
Plateau State, Nigeria, février 2025. L’aube est encore grise quand les cris déchirent le silence du village de Zurak. Des hommes armés, visages masqués, surgissent des collines sur des motos. Ils tirent en rafales, incendient les huttes de chaume, forcent les portes de l’église en parpaings. Les fidèles qui tentaient de se cacher sous les bancs sont traînés dehors. Une jeune mère serre son bébé contre elle ; un coup de machette tranche net. Le pasteur, un homme d’une quarantaine d’années connu pour ses sermons pacifistes, est abattu d’une balle dans la nuque devant l’autel encore orné de guirlandes de Noël fanées. En quelques heures, 42 morts, 17 enlèvés, dont plusieurs adolescentes promises à la conversion forcée ou à l’esclavage sexuel. Les assaillants repartent avec du bétail et des téléphones, laissant derrière eux des corps et une église noircie par les flammes. Ce n’est pas un fait divers isolé. C’est la routine pour les chrétiens dans le centre et le nord du Nigeria.
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