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  • Sida : l’intox

    Plus de 35 millions de personnes son porteurs du sida et un million d’entre elles en meurent chaque année.

    Or rituellement, avec une régularité quasiment horlogère, il nous est annoncé qu’un vaccin contre le sida a été mis au point. La dernière version a été publiée en date du 25 février dernier par la revue Nature. Elle annonçait qu’un succès partiel avait été obtenu chez quatre singes : toutefois, l’immunité ne durait que huit mois au maximum. Mais ce vaccin, pour le Pr Rozenbaum spécialiste de cette maladie, ne serait pas commercialisable avant des années et peut-être jamais.

    En décembre 2014, était révélé par Didier Raoult, professeur à la faculté de médecine de Marseillele cas de deux patients qui avaient guéri spontanément. C’était une véritable « révolution », dira-t-on avec lyrisme. Emballement médiatique maximum ! Or à l’époque plusieurs chercheurs n’étaient guère de cet avis et mirent un double bémol.

    Une étude française de l’INSERM présentée par Fréquence Médicale du 24 septembre 2015, explique que dès l’arrêt des traitements antiviraux, la maladie réapparait. Pourquoi ? Parce que le virus est quiescent et caché dans une série d’organes comme le cerveau ; ceci même durant le traitement. La découverte nouvelle est que le tissu graisseux est une véritable réserve du virus où il se refugie et se multiplie toujours. Une des raisons est l’inflammation qu’il y déclenche. Ceci concerne la totalité des graisses du corps où qu’elles soient. Donc le volume des réservoirs est ainsi considérablement plus important que ce que l’on pensait jusqu’à présent. On a eu tort de ne prendre en considération que la seule présence du virus dans le sang, explique le Pr Olivier Lambotte de l’Hôpital Bicêtre. Il déclare expressis verbis que « la rémission et la réduction de l’infection par le VIH n’est pas pour demain »

    http://www.medias-presse.info/sida-lintox/39519

  • L’absence criante de responsables politiques à la hauteur de la situation

    Extrait de l'éditorial de Philippe Maxence dans L'Homme Nouveau :

    UNe-1598-blog"[...] Marcel Clément soulignait naguère dans L’Homme Nouveau que l’immigration voyait deux droits fondamentaux entrer en collision. L’un est celui à l’émigration, que l’Église a toujours défendu. L’autre est le devoir d’un pays de sauvegarder son identité. Quand ces deux droits s’entrechoquent, seule la primauté du bien commun donne le critère d’une véritable action politique. C’est dire qu’il ne peut y avoir aujourd’hui de politique commune des différents pays européens à ce sujet. C’est dire aussi que le gouvernement d’une nation peut avoir le devoir de prendre des décisions pour sauvegarder la stabilité du pays et éviter qu’il ne tombe dans le chaos. C’est dire encore qu’en temps de guerre terroriste, la réponse de la seule générosité n’est pas suffisante. Chesterton, en 1908, a bien décrit la situation intellectuelle dans laquelle se trouve l’Europe aujourd’hui : « Le monde moderne est envahi des vieilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Nous voyons des savants épris de vérité, mais leur vérité est impitoyable ; des humanitaires uniquement soucieux de pitié, mais leur pitié – je regrette de le dire – est souvent mensongère. »

    Et demain ?

    Aujourd’hui, nous n’avons pas seulement des gouvernements qui suivent de faux principes. Nous n’avons pas seulement des institutions qui portent davantage au mal qu’au bien. Nous sommes également confrontés à l’absence criante de responsables politiques à la hauteur de la situation. Nous mangeons les fruits amers d’une déconstruction menée depuis longtemps qui a aussi bien vidé les esprits qu’amolli les caractères. Nous sommes confrontés au double échec de l’utopie. Celle des Lumières et de son incarnation politique dans la Révolution de 1789 et de ses suites ; celle de la chimère mondialiste, qui s’est imposée dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale. L’une des conséquences de ce double échec a été la politique folle menée par l’Occident (États-Unis et Europe) au Proche-Orient, laquelle a profondément déstabilisé cette région du monde, favorisant le réveil de l’islamisme et l’exode de milliers de personnes. Il est plus que temps de faire un examen de conscience à ce sujet et de réparer les fautes commises. S’il est inhumain d’avoir ébranlé les pays en question, il serait tout aussi inhumain de les vider à jamais de leurs habitants. L’Occident doit de toute urgence changer de politique au Proche-Orient et mettre fin à la menace de l’islamisme. Et s’il lui faut accueillir, avec une extrême prudence, il est aussi nécessaire qu’elle prépare le retour et le ré-enracinement des habitants de ces pays chez eux. Dans leur patrie et dans leur foyer."

