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France et politique française - Page 3815

  • Pédagogistes : l'école des cancres

    L'idéologie « pédagogiste », qui imprègne les nouveaux programmes, poursuit à travers l'école la chimère de l'égalité... et a fini par déboucher sur la pire forme d'élitisme.

    « Changer la société pour changer l'école, changer l'école pour changer la société ». Cette maxime des Cahiers pédagogiques, revue mensuelle du CRAP (Cercle de Recherche et d'Action Pédagogique) qui « promeut un militantisme pédagogique » « dans la mouvance des mouvements d'éducation nouvelle », pourrait résumer les ambitions de ce que Ton appelle le « pédagogisme » et le vice original qui, depuis plus d'un demi-siècle, a progressivement détruit renseignement en France.

    Cette idéologie vient, à l'origine, des Etats-Unis, où elle a produit les mêmes catastrophes qu'en France. Au début du XXe siècle le philosophe américain John Dewey (1859-1952), pour faire de l'école un « instrument de démocratisation radicale de la société américaine », écrit le professeur Henri Nivesse (1), s'attaque aux notions traditionnelles de discipline et de programmes. « Ces présupposés idéologiques vont entraîner une série de conséquences pratiques qui aboutiront, un demi-siècle plus tard, à un véritable désastre : un "illettrisme fonctionner touchant 60 millions d'Américains », constate Henri Nivesse.

    En France, l'irruption de l'idéologie égalitaire à l'école date du plan préparé entre 1944 et 1947 par les communistes Paul Langevin et Henri Wallon, successivement nommés à la tête de la Commission ministérielle d'études pour la réforme de l'enseignement par René Capitant, ministre de l'Education nationale dans le gouvernement provisoire formé par le général De Gaulle. Ce plan, qui a inspiré les réformes qui ont suivi, visait à établir une école unique (unification des filières et des structures d'enseignement), pour former les enfants dans un même moule et réaliser ainsi l'égalité sociale. Le contenu et la forme des enseignements n'étaient cependant pas mis en cause. Cette nouvelle étape allait s'imposer à la faveur des événements de Mai 68, notamment avec le sociologue néo-marxiste Pierre Bourdieu, qui affirma dès 1964 que renseignement dispensé par l'école républicaine reproduisait la culture bourgeoise et favorisait les élèves issus de la bourgeoisie : l'égalité des chances n'existait donc pas. Cette critique s'accompagnait de la contestation des savoirs et des modes de transmission (y compris le découpage en disciplines).

    Les connaissances deviennent un outil de discrimination

    Le problème, en effet, n'est plus tant de transmettre des connaissances que créer les conditions d'une « école de masse ».

    En parallèle de la pensée des sociologues à la Bourdieu, sévit celle des « pédagogistes », dont le principal doctrinaire est Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon 2 et inspirateur de la loi d'orientation sur l'éducation de Lionel Jospin en 1989, qui déboucha sur la création des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) et du Conseil national des programmes. Ce personnage est plus influent dans les rouages de l'Education nationale que le ministre lui-même. Ceci explique sans doute que Xavier Darcos, ministre de l'Education de Nicolas Sarkozy avant le calamiteux Luc Chatel, n'ait pas davantage lutté contre cette pensée, qu'il accusait pourtant d'être à l'origine de l'échec scolaire, touchant 15 % des élèves « qui entrent chaque année au collège avec de graves lacunes en lecture, en écriture ou en calcul ».

    Selon les pédagogistes, le professeur ne doit plus être le détenteur d'un savoir à transmettre, mais un pédagogue dont la mission consiste à aider les « apprenants » à construire eux-mêmes, en tâtonnant, leurs propres savoirs. Dans cette optique, les connaissances elles-mêmes apparaissent comme un outil de discrimination et d'exclusion, et les disciplines sont condamnées au bénéfice de la « transdisciplinarité » un thème que l'on retrouve dans les nouveaux programmes de Najat Vallaud-Belkacem, qui font la part belle au pédagogisme.

    Le résultat ? Jamais l'école n'a été aussi réellement inégalitaire: au sein de l'Education nationale « pédagogiste », seuls les meilleurs élèves arrivent à s'en tirer. Et si Révolution il y a, c'est une révolution de la médiocrité.

