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actualité - Page 2364

  • Vers un totalitarisme “français”, “laïque” et “républicain” ? (3)

    Vers un totalitarisme “français”, “laïque” et “républicain” ? (3)

    D’un lecteur, Thomas Jane :

    Nous proposons ici tout d’abord quelques éléments de réponse à deux questions soulevées par nos précédents articles (premier article ; deuxième article).

    Et nous reprenons une citation très profonde du Cardinal de Richelieu, indiquée en commentaire :

    « Le Règne de Dieu est le principe du gouvernement des Etats, et c’est une chose si absolument nécessaire que, sans ce fondement, il n’y a point de prince qui puisse bien régner ni d’Etat qui puisse être heureux.»

    Dans cet esprit, nous établirons dans une troisième section que pour être vraiment laïc, l’état doit être chrétien.

    1. Nous demandions avec inquiétude dans notre deuxième article « ce que peut un homme seul, ou une minorité, même « consistante™», face à la souveraineté absolue du Peuple revendiquée si ardemment par nos Républicains, ou tout simplement face à une majorité manipulée avec astuce ?»

    Il va sans dire qu’il est deux façons de manipuler une majorité : l’amener à soutenir telle idée, tel projet, telle réforme, tel parti, tel homme ; ou encore la distraire, l’occuper, pour qu’elle ne prenne jamais conscience qu’elle n’exerce jamais aucun pouvoir : que les institutions soient biaisées, ou que le pays soit fracturé et aux mains d’une majorité relative ou de gouvernement qui n’est qu’une éternelle minorité réelle.

    Pour ne faire de peine à personne, nous ne chercherons pas à établir combien d’hommes (ou de femmes !) politiques en France sur les 30 dernières années ont exercé un mandat politique avec la majorité du corps électoral correspondant.

    1. Comment comprendre l’appel du pape François à des « prophètes de sainteté, qui s’engagent dans les affaires publiques, sans crainte de se salir les mains » ?

    Il est certain que ce n’est pas un appel à renier les exigences de la vérité ni les appels de sa conscience : il ne s’agit de renier ni Dieu, ni soi-même (il s’agit bien de vivre, choisir, agir par égards pour Dieu en soi-même).

    Il est certain que ce n’est pas non plus un appel au laisser-aller, et moins encore à la négligence : le chrétien en politique est davantage exposé aux petits pièges ordinaires entre amis politiques (épines derrière les roses ; peaux de banane ; ciseaux à bois dans le dos ; cadeaux ou avantages qui deviennent compromission et moyen de pression ; faiblesse repérée, notée, et utilisée pour faire chanter : même sans faire d’erreur, chacun est vulnérable par ce(ux) à quoi il est attaché…). Le chrétien en politique est donc appelé à une vigilance particulière, et à solliciter avec infiniment d’ardeur le Secours divin et le Conseil de l’Esprit Saint. Il doit en outre être conscient qu’il devient d’autant plus « dangereux » et donc à « abattre » qu’il est réellement libre.

    Voilà pour ce que « se salir les mains » ne doit pas être. Il me semble que dans ce propos, le pape François veut évoquer deux niveaux, et le camarade Socrate, un troisième en plus.

    Le premier niveau est de l’ordre de la lucidité sur la condition de l’homme, sur lequel Socrate, François, Saint Thomas et Saint Louis sont d’accord : les hommes sont pécheurs, les structures viciées – d’autant plus difficiles à rectifier un tant soit peu qu’elles sont complexes – et les moyens, toujours limités et dérisoires. Il faut s’engager en politique en ayant conscience que l’on a le devoir d’agir aussi bien que possible, mais qu’en réalité rien ne saurait être intégralement droit et juste, et même suffisant.

    La politique, par définition, fixe et cap et même arbitre entre des nécessités vitales : la paix et la sécurité, l’alimentation, la santé et le soin des malades, l’éducation et l’économie pour préparer l’avenir, l’assistance publique aux pauvres et déshérités (parmi lesquels il serait injuste de refuser totalementd’inclure la catégorie des ‘migrants’), par exemple.

