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France et politique française - Page 4972

  • Pour un résultat politique il faut une action politique !

     

    Interview de Catherine Rouvier, docteur d’État en Droit public et en Sciences politiques de l’Université Paris II (Panthéon-Assas), par Bago.  Source : Le Rouge & le Noir – le 16 février 2013

     

    Bago : Bonjour Madame, qu’a pensé la spécialiste de la psychologie des foules que vous êtes des manifestations contre le « mariage pour tous » ?

     

    Catherine Rouvier : Le déroulement de la manifestation ; la nature même des mots d’ordre et des chants ; la couleur rose apaisante et inoffensive des panneaux, des tee-shirts, des écharpes ; la scission des cortèges, venus de trois endroits différents, ce qui diluait l’effet de masse ; le caractère très lent de la marche, souvent stoppée par de longues minutes passées dans le froid, ce qui minimisait l’échauffement des corps mais aussi des esprits ; tout était fait pour que ne se produise pas de phénomène de foule, c’est-à-dire la fusion des individualités en un « moi collectif » animé d’une pensée commune, et parcouru de sentiments contagieux comme la colère ou l’enthousiasme. Or, seule la puissance invincible d’une véritable "foule" au sens psychosociologique du terme peut faire peur à un gouvernement jusqu’à le faire plier, comme ce fut le cas en 1984.

     

    Bago : Que faudrait-il, le 24 mars, pour que les gentils manifestants se changent en foule ?

     

    Catherine Rouvier : En priorité, il faut deux choses : des mots d’ordres et un chef.

     

    Bago : Les mots d’ordres ne convenaient-ils pas ?

     

    Catherine Rouvier : Le message, pour générer l’action, doit être simple, clair, univoque. On ne peut pas faire dire à une foule qu’on souhaite mobiliser vraiment deux choses à la fois, surtout si elles sont presque exclusives l’une de l’autre. Sinon le message est brouillé, donc inefficace. Ainsi, en l’espèce, on ne pouvait pas, d’un côté, refuser d’appeler « mariage » la légalisation de la vie commune de deux hommes ou de deux femmes et refuser que cette union ait les mêmes conséquences que celle d’un homme et d’une femme ; et, d’un autre coté, reprendre à son compte le terme même qui justifie ces revendications : la lutte contre l’homophobie. Donc mettre sur les tracts appelant à manifester, sous le mot d’ordre principal, « manif’ pour tous » (qui était déjà un clin d’œil amical à l’appellation fallacieuse de « mariage pour tous » des adversaires - ce qui n’est pas très bon), un second mot d’ordre : « lutter contre l’homophobie », lequel brouillait le message.

     

    Bago : Qu’en est-il du chef ?

     

    Un chef doit être « auréolé de prestige » , ce que la dérision exclut de facto. Il n’est pas là pour plaire, et il ne doit pas craindre d’être accusé de ne pas être « gentil ».

     

    Catherine Rouvier : Virginie Telenne, alias Frigide Barjot, s’est attirée à juste titre la sympathie et la reconnaissance des catholiques en soutenant le pape Benoît XVI dans les médias à une époque où ceux-ci ne faisaient que relayer les critiques de toutes sortes et les attaques les plus violentes contre le « pape allemand ». Mais elle l’a fait en utilisant le personnage de parodiste, forgé pour elle par son mari Basile de Koch alias Bruno Telenne (qui, lui, reste dans la dérision dans sa manifestation « le mariage pour personne » en marge de la manifestation officielle). Or, ce surnom a une connotation positive, puisqu’il évoque Brigitte Bardot, gloire nationale, très belle actrice, femme attachante, passionnée de la cause animale. Mais dans le même temps, il a la connotation péjorative à cause de deux adjectifs peu valorisants : « frigide » et « barjot ». Or le sujet est grave et comme le notait déjà La Bruyère : « Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain ». Un chef doit être « auréolé de prestige » , ce que la dérision exclut de facto. Il n’est pas là pour plaire, et il ne doit pas craindre d’être accusé de ne pas être « gentil ».

     

    Bago : Pensez-vous à quelqu’un en particulier ?

     

    Dans les rangs du l’UMP, on nuance, on finasse. Jean-François Copé a manifesté, mais interviewé par les journalistes pendant la manifestation, il a dit que ce qui le gênait surtout, c’était la GPA et la PMA, plus que le texte lui-même : message non clair, là encore.

     

    Catherine Rouvier : Le chef peut être ressenti comme prestigieux à cause d’un titre, d’une fonction, ou d’un exploit passé qui l’a fait connaître et admirer. Mais aussi parce qu’il se sera déjà exprimé fermement sur le sujet. Par exemple, le Rabbin Berheim, ou un évêque, comme ceux de Toulon, de Bayonne, ou de Vannes. Cela pourrait aussi être Marine Le Pen. Elle a refusé de se prêter au « jeu » des précédentes manifestations, comprenant l’intérêt d’être dans le registre sérieux qui la caractérise, mais s’est exprimée fermement, aussi bien contre la récente exhibition des Femen à Notre Dame que contre le « mariage homo », déclarant clairement qu’elle abrogerait le texte sitôt arrivée au pouvoir. Dans les rangs du l’UMP, on nuance, on finasse. Jean-François Copé a manifesté, mais interviewé par les journalistes pendant la manifestation, il a dit que ce qui le gênait surtout, c’était la GPA et la PMA, plus que le texte lui-même : message non clair, là encore. Monsieur Guaino a fait un beau témoignage, émouvant, sur sa propre difficulté à avoir vécu une enfance sans père. Mais il a atténué considérablement l’effet produit en protestant lui aussi longuement contre l’« homophobie » comme s’il était accusé et non accusant. François Fillon a été le plus clair, parlant lui aussi d’abrogation, mais brièvement, dans une intervention liminaire au vote à l’Assemblée, non médiatisée. Quand aux centristes, entre ceux qui « se sont trompés de bouton » et « ceux qui étaient sortis au moment du vote » (zut, pas de chance, c’est déjà voté !), on ne les voit pas en leaders sur ce sujet !

     

    Bago : Quelles sont les autres conditions du succès ?

     

    Ce choix du festif et du non-politique n’est pas mobilisateur, car il maintient les manifestants dans le bien-être des retrouvailles de ceux-qui-pensent-comme-eux, et les bercent de la certitude fallacieuse d’une opinion largement répandue.