    Hervé Bizien Monde & Vie

     

    Henri Nivesse, les fondements idéologiques du « pédagogisme », Les Cahiers de l’éducation n° II,mai 2008.

  • 4 Vérités - Florian Philippot : "L’Union européenne est un projet ringard"

    Florian Philippot était l'invité des 4 Vérités ce lundi 6 juillet. Il est largement revenu sur le résultat du référendum en Grèce.

    Au lendemain du référendum grec sur de nouvelles mesures d'austérité, le vice-président du Front national s'est félicité du "non", lundi 6 juillet. "C'est un souffle de liberté parce qu'il y a eu un chantage inadmissible et que la Grèce a voulu dire 'non' à tout ça et 'non' à une politique qui ne fonctionne pas", a-t-il déclaré sur France 2.

    Selon lui, les mesures imposées par l'Union européenne ont conduit à une "austérité massive qui a fait dégringoler le PIB de 25%, qui a doublé la pauvreté, fait diminuer les pensions de retraite"...

    "La dissolution de l'euro"

    Le numéro 2 du FN a également estimé que c'était "une bonne nouvelle pour nous, contribuables français parce que, si le 'oui' était passé hier, il aurait fallu ressortir le carnet de chèques". Florian Philippot a considéré que ce "non" allait "permettre d'ouvrir une nouvelle porte, une nouvelle possibilité".

    Désormais, "l'objectif qu'on doit se fixer est la dissolution de l'euro", a préconisé le vice-président frontiste. "Il n'y a pas de solution dans ce système : il suffit qu'un pays connaisse une crise pour que l'ensemble de la zone euro soit affecté". "Cette monnaie-là n'est pas viable", conclut Florian Philippot pour qui "l'Union européenne est un projet ringard".

    Francetv info :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuFyEZVlAFstcEPRjC.shtml

  • Christiane Taubira s'est opposée à la mise sur écoute des prisons

    Il existe un aspect peu connu de la construction  de la loi liberticide sur le renseignement adoptée le 24 juin dernier, qui permet au premier ministre de place sur écoute quiconque sur simple décision administrative. C'est que ces possibilités d'écoutes ne s'appliqueront pas dans les prisons françaises là où l'islamisme radical se développe si facilement...

    Et on doit cette exception à ...Christiane Taubira :

    "Guillaume Larrivé a vu rouge. Alors que côté opposition, il a été, avec Eric Ciotti, l'un des plus grands défenseurs du texte sur le renseignement voulu par le gouvernement, le député Les Républicains de l'Yonne a décidé de s'abstenir mardi matin et de ne pas voter le texte dont il est co-rapporteur, pour son application. Il s'insurge en effet que le renseignement pénitentiaire ait été sacrifié sur l'autel de la commission mixte paritaire et que «le statu quo demandé par Christiane Taubira sur le sujet l'ait emporté" (source)

    "Paradoxe suprême de la loi sur le renseignement adoptée le 24 juin : un usage potentiellement généralisé des interceptions pour traquer et prévenir le terrorisme, mais pas dans les prisons, là même où Chérif Kouachi achève de se radicaliser... Christiane Taubira, la garde des Sceaux, s'est opposée à ce que le service du renseignement pénitentiaire puisse procéder à la sonorisation des parloirs et des cellules" (source)

    Les violeurs, assassins et terroristes n'ont jamais connu un ministre de la justice aussi attentionné à leur égard.

    Philippe Carhon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Laïcité : le méchant Ménard, la gentille Hidalgo

    Le maire de Paris est dans le camp du bien, puisque socialiste, quand celui de Béziers est dans celui du mal, puisque soutenu par le FN.

    Elle est maligne, Anne Hidalgo ! D’habitude, elle annonce publiquement qu’elle va commémorer le ramadan dans sa mairie un mois auparavant, afin que les Parisiens sensibles au dialogue interreligieux et aux charmes du multiculturalisme puissent communier ensemble autour d’un cocktail d’amande et de lait.

    Et cette année, pas de publicité, seulement des invitations à la carte. Piégés, les affreux islamophobes qui voulaient manifester, et qui guettaient fébrilement l’annonce depuis plusieurs semaines ! Ils n’auront eu que quelques heures, ce lundi, pour confectionner banderoles et pancartes, et tenter d’effectuer quelques rappels sur les principes laïques devant une mairie qui sera sans doute bien protégée.