    Et à chaque fois, il y a des sacrifices. La doctrine sociale de l’Eglise recommande par exemple que les dirigeants suscitent les conditions permettant à chaque famille d’avoir une maison, un lopin de terre, et un travail. Ceci est très beau, serait sans doute très fécond (et est très éloigné de la direction prise par notre société). Renverser le mouvement actuel – choisir de donner à chaque famille une maison, un jardin, et un travail – n’est pas de soi « impossible », surtout avec les nouveaux moyens de travail délocalisé. Mais cela demande des investissements, une ligne suivie sur une longue durée, et donc des sacrifices sur d’autres postes – au moins transitoires… si tant est qu’au bout du chemin on en récolte des fruits ! Imaginons ce qu’il en serait si l’on devait choisir entre reconstruire et soigner…

    Le deuxième niveau est celui de la prudence et de la sagesse politiques– sur lequel là encore, Socrate, François, Saint Thomas d’Aquin, Saint Louis sont d’accord : il faut s’engager dans les affaires publiques en pensant non corriger tout mal, ni même en l’espérant, mais en ayant conscience que l’on aura le devoir même d’organiser le mal qui ne pourra être éradiqué.

    Le meilleur exemple en reste l’organisation des maisons closes par Saint Louis, fondée en vérité et justice par Saint Thomas d’Aquin : il est des maux à tolérer pour éviter des désordres plus grands, et en même temps pour ménager à l’homme bon un juste espace de liberté – plaidoyer net contre le totalitarisme, en particulier la police de la vertuqui par son excès de rigueur contraint trop et empêche beaucoup de bien d’advenir (relire Michel Villey).

    Le troisième niveau, celui de la fuite courageuse et vertueuse face au martyre, est hors du champ du propos du pape François. Mais Socrate est parfaitement d’accord avec Saint Thomas More : il faut tout faire pour éviter d’être acculé au martyre. Pour Socrate, il est des types d’âmes si droites (et si fragiles d’être droites) qu’elles ne sauraient s’engager n’importe comment dans la vie publique sans être totalement broyées, brisées, ou même éliminées, et celles-ci doivent agir avec la plus grande prudence, et s’écarter radicalement de la conduite des affaires publiques.

    1. Pour être vraiment laïc, l’état doit être chrétien

    Nous commencerons par établir le devoir pour l’état laïc d’être chrétien.

    Puis nous établirons l’impossibilité pour l’état d’être vraiment laïc sans être chrétien.

    Enfin, nous rappellerons la doctrine de Saint Thomas d’Aquin sur la consistance de l’ordre temporel.

      1. L’état doit être chrétien

    Le Christ commande « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

    Or ce commandement universel vaut pour César, qui à l’époque du Christ incarnait le pouvoir politique.

    Donc César a à rendre un culte à Dieu, comme homme privé toujours, comme homme public selon des modalités variables avec les temps et les lieux.

    De plus, il faut non séparer le temporel du spirituel, mais distinguer les deux ordres distincts dans lesquels tous les hommes sont totalement plongés : la vie temporelle préparant la Vie éternelle. Ce n’est pas ‘à l’état, le temporel ; à l’Eglise, le spirituel’(distinction et non séparation qui anime la vie même de l’Eglise, où ce n’est pas plus ‘aux laïcs, le temporel ; aux clercs, le spirituel’).

    En effet, on ne peut convenablement administrer les affaires temporelles que dans une perspective spirituelle.

    Le matérialisme idolâtrique de la classe, de la race, ou aujourd’hui de la crasse, est fondamentalement incapable de proposer un avenir, car pour envisager l’avenir, il faut lever les yeux au loin, au ciel, vers l’invisible.

    Inversement, insiste Benoît XVI, on n’a de juste perspective spirituelle qu’incarnée, à l’image et à la ressemblance du Christ, Dieu fait homme.

