Les vieux réflexes identitaires et ethno-confessionnels
À l'époque contemporaine, le besoin et la demande de spirituel sont propices au foisonnement anarchique des religions de substitution. Les grandes idéologies de la modernité (sous la forme du postmarxisme, post-fascisme, post-capitalisme) fonctionnent encore à l'état latent, prophylactique, grégaire et, si elles ont bien perdu de leur force d'attraction et de leur valeur sociale d'intégration, il n'en demeure pas moins qu'elles subsistent en tant que sotériologies, véritables religions séculières auxquelles font référence Raymond Aron et Eric Voegelin. Il n'est pas certain que la condition postmoderne a définitivement liquidé le fait idéologique en tant que facteur de mobilisation et vecteur d'appartenance identitaire. La notion d'idéologie est d'abord un instrument de démarcation. Elle sert à rejeter la pensée de l'adversaire, stigmatisée comme une pensée dangereuse, et à dénoncer une forme pathologique de la pensée dont il serait urgent de guérir.





