France et politique française - Page 4129
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Du SIEL à la crise de foi
Samedi, le conseiller de Marine Le Pen aux questions culturelles, Karim Ouchikh, a été élu à la tête du Siel (Souveraineté, indépendance et liberté) dont il assurait déjà la présidence exécutive. Cette petite formation (environ 400 adhérents revendiqués) a été fondée il y a trois ans par l’ex député européen souverainiste et séguiniste Paul-Marie Couteaux. Ce dernier ne collabore plus avec le FN depuis avril dernier, pour cause de divergences stratégiques. Le Siel est membre du Rassemblement Bleu Marine (RBM) à l’instar de Patrie et Citoyenneté de Bertrand Dutheil de la Rochère. Me Ouchikh est également un des administrateurs du RBM. Marine rappelons-le en est la présidente, Gilbert Collard le secrétaire général, Bertrand Dutheil de la Rochère le trésorier. Nous avons salué ici la grande cohérence de la trajectoire politique de Me Karim Ouchikh qui défendait par ailleurs en février face au Mrap, devant la XVIIe Chambre du palais de Justice de Paris, l’écrivain Renaud Camus, ce contempteur lucide de l’immigration de peuplement, du «grand remplacement». Notons encore que notre excellent camarade, l’avocat Frédéric Pichon, défenseur des militants pro-famille arrêtés au moment de la Manif pour tous l’année dernière, membre du FN et candidat au Comité central à l’occasion du Congrés frontiste de ce mois de novembre, est par ailleurs désormais vice-président du SIEL.Dans un article publié sur le site Boulevard Voltaire le 21 octobre, Me Frédéric Pichon apportait son soutien à la candidature de Karim Ouchikh à la présidence du SIEL, appelant au combat nécessaire contre « le projet transatlantique (TAFTA) », « l’œuvre de destruction massive de la souveraineté des peuples et des États au profit de l’Union européenne, marchepied d’un gouvernement mondial et des multinationales».« La droite à laquelle j’adhère écrivait-il – si du moins ce mot a encore un sens – devra impérativement associer les impératifs d’identité, de souveraineté et d’écologie humaine. Loin de s’opposer, ces notions sont complémentaires (…)».Me Pichon soulignait encore avoir été « touché » «par (les) qualités humaines » de Karim Ouchikh, « par son parcours, notamment sa conversion au christianisme, et sa vision de la France charnelle et enracinée si chère à Péguy ».C’est une autre conversion, mais inverse celle-là, qui agite cependant le landerneau médiatique ces derniers jours, en l’occurrence celle de Maxence Buttey, 22 ans, conseiller municipal Front national à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis).Il explique dans Le Parisien «s’être converti à l’islam (en juillet) , après avoir été longtemps catholique». «J’ai découvert cette religion grâce à un camarade de classe, sur les bancs de la fac de médecine à 19 ans». «Nous avons beaucoup parlé, et j’ai été amené à m’interroger. J’étais catholique mais, en relisant la Bible, je me suis aperçu de toutes les incohérences. En lisant le Coran de manière approfondie, j’ai compris que cette religion est plus ouverte. Et d’ajouter : Je ne sais pas trop comment ça va être pris, car tout le monde n’est pas forcément au courant » .Le jeune homme cherche encore à justifier sa conversion en cherchant des points de convergences entre la religion musulmane et le FN : «Les deux sont diabolisés et très éloignés de l’image que les médias en donnent. Comme l’islam, le FN défend le plus faible. Le parti dénonce les taux d’intérêt exorbitants de la dette de notre pays. Et l’islam est contre la pratique de l’usure. »« Bien sûr que certains de mes électeurs seront déçus par mes choix, dit-il dans Le Parisien . Mais je suis prêt à leur expliquer que l’islam a vocation à réunir tous les hommes et les femmes . Maxence est pour un islam modéré et déclare qu’il est contre le niqab et contre l’exclusion, loin du courant qui appelle à couper des têtes comme le pratique l’organisation État islamique». Le Parisien relève néanmoins que le jeune homme a du mal à croire en la version officielle d’événements comme les attentats du 11 septembre 2001 ou l’affaire Merah ». Certes, mais nous en connaissons d’autres dans le même cas qui ne sont pas pour autant musulmans.Et qui n’appartiennent pas non plus à l’extrême-droite pro arabe et antisioniste. Dans les années 70-80 quelques figures de la droite radicale italienne, tiers-mondiste et néo-païenne, séduits par le courant révolutionnaire islamique, se convertirent ainsi à l’islam. Par rejet d’un judéo-christianisme décadent et de l’impérialisme américano-sioniste. L’exemple le plus frappant est certainement celui du brillant universitaire parmesan Claudio Mutti, alias Omar Amin depuis 1977, qui affirme trouver dans la religion du prophète une authentique filiation et réceptacle de ses valeurs et idéaux indo-européens… . Mais le jeune militant frontiste dont il est question ici ne relève certainement pas de cette filiation idéologique là.Dans une vidéo envoyée récemment à «une dizaine» de cadres lors d’un échange de courriels, Maxence Buttey a voulu a-t-il dit, « sans prosélytisme », «face à l’incompréhension sur (son) choix, (s’)expliquer, montrer une autre image de cette religion ».Ladite vidéo, assimilée pourtant bel et bien à du prosélytisme religieux, lui vaut aujourd’hui une suspension de ses responsabilités. « Nous avons su qu’apparemment, Maxence Buttey partageait des vidéos dans l’optique de convaincre son entourage et des adhérents », explique Jordan Bardella, secrétaire départemental du FN en Seine-Saint-Denis, dans un entretien à RTL.Interrogé au sujet du cas Buttey sur France 3 Ile-de-France, Gaëtan Dussausaye, nouveau directeur du FNJ, a affirmé : «nous voulons une France laïque. Il faut qu’on commence avec nous-mêmes à respecter ce principe là. Ne pas confondre la politique et le religieux ». Et nous le confondons d’autant moins sous nos latitudes que la religion chrétienne sépare le domaine temporel du domaine spirituel.Le Vice-président du FN, Florian Philippot, penche lui aussi pour « un comportement prosélyte dans l’enceinte