    Michel Janva

  • Marine Le Pen compare le gouvernement au « radeau de la Méduse »

    La présidente du Front national réagit après les propos de Manuel Valls jeudi soir sur France 2, qui s'est engagé à « tout » faire pour empêcher le FN de gagner aux régionales.

    «Tout sera fait pour empêcher le Front national de gagner. C'est un engagement», a dit Manuel Valls jeudi soir sur France 2, sur la plateau de «Des Paroles et des actes». Puis le premier ministre a ajouté: «Mais cela peut concerner aussi les Républicains». Même si Marine Le Pen affirme ne pas avoir été capable de suivre une émission qu'elle a jugé «ennuyeuse», elle n'a pas manqué la déclaration de Manuel Valls concernant son parti. «Tout cela n'est pas très étonnant et semble très clair, affirme-t-elle. Tout est permis et on sait qu'ils font déjà tout: ils laissent les milices d'extrême gauche perturber systématiquement nos meetings, nous persécutent sur le plan judiciaire avec le parquet de Mme Taubira, il y a une utilisation complètement détournée des moyens de l'État contre nous… Je m'attends à tout.» Parmi les moyens qu'elle imagine déployés contre elle, la présidente du Front national anticipe aussi des «accords» ou des «désistements» entre la gauche et la droite durant les élections régionales. «Je vois mal des gens élus avec les voix du Parti socialiste faire une politique radicalement différente lorsqu'ils se retrouveront à la tête d'une région», dénonce-t-elle.

    L'eurodéputée critique vivement un «premier ministre de pacotille qui prend un air martial et autoritaire parce qu'il n'a plus aucune autorité». Elle le juge également «totalement dépassé par l'immigration, le chômage, la concurrence déloyale, l'international où Merkel et les autres sont tous en train d'arriver aux solutions que nous proposons depuis trois ans, comme la négociation avec Assad et la Russie». Elle enfonce encore le clou en fustigeant un «gouvernement en perdition» qu'elle compare au «radeau de la Méduse», la célèbre scène de naufrage peinte par Géricault, alors que la hausse continue du chômage (+ 20.600 chômeurs au mois d'août selon les statistiques dévoilées jeudi) lui fait dire que les «mêmes causes entraîne les mêmes effets» et qu'il faut donc remettre en cause l'actuel «modèle économique» français. «Tant que l'on n'en sortira pas, nous continuerons à compter les cadavres d'un gigantesque plan social organisé et défendu par le PS et l'UMP».

    Emmanuel Galiero

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuuFEAluEyGBQJiRZf.shtml

  • « Un discours de rejet, de haine et de peur »?

    Après le vote majoritaire du peuple grec  dimanche qui, en désespoir de cause,  a redonné carte blanche à Syriza qui l’a trahi, celui de  la Catalogne qui élira son parlement régional le 27 septembre est très attendu. La mouvance indépendantiste à le vent en chez de nombreux Catalans, dans une Espagne, cinquième puissance économique de l’Union européenne,  ravagée par la crise …et qui a vu  aux dernières élections l’émergence au niveau national  de Podemos, parti citoyen de gauche campant sur une position  favorable  à l’indépendance.  Bruno Gollnisch  rappelle à cette occasion qu’il ne pense  pas que cette séparation  serait bénéfique et qu’il condamne plus largement  tout ce qui contribue à affaiblir  les Etats nations pour le plus grand profit des tenants de l’euromondialisme ou de l’eurofédéralisme. Pour autant, la guerre psychologique, la propagande utilisée pour dissuader les Catalans de se séparer de l’Espagne est parfois  tellement grossière qu’on  se demande si elle ne vise pas le but inverse de celui affiché.   

