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France et politique française - Page 3875

  • Elisabeth Lévy : «Le FN à 25% témoigne de la faillite de l'antifascisme mondain»

    A l'occasion de la sortie du nouveau Causeur, Elisabeth Lévy a accordé un long entretien à FigaroVox dans lequel elle revient sur la percée du FN aux départementales ainsi que sur la polémique autour des propos de Jean-Marie Le Pen.
    En couverture du nouveau Causeur, le visage de Marine Le Pen avec le titre «Un Français sur quatre». Avez-vous pris votre carte au FN ?
    Elisabeth Lévy: Vous êtes de la police de la pensée? Vous travaillez pour Mediapart? Si j'avais interviewé François Hollande, vous ne m'auriez jamais demandé si j'avais ma carte au PS. Mais rassurez-vous: Causeur ne soutient nullement Marine Le Pen - et pas non plus Dieudonné à qui nous avons consacré une «une» assortie d'une longue interview. Cependant, nous avons bien un parti pris qui consiste à parler «normalement» du Front national, sans agiter de gousses d'ail et sans hurler au nazisme. Certes, il est très gratifiant de jouer les antifascistes mondainssans prendre le moindre risque, mais cela ne contribue guère à éclairer le public et voyez-vous, notre péché mignon, à Causeur, c'est que nous préférons comprendre que nous indigner. L'ancrage du FN dans le paysage est en train de changer profondément notre système politique et il suffirait de ne pas en parler ou de n'en parler que sur le mode de l'indignation, et de ne pas donner la parole à ses dirigeants, pour le faire disparaître? Je ne vous savais pas adepte de la pensée magique….Assez de poses et les postures! Si vous voulez combattre le FN, et il y a beaucoup d'excellentes raisons de le faire, il faut arrêter de fantasmer sur la Bête immonde et le combattre normalement: ça s'appelle faire de la politique.
    Justement, parler «normalement» du FN, cela signifie qu'il est un parti normal…
    Vous êtes expert en normalité, vous ? Moi pas. Ce que je sais, c'est que rien, dans les statuts du FN ou dans son programme, ne contrevient à la légalité républicaine - auquel cas il faudrait l'interdire. Et quand ses dirigeants, ses candidats ou ses élus transgressent la loi par des déclarations odieuses, ils sont condamnés et c'est très bien comme ça. Bien sûr, nous n'oublions pas l'histoire de parti créé en 1972 pour fédérer tous les courants - ou groupuscules - de l'extrême droite. Mais en quarante ans, on peut au moins envisager que ce parti ait évolué, non? Peut-être l'avez-vous remarqué, en 2011, Marine Le Pe n a succédé à son père, en imposant un discours républicain qui n'est pas franchement la tasse de thé du Front canal historique. «Double langage !», «tel père telle fille !», répètent inlassablement les perroquets zélés, experts en cœurs et en reins, qui savent voir les mauvaises pensées derrière les paroles. Franchement, Philippot en pétainiste, vous y croyez ? Quoi qu'il en soit, il y a une différence de taille entre le père et la fille, elle veut arriver au pouvoir et elle ne semble pas penser qu'elle y arrivera avec un programme fasciste. Du reste, si 25 % des électeurs votaient pour un parti fasciste, il faudrait prendre les armes ou décamper. Or même Manuel Valls ne nous a pas appelés à de telles extrémités…il ne croit pas lui-même à l'épouvantail qu'il agite.
    C'est tout de même la troisième fois que Marine Le Pen fait la une de Causeur. En prime, une longue interview de six pages! Même Nicolas Sarkozy n'a pas eu cet honneur …
    Mauvaise pioche! Nous avons demandé à de multiples reprises une interview de Nicolas Sarkozy, j'attends encore la réponse, si vous pouviez faire passer le message je suis toujours preneuse. Et je ne vous donnerai pas la liste des dirigeants socialistes qui ne nous parlent qu'en privé par peur de voir leur immaculée réputation entachée par notre mauvaise compagnie. Quant à Marine Le Pen, elle est en «une» de Causeur quand elle fait la «une» de l'actualité, c'est ballot. La première fois, c'était en janvier 2011 après le Congrès de Tours, la deuxième en mai 2012 au moment des présidentielles. Et ce mois-ci, en bons citoyens nous avons écouté le Premier ministre qui nous a dit que l'enjeu de ces élections, c'était le méchant FN. Et nous avons interrogé la chef des méchants…Au fait, vous avez compté les «unes» de l'Obs, de l'Express et des autres, sur Marine Le Pen ?
    Le public connait votre goût pour la polémique. On vous soupçonne d'éprouver une jubilation particulière à interviewer Marine Le Pen ?
    Ecoutez, elle représente l'une des trois grandes forces politiques (ou quatre si vous comptez deux gauches) qui se partagent les suffrages des Français, ce qui serait choquant, c'est qu'on ne lui donne pas la parole - du reste, nous ne sommes pas les seuls à le faire. Si vous me demandez si cela m'amuse de susciter quelques gloussements outrés de benêts qui n'ont évidemment pas lu l'entretien, je ne dis pas…Reste que ce n'est pas pour eux que nous nous donnons du mal, mais pour des lecteurs soucieux de réfléchir plus que de condamner. Alors je souhaite que chacun juge sur pièces et lise non seulement l'entretien mais l'ensemble des contributions. Cela suffira à ridiculiser l'accusation de complaisance….
    «Un Français sur quatre», le titre tord un peu la réalité. En effet, un français sur deux n'est pas allé voter ! N'est-ce pas «le système» dans son intégralité, y compris le FN, qui a été rejeté lors de cette élection ?
    Vous n'avez pas connu le glorieux «Deux Français sur trois» de Giscard… Mais oui, si vous voulez, «un Français sur quatre», ce n‘est pas une vérité scientifique, car on ne saurait jurer que la moitié abstentionniste des électeurs se répartit de la même façon sur l'échiquier politique que la moitié votante. Cependant, il est probable que Marine Le Pen recueillera autour de 20 % des voix au premier tour de la présidentielle, ce qui ferait un Français sur cinq. Ce que nous voulions dire avec ce titre très descriptif, c'est que le FN est l'un des principales forces du pays et qu'il est temps d'en tirer les conséquences, surtout si on veut le combattre. Et par ailleurs, quoi qu'on pense du parti et de ses militants (groupe de plus en plus hétérogène d'ailleurs), «un Français sur quatre», ou un électeur sur quatre, cela exclut la thèse du vote fasciste.
    Vous avez critiqué la «diabolisation» du FN. Au vu du résultat des départementales, décevant par rapport aux sondages, on peut considérer que la stratégie de Manuel Valls était efficace…
    Ce n'est pas parce qu'une stratégie marche, à la marge et conjoncturellement, qu'elle est bonne! Il est fort possible que les déclarations paniquardes de Valls aient mobilisé quelques électeurs et fait perdre des voix au FN. Mais si on croit enrayer sa progression en annonçant le retour du nazisme, on se fourre le doigt dans l'œil. D'ailleurs, comme toujours après une débâcle, on entend des grandes ou petites voix de gauche dénoncer l'abandon de l'électorat populaire au FN. La gauche n'a plus de base sociologique (à part les bobos des centres-villes) et il semble que la coalition arc en ciel (l'alliance des femmes, des immigrés, des minorités sexuelles…) rêvée par Terra Nova ne suffise pas à en refaire une. L'enjeu réel, pour Valls et Hollande, c'est la reconquête du «prolo», plus précisément des ouvriers et des employés, et pas le combat contre un fascisme imaginaire. L'ennui, c'est que même quand la gauche lui parle, à ce prolo, elle ne parle qu'à une moitié de ce qu'il est ; elle veut bien entendre l'angoisse du chômeur et du délocalisé, certainement pas celle du «de souche» qui voit son pays changer et à qui ce changement ne plait pas. Traiter ces peurs «identitaires» par le mépris, c'est, pour reprendre une formule d'Alain Finkielkraut, laisser le monopole du réel au Front national. S'il donne de mauvaises réponses à de bonnes questions, trouvons les bonnes réponses !
    Tout de même, Jean-Marie Le Pen vient de récidiver en répétant que les chambres à gaz étaient un «point de détail» de l'histoire. Son père est-il devenu son meilleur ennemi ?
    Elle a viré sa vidéo hebdomadaire du site et s'est clairement désolidarisée de ses propos, faut-il qu'elle le tue physiquement ? Soyons clairs : il y a encore au FN de vieux briscards pétainistes, OAS, racistes et antisémites. Je n'ai pas le sentiment que ce sont eux qui font la ligne, mais cet héritage existe et il constitue une excellente raison de ne pas voter pour ce parti. Et on a justement épinglé les déclarations dégoûtantes d'une quinzaine de candidats, dont aucun n'a été élu et qui ont été exclus du parti. Mais il serait particulièrement injuste de mettre dans le même sac d'extrême droite tous les gens qui se battent aujourd'hui sous l'étiquette FN. Il ne faut pas se faire avoir par le show coproduit par le «Vieux» et quelques médias. Comme par hasard, au lendemain des élections, Jean-Marie Le Pen est convié sur les plateaux, on appuie sur le bouton, il dit des horreurs et on se retrouve soudain dans un débat «pour ou contre le nazisme» (je vous rassure, je suis contre). Et le chœur des vierges médiatiques triomphe: vous voyez bien qu'ils n'ont pas changé ! Certes, Jean-Marie Le Pen n'a pas changé et il ne changera pas : il ne résistera jamais au plaisir de lâcher une énormité - et au passage de savonner la planche de sa fille. Je comprends qu'il ne soit pas simple de désavouer son père, mais si Marine Le Pen veut prouver que son FN n'a plus rien à voir avec celui de papa, elle devra en arriver là : par exemple en refusant qu'il dirige la liste FN en PACA pour les régionales.

