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Le suicide, nouvelle gangrène de la police - Journal du Jeudi 16 Novembre 2017
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Enracinement et mondialité: l’Europe entre nations et régions
Gérard Dussouy
Universitaire, essayisteLa notion d’enracinement ne va pas de soi, même si elle suggère l’attachement à un territoire, à des traditions ; enraciner voulant dire faire racine. C’est qu’elle n’implique pas la fixité, comme l’on peut être tenté de le penser, et comme le prouve l’expérience historique de plusieurs communautés humaines.
Néanmoins, cette notion d’enracinement est mise en avant aujourd’hui. Et si elle soulève tant d’intérêt, c’est parce qu’elle répond à une évidente perte de repères. Celle que provoquent les mouvements, les flux ininterrompus, qui caractérisent la mondialité ; ce nouveau cadre de vie des humains. Et qui correspond à un changement radical, intervenu en quelques décennies.
La mondialité est, en effet, le nouvel état du monde (celui qui résulte des différents processus de la mondialisation). Elle signifie que les individus et les peuples sont désormais tous inscrits dans un même monde connexe et synchrone, dans lequel la référence ultime ne semble plus être le local, mais le global. Dans lequel, le temps mondial absorbe toutes les temporalités régionales ou locales.Cette nouvelle donne suscite, à la fois, de plus en plus d’instabilité dans les activités humaines et de crispations identitaires ou sociales, et elle soulève nombre d’interrogations. Toutes celles qui se trouvent au cœur de la relation problématique entre la tendance forte à l’homogénéisation du monde et ses propres hétérogénéités (dont les enracinements). Et, à propos de laquelle, on risquera ici quelques hypothèses.
La relativité de l’enracinement
On peut définir l’enracinement comme un contexte de vie, un espace-temps individuel ou collectif marqué par un lieu précis, une histoire locale, des traditions, des métiers, des habitudes de consommation, d’alimentation, de comportement.
Le village a pu être considéré comme l’idéal-type de l’enracinement. Symbolisé par son clocher, ou par son minaret en d’autres lieux, et marqué par le mythe du paysan-soldat. Ce qui n’est plus vrai suite à la révolution industrielle et à l’urbanisation des sociétés, facteurs de déracinement et d’uniformisation, à la fois.Aujourd’hui la transformation est largement accentuée avec la métropolisation du monde : l’interconnexion des capitales et des grandes villes fait qu’il existe souvent plus de liens entre elles qu’entre chacune d’elles et son propre arrière-pays. D’où, parfois, un sentiment d’abandon au sein des périphéries rurales (thème devenu récurrent en France).
Mais l’espace-temps va au-delà de l’horizon villageois (région ou nation), comme il peut relever d’un contenu plus social que territorial (monde paysan ou monde ouvrier). Enfin, l’enracinement n’interdit pas des affiliations multiples. Dans tous les cas, son apport essentiel est qu’il fixe des repères de vie, et on pourrait dire presque, pour la vie.
En contrepartie, l’enracinement génère nécessairement une vision du monde ethnocentrique. Tout individu ou tout groupement d’individus a une vision circulaire du monde qui l’entoure ; une vision autoréférentielle qui implique des perceptions faussées de l’environnement. C’est sans aucun doute là, le principal obstacle à la construction de l’Europe politique.
Contrairement à l’étymologie même du terme, il existe une réelle dynamique de l’enracinement.
D’abord, il n’est pas synonyme d’immobilité, et l’enracinement n’interdit pas l’échange, le déplacement. Le voyage est parfois le meilleur moyen d’apprécier ses racines. Quant à l’échange commercial, tant qu’il a été un échange de biens, et non pas un transfert de ressources financières ou technologiques, il était effectué entre des entités économiques enracinées.