    Javier Tebas, président de la ligue espagnole de football, affirmait ainsi  hier que les clubs de foot de Catalogne, dont  le fameux  FC Barcelone  cher au cœur de Manuel Valls, seraient privés de championnat d’Espagne qui, par définition,  n’est pas ouvert aux « clubs étrangers »…Or, une dérogation existe déjà, celle permettant à la principauté d’Andorre d’y évoluer comme c’est le  pour  Monaco en France. Même si le foot  est une religion pour beaucoup, la menace semble  donc  de peu d’effets.

    De son côté, le gouverneur de la Banque d’Espagne, par ailleurs membre du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) , Luis Maria Linde,  a indiqué qu’une indépendance de la Catalogne  signifierait qu’elle serait « automatiquement exclu de la zone euro , car ce processus implique la sortie de l’Union européenne. » « Les banques catalanes pourraient cesser d’avoir accès au refinancement de la BCE.  Les dépôts pourront alors être gelés, comme cela a été le cas en Amérique latine ou en Grèce. »

    Là aussi les indépendantistes   ne prennent pas cette menace au sérieux…parce qu’elle n’est pas crédible au vu du poids économique de la Catalogne qui représente 17% du PIB espagnol  ce qui  la rend donc incontournable. Indépendantistes  dont une large part  s’accommode très bien  de la tutelle d’une Europe bruxelloise qui se satisf(er)ait pleinement de régner sur des Etats croupions, affaiblis, aux exécutifs régionalisés, fédéralisés, landërisés. Penser qu’une  Catalogne indépendante  embarrasserait (tous) les technocrates  eurobruxellois est une idée fausse.  

    Idées fausses qui seraient l’apanage du FN si l’on en croit  les leaders d’opinion alors  que ce sont les  thèmes frontistes   qui sont au centre du débat  et qui obligent détracteurs et adversaires  politiques à se positionner par rapport à eux .  L’Obs convoquait ainsi aujourd’hui sur son site   Henri Labayle, professeur de droit à l’université de Pau et spécialiste de l’immigration pour expliquer que le Front National  a tout  « faux » de dire que l’espace « Schengen » est « mort. »

    Au détour   de longues circonvolutions  il est tout de même écrit que « des printemps arabes aux guerres du Proche-Orient et à la multiplication des conflits régionaux auxquels les États européens ne sont pas toujours étrangers, rien ne ressemble plus à ce monde où les VoPos est-allemands et Mouammar Kadhafi, sans parler de l’armée turque, étaient nos garde-frontières objectifs ». « Conçu pour un temps calme, Schengen ne supporte pas la tempête. »

      M. Labayle  souligne aussi  les tares, les défauts de «cohésion» de cette construction européenne en affirmant  qu’au-delà même des limites de  «Schengen», «il semble n’être venu à l’esprit de personne que construire un espace commun reposait sur la capacité de chacun à garantir la sécurité de tous et que la levée des contrôles intérieurs exigeait en retour une cohésion forte dans les législations nationales, par un effet de vases communicants facile à prévoir. »

    Il s’agir surtout de bien comprendre que la question  de la matérialité des frontières n’est qu’une des données du problème.  Bruno Gollnisch  rappelait dans un  entretien accordé le 15 septembre  au parlement de Bruxelles à Alain Escada  (mis en ligne sur Media-Presse-Info) que c’est par le rétablissement de la préférence nationale que l’on dissuadera les  immigrés  de venir s’installer cheez nous en leur faisant  comprendre que «la France n’est pas un eldorado.» 

