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France et politique française - Page 3631

  • La déontologue de l’Assemblée nationale était payée par l’industrie pharmaceutique

    Chargée d’aider les députés à lutter contre les conflits d’intérêts, l’avocate Noëlle Lenoir défendait en même temps un laboratoire pharmaceutique qui contestait une décision ministérielle.

    Est-il conforme à l’éthique d’être à la fois avocat d’une entreprise privée en guerre contre l’État et déontologue de l’Assemblée nationale? Selon nos informations, Me Noëlle Lenoir défendait déjà les intérêts des laboratoires Genevrier en septembre 2013 quand elle exerçait la fonction de déontologue à l’Assemblée, poste qu’elle a occupé jusqu’à mi-avril 2014. Et c’est ce même industriel français qu’elle représente aujourd’hui encore, celui pour lequel elle a saisi le tribunal administratif de Montreuil, début octobre.

    Officiellement, l’enjeu pour le fabricant était de savoir quels membres de la Haute Autorité de santé (HAS) s’étaient prononcés pour le déremboursement de son produit, le Chondrosulf, un anti-arthrose qui rapportait alors la bagatelle de 40 millions d’euros par an. La HAS avait émis cet avis car elle jugeait le service médical rendu «insuffisant». La ministre de la Santé – qui n’est pas tenue de suivre l’avis de la Haute Autorité – avait signé le déremboursement du Chondrosulf, intervenu le 1er mars 2015. Or, lorsque la Sécurité sociale ne prend plus en charge un médicament, ses ventes s’effondrent.

    Des parlementaires de plus en plus exposés 

    Le 23 octobre, le tribunal administratif de Montreuil a pris deux décisions. La première, et la plus importante: il a estimé que la HAS ne pouvait pas fournir aux laboratoires un document qui n’existe pas, car, si les noms des votants sont connus, le contenu des votes n’est pour autant pas consigné. Le tribunal a toutefois demandé à la HAS de communiquer à Genevrier l’identité des chefs de projet ayant participé à l’émission de l’avis. Et voilà donc comment une ancienne déontologue a défendu un industriel pour remettre en question une décision prise par les pouvoirs publics. «Est-ce normal de représenter, moyennant rémunération, un groupe privé contre les intérêts de l’État, alors que l’on a été l’un de ses représentants? Est-il normal de le faire à un moment où l’on avait justement pour mission d’arbitrer les conflits d’intérêts des élus?» s’interroge un proche du dossier.

    Nommée déontologue par le bureau de l’Assemblée le 10 octobre 2012, à un poste créé par Bernard Accoyer, cette ancienne membre du Conseil constitutionnel (1992-2001) fut aussi ministre des Affaires européennes sous Jacques Chirac. Au Palais Bourbon, où elle disposait d’un bureau, elle était notamment missionnée pour examiner les déclarations d’intérêts des députés, censés mentionner les activités rémunérées ou de conseil ces cinq dernières années.

    Les élus l’avaient par ailleurs sollicitée pour savoir s’ils devaient accepter des parrainages de colloques ou des sollicitations de lobbies, etc. «Les parlementaires sont de plus en plus exposés, et ils ressentent un certain malaise, avait alors expliqué Noëlle Lenoir. La fonction de déontologue paraît véritablement répondre à un besoin.» Elle se définissait comme «l’instrument de cette évolution culturelle vers plus de transparence». Elle avait aussi émis des réserves sur la moralité de tout club «visant à défendre les industries du tabac». Curieusement, rien sur l’industrie pharmaceutique.

    Communication prohibée

    Contactée par Le Figaro, Noëlle Lenoir explique aujourd’hui que «la profession d’avocat n’est pas une profession honteuse» et qu’elle ne voit pas en quoi la fonction de déontologue de l’Assemblée serait incompatible avec la défense «d’une petite entreprise qu’on est en train de faire exploser».

