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France et politique française - Page 4127

  • La fronde fiscale s’étend sur tout le territoire

    Signe d’une exaspération liée à la crise et à la pression fiscale en France, les centres des impôts sont aujourd’hui pris pour cible. Depuis septembre, les actes de vandalisme contre ces services se multiplient sur tout le territoire. Mais, fait nouveau, la violence est aujourd’hui montée d’un cran. On ne se contente plus du traditionnel dépôt de fumier devant les portes ou du «lâcher» de cochons dans les bureaux. Désormais, on brûle les locaux. Des destructions hautement symboliques au retentissement plus fort et qui revêtent une qualification criminelle.

    L’incendie le plus spectaculaire est celui du centre de Morlaix (Finistère) le 19 septembre. Dans la soirée, des légumiers en colère manifestant contre les réglementations administratives et fiscales avaient fait partir en fumée le centre des impôts. « Les locaux sont détruits et les employés sont répartis sur plusieurs sites. On est choqués », indique Hélène Fauvel, secrétaire général de FO-DGFIP.

    Quelques jours plus tard, dans le Morbihan, un autre établissement a été pris pour cible. Le ou les auteurs ont tenté de détruire le centre des impôts de Questembert avec des pneumatiques enflammés entassés devant la porte d’entrée. L’incendie a été revendiqué par l’ARB, l’Argade résistance bretonne, un groupuscule indépendantiste. Le même sigle qui avait été découvert, quelques jours plus tôt, sur la façade d’un autre centre des finances publiques, celui de Pont-l’Abbé, situé à une centaine de kilomètres.

    Ces saccages ou ces tentatives revêtiraient un aspect moins inquiétant s’ils étaient circonscrits à cette seule région. Mais la violence se répand et la Savoie est aussi touchée. Le centre des impôts d’Albertville a été en partie endommagé par un incendie en début de semaine. Début septembre, à moins de 30 kilomètres de là, le centre de Moutiers a failli aussi partir en fumée. Dans le même temps, les centres de Sarrebourg en Moselle et de Balma en Haute-Garonne ont reçu leur lot habituel de fumier…

    «Autant d’attaques en si peu de temps, c’est véritablement inquiétant», souligne Richard Marin, secrétaire général du syndicat FSU Finances, en rappelant toutefois que les premières attaques ont démarré en début de cette année. En janvier, une charge explosive avait été déposée contre la façade du centre des impôts d’Aix-en-Provence. Des centres en Corse ont aussi été endommagés.

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    http://la-dissidence.org/2014/10/03/la-fronde-fiscale-setend-sur-tout-le-territoire/

  • Ludovine de La Rochère répond à Manuel Valls

    Dans La Croix :

    "La Manif Pour Tous a découvert ce matin avec le plus grand intérêt l’entretien accordé par Monsieur Valls au quotidien La Croix. Nous sommes bien sûr heureux que le premier ministre s’intéresse enfin aux messages que notre mouvement social, historique dans son ampleur et dans sa durée, adresse depuis des mois au président de la République et aux gouvernements successifs.

    Nous nous réjouissons également de constater une évolution positive de Manuel Valls sur la question des mères porteuses : alors qu’il se déclarait publiquement favorable à la légalisation de la GPA, il y a tout juste quelques mois, il a manifestement pris conscience du caractère inacceptable d’une pratique qui utilise la femme et traite l’enfant à l’instar d’une chose qu’on peut commercialiser, vendre, acheter, etc.

    Le premier ministre, enfin, reconnaît que tout enfant né de GPA à l’étranger a bien un état civil et la nationalité de son pays de naissance. Les affirmations inexactes, mais réitérées, de certains de ses ministres, qui prétendaient que ces enfants sont « apatrides » et « anonymes », visaient en effet à justifier l’injustifiable : d’une part, la circulaire Taubira, d’autre part, le renoncement de la France à faire appel la semaine dernière des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) condamnant notre pays sur la question de la GPA.

    Mais Manuel Valls se trouve fort embarrassé pour expliquer, justement, ce non-appel des arrêts de la CEDH : une réelle et ferme opposition à cette pratique devait à l’évidence se traduire par un appel !