    Tout cela le FN l’avait prévu, mais quand le FN met en garde nos compatriotes  il tiendrait lui  un discours malsain, anxiogène, voire antirépublicain.  Exemple parmi d’autres, le journal des Hautes-Alpes sur internet, l’E-media 05,  rappelait hier  que Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains-UDI-MoDem pour les élections régionales de PACA , ne se contente pas  de tenir un discours droitier, musclé,   pour draguer l’ électeur. Soucieux  de jouer sur les  deux tableaux, il utilise aussi  les mêmes slogans que MM. Mélenchon, Valls ou  Cambadélis, les mêmes  diatribes que Mme Taubira en répétant partout qu’il «désigne le Front National comme son principal adversaire». «C’est à lui qu’il réserve ses principales attaques, en visant  ceux qui se revendiquent de Vichy, de Pétain  ou en demandant aux électeurs  d’éviter que la honte et la haine ne tombent sur notre région ».

    Même son de cloche de Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef de Challenges, qui, sur le site de délits d’opinion ,  note que les républicains  «doivent composer avec un discours de rejet, de haine et de peur porté par Marine Le Pen. Revenue aux fondamentaux du FN, elle joue sur les  passions tristes  face à une opinion publique dépressive (…).  L’absence de perspectives ne peut que conduire à la montée en puissance de Marine Le Pen ».

    Et Mme Ottenheimer de s’inquiéter de la stratégie de «Nicolas Sarkozy (qui)  reste persuadé que la capacité à faire voter des électeurs passés au FN est forte et c’est pourquoi le candidat multiplie les prises de parole en direction de cette frange de l’électorat. Ce calcul est risqué et dans le contexte actuel j’ai du mal à penser que cela puisse fonctionner. En quelques années, les déçus du sarkozysme sont devenus, pour certains, des vrais soutiens du FN ».

    En quelques années les prédictions du FN, ses analyses et  ses avertissements se sont aussi   tragiquement confirmés. Mais cela Mme Ottenheimer,  comme beaucoup de se confrères  ne veut ou ne peut le dire. C’est pourtant  aussi ce choc du réel et les solutions portées par l’opposition nationale pour y faire face  affirme Bruno Gollnisch, qui explique l’attraction grandissante des idées frontistes  dans  le corps électoral. 

    http://gollnisch.com/2015/09/22/un-discours-de-rejet-de-haine-et-de-peur/

  • Pourquoi les jeunes sont passés à droite

    Un sondage montre que les 18-24 ans sont les catégories d'âge qui se disent le plus à droite. Vincent Tournier analyse les raisons de ce basculement historique.

    LE FIGARO. - Les 18-24 ans et les plus de 65 ans sont les catégories d'âge qui se disent le plus à droite, selon un sondage Elabe pour Atlantico publié mercredi. Que cela vous inspire-t-il ?

    Vincent TOURNIER. - Pour les plus de 65 ans, ce n'est pas très surprenant. On sait depuis longtemps que la propension à se classer à droite augmente avec l'âge, ce qui s'explique notamment par l'importance du patrimoine et de la religion dans les anciennes générations.

    Le résultat le plus étonnant concerne les jeunes puisque, en général, c'est chez eux que la gauche obtient ses meilleurs scores. Cela dit, il faut rester prudent. Les marges d'erreur sont plus élevées lorsqu'on isole une tranche d'âge que lorsqu'on travaille sur l'ensemble de l'échantillon, surtout avec un sondage qui ne porte que sur un millier de personnes. Si la tendance se confirme, ce qui n'est pas exclu, on pourra alors en déduire que l'on assiste bel et bien à une modification profonde du contexte sociopolitique.

    On a longtemps dit que la jeunesse était de gauche. Était-ce le cas ?

    Ce n'est pas faux mais il ne faut pas généraliser. La jeunesse ne recouvre pas une réalité unique. Même en 1981, période qui est censée incarner la domination de la gauche chez les jeunes, on peut voir que la situation est plus nuancée: certes, 24% des 18-24 ans ont voté George Marchais au premier tour (contre 16% pour le reste de la population) mais ils ne sont que 22% à avoir voté pour François Mitterrand (contre 26% en moyenne).