du parti » de la part de Maxence Buttey. « Sa religion n’est pas l’affaire du parti car nous défendons la laïcité. Mais là, on a quitté le domaine de la conviction personnelle et de la foi. Un parti politique n’est pas le lieu pour cela ». « Une commission des conflits se réunira fin novembre pour faire la transparence afin que chacun puisse s’exprimer ». « Pour l’instant, on a besoin d’étudier le dossier, de regarder les choses concrètement…. Ca peut aller jusqu’à l’exclusion bien sûr. S’il est avéré qu’il y a eu du prosélytisme au sein du Front National avec des fichiers du Front National, alors ce n’est pas acceptable quelque soit la religion d’ailleurs.»Florian est dans son rôle en rappelant la « règle de base ». Mais dans les faits, nous pouvons aussi légitimement penser que si le jeune Buttey avait envoyé aux cadres de son département une vidéo de son baptême tardif ou vantant les évangiles, les écrits de Saint Augustin, de Bossuet ou de Charles de Foucauld, la commission des conflits du FN ne se serait certainement pas réunie…Frédéric Pichon l’écrivait aussi dans son article cité plus haut, « la France n’est pas un gigantesque terrain vague ni un supermarché de consommateurs de la World Company mais une réalité charnelle, culturelle, historique et spirituelle. Si elle est laïque, elle ne peut se comprendre sans se référer à ses racines grecques, romaines et chrétiennes. Comme le disait Péguy, chez nous en France, la politique va toujours de pair avec la mystique ».Car ce n’est pas tant en effet une France laïque que nous voulons qu’une France qui reste française et l’identité helléno-chrétienne de notre civilisation est consubstantielle à celle de la France. C’est pourquoi il est toujours terriblement déstabilisant dans un contexte d’immigration de peuplement, d’attaques tous azimuts contre nos repères civilisationnels, notamment pour la grande masse des Français, et a fortiori de nos adhérents, sympathisants et électeurs, de voir un militant FN de souche, abjurer sa foi autochtone pour se convertir à une religion allogène.Certes, mais le cas de figure est différent, la charge symbolique n’est pas du tout la même, cela n’empêche pas que des Français de confession musulmane aient toujours milité au FN. Nous pensons notamment aux harkis, mais pas seulement. Bruno Gollnisch est aussi de ceux qui pensent qu’il existe bien évidemment des musulmans modérés, Français respectables à part entière, si ce n’est un islam du juste milieu.Ne nous y trompons pas, Bruno Gollnisch l’affirme aussi, les Français ne nous pardonneraient pas tout recul dans la défense de l’identité française. Selon le sondage Ifop-Valeurs actuelles publié dans le dernier numéro de ce magazine, nos compatriotes approuvent ainsi massivement les propos d’Eric Zemmour même si le polémiste « bénéficie, relève Jérôme Fourquet, d’une adhésion nettement supérieure parmi les classes populaires qu’au sein des classes aisées ».Ainsi 62 % des Français estiment comme lui que « la nation française se dissout dans l’Europe, la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme » (plus des deux tiers à droite et près de la moitié à gauche, dont… 53 % chez les sympathisants d’EELV). Sur l’incompatibilité de l’islam avec la République, ils sont encore près de 6 Français sur 10 (dont 38 % à gauche) à l’approuver.Nous le voyons, si la question de l’islam est toujours un sujet délicat et complexe -voir notre article en date du 30 septembre dernier- nos compatriotes sont aussi aussi en pleine crise de foi…mais vis-à-vis d’un Système qui fait et prône l’inverse de leurs aspirations identitaires légitimes. Et cette crise là est aussi bénéfique que nécessaire car elle est un jalon sur la route de l’indispensable recomposition politique que nous appelons de nos voeux. -
TVL : Politique & Eco n°19
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Attali justifie la colonisation musulmane
Attali justifie la colonisation musulmane de la France en jouant sur la peur d'une guerre civile.
Oracle de "la France d'après", il fut dès l'élection de Nicolas Sarkozy convoqué au chevet de la république pour contribuer à réformer la France, le tout sans une once de légitimité démocratique. Nous remontons cette note d'octobre 2007 parallèlement à son retour en force dans les médias, qu'il subjugue par son art de la prospective...dont les prédictions ont toutes échouées depuis 30 ans.
"Alors que le rapport Attali vient d'être jugé "plutot raisonnable" par Nicolas Sarkozy, malgré sa proposition phare de "relance de l'immigration" (comme si elle avait été arrêtée) inspirée de son livre L'avenir du travail sorti en 2007proposant l'arrivée de 2 millions d'immigrés annuellement pour mener la France à 187 millions d'habitants en 2040 (alors qu'il suffit de sauver le régime des retraites par la capitalisation privée), je publie de nouveau les citations de l'illuminé mondialiste, glanées ça et là, en rajoutant celle-ci : « La logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide[…]L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement. »L’homme nomade , Ed. Le Livre de Poche, 2005.
Deux vieilles interviews de Jacques Attali, une de mai 1992, l’autre de mars 1997, éclairent sur sa vision de la colonisation islamique de l’Europe contemporaine.
« La France doit-elle se contenter d’accepter sur son sol les travailleurs européens ou assumer sa dimension musulmane ? Là est sans doute la principale question masquée par ce débat (ndlr : sur l’immigration), le vrai choix géopolitique. Si la France et l’Europe décidaient de s’affirmer comme un club chrétien, elles devraient se préparer à l’affrontement avec un milliard d’hommes, à une véritable « guerre de civilisations ». Avec en prime, en France, une guerre civile » Jacques Attali, Le Monde du 19 mars 1997
L’Algérie, le Maroc, la Tunisie ainsi que les pays de la péninsule arabique et du monde asiatique ont décidé- il y a 30 ans déjà -de s'affirmer en tant que club musulman exclusif par la création de l’OCI. Est-ce pour autant que 800 millions de chrétiens à travers le monde ont décidé de leur déclarer la guerre ?Absurde.
