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France et politique française - Page 2989

  • Halte à l’assassinat programmé de la langue française !

    Marc Rousset

    Trente-deux associations qui défendent la langue française se sont réunies, le 9 mai 2017, au François Coppée à Paris sur le thème « Halte à l’assassinat programmé du français ! » Ce coup de gueule « populaire » à la Zola adressé à nos pseudo-élites politiques et à nos traîtres, lâches et vendus de hauts fonctionnaires – énarques pour la plupart – est tout à fait justifié.

    On assiste à la démolition du français et de la francophonie.

    C’est ainsi que l’Union européenne marginalise d’une façon constante, en petites étapes, les langues officielles autres que l’anglais, devenu aujourd’hui quasi monopolistique dans la production de textes ; étranglement croissant de la traduction en d’autres langues ; obligation faite aux administrations des Etats membres de répondre en anglais ; obligation faite aux pays francophones du Sud souhaitant obtenir des aides du FED (Fonds européen de développement) de présenter leurs dossiers uniquement en anglais. Or, dans la stricte logique du Brexit, l’anglais ne sera plus la langue officiellement déposée auprès de Bruxelles d’aucun État membre de l’Union européenne.

    Il importe donc de :

    1) Pour le français en France :
    – remettre à sa due place la langue française dans nos écoles ;
    – imposer une part importante en français dans toutes les formations diplômantes des universités et grandes écoles françaises ;
    – proposer une loi Toubon renforcée de protection du français et de la faire appliquer ;
    – promouvoir la communication scientifique internationale en français ;
    – veiller à la diversité des langues enseignées ;
    – enjoindre aux administrations publiques de ne pas traiter les documents de travail reçus uniquement en langue étrangère et de ne répondre qu’en français ;
    – contrôler les médias et la publicité afin qu’ils respectent les lois et règlements ;
    – imposer une connaissance suffisante du français à tous les candidats à l’immigration et au regroupement familial.

    2) Pour l’action culturelle française hors de France :
    – rétablir le niveau de financement de l’activité culturelle (Alliances françaises, écoles…) ;
    – augmenter l’aide française au développement vers les pays francophones et d’Afrique.

    3) Pour la francophonie institutionnelle mondiale :
    – faire respecter le français comme langue officielle et de travail dans les institutions internationales et à l’Office européen des brevets ;
    – contester officiellement au Conseil européen le statut de l’anglais langue officielle des institutions ;
    – favoriser les échanges économiques avec nos partenaires de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ainsi qu’avec les départements d’outre-mer de notre vaste espace maritime, le deuxième du monde.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Table ronde : Subsidiarité et solidarité. Action Française.

  • L’Allemagne nous envoie ses « migrants »

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    Depuis 2015, l’Allemagne a accueilli plus d’un million de ces fameux « migrants » – un chiffre colossal. Nous en payons déjà les conséquences en France.

    Après avoir pratiqué une délirante ouverture de ses frontières durant un court laps de temps, l’Allemagne de Merkel se réveille avec la gueule de bois : viols de masse du Nouvel An 2016, attentats, augmentation de l’insécurité et des chiffres du chômage. Depuis 2015, l’Allemagne a accueilli plus d’un million de ces fameux « migrants » – un chiffre colossal. Nous en payons déjà les conséquences en France. Parmi les 1.600 migrants qui campent porte de la Chapelle à Paris se trouvent de nombreux Afghans passés par l’Allemagne… Pourquoi se retrouvent-ils chez nous alors qu’il ne s’agissait pas de leur intention initiale ? La raison est simple : l’Allemagne a durci ses procédures d’obtention du droit d’asile.