    Chez les moines du premier millénaire, par exemple, qui ont façonné l’Europe socialement, culturellement et même politiquement, ce fruit temporel a été un surcroît de fécondité de leur engagement spirituel à la louange de Dieu avant tout. Mais ce fruit a été réel, et possible, parce qu’ils ne se sont pas retranchés derrière leurs murailles en refusant tout lien avec le monde, en se fermant à lui. Les Pères du désert, les chartreux, les ermites, n’ont jamais été fermés au monde : leur lien à celui-ci pouvait et peut encore être extrêmement ténu, il n’en est pas moins essentiel à leur vocation, intrinsèque à leur condition humaine, indispensable à leur unité-même.

    2. L’Etat ne peut être vraiment laïc sans être chrétien

    La limite de l’obéissance à l’Etat, rappelait le pape François, est l’obéissance à Dieu.

    (Le pape François ne fait là que transposer au domaine politique les mots de Pierre et des Apôtres aux Chefs déchus de l’Ancien Israël déchu : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. »)

    Or le Dessein d’Amour de Dieu n’est le plus largement connu et intégré que par l’Eglise. Par conséquent, l’Etat ne peut donner une place suffisante au Dessein providentiel de Dieu qu’en reconnaissant le rôle éminent et irremplaçable de l’Eglise.

    L’apologétique des premiers chrétiens le disait déjà : rien n’est objectivement plus utile à l’Etat que l’Eglise, car l’Etat ne trouve jamais meilleurs serviteurs que chrétiens. Il serait donc logique, Etat, que tu soutiennes tes meilleurs alliés.

    Il est vrai qu’à cette époque, on se souvenait que les Apôtres avaient recommandé d’obéir aux maîtres, mêmes mauvais, à l’Empereur, même persécuteur – et de prier pour eux – et de les gagner par la sainteté d’une vie en tous points exemplaire.

    De plus, il est certain que seul le christianisme est capable de reconnaître la légitimité, de discerner le fond de vérité, et de donner la place due à la la vie, la philosophie et la spiritualité de chaque homme.

    3. Consistance de l’ordre temporel selon la doctrine de Saint Thomas d’Aquin

    Nous donnons ici de larges citations du R.P. François Daguet o.p. (Province de Toulouse), qui a publié en 2016 un remarquable Du politique chez Thomas d’Aquin.

    Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel procèdent tous deux du pouvoir divin, et ainsi le pouvoir temporel est soumis au spirituel en tant qu’il lui est subordonné par Dieu, c’est-à-dire en tout ce qui se rapporte au salut de l’âme. En ce sens, il vaut mieux obéir au pouvoir spirituel qu’au temporel. Mais pour ce qui se rapporte au bien public, il vaut mieux obéir au pouvoir temporel qu’au spirituel, selon Mt 22, 21 : « Rendez à César ce qui est à César ». [II Sent., dist. 44, a. 3] Pour Thomas, donc, la règle générale est que l’autorité temporelle n’est soumise à l’autorité spirituelle que lorsque le salut des âmes est en cause ; en revanche, lorsqu’il s’agit d’honorer le bien public, ou bien commun naturel, c’est l’autorité temporelle qui prime.

    Dans ces conditions, il faut reconnaître la réalité de deux sphères de pouvoir ici-bas, l’une relevant de l’ordre naturel – c’est la sphère civile-, l’autre de l’ordre surnaturel déjà présent sur terre – c’est la sphère ecclésiastiqueChacune a un domaine propre de compétence: de même qu’il appartient aux princes séculiers d’édicter des lois précisant le droit naturel en ce qui concerne le bien commun dans le domaine temporel, de même il appartient aux prélats ecclésiastiques de prescrire par des décrets ce qui regarde le bien commun des fidèles dans le domaine spirituel. [IIa-IIae q. 147 a. 3] Pour Thomas, l’ordre temporel relève radicalement de la vertu de justice, l’ordre spirituel des dons de la grâce : vertus théologales et morales infuses et dons du Saint-Esprit. Celui-ci ne disqualifie pas celui-là, c’est un principe constant chez lui: “Le droit divin qui vient de la grâce ne supprime pas le droit humain qui vient de la raison naturelle» (II-II, q. 10, a. 10).