     

    Catherine Rouvier : Changer de style. Le souci de satisfaire une mode « festive » et son métier, le spectacle, ont conduit Frigide à organiser une sorte de parodie de gay pride avec chars, chants, musique disco et techno, « tubes » de l’été… La scène dressée sur le Champ-de-Mars évoquait un théâtre, une émission de télé-divertissement, pas un meeting politique. Seul le jeune Xavier Bongibault a eu un mot politique. Il a comparé Hollande à Hitler parce qu’il veut « enfermer les homos dans une définition dictée par leurs choix sexuels ». Mais pour cette remarque, à l’efficacité médiatique immédiate, il s’est fait tancer par Frigide, et s’est tout de suite excusé. Ce choix du festif et du non-politique n’est pas mobilisateur, car il maintient les manifestants dans le bien-être des retrouvailles de ceux-qui-pensent-comme-eux, et les bercent de la certitude fallacieuse d’une opinion largement répandue. Se réunir devient alors le but de la réunion. Par ailleurs, à cette foule qui attendait des mots d’ordre parce qu’elle avait reçu un choc - celui d’un projet de loi ouvrant le mariage à deux hommes entre eux ou à deux femmes entre elles - la réponse apportée par Frigide Barjot a été de dire que c’était pas vrai, qu’à un enfant il faut un papa et une maman, que les enfants naissent d’un homme et d’une femme. Et la foule a récité ou chanté cela un peu comme une litanie ou une comptine apaisante et auto-convaincante. Mais on ne lui a pas demandé (et on le lui a même interdit - les mots d’ordre et chants étant limités et imposés) de dire que ce n’est pas bien. Pour obtenir un résultat politique, il faut mener la foule vers une action politique.

     

    Bago : Pensez-vous qu’il serait alors possible de transformer l’essai ?

     

    Catherine Rouvier : Oui, mais à certaines conditions. La foule est « expectante », dit le Bon. Son attente dure-t-elle après cette marche impuissante à modifier le cours des choses ? Là est la vraie question. Le vote mardi dernier [12 février 2013, ndlr] de l’article 1 disposant : « le mariage est ouvert aux personnes de même sexe » a sans doute été un deuxième choc, d’autant plus que l’annonce en a été faite alors que des manifestations avaient lieu en même temps en province devant les préfectures. Alors oui, on peut en effet imaginer qu’une foule immense réunie à nouveau le 24 Mars, sans flons flons, en un immense ruban compact comme en 1984 - et non divisée en trois cortèges, avec des slogans, banderoles et chants non pas imposés par le rose bonbon mais décidés par des chefs d’établissements scolaires, des religieux, des paroissiens, des chefs de syndicats et de partis, qui défileront suivis de leurs adhérents ou ouailles, dans une gravité et une colère véritable contre la dénaturation de notre modèle sociétal. Ceux qui l’imposent pourraient faire changer le cours des choses.

     

    Mais la « réactivation mémorielle » étant une condition de la mobilisation des foules, il faudra que les organisateurs produisent des témoignages, non comme ils l’ont fait jusqu’ici d’enfants heureux d’avoir été adoptés par des parents de sexe opposé (encore une fois là, on n’attaque pas, on oppose une affirmation à une autre) mais des témoignages poignants, révoltants, ceux de ces enfants malheureux parce qu’ignorant leurs origines après PMA et qui ont écrit leur douleur dans des livres, ceux de ces adultes élevés par deux femmes ou deux hommes et qui ont été dans l’incapacité de construire une vie affective et l’ont avoué récemment dans la presse, celui de l’effarant procès de cette femme aux Pays-Bas ayant vendu à trois couples l’enfant qu’elle portait, et des conséquences terribles pour le bébé « ballotté » d’un foyer à l’autre au rythme des décisions de justice. L’empathie est l’autre source du phénomène de foule.

     

    Pour que la foule agisse, qu’elle remporte le combat qu’elle livre, il faut que la rue puisse la rejoindre, la suivre, s’y agréger, il faut que la rue réagisse.

     

    Autre modification nécessaire : il ne faudra pas isoler par un « cordon sanitaire » les manifestants du reste de la rue comme cela a été fait le 13 janvier. Pour que la foule agisse, qu’elle remporte le combat qu’elle livre, il faut que la rue puisse la rejoindre, la suivre, s’y agréger, il faut que la rue réagisse. Pour et contre, pourquoi pas ? La manifestation de Civitas du 18 novembre a été portée à la connaissance du monde entier en moins de 2 heures par les médias à cause de l’attaque des Femen. Il ne s’agit pas de provoquer les incidents, mais il faut laisser les adversaires montrer ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent. La présence de la police doit suffire à éviter les débordements.

     

    Enfin, la présence à cette manifestation du plus grand nombre d’étrangers présents en France, de croyants français non chrétiens - musulmans, voire confucéens - ainsi que des Français d’outre-mer résidant en métropole qui, comme Bruno Nestor Azerot, sont scandalisés par cette loi, est indispensable au succès de ce combat. Comme une majorité écrasante d’entre eux ont voté socialiste et que certains d’entre eux, les étrangers, seront appelés à voter très bientôt par le pouvoir en place, leur présence dans la manifestation interpellera plus sûrement les dirigeants que les gentilles mères de famille versaillaises qui - ils le savent bien - n’ont jamais voté et ne voteront jamais pour eux. Les contrarier, en effet, ne change rien à leurs chances de réélection !

     

    Bago : Quel résultat peut-on attendre ?

     

    Catherine Rouvier : Dans l’Histoire, les foules ont fait des révolutions, des coups d’Etat, mais aussi des obstructions au bon fonctionnement des institutions. Dans le cas présent, des milliers d’officiers municipaux sont opposés à ce projet. Devront-ils se démettre de leurs fonctions, renoncer à leur mandat parce qu’ils se seront mis en infraction en refusant d’appliquer cette loi et donc de « marier » des hommes entre eux ou des femmes entre elles ? Un joli but politique serait alors atteint pour l’actuelle majorité : démission garantie de tous les maires catholiques de droite, et des élus « réfractaires » de gauche ! Ne vaudrait-il pas mieux prendre les devants, et que les maires disent comme Mirabeau qu’ils sont dans leur mairie « par la volonté du peuple et qu’ils n’en sortiront que par la force des baïonnettes », mais qu’on ne les forcera pas à faire cet acte contraire à leur conscience ? Ce sont les communes, ne l’oublions pas, qui se sont insurgées contre le pouvoir excessif du roi et ont obtenu une « chambre » à elles en Angleterre dès le XIIIe siècle. De même, les associations familiales catholiques devront-elles changer de nom et d’objet social parce que la « famille », après le vote de la loi, devra obligatoirement comprendre les unions d’homosexuels et leurs désirs d’enfants ?

