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l'information nationaliste - Page 6962

  • PRESENT

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  • La France Hollando-vallsienne : Titanic ou radeau de La Méduse ?

    Dr Bernard Plouvier

    Pour fêter le passage du cru 2015 (celui des attentats les plus meurtriers jamais provoqués en Europe par des musulmans) à celui de 2016 (où l’on peut craindre pis encore, du fait de l’extrême mollesse de la réaction gouvernementale), l’on a assisté aux traditionnels incendies volontaires de poubelles et de véhicules à moteur… mais aussi, et c’est de l’inédit, au sabotage délibéré des installations électriques d’un hôpital.

    Du côté de chez Cazeneuve, l’on joue les glorieux : SEULS 804 véhicules auraient été brûlés volontairement par la racaille dans la nuit du 31 décembre au 1er  janvier ! Mais l’on sait que les chiffres du ministère sont parfois « légèrement » minorés, pour éviter tout désagrément, tout grincement de dents du côté du bon peuple.

    Et l’on se gargarise : cela fait 15% de véhicules détruits - par l’effet de la haine, de la bêtise, du vandalisme gratuit - en moins qu’au réveillon de l’an 2014. Pour obtenir ce grandiose résultat, il aura fallu mobiliser 110 000 policiers, gendarmes et militaires, en plus de 34 000 pompiers, soit des effectifs bien supérieurs à ceux de l’année précédente. À ce train là, si l’on veut passer en dessous de la barre des 500 véhicules incendiés, il faudra mobiliser un demi-million de membres des forces de l’ordre dans 12 mois. Il y a réellement de quoi pavoiser.

    Mais il y a pire. Pour la première fois dans l’histoire de France – hors temps de guerre – un hôpital a été délibérément visé, par le sabotage de ses installations électriques de façon à ce que se déclenche un incendie. Ce type d’attentat, qui avait pour finalité de tuer ou de meurtrir davantage encore des malades et des invalides, est une véritable profanation civique. Seuls des fanatiques, des fous dangereux, des bêtes nuisibles peuvent oser s’en prendre à nos malades, hospitalisés alors que le reste de la population fête en famille la fin d’une année pénible entre toutes.

    Pendant que la France coule, nos brillantissimes politiciens disputent d’une possible, éventuelle – si « antidémocratique » qu’elle fait pleurer les margots de gauche et hurler de rage les chevaliers du renoncement national (selon l’expression gaullienne) – déchéance de nationalité pour les auteurs d’attentats terroristes et leurs très nombreux complices actifs et passifs.

    Ce n’est pas de la suppression d’une nationalité, que rejettent ipso facto les immondes assassins en souillant le territoire national de leurs crimes, qu’il faut discuter, mais de la suppression physique des assassins et de tous leurs complices, qu’ils agissent par fanatisme religieux ou politique, ou par l’effet de la bêtise la plus crasse jointe à la joie de nuire à autrui.

    La France coule et nos élus discutent du nouveau sexe des anges : doit-on on non amputer du bénéfice de la double nationalité et de l’immense honneur d’être citoyen français des personnages ignobles ? Byzantinisme ridicule et abject. C’est le Salut Public qui est en jeu. Il n’est plus question de querelles d’esthètes. Il faut rétablir immédiatement la peine de mort et mettre le pays en état de loi martiale. Ce qui commence par la réduction immédiate des deux milliers de cités de non-droit établies en France métropolitaine par la racaille issue de l’immigration.

    Si notre ventru Président ne s’en sent pas capable, qu’il cède sa sinécure élyséenne. Quant à la fraction non aveulie du peuple français de souche européenne, il doit être prêt à répondre à un ordre de mobilisation. Bien dirigé le Titanic n’eût pas coulé. Bien gouvernés, les Français peuvent redevenir dignes de leurs ancêtres et préparer un avenir meilleur pour leurs enfants et leurs petits-enfants, tout en protégeant efficacement leurs vieillards et leurs malades.