    Plutôt que de repartir chez eux, ces « migrants » déboutés tentent désormais leur chance dans d’autres pays d’Europe, dont le nôtre. Ils auraient d’ailleurs tort de se priver, la France étant assez généreuse. L’an passé, l’Allemagne a reçu 130.000 demandes d’asile d’Afghans, mais a refusé d’accorder le statut de réfugié à plus de la moitié d’entre eux. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a, de son côté, accédé favorablement à 80 % des 6.000 dossiers afghans. Si les chiffres peuvent paraître d’une faible importance, il ne faut pas oublier que la France a subi quarante ans d’immigration massive, recevant près de 300.000 immigrés légaux et illégaux annuellement.

    Les Européens n’ont pas su gérer collectivement les flux migratoires. Ils se sont exposés au danger des déplacements des populations du sud du monde, attirées par les richesses du Nord, les aides sociales et tout simplement une vie meilleure.

    En outre, certains pays, à l’image de notre grand voisin germain, se sont montrés irresponsables en pratiquant une politique malthusienne quasi suicidaire. Autre détail pratique : l’Union européenne n’a pas créé d’outils stratégiques susceptibles de lui permettre de faire face. Les accords de Schengen nous mettent à la merci les uns des autres, faute d’une politique commune de lutte contre l’immigration invasion.

    Il faut aussi parler du règlement « Dublin III », qui veut que le pays dans lequel a été formée la demande d’asile soit celui chargé de son instruction et de la décision finale… C’est assez simple mais un peu injuste pour les États à la périphérie du continent, comme la Grèce, la Croatie, l’Espagne ou la Hongrie. Par ailleurs, la Cour européenne de justice, qui ne prend que des décisions délirantes inspirées par une vision dévoyée des droits de l’homme héritée de la Déclaration de 1946, a condamné la Grèce et la Hongrie pour de supposés mauvais traitements infligés aux demandeurs d’asile. Dans le droit fil de ces jurisprudences, l’Allemagne, toute à sa névrose migratoire, n’a pas respecté le susdit règlement pendant plusieurs années.

    Sylvie Goulard, députée européenne du MoDem, membre du premier cercle d’Emmanuel Macron, signait en 2015 une tribune intitulée « Migrants : le don passe avant le calcul » pour le magazine Pèlerin. À cette occasion, elle demandait aux Européens d’accepter de recevoir toujours plus de nouveaux arrivants. Confirmant ses propos, la députée déclarait peu après qu’il fallait « cesser de voir les migrants uniquement comme un fardeau », militant pour l’instauration des fameux quotas… Ce n’est évidemment pas la bonne ligne.

    Bien sûr, les pays européens peuvent collaborer pour traiter ce fléau, mais à la manière australienne, c’est-à-dire en faisant de la Méditerranée une véritable frontière contrôlée par nos marines nationales. Rajoutons que chaque nation devrait pouvoir décider souverainement qui entre et qui n’entre pas. Inspirons-nous des Hongrois, des Autrichiens, des Slovènes ou des Tchèques qui, forts de l’expérience de leurs voisins à l’Ouest, ont décidé de réduire au strict minimum les arrivées d’immigrés extra-européens. Ils savent bien que la vie multiculturelle est périlleuse, exposant nos nations à la division, au terrorisme et au retour du refoulé religieux islamique.

    http://www.bvoltaire.fr/lallemagne-envoie-migrants/

  • Le Parti de la France a tenu ce samedi son Conseil national à Paris

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    Le Parti de la France, dirigé par Carl Lang, tenait ce samedi à Paris son Conseil national. Plus de 150 responsables nationaux et locaux ont assistés à cette réunion au cours de laquelle a été annoncée l'entente entre le PdF, les Comités Jeanne et Civitas pour les législatives du mois de juin. Ainsi, plus de 130 candidats représenteront la Droite nationale à ces élections.

    Compte tenu du positionnement hasardeux adopté ces dernières années par le néo FN et vu l'échec de la candidature "dé-diabolisée" de sa candidate à la Présidentielle, le Parti de la France et ses alliés entendent s'imposer comme étant dorénavant la seule alternative nationale crédible au pouvoir mondialiste de Macron.