    Par ailleurs, Noëlle Lenoir n’a semble-t-il pas lu le règlement qui régit la profession d’avocat. Sur la carte de visite au bas de ses mails, celle qui officie dans le cabinet parisien Kramer Levin utilise la mention: «Partner, ancienne ministre». Or le code de déontologie est clair: «Toute référence à des fonctions ou activités sans lien avec l’exercice de la profession» est prohibée dans les communications d’avocat. Tout contrevenant s’expose à des sanctions de la part de l’Ordre. À un rappel à la déontologie, en somme.

    http://www.contre-info.com/la-deontologue-de-lassemblee-nationale-etait-payee-par-lindustrie-pharmaceutique#more-39805

  • Le président Hollande doit soustraire la France aux lois sur l’Union Bancaire pour protéger les comptes en banque et l’épargne des Français

    Communiqué de presse‏ de Philippe Murer, économiste au cabinet de Marine Le Pen

    Le gouvernement de François Hollande a adopté une loi scélérate à l’encontre des citoyens français avec une discrète ordonnance, sortie le 20 Août 2015 au cœur de l’été.

    Cette ordonnance délègue à la Commission Européenne la garantie des dépôts et de l’épargne des Français gérée par les banques en vertu de la loi sur l’Union Bancaire. Il est prévu qu’en cas de difficulté d’une banque française, les dépôts et l’épargne bancaire seront saisis, on devrait dire volés, pour rendre la banque à nouveau solvable, la recapitaliser en langage technique !
    Si les dirigeants d’une banque prennent des risques inconsidérés, l’argent des épargnants sera donc confisqué sous l’égide de la Commission Européenne, afin de sauver cette banque ! C’est exactement le mécanisme qui fut utilisé pour sauver les banques à Chypre.

    En théorie, seule l’épargne supérieure à 100.000 euros sera saisie. Dans la pratique, les Institutions Européennes sont autorisées à abaisser ce montant si les conditions le justifient.
    On se rappellera que de nombreuses banques françaises étaient dans une situation très délicate en 2008 et avaient dû recevoir une aide de l’Etat. Cette situation de crise bancaire peut malheureusement se reproduire ; à l’avenir, l’appui de l’Etat ne pourra pas être sollicité, les banques seront recapitalisées avec l’argent des épargnants.

    Nous demandons instamment au président Hollande de revenir sur cette ordonnance scélérate et de soustraire la France aux lois européennes sur l’Union Bancaire afin de protéger les comptes en banque et l’épargne des Français.

    Front National

    http://partinationalfrancais.hautetfort.com/

  • Marine Le Pen se fera représenter au meeting LMPT

    Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, déclare à Libération :

    «Il s’agit de questionner pendant une trentaine de minutes les candidats aux régionales sur leur projet, et notamment sur la famille. Xavier Bertrand (LR) sera là, tout comme Jean-Philippe Tanguy (Debout la France). Même Sandrine Rousseau (EE-LV) nous a fait parvenir une intéressante réponse écrite. Dans les autres régions, les têtes de liste FN sont venues ou ont promis de le faire. Mais Marine Le Pen a juste proposé de nous envoyer l’un de ses colistiers, Eric Dillies. Alors qu’elle se trouvera presque au même endroit

     «M. Dillies sera le bienvenu parmi le public, mais c’est Marine Le Pen qui est invitée à s’exprimer. Dans les autres régions, les têtes de listes FN sont venues, ou ont promis de le faire. En tout cas, il y a une logique : elle ne vient pas à nos manifestations, elle ne vient pas à notre meeting. Il y a peut-être des différences de conception sur la famille au sein du FN.»

    Eric Dillies dénonce : 

    «On n’impose pas son agenda comme ça. Là, ça prend une tournure politicienne, on est dans le règlement de compte vis-à-vis du FN. Ces gens prétendent défendre des valeurs, mais je ne sais pas où ils ont mis leur christianisme dans cette histoire 

    Le FN rappelle qu’il est favorable à l’abrogation de la loi Taubira, sans exclure une «amélioration du Pacs».