     

    Des milliers de prêtres et de religieuses devront-ils tomber sous le coup de la loi, astreints à des amendes conséquentes pour avoir simplement dit ce que la religion qui est leur vocation et leur vie leur enjoint de dire sur ce sujet ? L’Eglise va-t-elle demain être mise hors-la-loi ? Aujourd’hui, elle n’a plus de chef, mais c’est justement cette situation - qui va attirer sur elle tous les projecteurs d’ici à fin mars - qui rendra d’autant plus visibles et d’autant plus efficaces les prises de positions et les actes posés par les évêques résolument opposés a ce projet.

  • Vouloir c’est pouvoir - par Pieter Kerstens

     

    La seconde moitié du XXe siècle a vu s’instaurer en Europe occidentale une mainmise des États dans la plupart des secteurs économiques.

     

     

    Nos corporations n’ont pas échappé à ce phénomène et les moteurs de nos professions, la Créativité et la Technologie, ont été grippés ces vingt dernières années par des décisions administratives plus extravagantes les unes que les autres. Il est vrai que l’Administration perd de plus en plus le contact avec la réalité économique tout en croyant détenir la Vérité…

     

    Ces dernières années nous avons même assisté à la culpabilisation de nos activités « dévoreuse d’énergie », en parallèle avec la publicité et les notions de profit, clouées au pilori par une opinion publique malade d’informations.

     

    Il n’est pas encore trop tard pour réagir et dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Cela signifie que nous devons abandonner notre climat pessimiste et fixer notre regard devant nous en reconnaissant nos torts et en retroussant nos manches, quels que soit le milieu auquel nous appartenons.

     

     

    Notre profession (fabricants et installateurs d’enseignes lumineuses) essentiellement artisanale, à quelques exceptions près, s’accommode mal des théories sur la croissance douce, la diminution de la durée du temps de travail ou la civilisation des loisirs.  Tout cela coûte cher, et je m’aperçois aujourd’hui que pour répondre aux critères du progrès social il faut beaucoup d’argent.  Cet argent il faut le gagner avec un effort de travail.  Cela exige une croissance aussi forte que possible.  Le laisser-aller auquel nous assistons dans notre secteur depuis dix ans ne peut nous conduire qu’à une décadence, et à la fermeture inéluctable de nos entreprises car peu d’hommes de bonne volonté seront désireux de reprendre le flambeau.  En effet, soumis à des contraintes administratives, sociales et économiques de plus en plus restrictives, l’expansion de notre activité sera limitée, et peu nombreux seront les créateurs de sociétés.

     

     

    Il m’a été rétorqué que cela était le sens de l’Histoire, et qu’il ne servait à rien de se battre contre les moulins à vent.

     

     

    Très bien !  Alors puisque nous assistons à une fin de civilisation et qu’il est bon ton de contester en permanence tout et n’importe quoi, mettons notre avenir et celui de nos entreprises entre les mains de l’État Providence qui pourvoira à notre existence !

     

     

    Malheureusement, l’expérience prouve qu’il n’en est rien et que les longues années de travail intense, avec les déceptions et les joies, qui ont abouti à la réelle existence de nos sociétés seront balayées par le diktat d’une quelconque Administration.

     

     

    Nous nous trouvons donc devant cette alternative : oser prendre des risques et être réellement un entrepreneur (c’est-à-dire un chef d’entreprise qui supporte un « risque calculé ») ou bien … disparaître.¢

     

    (Article paru en mars 1980 dans la revue « Enseignes et Éclairage ». 33 ans plus tard, rien n’a changé sous le soleil, mais la moitié des entreprises a disparu et l’État Providence est en faillite !)
  • Contre la politique du pire, LE PRINTEMPS, C'EST MAINTENANT !

    La précipitation du pouvoir à faire adopter la dénaturation du mariage, avec ses conséquences criminelles sur la filiation, est l’effet de la panique d’un exécutif discrédité qui a dévissé dans l’opinion et sent se resserrer chaque jour davantage l’étau de l’impopularité.

    Non seulement les Français sont désormais majoritairement hostiles à la légalisation de la parodie du « mariage » homosexuel, mais ils se rendent compte que ce pouvoir n’est obsédé par les questions dites sociétales que parce qu’il se sait plus efficace dans la destruction de la société - ainsi la prochaine ouverture à Paris de salles de shoot incitant les jeunes à se droguer - qu’à la résolution des graves problèmes de l’heure. Le coup de force du vendredi 12 avril - vote bâclé au Sénat, décision d’avancer au 17 avril la seconde lecture du texte à l’Assemblée, initialement prévue à compter du 27 mai, recours au temps législatif programmé - révèle au grand jour la profonde coupure du pouvoir avec le pays réel.

    Certes, le Conseil constitutionnel aura le dernier mot. Le fait que celui-ci, au nom de l’égalité de tous les citoyens devant le prix de l’énergie, ait retoqué la loi « Brottes », visant à pénaliser les plus gros consommateurs d’énergie en vertu d’une conception punitive de l’écologie, doit-il nous faire espérer, qu’au nom de l’égalité des enfants devant la filiation - sujet autrement plus grave que l’égalité des citoyens devant les factures de gaz - les « sages » retoquent demain une loi qui est, de plus, en contradiction avec nos engagements internationaux sur la protection de l’enfance ? Rien n’est moins sûr : le Conseil constitutionnel a, depuis l’avortement, avalisé toutes les prétendues avancées sociétales. De plus, soumis comme il l’est à l’Europe - or l’Europe est favorable tant à la dénaturation du mariage qu’à la marchandisation du corps humain et à la reconnaissance du droit à l’enfant, c’est-à-dire à l’instauration d’un néoesclavagisme -, l’abdication du Conseil constitutionnel devant la dénaturation du mariage est plus que probable. Nous aimerions nous tromper.

    Le député UMP Philippe Gosselin, défenseur déterminé de la famille, déclarait avec gravité devant le Sénat ce même vendredi 12 avril : « En accélérant la procédure législative pour échapper à la manifestation prévue par les opposants au “mariage pour tous” le 26 mai prochain, le chef de l’Etat et sa majorité sont prêts au pire : c’est une incitation à la guerre civile ». La panique étant mauvaise conseillère, l’exécutif ne fait que cristalliser la légitime colère de nos concitoyens à l’encontre de son imposture et de son incompétence. Mais surtout, en incitant effectivement, par sa surdité et ses provocations, à la guerre civile, après avoir divisé les Français sur des questions de société essentielles et ce, au moment où le pays vit des heures incertaines tant sur le front économique et social que sur celui de son identité et de sa sécurité (immigration), le président de la république a manqué gravement au devoirs de sa charge. Devenir un ferment de division quand on est constitutionnellement chargé de garantir l’unité du pays et d’assurer sa cohésion, est pour un chef d’Etat une faute rédhibitoire qui lui fait perdre sa légitimité. Hollande doit partir.