    Notons les interventions de Roger Holeindre, Christian et Myriam Baeckeroot, Jean-François Touzé, Dominique Slabolepszy, responsables du Parti, Thomas Joly, son Secrétaire général qui sera dimanche prochain à Nieppe (près de Lille) pour la 5e Journée régionale de Synthèse nationale.

    Jean-Marie Le Pen, Président d'honneur du Front national, est venu dans la matinée prononcer un discours sur la situation générale du pays et apporter son soutien aux candidats patriotes.

    Parmi les invités à ce Conseil national, il y avait Alain Escada, Président de Civitas, Alexandre Cabriac, candidat de ce mouvement à Grenoble, Lorrain de Saint Affrique, Secrétaire général des Comités Jeanne, Thierry Bouzard, Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale.

    Ce dimanche 14 mai, jour de la Fête de Jeanne d'Arc, à 14 h, toutes les forces nationales se retrouveront à l'appel de Civitas devant l'église St Augustin dans le 8e arrondissement de Paris pour un grand meeting unitaire. Suivra un défilé jusqu'à la statue de Jeanne d'Arc, Place des Pyramides.

    Synthèse nationale

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Table ronde : Bien Commun et gouvernement idéal. Action Française.

  • Sens Commun a-t-il nuit à la dynamique de la Manif pour tous ?

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    Si la Manif pour tous fut un succès véritable au niveau du nombre de personnes mobilisées, si elle permis de faire descendre dans la rue la France bien élevée, il n’en reste pas moins qu’elle n’a pas obtenu gain de cause quant à son objectif premier : le retrait de la loi Taubira.

    Elle reste et demeure cependant une force de dissuasion pour de nouvelles lois amorales.

    Cependant, cette force a perdu en vigueur depuis les dernières élections, à cause du soutien qu’a donné Sens Commun, son émanation politique, à François Fillon et à cause des choix de ce candidat malheureux. Sens commun a donc soutenu un candidat qui a donné sa voix pour un candidat pro mariage homosexuel et a refusé à appeler à voter pour le FN qui proposait une alternative à cette loi.

    Cette position n’a pas plu à Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous, qui a, elle, appelé à voter Marine. De toute évidence la contradiction entre la Manif pour tous et Sens Commun a nui aux deux.

    https://fr.novopress.info/

  • François Bousquet : "La droite gagnerait à se souvenir que le sujet historique demeure le peuple français et son identité"

    Extrait de l'entretien accordé par François Bousquet à Eugènie Bastié pour le Figaro :

    6a00d83451619c69e201bb099addec970d-320wi.jpg"(...) C'était la stratégie des gaullistes en 1947 et 1958. En gros, la synthèse du conservatisme (Fillon) et du populisme (Le Pen).

    Cette droite buissonnière a pris la clé des champs après la défaite de 2012 - au demeurant plus qu'honorable - à la suite de la débuissonnisation méthodique à laquelle l'ex-UMP s'est livrée, avec les conséquences que l'on sait: ramener la droite de gouvernement à son étiage chiraquien, plus ou moins 20 %, là où Sarkozy avait porté l'UMP à plus de 31 %. Les ténors LR ont parachevé ce processus de débuissonnisation le 23 avril au soir en appelant à voter quasiment comme un seul homme pour Macron, obéissant au mouvement centripète du système, enterrant par-là même la règle du «ni FN ni PS au deuxième tour», adoptée lors des cantonales de 2011. Le tout au grand désarroi d'électeurs républicains qui n'ont pas compris qu'on puisse ainsi passer sans coup férir du «ni-ni» au «oui-oui».

    L'enseignement à venir, c'est que la fracture populiste - le peuple contre les élites - traverse pareillement les partis, entre des bases qui ont tendance à se radicaliser et des états-majors qui ont fait le choix de se recentrer. Le PS en est mort, les LR en sursis (...)