  • Bientôt la guerre des boutons

    Depuis plusieurs semaines, nous savons que l’armée française est à court de munitions. Est-ce le fruit du manque de préparation ou d’anticipation, est-ce le résultat d’un manque de moyens ? Toujours est-il que notre pays n’a plus de bombes pour ses missions de « destruction de Daech ». Notre pays est donc obligé d’en commander aux États-Unis, qui pourraient avoir des difficultés à honorer ces commandes.
    Déjà que nos vieux fusils FAMAS devraient être remplacés par des fusils d’origine étrangère, plus aucun fabricant français n’étant capable de répondre à l’appel d’offres. Nos avions devront-ils rester cloués au sol ou sur le porte-avions Charles-de-Gaulle ? Notre « chef de guerre » a pourtant promis (c’est ce qu’il sait faire de mieux). « Je vous promets solennellement que la France mettra tout en œuvre pour détruire l’armée des fanatiques qui ont commis ces crimes, qu’elle agira sans répit pour protéger ses enfants », disait-il le 27 novembre 2015 dans la cour des Invalides.
    Devant de telles informations, nos militaires en missions extérieures ont de quoi s’inquiéter. Les opérations menées de front sur plusieurs régions du monde s’enlisent et rien ne fait présager qu’elles s’arrêteront en 2016. Alors le président de Bretagne, « ministre dans la plénitude de [ses] fonctions » – pour reprendre son expression du 14 décembre au micro de RTL -, s’est rendu sur notre porte-avions pour réveillonner avec les troupes. Un réconfort sans doute nécessaire pour ces marins.
    Rien que de très normal, me direz-vous, un jour comme celui-ci. Non content de la visite et de l’allocution, le ministre avait emporté avec lui un petit cadeau – des étrennes, en quelque sorte. Si, l’an passé, M. Le Drian avait offert à nos soldats des montres, sans doute pour leur rappeler l’heure de l’attaque, cette année, il en va tout autrement : le cadeau fut utile et « somptueux ».
    La France, par l’intermédiaire de son ministre, a donc offert a nos marins et soldats en guerre un Opinel. Non, ce n’est pas une blague d’après-réveillon, non je n’ai pas trop bu, ce cadeau est bien une réalité. Nous pouvons donc souhaiter une excellente année à nos troupes en mission, elles sont armées pour l’avenir. Sans doute une invasion terrestre se prépare-t-elle, et avec cette arme de fabrication bien française, ils pourront couper au moins tous les boutons des vêtements djihadistes (la djellaba est peu pratique pour le combat). Une belle guerre en perspective avec des adversaires courant à moitié nus à travers le désert.
    Heureusement que ce n’était pas un couteau suisse, plus pratique certes, mais pas français comme son nom l’indique. Pourtant, le couteau suisse avec ses multiples lames aurait pu aussi être utilisé comme boîte à outils pour le Charles-de-Gaulle.
    L’an prochain, le réveillon du ministre-président pourrait se faire avec galette et chouchen. On peut même imaginer qu’il offre un cadeau fabriqué en Bretagne pour allier sa mission de ministre à celle de président de la région Bretagne. Une façon de cumuler les mandats et les responsabilités tout en positivant les deux fonctions. Bonne année 2016 à tous les lecteurs, je crois que cette année commence bien…

    Patrick Crasnier

    Boulevard Voltaire ::Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVElpEFEkNewreASq.shtml

  • La France ? Pour quoi faire ?

    Mieux vaut prévenir d’entrée, les questions économiques occupent plus de la moitié du dernier Cri du chouan* de l’année. Encore !! Eh oui encore, est-ce ma faute si la politique a abdiqué en faveur de l’économie ?

    Pourtant, même si les questions budgétaires, le PIB, les taux de ceci et de cela vous préoccupent, à juste titre, moins que la fin dernière, merci de consacrer quelques instants aux articles suivants, « La zone » et « La solution ».

    Le premier analyse l’évolution économique des douze premiers États membres de l’Union économique et monétaire depuis la création de l’euro jusqu’à fin 2014. Trop de noms, trop de faits, trop de chiffres, sans doute ; mais il faut bien s’appuyer sur des éléments concrets pour prouver la supercherie du traité de Maastricht.

    Le second relate comment les institutions monétaires européennes et la Commission de Bruxelles ont commencé à « reprendre les choses en main » à partir de 2011 pour aboutir à « la solution » dévoilée en octobre 2015 : regrouper dans une seule entité géopolitique, «  l’Euroland », les États de l’Union économique et monétaire où 339 millions d’individus évolueront dans une même société dont le « vivre ensemble » se résumera à vivre pour l’euro.