    Grand silence, également, des grands prêtres de la libre-pensée, dont on se souvient de l’activisme quand le très méchant maire de Béziers avait osé installer une crèche dans le hall de sa mairie.

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  • Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other »

    Le culte de « Big Other », la préférence pour l’autre, telle est l’idéologie qui nous gouverne, selon Jean Raspail.(*) « Big Other » a ses relais dans les médias. Il y a aussi les associations qui le servent et qui en… vivent. Julius Muzart présente ici un triptyque d’études démasquant le fonctionnement réel du DAL (Droit au logement), de Médecins du monde (MDM), du GISTI (Groupe d’information et de soutien aux immigrés), de SOS Racisme.

    Edifiant. Polémia présente ici ces quatre études, exposées en trois articles édités ci-après, sous le présent titre commun : Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other »


    C’est devenu – hélas ! – un lieu commun : entre le pays réel et l’élite autoproclamée qui le gouverne, le divorce est aujourd’hui consommé.

    Entre la société civile qui travaille, aspire à la paix, à la sécurité, à un avenir heureux pour ses enfants, et les pouvoirs apparents ou réels qui décident à sa place, on cherche en vain aujourd’hui une communauté de pensée, d’intérêt et même de langage.

    Eh bien, dans le monde associatif de notre pays, il en va de même que dans la société en général.

    Il y a, en France, peu d’institutions qui bénéficient d’un capital de sympathie comparable à celui de « l’association. » A juste titre.

    L’association, c’est à la fois l’expression et l’outil de la liberté, l’école de l’initiative, le support de toutes les formes de créativité et de l’ouverture désintéressée vers autrui. Du moins en ce qui concerne la très grande majorité des 1,3 million d’associations actives en France.

    Mais le monde associatif présente également certains aspects plus troubles. C’est le cas, par exemple, quand des associations oublient que leur caractère devrait demeurer non lucratif.

    Les associations « agents d’influence »…

    C’est le cas également quand une partie du monde associatif se met au service exclusif d’un parti politique, et en devient le porte-parole occulte, ou quand il se met au service d’une ligne idéologique et se mue en « agent d’influence ».

    Les exemples foisonnent dans notre pays. Les associations que l’on pourrait appeler « d’influence et de combat » sont sur tous les fronts : en premier lieu l’éducation, mais aussi le « social », le domaine culturel, et, bien sûr, la question de l’immigration.

    Leur outil principal : médiatisation et désinformation

    Sous le couvert d’objectifs humanitaires ou de l’ « antiracisme », plusieurs associations se consacrent, depuis une quarantaine d’années, aux combats idéologiques et à l’action d’influence politique, avec, comme outil principal, la médiatisation et la désinformation.

    Pour le plus grand profit des formations politiques de gauche ; pour le plus grand profit, aussi, des acteurs de la mondialisation économique.

    Accessoirement, pour le plus grand profit… des associations concernées elles-mêmes, dont les liens avec les pouvoirs qu’elles servent ne sont pas seulement intellectuels : en France, 20% seulement des associations monopolisent la totalité des subventions publiques.

    Nous nous sommes donc efforcés d’y regarder de plus près, en premier lieu en ce qui concerne les associations d’influence et de combat immigrationnistes.

    Julius Muzart, 3/07/2015

    Note :

    (*) Le « Camp des Saints » (de Jean Raspail) plus que jamais assiégé

    Voir aussi :

    Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other » (1/3) – (SOS Racisme)
    Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other » (2/3) – (GISTI et MDM)
    Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other » (3/3) – (DAL

    http://www.polemia.com/les-associations-immigrationnistes-les-thenardiers-de-big-other/

  • À l’Éducation nationale, les cancres boursiers passent devant les bons élèves

    Les ravages de l’égalitarisme relèvent de l’innommable.

    Pour les élèves sortant tout juste du collège, l’affectation dans un lycée ou dans un autre constitue un moment décisif et hautement compétitif – une dure et néanmoins saine initiation à cette société hyper-concurrentielle où ils atterriront bientôt.

