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France et politique française - Page 4246

  • Manuel Valls va droit dans le mur !

    La Cour des comptes enfonce le clou. Le déficit fin 2014 sera proche de 4 %, voire au-delà, contre 3,6 % prévus dans la loi de finances.   

    Disons-le tout net, la tâche qui incombe à Manuel Valls – à savoir relancer la croissance tout en réduisant les déficits sans pouvoir ni dévaluer, ni baisser les taux d’intérêt – est une tâche impossible.

    PIB, dette, taux ou parité de change, une de ces quatre variables doit lâcher, c’est le B.A.-BA de l’économie politique et toutes les querelles entre les différentes écoles de pensée portent justement sur le fait de savoir laquelle. Quant à l’hypothèse d’une reprise tirée par la demande mondiale – quand bien même la France disposerait encore d’une capacité exportatrice suffisante –, il ne faut pas y compter, les perspectives de croissance sont partout révisées à la baisse.

    Pas plus tard que jeudi, la Fed a ramené sa prévision de croissance pour les USA en 2014 de 2,9 % à 2,2 %, emboîtant le pas à la Banque mondiale qui, la semaine précédente, avait réduit sa prévision de croissance mondiale de 3,2 % à 2,8 %.

    La Cour des comptes, qui n’a jamais été aussi volubile que ces dernières années, enfonce le clou. Le déficit fin 2014 sera proche de 4 %, voire au-delà, contre 3,6 % prévus dans la loi de finances. Le gouvernement doit impérativement trancher dans le vif : diminution du nombre des fonctionnaires et rallongement de la durée du travail. Pour mémoire, fin 2012, François Hollande tablait sur un déficit de 3 %… en 2013 !

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  • L'information selon BFM TV concernant les Bonnets rouges (samedi 14 juin)


    L'information selon BFM TV par agenceinfolibre

  • PMA : "Mme Rossignol vous m'avez menti"

    Jean-Pier Delaume-Myard, porte-parole de la Manif pour tous, interpelle Mme Rossignol dans Le Nouvel Obs :

    "Madame la secrétaire d’État,

    À l’occasion de la proposition de loi sur l’autorité parentale qui est examinée depuis lundi, vous avez déclaré à propos de la PMA :

    "Le sujet n'est pas clos (...) La question continuera d'être posée à la société française."

    Vous m'avez menti 

    Le 28 avril 2014, vous avez reçu une délégation de La Manif Pour Tous, dans le cadre de vos rencontres avec des associations familiales ou des mouvements citoyens. Je faisais partie de ceux que vous receviez.

    Je comprends mieux, maintenant, pourquoi, lorsque j’ai abordé la question de la PMA, que vous m’avez demandé, purement et simplement, de me taire.

    Droit dans les yeux, vous m’avez affirmé : 

    "Qu'il n'y aura pas de PMA sous cette mandature et pas plus d’amendement".

    J’ai l’habitude de cette réponse. Lorsque j’aborde cette question auprès des instances de ce gouvernement ou auprès des médias, on me rétorque, symptomatiquement, que "ce n’est pas d’actualité".

    Vous retournez votre veste

    Pourtant, vos récents propos publics ne semblent pas aussi catégoriques. Et la communauté homosexuelle n'est pas prête non plus à lâcher du lest sur cette question. [...]"

    Michel Janva

  • Nigel Farage forme un groupe europhobe au Parlement européen

    Le leader de l’Ukip y est parvenu grâce au ralliement d’une dissidente du Front National. 
    L’europhobe britannique Nigel Farage a annoncé mercredi la formation d’un groupe au Parlement européen à la suite du ralliement d’une dissidente du Front national français.
    Pour sa part, la présidente du FN, Marine Le Pen, devrait être en mesure d’annoncer rapidement la formation de son propre groupe grâce au ralliement des élus polonais du KNP et d’un élu bulgare du VMRO, une formation ultranationaliste, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
    « Je suis très fier d’avoir formé ce groupe avec d’autres députés et nous nous engageons à être la voix du peuple », a annoncé le chef de l’Ukip, Nigel Farage, dans un communiqué. « Nous serons à l’avant-garde pour le rétablissement de la liberté, de la démocratie nationale et de la prospérité en Europe », a-t-il ajouté.
    Le groupe EFD (Europe, liberté, démocratie) comptera 48 députés, dont Joëlle Bergeron, élue en France sur les listes du FN mais qui a refusé de céder son siège malgré les injonctions de la direction du parti.
    Il rassemble des élus de sept pays, le minimum requis pour former un groupe politique au Parlement européen. Les 24 députés de l’Ukip en forment l’ossature et s’y retrouvent également les 17 élus italiens du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo.
    Le Pen dans la dernière ligne droite
    Mme Le Pen a de son côté déjà passé une alliance avec le Parti pour la liberté (PVV) du Néerlandais Geert Wilders, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), le Vlams Belang et la Ligue du Nord italienne. Ils devraient être rejoints par les élus du KNP polonais et du VMRO bulgare. Si ces ralliements sont confirmés, elle pourra former le 8e groupe du Parlement européen qui comptera 43 élus.
    Outre une plus grande visibilité, d’éventuelles présidences de commissions ou de sous-commissions, un groupe donne l’assurance de recevoir entre 20 et 30 millions d’euros de subventions au cours des cinq prochaines années, hors salaires et avantages des députés.
    M. Farage a toujours refusé de s’allier avec le Front national, qu’il juge antisémite. Cette image antisémite lui a fait perdre d’autres alliés potentiels. Les Démocrates suédois (SD), avec lesquels il siège au sein du parti paneuropéen Alliance européenne pour la liberté (AEF), ont pris leurs distances et ses deux élus ont rejoint l’EFD.
    La date limite pour la constitution des groupes a été fixée au 23 juin.