    Qu’ils soient originaires de Bretagne, de Bavière, de Catalogne… les « Eurolandais » pourront s’installer, consommer et travailler partout dans cet espace doté d’un régime de protection sociale unique, d’un code du travail identique, d’une fiscalité unique… Bref un gouvernement unique assurera le pain et pour ce qui est du cirque il existe déjà.

    Comme leurs voisins, les Français ont été habilement préparés à l’idée de vivre en Euroland ; les hommes politiques se sont progressivement défaussés de leurs responsabilités nationales sur la Commission de Bruxelles, le credo libéral leur a appris qu’il fallait être mobile dans le monde du travail, l’enseignement de l’Histoire a déserté l’Éducation Nationale et la religion a déserté l’espace public.

    Alors au bout du compte, vivre en France ou en Euroland… ?

    Plus besoin de débattre d’identité nationale, plus de devoir envers la patrie, plus besoin de transmettre le legs de l’Histoire puisque l’Histoire est finie.

    En un mot « l’Eurolandais » sera une sorte d’individu hors sol, un peu à l’image des salades cultivées sur un substrat neutre arrosé d’une potion nourricière sous une lumière artificielle. L’État « eurolandais » fournit la potion et l’éclairage.

    Dans ces conditions plus besoin de savoir ce qui reviendra à César et à Dieu puisque tout sera dû à César.

    Or, sauf à renier notre royalisme, on ne peut accepter que la réponse du Christ, « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » soit amputée de sa dernière partie.

    Car c’est bien en suivant l’intégralité de cette réponse que les rois de France ont régné et gouverné, en respectant la complémentarité des deux pouvoirs, temporel et spirituel. En dépit de bien des accrocs de part et d’autre, nos rois ont su maintenir l’équilibre entre ces deux pouvoirs de façon à ce que leur politique ne s’oppose pas à Dieu, fin dernière de leurs sujets.

    Que certains prétendent que les Dix commandements et le Sermon sur la montagne ont été écrits de main d’homme ne change rien à la réalité : la civilisation européenne chrétienne est le fruit de la complémentarité du temporel avec le spirituel.

    Il est entendu que nous n’accepterons jamais de tout rendre à César.

    Pour l’affirmer publiquement, pourquoi ne pas se réunir et s’organiser afin de prendre part… je vous laisse découvrir la suite dans les lignes qui précèdent le dernier paragraphe de « La solution ».

    N’oubliez pas que le temps joue contre nous car si l’élaboration des statuts de « l’Euroland » est prévue à partir de 2017, dès aujourd’hui la bête avance sournoisement ; par la charte européenne sur les langues régionales, par l’organisation des marchés transfrontaliers, par le mécanisme de supervision bancaire installé au sein de la BCE qui vise à supprimer les options nationales dans la régulation bancaire.

    Pour l’heure, du fond du cœur je souhaite que dans la belle et sainte nuit qui approche, toutes nos familles soient en union de prières et d’Espérance.

    Pierre Jeanthon

    *Le cri du chouan est la lettre de liaison des adhérents de France Royaliste.

    Abonnement annuel : 30 euros (6 numéros par an) à l’ordre de France Royaliste

    Adresse : France Royaliste – 14690 Le Bô

    http://www.vexilla-galliae.fr/actualites/social-et-economie/1709-la-france-pour-quoi-faire

  • L’islam et la crise identitaire en France : comment et avec qui en sortir par le haut ? (troisième partie)

    Puisqu'il est question de religion et de République, la droite doit mieux épouser sa tradition chrétienne, et notamment catholique.
    Les derniers événements de 2015, après les attentats islamistes et la progression du Front national, imposent à la droite qui aspire au pouvoir et à la communauté musulmane en mal d’intégration de préparer des engagements précis et forts destinés à accélérer cette intégration et à prendre en compte les peurs.
    La gauche, qui navigue à vue et dont l’ADN idéologique est étranger à ces questions d’identité et de religion, et le Front national, tel qu’il est aujourd’hui, se montrent incapables de porter ce grand projet de refondation.
    C’est donc la droite qui devra le faire, mais à condition de renouer avec le meilleur de sa tradition, et avec le courage.
    Car, pour être entendue à la fois par la communauté musulmane au sens large, les électeurs du Front national et la France centriste de bonne volonté, la droite dispose de références qu’il est temps de réinvestir.