Attali, le 12 mai 1992 dans Le Monde, lors de la commémoration de la victoire de 1492 sur la colonisation islamique en Espagne, se félicitait qu’enfin, après cinq siècles, l’Europe s’ouvre à nouveaux aux zélateurs d’Allah :
« En 1492, l’Europe s’est fermée à l’est ( ndlr :comprendre au sud-est) et tournée vers l’ouest en essayant d’expulser d’elle tout ce qui n’était pas chrétien. Aujourd’hui, assez largement, le contraire se prépare. Une parenthèse de cinq siècles se ferme. L’Europe occidentale s’ouvre à son passé »
En bon mondialiste favorable à la « gouvernance mondiale », le sans-patrie fustigeait les frontières dans le même article :
« En 1492, comme aujourd’hui, le problème politique majeur est celui de la frontière, le choix entre nation et unité. On parle partout de marché et de démocratie comme si c’était des évidences parallèles, sans voir que l’économie de marché n’a pas besoin de frontières- la frontière interdit le développement de l’économie de marché et condamne au dirigisme économique- (…) Pour que la démocratie ne soit pas un frein au développement, elle doit être sans frontières, sinon on aura la frontière sans la démocratie »
On ne voit pas bien en quoi des frontières servant de filtre pour les personnes empêcheraient les biens de circuler. Sur la question de la démocratie qui réussit sans frontières, découpler la liberté des peuples à disposer d'eux même d'une souveraineté nationale s'exprimant dans un Etat-nation délimité géographiquement et un positionnement assez délirant. Mais on comprendra mieux en sachant que dans la démocratie universelle d'Attali, droit d'ingérence ( il rejoint en cela Kouchner) et exportation de celle-ci "à l'américaine" vont de paire.
Sur son blog, réagissant à la mini-polémique sur les prénoms exotiques des enfants Dati et Sarkozy ( respectivement Zora et Solal ), Jacques Attali commit un billet sur cette question et ce qu'elle révèlerait de l'état moral d'un pays. Il oppose une assimilation stérile à une intégration enrichissante: « Quand une nation décline, se rétrécit et se recroqueville, elle assimile ( note de l'Obs-i: alors que la France n'a jamais été aussi puissante que dans les périodes où elle a assimilé les étrangers !) ; et le nombre de prénoms qu’elle emploie est de plus en plus réduit, signe de son uniformisation. Au contraire, quand une nation est vivante, dynamique, ouverte, en croissance, elle intègre ; et elle utilise alors de plus en plus de prénoms différents, dont elle se nourrit pour augmenter sa diversité. L’assimilation appauvrit. L’intégration enrichit."
Aussi, Attali, pour remédier à la « haine de l’étranger » (comprendre le refus de l’africanisation et de l’islamisation d’une Europe chrétienne depuis 1500 ans) a sa solution : le droit de vote des étrangers ! Voilà les propos de l’illuminé :
« Partout en Europe, surgit la haine de l’étranger, de l’autre, responsable de nos malheurs…il faudra donc entrer dans les détails, penser et décrire les institutions concrètes en organisant, par exemple, le droit de vote des non-citoyens ( ndlr : le droit de vote des étrangers légaux ou non) ou le droit d’ingérence, ou le droit de vote des générations ultérieures »
« le droit de vote des générations ultérieures » vous avez bien lu ! Pratique, le Système choisirait les tendances de vote des français du futur pour contrecarrer les mal votants du présent. Il suffisait d'y penser.
http://www.islamisation.fr/archive/2014/10/11/l-odieux-chantage-a-l-invasion-de-jacques-attali.html
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Le plan secret de la SNCF pour le TGV
Une information d'Economie matin :
"La SNCF n'a pas attendu la Cour des Comptes pour savoir que le TGV n'était plus la machine à cash d'hier, et qu'il fallait réagir (lireTGV : Très grande vitesse mais très petite rentabilité). Dans un document confidentiel interne daté du 23 octobre 2014 que la rédaction d'EconomieMatin.fr a pu consulter, la direction envisage de prendre des mesures drastiques pour tenter de restaurer, au moins partiellement, la rentabilité du TGV. Au risque de se mettre à dos une bonne partie des voyageurs.
La marge opérationnelle de l'activité TGV s'est effondrée à 12 % en 2013, quand elle culminait encore à 28 % 2008 ? Qu'à cela ne tienne : la solution proposée par les équipes du marketing de la SNCF, dans un document daté du 23 octobre 2014, soit le jour même où la Cour des Comptes rendait publique son rapport, est tout ce qu'il y a de plus basique : augmenter les tarifs, mais aussi imposer un "durcissement des conditions d'échange / remboursement pour la clientèle loisir"."
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Éric de Montgolfier : la désillusion d'un juge
L'ancien procureur de la République, jeune retraité d'une longue carrière dans la magistrature, dénonce l'arrogance des élites dans son nouveau livre.
Tous les juges ne sont pas des petits pois. Esprit libre pour certains, donneur de leçons pour d'autres, Éric de Montgolfier ne cherche en tout cas pas à être aimé. Celui qui s'est fait connaître en dénonçant le pouvoir de la franc-maçonnerie s'attaque maintenant à l'arrogance des élites. L'ancien procureur de la République est à la retraite depuis juin 2013. Il raconte les coulisses d'une longue carrière dans un ouvrage au nom qui claque comme une gifle : Une morale pour les aigles, une autre pour les pigeons*. Entretien.
Le Point.fr : Dans votre livre, vous vous demandez s'il n'y a véritablement rien à espérer des hommes lorsque leurs intérêts sont en cause. Avez-vous trouvé la réponse ?