    Michel Janva

  • Migrants, Euro, Russie, nationalisme : la désintégration apocalyptique de l'UE

  • Démission Myriam El Khomri !

    On commence à en avoir plus que marre de leur incompétence, de leurs faux semblants, de leur je m’en foutisme !

    Mais quelle équipe !

    Après le DSK, le Cahuzac, le Fabius qui est toujours en retard d’une guerre et va nous en mettre une sur le dos, le Machin truc qui cirait ses chaussures dans les salons de l’Elysée, le Chose machin qui ne payait pas ses impôts, le Valls la tremblotte, le gouvernement en entier qui promulgue une loi et l’efface le lendemain, leurs décisions plus que vaseuses, ainsi les homosexuels peuvent donner leur sang… s’ils n’ont pas eu de rapporte sexuels depuis un an ! Il faut les pucer pour qu’on vérifie ? Et leur communication ridicule ! Le coup de Lucette pour donner à Hollande tout le lustre de la réputation de Poutine…………………….. (Attendez, je ris !)

    Là, donc ce matin, brunette bis, l’une aussi compétente que l’autre, s’est fait moucher en beauté chez Bourdin ! Figurez-vous qu’elle est incapable de savoir combien de fois un CDD peut être renouvelé !!!!!!

    http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/myriam-el-khomri-admet-ne-pas-connaitre-le-nombre-de-renouvellement-possible-de-cdd-687667.html

    C’est vrai, que pour un ministre du travail, c’est quand même une notion très complexe. Rebsamen était déjà le prototype du pote qui a bien travaillé pour le clan et qu’il faut caser, mais elle, dès sa première intervention, elle bat tous les records !

    Et tellement sûre d’elle avec ses airs, essayant de mentir autant que possible. La honte ! La chouma !

    -il peut être renouvelé combien de fois le CDD ? 

    -Heu…Plusieurs fois …

    On pense au sketch de Fernand Raynaud !!!!

    Et sur un sujet aussi sensible que le Chômage ! Pauvres malheureux qui vous retrouvez à la rue ! Voilà qui vous défend !

    Là, c’est trop !

    Marre, marre, marre !

    Il est évident, si je me rapporte au remarquable documentaire sur Hollande, « Un air de président », (Il n’en a ni l’air, ni l’art .) que choisir une ministre est pour eux prendre une jeune brunette qui fait exotique et dont les compétences sont secondaires et même tertiaires. Ainsi, dans ce doc, un chef-d’œuvre de la com de Hollande, on voit Hollande et Valls sur le perron de l’Elysée, discutant avec brunette ter, Fleur Pellerin, celle qui n’a pas le temps de lire, vu l’importance de son taf, et qui prend conseil auprès de l’intelligentsia . Hollande la conseille, tel Cicéron un sénateur.

    -Il faut que tu sortes tous les soir , oui, tape-toi un spectacle tous les soirs. Et va demander des conseils à Jack !!!!!!

    L’ineffable Valls la tremblote ajoute un détail qui vaut son pesant de cacahuètes

    -Et aussi à Monique…

    Quelle Monique , ce sont dit certains ? Mais Monique Lang !!!!

    Ainsi donc quand on est ministre de la culture , il suffit d’aller demander des conseils à Lang et surtout à son épouse !

     !!!!!!!!

    Ils nous auront tout fait !

    Menteurs, non pas incompétents car on ne leur demande rien en haut lieu si ce n’est d’obéir aux injonctions des banques et du capital, mais lamentables, dangereux. Qu’est-ce que c’est que ce méga-attentat qu’on nous annonce de tous les côtés ? Celui de Charlie-hebdo avait aussi été annoncé ! Il faut essayer de créer une situation tragique pour bloquer les réseaux sociaux ? Le FBI opère en France comme aux US où il prend des paumés et leur fait monter un attentat pour toucher des subventions ? (« Envoyé spécial » sur la 2, qui ne passe pas jusqu’à présent pour une chaîne complotiste !)