    Jusqu’à une date récente, l’affectation reposait sur deux critères majeurs : les notes et la localisation géographique du domicile familial. Cette époque semble, hélas, révolue. Un troisième critère s’est imposé en 2008 : les revenus du foyer. Selon un proviseur dont Le Figaro rapporte les propos, un élève boursier avec 10 de moyenne en 3e peut ainsi passer devant un « nanti » qui a 16 lorsqu’il s’agit d’intégrer les établissements les plus prestigieux. On mesure, là, le degré de faillite extrême où notre pays est parvenu.

    Les ravages de l’égalitarisme relèvent de l’innommable. Sous l’impulsion de la gauche comme de la droite (faut-il rappeler qui était au pouvoir en 2008 ?), éprises toutes deux de cette chimère qu’est la mixité sociale, on s’est attaqué au caractère salutairement concentrationnaire de la géographie scolaire. Il était pourtant indispensable, pour former l’élite, que certains grands lycées rassemblent en leur sein une excellence homogène, immêlée d’une médiocrité nécessairement pernicieuse et, osons le dire, intellectuellement contaminante.

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  • Référendum et démocratie directe, de l'antique Athènes à la Grèce

    La question grecque rappelle, d'une certaine manière, le débat autour de la Constitution européenne de 2005, avec les mêmes tensions, les mêmes slogans, les mêmes peurs... A lire ou entendre les européistes, le référendum grec est un scandale, voire une forfaiture, et certains parlent même de « déni de démocratie » : toujours le même problème de la définition et de la compréhension du terme de démocratie !

    Quelques éclaircissements me semblent nécessaires pour comprendre de quoi l'on parle : l'étymologie du mot, d'origine grecque, et l'histoire même d'Athènes peuvent y aider. Le mot signifie « le pouvoir du peuple », nous dit-on dans les cours d'éducation civique, mais il faut préciser les choses : le grec « démos » désigne le peuple, mais non la population entière d'un lieu, seulement les citoyens de la cité, et ces derniers, dans l'histoire antique d'Athènes, dans le court laps de temps où elle se veut démocratie (environ un gros siècle), ne seront jamais plus de 15 % des habitants de l'Attique (les 85 % restants comprenant les femmes, les enfants, les étrangers pourvus du statut de « métèque », et les esclaves, moteurs de l'économie antique). Ainsi, la base de la démocratie athénienne est fort étroite, purement interne (ce que renforcera encore Périclès avec un droit du sang très restrictif). Mais elle est la source de tout pouvoir politique et de toute légitimité, pense-t-on alors, malgré la faible proportion de citoyens, et même de citoyens actifs, l'abstention étant déjà un problème que Périclès essaiera de résoudre en créant une indemnité, le misthos, qui devait permettre à tous (y compris les plus pauvres), dans l'idéal, de participer aux réunions de l'ecclésia (l'assemblée du peuple) et aux institutions politiques et judiciaires de la cité.

    En fait, le verbe « kratein », qui forme l'autre partie du mot démocratie, est assez ambigu : il signifie « dominer » ou « l'emporter sur », si j'en crois les hellénistes, et non seulement « diriger » comme pourrait laisser entendre une traduction un peu trop rapide. Ce qui signifie que la démocratie, dans son sens littéral, serait « la domination du peuple des citoyens » : mais, sur quoi ? Sur la cité, certes, et donc sur sa ligne de conduite, sa stratégie, son destin. En ce sens, le référendum grec de dimanche ne déroge pas à la tradition issue de l'Athènes de Clisthène et Périclès, puisque c'est le corps électoral du pays (les électeurs autochtones), le « peuple des citoyens », qui va voter et décider de son propre destin, indépendamment des décisions prises à Bruxelles ou à Berlin par des experts, par des représentants des institutions européennes et par les représentants (parfois issus de votes démocratiques dans leur pays) des autres démocraties de l'Union européenne.