    Le Droit, le Juste, la Loi, s’ils sont véritablement conformes à la raison et donc au Bien (Vérité et Amour, Vérité de l’Amour, Amour vrai) ne sauraient être contraires à la Révélation. La Révélation permet tout au plus de les éclairer, les assurer, les dilater.

    Ces citations sont tirées de cet article.

    Conclusion

    Nous conclurons par de brèves indications sur un dernier chaînon de raisonnement : l’Etat doit être laïc et chrétien.

    Le dimanche de la Passion 14 mars 1937, Pie XI relevait dans l’encyclique Mit brennender Sorge que

    « Le croyant [indéterminé générique] a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi [indéterminé générique] sont en contradiction avec le droit naturel. »

    Pie XI ne vise pas ici seulement un droit des catholiques, il ajoute en effet :

    « Des parents sérieux, conscients de leur devoir d’éducateurs, ont un droit primordial à régler l’éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l’esprit de leur foi [indéterminé générique], en accord avec ses principes et ses prescriptions. Des lois ou d’autres mesures qui éliminent dans les questions scolaires cette libre volonté des parents, fondée sur le Droit Naturel ou qui la rendent inefficace par la menace ou la contrainte, sont en contradiction avec le Droit Naturel et sont foncièrement immorales. »

    Il s’agit bien d’un droit naturel, qu’a toute homme, toute famille, de professer, vivre, et transmettre à ses enfants « sa foi », et non seulement la foi catholique. L’absence délibérée de précision (droit pour « les catholiques », professer, vivre, transmettre « la foi catholique ») suffit déjà à le prouver. Mais le mouvement de l’encyclique le confirme, puisque les paragraphes suivants s’adressent à l’Eglise (jeunesse, prêtres et religieux, laïcs).

    Ceci n’est pas contradictoire avec la condamnation de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (par exemple : Saint Pie X, Vehementer nos), et moins encore de l’indifférentisme religieux (par exemple : Pie XI, Mortalium animos).

    D’une part, faisons à Pie XI la grâce de ne pas le prendre pour schizophrène, incohérent, ou apostat.

    D’autre part, faisons à Dieu la grâce de croire que l’Eglise ne saurait se contredire.

    Reconnaissons simplement que le contexte des années 30 a été très éclairant.

    Le Christ, l’Eglise, les papes donnent les principes généraux que nous avons rappelés, qui sont susceptibles de modalités d’application très diverses : des contextes de persécutions les plus vives (premiers siècles ; Révolution française ; Vietnam ; Chine), à la plus large unité dans la Foi (France de Saint Louis et Europe de Chrétienté), en passant par la féodalité, les diverses Républiques (celle de Venise et de Sienne… et même la “République” française).

    L’espoir demeure vif. La conviction et la leçon commune de l’Histoire Sainte et de la Théologie politique chrétienne – des Prophètes à la Cité de Dieu augustinienne, par exemple – est que Dieu règne, y compris dans le social, politique, géopolitique. Il règne réellement, y compris chez les hommes, les peuples, les structures qui prétendent se passer de Lui et Le chasser : les Livres historiques et prophétiques ne cessent d’en témoigner.

    « Oui, pour le Seigneur de l’univers, il y aura un jour contre tout orgueil et toute prétention,

    contre tout ce qui s’élève et sera abaissé,

    contre tous les cèdres du Liban, prétentieux et altiers,

    contre tous les chênes du Bashane,

    contre toute haute montagne, et toute colline élevée,

    contre toutes les tours arrogantes, et tout rempart fortifié,

    contre tout vaisseau de Tarsis, et tout navire de grand prix.