    NoteElisabeth Lévy est journaliste, essayiste et polémiste. Elle dirige le magazine Causeur et intervient régulièrement sur RTL.

    SourceFigarovox :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuklElypAyEhXGOOel.shtml

  • Areva ou les limites du colbertisme

    Ce billet a été publié dans l'Action française 2000 du 19 mars 2015 (n°2905 p.10) sous ce même titre. Il entre en archives RA avec des liens complémentaires en bas de note qui n'apparaissent pas dans la version papier faute de place et une notice plus développée sur Hans Hermann Hoppe*.

    Avec un chiffre d'affaires sensiblement constant, l'action Areva a perdu 88% en 7 ans. Ce n'est pas "la faute à pas de chance" car y fut concentré le meilleur des cerveaux français, et c'est sans doute en celà que les déboires de la filière d'excellence sont inquiétants. Le premier reproche que l'on puisse faire à l'ancienne patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, est le fiasco technique d'UraMin. Alors que beaucoup de grands dirigeants français ont suivi un cursus de sciences molles qui les autorise à méjuger les affaires industrielles (la liste est longue), Atomic Anne, agrégée de sciences physiques par Normale Sup, est issue du prestigieux Corps des Mines et s'est donc lourdement trompée dans son cœur de métier. Tout le reste en découle puisque la Justice examine l'alternative entre une erreur par incompétence et une mauvaise décision parfaitement documentée. Le résultat de l'instruction menée par la Brigade financière de Paris et par le juge Van Ruymbecke signalera si l'ingénieur Lauvergeon était sous-calibré pour exercer la dictature nucléaire française consentie par les pouvoirs publics en souvenir du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), ou si elle a cherché dans ses multiples fonctions sa propre gloire. Cette affaire est la pierre de touche qui révélera la nature profonde des erreurs d'Areva : cafouillages typiques des entreprises d'État dont le propriétaire est un buste en plâtre qui trône dans les mairies. On n'ose parler d'escroquerie délibérée et pourtant, beaucoup de millions ont circulé !