    Le vrai pouvoir, en amont du pouvoir politique et qui le conditionne, c'est la production de la parole autorisée. Autrement dit, la maîtrise du licite et de l'illicite. C'est cela qui fonde la sacralité d'un régime, quel qu'il soit: le périmètre de l'interdit. Et c'est cela qui a changé au milieu des années 2000 quand Buisson a convaincu Sarkozy d'inscrire son action dans le cadre d'un «gramscisme de droite», du nom de ce marxiste italien qui a théorisé la notion d'hégémonie culturelle. Cette hégémonie est en train de changer de camp. Le foisonnement de jeunes intellectuels à droite, depuis une dizaine d'années, en témoigne. Il démontre que les progressistes n'ont plus le monopole de la pensée critique.

    Mais les candidats de droite l'ont oublié, autant François Fillon que Marine Le Pen, qui ont commis une erreur symétrique: se placer en priorité sur le terrain de l'économisme. Fillon pour accélérer le processus d'intégration à la zone euro. Le Pen, pour en sortir. C'est un terrain sur lequel ils ne sont pas susceptibles d'optimiser leurs ressources électorales et n'ont pas plus de légitimité que Macron, pour l'un, et Mélenchon, pour l'autre. C'est particulièrement frappant chez Fillon qui a récité les sourates de l'économisme, nonobstant l'instrumentalisation de Sens commun: une campagne triple A, le modèle allemand, un thatchérisme continental. Rien à destination des catégories populaires et de la France périphérique sacrifiée sur l'autel de la mondialisation.

    Quant à Marine Le Pen, elle a axé sa campagne sur la question de la souveraineté sans concevoir que cette dernière n'est pas un but en soi, mais un outil au service du bien commun. La posture tapageusement ouvriériste dans laquelle elle s'est enfermée lui a aliéné une partie de son électorat et a précipité le départ de sa nièce, sûrement l'élément le plus prometteur pour le FN. Sans compter le surréaliste débat d'entre-deux-tours qui a fait ressortir de manière criante une inaptitude à se «présidentialiser». Pire: des limites insoupçonnées, comme si la candidate avait atteint son seuil d'incompétence, selon les lois du principe de Peter. Ce débat laissera des traces et ce n'est pas le toilettage cosmétique envisagé, le changement de nom, qui les effacera.

    Comment la droite française peut-elle se refonder?

    La droite gagnerait à se souvenir que le sujet historique demeure le peuple français et son identité. Cela même qui a fait la force de Sarkozy en 2007, quand il a levé le tabou de l'identité nationale, faisant la course en tête et obligeant ses adversaires à se positionner par rapport à lui: la critique de Mai 68, la restauration de l'autorité, les racines chrétiennes. Sa campagne portait avec elle une vision du monde solidement charpentée, mise en paroles, jamais en actes. C'est la faute originelle de son mandat: Sarkozy n'a pas transformé la victoire idéologique de 2007, ce qui préparait les défaites politiques de 2012 et 2017. Celui qui saura politiquement transformer cette victoire idéologique aura un bel avenir devant lui."

    Philippe Carhon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Maintien de l’ordre & Affrontements de basse intensité : Bienvenue dans l’Absurdie hexagonale !

    Les récentes manifestations, ou, plutôt, les dramatiques incidents qui se nouent en leur sein ou à leur périphérie, viennent nous rappeler, qu’aux côtés de la violence takfirî, existent d’autres formes d’engagements & de terrorisme urbain. À peu près aussi mal appréhendées & gérées par les pouvoirs publics.

    Entrons dans le vif du sujet : quel regard portez-vous sur les groupes d’activistes type Black Bloc ?

    Jacques Borde. D’un point de vue technique – je ne m’intéresse guère à leurs idées, désolé – il convient de leur reconnaître une technicité certaine des méthodes de guérilla urbaine. Ils sont très mobiles et réactifs. Et, parfaitement rodée depuis le temps face à un adversaire englué, lui, dans une stratégie et des tactiques dépassées à 99%.

    Tant qu’ils ont affaire à des forces aux méthodes qui ont connu assez peu d’évolution, sauf en termes de protection des personnels, disons qu’ils gardent la main et l’avantage.