    L’arrogance des humains sera humiliée ; la prétention des hommes sera abaissée.

    Seul le Seigneur sera exalté en ce jour-là. »

    (Is 2,12-18)

  • Facebook a bloqué les campagnes pro-vie pendant la campagne du référendum sur l’avortement en Irlande

    Facebook a bloqué les campagnes pro-vie pendant la campagne du référendum sur l’avortement en Irlande

    Aveu de Mark Zuckerberg :

    gript@griptmedia

    Facebook admitting it interfered in the abortion referendum campaign

    Vidéo intégrée
    617 personnes parlent à ce sujet

    https://www.lesalonbeige.fr/facebook-a-bloque-les-campagnes-pro-vie-pendant-la-campagne-du-referendum-sur-lavortement-en-irlande/

  • Quartier Interdit avec Alexandre Langlois. Révélations du policier sanctionné par Castaner

    Sortie le 15 juil. 2019
    Alexandre Langlois fait l'objet d'une exclusion temporaire de six mois dans la police nationale après avoir révélé en interne et à la presse un certain nombre d'éléments graves au sujet du ministère du l'Intérieur.Suicides, agressions sexuelles, falsifications de chiffres, gazs lacrymogènes toxiques, le policier dit tout.
    Pour aider Alexandre Langlois : https://www.lepotcommun.fr/pot/4dq0qpnd

  • Benjamin Griveaux : celui qui pourrait nous faire regretter Anne Hidalgo !

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    Contrairement à ce qui a été hâtivement pronostiqué en ces colonnes : les journalistes, non contents de dire des sottises, en écrivent de surcroît ; c’est donc Benjamin Griveaux, et non Cédric Villani, député de l’Essonne, qui portera les couleurs de la Macronie à Paris. Il n’empêche que le moins qu’on puisse prétendre est que ce début de campagne s’annonce fracassant.

    Ainsi, Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement, connu pour avoir traité les électeurs de Laurent Wauquiez de « gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel » – quelques millions de Français, tout de même –, récidive-t-il avec une pareille délicatesse vis-à-vis de ses compétiteurs, et accessoirement amis, tous plus ou moins qualifiés « d’abrutis ». Hugues Renson, vice-président de l’Assemblée nationale ? Un « fils de pute ». Mounir Mahjoubi, ancien secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances et du ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé du Numérique ? « Bon… no comment… » Et Cédric Villani ? À son endroit, Benjamin Griveaux concède malgré tout ceci : « Il est quand même plus intelligent que les autres… » Sa Seigneurie est décidément trop bonne.

    Histoire de faire bonne mesure et de restituer le contexte, des fois que les principaux intéressés aient pu mal prendre ses propos – ce que les gens peuvent être susceptibles, parfois –, Benjamin Griveaux tente de relativiser, avec cette infinie délicatesse devenue chez lui inimitable marque de fabrique : « Paris, c’est pas la cantonale de Vesoul ! Vous croyez quoi, qu’on tricote ? » Carton plein, Scrabble™ et mot qui compte triple. C’était à prévoir, les Vésuliens et Vésuliennes, se sont sentis, non sans raison, stigmatisés par la sortie du sémillant jeune homme. À la mairie de Vesoul : « Ce n’est pas forcément facile, le tricot. Il y a des points compliqués à faire. » Alain Chrétien, maire LR de la ville incriminée : « Avant, on avait Jacques Brel qui parlait de nous. Maintenant, Benjamin Griveaux, quel honneur ! » Pas faux. Benjamin n’est pas Jacques et Brel n’est pas Griveaux. Loin s’en faut.

    Au-delà de ces banals noms d’oiseaux lancés en campagne électorale – ce qui a toujours été peu ou prou la règle du genre, avant qu’une exquise sensibilité de chaisières ne vienne pasteuriser le traditionnel et viril discours politique -, une question se pose : pourquoi cette haine des pauvres, ce mépris de classe, ce dédain de la capitale pour la province, des rats des villes pour ceux des champs ?