    Yellow Cake

    L'affaire est digne d'un roman de Gérard de Villiers. En quelques lignes, la voici : en quête de mines d'uranium à agréger au patrimoine de la COGEMA devenue Areva, la direction du groupe repère la mine centrafricaine de Bakouma qui avait été découverte par le CEA en 1958 et jugée inexploitable alors, site à moitié noyé, minerai enfermé dans une gangue d'apatite quasiment infractable, logistique ruineuse. La hausse du prix de l'uranium changeait-elle aujourd'hui le compte d'exploitation ? Aucun personnel de terrain ne le crut, mais tout l'état-major voulait acheter sans voir, ni même consulter les copieuses archives de la COGEMA. Les patrons se sont laissé rouler dans la farine par les vendeurs, une holding minière canadienne qui fit fortune dans la transaction, quasiment en faillite dans l'exploitation ! Le monde de l'uranium est un boudoir, chacun savait les permis d'UraMin sans valeur. Sauf Areva ?
    Les déboires d'Areva sont typiques de la gestion étatique des entreprises publiques, la morgue passant trop souvent la raison. Que ce soit l'enthousiasme potache à la rédaction du contrat finlandais d'un EPR™ qui n'en finit plus de s'achever dans les pénalités de retard ; les présomptions arrogantes d'ouverture du marché chinois à des réacteurs de 3è génération, qui pourrait bien se limiter pour nous aux quatre unités de Taïshan, le reste du programme national étant sinisé sous licence Westinghouse à tout motif même déloyal comme la standardisation des filières pour optimiser la maintenance ; que ce soit l'agonie du réacteur EDF de Flamanville ; et bien pire, le désastre d'Abou Dhabi où pour une fois la composante politique du projet avait bien manœuvré mais que la suffisance ou l'inconstance des contractants a ruiné au bénéfice d'une technologie coréenne, tout simplement bien présentée ; nous avons touché du doigt dans chacun de ces dossiers le "détachement" d'élites techniques imbues d'elles-mêmes que rien ni personne ne pourrait critiquer. Jusqu'à ce que les alarmes hurlent ! La Cour des Comptes a signalé les ravages d'une technocratie irresponsable par nature, puisqu'elle travaille sur fonds publics, avec l'argent de tous et de personne, contrairement aux groupements anglo-saxons qui engagent sur ces créneaux des compagnies propriétaires de leurs actifs et de leur avenir, dont l'excitation à conclure tranche avec l'impassibilité narquoise des fonctionnaires français.

    Réacteur EPR™ de Flamanville

    Quels que soient ses diplômes, ses talents personnels et l'expérience acquise en butinant le domaine industriel de l'État, Anne Lauvergeon qui accumule partout les jetons d'administrateurs, reste incapable de mettre aujourd'hui son chéquier sur le tapis vert pour signer un milliard de dollars à la fin du tour de table. On trouve ces entrepreneurs à leur compte outre-atlantique et en Asie. Ils ne vivent pas dans l'entreprise, c'est l'entreprise qui leur sert de cœur et de poumons. Cette véritable "incarnation" de l'entreprise est invincible. Et le concept n'est pas réservé aux Américains. Quand Monsieur Deng débonda l'énergie créatrice de la Chine épuisée par le communisme, il fit confiance à l'impatience des individus à s'établir socialement et à s'enrichir, et pas du tout à la réforme des grands combinats étatiques. La France de Monsieur Hollande n'a pas encore franchi ce seuil d'intelligence, et pour protéger le "triomphe" du secteur public, Areva sera peut-être réprimandée mais pas condamnée. Comme le dit Hans Hermann Hoppe :"l'efficacité est liée à la propriété privée pour que chacun soit incité à faire des efforts" et le même de conclure à la privatisation gagnante de l'État en ramenant un roi propriétaire puisque la monarchie est la forme la plus comptable de l'avenir du pays, pays qui n'est que le sien. En attendant, Areva a récupéré Philippe Varin, le loser de chez Peugeot qu'il a bien fallu poser quelque part puisque les Chinois n'en voulaient pas ! Il préside aujourd'hui le conseil d'administration depuis la mort de Luc Oursel il y a huit jours, éphémère successeur d'Anne Lauvergeon. 

    Pour ceux qui veulent creuser la mine sur ce blogue :
    Résultats du groupe
    Uramin et Areva - mine de rien
    Uramin, la synthèse d'un scandale
    Uramin, omerta chez Areva
    l'ingénieur Balkany dans le schmilblick minier africain
    Areva chez Bellaciao

    (*) Hans-Hermann HOPPE est professeur au Département d'Economie de l'Université du Nevada à Las Vegas, Senior Fellow du Ludwig von Mises Institute et rédacteur en chef adjoint de la Review of Austrian Economics. Il est né le 2 septembre 1949 à Peine, en Allemagne de l'Ouest. Il a fréquenté l'Universität des Saarlandes à Sarrebruck, la Göthe Universität de Francfort s/Main et l'University of Michigan à Ann Arbor pour des études de philosophie, sociologie, histoire et économie. Il a reçu en 1974 son doctorat en philosophie et son diplôme post-doctoral (sociologie et économie) de la Göthe Universität à Francfort. Il a enseigné dans plusieurs universités en Allemagne, de même qu'à Bologne, au Bologna Center for Advanced International Studies de la Johns Hopkins University. 
    Outre de nombreux articles et brochures, il a publié Handeln und Erkennen (Berne, 1976), Kritik der kausalwissenschaftlichen Sozialforschung (Opladen, 1983), Eigentum, Anarchie und Staat (Opladen, 1987), A Theory of Socialism and Capitalism (Dordrecht, 1990) et The Economics and Ethics of Private Property (Auburn, 1993). 
    C'est le dernier venu et le meilleur supporter de la monarchie** parmi les grands esprits parce qu'il fonde sa démonstration sur du concret, un peu à la manière de Maurras. Il présente ses idées sur un site web personnel (clic) et sur les sites des instituts que nous avons cités.