    D’autant que l’exécutif aggrave son cas en jouant la radicalisation. Depuis le début de cette affaire, par son mépris (le refus de l’Elysée, des ministres et des assemblées de recevoir les défenseurs de la famille), par le recours à la diffamation (l’accusation constante d’homophobie visant à criminaliser, comme dans tous les pays totalitaires, le simple fait d’être un opposant), par l’orchestration de violences (action des Femen, gazage d’enfants et de mères de familles, arrestations et gardes à vue arbitraires ) dans le seul but d’intimider les manifestants, voire de les accuser, avec la complicité des media officiels, d’être les auteurs de ce dont ils sont les victimes, le pays légal a prouvé combien il s’asseyait sur ces fameux principes « républicains » qu’il invoque à tout bout de champ pour mieux les violer. Valls et Taubira, ces deux ministres médiatiquement ennemis, montrent également qu’ils sont les meilleurs complices du monde quand il s’agit de présenter le visage de la répression haineuse à l’encontre de pères, de mères et d’enfants, dont le seul crime est de n’être ni des voleurs, ni des drogués, ni des clandestins, mais des défenseurs de la famille aussi déterminés que paisibles et respectueux des personnes et des biens.

    Oui, le pouvoir joue la radicalisation. Si Harlem Désir, actuel premier secrétaire du parti socialiste et accessoirement professeur de morale à l’égard de Cahuzac - un comble pour ce condamné pour emplois fictifs ! - avait été le seul, le samedi 13 avril, à accuser la droite parlementaire, qui navigue à vue dans cette affaire, de jouer sur les extrêmes, sa « petite phrase » serait une simple péripétie politicienne parmi d’autres. Mais quand la même accusation est portée le même jour par le premier ministre, on peut se demander si l’exécutif n’a pas l’intention de franchir la ligne rouge qui sépare, dans un Etat de droit, l’exercice constitutionnel de l’autorité du harcèlement de l’opposition dans toutes ses composantes. En cherchant à criminaliser jusqu’à une UMP ultra-légaliste qui, par la voix du médiocre Fillon, a pourtant déjà annoncé qu’elle n’abrogerait pas le mariage homo à son retour aux affaires, la gauche au pouvoir est manifestement tentée de franchir une étape supplémentaire dans le pourrissement de la vie politique française, en inventant, par exemple, de fausses violences - ainsi les diffamations à l’encontre des militants du Printemps français en vue de les hooliganiser. Combattre une fantomatique « dérive fascisante » pour justifier d’avance de futurs abus de pouvoir est-elle devenue aux yeux de la gauche la seule issue possible à son échec prévisible sur tous les plans ? Telle avait été la politique criminelle de la gauche espagnole après le départ d’Alphonse XIII.

    Alors que toutes les enquêtes d’opinion révèlent le discrédit généralisé de la classe politique auprès des Français, on doit s’interroger sur la surdité volontaire du pouvoir dans les questions sociétales, comme, aussi, dans les questions économiques et sociales, face à l’angoisse ou à la souffrance de ceux qui vont perdre leur emploi ou l’ont déjà perdu. Alors même que s’annonce une énième hausse des prélèvements obligatoires et que la croissance est en berne, la gauche française serait-elle tentée pour conserver le pouvoir de commettre dans cette Ve république déliquescente les mêmes dérapages que la gauche espagnole avait commis dans les années 30 pour imposer son despotisme à la république naissante ?

    La situation actuelle, sur tous les plans, est sans issue, et cela la gauche et la droite parlementaire le savent. Entendons-nous bien : sans issue à partir du moment où on refuse de changer les règles du jeu. Or, de ce point de vue, l’UMP et le PS sont sur la même longueur d’onde : soumission aux diktats berlinois ! C’est pourquoi l’affaire Cahuzac et la moralisation de la vie politique ne servent que de diversion. Dans le même temps, Hollande veut en finir avec la loi Toubon et imposer l’usage de la langue anglaise dans l’université française (projet de loi Fioraso) ou brader 230 000 kilomètres carrés de notre espace maritime dans l’Océan indien (îlot de Tromelin).

    Brader la nation, c’est la seule chose que Marianne sache faire. Une course de vitesse est engagée entre la république et la France : choisir entre les deux devient chaque jour plus urgent.

    François Marcilhac - L’ ACTION FRANÇAISE n° 2861

    http://www.actionfrancaise.net

  • Manifestation à Nantes jeudi soir

    Aujourd'hui à Nantes opération "éclairons les consciences" : départ de la place Viarme à 20h30 vers la préfecture, puis enterrement de la Marianne.

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • L’immigration, un épisode des conflits entre l’Europe et l’Afrique ?

    Pierre Milloz trouve dans le « Contrat social » de Jean-Jacques Rousseau une explication aux déplacements de population entre les deux continents.
    « Tous les peuples ont une espèce de force centrifuge par laquelle ils agissent continuellement les uns contre les autres et qui les pousse à s’agrandir aux dépens de leurs voisins. »