    À cet égard, Benjamin Griveaux est un assez joli spécimen du genre, tant son parcours demeure sinistrement révélateur. La voie royale pour commencer : école jésuite, Sciences Po et HEC. De la première, il semble ne pas avoir manifestement retenu grand-chose. Des deux autres, il paraît être le produit le plus emblématique. Ce qui le conduit très logiquement aux cercles rocardiens, avant de rejoindre leurs successeurs strauss-kahnniens. Ou de l’art de passer de la droite du fric à la gauche de droit divin. Celle qui sait, celle de « l’avoir » contre « l’être ».

    Éric Zemmour, pourtant grand gourou – son côté Skippy ? – d’une hypothétique union des droites qu’il a fini par enterrer, avec l’autre théoricien d’icelle, Patrick Buisson, a manifestement compris tout cela, lorsque résumant le récent scrutin européen à un « conflit de classes ».

    Sans aller jusqu’à idéaliser un peuple qui aurait toujours raison, il ne faudrait pas non plus qu’une élite autoproclamée et connue pour s’être globalement trompée en permanence ne la ramène trop bruyamment, toute impudence et honte bues. Jérôme Durain, sénateur socialiste de Saône-et-Loire, mentor du jeune Griveaux, affirme ainsi, à son propos : « Avec lui, la première impression est toujours très bonne. Mais, en fait, il a un mépris, un cynisme, une arrogance, une morgue… »

    À la place du gandin, on se méfierait. Parce que des gommeux de son acabit, emplis de « morgue », d’autres morgues en sont emplis, de ces ex-futurs espoirs de la politique française, connus pour ne rien comprendre à la politique et tout ignorer de la France.

    En attendant, Anne Hidalgo doit en même temps se marrer et se frotter les mains. On la comprend.

    Nicolas Gauthier

    https://www.bvoltaire.fr/benjamin-griveaux-celui-qui-pourrait-nous-faire-regretter-anne-hidalgo/

  • Gestion des flux migratoires : Salvini défie l’axe Paris-Berlin

    Affrontement, aujourd’hui jeudi 19 juillet, à Helsinki entre Rome d’un côté et Paris et Berlin de l’autre sur la question des ports de débarquement et la gestion des migrants. L’axe franco-allemand veut envoyer tous les migrants en Italie, et Salvini dit Non.

    La table des négociations à Helsinki sur le sujet a sauté après des vives discussions entre les partenaires européens concernant une requête avancée par le ministre de l’Intérieur italien et l’île de Malte :  changer les règles sur le premier port sûr. Salvini a rappelé le cas de Carole Rackete et a souligné comment les ONG avec leurs manœuvres tentent de se substituer aux Etats nationaux :

    « Sea Watch 3 a violé les lois italiennes et a éperonné un bateau patrouilleur italien. »

    Mais Merkel et Macron font pression pour faire passer un document qui intervient exactement sur ces règles concernant les débarquements, et non dans le sens voulu par l’Italie et Malte.

    Ces deux dernières contestent l’idée du port le plus sûr pour les débarquements des migrants. Leur ministre de l’Intérieur craignent, fort justement, de devoir régir seuls tout le poids des arrivées, et que la relocalisation des seuls détenteurs du statut de réfugiés laissent dans leur pays la masse de clandestins.

    Salvini, avant la rupture à la table d’Helsinki, avait insisté pour que soit renforcé l’engagement pour prévenir les départs et augmenter les expulsions, en insérant pour cela une liste des pays sûrs permettant « des réadmissions automatiques. Parce que c’est une chose des arrivées en provenance de zones de guerre, c’en est une autre celles venant de Tunisie ou d’Albanie ». Aucune de ces demandes , y compris celle sur la révision des règles concernant le port le plus sûr, n’a été agréée.

    En somme encore une fois l’axe Paris-Berlin, tout en professant des leçons de bonne conscience humanitariste, tourne le dos au problème et de cette façon laisse tout le poids des flux migratoires sur les épaules de l’Italie et de Malte.