    De plus, le référendum renvoie à la pratique démocratique ancienne d'Athènes du vote sur la Pnyx, cette colline qui recevait l'ecclésia et sur laquelle se prenaient, par un vote direct des citoyens présents, les décisions qui engageaient la cité, des grands travaux publics jusqu'à, même, la guerre ! Une forme de démocratie directe (fort différente de la démocratie représentative qui domine largement en Europe) qui, à dire vrai, n'a pas toujours été la plus lucide mais qui avait au moins le mérite de responsabiliser les citoyens et de leur donner l'impression (pas toujours fausse, loin de là) de détenir une part du pouvoir de la cité, au risque, aussi, d'en menacer même la pérennité : la démocratie d'Athènes a, disent quelques historiens, « consumé brillamment ce que les siècles aristocratiques avaient engrangé », consumé sans doute par une arrogance « démocratique » malvenue mais encore très répandue aujourd'hui dans nos propres démocraties, pourtant représentatives (c’est-à-dire, en fait, oligarchiques), persuadées d'avoir raison et d'être « le Bien absolu et universel ».

    Néanmoins, cette forme de démocratie est indéniablement créatrice, qu'on le veuille ou non, d'une certaine légitimité, au moins populaire (même si celle-ci n'est ni la seule ni la plus sûre...) : d'ailleurs, peut-on gouverner sans que les citoyens soient, périodiquement, appelés à se prononcer sur tel ou tel aspect de la politique générale ? Personnellement, je ne le pense pas, surtout aujourd'hui. Cela étant, se prononcer ne veut pas forcément dire commander, et c’est aussi pour cela que je suis royaliste, pour établir un équilibre nécessaire entre l’Etat lui-même, arbitre suprême et grand décideur, et le peuple, que je souhaite co-souverain plutôt que souverain unique, en particulier par des institutions d’expression et de décision politiques largement « décentralisées ». Mais la démocratie directe, par le référendum, indique quelques tendances lourdes de l'Opinion ou quelques inquiétudes, plus rarement des propositions, qui sont plutôt l'apanage des politiques.

    Aussi, même si la démocratie directe ne « fait » pas la vérité, elle créé ou incarne, au moins provisoirement, une réalité qui ne peut pas être si facilement contournée sans risquer d'affaiblir toute volonté ou toute pratique de l’État en place. Le danger serait d'y voir la source de toute légitimité ou de s'en servir comme moyen d'étouffer toute opposition : l'exemple napoléonien et la pratique hitlérienne, entre autres et aussi différents soient-ils (je ne confonds évidemment pas les deux époques, les deux hommes, les deux histoires !), ont montré que les citoyens peuvent aussi être tentés, en certaines circonstances, de valider des politiques qui se parent d'un « bouclier » démocratique pour faire accroire qu'elles sont justes... Là encore, la nature même de l’État (dictatorial ou représentatif, républicain ou monarchique, etc.) ou de l'organisation de la Cité « légitime », ou non, la démocratie directe et l'emploi de « l'appel au peuple ».

    Pour ce qui est de la Grèce, le recours au référendum me semble tout à fait intéressant pour dénouer une situation, dans un sens ou un autre, et partir sur des bases qui ne méconnaissent pas les réalités humaines et sociales quand l'économique a trop prévalu et ensauvagé le dialogue politique : la colère des dirigeants de l'Union européenne et de ses institutions qui a accueillie l'annonce du référendum, l'autre jour, est très révélatrice de la peur qu'éprouve « l'Europe légale » à affronter les souffrances et les inquiétudes de « l'Europe réelle ».

     

    Ce référendum va-t-il, pour autant, tout régler ? Évidemment non ! Mais il va peut-être bien forcer les élites et les peuples à repenser le politique au sein de l'Union européenne et de ses pays, et à refonder la politique à travers les États, les nations et les peuples... Et, sur ce sujet, les royalistes ont tant de choses à dire, à proposer, à faire, à fonder, qu'il serait dommage de ne pas les écouter : à eux, désormais, de se faire entendre !

    (A suivre : 1. La démocratie directe et les royalistes ; 2. la démocratie directe possible en Monarchie)

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1234:referendum-et-democratie-directe-de-lantique-athenes-a-la-grece-contemporaine&catid=49:2015&Itemid=60

  • Quelle suite donner à la Manif pour tous ?

    Dans le Monde & Vie, l'abbé de Tanouarn a longuement interrogé Guillaume de Prémare, premier président de la Manif pour tous. Extrait :

    "Est-ce qu’aujourd’hui le fait de vous être spécialisé contre la loi Taubira sur le mariage homosexuel ne vous ferme pas un certain nombre de portes ?