Éric de Montgolfier : Je crois que les appétits parlent toujours plus fort que les consciences. Il y a statistiquement peu de personnes prêtes à sacrifier quelque chose qui les avantage. Par exemple, on ne peut pas demander à un ministre membre d'un parti de mettre quelqu'un de son parti en difficulté. La principale qualité de la justice, c'est son humanité. C'est aussi ce qui fait son imperfection. Elle est piégée entre sa nature humaine et la volonté des politiques qui cherchent à en faire un outil servile. La neutralité n'est réclamée que lorsqu'il s'agit d'adversaire. Un jour que je donnais une conférence publique à Saint-Raphaël, je suis accueilli chaleureusement par un des adjoints au maire. Je monte à la tribune et fais mon intervention dans laquelle je dis ce que je pense des élus. En redescendant de l'estrade, le type me dit : "Dites donc, vous n'êtes pas tenu à une obligation de réserve ?" Amusant, non ? À la vérité, j'ai servi la justice pendant quarante ans, et accomplir mon devoir n'a pas soulagé ma conscience. J'aurais aimé quitter l'institution une fois qu'elle serait devenue ce que je rêvais de voir. Hélas, après quarante ans de carrière, je ne suis pas parvenu à avoir une image de l'homme plus valorisante... La justice, je ne l'aime pas pour ce qu'ils en ont fait, mais pour ce que je voudrais qu'elle soit.
Comment expliquez-vous l'inflation de condamnations d'élus ?
Longtemps, l'impunité a favorisé la corruption des élus et, maintenant, se faire condamner est devenu un label, que les juges distribuent à tour de bras. Dans les années soixante-dix, il y a eu une volonté de rééquilibrer la justice. Jusqu'ici, ceux qui détenaient le pouvoir étaient libres de leurs mouvements. Historiquement, ils avaient pris de mauvaises habitudes. Fouquet a été puni par où il avait péché. Regardez Richelieu, Mazarin et Jacques Coeur... Nous sommes un pays qui est resté très latin, dans lequel la corruption est un phénomène naturel. Il y en a beaucoup moins qu'il ne pourrait y en avoir. Il existe pourtant le fameux article 40 du code de procédure pénale qui dispose que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".
Or, le problème des procureurs est précisément que l'information ne leur parvient pas. Bien sûr, nous avons parfois des courriers anonymes, ce qui n'est pas toujours reluisant. Mais c'est comme ça que j'ai découvert un jour que des fonctionnaires de la PAF (Police aux frontières, NDLR) faisaient passer des immigrés clandestins directement dans une machine à rayon X pour les bagages. Lorsque j'en ai parlé aux services de l'État concernés, j'ai découvert qu'on "n'avait pas cru utile" de me déranger pour ça. La justice est sous-informée et les préfets manquent à leurs obligations en conservant des informations dont on pourrait avoir l'utilité, sur des prises illégales d'intérêt par exemple. Il me vient une autre anecdote qui illustre bien le débat moral qui peut freiner l'information : dans les années quatre-vingt-dix, Toyota s'installe à Valencienne, zone sinistrée par le chômage. L'entreprise japonaise achète un terrain et, lors des premiers travaux, on retrouve des vestiges. Cela aurait normalement dû déclencher des recherches archéologiques qui auraient retardé le chantier. Si on me le disait, cela retardait, voire compromettait, la construction de l'usine, et remettait en cause le retour de l'emploi de centaines de personnes... Je l'ai su plus tard par des canaux moins officiels !
Pourquoi avez-vous fait ce choix - étrange - de juger ?
J'avais un père chef d'entreprise qui me racontait des affaires de corruption avec une grande décontraction. Il présidait un comité interprofessionnel du logement et dépendait à ce titre des permis de construire délivrés à l'époque par la DDE. Je me souviens qu'un jour, il avait appelé le directeur. Lorsque mon père lui a demandé s'il partait en vacances, le directeur avait répondu : "C'est impossible, au prix où sont les pneus." Mon père lui avait tout simplement fait porter un train de pneus. J'étais adolescent, cela m'avait secoué.
Selon vous, les élites vivent déconnectées de la réalité ?
Une bonne partie, oui. Lorsque j'étais en poste à Chambéry, un soir, le représentant de la chambre départementale des huissiers de justice m'appelle et m'explique que l'un de ses confrères a été mis en joue par un fermier alors qu'il venait pour saisir sa dernière vache. Je vais donc sur place et, en arrivant, je vois une Porsche. Je demande à qui elle appartient et on me répond que c'est celle de l'huissier ! Si ça, ce n'est pas un signe de l'arrogance du pouvoir... À Nice, cela m'a toujours frappé, on ne se cache pas. Il y a un restaurant qui jouit d'une grâce extraordinaire : sa terrasse, c'est le trottoir, à tel point que c'est la chaussée qui est devenue piétonne. Cela n'est pas normal. Peut-être que comme Sarkozy et beaucoup d'élus y viennent, le restaurateur s'est senti protégé ? Cela me choque. Tout ce qui est inégalité arrogante est une attaque contre la justice. Et elle nous met mal à l'aise, nous, les juges. Il faudrait que l'on apprenne la déontologie à l'école de la magistrature. Dans Le palais indiscret, Jean-Paul Lacroix raconte cette petite anecdote : le tribunal doit juger une voyante. L'oeil goguenard, le président l'interroge : "Puisque vous lisez l'avenir, dites-moi à quoi le tribunal va vous condamner." Elle répondit : "Le tribunal va me relaxer, car je ne connais pas un magistrat digne de se moquer de celui qu'il va condamner." La liberté de parole du magistrat ne doit pas le dispenser d'exemplarité.
Qu'est-ce qu'un intouchable ?
Il y en a beaucoup, du moins le croient-ils. J'ai reçu un courrier d'un parlementaire, ancien magistrat, qui m'écrivait pour "interpeller mon attention" sur la situation d'une de ses connaissances qui s'était rendue coupable de je ne sais quelle infraction... Il attendait que je classe l'affaire. Je lui ai fait une autre faveur : j'ai accéléré la procédure pour la faire comparaître plus vite devant le tribunal ! Autre exemple, je vois un jour arriver dans mon bureau un gros entrepreneur du coin. Il me dit "je sais que vous admirez beaucoup ma maison qui a une vue imprenable", ce que je confirme. Il poursuit : "Il faudra que je vous invite à dîner avec votre épouse." Puis il en arrive au véritable motif de sa visite : il s'était fait arrêter pour excès de vitesse et venait me "demander conseil". Je lui ai donc conseillé de payer son amende, par chèque. Croyez-moi, j'attends toujours mon invitation à dîner !
