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France et politique française - Page 4126

  • Sondage Le Parisien : avec 43% de bonnes opinions, Marine Le Pen plus populaire que jamais

    L’époque où les dirigeants du Front national étaient systématiquement décriés semble révolue.Avec 43 % d’opinions favorables, selon un *sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, Marine Le Pen n’a jamais été aussi populaire. Et même si une majorité de Français (56%) ont toujours une mauvaise opinion de la présidente du FN, cette dernière semble avoir définitivement conquis sa place dans le paysage politique français.

    Elle a surtout réussi son pari : celui de dédiaboliser un parti marginal pour en faire une force politique majeure, qui compte désormais deux élus au Sénat, autant à l’Assemblée nationale, plus d’une dizaine de maires et pas moins de 24 eurodéputés à Strasbourg…

     

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  • Recalé à l’oral, Pierre Moscovici est contraint à une session écrite de rattrapage

    Le Parlement européen a imposé une nouvelle épreuve écrite au Français Pierre Moscovici, qui s’est heurté jeudi à l’hostilité d’une droite sceptique sur sa capacité à juger avec neutralité l’état des finances françaises. Pendant son audition devant les députés européens, l’ancien ministre des Finances, nommé commissaire européen aux affaires économiques, a promis qu’il ne serait ni « l’avocat, ni le procureur de la France ». Mais cela n’a pas suffi à convaincre ses opposants. Dans la soirée, la commission des affaires économiques du Parlement a demandé au député PS du Doubs de répondre « par écrit » d’ici le début de la semaine prochaine à de nouvelles questions.
    Pierre Moscovici

    Nous voulons des « éclaircissements » sur «sa crédibilité pour la mise en oeuvre du pacte de stabilité, et sur la répartition des compétences » avec les vice-présidents en charge des questions économiques, a expliqué la députée libérale française Sylvie Goulard.

    La candidature de Pierre Moscovici ne serait pas forcément en danger, plusieurs spécialistes de l’Union européenne faisant état d’un accord entre les principaux partis politiques pour éviter toute contestation des candidatures des commissaires européens.

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/recale-a-loral-pierre-moscovici-est-contraint-a-une-session-ecrite-de-rattrapage_118094.html#more-118094

  • Maman Juppé contre Papa Sarko

    Abandonné en bas du lit électoral, l'UMP n'est plus qu'un porte-jarretelles souillé.   

    De la fenêtre entrouverte perce le soleil d’octobre. Deux amants vautrés sur les draps. Abandonné en bas du lit électoral, l’UMP n’est plus qu’un porte-jarretelles souillé. Après l’amour, voici le combat des sexes. Grandiloquente époque, où la putréfaction des sentiments emporte les âmes les moins fragiles. La chambre est vide, la chambre est pleine. De deux corps enfantés par les 40 dernières années. Que reste-t-il à voir ?

    Un papa et une maman. Sarkozy et Juppé. Le dur et le mou, le méchant et le gentil. L’excité et le sage. Les rôles sont distribués, comme dans une mécanique expressionniste, un Weimar d’après le chaos. Sarkozy, en ce début de film, joue au caïd, ravagé chaque jour un peu plus par d’affreux tics, qui vont bientôt faire passer Malraux pour une feuille morte. Sarko, c’est la virilité, surjouée à la manière du grand Sardou de 76. En face, la pornocratie cruelle et télévisée nous sert un Juppé maternel, doux, consensuel antiraciste, courtois, mou, respectueux de l’islam… La gauche a son candidat !

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  • Dimanche 5 octobre TVL se mobilise pour la défense de la famille.

    Les équipes de TVLibertés seront au coeur de la manifestation parisienne de La Manif pour Tous.

    Elles interrogerons les personnalités présentes, suivront des familles venues manifester, seront dans les coulisses de l’organisation de la manifestation.

