de même en matière de sécurité et d’immigration, phénomènes dont personne ne songerait aujourd’hui à prétendre qu’ils soient respectivement « fantasme » ou « chance pour la France » ?

    D’un côté comme de l’autre, la bataille des idées est gagnée. De l’autre comme de l’un, cela ne signifie pas pour autant que tel ou tel puisse parvenir aux plus hautes fonctions – les seules qui comptent, à la fin des fins.

    Que la question posée par François Ruffin soit bonne ou mauvaise n’est pas le problème, tant elle est légitime et méritait d’être posée.

    http://bvoltaire.com/francois-ruffin-france-insoumise-incapable-de-gouverner/

  • Esclaves en Libye : les larmes de la manipulation (redif)

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    18 novembre, le monde découvre grâce à une vidéo de CNN l’existence de marché d’esclaves en Libye. Le parallèle avec le petit Aylan est vite fait. La presse et le monde pleurent. Les coupables sont tout désignés l’Europe et sa politique migratoire.

    Une émission présentée par Jean Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp.

  • L'Hebdo Politique avec J-C Martinez et B. Lugan : Macron en Afrique, le one man show du startuper

  • Un dictionnaire du conservatisme pour détricoter la modernité

    6a00d83451619c69e201b7c9387c03970b-250wi.jpgChristophe Boutin, Frédéric Rouvillois et Olivier Dard publient aux éditions du Cerf un dictionnaire du conservatisme, d’Abstraction à Zouaves pontificaux, de Jean-Paul II à Benoît XVI (mais pas François), du Tea Party à Sens Commun (mais ni FN ni LR), on y trouve des entrées aussi diverses que "la Manif Pour Tous", "Subsidiarité", "Transhumanisme", "Louis Veuillot" et "Jacques Perret"...

    Ce dictionnaire auquel ont collaboré une centaine d'intervenants, dont certains bien connus de ce blog, évoque des hommes, des valeurs (Équilibre ou Honneur), des moments historiques (monarchie de Juillet ou Révolution), des institutions (Institut ou Sénat), des perspectives futures (développement durable ou transhumanisme) comme des mythes (Antigone ou Père). 

    C'est Chantal Delsol qui a eu la charge de l'entrée "Famille". Extrait :

    "Le commencement de la période moderne voit se déployer des récusations acerbes de l'institution familiale. Celle-ci repose nécessairement sur la hiérarchie et sur l'inégalité, pour des raisons bien compréhensibles de différence d'âge et d'expérience - c'est la loi du genre de toute transmission. Or la modernité s'affaire à mettre en cause toutes les inégalités. Chez les idéologues des révolutions modernes (de 1789 à 1917), la société parfaite se compose d'égaux, et les institutions génératrices d'inégalités sont considérées comme des étapes historiques, appelées à disparaître autant qu'elles sont apparues. De Sade à Engels, on s'applique à montrer le caractère transitoire d'une institution considérée comme obsolète. C'est bien pour mettre un terme aux errements de la famille que Sade en appelle à la prostitution généralisée et que Staline parvient à enlever deux millions d'enfants à leurs parents pour les élever dans des orphelinats d'Etat (le communisme en fera autant partout, en témoigne le sort réservé aux enfants grecs après la Seconde Guerre mondiale). Les inspirateurs et continuateurs des révolutions idéologiques ont tendance à penser que m'institution familiale ayant produit certains vices humains, sa disparition effacerait ces vices (comme il en va de l'Etat ou de la propriété privée).

    Michel Janva

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