    
Avec ces quelques lignes du « Contrat social », Rousseau décrivait magistralement le moteur premier de l’histoire universelle. Ce moteur n’a jamais cessé de tourner et, tout comme la nature humaine dont il est l’expression, il connaît alternativement des phases de suractivité et de pause.
C’est pourquoi on peut se référer à ce texte pour analyser les relations millénaires entre l’Afrique et l’Europe. Leur histoire est celle de conflits qui surviennent de façon récurrente à des intervalles variables, parfois pluri-séculaires et à l’occasion desquels les « peuples » de chaque côté de la Méditerranée l’emportent à tour de rôle et s’installent sur la rive opposée pour un temps qui les mènera jusqu’au conflit suivant. P.M.
    L’Antiquité nous montre déjà ce schéma historique.
    Carthage franchit le détroit de Gibraltar et, dans les provinces qui seront celles du Sud espagnol, s’établit si profondément qu’une ville contemporaine porte encore son nom. Elle contrôle aussi la Sardaigne, la Corse et épisodiquement la Sicile. Plus tard, faisant face en son nom à l’Empire romain, Annibal, dans un raid militaire prodigieux mais vain, longera même toute la côte nord de la Méditerranée occidentale.
    Mais bientôt va se dérouler l’épisode inverse. Rome chasse les Carthaginois de l’Ibérie, puis se transporte en Afrique même : elle y défait Carthage à Zama avant de s’y imposer et d’y imprimer durablement sa marque. La romanisation des élites locales de la rive sud de la Méditerranée sera telle qu’elles fourniront, en la personne de Septime Sévère, libyen d’origine, le premier empereur romain qui ne soit pas de souche italienne (si l’on veut bien admettre, avec la majorité des auteurs, la romanité de Trajan).
    Destruction de l’empire romain par les Barbares, première incursion arabe en Europe
    Quelques siècles s’écoulent… quatre… cinq… Ce sont les Barbares qui détruisent l’Empire romain, mais bientôt les Arabes,  venus d’Orient, sont les nouveaux maîtres de l’Afrique du Nord. A leur tour ils franchissent le détroit et, s’avançant hardiment vers le nord, passent aussi les Pyrénées. La défaite de Poitiers les contraint bientôt à limiter leurs ambitions et ils s’installent pour plusieurs siècles en Espagne. Ils y exposent une civilisation étincelante dont on peut aujourd’hui admirer les traces, à Grenade notamment, et qui influe notablement sur la langue espagnole.
    Cet enracinement sur la rive nord ne manque pas de susciter l’inévitable réaction en retour. Ce sera l’œuvre de la Reconquista. Son succès sera long. Bien que, sauf autour de l’année 1200, les Arabes et Berbères d’Afrique du Nord n’aient jamais été en mesure d’apporter une aide significative à leurs compatriotes d’Ibérie, la Reconquista aura exigé plusieurs siècles avant de s’achever en 1492 avec la reddition de Grenade aux Rois catholiques. Ces derniers expulseront les musulmans de Grenade et de Castille dès 1502.
    Et aussitôt, comme pour marquer la permanence des alternances de part et d’autre de la Méditerranée, l’Espagne prend pied sur la rive africaine, occupe Melilla (1497) où elle est encore aujourd’hui et, plus brièvement, Oran (1509) et Bone (1510).
    1830, la France envoie une armée en Algérie
    Encore trois siècles… et voici une nouvelle tentative d’installation sur la rive opposée. En 1830, la France envoie une armée en Algérie et dans les quatre-vingts années qui suivent elle étend sa souveraineté ou sa quasi-souveraineté à l’ensemble de l’Afrique du Nord. Durant cette période, notamment grâce à l’implantation d’une importante minorité d’origine française et européenne, elle diffuse sa civilisation dans des conditions qui gagnent l’acceptation d’une large partie des populations locales.
    Mais, là encore, la réaction en retour arrive et s’inscrit dans le schéma déjà vécu. La puissance qui s’est implantée sur la rive opposée est une nouvelle fois chassée. Mais le sort de la population française installée là et celui des nombreux autochtones ralliés en harkis à la France posent alors un problème non seulement humain mais aussi politique.
    L’enseignement du passé suggère en effet que les « peuples » de la rive sud pourraient un jour essayer à leur tour de s’implanter sur la rive nord : pour cette hypothèse, n’est-il pas capital d’obtenir au moins la sauvegarde sur place de cette importante minorité ? Pourtant, comme si elle avait à payer le prix humiliant d’une déroute militaire, la France accepte l’expulsion de ses citoyens et abandonne honteusement les harkis.
    L’immigration de masse, constatée depuis une quarantaine d’années, notamment au départ d’Afrique du Nord vers la rive septentrionale de la Méditerranée et spécialement vers la France, doit-elle être interprétée comme une nouvelle illustration d’un processus récurrent ? Nombreux sont ceux qui le croient.
    Certes, les modalités et le rythme sont radicalement nouveaux. La différence majeure est dans les motivations. Il n’y a à l’origine de l’immigration africaine contemporaine aucune hostilité, aucune volonté de conquête, mais seulement la recherche de conditions de vie meilleures. Il s’ensuit une autre différence avec les épisodes antérieurs : la traversée et le débarquement sur la rive opposée se font « civilement ».
    Mais l’essentiel n’est pas dans les modalités, il est dans la mise en route d’un processus qu’un chiffre résume d’ores et déjà : actuellement, les immigrés et leurs descendants de première génération représentent 20% de la population totale de la France. Un tel résultat obtenu en moins d’un demi-siècle, alors que le rythme des arrivées ne donne aucun signe de faiblesse, est suffisamment éloquent.
    Ce processus acquerra-t-il un jour le caractère conflictuel que Rousseau décrivait et auquel l’histoire de la Méditerranée conférerait plutôt une sorte de permanence ? S’il le fait, on s’interrogera trop tard sur cette politique, imprégnée de cosmopolitisme et avide d’effacement national, que suit la France depuis plusieurs décennies.
     Pierre Milloz
 14/04/2014 http://www.polemia.com
    Les intertitres sont de la réaction

  • V ième Congrès nationaliste le 11 mai à Villepreux

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    Ce grand rassemblement annuel, dont le but est d’insuffler une énergie nouvelle au nationalisme français, se double d’un agréable moment de camaraderie et d’agrément.

    En plus d’être un événement politique majeur pour notre courant de pensée, ce congrès est aussi l’occasion de passer un bon moment entre Français authentiques, de retrouvailles entre camarades, et peut-être d’utiles achats.

    Venez en famille, avec vos amis, et repartez de très bonne humeur !

    Vous sont proposés :

    - Des tables rondes et interventions politiques avec des personnalités qualifiées sur l’actualité et le thème du Congrès.

    Jérôme BOURBON (directeur de Rivarol)
    Thibaut de CHASSEY (directeur du Renouveau français)
    Alain ESCADA (secrétaire général de Civitas)
    Roger HOLEINDRE (président du Cercle national des combattants)
    Carl LANG (président du Parti de la France)
    Jean-Pierre MAUGENDRE (Renaissance catholique)
    Alberto TORRESANO (Falange espagnole)

    + des invités surprises…

    A 14h15, avant les interventions, une conférence de Sylvain Maubranches sera proposée à ceux qui le veulent sur le thème « Nourriture industrielle, notre poison quotidien ».

    - De très nombreux stands : organisations politiques (dont plusieurs organisations nationalistes d’Europe), associations culturelles ou humanitaires, journaux et revues, librairies, boutiques (vêtements, musique, artisanat, vins, bijoux, accessoires, etc.), écrivains (dédicaces), stands des provinces de France.

    - Une buvette, avec boissons de toutes sortes et casse-croûtes.

    - Des animations et divertissements variés (tournois de jeux sportifs avec lots à gagner).

    - Des animations musicales.

    - Une messe traditionnelle, le matin.

    - Une garderie gratuite tenue par des mères de famille.

    - Un banquet animé.

    Plus d’information sur le site du Congrès nationaliste

    http://fr.altermedia.info/

  • Solidarnosc ? Non, les défenseurs de la famille contre Valls-Jaruzelski

    Valls, notamment à Paris et à Versailles, utilise les méthodes crapuleuses de la Pologne soviétique finissante. Notre Jaruzelski anti-national doit savoir qu’il devra rendre des comptes au peuple français s’il continue ses abus de pouvoir et ses dérapages de basse police.