    Manif 5 octobre

    Dès dimanche 5 octobre, 13 heures, toutes les informations et interviews pourront être consultées sur le fil d’actualité disponible sur le site tvlibertés.com
    Dès dimanche 5 octobre, 13 heures, retrouvez une émission spéciale « rétrospective de deux ans de combat contre la loi Taubira »
    Dès dimanche 5 octobre, 13 heures, retrouvez les commentaires de nos reporters présents sur place
    Et le lundi 6 octobre en continu à partir de 19H, un Journal Télévisé spécial : “on ne lâche rien”

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/dimanche-5-octobre-tvl-se-mobilise-pour-la-defense-de-la-famille_118102.html#more-118102

  • Sens Commun est lucide sur le double discours de dirigeants de l'UMP

    Grâce à la convention entre l'association Sens Commun et l'UMP, chaque nouvel adhérent de Sens commun devient automatiquement militant encarté rue de Vaugirard. Difficile de percevoir la réelle influence de Sens commun mais le mouvement s'est inscrit dans le paysage de l'UMP. Les responsables espèrent dépasser les 10 000 en décembre 2014200 à 250 de leurs membres sont devenus conseillers municipaux en mars 2014. A l'UMP, où on annonce 50 000 adhésions entre juin 2013 et juin 2014, on affirme qu'il est impossible de " corréler " cet afflux avec Sens commun, mais on note une vraie " dynamique " autour de l'association. Les membres de la structure ne sont pas encore représentés au sein des instances.

    Partisans d'une abrogation de la loi Taubira, les dirigeants de Sens commun, qui devraient bientôt publier un nouveau manifeste, cherchent surtout à peser sur le futur programme. Ils discutent avec les candidats à la présidence de l'UMP, qu'ils ont invités à un meeting le 15 novembre.

    • Hervé Mariton travaille avec eux.
    • Bruno Le Maire leur a donné des gages sur sa volonté de mieux encadrer la filiation.
    • Nicolas Sarkozy a déjeuné avec les responsables de l'association juste avant l'annonce de son retour. L'ex-président de la République leur aurait demandé une note sur les aspects juridiques d'une réforme de la loi Taubira, ce que ne confirme pas l'entourage du candidat.

    Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole, indique :

    "Nous sommes lucides sur le danger d'un double discours de la part de certains dirigeants. C'est toujours le risque en politique. C'est précisément la raison pour laquelle nous sommes à l'intérieur de l'UMP ".

    Michel Janva

  • Jean-Paul Gourévitch, "les Migrations pour les Nuls"

  • Spectacle affligeant de la politique en France : l'Intérieur contre la Justice

    De France catholique : 

    "Situation surréaliste qui manifeste un summum d’incohérence au sommet de l’Etat-PS transformé en Barnum proche de chavirer, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve se voit contraint de défendre la Police contre les conséquences catastrophiques de la réforme pénale supercourtelinesque concoctée par sa collègue Madame la ministre de la Justice, Christiane Taubira… ! Quand cette dernière complique comme à plaisir le travail des policiers, en le surchargeant de contraintes administratives exorbitantes à même de transformer les commissariats de police en annexes du Château de Kafka, le ministre de la police, l’ancien avocat Maître Cazeneuve, se sent obligé de… plaider pour ses troupes accablées. Il est vrai que la charrette des officiers de police judiciaire et de leurs collaborateurs est désormais pleine à craquer, du fait d’un système pervers absolument contre-productif, qui semble de façon troublante conçu pour compliquer et retarder au maximum le travail des défenseurs de la sécurité publique.

    Comme l’observent, effarés, tant les professionnels de l’information que ceux de la police comme ceux de la justice qui n’ont pas perdu le Nord, les policiers doivent désormais effectuer un véritable parcours d’obstacles purement administratifs en plus de leur travail de policiers avant de parvenir à leurs fins : en principe, la conclusion d’enquêtes – policières - et l’arrestation des délinquants.

    On a pu constater récemment la mise en œuvre ultrapaperassière de plusieurs mesures calamiteuses : le transfert de charge de la Justice vers la Police du « suivi de la contrainte pénale », véritable délégation des tracas… ; le devoir qu’on leur inflige de courir constamment derrière les voyous laissés en liberté qui se dérobent à des obligations dont ils se moquent, en authentiques voyous qu’ils sont ; et la remise en cadeau aux officiers de police judiciaire, ces nouveaux forçats du système Taubira, de la « transaction pénale » (joli nom) qui permet généreusement aux délinquants d’échapper à la case prison dans le nouveau Jeu de l’Oie d’une voyoucratie dorénavant officialisée. Alors voici Maître Cazeneuve, ministre de la police, promu au rang d’avocat de ses policiers, face à une Justice gauchie qui les fait tourner en bourriques pour le plus grand amusement des truands. Cela à l’heure où la France fait face à un défi terroriste sans précédent.