Ensuite, le déracinement lui-même n’implique pas, systématiquement, la perte des racines (l’éradication proprement dite). Il est à l’origine de nombreuses recontextualisations de vie qui s’accompagnent de ré-enracinements. On en veut pour preuve, les nombreuses Little Italy ou China Towns que l’on connaît dans le monde. A plus grande échelle, l’Argentine est comme une nation hispano-italienne, en tout cas cela y ressemble, installée en Amérique du Sud. Quant à Israël, quoique l’on puisse penser des conséquences géopolitiques de sa création, c’est une remarquable réussite de ré-enracinement, dans la terre des ancêtres après des siècles de dispersion. Mais la diaspora n’avait pas fait disparaître les racines culturelles des Juifs.
De nos jours, la dynamique de l’enracinement est également la cause de la communautarisation des sociétés occidentales avec le ré-enracinement, au moins partiel, parce qu’il faut compter avec les phénomènes d’acculturation, des populations immigrées. En effet, partout dans le monde, les groupes qui migrent ont tendance à reconstruire leur histoire, et ils reconfigurent leur projet ethnique.
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Les soldats du feu n’en peuvent plus !, par Bernard Latour, ancien officier de gendarmerie

Les soldats du feu sont de plus en plus victimes d’agressions. Ce ne sont pas les derniers chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiés ce mercredi qui contredisent cette affirmation.En 2016, un total de 2 280 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d’une agression en intervention, un chiffre en hausse de 17,6 % par rapport à 2015. Ces 2 280 agressions ont donné lieu à 1 613 journées d’arrêt de travail, un nombre là encore en hausse (+ 36,1 %) par rapport à l’année 2015 où les 1 939 agressions avaient signifié 1 185 journées d’ITT. Ces violences, conséquentes les années précédentes, avaient augmenté de 35 % durant la période 2007-2011.
Ces chiffres corroborent les incidents survenus ces quinze derniers jours :
– Dans un quartier dit « sensible » de Nîmes, dans le Gard, une ambulance, envoyée pour un feu de scooter, est accueillie par des jets de pierres, parpaings et cocktails Molotov. L’un de ceux-ci a failli enflammer l’habitacle du véhicule avec trois pompiers à son bord.Dans ce même département une autre agression a touché les sapeurs-pompiers d’Alès. Un homme passablement énervé, alors que l’on tentait de le calmer, a asséné un violent coup de poing au visage d’un secouriste qui a été légèrement blessé. À la suite de ces nombreux problèmes le mouvement de protestation de ceux qui luttent contre l’incendie a pris de l’ampleur. Deux cents pompiers nîmois en grève illimitée ont manifesté leur colère le 23 octobre au matin dans les rues de la cité romaine. Après s’être rassemblés devant l’hôtel du département, ils ont bloqué, à la gare SNCF, le TGV Lille-Europe et ont perturbé la circulation à la sortie de l’A 9 : Nîmes-Ouest.
– À Vénissieux, les nuits du 24 octobre et d’Halloween furent particulièrement agitées. Les pompiers de Feyzin tombèrent dans un guet-apens : poubelles disposées en arc de cercle sur la chaussée pour bloquer l’accès, barrières de chantiers installées pour empêcher le demi-tour, et attaques avec des cailloux et des cocktails Molotov. À la suite de ces incidents, 300 pompiers, à l’appel des syndicats, manifesteront à Lyon début novembre pour dénoncer les violences subies régulièrement en intervention. Parti de la caserne Rochat, dans le 7e arrondissement, le cortège rejoindra la préfecture du Rhône où une délégation sera reçue.
– À Toulouse et dans la périphérie, les pompiers font face à une recrudescence des insultes et des agressions physiques. Pris de plus en plus pour cible, ils ont été pour la première fois visés par un cocktail incendiaire.
– Aux mêmes dates d’autres agressions de ce type étaient recensées, notamment à Nieuil (Charente), Saint-Denis (région parisienne) et Grenoble (Isère).
Un ministère de l’Intérieur plutôt discret
Face à ce phénomène alarmant, que dit le gouvernement ? Prend-il la mesure de la dangerosité de ces actions ?