    Mercredi 17 avril au soir, Place des Invalides

    Des Ripoux en civils de Valls-Jaruzelski

    Voir le Salon Beige

    http://www.actionfrancaise.net

  • Au-delà de Cahuzac : les liaisons dangereuses entre les politiques et le monde des affaires (1)

    La multiplication des « affaires » impliquant des personnalités politiques conforte une hypothèse « sociologique » : c’est tout un système qui explique les délits à répétition.

    Les fautes individuelles doivent être sanctionnées. Mais toutes ne sont pas connues, et il y en aura bien d’autres si on ne casse pas le système de la collusion et des connivences entre certains responsables politiques et le monde des affaires, un monde qui porte les « affaires » comme la nuée porte l’orage.

    Retenir cette hypothèse « systémique » n’excuse en rien les comportements de cupidité. Mais la « production sociale » de la cupidité et de la fraude est la première des questions à se poser. IL EXISTE DES CONTEXTES SOCIAUX ET INSTITUTIONNELS FAVORABLES OU DÉFAVORABLES A DE TELS AGISSEMENTS.

    Je complète ici à ma façon une bonne tribune de quatre membres de la Fondation Copernic publiée dans Le Monde du 5 avril (voir ce lien).

    J’avais intitulé « Les liaisons dangereuses » un billet publié en septembre 2009. Il portait sur les relations incestueuses entre certains économistes médiatiques (mais aussi fréquemment conseillers des princes) et les milieux d’affaires. J’y écrivais : « De telles positions sociales dans les réseaux du pouvoir économique et financier sont-elles susceptibles d’influer sur les représentations et les analyses des économistes qui les occupent ? … Si vous avez des gens qui passent leur temps, contre rémunérations substantielles, dans les conseils d’administration, de surveillance ou scientifiques des banques et des grandes entreprises, comment les valeurs embarquées dans leurs analyses pourraient-elles ne pas être affectées ? »

    C’est une approche semblable que je propose pour les liaisons dangereuses entre les politiques et le monde des affaires. J’ai parlé de contextes SOCIAUX ET INSTITUTIONNELS. Ces deux dimensions comptent, mais je laisserai de côté dans ce billet la seconde, à savoir les règles, lois et textes qui régissent les conditions d’accès aux fonctions électives, les conflits d’intérêt, leur appréciation et leur sanction, la transparence légalement exigée, le cumul des mandats ou des fonctions, le lobbying, le pantouflage, etc. Ce champ fondamental est celui que privilégie à juste titre l’excellente ONG Transparency International.

    Je me concentrerai pour ma part sur les conditions liées au « milieu social », aux réseaux sociaux, et en particulier sur les liens personnels entre les politiques et les dirigeants ou hauts cadres du secteur privé, de la finance et des grandes entreprises. On peut penser en effet que la probabilité d’apparition de comportements de cupidité pouvant aller jusqu’à la fraude est beaucoup plus forte parmi ceux dont le principe de lucrativité financière est le fil directeur de leurs activités quotidiennes, et dont la plupart prônent le « moins d’État ». On peut aussi penser que le fait que des responsables politiques baignent dans ce milieu des affaires, ou y trouvent nombre de leurs liens forts et parfois de leurs soutiens politiques ou financiers, influe puissamment sur leur éthique. C’est vrai pour eux comme pour les « chiens de garde » de l’économie ou des médias.

    Il s’agit en quelque sorte d’en appeler à une sociologie – qui existe – de l’insertion sociale d’une fraction, certainement minoritaire mais très active, des politiques dans les réseaux du pouvoir économique et financier. Comme je ne suis pas sociologue, je devrais m’arrêter là. Mais je peux quand même, sur un modeste blog, prendre quelques risques en m’inspirant de vrais sociologues, comme les Pinçon-Charlot et quelques autres, voire en allant à la pêche de quelques informations sur des cas « exemplaires ».

    Les cas les plus évidents sont ceux de parlementaires exerçant, en même temps que leur mandat, des fonctions d’avocats d’affaires. Quand on se fait payer pour conseiller le monde des affaires, ou pour lui fournir un carnet d’adresses, tout en légiférant par exemple sur l’ANI ou sur le pacte de compétitivité, il ne doit pas être évident de discerner la ligne qui sépare l’intérêt général des intérêts privés qui vous rémunèrent et qui en attendent quelques retours sur investissement. C’est François Mitterrand, lui-même avocat, qui, lorsque Edith Cresson était Premier Ministre, avait fait ajouter un article d’un décret organisant la profession d’avocat pour dispenser de formation et de certificat d’aptitude à la profession d’avocat les fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de catégorie A ou assimilés ayant exercé des activités juridiques pendant huit ans au moins dans un cadre public. Une disposition taillée sur mesure pour des parlementaires et élus au long cours, dont ont profité des élus de droite (Copé, Dati, Baroin, Villepin) comme de gauche, dont DSK et Ségolène Royal (source : le livre des Pinçon-Charlot, « Le président des riches », p. 87). J’ai ajouté le 14 avril des commentaires précisant ce qui précède car il y avait une erreur dans le livre des Pinçon-Charlot à propos de Montebourg, et parce que depuis ce livre un décret de 2012 a encore facilité les choses pour les parlementaires.

    Si importantes et scandaleuses à mes yeux que soient ces situations, la question des liaisons dangereuses va bien au-delà. Elle concerne la façon dont les convictions politiques et les comportements de lucrativité des élus sont, ou peuvent être, influencés en réseau. Vaste sujet dont je ne traiterai qu’un petit bout dans ce billet et dans le suivant, en commençant par l’un des lieux où se forgent des liens forts entre les politiques et les milieux d’affaires.

    LE CERCLE DE L’INDUSTRIE, DSK, MOSCOVICI, CARREZ, BARROT, ETC.

    Ce Cercle est un peu à ma question ce que « Le Siècle » (mis en valeur dans le film de Balbastre et Kergoat) est aux chiens de garde économiques et médiatiques. Et d’ailleurs, le rendez-vous mensuel du Siècle est déjà l’un des multiples lieux de production de la connivence entre certains politiques et des grands patrons.