    source : http://www.lesoir.be/576116/article/actualite/union-europeenne/2014-06-18/nigel-farage-forme-un-groupe-europhobe-au-parlement-europeen

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EupFEZlZEuGOMnRSsh.shtml

  • Le projet de loi santé de Marisol Touraine

    Lu ici, un aperçu du projet. En apparence pas franchement révolutionnaire par rapport aux précédents, mais un petit voyant rouge s'allume et clignote néanmoins lorsqu'on lit ceci:

    [...] Dorénavant, les enfants devront, comme les adultes, avoir un médecin traitant. La déclaration du médecin traitant n’est obligatoire qu’à partir de 16 ans pour le moment. Sera également mis en place un parcours éducatif santé à l’écoleMarisol Touraine veut que les enseignants causent santé à leurs élèves, un peu tout le temps, pour que les messages de prévention rentrent dans toutes les têtes. Autres mesures : faciliter l’accès à la pilule du lendemain dans les collèges-lycées, en enlevant la condition de «détresse» comme c’est le cas aujourd’hui. [...]

    Concernant le "parcours santé à l'école", on peut tout imaginer, et surtout le pire: puisque les enseignants sont parachutés auxiliaires de propagande gouvernementale, ils auront toute latitude de développer les théories du genre et de délivrer dans le dos des parents des informations à caractère sexuel auprès des enfants, sous prétexte de "parler de santé", en s'appuyant sur les directives de Marisol Touraine. Un bon moyen d'imposer sans le dire les ABCD de l'égalité. En tout cas, cela va dans le même sens. On remarquera également la suppression de notion de "détresse" pour la délivrance des pilules "du lendemain", qui va bien sûr augmenter le nombre des avortements au lycée (et au collège aussi d'ailleurs). 

    Marie Bethanie

  • Nouvelle ligne politique : Fillon hésite entre Thatcher et Pinochet

    Si un jour ce type accède « aux responsabilités », moi, je vous le dis, on va voir ce qu'on va voir !   

    Mercredi, François Fillon s’est lâché dans la presse british.

    Le Daily Telegraph en frémit encore de plaisir. Pensez donc, les journalistes anglais auraient mis la main sur un véritable homme de droite français ! Une espèce officiellement éteinte depuis les années 1970 selon les spécialistes. Pourtant, l’« Homo fillonus » existe bel et bien. Même si son sourcil préhistorique pourrait nous en faire douter, le spécimen est visiblement doué de parole et de raison comme vous et moi. Et quand il l’ouvre, ça vaut le déplacement. On se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, il demandait à ses électeurs de choisir « le moins sectaire » entre le FN et le PS, si le candidat de droite était absent au second tour d’un scrutin. La phrase avait fait du bruit. On se disait alors que Fillon avait franchi une étape, brisé un tabou psychologique. Ce n’était donc pas qu’un coup de sang.

    Les propos qu’il a tenus cette semaine à la presse d’outre-Manche confirment que l’homme veut se payer une belle cure de droitisation : avec son hommage appuyé à Thatcher – véritable Antéchrist du gauchiste moyen –, l’ex-« chef » du gouvernement ne fait pas dans le détail. Copé out, Sarko rejetant la ligne Buisson, la droite musclée est à prendre, si Marine Le Pen lui laisse des miettes.