    Si le mouvement social issu de LMPT s’en tient là, oui en effet cela lui ferme les portes de l’histoire. La mondialisation et la postmodernité font naître aujourd’hui une nouvelle question sociale qui dépasse largement les conditions d’une classe sociale, comme ce fut le cas au XIXe siècle avec la classe ouvrière. Il s’agit de la nature et de la qualité du lien social pour toute une population. Il faut se saisir de ces questions et retrouver notre vocation de catholiques sociaux. Le grand Mouvement social né le 17 novembre 2012 dépasse les frontières de la structure qui l’a fait naître. LMPT est comme le navire-amiral d’une extraordinaire force de mobilisation ; mais la vocation politique des catholiques ne se réduit pas à LMPT. Chez Ichtus, nous réfléchissons et travaillons actuellement à toutes ces questions.

    A Ichtus, vous faites office de formateur pour l’action politiqueMais ne croyez-vous pas que l’action politique devient aujourd’hui presque impossible ?

    Il y a une faillite politique en haut et il faut reconstruire la chose publique échelon par échelon, en commençant par le bas. Il y en a au moins pour vingt ou trente ans de travail ! Au fond, il s’agit avant tout de retrouver ce que Gustave Thibon appelait des communautés de destin. Il y a, di­sait Thibon, des communautés de ressemblance, dont on fait partie justement dans la mesure où l’on se ressemble ; et il y a les communautés de destin, auxquelles se rattachent des personnes qui ne se ressemblent pas mais poursuivent un bien qui leur est commun. Il nous faut retrouver le bien commun à telle ou telle communauté de destin ; et pour cela, que chaque terroir s’assigne un objectif de définition et de poursuite d’un bien commun : il y a un bien du Pays de Caux ou du Pays de Rouergue. Revenir à nos pays de France et y construire des communautés de destin représente à mon avis une piste d’alternative réellement politique, le lieu d’amitiés culturelles, sociales et politiques qui refont un peuple et in fine une nation.

    Vous ne croyez pas que nous sommes au contraire condamnés au multiculturalisme et d’abord au communautarisme ?

    Nous sommes en ce moment dans un processus de confiscation des libertés et responsabilités locales. Les pays n’ont plus le droit d’exercer leur responsabilité sur eux-mêmes. La mondialisation est une sorte de monstre qui absorbe tout au nom du Marché. Le communautarisme ethnique ou religieux n’est pas la bonne solution pour résister à cette pompe aspirante. Pour reconstruire les communautés de destin, le monde catholique lui-même doit se dé-communautariser. Il doit être capable de passer de la communauté de ressemblance à la communauté de destin. En sortant dans la rue avec LMPT, c’est ce mouvement qu’il a initié, il faut le poursuivre et franchir de nouvelles étapes. C’est une révolution copernicienne qu’il s’agit d’entreprendre pour faire émerger un nouveau catholicisme social plutôt qu’un catholicisme communautarisé ou accroché à une forme de con­servatisme patrimonial. La Manif pour tous et le mouvement social qui en est né, nous montre ce chemin. Il faut s’y engager résolument. On est sorti du ghetto en novembre 2012. Par pitié, n’y retournons pas !"

    Vous trouverez ici de plus amples explications sur les communautés de destin, que Gustave Thibon voulait renforcer pour contrecarrer l'émergence d'un Etat totalitaire.

    Louise Tudy

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other » (3/3) – (DAL)

    L’association Droit au logement (DAL) – L’aide au squat.

    L’association « Droit au logement » a été pendant 15 ans (1987-2001) à la fois le tenant et l’aboutissant de la plupart des opérations de squat à Paris. Le sigle DAL s’entremêla jusqu’à l’amalgame à l’histoire du squat pendant toute cette période.

    Le squatt collectif fut, et reste (plus sporadiquement), d’abord une opération de communication politique à grand spectacle dont l’objectif n’était pas, contrairement à ce qu’on faisait croire aux squatteurs, de reloger des familles misérables, mais d’attirer l’attention du public, par presse interposée, sur les intolérables carences des pouvoirs publics en matière de logement social. Curieusement, les municipalités visées par ces opérations de com’ étaient à peu près toujours de droite. Et particulièrement celle de Paris.