    Nous comprenons bien son embarras puisqu’il est en pleine contradiction : outre ce non-appel, il y a aussi le maintien – en tout cas pour le moment – de la circulaire Taubiral’absence d’une politique de dissuasion à l’attention des citoyens français pour ce qui est de recourir à une mère porteuse à l’étranger, la tolérance à l’égard de ces contournements de la loi sur la GPA comme sur la PMAla tolérance à l’égard des agences démarchant en France (l’une d’elle démarchait d’ailleurs à quelques dizaines de mètres de l’Assemblée nationale voici 48 heures à peine…).

    La pratique des mères porteuses, comme celle de la PMA quand elle fait des orphelins de père, est une question grave, qui ne supporte ni ambiguïté, ni faux-semblant : si le premier ministre est aussi décidé à agir qu’il le déclare, nous l’appelons à retirer de toute urgence la circulaire Taubira, à mettre en place des moyens dissuasifs, à exprimer auprès de la CEDH qu’elle n’a pas légitimité à dévoyer le sens véritable de la Convention européenne des Droits de l’Homme (texte qui est le fondement de sa mission mais qu’elle traduit systématiquement au profit de l’adulte et au détriment de l’enfant, victime de ses décisions discriminantes à son égard) et, enfin, à initier et conduire une action internationale efficace qui conduise à une convention interdisant la gestation pour autrui.

    C’est pourquoi, Monsieur le premier ministre, nous serons à nouveau dans la rue dimanche à Paris et à Bordeaux : nous vous appellerons à être cohérent et à passer de la parole aux actes !"

    Michel Janva

  • Le gouvernement a peur de tuer des immigrés aux papiers français en Syrie et en Irak

    Alors même que les immigrés bénéficient de passe-droits en France (CMU, logements, justice clémente etc…) voila que le blogSecret Défense spécialisé dans l’univers militaire français lâche cette petite bombe :

    « Ne pas prendre le risque de tuer avec des bombes françaises des citoyens français partis faire le djihad. C’est le grand non-dit des hésitations de l’Elysée quant à une intervention militaire en Syrie contre l’Etat islamique. D’autres arguments, plus ou moins convaincants, sont mis en avant. Mais de celui-ci, personne ne veut parler. Le sujet est politiquement explosif. Au plus mal dans l’opinion publique, le pouvoir est-il prêt à assumer que des jeunes Français, pour la plupart d’origine immigrée, soient tués par l’armée française aux ordres d’un gouvernement socialiste Pour l’instant, la réponse est négative – d’où les atermoiements de la position de Paris telle qu’elle a encore été exprimée jeudi par un communiqué de l’Elysée à l’issue d’un conseil restreint de défense. »

    http://www.contre-info.com/le-gouvernement-a-peur-de-tuer-des-immigres-aux-papiers-francais-en-syrie-et-en-irak

  • La Toile a de la mémoire

    ... et François Rebsamen l'a appris à ses dépens. Ayant répondu aux questions politiques d'un journaliste du Miroir, un magazine bourguignon, François Rebsamen a défendu une vision libérale de l'économie, assouplissement de la législation sur les 35 heures, contrôle des chômeurs... Il n'en fallait pas plus pour que le régime aux abois exige la disparition de l'article. Chose faite dans les plus brefs délais, sauf que... hélas, les internautes entre temps s'étaient emparés de l'interview. Rien de plus volatil qu'un article de presse, de nos jours ...

    On en viendrait presque - sans aller toutefois jusque là - à plaindre un peu le ministre du Travail, qui se prend des seaux d'eau dans la figure, puis se voit obligé de courir partout pour rattrapper son interview fugueuse. Fichu job !