    Il n'en reste pas moins que, globalement, les jeunes sont plus nombreux à se positionner à gauche. Cela s'explique par le fait que, depuis l'après-guerre, la société française a évolué dans un sens favorable à la gauche, avec le déclin du catholicisme, le discrédit du nationalisme, la remise en cause de l'autorité, la disparition du monde rural au profit d'une classe moyenne urbanisée et libérale sur le plan des mœurs. La France est d'ailleurs l'un des pays d'Europe où la part de la population qui se classe à gauche est l'une des plus élevées. Or, les jeunes ont tendance à amplifier les grandes dynamiques sociales. C'est logique: comme ils sont dans une phase de découverte et d'apprentissage, ils ont tendance à être davantage marqués par les thèmes qui dominent les débats publics.

    De plus, il ne faut pas négliger l'attrait des jeunes pour la radicalité. Les mouvements contestataires sont souvent portés et animés par des jeunes. Est-ce lié à la chronobiologie? C'est possible, mais on peut y voir plus simplement un effet de position sociale: les jeunes découvrent le monde, avec ses contradictions et ses injustices. Ils sont d'autant plus réactifs qu'ils ne connaissent pas forcément le passé des choses et ont plus de mal à admettre la complexité du monde. De plus, les jeunes n'exercent pas de responsabilité, ce qui les rend disponibles pour les engagements risqués ou excitants, surtout lorsque la répression policière est quasiment inexistante. En général, les jeunes mettent leur goût de l'action au service des mouvements de gauche car celle-ci bénéficie d'une légitimité idéologique supérieure, mais ils peuvent aussi la mettre au service de la droite. Rappelons que, en 1973, le gouvernement a dissout simultanément la Ligue communiste et Ordre Nouveau après que ceux-ci se sont physiquement affrontés.

    Comment expliquez-vous ce basculement. Cela traduit-il un mouvement général de droitisation de la société ou le phénomène est-il spécifique à la jeunesse ?

    Il est effectivement devenu courant de parler d'une «droitisation» de la société, mais les évolutions semblent plus complexes. Si on prend par exemple le domaine des mœurs, notamment l'égalité hommes-femmes et l'homosexualité, il serait plus juste de parler d'une «gauchisation». En revanche, il est vrai que l'opinion s'est durcie ces dernières années sur l'immigration et la sécurité. On a même vu remonter le soutien à la peine de mort. 

    Ces différentes évolutions ne sont pas forcément contradictoires. Les Français sont devenus très libéraux sur le plan des mœurs ; ils sont même parmi les plus libéraux d'Europe. Mais l'immigration de masse des années 60-70, ainsi que les ratés de l'intégration, provoquent aujourd'hui un choc culturel: les Français sont confrontés à une population qui s'avère très traditionnaliste, bien plus que les catholiques d'autrefois. Des questions que l'on croyait définitivement réglées, comme l'accès des femmes à l'espace public ou la liberté sexuelle et conjugale, reviennent en force. Du coup, les clivages se brouillent. La critique de l'islam et de l'immigration, qui était autrefois l'apanage des Français conservateurs, gagne les milieux libéraux. Le FN new style a su percevoir cette évolution et adapter son discours en conséquence. C'est pourquoi il est désormais rejoint par des militants de la cause homosexuelle, et gagne même une certaine sympathie dans les milieux juifs inquiets devant la hausse de l'antisémitisme.