    Jusqu’à peu près en 1986, les squats parisiens existaient, certes, mais à l’état sporadique, et surtout sous un statut de totale marginalité : ils étaient peu connus du grand public et considérés comme un phénomène pathologique, réprouvé et combattu comme tel.

    Le regard porté sur les squats changea radicalement à partir de 1987. C’est à cette date que se constitue et que se médiatise immédiatement l’association « comité des mal logés » qui, trois ans plus tard, deviendra « DAL ». C’est dès cette époque qu’apparaît sur les écrans des « 13 heures » celui qui devait rester pendant 20 ans le grand ordonnateur des squats parisiens : Jean-Baptiste Eyraud.

    Impliqué très jeune dans l’extrême gauche maoïste, militant du groupe « Gauche prolétarienne », il est structuré par une idéologie où l’on reconnaît le point le plus achevé du collectivisme marxiste, celui où l’Etat ne règne pas seulement sur les moyens de production, mais englobe et régente la personne humaine dans sa totalité en la tenant sous perfusion.

    Sa tactique : le squat. Récusant toute légitimité au droit bourgeois et particulièrement à la propriété, tenant pour acquise sa propre légitimité (le bon vieux « A chacun selon ses besoins »), il se donne pour mission de prendre la tête d’une armée de familles mal logées pour les emmener à la conquête des logements vides dont ils avaient besoin, et, au-delà, du pouvoir à Paris.

    Ses troupes : un peu « attrape-tout » au début, les tacticiens de DAL comprirent rapidement le parti qu’ils pouvaient tirer des « demandeurs de logements d’origine africaine ». Cette catégorie présentait en effet un faisceau de qualités propices à son combat :

    – d’abord un profil objectivement défavorisé au regard du logement : minorité visible, généralement dotée de revenus faibles, souvent sans emploi, voire dépourvue de titre de séjour ;

    – en second lieu, une réactivité aisément mobilisable sur le thème du pays de cocagne (2), par ailleurs facile à convaincre que l’absence de suite réservée à ses demandes de logement procédait de motivations racistes. La troupe africaine se révéla donc à la fois docile, enthousiaste et très collective.

    Dans le décor ainsi planté se déroula, entre 1987 et 2001, une vaste guerre de positions. DAL et ses troupes occupaient de vive force les locaux vides qui étaient propriété de la Ville.

    La guerre qui s’ouvrit fut également celle des communiqués. Dûment formé aux techniques de l’agit-prop, Eyraud se révéla en outre un redoutable communicant. Chaque action de squat était accompagnée – et souvent précédée – de contacts avec la presse et la télévision. Il arriva (au 61 rue d’Avron, par exemple) que les caméras fussent en batterie avant même que les squatteurs – tous africains – n’arrivent. A l’arrivée, l’association poussait son avantage : elle feignait de « découvrir » que les appartements squattés étaient insalubres et périlleux, et de plus recouverts de peinture au plomb : ils présentaient donc un risque majeur pour les enfants ! Suite à quoi, DAL organisait des manifestations devant l’Hôtel de Ville ou des occupations du service du logement pour exiger le relogement des squatters. L’exigence de relogement était relayée au Conseil de Paris par toute l’opposition et soutenue par une presse quasi unanime.

    La presse parisienne, c’est-à-dire Le MondeLibération et Le Parisien, entonna, unanime, deux refrains :

    – le premier : « Dans la froide nuit d’hiver, des familles entières dorment sous les bâches » ;

    – le second : « La population du quartier, unanime, apporte son soutien aux squatters. Des mères de famille offrent des pâtisseries, préparent des thermos de café et distribuent du chocolat aux enfants. »

    Ce fut l’époque des pages de reportages mettant en scène (au sens propre) des enfants souriants et des mères de famille – presque toujours africaines – extasiées devant « leur nouveau logement ». Citation : « Ici, on a de l’espace, et une cuisine ! » ou « Maintenant j’ai même une chambre pour moi toute seule ! ».