    Marie Bethanie

  • Bruno Retailleau : il faut un référendum sur la loi Taubira

    Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, nouveau patron des sénateurs UMP,réagit à la volte-face de Manuel Valls sur les mères porteuses :

    "Cela montre qu’un large consensus commence à se dessiner pour condamner cette pratique qui consiste in fine à l’exploitation de femmes pauvres pour assouvir les désirs d’hommes et de femmes riches. Ce consensus est le fruit d’une prise de conscience générale qui émerge depuis le début du mouvement social de 2013 même s’il reste encore quelques idéologues qui voient dans la GPA un progrès de l’humanité. Mais cela n’est pas suffisant. Il faut des actes et pas seulement des paroles. Si Manuel Valls juge la GPA insupportable, alors inscrivons son interdiction dans la constitution et commençons par poursuivre les sociétés américaines qui viennent dans les grands hôtels parisiens proposer des ventres de femmes à la location.

    Pensez-vous que la pression de La Manif pour tous soit utile ? Et suffisante ?

    Le mouvement social a eu et continue d’avoir son utilité, il alimente un débat nécessaire sur des questions essentiellespour notre civilisation. Mais l’engagement politique reste essentiel. J’ai souvent eu l’occasion de le dire à ceux qui manifestent depuis deux ans : faites de la politique, dans vos territoires, dans vos quartiers, dans vos communes. C’est par l’engagement politique que chacun peut réussir à ce que ses convictions se traduisent concrètement dans la vie de nos concitoyens.

    L’abrogation de la loi Taubira vous paraît-elle aujourd’hui de l’ordre du possible, du souhaitable ou de l’utopique ?

    Il y a des questions juridiques qu’il faut prendre en compte mais je crois qu’il faudra revenir sur ce texte. Je ne connais pas l’article de la constitution qui explique que les textes votés par la gauche sont éternels. Nous nous sommes battus contre ce texte et c’est une question de cohérence politique de proposer une alternative à la loi Taubira. J’ai défendu la motion référendaire quand le texte est passé au Sénat et je maintiens ce que je disais à l’époque : il faut un référendum pour que le peuple s’exprime enfin sur ce sujet qui divise tant. [...]"

    Michel Janva

  • Manif Pour Tous : encore un effort pour être conservateur !

    La « Manif’ pour tous » a déjà perdu. Non pas parce que la loi autorisant le « mariage » homosexuel serait déjà passée (une loi peut être abrogée, c’est là le principe de l’abrogation), mais parce qu’un mouvement luttant contre la dénaturation de la famille ne saurait participer du mouvement même qui a conduit à cette dénaturation. Car il y a bien dénaturation, si on admet que les mots et les idées renvoient à une réalité, donc à des essences, aux natures mêmes des choses. Ce qui garantit qu’il existe un réel dont on peut parler ; ce qui fonde donc un discours essentialiste, qui ne saurait être balayé d’un revers de la main par l’argument pavlovien de « l’essentialisation », très en vogue chez les chercheurs militants en sciences sociales.

    La « Manif’ pour tous » a déjà perdu car il s’agit précisément d’une Manif’, et le terme dit tout : il s’agit d’une parade, festive, pacifique, « sympa ». La version « sympa » de la manifestation, qui elle-même pose problème, étant un mode d’action fondé sur la quantité, non sur la qualité, sur la répétition de slogans (toujours trop simples, donc grossiers), sur les instincts les plus bas, nourris par la foule, la musique et enfin la violence. Bref, la manifestation ne se justifie d’un point de vue hiérarchique et conservateur que par le geste insurrectionnel qui l’abolit. Et encore, comme pis-aller. Mais l’adoption de la forme de la Manif’ pour tous ne fait que refléter la déficience d’un certain discours, infantile (« un papa, une maman », la sacralisation de l’enfant), libéral (les « droits » de l’enfant) et fondé implicitement sur une conception toute immanente du politique et des principes (ainsi l’exigence initiale d’un referendum, comme si une structure anthropologique fondamentale pouvait être modifiée à volonté par le peuple !). C’est manquer le processus de fond qui a conduit à l’état de chose que nous connaissons : la garantie des mêmes « droits », formels, abstraits, donc pouvant avoir n’importe quel contenu, pour tous ; le fantasme utérin du bien-être (il ne faut surtout pas « stigmatiser ») ; le relativisme (tout le monde a droit a priori à la même reconnaissance, pas de hiérarchie entre les choix de vie et les comportements) ; l’immanence (tous peut être décidé par le politique, y compris le sens des mots). Le tout pouvant être subsumé sous un seul principe : la régression infantile généralisée, où la loi est fondée sur les droits, eux-mêmes fondés sur le désir, et lui-même fondé sur le caprice. Or, comment ne pas être frappé par le caractère infantile et naïvement festif de la « Manif’ pour tous » ? Ne pas voir qu’il s’agit de deux versants de la même matrice, la Crèche universelle ? Moderne contre moderne.