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  • Benoît Hamon va enterrer les ABCD de l'égalité

    Selon l'Express :

    "C'est un colis piégé. Un dossier laissé par Vincent Peillon sur le bureau de son successeur. A manipuler avec une extrême précaution. Benoît Hamon le sait. Il a beaucoup consulté et longuement réfléchi avant de venir exposer son point de vue à Manuel Valls. Le 27 mai, lors d'un tête-à-tête à Matignon, le chef du gouvernement et le ministre de l'Education nationale se rendent à l'évidence : il faut sacrifier l'"ABCD de l'égalité". 

    Voilà plusieurs semaines qu'associations et députés questionnent le ministre sur ses intentions. Systématiquement, Benoît Hamon botte en touche. L'ABCD est issu de la convention pour l'égalité, paraphée par six ministres en 2013. Pas simple de jeter à la poubelle cette "grande ambition". Mais Benoît Hamon a parfaitement joué le jeu de la concertation. Et l'abandon est accepté, y compris par Najat Vallaud- Belkacem, ministre des Droits des femmes."

    Farida Belghoul se réjouit de cette victoire sur le lobby LGBT :

    " le mouvement JRE apparait comme le vainqueur de la première partie du combat qui dure depuis six mois en France. Belghoul : 1 – Hamon : 0 !

    Cette première victoire en appelle d’autres. La mobilisation reste nécessaire. Les ABCD de l’égalité en maternelle et en primaire ne sont qu’une facette parmi d’autres de la présence sournoise de l’idéologie du genre à l’école. Il faut revenir notamment, pour s’en persuader, sur cette opération « mariage gay » fictif célébré à la mairie de Saint-Pol-de-Léon entre deux petits garçons de sixième du collège Jacques Prévert… [...]

    Ce recul du pouvoir est une tactique consistant à gagner du temps : il s’agit de faire croire aux parents à une victoire définitive alors que le gouvernement entend bien poursuivre sur la même voie en procédant par des moyens plus sournois encore. C’est Hamon lui-même qui le reconnait dans cet article quand il déclare :  » le sujet reste prioritaire, mais il a suscité un tel climat de nervosité que les écoutilles sont fermées, mieux vaut utiliser la médecine douce. Nous travaillerons sur ce sujet différemment. »

    Ce recul, gagné de haute lutte, joue aussi en notre faveur. Ce gain de temps est précieux pour le développement de la Fédération Autonome de Parents Engagés et Courageux (FAPEC).

    Et n’oubliez pas : le 23 juin, JRE pour tous avec comme motif légal pour justifier l’absence de vos enfants : réunion solennelle de famille."

    Michel Janva

  • Le poids de la «crise» économique et sociale n'explique pas à lui seul la poussée du FN

    D'autres facteurs, plus difficiles à cerner, de nature «culturelle» et «identitaire», permettent aujourd’hui d’expliquer ce qui est à l’œuvre dans de nombreux pays européens, et particulièrement en France.  

    Tenter d’expliquer la montée en puissance du Front national (FN), et ses résultats électoraux, est, de longue date, un exercice à la fois périlleux et obligé. Dans le tiercé de tête de «thèses» explicatives, celle du poids de la «crise» économique et sociale tient une place de choix. C’est même la thèse préférée des responsables politiques et des médias.

    Bien sûr, on la retrouve souvent en concurrence avec la thèse de la «manipulation de l’opinion» —ce seraient les médias et accessoirement les sondages qui feraient «monter» le FN en lui accordant trop de place ou d’importance— ou encore avec celle, prisée par nombre d’intellectuels, à gauche notamment, de la «France moisie»— le FN prospèrerait en France parce que c’est le pays, on n’ose dire le peuple, qui aurait inventé le fascisme et l’antisémitisme moderne (selon l’historien Zeev Sternhell notamment) et qui ne s’en serait finalement jamais éloigné !

    Mais, fondamentalement, c’est la crise économique et sociale que traverse la société française qui serait avant tout responsable de la progression du FN et de ses succès électoraux depuis 30 ans. Pourquoi ? A la fois par analogie avec les années 1930 et parce que les déterminants fondamentaux du comportement électoral sont de nature économique et sociale.

    Une telle explication a un mérite: sa simplicité. Ce qui lui a permis de pouvoir être partagée par un très grand nombre d’observateurs, à gauche comme à droite, chez les héritiers du marxisme comme chez les tenants du libéralisme, au café du coin comme dans les séminaires de recherche en sciences sociales. Ce que Gramsci dénonçait déjà comme un «économisme» dominant et aveuglant, comme une fétichisation de la causalité économique.

    Le problème est que cette thèse, comme les deux autres évoquées brièvement plus haut d’ailleurs, a aussi un défaut : elle ne permet pas d’expliquer pourquoi le FN et des partis similaires en Europe prospèrent dans des conjonctures et des contextes économiques et sociaux très différents les uns des autres.