    Adversaire ? À qui pensez-vous ?

    Jacques Borde. Aux États, dont le nôtre pardi. Une guerre, quelle que puisse être son intensité, basse, moyenne ou haute, doit être appréhendée de manière dynamique.

    Prenons un exemple : les forces américaines qui débarquent en Normandie en 1944 n’ont plus rien à voir avec celles qui ont eu à subir le choc de l’aéronavale japonaise le 7 décembre 1941. Grand Dieu, à part quelques aménagements cosmétiques, pourquoi nos États combattent-ils un adversaire selon une praxis élaborée dans les années 80 ?

    Donc vous les prenez au sérieux ?

    Jacques Borde. Il ne faut jamais sous-estimer qui que ce soit. Oui, je les prends au sérieux. D’autant que les des Black Blocs, eux, n’ont jamais cessé d’évoluer et de progresser tactiquement. La question est, plutôt, de savoir, si les pouvoirs publics, eux, en font autant.

    Quelles sont leurs limites ?

    Jacques Borde. Les des Black Blocs ? Pour l’instant, ceux auxquels nos forces de sécurité ont affaire semblent surtout être familiers, de par leurs confrontations, de nos polices européennes. Donc, des forces de l’ordre :

    1- assez bridés dans leurs praxis opérationnelles ;
    2- utilisant les mêmes méthodes depuis des années.

    Donc, rien ne dit qu’ils garderaient, je parle des Black Blocs bien sûr, leur avance tactique face à des forces de l’ordre montant en gamme. Mais, ce qui n’est pas pour demain.

    Donc, ils sont efficaces, selon vous ?

    Jacques Borde. Dans le cadre actuel du maintien de l’ordre, tel que pratiqué dans la plupart des pays occidentaux, oui. Très efficaces même.

    Mais vous noterez que cette efficacité est quasi nulle dans certains États nord-américains où, depuis peu, la police réagit très vite et, est elle-même très mobile. Et où toute menace majeure peut déboucher sur la mise en œuvre d’armes à feu parfaitement létales.

    Idem en Israël. Où, notamment, la Mishmar Ha’Gvul (MA’GAV, police des frontières israélienne) intervient avec des méthodes beaucoup plus musclées.

    Sans parler d’un Renseignement intérieur prompt à étouffer les menaces dans l’œuf.

     Mais c’est une forme de violence récente ?

    Jacques Borde. Pas du tout, en fait. Ses origines remontent aux Autonomes de Berlin-Ouest au début des années 1980.

    Quant au terme de Black Bloc lui même, il nous vient de la Stasi1 est-allemande qui surnommait ainsi les groupes d’anarchistes ou d’autonomes, cagoulés et vêtus de noir. La Stasi a disparu. Pas les Black Blocs

    Le Black Bloc gagnera en notoriété au fil des ans :

    1- manifestations contre la 1ère Guerre du Golfe (1991) ;
    2- 1999, Contre-sommet de l’OMC à Seattle ;
    3- manifestations contre les G8 à Gênes en juillet 2001 ;
    4- Évian en 2003 ;
    5- Heiligendamm en 2007 ;
    6- Contre-sommet de l’OTAN à Strasbourg en avril 2009.

    Donc difficile de prétendre qu’on a affaire à quelque chose qui nous surprenne vraiment.

    Récemment, il y a eu des reproches assez sévères adressées au ministère de l’Intérieur ?

    Jacques Borde. En France, oui, effectivement. Des CRS ont fait plusieurs reproches à leur hiérarchie :

    1- le fait que cette hiérarchie ne soit guère présente à leur côté. En première ligne je veux dire ;
    2- des ordres d’encaisser sans bouger et de laisser faire jusqu’à l’absurde. Certains parlant même de mise en danger de la vie des personnels engagés sur le terrain ;
    3- l’interdiction de recourir à des armes comme les lance-grenades de 40 mm ;

    Je vous vois soupirer…

    Jacques Borde. Oui, pour deux raisons :

    Primo. Ces reproches reflètent une bonne part de la réalité. Mais vous savez, je connais aussi des officiers qui savent être très prêts de leurs hommes. Évitons donc de généraliser.