    L'attitude des migrants est d'autant plus troublante que ceux-ci semblent refuser l'intégration, et même manifester un certain mépris pour la population autochtone. Sur des sites musulmans, on voit des imams s'interroger sur le fait de savoir s'il est licite ou illicite de faire la bise ou de serrer la main à un non-musulman, et les plus radicaux traitent de porcs ceux qui mangent du cochon. L'idée d'un racisme anti-blanc se diffuse. Selon un sondage IFOP de 2014, 47% des Français pensent que le racisme anti-blanc est répandu en France contre 53% qui pensent qu'il est marginal. Cette proportion est quasiment la même chez les moins de 35 ans (45% approuvent l'idée d'un racisme anti-blanc) alors que les jeunes ont traditionnellement été les plus acquis à la cause antiraciste. C'est un point important qui est susceptible d'expliquer le retour de l'identité nationale, surtout dans l'électorat de droite, car les identités se construisent les unes par rapport aux autres, dans une logique d'action et de réaction. Le politologue Pierre Bréchon, qui a étudié l'évolution de l'identité nationale entre 2003 et 2013, constate ainsi une «droitisation de la droite». C'est une conséquence logique de la montée des affirmations identitaires de la part des minorités. C'est aussi le résultat de ce qu'Alain Finkielkraut appelle le «romantisme pour les autres»: à force de célébrer les identités des migrants ou des autres civilisations, on finit par provoquer un retour de balancier, ce qui débouche sur un besoin de reconnaissance de la part de la population autochtone.

    30% des moins de 35 ans ont voté FN aux élections européennes. Comment expliquez-vous ce vote? Que dit-il de la jeunesse d'aujourd'hui ?

    Ce chiffre de 35% est effectivement supérieur à la moyenne du vote FN, qui était de 25% aux dernières européennes de 2014. Cela semble confirmer une tendance que l'on a vu émerger depuis quelques années puisque, pour l'élection présidentielle de 2012, la SOFRES indiquait déjà que Marine Le Pen faisait 23% chez les 18-24 ans (contre 19% en moyenne nationale). Mais il faut aussi relever que, aux élections européennes, d'après le même sondage, 13% des moins de 35 ans ont voté pour la gauche radicale (extrême-gauche et Front de gauche), ce qui est plus que la moyenne nationale (8%).

    Autrement dit, la radicalisation ne concerne pas que l'extrême-droite. L'actualité permet de le vérifier. La radicalité se retrouve à tous les niveaux, que ce soit à droite avec les Jeunes Identitaires ou à gauche avec les «zadistes», lesquels entendent défendre la nature contre une modernité jugée corruptrice (ce qui est plutôt un thème de droite), sans oublier évidemment le radicalisme islamiste. Il faut aussi tenir compte d'autres formes de radicalité, par exemple le phénomène de l'expatriation, lequel a manifestement pris de l'ampleur ces dernières années. Une enquête a ainsi montré que 43% des 18-24 ans se disent prêts à partir à l'étranger, contre 21% dans l'ensemble de la population. Certes, l'expatriation correspond à une radicalité moins inquiétante que le djihad, mais tous ces phénomènes sont vraisemblablement liés ; ils expriment les différentes facettes d'une époque dont la mondialisation et la crise économique constituent la toile de fond. 

    Dans ce contexte, le FN s'en sort particulièrement bien. Il est vrai qu'il propose un discours sur l'immigration et l'islam qui paraît plus en phase avec la réalité. Il a aussi le mérite de s'inscrire désormais dans le prolongement des grandes valeurs républicaines comme la laïcité. Acontrario, les partis de gouvernement s'embourbent dans des contradictions majeures, comme l'a récemment révélé le Salon des musulmans à Pontoise, ville tenue par la droite, qui donne du crédit au soupçon de clientélisme électoral dénoncé par l'élue socialiste Céline Pina.

    Le Printemps arabe a également permis à Marine Le Pen de gagner en crédibilité car elle peut se vanter d'avoir eu raison avant tout le monde lorsqu'elle annonçait une explosion des flux migratoires, alors que l'extrême-gauche se contentait d'une analyse angélique désormais peu crédible. La crise migratoire sert d'autant mieux le Front national que cette crise active une angoisse inconsciente qui travaille les sociétés occidentales engagées dans la mondialisation: celle de voir le monde livré au chaos d'un ensauvagement généralisé. Cette angoisse s'exprime clairement dans le cinéma, qui en dit parfois plus long que bien des enquêtes sociologiques. Les films de zombies comme World War Z décrivent ainsi la destruction du monde civilisé par des hordes ensauvagées que rien ne peut arrêter, comme jadis l'angoisse de la guerre froide était retranscrite dans les films de science-fiction où le monde libre se voyait anéanti par des êtres venus d'ailleurs mais disposant d'une haute technologie. La capacité des dirigeants européens actuels à conjurer les angoisses contemporaines sera un élément important des futures évolutions politiques.