    Le Cercle de l’industrie est présenté par Wikipedia comme « un lobby patronal français », agissant en Europe mais aussi en France. Ce site indique que « En février 1993, les membres du futur Cercle de l’industrie (une idée de Dominique Strauss-Kahn et Raymond Lévy PDG de Renault) se réunissent au siège de Publicis. Y sont représentés : Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L’Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total, BSN…

    En juin 1993, Raymond Lévy, PDG de Renault, crée le Cercle qui emménage à Neuilly-sur-Seine… L’objet déclaré à la préfecture est le suivant : « Assurer une veille permanente auprès des différentes instances que sont la Commission européenne, le Parlement européen, le GATT, etc., concevoir et diffuser par les moyens adéquats l’information nécessaire auprès de ces instances, organiser les interventions au plus haut niveau politique »[1]. Le cercle s’efforce de répartir équitablement les pouvoirs entre des membres de l’UMP et du Parti socialiste.

    Dominique Strauss-Kahn [qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie, JG] en devient le vice-président à titre bénévole… tout en bénéficiant d’un bureau, d’une secrétaire[2] et de notes de frais[3] (Le Monde diplomatique, décembre 2003). »

    Confirmant sans ambiguïté sa nature de lobby, la plaquette du Cercle précise : « Le Cercle de l’industrie se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique, LA PROMOTION DE L’IMAGE ET DES INTERETS DE L’INDUSTRIE AUPRES DES INSTITUTIONS PUBLIQUES NATIONALES ET EUROPEENNES… Il s’implique dans les propositions et débats des institutions européennes en la matière. ». Selon ses propres textes, il collabore « avec le MEDEF, l’AFEP, l’European Round Table of Industrialists (ERT), le Transatlantic Policy Network (TPN), ou encore l’Institut de l’entreprise ».

    Le Cercle a deux VP, l’un socialiste, l’autre UMP ou équivalent. DSK sera VP de 1993 à 1997 (il devient alors Ministre de l’économie du nouveau gouvernement Jospin). On aura du côté UMP Jacques Barrot puis Alain Lamassoure, et, du côté PS, Pierre Moscovici jusque 2012.

    Ce dernier a été interrogé en 2011 par la presse : « Vous cumulez la fonction de vice-président du Cercle de l’industrie et le mandat de député… Conflit d’intérêts ? ». Sa réponse : « CE SERAIT LE CAS SI LE CERCLE DE L’INDUSTRIE ÉTAIT UN LOBBY… C’est un club et pas un lobby. ». L’argument est grossier au vu des textes du Cercle que je viens de citer, ou alors tous les lobbies sont des clubs de débats citoyens désintéressés… Mais, puisque c’est un lobby, et selon l’argument précédent de Moscovici lui-même, il y aurait bel et bien conflit d’intérêt. Dans le passé pour DSK, Barrot et Moscovici, et aujourd’hui pour le VP du Cercle, successeur de gauche de Moscovici, le député (par ailleurs président du conseil régional d’Aquitaine) Alain Rousset, ainsi que pour le VP de droite Alain Lamassoure, député européen. Dites-moi où mon raisonnement est fautif.

    Pour devenir Ministre de l’économie, et plus si affinités, le Cercle est la voie royale. DSK et Pierre Moscovici en sont les meilleurs exemples, mais les grands patrons du Cercle gardent plusieurs cordes à leur arc. Dans la composition du Cercle en 2012, on note la présence d’hommes (oui, des hommes, car sur les 42 patrons qui y figurent, on a 42 hommes) promis à un bel avenir avec de tels soutiens. Sur le site actuel, la liste complète des personnalités (ceux qui ne sont pas des patrons en exercice) comprend les noms des deux VP Alain Rousset et Alain Lamassoure, mais aussi Jacques Barrot, Gilles Carrez (rapporteur jusqu’en 2012 de la commission des finances de l’Assemblée nationale, devenu depuis le président de cette commission), Gérard Collomb, Louis Gallois, Christel Bories et Pierre Gadonneix.

    Le Cercle est juste l’un des éléments visibles des liaisons organiques ou informelles entre deux mondes qui cohabitent avec bonheur, les affaires des uns pouvant servir la carrière politique des autres, et réciproquement. Nous en examinerons d‘autres dans le prochain billet.

    On pense usuellement un lobby comme un groupe d’intérêts extérieur au groupe des élus, tentant de convaincre le second d’adopter les vues du premier. Correctement régulés, transparents et pluralistes (on en est loin), de tels contacts n’auraient rien de répréhensibles Mais avec le Cercle et bien d’autres liaisons moins visibles, c’est formidable : les élus en exercice sont à l’intérieur du lobby patronal !

    Les conséquences de cette fusion sont doubles. D’une part, de toute évidence, les élus en question sont poussés à adopter les visées du lobby dont ils sont membres. D’autre part, pour en revenir aux comportements de lucrativité pouvant aller jusqu’aux fraudes, cette situation est au mieux malsaine, au pire un pousse-à-la fraude ou à la tolérance vis-à-vis des fraudeurs les plus riches.

    Si on veut expliquer pourquoi, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les moyens de contrôle et de sanction des fraudes ont été nettement réduits, les liaisons dangereuses sous toutes leurs formes font partie du paysage. Si on veut expliquer pourquoi DSK a été le champion, comme Ministre de l’économie, d’une fiscalité exceptionnellement avantageuse pour les stock options (taxées à seulement 26 %) et des privatisations, ces liens forts en font partie, y compris le Cercle. De même pour comprendre pourquoi il écrivait dans son livre que la dérégulation des services publics en Europe était une « formidable chance pour le service public », pourquoi il se livrait à un vibrant plaidoyer en faveur des OGM, de la poursuite de l’ouverture des marchés agricoles à la concurrence, et contre la taxation des transactions financières, en écrivant cette perle : « en quoi l’activité spéculative des traders est-elle gênante ? » (p. 141).

    A suivre dans le prochain billet

    Le blog de Jean Gadrey (Alternatives Economiques) http://fortune.fdesouche.com/

  • Manifestation à Paris (suite)

    Les gazeuses sont de sortie :

    1Face à face :

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     Manuel gaze les mères en colère interviennent

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    Un chef de groupe CRS rencontré en marge des manifestations raconte en "off" que le mécontentement augmente à grande vitesse dans les rangs de la police devant le rythme de travail de ces dernières semaines. Il y a de fortes chances pour que les syndicats, Alliance en tête, se saisissent de cette question d'ici très peu de temps. Que le rythme des manifestations soit maintenu et le gouvernement pourrait se retrouver avec un casse-tête (un de plus) à résoudre !

    Un millier de personnes en silence sur l'esplanade des Invalides :

    V
    Un journaliste gazé :

    J

    2

    A y est ! Le drapeau de la Manif pour tous a pénétré dans le Palais Bourbon !

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    Pendant ce temps, des manifestants ont traversé la Seine. De l'autre côté, l'Elysée ressemble à Fort Alamo... Il y a des gyrophares et des sirènes partout. Certains manifestants sont sur les Champs-Elysées.