    (**) Royal-Artillerie : De la supériorité économique de la monarchie

    http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • La fête à claques

    J'ai eu la perception très nette que l'escroquerie démocratique (clic) était à son comble dans ces élections départementales. Il y a six mois, la strate politique qui doit se gérer maintenant était en voie d'éradication par les mêmes qui en ont fait pendant quinze jours l'apocalypse de la République. Le pouvoir en place, minoritaire comme aucun avant lui ne le fut, a appelé sur ses sectionnaires les voix de tous les républicains afin de sauver les structures partisanes départementalisées qui sont apparus comme autant de briques élémentaires dans la construction d'une "dictature" du modèle courant. Ne voyait-on rien de tout ça il y a six mois ? Cette géométrie départementale est essentielle à la République française et les forces médiatiques déployées sur ces élections le confirment, même si les attributions spécifiques aux départements restent encore dans le vague et si le risque est grand de les voir écrasés entre les régions et les métropoles secondaires. On a fait voter les gens dans un cadre de compétences qui n'existe pas encore. Personne n'avait osé jusqu'alors. 
    Laissant courir les chiens fous d'une réforme institutionnelle qui amuse les désoeuvrés - ce qui est sérieux est ailleurs - l'ancien président du Conseil général de Corrèze a rappelé la meute au pied quand fut remontée de la base la certitude que les départements étaient le substrat politique élémentaire pour se hisser au niveau national, ce que comptait bien faire le Front national. Pas question de laisser revenir les HLPSDNH. Cette incongruité européenne que sont les départements français avait donc son utilité ou son danger ; aussi la mobilisation des états-majors et des fédérations n'en fut que plus complète quand les instituts annoncèrent une Bérézina historique pour les partis en cour.
    Ceux des penseurs honnêtes qui avaient travaillé à la suppression des départements ont pu mesurer le niveau de mépris dans laquelle le Château les a tenus pour donner à la fin de leurs travaux la priorité à ce qu'ils étaient chargés d'anéantir. Mais, répétons-le, le gouvernement du pays lui a échappé et ces jeux démocratiques de proximité ressemblent de plus en plus à un théâtre convenu, un rite gratuit, du cirque à défaut de pain. 
    Qu'a donné ce "Combat de Titans" ? 
    Rien !
    C'est l'échec du Front national et l'allocution extravagante du premier ministre qui m'ont encouragé à écrire ce billet. L'allocution de Manuel Valls hier soir est proprement incroyable, qui, à l'inverse du président droit dans ses bottines, dit avoir entendu le cri des Français et promet pour demain matin l'embellie produite par les mesures gouvernementales courageuses prises depuis trois ans... on rêve ! Le redressement de l'Europe, et de l'Eurozone spécialement, tient à l'effondrement du prix du baril de pétrole, à celui des taux d'intérêts sur les bons d'Etat et à la chute de l'euro en dollar. Ces gens n'y sont pour rien ! Pour rien du tout ! Ce pouvoir est bien celui de Foutriquet.
    M. Valls a été sélectionné par François Normal pour sa gueule et son petit score aux primaires socialistes. Peu dangereux pour l'apparatchik parvenu en douce, c'est un costaud de sous-préfecture qui n'a pas le calibre de la fonction, ce qui multiplie son acrimonie naturelle. On pourrait faire cent lignes qui démontrerait sa "dépersonnalité" en suivant sa quête inlassable de mentors depuis qu'il a choisi ce métier qui n'en est pas un. En plus de nerfs fragiles, il n'a que la colonne vertébrale d'autrui et ça commence terriblement à se voir.
    Personnellement impliqué depuis qu'il a pris en main la campagne électorale au quotidien, en laissant de côté sa fonction de chef du gouvernement, il devrait démissionner après avoir perdu la moitié des départements que tenait son parti. Partout ailleurs en Europe, un pareil désaveu entraînerait la démission du chef de file, sans railleries ni quolibets d'ailleurs. Logique démocratique. Mais ici, non ! Les éditocrates de la presse subventionnée lui trouvent mille excuses.
    Le Front national pour sa part a perdu. Marine Le Pen rate le fameux ancrage. Aucun département n'est conquis et peut-être 50* cantons sur 2000. On peut retourner la question en tout sens, malgré un raz-de-marée en voix, le Front ne perce pas globalement dans une élection concrète. Il reste un parti du mécontentement sans risque, bon pour les européennes.

    (*)= estimations du 29.3.15 à 23h

    Le grand gagnant est Nicolas Sarkozy qui ramasse 70* départements, mais puis-je ajouter qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, on me dit qu'il le sait. Le programme concret du gouvernement des réformes n'est toujours pas élaboré. On ratisse large ! La victoire d'aujourd'hui n'anticipe pas celle de demain, les enjeux sont chaque fois différents et les adversaires ne sont pas figés, chacun adaptant sa défense ou son attaque à l'autre au moment. La mise en scène de la pièce est donc à chaque fois différente même si les règles de l'art sont immuables : faire prendre au couillon des vessies pour des lanternes.

  • Doubler rapidement le nombre de mosquées en France

    C'est le message de Dalil Boubakeur prononcé samedi au Bourget à l'occasion du rassemblement annuel des musulmans de France afin de permettre aux "7 millions" de musulmans présents en France d'e disposer d'un lieu de culte :

    "Nous avons 2 200 mosquées. Il en faut le double d'ici deux ans (...) Il y a beaucoup de salles de prières, de mosquées inachevées, et il y a beaucoup de mosquées qui ne sont pas construites, je pense qu'il faut le double de mosquées"

    Le président de l'UOIF, Amar Lasfar, présent à ce rassemblement, a déclaré :

    "Il faut que le nombre de mosquées reflète le nombre de musulmans (...)Nous avons le droit de construire des mosquées, (le droit) que les maires ne s'y opposent pas. Il y a de moins en moins de maires qui s'opposent systématiquement à la construction de mosquées"

    De son côté, le FN a immédiatement réagi et marqué son opposition :

    " (...) Cette annonce, aux allures de provocation, apparaît comme particulièrement irresponsable. Qui est Monsieur Boubakeur pour faire une proposition aussi saugrenue et dangereuse ?