Absolument pas, le ministère de l’Intérieur continue à surfer sur un volcan,dénonçant simplement des actes d’« une bêtise sans nom » qui « doivent être punis très sévèrement. » Mais pas un mot sur les lieux symptomatiques où se passent ces attaques.
Alors posons-nous la question : pourquoi les pompiers sont aujourd’hui les premiers visés dans ces banlieues à risque ?
Nous sommes dans des zones où le lien social a été coupé, des trublions souvent déscolarisés y végètent livrés à eux-mêmes, ils sont alors pris en main par des chefs de bandes qui leur promettent argent et drogue et les plongent un peu plus dans le ressentiment du pays qui les a accueillis. Plus ils sont jeunes, plus il est facile de les circonvenir.
Les deux ferments diffusés par ces clans sont l’appât du gain et la haine de l’État.
Pour ces bandes, à part les barbus, aucune personne ni aucune institution n’a d’autorité à leurs yeux. Confondant respect et crainte, ils revendiquent haut et fort le droit d’être « respectés » par tous ceux qui sont supposés disposer d’une autorité sociale ou institutionnelle, par les adultes, les enseignants, les policiers, et bien évidemment les pompiers.
Un casque n’est pas une arme
Ces derniers sont d’autant plus vulnérables que, portant l’uniforme et gradés, ils ne sont pas armés. Ils n’ont, sauf à Paris et Marseille, aucune formation militaire ou policière. Sauf cas de légitime défense, ils ne peuvent se protéger. De plus, pour ces provocateurs, s’en prendre aux soldats du feu c’est dicter aux habitants des cités leur attitude, interdiction leur étant faite d’assister ces services pourtant aptes à secourir les populations. Une manière de leur montrer que les seules autorités qui règnent dans ces zones de non-droit sont intra-muros.
L’ambition de ces gangs in fine est de substituer une administration autochtone, parfois islamiste, à celle de l’État. Leur intention : promouvoir de véritables ghettos avec frontière et points de passages obligés, un moyen de contrôler les rues et de faire la loi dans le sens premier du terme.
D’ailleurs les pompiers ne s’y trompent pas quand ils rapportent que :
« Il y a trois ans, pour la première fois, on n’a pas pu terminer notre intervention et prendre en charge une mamie qui faisait un malaise. Notre véhicule a été arrêté par des “sauvageons” qui nous ont agressés et molestés. C’est la famille qui a dû transporter la dame à l’hôpital. »
Ou qu’ils avouent :
« Avant, on était un peu dirigé par les habitants du quartier pour nous indiquer les adresses. C’était pratiquement un accompagnement. Aujourd’hui c’est l’omerta et brutalement au coin d’une rue nous attend un vrai traquenard. »
Les réponses existent
La situation est grave et les solutions, comme d’habitude, se logent d’abord au sommet de l’État. Tant que la fermeté ne sera pas de mise, tant que la nouvelle donne appliquée ne sera pas la tolérance zéro, ces attaques perdureront et même se multiplieront.
Pourtant des moyens pour les contrer existent mais ne sont pas mis en œuvre :
– L’anonymisation des plaintes permet d’interdire toute représaille contre les professionnels du feu, leurs biens ou leurs familles.
– Une meilleure coordination entre pompiers et police avec, au besoin, dans les zones spécifiques, une mixité des moyens lors des interventions.
– Les appels téléphoniques qui doivent être non seulement enregistrés mais aussi confirmés nominalement et localisés avant toute opération.
– L’utilisation de GoPro (au moins sur les véhicules), comme leurs homologues policiers. Ces mini-caméras fixes filment et enregistrent les interventions dites sensibles pour pouvoir par la suite identifier leurs auteurs.
– Chaque zone urbaine doit avoir un correspondant répertorié (exemple : le gardien d’immeuble) qui, appelé par téléphone, va confirmer la nécessité de l’intervention, guider les secouristes et assurer un début de « dialogue » avec les « jeunes » par des traductions en langue vernaculaire.