    Ah ! Quelle infection.

    Bonne journée à tous, je vais me laver les mains !

    L’ignorance d’El Khomri est inadmissible, honteuse.

     Elle doit démissionner.

    #DémissionMyriamElKhomri

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/demission-myriam-el-khomri-173733

  • Zoom : Jean Louis Butré : "La COP21 est basée sur un mensonge général" (05-11-2015)

  • Étrangers: naturalisés !

    (Présent 8477)

    Il y a des sujets qu’il vaut mieux enterrer juste avant les élections. Entre deux cafouillages sur les impôts locaux des retraités et les allocations handicapés, Manuel Valls déclare renoncer au vote des étrangers : « Il ne faut pas courir derrière des totems ». La décision et la formule font hurler Libération qui parle d’« ultime reniement » sur ce marqueur historique qui porte une si belle exigence de gauche.
    8477-Une-Présent
    Selon le premier ministre, cette promesse [du candidat Hollande] ne sera pas mise en œuvre et ne sera pas reproposée à la prochaine élection présidentielle « parce qu’elle tend inutilement et que ce n’est plus le sujet ». Surtout avec l’absence d’une majorité des 3/5e nécessaire au Parlement réuni en congrès pour faire passer une telle réforme constitutionnelle. Fureur des « assoces » et de Cambadélis qui affirme que le projet est toujours à l’ordre du jour du Parti socialiste et qu’« il adviendra un jour ».

    Trêve de comédie, car derrière cette annonce si bien mise en musique par les médias, Manuel Valls a bien mieux dans sa manche. Le meilleur substitut au droit de vote des étrangers et qu’il entend encore accélérer : « Le vrai sujet est de renouer avec la naturalisation ». Comme s’il n’avait jamais rompu avec ! Lui qui, pour accélérer le nombre des naturalisations, demandait dans une circulaire à tous les préfets de France en 2012 de revenir sur les critères « discriminants » mis en place par son prédécesseur, Claude Guéant.

    Manuel Valls veut un nouvel assouplissement des conditions de naturalisation pour les étrangers qui résident en France depuis plus de cinq ans. « Pour voter, devenez Français ».

    Faciliter les démarches de naturalisation et assouplir les critères en pleine submersion migratoire alors que les clandestins entrent sur notre territoire par paquets de mille, relève de la plus haute trahison et d’une braderie de notre nationalité sans précédent. Tous Français dans cinq ans ?
    Bravo, Valls, le changement de peuple et de civilisation est bien plus certain et acquis comme cela qu’en passant par les urnes.

    Caroline Parmentier

    http://fr.novopress.info/

  • Le déclin des intellectuels français

    Source : Politico et http://www.les-crises.fr

    Paris a cessé d’être un centre majeur d’innovation dans les sciences humaines et sociales.

    Une des inventions les plus caractéristiques de la culture française moderne est «l’intellectuel».

    En France, les intellectuels ne sont pas seulement des experts dans leurs domaines particuliers, comme la littérature, l’art, la philosophie et l’histoire. Ils parlent aussi en termes universels et l’on attend d’eux qu’ils donnent des conseils moraux sur des questions générales, sociales et politiques. En effet, les plus éminents intellectuels français sont des figures presque sacrées, qui devinrent des symboles mondiaux des causes qu’ils ont soutenues – ainsi la puissante dénonciation de l’intolérance religieuse par Voltaire, la vibrante défense de la liberté républicaine par Rousseau, l’éloquente diatribe de Victor Hugo contre le despotisme napoléonien, le plaidoyer passionné d’Émile Zola pour la justice pendant l’Affaire Dreyfus et la courageuse défense de l’émancipation des femmes par Simone de Beauvoir.