    Et pourtant, le mouvement initié par la Manif’ pour tous ne doit pas être mis sur le même plan que l’idéologie progressiste qui sous-tend l’adoption du « mariage » homosexuel. Car la Manif’ pour tous ne sait pas l’Histoire qu’elle fait : sa fonction véritable est d’inverser la vapeur, d’initier une révolution conservatrice profonde. Conservatrice, non en un sens empirique, où il s’agirait de conserver l’état de chose présent, mais, selon la distinction de Roger Scruton, en un sens métaphysique, au sens où il s’agit d’instaurer le triomphe dans le monde historique des principes inaltérables et éternels. En ce sens, c’est bien d’un enjeu de civilisation qu’il est question, bien plus important, contrairement à ce que le populisme nous dit, que le chômage ou l’inflation. Bien que moins sensible, moins immédiatement cruel. L’objet est révolutionnaire et métaphysique, il raisonne à l’échelle historique des siècles et de la civilisation. Il ne s’agit donc pas que d’abroger la loi sur le « mariage » homosexuel, qui de toute façon n’existe pas, parce qu’impossible, et n’a donc jamais pu être instauré.

    Le mariage homosexuel n’existe pas, pour une raison simple, qui découle de ce principe : le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. Le mariage suppose la différence des sexes, c’est une question d’essence. Un mariage homosexuel n’est donc que l’homonyme du mariage hétérosexuel, il n’existe pas comme mariage. Ce simulacre subit la privation d’être qui explique le travail nécessaire et implacable du négatif, le retournement dialectique que voici.

    Le mariage homosexuel n’étant pas un mariage, il est impossible de remettre en cause la norme hétérosexuelle, ce qui apparaîtra très vite par l’insatisfaction permanente des différents réseaux revendicatifs, mais aussi par la désaffection croissante vis-à-vis du mariage civil, absolument dénaturé. Celui-ci n’est plus un mariage stricto sensu : tout chose existe par sa détermination, et donc parce que qu’elle nie, ce qu’elle exclut ; que serait la valeur d’un club d’automobilistes qui intégrerait aussi les cyclistes et les conducteurs de train ? Or, cette désaffection devrait accélérer le retour vers le mariage religieux, discriminant, hiérarchique et référant à des principes éternels. Les adversaires d’un ordre social et moral traditionnel ne font que précipiter ce qu’ils veulent éviter.

    Penser le contraire serait verser dans une conception purement immanente des principes, dans laquelle les décisions humaines peuvent arbitrairement décider de la nature des choses. Autrement dit, la défaite est impossible quand elle touche à des questions d’essence : le mal se retourne en un bien plus grand, tout comme il n’est pas dans le pouvoir du monde sensible de dénaturer ce qui est éternel. Ou encore, il n’est pas possible de raturer d’un coup de plume plusieurs milliers d’Histoire humaine (qui sont fixés, irréversiblement fixés, parce que passés) et encore moins la structure fondamentale des choses.

    En revanche, la défaite est possible quand il s’agit d’incarner ces principes dans les choses mêmes. La question n’est donc pas simplement d’abroger le mariage homosexuel (qui n’existe pas), mais, par l’abrogation de cette loi créant un simulacre de la réalité, d’inverser le processus de dissolution ; faire reculer une idéologie hybride de modernisme, c’est-à-dire de rationalisme progressiste sûr de lui, et de post-modernisme, c’est-à-dire de nihilisme et de confusion généralisée des limites et des catégories. Autrement dit, il s’agit de procéder à une véritable révolution conservatrice : il s’agit de penser en termes de processus historique, de défendre ce qui est essentiel, et non de rejeter une loi civile toute ponctuelle, et qui manque nécessairement son objet.