    De surcroît, comme cette thèse permet à ceux qui l’avancent de s’exonérer de toute responsabilité dans le phénomène qu’elle décrit, elle limite d’autant l’efficacité de la réponse politique à celui-ci. C’est là toute l’histoire de la fameuse «mobilisation contre le FN» depuis 30 ans.

    Vouloir combattre les tentations et les dérives identitaires à l’œuvre dans les sociétés contemporaines en se réfugiant dans l’économisme, c’est se condamner à une fuite en avant en forme d’impasse; c’est concéder aux responsables politiques et aux partis qui ont compris ce phénomène un avantage décisif.

    L’indispensable prisme européen 

    Les élections européennes permettent de bien se rendre compte des limites de la thèse de la «crise» économique et sociale. Ainsi a-t-on pu constater cette année que dans de très nombreux pays européens, des partis aux thématiques similaires ou proches du FN —eurosceptiques, anti-immigration et critiques à l’égard de l’islam— avaient réalisé des scores importants et ainsi obtenu des sièges au Parlement européen.

    Or ces performances électorales ont été réalisées dans des pays dans lesquels la situation économique et sociale est différente. Ainsi, si l’on tient compte des scores les plus élevés des partis similaires ou proches du FN, quels sont les éléments communs du point de vue économique et social entre la France (près 25% pour le FN), le Danemark (DF, 26,5%), l’Italie (M5S, 21%), l’Autriche (FPÖ, 19,7%) et le Royaume-Uni (UKIP, 26,7%)? Ces pays n’appartiennent pas tous à la zone euro, ils n’ont ni les mêmes taux de chômage ni les mêmes problèmes de déficit ou d’endettement par exemple. Leur économie se porte plus ou moins bien et les politiques qui sont menées en leur sein par des gouvernements de bords politiques différents ne sont pas les mêmes.

    On pourrait même ajouter que leur rapport d’ensemble à l’Union européenne est lui aussi très variable. Dans d’autres pays européens, aussi différents économiquement que l’Allemagne et l’Espagne, les partis de ce type sont en revanche quasi-inexistants.

    Hors Union européenne même, on connaît depuis longtemps déjà les cas de la Norvège et de la Suisse, deux pays très différents, prospères économiquement et sans tensions sociales majeures, dans lesquels les partis de ce type —respectivement le parti du Progrès et l’UDC— sont puissants et réalisent des scores électoraux élevés. 

    Bref, la corrélation même entre la profondeur de la crise économique, les difficultés sociales et l’existence d’un parti néopopuliste fort électoralement est loin d’être démontrée. Publié sur le compte twitter du cabinet d'analyses économiques Asterès, ce graphique montre qu'il n'y a pas vraiment de corrélation entre le taux de chômage et le score des partis eurosceptiques.

    Ces partis néopopulistes proposent d’ailleurs des programmes économiques et sociaux qui divergent assez radicalement les uns des autres; certains sont libéraux, d’autres beaucoup plus étatistes – sans compter les variations entre un pôle et l’autre au cours de leur histoire récente comme c’est le cas pour le FN.

    Il est donc indispensable de chercher ailleurs les causes de leur présence et de leur montée en puissance si l’on veut comprendre ce qui est à l’œuvre aujourd’hui et, le cas échéant, les combattre politiquement avec davantage d’efficacité que par le passé.

    Les deux dimensions du néopopulisme 

    A côté de la crise économique et sociale, de manière complémentaire et imbriquée avec celle-ci, ce sont des facteurs plus difficiles à cerner, de nature «culturelle» et «identitaire», qui permettent aujourd’hui d’expliquer ce qui est à l’œuvre dans de nombreux pays européens, et particulièrement en France.

    Les spécificités nationales jouent d’ailleurs, de ce point de vue, un rôle important, rendant la comparaison toujours difficile. Cela confirme que l’idée que la dimension nationale ne saurait être négligée dans l’analyse et la compréhension des enjeux politiques actuels; et qu’à vouloir l’oublier ou la minorer, on s’expose à de lourdes erreurs d’appréciation —que ce soit chez les chercheurs ou chez les responsables politiques.

    De ce point de vue culturel et identitaire, le trait commun le plus caractéristique des partis dont il est question ici (que l’on observe à travers leurs programmes et leurs discours) renvoie à une forme nouvelle de populisme qui se déploie depuis quelques années autour d’un double axe dont la construction européenne représente en quelque sorte une illustration parfaite.