Il m'est aussi arrivé d'avoir des amendes. Un jour, je m'étais garé sur une place réservée aux handicapés, je n'avais pas vu la signalisation. J'ai commencé à discuter avec l'agent. Le fonctionnaire me répond : "Adressez-vous au procureur." Il se trouve que j'étais le procureur. Eh bien, j'ai payé mon amende, comme la loi me le demandait.
Que faut-il changer ?
Je pense qu'il faut renoncer au modèle d'école de la magistrature. Il a vécu. L'égalité du concours est fictive : la plupart de ceux qui le réussissent sont passés par une prépa payante. Il faudrait aussi un Conseil supérieur de la magistrature (CSM) rénové et doté de moyens réels. Ceux que j'appelle "les soutiers de la magistrature" sont bien peu représentés, alors que les corps d'élite sont, eux, surreprésentés. Par ailleurs, au nom de quoi le président de l'Assemblée nationale, celui du Sénat, ainsi que le bâtonnier peuvent-ils nommer des personnalités ? Il y a peu de respect pour cette trilogie chère à Montesquieu, qui pourtant a plus de sens que jamais. La démocratie ne peut être efficace qu'avec fermeté. La justice ne pourra pas continuer comme cela.
Retrouvez les chroniques d'Éric de Montgolfier sur Le Point.fr
* Une morale pour les aigles, une autre pour les pigeons, par Éric de Montgolfier, paru chez Michel Lafon, 296 pages, 19 euros.
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Le Grand Orient de France veut lutter contre l’« antimaçonnisme »
Samedi soir, le Grand Orient de France (GODF) lançait à Lille une campagne publique contre« la dangereuse résurgence de l’antimaçonnisme » qui se déclinera en conférences tenues dans huit villes françaises.
Le Grande Maître du GODF, Daniel Keller a été très clair : « l’antimaçonnisme est aujourd’hui avec l’antisémitisme et l’homophobie l’un des trois symptômes de la crise de la République » avant d’expliquer les motivations de cette campagne :« nous avons décidé de prendre l’antimaçonnisme à bras le corps, d’abord pour le démystifier et puis pour montrer en quoi il était une menace pour les fondements de la République »… Selon le troisième intervenant de cette première conférence tenue à Lille, le journaliste Jiri Pragman, « 2014 n’est certes pas 1934 ou 1940, mais il y a une résurgence de l’antimaçonnisme », venant des milieux catholiques hostiles au mariage pour tous, des évangélistes, des musulmans et plus généralement d’internet et des réseaux sociaux »
Que veulent-ils dire ? Que l’ « antimaçonnisme » va devenir un délit, comme le sont devenus l’antisémitisme ou l’homophobie, trop souvent vus là où ils n’existent pas ? Qu’il va bientôt devenir impossible de clamer ouvertement son opposition à la Franc-maçonnerie ? Qu’une chasse va être ouverte pour protéger la franc-maçonnerie et la République ?
Il devient de plus en plus clair que cette « république » qu’ils invoquent sans cesse pour bâillonner toute opposition est une véritable menace pour la liberté des Français. Et puisque le Grand Maître du GODF affirme lui-même que la franc-maçonnerie en est un fondement, nous continuerons à nous opposer à ces minorités totalitaires qui tentent par tous les moyens d’imposer leur culture de mort.
Rappelons en effet que Daniel Keller se prononçait il y a quelques jours en faveur de l’euthanasie et qu’il était reçu le 8 octobre dernier à l’Assemblée Nationale pour donner son avis sur le sujet… En quel honneur ? La question reste sans réponse… Mais il est certain en revanche que les Francs-Maçons ont toujours soutenu tous les maux imposés à la France depuis des décennies…
PS : l’organisation Renouveau français a sorti récemment cet autocollant percutant, que l’on peut commander en ligne ici ou ici :
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Immigration : Jean-Paul Gourévitch à L’AF 2895 : " Pour une parole indépendante"
Consultant international sur l’Afrique et les migrations, docteur en sciences de l’information et de la communication, Jean-Paul Gourévitch vient de publier un ouvrage auquel nombre de nos confrères ont réservé un accueil polémique.
L’AF 2895 : Vous venez de signer dans la collection Pour les Nuls, qui vise le grand public sans rien lâcher sur l’exigence scientifique, une somme sur les Migrations : en quoi cet ouvrage manquait-il ?
Jean-Paul Gourévitch : Il existe en France nombre d’ouvrages sur l’immigration, historiques, politiques, sociologiques, démographiques sans compter les témoignages chargés d’émotions des migrants ou de ceux qui vivent auprès d’eux. En revanche l’expatriation reste un domaine peu exploré notamment sur le plan des coûts. L’idée de l’ouvrage était de conjuguer immigration et expatriation sous un seul terme, celui de migrations, et de ne pas se restreindre à la France mais d’ouvrir sur la géopolitique des flux et les exemples étrangers.
La seconde difficulté propre à cette collection dont le slogan est « Avec les Nuls tout devient facile » c’est de faire un travail de vulgarisation tout en respectant une rigueur méthodologique et scientifique. C’était le défi qui m’était assigné et que j’ai essayé de relever. Il ne faut pas noyer le lecteur sous une avalanche de chiffres mais on ne peut pas non plus les occulter. Il est également important de définir les termes. « Immigrés », « étrangers », « personnes d’origine étrangère » renvoient à des réalités différentes. Une anecdote significative. Lors du débat télévisé de l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a mentionné plusieurs fois le « vote des immigrés » alors qu’il s’agit évidemment du vote des étrangers puisque nombre d’immigrés ont acquis la nationalité française et bénéficient donc du droit de vote. Une erreur que son adversaire n’a même pas relevée.