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  • Pour bien commencer l'année

    En ce premier matin de l'an de grâce 2016, votre chroniqueur s'est employé à survoler les principaux sites de quotidiens européens où il glane habituellement ses éléments d'information. L'examen des messages des dirigeants de notre continent, et de leurs relais de la presse numérique, ne manque pas de surprendre.

    Inutile de souligner, hélas, que le plus affligeant des gouvernants en place, le plus éloigné des réalités, est supposé parler au nom de la France. Même le très urticant Tsipras semble en mesure d'appeler à des constats plus concrets quand il dit à ses compatriotes que "sans réforme du système de retraites, d'ici 5 ans, les caisses ne pourront plus verser de prestations". En Italie, dont l'unité semble à parfaire, le président de la république dit des choses très dignes, un peu moins creuses que celles de M. Hollande, sur la question du travail et de la jeunesse, cependant que le chef de l'opposition populiste déplore que le pays soit une sorte d'hologramme aux institutions quasiment fictives.

    Certes un détour par les journaux anglais les plus significatifs montre que nos voisins, outre les épouvantables inondations qui les ont frappés, sont appelés une rflexion plus sérieuse, Il faut chercher le bon vieux Times, qui, comme la nostalgie n'est plus ce qu'il était pour comprendre que David Cameron semble appelé à gouverner, et à réformer, le royaume pour des années qu'on suppose nombreuses, au moins jusqu'en 2020, et sans doute au-delà si Jérémy Corbyn persiste à enfoncer le Labour dans son idéologie d'un autre âge. Pour le Telegraph la grande nouvelle du jour reste l'incendie de l'hôtel de 63 étages à Dubaï. Pour le Guardian ce sont les mesures de sécurité à Munich dans la nuit du réveillon.

    Mais c'est de Berlin que vient la plus préoccupante des communications : celle que réitère Mme Merkel. "Elle ne change pas, elle ne veut pas changer" commente die Welt. A l'entendre les immigrés sont une chance pour l'Allemagne. Elle ne démord pas de ce discours. C'est celui que tenait un Stasi – je parle ici du politicien centriste français, je ne parle pas de la police d'État est-allemande – il y a vingt ans. Aujourd'hui nous goûtons aux fruits de cette vendange. Cette chancelière a longtemps été appelée affectueusement "Mutti" par ses compatriotes : cette "grand-mère", malheureusement en manque d'enfants, a décidé d'en adopter des millions, réfugiés, déracinés, appelés aux quatre vents des pays en guerre et qu'elle se propose et nous impose de répartir arbitrairement dans 28 pays qui, pour la plupart, n'en veulent guère. Heureuse Suisse qui échappe à ce diktat, mais qui n'échappera pas à ses retombées.

    Or, ce qui me frappe ce matin c'est que les gens qui nous gouvernent après s'être artificiellement gargarisés verbalement, pendant des décennies, d'une "Europe" elle-même assaisonnée à la sauce Maastricht du cuisinier Delors, n'emploient même plus le mot.

    Or, toutes les macrodécisions, tout ce qui devrait faire l'objet du débat public, toutes les perspectives d'avenir pour nos sociétés, hormis notre fiscalité délirante et aggravante, dépendent de choix qui ne sont pas hexagonaux mais continentaux.

    La seule observation que l'on puisse partager avec le discours de Hollande, en dehors du chômage pour laquelle sa crédibilité est passée au-dessous du zéro absolu, c'est que nous ne sommes pas sortis du terrorisme

    Or, de Madrid à Copenhague, qui peut nier qu'il s'agit d'un combat européen, sur lequel d'ailleurs notre regard diffère quelque peu de celui de nos alliés américains ‑ auxquels leurs partenariats avec l'Arabie saoudite, avec la Turquie et même avec le Pakistan imposent des complaisances inquiétantes, – ce que nous avons donc le devoir de rééquilibrer. Sans une diplomatie et une coopération militaire européennes aucun espoir de corriger le tir.

    J'en déduis donc deux urgences de travail pour commencer l'année 2016 : réfléchir aux deux dangers qui nous menacent le plus, l'islamo-terrorisme, dont tout le monde a évidemment conscience, mais dont "on" brouille la compréhension, et à moyen terme, les ravages mondiaux de plus en plus dommageables du régime communiste chinois, que "l'on" s'emploie à camoufler. Il faudra aussi re-situer dans le débat la question de nos institutions encore défaillantes.