    Le premier axe est horizontal, c’est celui qui oppose le «nous» (national ou régional) et le «eux». C’est celui qui passe par une frontière qui lorsqu’elle est européenne ne protège plus contre les «menaces» extérieures et avant tout contre l’immigration. Celle-ci n’apparaissant plus comme une menace simplement économique et sociale (la concurrence pour l’emploi par exemple) mais comme une menace qui pèse sur les «modes de vie», sur la culture des «autochtones» – quel que soit leur propre degré d’intégration d’ailleurs.

    Ces autochtones, c’est le (bon) peuple, celui qui est (toujours) déjà là avant et contre les nouveaux arrivants. La solution est dès lors simple : la frontière doit devenir un mur afin de protéger le peuple.

    Un second axe, vertical celui-là, oppose le haut et le bas de la société, l’élite et le peuple suivant la tradition populiste. Le haut, ce sont notamment les partisans de la construction européenne et du fédéralisme, les autorités de Bruxelles au premier chef, et tous ceux qui défendent l’ouverture des frontières non seulement aux marchandises, aux services et aux capitaux mais encore à l’immigration, parce qu’ils en bénéficient. Le bas, le (bon) peuple, ce sont les perdants de cette ouverture, ceux qui la subissent sans pouvoir ni en déterminer ni en maîtriser les règles malgré le cadre démocratique.

    Le croisement de ces deux axes, de ces deux dimensions du néopopulisme européen, définit ainsi les contours d’une offre politique particulièrement bien adaptée à une époque faite de multiples incertitudes. Une offre qui s’adapte aisément aux différents contextes nationaux ou même régionaux.

    Anxiété, intranquillité, insécurité 

    Pour mesurer au plus près une telle évolution et pour en comprendre les ressorts, différentes approches sont possibles, dont on ne mentionnera ici que quelques exemples.

    Au Royaume-Uni, Catherine Fieschi a utilisé le concept de cultural anxiety pour montrer l’importance d’une prise en compte globale des facteurs explicatifs dans l’analyse du néopopulisme : « séparer les préoccupations économiques et culturelles à propos de l’immigration prive la gauche de toute possibilité de prendre en compte l’anxiété des citoyens. Les formes du populisme d’extrême droite qui émergent en Europe nous rappellent combien culture et économie peuvent être se combiner en une puissante expression des enjeux de classe ».

    En France, Luc Rouban a, à l’occasion des élections européennes, confronté un «indice d’intranquillité» aux peurs liées à l’Europe (immigration, identité nationale, rôle de la France…) dans différentes catégories de la population française. Il montre à cette occasion le poids déterminant des facteurs culturels et identitaires: «Derrière le sentiment de la vulnérabilité économique, figure cependant un autre sentiment : celui de l’insécurité, personnelle et sociale, une forme généralisée “d’intranquillité” recouvrant autant la défiance que l’on a dans les autres que celle que l’on exprime vis-à-vis des institutions ou de son environnement. »

    Dans la même logique, on a mis en avant ce que l’on a appelé «l’insécurité culturelle», qui permet de mieux comprendre et d’expliquer pourquoi une partie de plus en plus importante de l'électorat en France et en Europe, particulièrement l’électorat populaire, se tourne vers les partis néopopulistes – et donc en France vers le FN. Comme on l’a vu, la situation économique et sociale ne peut expliquer à elle seule les comportements politiques; d'autres facteurs, d'autres clivages, que l'on peut donc appeler «culturels» doivent être mobilisés.

    Certains sont anciens, comme la religion ou le territoire (urbain, rural…), d'autres plus récents et plus difficiles à cerner (autour de «l’identité culturelle» en particulier) qui viennent d’ailleurs brouiller ceux que l'on prenait en compte jusqu'ici. 

    Ainsi, en France, ces dernières années, les débats et les crispations autour des Roms, de la présence de l'islam ou encore du mariage pour tous, par exemple, ont révélé des comportements liés à cette forme spécifique d'insécurité, non réductible à l'insécurité économique et sociale ou au fameux «sentiment d’insécurité» lié à la délinquance.

    Ces comportements qui renvoient à des représentations, dont beaucoup sont certainement faussées ou influencées par les médias ou les discours politiques, doivent néanmoins être observés et analysés comme tels, pour ce qu’ils sont. Les renvoyer, comme certains le font trop souvent et trop simplement, au racisme, à «l'islamophobie» ou à l'homophobie, n'explique rien et n'apporte, on l’a vu aussi, aucune solution politique.

    Source : http://www.slate.fr/story/88489/poids-crise-economique-et-sociale-explique-lui-seul-poussee-fn

    http://www.oragesdacier.info/2014/06/le-poids-de-la-crise-economique-et.html