
On a les intérêts, les préoccupations, voire les obsessions de ses compétences. L’avocat général que j’ai été focalise sur l’importance du régalien – autorité de l’État, forces de l’ordre, sécurité, justice, tranquillité publique, respect de la loi, défense de l’État de droit, égalité entre les citoyens, etc. – dans une vision et pratique présidentielles.
Quels que soient les mérites de l’intervention du Président – et je ne doute pas qu’elle sera largement commentée par les spécialistes, notamment pour ce qu’il a annoncé sur les plans économique et social et les perspectives qu’il a dessinées pour demain -, je persiste : je suis toujours déçu par sa manière de traiter du régalien, d’affronter le terrible gouffre entre une majorité silencieuse, discrète et profondément indignée – qu’on regarde le soutien qu’elle apporte à la police dans les sondages – et une minorité gangrenée par le communautarisme, qui tient le haut du pavé politique, médiatique et même judiciaire en n’ayant aucune raison de rentrer dans le rang puisqu’on lui permet tout.





Dominique Venner : La « querelle des historiens » remonte à 1986, au 6 juin 1986 pour être précis, date à laquelle est publié en Allemagne votre article « Un passé qui ne veut pas passer ». Un an plus tard paraît La guerre civile européenne 1917-1945, que viennent de traduire en français les éditions des Syrtes. Vous y soulignez que le national-socialisme et le bolchevisme ne peuvent se comprendre que l'un par rapport à l'autre. Pour être plus précis, le « nœud causal » entre les deux idéologies réside dans l'émergence du national-socialisme comme réponse ou réaction au bolchevisme, à la menace de mort qu'il faisait planer sur la civilisation européenne. Comment expliquez-vous que cet article et ce livre aient suscité en Allemagne un tel scandale intellectuel ?
Ernst Nolte : Le « scandale » réside dans le fait que j'ai pris au sérieux l'auto-interprétation que les nationaux-socialistes donnaient de leur engagement à savoir la lutte contre le communisme, avec les mêmes moyens que le communisme. Cette motivation est évidente dans la guerre germano-soviétique (1941-45), et on en trouve un exemple célèbre dans le discours de Himmler à Posen. Le chef de la SS raconte comment un commissaire de l'Armée rouge, voyant revenir un régiment défait au combat, convoque ses officiers et en exécute quelques-uns froidement. Loin de s'en offusquer, Himmler appelle ses troupes à une résolution plus dure et plus violente encore.