    Voilà pour bien commencer l'année, je vous adresse aussi mes meilleurs vœux.

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/

  • Civilisation : ce terme si galvaudé

    De Christophe Dickès sur Atlantico :

    "La civilisation n’a donc rien à voir avec le progrès. Elle était pour l’historien Jacques Bainville comme la santé, destinée à un équilibre instable : « C’est une fleur délicate. Elle dépend de tout un ensemble de conditions économiques, sociales et politiques. Supprimez quelques-unes de ces conditions : elle dépérit, elle recule ». Et il ajoutait plus loin : « La réalité que l’on avait oubliée ou méconnue et qui se rappelle à nous cruellement, c’est que la civilisation, non seulement pour se développer, mais pour se maintenir, a besoin d’un support matériel. Elle n’est pas dans les régions de l’idéalisme. Elle suppose d’abord la sécurité et la facilité de la vie qui suppose à son tour des Etats organisés, des finances saines et abondantes. » Et c’est ici que Bainville donne la définition de la civilisation. Elle est, écrit-il, « un capital. Elle est ensuite un capital transmis. Car les connaissances, les idées, les perfectionnements techniques, la moralité se capitalisent comme autre chose. Capitalisation et tradition, -tradition c’est transmission, - voilà deux termes inséparables de l’idée de civilisation. »

    Il peut paraître étonnant de la part de Bainville, historien et spécialiste des relations internationales, d’associer l’idée de civilisation en partie à des nécessités économiques. Pourtant, c’est oublier qu’il fut, dans l’histoire de la presse, un des tous premiers journalistes économiques, collaborateur du journal libéral Le Capital. A cet égard, il offre bien des leçons pour notre temps et n’aurait pas été dépaysé sous la présidence de François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls : il blâmait les rigueurs du fisc qui empêchait l’investissement ; il souriait de la fuite des capitaux en rappelant l’histoire de Voltaire que l’on considérerait aujourd’hui comme un exilé fiscal ; il soutenait le sort des classes moyennes « qui sont le plus solide support de la civilisation » contre l’Etat-providence.

    [...]

    Néanmoins, l’enseignement de Bainville a ses limites. En effet, il aurait été surpris par les fractures sociale et sociétale de notre époque, tout comme par le développement du communautarisme. La France du début du XXe siècle, c’est-à-dire la France de la IIIe République gardait une identité forte incarnée dans l’éloquence de ses hommes politiques, de ses gens de Lettres et ses hommes de presse. C’était un temps aussi où l’on respectait le professeur dont le rôle était de transmettre un savoir et non d’éduquer des enfants. La IIIe république entretenait aussi le culte du passé. De tout le passé, sans exception. A La Sorbonne, l’amphithéâtre Louis Liard qui date des premières années du régime républicain, un des plus beaux d’Europe, incarne cette conception assumée de notre histoire : on y voit le portrait en pied de Richelieu au-dessus de la chaire principale et, dans les médaillons, on reconnaît Pascal, Bossuet, Descartes, Racine, Molière et Corneille. L’âme française.Bainville pleurerait de voir que la civilisation est aujourd’hui aux mains d’amateurs plaçant le latin comme un « enseignement de complément » selon le jargon du Ministère de l’Education nationale.

    Bainville, qui associait nécessités de la politique intérieure et défis de la politique étrangère, croyait aux permanences dans l’histoire. Pour cette raison, son œuvre, qui ne cesse de puiser des exemples dans le passé, reste profondément contemporaine. C’est peut-être pour cette raison que depuis sa mort en 1936, elle a été rééditée par les plus grandes maisons de la place parisienne. Si Bainville avait vécu de nos jours, il aurait été classé dans le camp des « déclinistes » aux côtés de Zemmour, Lévy, Rioufol ou de Villiers. Pourtant, il rappelait que « le pessimisme, cause de découragement pour les uns, est un principe d’action pour les autres. L’histoire vue sous un aspect est une école de scepticisme ; vue sous un autre aspect, elle enseigne la confiance. » L’année 2015, elle, nous aura enseigné une leçon oubliée, celle de la fragilité des temps. Il ne tient qu’à nous de redonner à notre civilisation toute sa force."

    Michel Janva