    Mgr Aillet rejoint les veilleurs pour la famille :

    A
    La police vient d'accepter le rassemblement pacifique sur la pelouse des Invalides, jusqu'à minuit et demie.

    I
    22h45-Invalides : une voiture s'égare parmi les manifestants. A l'intérieur, N. Belkacem a juste le temps de fuir au moment d'être reconnue.

    Marion Maréchal-Le Pen a rejoint les veilleurs :

    LLa police encercle les veilleurs :

    1
    Mgr Aillet est toujours là :

    2
    Pas un bruit, les veilleurs sont encerclés, le silence est total, il est magnifique. Seul bruit: le mégaphone du Policier donnant les ordres. Les veilleurs sont poussés vers le métro. Mais il n'y a plus de métro...

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Crise du logement : ce qu’on ne dit pas (archive 2010)

    Emmanuel Martin - Le 1er février 2010. La fondation Abbé Pierre a publié ce 1er février son rapport sur l’état du mal-logement en France. L’association caritative y dénonce l’inaction des pouvoirs publics face à la crise du logement, et appelle à « réguler le fonctionnement des marchés du logement ». Réglementations supplémentaires, subventions supplémentaires (au financement par les ménages et à la construction sociale), « droits » supplémentaires seraient la solution à ce réel problème : « l’intervention publique s’est toujours révélée indispensable (…) pour lutter contre les dysfonctionnements dans le domaine du logement. »

    Pourtant, à l’analyse, cette position se révèle très discutable. Elle demande en effet toujours plus de réglementations plutôt que de considérer les effets pervers … des réglementations déjà en place. Elle part de l’a priori très à la mode, surtout depuis les inepties largement répandues sur les origines de la crise économique, que les marchés fonctionnent mal par définition. Il est vrai que les marchés ne fonctionnent pas de manière parfaite : il y a des ajustements, des erreurs et des corrections. Mais en moyenne cela ne marche pas si mal dans un cadre réglementaire intelligent. Cependant, lorsque, contrairement à toute logique, les marchés échouent durablement à coordonner les besoins des uns avec les capacités des autres, c’est qu’il y a une raison : on les empêche tout simplement de le faire par des réglementations inhibitrices.

    Le marché du logement est un exemple symptomatique où des réglementations mal pensées perturbent les ajustements entre l’offre et la demande. La hausse du coût du logement est en effet fortement liée à l’activité réglementaire du foncier. Sur la décennie qui a précédé la crise, le prix du terrain constructible a été en gros multiplié par six. Alors que naturellement les terrains ne sont pas rares, c’est la politique foncière qui crée artificiellement la rareté et fait flamber les prix. Sous les recommandations de planificateurs urbanistes et les pressions de certains écologistes, l’offre de terrains constructibles a été restreinte : peut-on réellement blâmer le marché si son offre est rationnée politiquement ? L’économiste de l’urbanisme Vincent Bénard* estime par exemple avant la crise (sur l’année 2005) à un tiers cette hausse artificielle du prix directement imputable à la restriction, décidée par le politique, du foncier constructible.

    En effet, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) des communes sont censés planifier des années à l’avance la demande de logements de la commune, ce qui est une tâche évidemment impossible et qui gèle l’offre pendant des années, empêchant l’adaptation à la demande. Par ailleurs, alors que certaines petites communes pouvaient encore avoir une marge de manœuvre et exercer une espèce de concurrence, les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) au niveau de plusieurs communes ont encore accru le poids du carcan réglementaire et raréfié d’autant l’offre. Il serait plus rationnel et efficace de libérer le foncier, en protégeant uniquement les zones sensibles (et en indemnisant leurs propriétaires), et en faisant respecter des règles raisonnables de construction ailleurs.

    Mais les bureaucraties publiques qui vivent de la production de cette activité réglementaire n’ont évidemment aucun intérêt à cette libération du foncier. Mais surtout, sans parler de la corruption dans certaines mairies, les maires doivent choyer un électorat souvent récalcitrant à l'arrivée de nouvelles populations : c'est la logique du snob zoning. Se pose alors ici un problème sérieux de démocratie.

    Cette libération du foncier permettrait une baisse des prix et un accroissement naturel de l’offre qui se répercuterait en baisse des loyers dans le locatif, où d'autres réglementations vont à l’encontre de la facilité à se loger. Le législateur a voulu par exemple protéger une minorité de mauvais payeurs, et a institué l’impossibilité d’expulser de novembre à mars. Les associations telles que la fondation Abbé Pierre s’en félicitent, sans réaliser que cette impossibilité, si elle a protégé une minorité, a en réalité fragilisé une majorité de locataires modestes. On a en effet créé un coût potentiel pour les propriétaires qui doivent alors s’assurer contre les mauvais payeurs en demandant des garanties de plus en plus strictes aux candidats à la location, ce qui empêche une part non négligeable de gens modestes de pouvoir louer. Inutile de préciser les inégalités flagrantes qu’a généré cette législation.
    Par ailleurs, encadrer l’évolution des loyers, après la signature du bail, avec des indices (construction, puis inflation) empêche effectivement les prix (loyers) de refléter correctement la rareté, c’est à dire la demande relative en locatif. Il y a évidemment des rattrapages de loyer entre deux locataires, mais autant dire, du fait de l’incertitude induite pour les propriétaires, que l’investissement est alors plus timide. Enfin, toutes les carottes fiscales (Robien, Scellier) ne font que distordre encore plus le marché en encourageant à investir … mais pas en fonction de la demande réelle, donc pas là où il le faut. Quitte à vouloir favoriser le logement des plus modestes, autant que la puissance publique fournisse des « chèques-logement » : leur effet distordant sur le marché sera minimum.

    Effectivement, comme le souligne la fondation, « les politiques ne doivent (…) pas seulement s’attacher à apporter des réponses ponctuelles et limitées à divers dysfonctionnements, mais permettre de traiter les causes profondes de la crise du logement ». Mais les causes profondes ne sont sans doute pas celles envisagées par la fondation : elles sont bien plus à chercher du côté des obstacles que l’on met délibérément, avec la main sur le cœur, au fonctionnement du marché du logement. Il est temps que les associations caritatives et les politiques prennent conscience des effets pervers des réglementations qu’ils ont soutenues par le passé et qui ont créé les problèmes d’aujourd’hui. Il faut remettre les choses à plat, simplifier les réglementations : libérer le marché immobilier pour qu’il fonctionne enfin de manière saine et puisse répondre aux besoins de logement.

    

Emmanuel Martin est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

    * On lira avec profit son ouvrage éclairant : Crise publique, remèdes privés, Romillat 2007.