La culture européenne existe dans le regard rétrospectif et sélectif que jettent les « élites » sur un territoire et un temps qu'elles remodèlent à leur gré, chacune se forgeant une Europe rêvée à la mesure de ses visées politiques.
L'Europe est peut-être une réalité géographique (où s'arrête-t-elle, à l'Est ?). Elle est surtout une construction politique. La culture européenne l’exprime. C'est-à-dire qu’à chaque grand paradigme politique correspond une culture romaine, carolingienne, chrétienne, et ainsi de suite - si l'on veut se centrer sur l'aire culturelle « française ». C'est dire aussi qu'il n'y a pas de continuité culturelle en Europe, ou alors si lâche, si ténue que le mot même de culture, tel qu'il est aujourd'hui invoqué par Aurélie Filipetti avec flamme et talent « La culture est le terreau d'une citoyenneté enthousiaste, une fierté qui n’est pas nationale mais celle d'une terre d'accueil, d'échanges et de dialogue. » discours du 4 avril 2014) n’a pas grand sens.
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