
Nationaliste parmi les dreyfusards. Monarchiste parmi les républicains. Charnel parmi les mystiques. Jean Guéhenno l’a dit : Péguy était un républicain qui ne votait pas et un chrétien qui ne communiait pas. Il est mort aux premiers jours de la bataille de la Marne, en septembre 14, laissant derrière lui quelques-uns des plus beaux poèmes de la langue française.
Avec Péguy de combat, Rémi Soufflé a écrit le livre qu'il convenait de faire sur Péguy, qui se serait retrouvé sans peine dans la rudesse, la droiture et l'opiniâtreté mordante de son disciple. On ne saurait d'ailleurs mieux résumer cette vie que le titre choisi par l'auteur. Péguy a toujours été en guerre. Il a placé sa vie sous l'invocation des deux grandes figures féminines de la désobéissance héroïque Antigone et Jeanne d'Arc Non possumus, nous ne pouvons pas trahir. Les maquisards français s'en rappelleront. Si d'ailleurs la Résistance n'a pas suscité le chef-d'œuvre attendu, ce n'est pas seulement parce qu'elle se déroulait, comme un orage lointain, hors de portée des Français, mais bien parce que le bréviaire de toutes les résistances avait été écrit en 1913, à la veille de la Grande Guerre, par Péguy lui-même, L'Argent suite, que Vercors rééditera clandestinement pour le maquis.



Préparant une conférence, qui sera consacrée au sujet et que je suis invité à donner le 24 février, je rassemblerai à partir d'aujourd'hui, en marge de cette un certain nombre d'éléments d'information et, partant de là, de réflexions, sur l'actuel contentieux euro-turc et particulièrement franco-turc : occulté dans la plupart des médias de l'Hexagone, il occupe une place de choix sur le site d'information, ou plutôt de désinformation, de l'agence officielle de l'État turc Anadolu.