    Décidément, la France, déjà fragilisée, est entraînée dans des engrenages inquiétants : il est en effet plus que temps de plaider pour ses derniers défenseurs. Mais ne serait-il pas temps aussi que Mme Taubira, curieusement inspirée, prenne des vacances ? De longues vacances…"

    Le Salon Beige

  • Julie Graziani vs Caroline Mecary

    Julie Graziani, porte-parole du collectif Ensemble pour le bien commun et Caroline Mécary, avocate LGBT étaient sur le plateau de BFM Story :


    BFM Story: GPA: Quel avenir pour les enfants... par BFMTV

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/10/julie-graziani-vs-caroline-mecary.html

  • La France peut gagner la bataille contre ses «saboteurs»

    Ex: http://zejournal.mobi

     Eric Le Boucher publie en cette rentrée Les saboteurs, Quand les politiques bloquent une France qui veut avancer (Plon). En voici quelques extraits.

    Il existe un génie français. Non qu’il n’y ait d’autres peuples admirables sur la Terre, mais le nôtre a, bien chevillés ensemble, une intuition de l’universel et un sens terrien, une tête et des pieds. Les Français ressentent l’injustice et ils savent cultiver leur jardin. Au XXIe siècle, ce sont là deux avantages inouïs. Son éthique collective et son autonomie individuelle mettent la France en concordance avec le siècle qui vient. Contrairement à ce qu’ils pensent et à ce que l’on ne cesse de leur répéter, les Français ont un bel avenir, ils sont doués pour l’époque. Inventifs, débrouillards et autonomes, ils peuvent individuellement trouver leur place; exigeants, ils peuvent ensemble redevenir un modèle de société équilibrée.

    Encore faut-il le leur dire et les y conduire.

    Il existe aussi un mauvais génie français: la politique. L’histoire a forgé un pays où tout procède de la politique, tout en dépend, tout y revient. La société civile y est asservie. Et malheureux Français! Leur classe politique est dans un état de décomposition avancée. Au bout de trente ans d’aveuglement, de manque de courage et d’inaction, les responsables ont mis la France dans une impasse totale: économique, sociale, institutionnelle, culturelle et désormais psychologique.

    [Il est temps] d’inverser le regard sur la France et sur le monde. Le moment est le bon. Bon parce que les Français ont envie de retrouver des motifs d’espoir. Bon parce que la crise financière débouche sur une nouvelle phase de la mondialisation qui devrait –en tout cas, qui pourrait– être beaucoup plus favorable. La France a souffert dans ses gènes depuis trente ans, mais elle arrive devant un horizon nouveau où, pour peu qu’elle reprenne goût à l’avenir, il lui sera permis d’épouser son temps.

    Les périls sont immenses, il faut les mesurer avec lucidité. Les technologies d’abord forcent à une mise en mouvement permanente. Il ne s’agit plus de faire une «réforme», de passer de A à B, mais d’en faire tout le temps, de les engager, de les amender, de les modifier sans plus de cesse, de réformer les réformes. Le monde a «dérivé» mais au sens des mathématiques qui «dérivent» les fonctions, qui transforment la position en vitesse, la vitesse en accélération. Rien ne sera plus jamais «stable», comme après guerre. La planète restera en course, toujours mouvante, toujours fragile. Economiquement, nous passons d’un univers «keynésien», autour de l’équilibre, à un univers «schumpétérien» de destructions et créations permanentes à la façon décrite par l’économiste Joseph Schumpeter. Il faut se mettre en mouvement pour des adaptations continues, les plus rapides gagneront tout.

    [Il faut entrer] dans l’âme de la France afin d’y découvrir que le mal-être peut être surmonté dès lors que les responsables politiques cesseront de nous enfermer dans le passé. Dans le monde et ses périls, où tout change, tout peut changer. Au sein de cette nouvelle mondialisation, la France peut retrouver un rôle humaniste qui lui ressemble, une ambition qui la vivifie et une thérapie à sa névrose. Elle devra en passer par une première étape, l’Europe, l’échelle à laquelle le nouveau modèle fera la démonstration de l’exemplarité de ses «valeurs».

    [...]

