
On peut se demander comment 150 citoyens, tirés au sort pour formuler des propositions contre le réchauffement climatique, peuvent « [former] une France en miniature » et représenter « tous les grands équilibres de la société française », comme l’a estimé le coprésident du comité de gouvernance de la Convention pour le climat. Il faut croire que le tirage au sort a été pondéré par quelques données statistiques. Mais qu’importe ! La démocratie athénienne a montré l’exemple qui, au temps de Périclès, désignait de nombreux magistrats au terme d’une espèce de loterie. Le hasard est peut-être le moyen le plus efficace de traduire l’égalité de tous et la diversité socio-professionnelle dans un système démocratique.

En prenant sept cas d’école de la conduite du changement dans les armées, Michel Goya propose ainsi avec S’adapter pour vaincre une analyse des rouages de l’adaptation des grandes structures militaires sous la pression de leur époque : qu’il s’agisse de l’ascension de l’armée prussienne au XIXe siècle, de la métamorphose de l’armée française durant la Première Guerre mondiale, du déclin de la Royal Navy au cours de la première moitié du XXe siècle ou encore de la confrontation de l’US Army avec la guerre moderne à partir de 1945, l’animateur du blog La Voie de l’épée met à chaque fois en lumière les inducteurs de la mue de la Pratique (avec un grand « P » sous la plume de l’auteur) au sein de ces organisations complexes. Car, pour Michel Goya, « faire évoluer une armée, c’est faire évoluer sa Pratique », cette même Pratique étant « le point de départ et d’arrivée du cycle de l’évolution ».