    Salvini, après la rupture à Helsinki, a invité la France, l’Allemagne et Malte à un nouveau sommet en septembre pour discuter encore une fois des règles concernant l’immigration.

    Francesca de Villasmundo

    https://www.medias-presse.info/gestion-des-flux-migratoires-salvini-defie-laxe-paris-berlin/110649/

  • Ce que coûte Brigitte Macron à l'Élysée

    emmanuel-brigitte-macron.jpgSelon un rapport de la Cour des comptes, le budget de la Première dame de France s'élève à quelque 280.000 euros, mais il ne prend pas en compte toutes ses dépenses.
    Toutefois, la somme ne prend pas en compte les déplacements de Brigitte Macron en France ou ses voyages à l’étranger.
    Or, en 2018, «Mme Macron a effectué 15 voyages officiels à l’étranger aux côtés du Président de la République», notamment aux États-Unis ou pour la finale de la Coupe du monde en juillet en Russie.
    Elle ne comprend pas non plus les «services de la coiffeuse-maquilleuse de la présidence» qui sont évalués par la Cour à «un montant forfaitaire mensuel de 5.200 euros pour le compte de la présidence de la République». Ni sa protection ou les frais liés à son courrier.[...]
    En savoir plus sur sputniknews.com

    https://www.peupledefrance.com/2019/07/ce-que-coute-brigitte-macron-elysee.html

  • L’économie : une science ?

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    Marc Rousset, dans vos colonnes, stigmatise avec justesse et brillant les dérives financières : taux nuls ou négatifs, épargnants lessivés, statistiques douteuses, choix économiques aberrants… mais qu’en dit la science économique ?

    Je ne crois plus depuis longtemps à cette science – une immense cuistrerie, bien plutôt. Le démontrer ? Autant prendre un bain de minuit dans le rail d’Ouessant. Outre les rentiers (oui, rentiers) de la profession, on se mettrait à dos les politiques, pour qui les économistes et leur prétendue science sont devenus des pères fouettards de l’opinion bien plus efficaces que les moralistes d’antan (DSK, Raymond Barre, salut à vous !).

    Qui dit science dit lois ; lois inviolables assorties de corrections, de retours nécessaires à l’équilibre. Je ne vois, ici, pas d’autre loi à l’œuvre que l’expédient, la fuite en avant indéfinie. Sans lois, donc, pas de science ; pas de justice non plus ; rien que de la politique. La politique n’est-elle pas, comme l’aéronautique avec la chute des corps, l’art de repousser les corrections évidentes.

    Retirez, mentalement, à la science économique tout ce qu’elle s’est approprié (souvent sous un vocabulaire cryptique) des disciplines et des métiers voisins : histoire, géographie, comptabilité, droit, administration, statistiques, commerce, spéculation, banque, manipulation monétaire (oublions ses singeries matheuses)… Que lui reste-t-il, alors ? Ai-je besoin de ses lumières pour savoir qu’un diamant est plus coûteux que le graphite de mon crayon ?

    Ne soyons pas injuste. Elle nous a appris que le temps est de l’argent. L’un de ses fleurons est, d’ailleurs, la prise en compte du temps par un taux de décote des valeurs futures, éclairant ainsi nos grands choix. Quid, pourtant, si les taux de décote sont durablement nuls ou négatifs, comme de nos jours ? Le temps n’est donc plus de l’argent, patatras ! et tous ses savants calculs lui reviennent en pleine figure.