    Depuis trente ans, gauche et droite ont saboté la France en reculant devant les adaptations et les réformes. Ils ont maintenu le «modèle français» à coups d’impôts et de déficit. François Mitterrand s’est fait réélire en 1988 sur un programme «ni-ni», ni privatisation ni nationalisation, autrement dit, ni libéralisme ni socialisme, la France depuis n’a plus avancé. Son successeur Jacques Chirac, après l’échec des tentatives d’Alain Juppé de réformer les régimes spéciaux de retraite en 1995, n’a plus jamais voulu toucher à rien. Surtout à rien! Un de ses ministres de la Justice qui proposait une nouvelle organisation m’a raconté les coups de fil du Président:

    «Tu me fais ch... avec tes réformes. Arrête tout de suite! Et viens boire une bière.»

    Nicolas Sarkozy a promis la rupture avec cet immobiliste «ni-ni» français, mais l’indétermination était au fond de lui. Entre étatisme et libéralisme, il allait de l’un à l’autre. De la sorte impréparé, courageux mais versatile, il n’a pas su faire. La crise, certes, ne l’a pas aidé. François Hollande, encore plus impréparé, est contraint par les événements à engager une politique d’économies budgétaires et une politique de l'offfre  favorable aux entreprises, qui est à l’opposé du «socialisme de la relance par la demande» tel que l’envisage une majorité de ses amis. Il doit composer dans un nouveau ni-ni.

     [...]

    La politique française n’est plus que la gestion des échéances électorales doublée d’une furieuse guerre des ego. Qu’importe l’impréparation, qu’importe les mille rapports sur le déclin français et les solutions proposées, qu’importe les voyages à l’étranger pour apprendre et comparer, la classe politique française a une autre stratégie beaucoup plus payante : attendre que le parti au pouvoir, lui aussi impréparé et médiocre, tombe. L’alternance est une bénédiction: on arrive au pouvoir en faisant des promesses de père Noël, on rate, l’élection vous balaie, mais on retrouve un siège dans l’opposition, on rentre au chaud dans sa région et on attend tranquillement l’échec inévitable des successeurs. Tournez manège! [...] Dans un pays d’essence aussi politique, la perte de crédit de la classe dirigeante est inédite et alarmante. Quand, d’un côté, les Français attendent tout de l’Etat et que, de l’autre, ils en regardent les responsables avec dégoût, la France est en grand danger.

    [...]

    «Il y a quarante ans, tous les Français ?pouvaient citer les noms de dix hommes d’Etat, de droite ou de gauche. Ce n’est plus le cas aujourd’hui», commente Valéry Giscard d’Estaing pour qui «la classe politique s’est recroquevillée». La compétence en telle ou telle matière ministérielle n’importe pas, comptent seulement la carrière faite au sein du parti et le poids acquis dans les «courants» et les écuries internes.

    Les cabinets ministériels de l’actuel gouvernement sont une caricature de la dérive. Ils sont remplis de jeunes issus d’associations étudiantes devenus attachés parlementaires ou permanents du PS. Hier, la France était dirigée par les énarques, aujourd’hui par ceux qui ont raté l’ENA. La vie politique s’inspire au pire de la vie syndicale: ceux qui n’arrivent pas à percer dans l’Administration par leur talent prennent leur carte du PS pour, l’alternance venue, accéder aux cabinets ministériels ou à la députation et commander enfin. Un «tour extérieur» d’une épouvantable espèce.

    «Les médias ne sont pas étrangers à la pire forme que prend la politique, analyse Jürgen Habermas. D’un côté, les dirigeants politiques ne résistent guère à la douce contrainte de médias les invitant à se mettre eux-mêmes en scène, fût-ce sans la moindre originalité. De l’autre, les programmateurs des médias sont eux-mêmes pris au piège de cet emballement qu’ils suscitent et qui s’empare de la moindre occasion.»

    Médias et politiques ont en commun l’intérêt de la superficialité, ils ont partie liée dans la course à l’immédiateté. Cette intime promiscuité explique pourquoi les deux sont associés dans l’opprobre et le discrédit, les uns enfonçant les autres et vice versa.

    Que la classe politique française soit, comme toutes les autres dans tous les pays, dépassée par les problèmes globaux et que l’éclatement des solidarités d’hier lui pose de redoutables problèmes de décision sont une réalité. La difficulté du «métier» est devenue grande. Mais au moins les autres essaient, tentent courageusement des réformes. En France, le fatalisme domine. Les politiques constatent leur impuissance et ils se réfugient derrière les électeurs pour partager leur peur de l’avenir. Ils ne savent que proposer un retour en arrière, une France «protégée», «démondialisée». Toujours ce goût pour les lignes Maginot.