    Par-dessus tout, les intellectuels ont fourni aux Français un sentiment réconfortant de fierté nationale. Comme le dit le penseur progressiste Edgar Quinet, non sans une certaine dose de fatuité bien gauloise : « La vocation de la France est de s’employer à la gloire du monde, pour d’autres autant que pour elle, pour un idéal qui reste encore à atteindre d’humanité et de civilisation mondiale. »

    * * *

    Cet intellectualisme français s’est aussi manifesté à travers un éblouissant éventail de théories sur la connaissance, la liberté et la condition humaine. Les générations successives d’intellectuels modernes – la plupart d’entre eux formés à l’École Normale Supérieure de Paris – ont très vivement débattu du sens de la vie dans des livres, des articles, des pétitions, des revues et des journaux, créant au passage des systèmes philosophiques abscons comme le rationalisme,l’éclectisme, le spiritualisme, le républicanisme, le socialisme, le positivisme et l’existentialisme.

    Cette fiévreuse activité théorique atteint son apogée dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale avec l’apparition du structuralisme, une philosophie globale qui soulignait l’importance des mythes et de l’inconscient dans la compréhension humaine. Ses principaux représentants étaient le philosophe Michel Foucault, homme de culture et d’influence, et l’ethnologue Claude Lévi-Strauss, tous deux professeurs au Collège de France. Parce qu’il partageait son nom avec celui d’une célèbre marque de vêtements américains, Lévi-Strauss reçut toute sa vie des lettres lui commandant des blue-jeans.

    Le symbole suprême de l’intellectuel « Rive Gauche» fut le philosophe Jean-Paul Sartre, qui mena le rôle de l’intellectuel public à son paroxysme. L’intellectuel engagé avait le devoir de se consacrer à l’activité révolutionnaire, de remettre en cause les orthodoxies et de défendre les intérêts de tous les opprimés. Le rayonnement de Sartre tient beaucoup à sa manière d’incarner l’intellectualisme français et sa promesse utopique d’un avenir radieux : son ton radical et polémique et sa célébration de l’effet purificateur du conflit, son style de vie insouciant et bohème qui rejetait délibérément les conventions de la vie bourgeoise, et son mépris affiché pour les institutions établies de son époque, qu’il s’agisse de l’État républicain, du Parti communiste, du régime colonial français en Algérie ou du système universitaire.

    Selon ses termes, il était toujours « un traître » – et cet esprit d’anticonformisme était au centre de l’aura des intellectuels français modernes. Et bien qu’il détestât le nationalisme, Sartre contribua inconsciemment à ce sentiment français de grandeur par son incarnation de la prééminence culturelle et intellectuelle, et par sa supériorité facile. En effet, Sartre était sans aucun doute une des figures françaises les plus célèbres du 20e siècle et ses écrits et polémiques furent ardemment suivis par les élites culturelles à travers le monde, de Buenos Aires à Beyrouth.

    * * *

    La Rive gauche d’aujourd’hui n’est plus qu’un pâle reflet de cet éminent passé. À Saint-Germain-des-Prés, les boutiques de mode ont remplacé les entreprises de la pensée. En fait, à de rares exceptions près, comme le livre de Thomas Piketty sur le capitalisme, Paris a cessé d’être un centre majeur d’innovation en sciences humaines et sociales.

    Les traits dominants de la production intellectuelle française contemporaine sont ses penchants superficiels et convenus (qu’incarne un personnage comme Bernard-Henri Lévy) et son pessimisme austère. Aujourd’hui, en France, les pamphlets en tête des ventes de littérature non-romanesque ne sont pas des œuvres offrant la promesse d’une nouvelle aube, mais de nostalgiques appels à des traditions perdues d’héroïsme, comme « Indignez Vous! » (2010) de Stéphane Hessel, et des monologues islamophobes et pleurnichards répercutant le message du Front national de Marine Le Pen sur la destruction de l’identité française.