    C’est pourquoi le projet qui fut celui des Veilleurs est bien plus fondamental, bien que moindre d’un point de vue strictement quantitatif (et donc inessentiel), que celui de la Manif’ pour tous. Et c’est pourquoi il est très important de refuser de jouer la modernité contre la modernité. Organiser une techno-parade en polo rose est déjà une défaite ; organiser une révolution conservatrice en s’appuyant sur l’idéologie infantile, festive et libérale est une contradiction dans les termes.

    Nous n’avons pas besoin d’une manifestation, encore moins d’une parade : nous avons besoin d’un mouvement voulant ce qu’il veut, assumant donc jusqu’au bout le geste insurrectionnel qui est celui de la politique par la rue ; un mouvement portant une critique radicale de la modernité, et qui sorte donc de la matrice de ce qu’il prétend combattre. Encore un effort pour être conservateur !

    Romain Lasserre,sur Nouvelles de France

    http://la-dissidence.org/2014/10/01/manif-pour-tous-encore-un-effort-pour-etre-conservateur/

  • Bygmalion, le maillon faible de Sarkozy ?

    Nicolas Sarkozy l’a dit droit dans les yeux à Laurent Delahousse lors de sa remontée sur la scène politico-médiatique. S’il avait quelque chose à se reprocher, il ne serait pas revenu sous les projecteurs !

    Concernant les tripotages financiers de l’UMP, il n’en savait rien et n’en avait cure. Cependant, la justice avance, celle dont tous les hommes politiques disent haut et fort qu’ils s’en remettent à elle quand ils ne prétendent pas lui « faire entièrement confiance » ! Il est vrai que l’ancien président n’a, dans les temps passés récents, guère fait écho à cette antienne exorciste psalmodiée par les menacés de poursuites judiciaires…

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  • La gauche a-t-elle trahi le peuple ?

    Le philosophe Jean-Claude Michéa et l’historien Jacques Julliard publient un dialogue passionnant sur les causes du divorce entre la gauche et les classes populaires. Extraits exclusifs.

    "Ces ’beaufs’, ’Deschiens’ et autres ’Dupont-Lajoie’ dont la dénonciation quotidienne fait aujourd’hui le délice des nouvelles classes moyennes élevées au biberon de Canal+." (Sipa)

    Il y a quelques années encore ces deux hommes n’auraient pas pu se rencontrer. Jacques Julliard serait resté pour Jean-Claude Michéa l’un des intellectuels organiques d’un socialisme renégat, le représentant d’une caste médiatique parisienne chargée de tous les maux, le genre d’incarnation dont l’oeuvre « michéenne » entière appelle en somme à se méfier en toutes circonstances.

    Ce dernier, Michéa, sur le papier tout aussi peu engageant aux yeux de l’autre, serait demeuré pour Jacques Julliard un ombrageux philosophe montpelliérain, ancien membre du PC aux sympathies prolétariennes obsédantes, chantre d’une classe ouvrière balancée par-dessus bord par le socialisme contemporain, figure à la fois très séduisante et pour lui possiblement suspecte d’un populisme intellectuel voué à une probable expansion en ces temps troublés.

    Mais la tonalité de l’époque a bien changé, depuis la crise financière de 2008. Le temps des périls est revenu, et les circonstances autorisent chacun à surmonter ses propres caricatures, le commandent même, et aussi à rompre avec le « narcissisme des petites différences » dont parlait Freud. Face à la tragédie actuelle de la politique française, la montée en puissance d’un Front national que rien ne semble devoir enrayer, ces deux hommes-là ont eu envie de se parler, de s’entendre. Leur échange de lettres, aujourd’hui publié sous le titre « la Gauche et le Peuple », restera comme un document important pour quiconque cherche à comprendre avec une véritable profondeur de champ la situation historique dans laquelle nous nous trouvons.[....]

    La suite sur Nouvelobs.com