    Aéroports de Paris, par exemple, comme la Française des jeux, garantissent des revenus quasi éternels. Décotés par un taux quasi nul, ces revenus confèrent à ces entreprises une valeur quasi infinie. Les vendre à un prix inférieur, les vendre tout court, ce n’est donc plus de l’économie rationnelle, c’est de la politique, de la politique pure. Une politique qui n’est peut-être même plus aux mains des politiques. De la politique, donc, ou autre chose…

    Marc Vergier

    https://www.bvoltaire.fr/leconomie-une-science/

  • «Médailles de la honte» : l'Intérieur décore des policiers suspectés de violences illégitimes

    «Médailles de la honte» : l'Intérieur décore des policiers suspectés de violences illégitimes
    © Valery HACHE Source: AFP
    Geneviève Legay au sol après une charge policière à Nice commandé par le commissaire Rabah Souchi le 23 mars 2019 (image d'illustration).     
    Plus de 9 000 policiers se voient honorés de la médaille de sécurité intérieure.
    Parmi eux figurent des noms qui n'ont pas laissé Mediapart indifférent : ceux des commissaires qui ont commandé des opérations controversées à Nantes et à Nice.                  
    Des policiers mis en cause dans des violences figurent sur une liste des plus de 9 000 membres des forces de sécurité qui doivent recevoir une médaille de l'Intérieur, selon les informations de Mediapart confirmées par l'AFP.
    Après cette révélation du média d'investigation en ligne, le ministère de l'Intérieur a réagi sur son site internet en prévenant : «Si l’un des médaillés est reconnu responsable d’actes contraires à la déontologie ou de faute et sanctionné à ce titre, ou condamné par la justice, la médaille de la sécurité intérieure lui sera retirée. 
    Les enquêtes disciplinaires ou judiciaires s’effectuent de manière indépendante, à charge et à décharge, et il n’appartient pas à des tiers de désigner nommément des personnels pour des faits qui ne sont pas définitivement établis.»

  • Ni CETA ni TAFTA : Stop au libre-échange !

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    Communiqué de la Dissidence française :

    Mardi prochain sera examiné à l’Assemblée Nationale le projet de ratification du CETA, traité de libre-échange global entre l’Union Européenne et le Canada. Négocié en coulisses, soutenue par la majorité LREM et le gouvernement Macron, ce texte a pour ambition de faire tomber les barrières douanières entre les espaces économiques européen et canadien, et de développer le commerce international au nom de l’idéologie du libre-échange.

    Dans les faits, ce traité exposera notre économie – et en particulier notre modèle agricole – au dumping social, fiscal et environnemental exercé par les entreprises canadiennes qui ne sont pas tenues par les mêmes règles que les entreprises françaises. Le CETA prévoit également, dans la droite ligne des préconisations de la Commission Européenne, l’ouverture à la concurrence des services publics et donc, à terme, leur démantèlement. Pire, ce texte offrira la possibilité aux multinationales d’attaquer en justice les Etats grâce à un « Système de Cour sur l’Investissement » (ISC) : les lobbies financiers et industriels pourraient ainsi faire condamner des Etats souverains, coupables d’avoir adopté des mesures (nommées « barrières non-tarifaires ») qui entraveraient le commerce transatlantique (telles que l’interdiction des OGM, la prohibition des farines animales ou du glyphosate, et évidemment la mise en oeuvre d’une politique protectionniste). Il est par ailleurs évident qu’en accroissant les flux commerciaux et les exportations transatlantiques, et donc le transport naval de marchandises, ce traité contredit les ambitions prétendument écologistes du gouvernement.

    En résumé, le CETA – à l’instar du TAFTA, le traité transatlantique UE/USA – constitue un texte éminemment favorable aux grandes multinationales au détriment des peuples européens, de nos entreprises et de notre agriculture. Contre cette logique libérale et mondialiste, la Dissidence Française propose l’abandon immédiat des négociations de ratification du CETA et du TAFTA, l’instauration d’une politique protectionniste et localiste qui favorise les circuits courts par la détaxation de proximité, qui protège nos entreprises de la concurrence déloyale en taxant les importations, et qui assure une relocalisation des activités économiques par une baisse drastique de la pression fiscale qui pèse sur les PME.

    Pour la France et les Français d’abord ! 

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2019/07/19/ni-ceta-ni-tafta-stop-au-libre-echange-6165175.html