– Dans les quartiers les plus difficiles, des plans de retrait doivent être préparés à l’avance et fournis aux équipages pour permettre aux secours de se dégager lorsque la situation dégénère (possible utilisation de fumigènes).
– Enfin il faut que la justice soit particulièrement répressive en appliquant strictement la loi mentionnée : « Dans le cas d’une personne dépositaire de l’autorité publique (agent de police, magistrat, sapeur-pompier, gardien assermenté d’immeubles, etc.) les agresseurs encourent des peines aggravées par le statut des victimes : trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. »
Mais les autorités judiciaires appliquent-elles véritablement cette loi ?
On peut en douter pour certains quand on voit le cas de René, pompier volontaire à Saint-André, dont la plainte a été classée sans suite par le parquet du tribunal de grande instance de Lille alors qu’il avait été violemment passé à tabac lors d’une intervention en novembre 2016 (21 jours d’arrêt de travail).
En conclusion, les solutions exposées ci-dessus ne sont pas ou peu appliquées tout simplement parce que la volonté du politique est défaillante. Les autorités ont trop peur qu’un énième incident, même réduit aux pompiers, ne s’embrase, débouchant sur une émeute type 2005.
La seule issue actuellement pour les soldats du feu est de profiter de la prochaine attaque contre leurs personnes pour déclencher un mouvement d’ampleur nationale (grève, manifestation, occupations) touchant toutes les grandes agglomérations françaises. En effet de telles agitations obligeraient le gouvernement à concéder de vraies mesures à la fois protectrices pour le personnel et astreignantes pour les malfrats.
Bernard Latour
Ancien officier de gendarmerie, le « centurion » Bernard Latour est un expert reconnu dans les questions de sécurité et les affaires criminellesTexte paru dans Présent daté du 17 novembre 2017
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Français n'oublie jamais ce que tu es !
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UN EXEMPLE TYPE DE LA FOLIE SPÉCULATIVE CONTEMPORAINE : LE BITCOIN !
Marc Rousset
Le bitcoin est une monnaie virtuelle qui a été créée en 2009 par un groupe d’informaticiens anonymes surnommé Satoshi Nakamoto.
Son cours fluctue énormément, ce qui prouve qu’il ne peut pas jouer, par définition, le rôle d’une monnaie fiable, sûre et stable. Le bitcoin joue aux montagnes russes en étant passé de quelques cents, en 2009, à 6 500 dollars, le lundi 13 novembre, tout en étant redescendu à 800 dollars, début 2017, pour atteindre un maximum de 7 900 dollars, le mercredi 7 novembre, et en retombant à 5 550 dollars, le dimanche 12 novembre.
Certains le voient bientôt atteindre les 10 000 dollars. Le problème, c’est qu’il n’y a, à part la bulle spéculative, aucune raison tangible pour expliquer cette hausse. Le bitcoin n’est adossé à rien, à aucun actif et n’a donc aucune valeur intrinsèque.
Le bitcoin, comme son nom américain l’indique, n’est rien d’autre qu’un « bit » dans un ordinateur dont la valeur fluctue en fonction de l’offre et de la demande, avec le risque que tout disparaisse le jour où l’on coupera le courant. Le bitcoin, c’est du vent, une gigantesque arnaque pyramidale à la Ponzi.
Comment accorder du crédit à une crypto-monnaie dont l’existence est virtuelle, conditionnée dès le départ par un programme qui a été conçu pour s’arrêter après un nombre fini d’unités émises (21 millions de bitcoins au total à la fin de l’émission en 2110) ?