    On arrive ici au cœur de l’accusation de «sabotage». La classe politique française s’est intellectuellement renfermée, elle ignore le monde des idées. [...] Des centaines de rapports décrivent le monde et disent sérieusement quoi faire. Jean Pisani-Ferry a remis en juin 2014 un très réfléchi rapport: «Quelle France dans dix ans?» au président de la République. Comme les précédents, Michel Camdessus (2004), Michel Pébereau (2006) ou Jacques Attali (2008), il sera sans suite ou presque, des réformes au tiers de ce qu’il faudrait. Mais le commanditaire ne tarit pas d’éloges, lance des «chantiers d’approfondissement», d’autres études, d’autres rapports... L’organisme que préside Pisani-Ferry s’appelle «France Stratégie», il se veut un nouveau Commissariat au Plan supprimé dans les années 1980. France Stratégie nommée par antithèse, la France n’a plus de stratégie. La politique gère au pied levé, avec pour seule boussole l’élection qui vient.

    Il existe encore en France des intellectuels qui essaient de penser. Quelques think tanks, dotés de maigres moyens, font de sérieuses propositions. Les sciences sociales accouchent d’un nombre impressionnant de livres. Economistes, sociologues, historiens travaillent avec une ouverture internationale et produisent des analyses nouvelles et riches, en traitant par analyses statistiques le nombre immense de données sociales désormais disponibles. Les meilleurs obtiennent une réputation à l’étranger, comme le prouvent le succès aux Etats-Unis des thèses de Thomas Piketty sur les inégalités ou l’écoute qu’obtient Esther Duflo sur la pauvreté auprès de Barack Obama, mais aussi partout sur la planète, sauf en France.

    [...]

    Il est temps de se «retourner» et de se porter en avant. L’âme française n’est pas si contraire au monde, l’avenir n’est pas si horrible. La France n’est pas condamnée au renoncement à elle-même, elle peut tout à l’inverse se rétablir sur ses principes et les porter haut, en Europe et dans le monde. Elle peut être regardée non plus comme l’homme malade de l’Europe mais, à nouveau, le coq et le renard réunis, comme un modèle de créativité, d’équilibre et d’humanisme.

    Ce qu’il faut faire, concrètement, est connu depuis longtemps, écrit dans des dizaines d’excellents rapports, compilé dans les réussites étrangères. La voie est tracée. Elle est radicale, elle impose de changer nos façons d’approcher les problèmes, d’adopter un pragmatisme résolu, de remplacer un modèle stable pour un modèle mobile, de combattre la défiance et de rénover la solidarité, de mettre au pilon les montagnes de règlements, de lois fiscales et sociales pour libérer, en grand, les capacités des créateurs, des ingénieurs, des scientifiques, de refaire l’école, de réhabiliter le risque et l’argent du succès, de donner des «capabilités» à chacun, de ne plus assister mais rendre autonome.

    La condition est de trouver les dirigeants qui oseront «se tourner» vers l’avenir, ne plus promettre vainement de nous en «protéger» mais de nous y préparer. Il suffit des peureux qui ne se maintiennent qu’en encourageant nos peurs. Trouver les hommes et les femmes capables de chasser les chimères pour éclairer positivement le monde qui vient et redonner aux Français ce qui leur manque: une tranquille confiance et un ferme élan. Qu’ils aient –revenons au bon génie français– dans la tête une vision et des pieds solides.

    [...]

    L’autre condition concerne les citoyens eux-mêmes. Nos responsables sont ignorants du monde, médiocres dans leurs idées, lâches dans leurs comportements, mais les Français les élisent. Par excès d’espoir ou de désespoir? Par désintérêt pour le sort collectif? A l’heure du renard, d’une prise en main de la société civile par elle-même, à chacun de montrer son intelligence et sa débrouillardise d’une part, mais aussi, d’autre part, sa civilité et son implication. Aux Français d’être moins égoïstement renfermés sur eux-mêmes. On ne peut rétablir la solidarité nationale, européenne et mondiale sans donner de la générosité.

    - Source : Eric Le Boucher

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2014/10/02/la-france-peut-gagner-la-bataille-contre-ses-saboteurs-5459948.html