    Alexandre Devecchio

    notes

    Vincent Tournier est enseignant-chercheur en science politique à l'Institut d'études politiques de Grenoble. Il est spécialiste des questions liées à la jeunesse et à la politique.

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuuFEVFFEVPKnqIrkU.shtml

  • "Sarko ne respecte que les rapports de force"

    Extraits du dernier ouvrage de Philippe de Villiers (pour commander) :

    9782226319067-j"Le sarkozysme a changé la politique. Il a installé un nouveau modèle d'homme public. (…) Ce qui compte c'est la force de l'instant. Le mot qui fait mouche. Et qu'on oubliera l'instant d'après. (…) Pendant les campagnes présidentielles (…) il cherche les courants d'air chaud. Quand il se sent perdu, il hèle celui qu'il appelle 'l'alchimiste', le docteur Buisson. Alors il s'installe en face de lui, le boîtier à la main. Il s'absente de lui-même. Il est tout en frémissement, tout en candidature, prêt à tout entendre, prêt à tout répéter".

    "Il ne croit pas à l’oeuvre du temps. Il croit que la politique, c’est le mouvement perpétuel. Il pense vraiment, comme un ludion électronique qui toupille et pirouette, qu’il faut tout changer, renverser la table [...]".

    "Je me souviens d’un déjeuner, le 9 octobre 2008, à Matignon. Ce jour-là j’ai découvert que, derrière l’homme placide et impeccablement peigné, avec sa raie de premier communiant, il y avait une nature fragile, éruptive, explosive. Nous déjeunions sur la pelouse, tout près du pavillon de musique. Dès l’apéritif, son portable s’est mis à vibrer. Le visage crispé, il s’abandonne un instant : 

    – C’est Sarko. Il attendra. 
    – Tu fais attendre le président ? 
    François, visiblement excédé, me répond : 
    – Il n’a qu’à me traiter autrement ! Chaque jour est une humiliation.
    Le portable sonne de nouveau. Je suis stupéfait. Quelle ambiance ! Voyant ma surprise, il m’explique, fourchette en l’air, que Sarko ne respecte que les rapports de force. En souriant, je lui glisse : 
    – Tu es devenu méchant ?... 
    – Non, au contraire, je suis trop gentil. Si je lui faisais du mal, alors il me respecterait !
    Je suis effaré par tant d’animosité entre les deux hommes. En partant, il me glisse à voix basse un précepte de son mentor Le Theule : 
    – Tu sais Philippe, en politique, pour nuire, il faut être proche…
    Quelques mois plus tard, le 10 novembre 2009, il m’invite à déjeuner de nouveau sans autre raison apparente qu’amicale. Il s’en prend à ma naïveté en s’agaçant : 
    – Depuis que tu es dans le Comité de liaison de la majorité, je t’observe, tu as l’air tout coiffé de Sarko. Tu devrais faire attention. C’est un monteur de coups redoutable. Il va t’utiliser.
    Alors il penche la tête, l’air désolé, avec son visage de jeune homme candide et offusqué. Il hésite un instant et, en frappant sur la table avec le manche de son couteau, il finit par me livrer cette confidence : 
    – Tu verras, Philippe, ça finira mal. C’est Sarko qui fera tomber Sarko. Il fait n’importe quoi et multiplie les imprudences. Je le lui dis pourtant, mais il ne m’écoute pas. 
    – Il y a des affaires embêtantes ? 
    – Sarko répète toujours à propos de Villepin : il finira pendu par moi à un croc de boucher. Eh bien, moi, je te dis, Philippe : si ça continue, c’est Sarko qui finira à un croc de boucher. Et c’est la Justice qui l’accrochera. Elle sait tout."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html