    En effet, comme ne cesse de le dénoncer le Front National, le plus grand flou plane aujourd’hui sur l’origine et le financement des projets de mosquées en France. L’aide financière apportée par certains Etats étrangers, tels que l’Arabie-Saoudite ou le Qatar, qui entretiennent des liens avec les pires mouvements djihadistes du monde, constitue une menace certaine pour la sécurité nationale.

    En outre, le développement particulièrement inquiétant des filières djihadistes en France, utilisant les mosquées comme points de recrutements, et la faiblesse des moyens de l’Etat pour les contrôler, obligent à repenser totalement les projets de nouvelles mosquées dans notre pays.

    Pour toutes ces raisons, et parce que l’explosion du communautarisme multiplie les zones de tension sur le territoire, le Front National rappelle sa proposition de gel de tous les projets de mosquées actuellement en cours, dans l’attente d’une enquête nationale sur leur financement.

    Il en va d’une question de sécurité nationale mais aussi de la survie de notre pacte républicain, que l’islamisme et le communautarisme menacent plus que jamais."

    Philippe Carhon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • François Huguenin : « La droite doit devenir force de proposition »

    François Huguenin a publié A l’école de l’Action française (J-C. Lattès, 1998) et Le Conservatisme Impossible (La Table ronde,2006). Il répond à l’enquête sur la droite de Monde et vie.

    Monde et Vie : François Huguenin, pour vous, les notions de droite et de gauche ont-elles encore un sens ?

    François Huguenin : La différence entre la droite et la gauche s’est estompée pour deux raisons essentielles : d’une part, la gauche s’est massivement ralliée - c’est l’analyse de Michéa - à un libéralisme triomphant dans tous les domaines, économique, philosophique ou moral ; d’autre part, sur la question très importante de l’Europe et de la nation, le clivage passe à travers la droite et à travers la gauche. La différence subsiste pourtant, mais elle s’est déplacée, comme le montre les réformes sociétales, présentées par la gauche comme des avancées sociales, ce qui est typique de sa démarche. En effet, la gauche, en France, c’est le camp du « progrès » et de la révolution. Quand elle n’arrive plus à faire la révolution politique, elle s’emploie à réaliser la révolution sociale, et quand elle ne peut plus faire la révolution sociale, faute de moyens pour l’entreprendre, elle passe à la révolution sociale. Elle se situe ainsi dans une perspective de révolution permanente, que la droite cherche à freiner, sans bien y parvenir car elle adhère elle aussi au libéralisme des mœurs et répugne à se prononcer contre ces mesures sociétales. Néanmoins, le fait qu’un mouvement comme la Manif pour tous ait rassemblé un public globalement situé droite, manifestant contre un gouvernement de gauche, montre que le clivage perdure.

    En se cantonnant à un rôle de frein, la droite ne se condamne-t-elle pas à perdre? Cette stratégie évoque le tir à la corde : entre ceux qui cherchent à rester sur une position et ceux qui veulent les en faire bouger, ce sont les seconds qui gagnent.

    C’est le problème de la vie politique depuis la révolution, où le camp du « progrès » s’oppose toujours à celui pas toujours aisément définissable, du conservatisme ou de la réaction, qui se trouve en effet en position d’infériorité dialectique. En France, lors des débats télévisés, par exemple, l’intervenant de gauche part avec une cote de sympathie par rapport à l’intervenant de droite, qui a d’ailleurs souvent du mal à se présenter comme tel. Il n’en va pas de même dans les grandes démocraties comme l’Angleterre, l’Allemagne ou les Etats-Unis. Chez nous s’est développé un mythe du progrès, lié à notre histoire : c’est par la violence révolutionnaire que nous sommes entrés dans la modernité et la démocratie. C’est pourquoi la droite, pour parvenir à rétablir l’équilibre dans le jeu de tir à la corde politique que vous évoquiez, ne doit pas camper sur des positions strictement défensives, mais devenir force de proposition, en particulier sur le champs social que la gauche a aujourd’hui déserté. Il lui revient de s’en emparer en conjuguant un pragmatisme économique et un volontarisme social. Elle pourrait être porteuse d’un projet et de valeurs fortes sur l’éducation, l’école, la famille, en les présentant comme des avancées et pas seulement comme des mesures protectrices et défensives.

    Dans votre livre Le conservatisme impossible, vous expliquez l’impossibilité de résister au progressisme par le divorce entre la pensée libérale et la pensée réactionnaire. S’agit-il aussi d’une exception française ?

    Il me semble qu’en effet la France est le seul pays, parmi les grandes démocraties occidentales, dans lequel il n’existe pas à droite de force capable de faire pendant à la gauche et d’être source de propositions, comparable au républicains, aux conservateurs anglais ou à la CDU allemande. La Révolution française a représenté une telle violence qu’il a été ensuite très difficile de trouver un consensus entre les libéraux qui surfent sur la vague de la libération politique apportée par la Révolution - et à laquelle les autres pays sont parvenus moins brutalement - et es conservateurs ou réactionnaires. Les uns ont essayé de prendre ce qu’il y avait de bon dans cet immense mouvement en essayant de ne pas être emporté par la vague- mais ils n’étaient pas assez fort pour y résister ; les autres, ayant compris qu’ils ne résisteraient pas à la vague, ont tout refusé. Ils ne se sont pas fait emporter comme les premiers, mais se sont mis hors-jeu. L’histoire politique française est catastrophique, au sens propre du mot : on se demande s’il était possible de résister à l’onde de choc révolutionnaire. Peut-être arrivera-t-on à repenser une autre configuration des forces politiques en France le jour où cette onde choc aura fini de produire ses effets. A l’inverse de François Furet, que j’admire beaucoup, je ne pense pas que la Révolution française soit encore terminée, et les lois sociétales que la gauche élabore aujourd’hui le prouvent : il s’agit encore d’une illusion révolutionnaires.