    Deux exemples récents sont « L’Identité Malheureuse » (2013) d’Alain Finkielkraut et « Le Suicide Français » d’Eric Zemmour (2014), tous deux imprégnés d’images de dégénérescence et de mort. L’œuvre la plus récente dans cette veine morbide est « Soumission » de Michel Houellebecq (2015), un roman dystopique qui met en scène l’élection d’un islamiste à la présidence française, sur fond d’une désintégration générale des valeurs des Lumières dans la société française.

    * * *

    Comment expliquer cette perte de repères française ? Les changements du paysage culturel environnant ont eu un impact majeur sur la confiance en soi française. La désintégration du marxisme à la fin du 20e siècle a laissé un vide qui n’a été rempli que par le post-modernisme.

    Mais les écrits de gens comme Foucault, Derrida et Baudrillard aggravèrent le problème, par leur opacité délibérée, leur fétichisme du jeu de mots insignifiant et leur refus de la possibilité d’un sens objectif (la vacuité du post-modernisme est brillamment parodiée dans le dernier roman de Laurent Binet, « La septième fonction du langage », une enquête criminelle autour de la mort du philosopheRoland Barthes en 1980).

    Mais la réalité française est elle-même loin d’être réconfortante. L’enseignement supérieur français, surpeuplé et sous-financé, part en lambeaux, comme l’indique le rang relativement bas des universités françaises dans le classement académique des universités mondiales de Shanghai. Le système est devenu à la fois moins méritocratique et plus technocratique, produisant une élite manifestement moins sophistiquée et intellectuellement créative que celle de ses prédécesseurs du 19e siècle et du 20e siècle : le contraste à cet égard entre Sarkozy et Hollande, qui peuvent à peine s’exprimer en français, et leurs prédécesseurs à la présidence, éloquents et cérébraux, est saisissant.

    Sans doute la raison la plus importante de cette perte de dynamisme intellectuel française est le sentiment croissant qu’il y a eu un recul important de la puissance française sur la scène mondiale, dans ses dimensions basiquement matérielles, mais aussi culturelles. Dans un monde dominé politiquement par les États-Unis, culturellement par les sournois « Anglo-Saxons » et en Europe par le pouvoir économique de l’Allemagne, les Français luttent pour se réinventer.

    Peu d’auteurs français contemporains – avec l’exception notable de Houellebecq – sont très connus hors de leurs frontières, pas même de récents prix Nobel comme Le Clézio et Patrick Modiano. L’idéal de la francophonie n’est qu’une coquille vide, et derrière ses beaux discours, l’organisation a peu de résonance réelle parmi les communautés francophones du monde.

    Ceci explique pourquoi les intellectuels français semblent si sombres quant à leur avenir national et sont devenus d’autant plus égocentriques, et de plus en plus tournés vers leur passé national : comme l’historien français Pierre Nora l’a déclaré plus franchement, la France souffre « de provincialisme national ». Il est intéressant de noter, dans ce contexte, que ni l’effondrement du communisme dans l’ancien bloc soviétique, ni le printemps arabe, n’ont été inspirés par la pensée française – en opposition totale avec la philosophie de libération nationale qui a soutenu la lutte contre le colonialisme européen, qui fut façonnée de manière décisive par les écrits de Sartre et Fanon.

    En effet, alors que l’Europe cafouille honteusement dans sa réponse collective à l’actuelle crise des réfugiés, force est d’admettre que la réaction qui a été le plus en accord avec l’héritage rousseauiste d’humanité et de fraternité cosmopolite des Lumières n’est pas venue de la France socialiste, mais de l’Allemagne chrétienne-démocrate.

    Sudhir Hazareesingh est enseignant en sciences politiques au Balliol College, à Oxford. Son nouveau livre, « How the French think: an affectionate portrait of an intellectual people » [« Comment pensent les Français : un portrait affectueux d'un peuple intellectuel »], est publié par Allen Lane à Londres et Basic Books à New York. La version française est publiée par Flammarion sous le titre « Ce pays qui aime les idées ».

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/