    Secundo. Une arme n’est jamais la panacée. Le 40 mm, pas plus que les autres. Certes, cette arme extrêmement précise entre les mains de personnels entraînés est une solution. Mais, elle peut aussi faire de gros dégâts. Et, surtout, son usage ne prendra tout son sens qu’associé à de nouvelles tactiques et de nouvelles règles d’engagement. Donc, pas demain la veille…

    Que voulez-vous dire ?

    Jacques Borde. Que, dans le cadre politique actuel, nos forces sur le terrain (CRS, Gendarmerie mobile, etc. peu importe) resteront cet élément entre le marteau et l’enclume sur lequel se défaussent ad aeternam les pouvoirs publics. Pas de vagues et, surtout, pas de victimes de l’autre côté ! C’est que ce l’on appelle le syndrome Malik Oussekine

     C’est-à-dire ?

    Jacques Borde. Le 6 décembre 1986 à Paris, en marge d’une manifestation étudiante contre le projet de réforme universitaire Devaquet, Malik Oussekine, étudiant franco-algérien à l’École supérieure des professions immobilières (ESPI), souffrant d’une sévère insuffisance rénale, décède après avoir été rattrapé et roué de coups par des Voltigeurs

    Voltigeurs ?

    Jacques Borde. Des policiers montés à deux sur une moto tout-terrain, l’un armé d’un bidule, grande matraque de bois dur, qui ont comme mission de « nettoyer » les rues après les manifestations. Ce corps de police fut dissous à la suite de l’affaire.

    Une triste affaire qui résume bien les aléas du maintien de l’ordre…

    Que faut-il faire ?

    Jacques Borde. Il n’existe jamais de solution miracle. J’ai moi-même un passé étudiant. Le  Bidule je connais ! Et de près. Rattrapé et neutralisé (sic), vous vous mettez en boule et attendez que ça passe. En règle générale, vous avez des bleus pour une bonne semaine. Bien répartis par un pro, cela vous laisse des courbatures qui vous tiennent à l’écart des manifs un certain temps. Malik Oussekine n’a pas eu de chance. Mais il est évident que les Voltigeurs n’avaient absolument pas d’intention homicide à son égard.

    Les 40 mm c’est un peu la même chose. L’arme est précise mais : le stress, une mauvaise visée, un coup de doigt, comme disent les tireurs, et vous pouvez basculer dans le drame…

    Et que fait-on, alors ?

    Jacques Borde. C’est bien là le hic : rien ! C’est ce que disait, en 2016, le lieutenant-colonel Stéphane Bras2, « En évitant le contact physique on évite les blessés du côté des forces de l’ordre et des manifestants, ça reste le principe majeur ».

    Le problème c’est qu’aujourd’hui, on a, d’un côté, :

    1- des Black Blocs, parfaitement organisés, qui cherchent un affrontement dont ils connaissent parfaitement les codes et les limites imposées aux forces de l’ordre.
    2- un État qui ne se résout pas à l’emploi de nouvelles praxis : le fameux syndrome Malik Oussekine.

    Et, au bout du bout, des policiers, des gendarmes et des CRS que l’on préfère voir encaisser des coup de plus en plus rudes. Quitte à être brûlés vifs.

    En un mot, comme en cent : bienvenue en Absurdie…

    Notes

    1 Ou Ministerium für Staatssicherheit (MfS, ministère de la Sécurité d’État, dit Stasi (abréviation de Staatssicherheit) ?
    2 À la tête du Centre de Saint-Astier dédié à la formation des Gendarmes mobiles.

    Jacques Borde

    http://www.voxnr.com/8968/maintien-de-lordre-affrontements-de-basse-intensite-bienvenue-dans-labsurdie-hexagonale