    Selon vous, les notions de liberté et de bien commun se concilient-elles ou s’opposent-elles ?

    Le pape François a dit récemment que les libertés, politique, religieuse ou d’expression, sont obligations. On ne peut d’ailleurs parvenir que librement à la Vérité ultime, qui pour un chrétien est le Christ- et qui nous rend libres. La liberté est donc une valeur fondamentale de notre société, mais elle n’est pas le dernier mot de toute chose : comme le demandait Léo Strauss, « la liberté, pour quoi faire ? » Or, certains ont voulu l’absolutiser, en la coupant des autres valeurs fondamentales comme le bien, ou la vérité. Pour moi qui suis profondément chrétien, se pose la question de la conversion personnelle de chacun - au Christ, mais aussi à une éthique personnelle fondamentale, qui conduit à savoir pourquoi l’on fait de la politique, pourquoi l’on s’engage, à quoi l’on fait servir sa liberté. Ce sont les hommes qui font l’histoire et l’on attend qu’ils aient cette conscience du bien commun.

     

    propos recueillis par Eric Letty monde&vie février 2015

  • [Tribune] Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Par Vincent Revel

    Depuis 2003, la France se félicite de posséder ses premiers établissements scolaires musulmans. Le lycée Averroès, à Lille, celui d’Al-Kindi, à Décines, ont été les pionniers en la matière. Aujourd’hui, grâce à l’appui de nombreux élus, il existe plus de 50 collèges, lycées ou projets en fin de réalisation de confession musulmane en France. Dans les années 2000, le recteur Alain Morvan, qui s’occupait du dossier du lycée Al-Kindi, perdit son poste à l’académie de Lyon pour avoir tenté d’empêcher l’ouverture de cet établissement. Il qualifiait « d’intégristes » les porteurs du projet. A cet instant, avec l’accord tacite de l’administration et de nos gouvernants, ces écoles islamiques réussirent à répondre avec clarté à l’interdiction du voile en milieu scolaire.

    Les radicaux musulmans possèdent la faculté de s’adapter et de contourner les obstacles sans aucune difficulté. Le malaise identitaire, qui touche les jeunes musulmans issus de l’immigration, permet aux islamistes de véhiculer aisément leur propagande. Un sondage Ipsos, commandé par le Figaro en 2003, révélait que 64% des Français musulmans de moins de 25 ans souhaitaient la défaite des troupes occidentales en Irak. Il y a déjà dix ans de ça, nos « jeunes » des cités préféraient, suite à la débâcle rapide des forces de Saddam Hussein, remplacées par des groupes islamistes, motivés par le combat contre l’Occident envahisseur, donner leur soutien à des terroristes en lien avec des mouvements déjà capables de décapiter des prisonniers devant des caméras, comme ce fut le cas pour le journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan en 2002, mais aussi prêts à prendre en otages une population toute entière dans le seul but de tuer et détruire pour la gloire de Mahomet, plutôt que d’espérer l’essor d’une démocratie. Ce choix, exprimé librement, sans aucune influence, aurait dû nous alarmer, même si nous sommes nombreux à penser que l’intervention américaine en Irak ne fut pas la meilleure idée de la présidence Bush. Nous savons tous que la démocratie, malheureusement, ne s’exporte pas de cette façon. Cette réalité est d’autant plus valable pour un pays à majorité musulmane.

     

    Comment donc croire en la bonne volonté des dirigeants musulmans du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman ), lorsque Lhaj Thami Breze, ancien président de l’UOIF et actuel dirigeant d’Al Waqf al islami, association permettant le financement « pour l’épanouissement de l’islam en France », déclare que « le Coran est notre constitution ». Pour le docteur en sciences Ghaleb Bencheikh, les cadres musulmans devraient faire preuve de plus de sérieux et dénonce que dans les cours de récréation les enfants qui ne suivent pas le jeûne du ramadan subissent l’opprobre des jeunes pratiquants, victimes « des zélateurs de bazar donnant dans la crétinisation des esprits. »

    Pour ne pas voir ces problèmes, nous sommes en droit de nous poser la question suivante, à savoir si nos hommes politiques sont assez compétents pour diriger la France en cette période délicate de notre Histoire ? Suffit-il de faire de la communication avec des pains au chocolat, comme nous l’avons vu avec Jean-François Copé, ou faut-il faire, pour une fois, preuve de courage, en nommant explicitement les risques que nous encourons ? Pouvons-nous compter sur le général Hollande, le soldat Valls et ses apparatchiks seulement préoccupés à chasser le Front National ? L’UMP, du soi-disant nouveau Sarkozy, est-elle mieux armée pour s’attaquer à ce problème ? Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que non. Sans mauvais jeu de mot ayant un quelconque rapport avec la triste actualité, nous pouvons légitimement nous demander s’il y a encore un pilote dans l’avion France ? A la suite de Gérald Pichon, auteur de l’ouvrage Sale blanc !, je reconnais que « la tâche est immense, notre marge de manœuvre bien mince et les Européens en quasi-mort clinique. » Il est plus qu’urgent que nous sortions de cet état de « dormition » dans lequel nous sommes plongés. Comme le dit Dominique Venner, dans Le Cœur rebelle« les lieux de bonheur et de paix ne peuvent éclore et durer si ne se dresse en eux la détermination virile de les défendre. »

    Vincent Revel.

    http://fr.novopress.info/185223/tribune-y-t-il-pilote-lavion-vincent-revel/#more-185223

  • Anelka, Naceri et JoeyStarr, nos chers hérauts du remplacement

    Pour ma part, je ne parlerais que de "remplacement", en écartant le "Grand" grandiloquent, et qui sent son plan préétabli.

    Que la France a de la chance ! Pensez donc… Qu’un penseur de la classe du Martiniquo-Algérois Nicolas Anelka prenne le temps de se confier sur les valeurs du vivre ensemble apprises à l’école des caïds, et sur l’islam qui illumine sa vie de petite frappe du football.