Enfin, mais c’est plus anecdotique, un ouvrage qui fait 400 pages plus les cartes et les annexes ne doit pas être pesant et comporter des moments plus légers : anecdotes, bêtisier, recension d’ouvrages, de films ou de lieux de mémoire. Reste qu’il n’est pas question de faire de l’humour sur les migrations car le fait de quitter son pays est toujours un déchirement qui peut se terminer de manière tragique comme l’actualité nous le rappelle chaque jour.
Vous et votre éditeur avez été victimes d’une tentative de déstabilisation. Pourquoi, alors que vous êtes un spécialiste internationalement reconnu de la question ? Comme il était difficile de s’en prendre à l’ouvrage, on a cherché à diaboliser l’auteur, et ainsi à discréditer à la fois le propos et la collection. Cette part d’un seul article très « militant » d’une journaliste de l’AFP qui est repris in extenso le jour même et le lendemain par 51 journaux parmi les plus célèbres qui n’ont ni consulté l’ouvrage ni interrogé l’auteur ou l’éditeur. Cela peut laisser rêveur sur la déontologie d’une certaine presse qui pourtant ne se fait pas faute de donner des leçons.
Quand mon avocat et moi-même avons demandé à l’AFP comment elle comptait réparer le préjudice subi, l’Agence a répondu qu’elle ne voyait pas où se trouvait ce préjudice. Pourtant 10 millions de lecteurs de cette presse ont bien été « informés » qu’il s’agissait d’un ouvrage écrit par un auteur « très à droite » donc suspect. La preuve : ses thèses avaient été citées par le Front National et des sommités de gauche et d’extrême gauche, les seules interrogées par la journaliste, en contestaient la teneur. Pourtant aucune n’avait lu l’ouvrage puisqu’il était sorti le jour même et qu’elles n’avaient pas reçu de service de presse.
Bien entendu on s’attardait sur les événements organisés par la droite ou l’extrême-droite au cours desquels l’auteur avait donné des conférences en oubliant ceux organisés par la gauche ou l’’extrême gauche au cours desquels il était également intervenu, voire en niant qu’ils aient existé alors qu’ils sont parfaitement consultables sur Internet et ont donné lieu à des publications.
On en est même venu à contester ma qualité de consultant international sur l’Afrique et les migrations. Pourtant en 25 ans de carrière dans ce domaine, j’ai fait plus de 35 missions dont certaines ont duré des mois voire des années, notamment en Afrique, pour des organismes aussi divers que l’UNESCO, l’Union Européenne, Le Ministère des Affaires Etrangères, la Banque Mondiale, des ONG ou des cabinets d’expertise. Et mon rapport sur les migrations subsahariennes a été voté par le Conseil de l’Europe à l’unanimité (moins deux abstentions) ce qui n’est quand même pas courant.
On ne peut résister seul à cette lapidation organisée. J’ai obtenu des droits de réponse de la part de trois journaux qui en avaient rajouté jusqu’à la diffamation. Mais je constate avec amertume que dans un pays profondément divisé et où l’opinion publique n’est plus en phase avec ses représentants, il est difficile sur un sujet sensible et qui pourtant concerne son présent et son avenir, de porter une parole documentée, indépendante, aussi impartiale que possible, qui donne les sources de ses données et explicite sa démarche.
Est-il impossible de parler des migrations de manière apaisée ? Cet ouvrage n’a-t-il pas précisément pour objet de mettre un terme aux fantasmes sur la question pour l’aborder de manière objective ? Ségolène Royal avait dit un jour qu’il faudrait « dépolitiser la question de l’immigration » et faire asseoir autour d’une même table des gens compétents et de bonne volonté pour chercher des solutions intelligentes aux problèmes qu’elle posait. Nous en sommes très loin. Sans doute l’immigration est-elle plutôt le pré carré de la droite et l’expatriation le cheval de bataille de la gauche. Mais ces deux aspects sont liés géopolitiquement, financièrement et humainement. L’ouvrage prétend lutter contre « les amalgames, les phantasmes et la désinformation ». La campagne de presse dont j’ai été victime montre que le combat est loin d’être gagné. J’ajoute que c’est un combat sur deux fronts. On risque toujours d’être ostracisé par les uns et instrumentalisé par les autres. Mes collègues qui travaillent en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis ou au Canada s’étonnent toujours des réactions passionnelles des Français quand on aborde ces thèmes. Chez eux aussi on débat, mais sans insultes ni déformation volontaire des propos de ceux qui ne pensent pas comme vous.
Ceux qui vantent de manière idéologique les bienfaits de l’immigration hésitent entre deux attitudes contradictoires : vanter ce qu’elle rapporte, ou affirmer qu’il est impossible d’en mesurer le coût... C’est que l’immigration a un impact à la fois économique, social, culturel, voire politique et géopolitique... Comment débrouiller un tel écheveau ?
En informant de façon contradictoire comme je le fais sur les motivations variées des mouvements migratoires, l’ampleur et l’orientation des flux, les diverses évaluations faites des coûts et des bénéfices, des investissements et de leur rentabilité, et les méthodes utilisées pour les mesurer.
A titre d’exemple dans « la partie des Dix », une des traditions de la collection, j’ai listé dix débats de fond sur des problèmes complexes comme l’ouverture des frontières, la fuite des cerveaux, la régularisation des personnes en situation irrégulière ou l’aide médicale d’Etat. Chacun est présenté selon un schéma type : historique du débat, arguments des partisans, arguments des adversaires, thématiques des controverses. Il n’y a pas de conclusions. C’est au lecteur de les tirer.
Pouvez-vous définir quelles devraient être les grands lignes de la politique migratoire d’un gouvernement qui ferait enfin le choix du seul bien commun ?
Je ne voudrais pas à mon tour me poser en donneur de leçons. Mon souci n’est pas de déterminer quelle est la meilleure politique en matière de migrations mais de permettre à chacun de se faire sa propre opinion en connaissance de cause C’est aussi pour cela que je n’hésite pas à intervenir dans des associations ou mouvements dont les options sont parfois opposées, en essayant de fournir à chacun une information qui soit précise, pertinente, et sourcée, et d’éclairer les enjeux.