    Les « vrais voisins » ne tardaient pas à faire l’opération vérité sur leur nouveau voisinage. Le squat, en effet, connaissait l’évolution naturelle des occupations illégales : il donnait asile aux activités « marginales » et aux comportements de toute sorte : cuisines collectives, activités de coiffure ethnique, puis trafics en tout genre, vacarme, mendicité agressive dans le voisinage, spectacle de délires alcooliques, bagarres. Les riverains de la rue du Dragon se souviennent encore de tout cela, comme ils se souviennent de la rixe mortelle ayant opposé deux SDF sur la voie publique contiguë. De même pour les riverains du squat de la rue du Rhin (XIXe) qui se constituèrent en association pour se plaindre de l’insécurité créée par les trafics dont le squat était l’épicentre.

    Encore un mot sur une des obsessions idéologiques portées par DAL, remise sur le tapis encore aujourd’hui par une gauche engluée dans son déni de la réalité : j’ai nommé la réquisition.

    Pris en tenaille entre le politiquement correct et l’électoralisme, les politiques décidèrent en 1994 de céder à la pression de DAL. Cela donna les résultats prévus : une catastrophe – catastrophe économique, sous la forme d’un effroyable, d’un honteux gâchis de fonds publics ; et catastrophe sociale, avec des relogements provisoires qu’il fallut recommencer 5 ans plus tard. Avant de loger qui que ce soit, il fallut réhabiliter les immeubles (impropres à l’habitation), tout en sachant que les travaux seraient en pure perte : les immeubles devaient être restitués au bout de cinq ans.

    Pour masquer le caractère de gabegie de cette opération, les pouvoirs publics inventèrent la notion de « mise en état d’habitabilité », pour faire croire que les travaux seraient peu coûteux. Bien sûr, il n’en fut rien. Les travaux furent réalisés dans des conditions expéditives. Mais avec quels résultats ! Lorsqu’on envisagea cinq ans plus tard la restitution des immeubles, les travaux étaient intégralement à recommencer.

    Mais dans ce royaume d’Ubu, les pouvoirs publics allèrent jusqu’au bout de leur logique : il fallait restituer les immeubles ; il fallut donc reloger les « bénéficiaires » dans le parc HLM.

    Cinq ans de provisoire, de logements précaires, de conflits, de dépenses « d’accompagnement social », des fortunes gaspillées pour faire deux fois des travaux inutiles. Tout ça pour remettre finalement les familles dans les logements sociaux « de droit commun » ; tout ça pour rien.

    Mentionnons que la presque totalité des familles bénéficiaires de ces réquisitions étaient issues de l’immigration.

    Les pouvoirs publics et les associations feignent aujourd’hui d’avoir oublié ces circonstances et on entend à nouveau les formations de gauche chanter les louanges de la réquisition.

    Autistes ? Pas seulement.

    S’ils feignent d’ignorer l’absurdité kafkaïenne du processus de réquisition tel que le prévoit la loi de la République, c’est surtout parce que ce n’est pas de la même réquisition qu’ils parlent : ce qu’ils appellent de leurs vœux, c’est purement et simplement la confiscation, dans laquelle l’Etat dépossède un propriétaire sans indemnité.

    Dans ces conditions, effectivement, la réquisition peut être un moyen de reloger à bon compte. Le seul inconvénient de ce processus commode, c’est que, quand on est arrivé là, on est déjà jusqu’au cou dans le totalitaire !

    Le triomphe de l’association DAL fut consommé quand la municipalité Delanoë arriva au pouvoir : ordre fut donné aux services de reloger par priorité les protégés de l’association.

    C’est ainsi que, de 2002 à 2006, les relogements réalisés par les services administratifs de la Ville de Paris (dits « relogements urgents ») bénéficièrent, à près de 90% (chiffre vérifiable) à des squatteurs, majoritairement originaires de l’Afrique subsaharienne.

    Julius Muzart, 3/07/2015

    Notes :

    (1) Le « Camp des Saints » (de Jean Raspail) plus que jamais assiégé
    (
    2) Thème facile à faire prospérer dans la mesure où il est la plupart du temps à la base de la décision de migrer. Ce thème a reçu, dans les mêmes années, le soutien de la thèse de « la dette imprescriptible » des pays colonisateurs à l’égard des ex-colonisés.

    http://www.polemia.com/les-associations-immigrationnistes-les-thenardiers-de-big-other-33-dal/