    Que Didier Morville, alias Joey Starr pour les intimes, le successeur d’Aimé Césaire, couronné par nos académies et adoré par son public d’illettrés, daigne descendre de son Olympe pour se rendre à la table du Président, et s’y torcher si bien que les dindes rassemblées en furent tout émoustillées.

    Que notre nouveau Marlon Brando, avec son regard bleu acier et ses airs de mauvais garçon – j’ai nommé Samy Naceri – vienne faire sa promo sur les plateaux télé, entre deux castings et deux castagnes, avec sa belle et puissante virilité venue du sud de la Méditerranée.

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  • La piste du corporatisme.

    Dans le cadre d'un prochain entretien sur le corporatisme organisé par le Cercle Henri Lagrange(du nom de ce jeune militant royaliste d'Action Française, devenu « le prince du Quartier Latin » avant d'aller mourir sur le front en 1915), je me suis plongé dans les archives de la presse royaliste « sociale » et dans la documentation, au-delà du petit monde monarchiste, sur ce qu'ont été les corporations et les idées corporatistes dans l'histoire, en France comme chez certains pays voisins : c'est à la fois passionnant et très instructif, même s'il reste encore beaucoup à étudier et à dire sur ces sujets-là, en fait peu connus du grand public mais aussi des militants monarchistes eux-mêmes.

     

    Pourquoi ce manque d'intérêt sur le corporatisme, alors même qu'il peut apparaître, mieux qu'une « troisième voie », comme une juste voie sociale, conciliant production de richesses et protection des producteurs, en particulier des ouvriers et des paysans mais aussi des chefs d'entreprise, harmonisant le souci environnemental avec la qualité du travail et de ses fruits matériels, et évitant les pièges d'un libéralisme sans frein et ceux d'un étatisme stérilisateur ? Bien sûr, il y a l'histoire propre de la France et le sentiment que les corporations appartiennent trop à l'Ancien Régime pour pouvoir fournir une réponse aux problèmes économiques et sociaux contemporains. Mais il y a aussi, comme le fait remarquer l'économiste Alain Cotta, cette fâcheuse récupération du terme par les régimes totalitaires en Italie comme en Allemagne : pourtant, ces corporatismes d’État n'ont rien à voir avec la nature même des corporations telles qu'elles existaient en France avant 1791 et du corporatisme tel que le prônait et le définissait La Tour du Pin, véritable théoricien du monarchisme social et corporatiste au XIXème siècle, monarchisme qu'il défendit jusqu'à sa mort en 1924 sans toujours être compris de ses lecteurs comme de ses contempteurs... Pourtant, il eut quelques héritiers : il se dit parfois que le général de Gaulle lui-même y trouva quelque inspiration, désireux de ne rien céder ni au capitalisme débridé (qu'il méprisait) ni au socialisme étatique, et que son idée de la Participation n'aurait pas déplu à La Tour du Pin, associant les salariés aux bénéfices de la production des biens et des richesses.

    Le Groupe d'Action Royaliste, héritier de La Tour du Pin et d'Albert de Mun.

     

     Il faut rappeler que, aujourd'hui, le terme de corporatisme est utilisé comme un repoussoir sur le plan social comme les termes de nationalisme, protectionnisme, et, dans une certaine mesure, de socialisme auquel la Gauche de gouvernement préfère la formule de social-démocratie, voire de social-libéralisme pour les plus « progressistes ». L'actuel ministre de l'économie, M. Macron, n'a pas hésité à pourfendre, en octobre dernier, « les trois maladies de la France » qui seraient, selon lui, « la défiance, la complexité et le corporatisme » : ce à quoi le dirigeant du syndicat Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a répondu, après une évocation critique du fascisme italien (d'ailleurs fort réductrice, y compris sur le plan historique), que « Quand le gouvernement veut déréglementer on cite toujours le mot de corporatisme, comme on cite le populisme, ça fait partie de la com », ce qui n'est pas faux ! Le corporatisme est souvent employé comme un « élément de langage » par les libéraux pour dénoncer les résistances, dont toutes ne sont pas illégitimes, de certaines professions ou catégories socio-professionnelles, qu'il s'agisse des notaires, des chauffeurs de taxis ou des fonctionnaires. M. Macron, nouveau Le Chapelier, veut en finir avec tout ce qui constitue un obstacle au libre marché et à la « liberté du travail », celle qui, selon le mot célèbre, se définit en une formule simple : « le renard libre dans le poulailler libre »... Maurras, quant à lui, parlait de « liberté de mourir de faim », rappelant que la liberté du travail était d'abord et avant tout celle du détenteur de capitaux avant que d'être « imposée » aux travailleurs qui n'avaient guère les moyens de la refuser, n'ayant alors aucune (ou si peu...) de protection sociale réelle depuis le décret d'Allarde de mars et la loi Le Chapelier de juin 1791.

     

    Au moment où les Français se sentent désarmés, pour nombre d'entre eux, face à une « économie sauvage » et une mondialisation peu favorables aux droits des travailleurs et des producteurs de base, repenser le nécessaire équilibre entre les libertés économiques et les droits légitimes du monde du travail s'avère indispensable. En passer par un « corporatisme associatif » tel que le souhaitait La Tour du Pin (mais aussi Schumpeter au sortir de la guerre) ne serait sans doute ni scandaleux ni inutile, n'en déplaise à MM. Macron, Attali et autres « libéralistes » sans scrupules...

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1209:la-piste-du-corporatisme&catid=49:2015&Itemid=60

  • La droite et sa primaire, un changement profond de culture politique

    Pour la droite, c'est un profond changement de culture politique: habituée depuis le général De Gaulle à la figure tutélaire d'un chef, elle s'apprête à choisir son candidat pour 2017 par une primaire ouverte au centre, voulue la plus démocratique possible.

    Suivant l'exemple des socialistes et de sa primaire de 2011, l'UMP organisera la sienne le 20 novembre 2016, invitant des candidats centristes à y participer. Un second tour, plus que probable, est prévu le 27 novembre. 