L’AF 2895 - Propos recueillis par François Marcilhac
Retrouvez ici et ici Jean-Paul Gourévitch lors d’une conférence à l’Action française.
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Immigration-Jean-Paul-Gourevitch-a
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Sondage : Les Français d’accord avec Éric Zemmour
Source : ojim.fr - D’après une récente étude réalisée par l’IFOP,Valeurs Actuelles publie en exclusivité le ressenti des Français par rapport à la personne d’Éric Zemmour et à ses idées.
Et si le journaliste est loin de faire l’unanimité chez les personnes interrogées (ce que VA se garde bien de dire) avec seulement 30 % de bonnes opinions (contre 42 % de mauvaises), le moins que l’on puisse dire est que ses idées trouvent un incroyable écho parmi la population.
Par exemple, parmi les sympathisants MoDem, UMP et UDI, on est respectivement 80, 87 et 93 % à penser, comme Zemmour, qu’« on ne peut plus rien dire sans se faire traiter de raciste ». Plus troublant encore, ils sont 53 % et 58 % à penser de même… chez les sympathisants écolos et PS ! Chez Mélenchon, c’est 67 % d’approbations.
Sans surprise, c’est au FN que l’on trouve les sympathisants les plus « zemmouristes ». Mais ce succès se retrouve également dans l’ensemble de la population. Ainsi, ils sont 62 % à penser comme lui que « la nation française se dissout dans l’Europe, la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme » (plus de deux tiers à droite, plus de la moitié à gauche).
Autre constat : Éric Zemmour « bénéficie, d’une adhésion nettement supérieure parmi les classes populaires qu’au sein des classes aisées », note Jérôme Fourquet. « Un autre révélateur du profond décalage entre France d’en bas et France d’en haut », ajoute VA.
Enfin, la phrase : « La plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est un fait », pour laquelle le journaliste avait été condamné en 2010, « est la seule citation à ne pas obtenir une majorité d’approbations, avec quand même 45 % affirmant être “d’accord”. Dont 56 % à l’UMP, 44 % chez les électeurs de Bayrou en 2012 et 25 % — un quart — parmi ceux de Hollande », conclut le magazine.
Ainsi, même si le polémiste ne recueille pas tous les suffrages concernant sa propre personne, ses idées font presque l’unanimité dans la population, même à gauche ! Les Français sont-il des zemmouristes qui s’ignorent ?
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Les folies du pédagogisme totalitaire
« Mais que dire du jargon utilisé par les technos de l’Educ’ nat’ dans les centres de formation des jeunes professeurs en instance de titularisation ? »
Le 12 octobre, l’écrivain Christian Combaz épinglait ici même le ministre Fleur Pellerin et la novlangue des technocrates de la Culture (1) dont il citait quelques formules alambiquées telle « Développer les moyens dédiés à l’éducation artistique et culturelle, à l’accès à la culture et à la démocratisation culturelle grâce notamment aux politiques transversales de médiation et au plan de développement de l’éducation artistique et culturelle ». Mais que dire du jargon utilisé par les technos de l’Educ’ nat’ dans les centres de formation des jeunes professeurs en instance de titularisation ?
A cet égard, le témoignage d’Emmanuelle Delacomptée, qui, d’une plume allègre, relate dans Molière à la campagne (2) sa première année d’enseignement en Normandie, est proprement hallucinant.
Novterminologie : lancer du « référentiel bondissant » par le « segment mobile »
Passons sur les « géniteurs d’apprenants » (les parents d’élèves) et les « séquences » qui ont remplacé les cours d’antan, termes relativement traduisibles. Mais sait-on que les « lectures cursives » sont les lectures à faire à la maison ? qu’un « référentiel bondissant » est un ballon et un « référentiel bondissant oblique » un ballon de rugby (oblong serait plus indiqué) tandis que le bras est un « segment mobile » ? Et malheur au petit prof qui oublie cette novterminologie : « Il s’agit d’être précis dans son discours », lui rétorque le formateur, qui rappelle « qu’on ne dit plus grammaire mais “discours raisonné de la langue”, ni discours indirect mais “paroles rapportées indirectement” ou, à la rigueur, “énoncé coupé”, par opposition à “énoncé ancré” ». Bien entendu, les compléments ne sont plus d’objet indirect ni même circonstanciels comme naguère mais « non essentiels » et les professeurs de français d’un même établissement sont sommés de se « réunir à chaque rentrée pour harmoniser [leur] terminologie ».
Mais pourquoi, s’interrogent les profanes, celle-ci change-t-elle donc sans cesse ? Réponse péremptoire : « Si la terminologie change, c’est qu’elle s’améliore.»
Jordan, Douglas, Kristoffer, Kévin, Kelly dans la jungle
Ce qui ne s’améliore pas, en revanche et malheureusement, c’est le niveau des élèves. Dans la région rurale où Emmanuelle Delacomptée a obtenu son premier poste, il n’y a que des Souchiens. Mais ils sont en général aussi illettrés (il faut lire quelquefois à voix haute pour comprendre leur prose, ils pensent que midi est un verbe, etc.) et aussi déculturés que les gamins des cités. Prénommés Jordan, Douglas, Kristoffer, Kévin, Kelly ou Jeffrey, ces potaches de quatrième sont coiffés de casquette à l’envers, vêtus du pantalon baggy emprunté aux taulards des pénitenciers américains et de maillots aux inscriptions également américaines. Via la télévision, les radios jeunes et Youtube, la mondialisation a étendu ses ravages et ils connaissent mieux les stars hip-hop qu’Harpagon – qu’ils prononcent Harpageon et considèrent d’ailleurs comme un bouffon, ainsi que les autres personnages de Molière, qui écrit « des trucs de ouf » des plus ennuyeux. Par ses allusions sexuelles, la lecture d’une nouvelle (imposée) de Maupassant provoque quasiment une émeute.