    Les modalités pratiques ont été fixées par un groupe de travail représentant les principaux ténors de l'UMP, candidats déclarés ou pas encore - Alain Juppé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, Xavier Bertrand ou Nathalie Kosciusko-Morizet. Elles devraient être entérinées par le prochain bureau politique de l'UMP, le 7 avril. 

    Juppéistes et fillonistes espèrent que l'UMP fera "aussi bien" que le PS avec 2,9 millions d'électeurs à l'automne 2011. Un tel socle irait bien au-delà des seuls sympathisants UMP, davantage portés à voter pour Sarkozy que pour leurs champions. Le député de Paris compte sur les libéraux anti-Sarkozy pour faire pencher la balance de son côté. Le maire de Bordeaux espère qu'une base élargie aux électeurs centristes le favorisera. 

    Jeudi, M. Juppé a mis en garde contre un scrutin qui serait "bidouillé", menaçant, si c'était le cas, de se présenter en 2017, faisant ainsi du premier tour de la présidentielle une primaire à droite. 

    Selon une version provisoire de la "charte d'organisation de la primaire", publié dans Le Monde du 3 avril, les électeurs éventuels - inscrits sur les listes électorales, ou ayant 18 ans à la date de l'élection présidentielle - devront s'acquitter de la somme de deux euros par tour. 

    Ils devront également signer la déclaration suivante: "J'adhère aux valeurs de la droite et du centre. Je m'engage pour l'alternance et pour le redressement de la France". 

    - Faux suspense -

    La charte précise que chaque candidat à la primaire doit s'engager "à soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l'issue de la primaire et à prendre part à sa campagne". 

    Le seuil de parrainages, mais qui pourrait être revu à la baisse à la demande de Xavier Bertrand ou NKM, est pour le moment fixé à au moins 25 parlementaires, au moins 250 élus répartis sur un minimum de 30 départements, au moins 2.500 adhérents répartis sur un minimum de 15 départements. 

    Ces conditions ne sont pas valables pour les autres partis (UDI...) qui fixeraient les leurs s'ils décidaient de participer à cette pré-présidentielle. 

    La primaire aura lieu avec un bulletin papier dans au moins 8.000 bureaux de vote. 

    "Ce système, qui transforme l'élection présidentielle à deux tours en élection à quatre tours, aura des conséquences majeures sur la Ve République mais c'est la meilleure solution à la compétition interne de notre famille politique", se félicite Guillaume Larrivé, secrétaire national de l'UMP chargé de la Réforme des institutions. 

    Seules trois personnalités UMP sont sur les rangs pour le moment. Outre les anciens Premiers ministres Fillon et Juppé, Christian Estrosi, député-maire de Nice et ancien ministre, a confirmé le 20 mars sa candidature, même face à Sarkozy. 

    Occupé, depuis son élection à la tête de l'UMP, en novembre, à rassembler sa famille politique, éprouvée par deux ans de luttes internes, l'ex-chef de l'Etat laisse planer un faux suspense. "Je n'ai pas dit que moi-même serai candidat, il n'y a pas d'obligation", a-t-il encore dit le 24 mars. 

    La candidature de M. Sarkozy ne faisant pas de doute dans son camp - d'autant que la victoire des départementales a conforté son leadership sur la droite - une question cruciale doit encore être débattue. A quel moment de la campagne le président-candidat du parti doit-il quitter ses fonctions' Et qui prend la tête de l'UMP après la primaire' "On n'en est qu'au début des discussions", prévient un proche de Juppé.

    afp via l'express :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/d_france/EuklEFlAApRjVTXckJ.shtml

  • Pierre Lellouche : « La CEDH installe un gouvernement des juges européens »

    Le proposition de loi de Pierre Lellouche à l’Assemblée nationale a peu de chance d’être adoptée. Elle consiste à renégocier les compétences de la Cour européenne des droits de l’homme.

    Le député UMP conteste notamment cette « tour de Babel » qui réécrit le droit français et s’est illustrée dans le dossier de Djamel Beghal, le mentor des frèresKouachi.

    Cette initiative aura, au moins, le mérite – espérons le ! – de soulever un certain nombre de problématiques importantes concernant la souveraineté du droit français bafoué au profit de juridictions supranationales.

    Pierre Lelouche s’est livré lors d’un entretien sur ce sujet au journal Marianne

    En voici un extrait :

    Vous considérez que la CEDH entrave la France dans sa lutte contre le terrorisme ?

    La CEDH laisse les terroristes qui sont condamnés et quelque soit leur nationalité se prévaloir de la saisine directe de la Cour pour faire en sorte qu’ils ne puissent être ni déchus de leur nationalité quand ils sont double-nationaux ni être expulsés. Ce que prévoit pourtant la loi. L’affaire la plus choquante est celle de Djamel Beghal.

    La CEDH ne voulait pas qu’il soit expulsé de France, donc nous l’avons abrité en attendant qu’il soit condamné pour une autre affaire. Ce Monsieur Beghal a été hébergé aux frais du contribuable et il a pu recevoir les frères Kouachi mais aussi Monsieur Coulibaly qui se sont illustrés avec les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

    Ce n’est qu’un exemple, je passe sur les « malheureux » pirates somaliens du Ponant dont la Cour a estimé qu’ils avaient passé trop de temps en prison. Tout cela pourrait presque prêter à sourire. Mais cela donne quand même l’impression que dans cette tour de Babel qu’est la CEDH, on ne connaît pas la même réalité que la nôtre, nous qui sommes confrontés à des flux de terroristes en Europe, que nous devons arrêter, condamner et, au besoin, expulser.

    Or, la jurisprudence de cette Cour fait que l’Etat a abdiqué sa compétence en matière de sécurité nationale comme dans d’autres, ce qui relève selon moi, d’un déni démocratique qui va contribuer au divorce entre les Européens et la machine européenne car ce système est tyrannique puisqu’il n’y a aucun recours possible une fois que la Cour a rendu un arrêt.

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