Au demeurant, quand elle n’est pas plongée dans les bras de Morphée, la classe est généralement une jungle et les sorties scolaires sont une épreuve redoutable pour les accompagnants (au cours de l’une d’elles, le brise-glace d’un bus est volé pour « casser la voiture à Le Pen »). Pour y remédier, les formateurs initient les apprentis-profs à l’art de la vocalise, censé les aider à « affirmer leur autorité » et à « se faire respecter », et leur dispensent de judicieux conseils du genre : « C’est vous le pilote, ne laissez pas l’automobile quitter la route, restez fermes et souples à la fois. Il est important de conserver cette image à l’esprit. Quand vous êtes débordés en classe, n’oubliez pas que vous êtes des pilotes ! »
Peillon et les « ayatollahs de la Nouvelle Pédagogie »
Mais la voiture folle, n’est-ce pas celle du ministère ?
Le 21 octobre, sur le site Le Point.fr, l’agrégé et normalien Jean-Paul Brighelli, ancien gauchiste depuis longtemps révulsé par le pédagogiquement correct contre lequel il a multiplié les essais, dont le célèbre La Fabrique du crétin ou la mort programmée de l’école (éd. Jean-Paul Gourewitch 2005), dénonçait les ESPE, Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, « dernier legs, avec les rythmes scolaires, de l’ère Peillon » (3). Les ESPE sont le dernier avatar des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) institués par la loi Jospin après 1989 et déjà dotés « de crédits (considérables) destinés à la formation des enseignants, et de créations de postes nombreuses, dans des disciplines (Sciences de l’éducation et Didactique) qui permettaient de recruter nombre de bras cassés, pendant que d’autres universités, à l’écart de ces temples du pédagogisme triomphant et du Nouveau Vocabulaire orwellien […], la “pensée Meirieu” ayant remplacé la pensée tout court, devaient déjà se débrouiller avec des budgets en peau de chagrin ».
Avec les ESPE, toutefois, est franchi un nouvel échelon dans la dictature pédagogique. En effet, « les nouveaux professeurs des écoles ou des collèges doivent depuis 2008 être titulaires d’un master (d’où le nom de “mastérisation” donné à la réforme) ». Mais, depuis l’instauration des ESPE, a été institué le master MEEF : Métiers de l’enseignement et de la formation, composé à « 50% de Sciences de l’éducation, de théories pédagogiques fumeuses, de temps perdu et de parlotes inutiles, contre 50% de formation disciplinaire, assurée en université ». Or, les nouveaux profs-stagiaires qui, souvent, ont déjà leur master dans la discipline qui leur importe, sont, accuse Brighelli, « pourtant sommés par les ESPE et les directives comminatoires de Simone Bonnafous, à la tête de la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, de s’inscrire en master MEEF, sous peine de ne pas être titularisés : parce que la titularisation des nouveaux enseignants, autrefois assurée par les inspecteurs, a été confiée intégralement aux ayatollahs de la Nouvelle Pédagogie ».
Si, encore, les « nouvelles structures totalitaires voulues par Vincent Peillon » avaient été conçues pour sauver l’Ecole ruinée autant par d’incessantes et insanes réformes et la massification découlant du refus de toute sélection que par le boulet d’une immigration désormais trop nombreuse pour être intégrable ! Mais leur seule raison d’être est, au contraire, la préservation de la caste qui a justement mené au désastre, et la perpétuation de celui-ci. Qu’importent l’illettrisme et l’inculture des nouvelles générations si celles-ci savent tout, tout, tout sur le « Zizi sexuel », exposition drainant des classes entières à la Cité des Sciences de La Villette (4) malgré l’opposition des familles !
Claude Lorne, 22/10/2014
Notes :
(1) Fleur Pellerin et la novlangue des technocrates de la culture
(2) Editions J. C. Lattès 2014, 265 pages.
(3) http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/devenir-enseignant-le-grand-n-importe-quoi-21-10-2014-1874352_1886.php
(4) Une pétition, déjà signée par près de 50.000 personnes, a été lancée par SOS-Education.
Voir http://petitions.soseducation.org/non-au-zizi-sexuel/index.php -
Conférence d’Alain Jakubowicz à l’Université Lyon III : le compte-rendu d’E&R Rhône-Alpes
« Les limites de la liberté d’expression »…
Tel fut l’audacieux intitulé de la magistrale allocution d’Alain Jakubowicz , avocat, actuel président de la LICRA, ancien président du CRIF Rhône-Alpes et Chevalier de la Légion d’Honneur, dans le cadre d’une conférence à l’Université Lyon IIIJean Moulin le 29 septembre 2014.
S’il se déchargea d’emblée d’être un spécialiste de l’exercice, l’invité de marque donna pourtant une leçon de communication. Dieudonné, Soral, Zemmour, Faurisson, Houellebecq, la Shoah, la loi Gayssot, la loi Taubira, les crimes contre l’Humanité, la quenelle : tout y passe. Admirez donc.
Les meilleurs moments :
En juriste chevronné, Maître Jakubowicz a parfaitement désamorcé la situation, ce qui lui a permis de déverser calmement sa litanie habituelle, que nous résumons ici :
la liberté d’expression n’a aucune limite, sauf celle de la légalité ;
dans toutes les démocraties, il y a des limites à la liberté d’expression.Habile procédé qui induit cette idée sous-jacente qu’il n’y a pas de limites à la liberté d’expression, à part les limites « nécessaires », « essentielles », « normales » que tout état de droit qui se respecte se doit d’élever, c’est d’ailleurs cela qui prouve que c’est une démocratie.
Avec en acmé révélatrice de cette consubstantialité, l’ordonnance exceptionnelle du Conseil d’État du 9 janvier 2014 dans l’affaire Dieudonné, qui démontre ainsi que « les institutions ont parfaitement fonctionné ».
Une société qui fonctionne bien est donc une société qui limite bien. Mon petit doigt me dit que la France est partie pour fonctionner de mieux en mieux…N’ayant pas réussi à accéder au micro pour poser de vive voix la question qui me brûlait les lèvres, je me permets de la retranscrire ici par écrit. J’espère que l’orateur professionnel qu’est Monsieur Jakubowicz ne m’en voudra pas.
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