Les dernières années ont vu apparaître de nombreuses fraudes car le système basé sur l’informatique se révèle particulièrement vulnérable à toutes sortes d’attaques et à des manipulations délictueuses.La folie spéculative bat son plein en Asie où, sur le moteur de recherche Google, « acheter du bitcoin » a dépassé « acheter de l’or ». Et, bien évidemment, l’Amérique avide et cupide n’a pu résister au péché de la tentation en lançant bientôt, à la Bourse de Chicago, des contrats à terme par définition spéculatifs sur la valeur intrinsèque déjà spéculative du bitcoin. Certains espèrent que les investisseurs professionnels vont alors réaliser que la bulle spéculative ne repose sur rien, mais rien n’est moins sûr avec des « traders » pour qui, comme disait Céline, « l’argent est un vrai Saint-Esprit plus précieux que du sang ».Vladimir Poutine, lors d’une réunion en octobre 2017 à Sotchi, a évoqué, parmi les autres risques,« le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale, le financement du terrorisme et la propagation de manœuvres frauduleuses dont les victimes pourraient être de simples citoyens ».
Seuls des informaticiens chevronnés peuvent se lancer dans l’aventure de la « mine » de la création monétaire virtuelle. Des fermes de minage se développent dans le monde. Ce système énergivore des crypto-monnaies est peu écologique car il consomme déjà aujourd’hui autant d’électricité que le Nigeria. La Chine, toujours très fine et très intelligente, à l’affût de cette nouvelle technologie de la « blockchain » qui peut déboucher sur des innovations intéressantes pour les banques, les assureurs, et le secteur des services, a autorisé l’activité de minage tout en interdisant les échanges de crypto-devises.
Le bitcoin est, cependant, utilisé à ce jour sur 100.000 sites Internet dans le monde, dont PayPal et Expedia, accepté par des ONG telles que la Croix-Rouge et Greenpeace ; 1 778 distributeurs physiques ont été installés à travers le monde. Mais le bitcoin est, en réalité, beaucoup plus utilisé comme une réserve spéculative de valeur que comme un outil quotidien de règlement.
Le bitcoin se rapproche, finalement, de l’or numérique, mais sans être adossé à l’or, à l’exception du « bitcoin-or » qui, seul, pourrait être pris très au sérieux. Cet or numérique virtuel finira par fondre comme de la neige au soleil, les victimes étant, comme toujours, les derniers joueurs « cocufiés » du système à la Ponzi. Le 6 février 1637, la Hollande a connu la fin de la folie spéculative de la crise des tulipes. À l’époque, les perdants ont pu au moins se consoler avec une tulipe ; dans le cas du bitcoin, ce sera le néant punitif absolu bien mérité de la cupidité, de la folie humaine.
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Quelles institutions politiques pour une écologie durable et efficace ?
La position de Nicolas Hulot, ci-devant ministre de la Transition écologique, sur la sortie progressive mais retardée de l'énergie nucléaire en France, provoque un véritable hourvari chez les écologistes, ce qui est assez compréhensible au regard de l'opposition ancienne de ceux-ci au déploiement puis au maintien des centrales nucléaires dans notre pays, opposition qui connut son apogée dans les années 1970, autour de Plogoff en particulier. A cette époque, les royalistes bretons, en particulier ceux de la Nouvelle Action Française et de la Fédération Royaliste de Bretagne, dénoncèrent une politique énergétique qui semblaient oublier le long terme pour ne répondre qu'à l'instant présent, en une période de forte hausse de la demande intérieure d'électricité liée à l'ère finissante des « Trente glorieuses », rebaptisées « Trente hideuses » par le royaliste Pierre Debray, et à l'extension apparemment sans limites de la société de consommation, extrêmement énergivore : les monarchistes locaux, comme les écologistes officiels mais sans être forcément des anti-nucléaires à tout crin, s'inquiétaient (d'autant plus légitimement au regard de la suite) du manque de concertation de l’État avec les populations locales et de la question environnementale « du lendemain », autant pour la production elle-même (le risque d'accident nucléaire, toujours source d'inquiétude alors) que pour le sort des déchets nucléaires d'après-exploitation. Des sujets toujours d'actualité, plus encore même pour la gestion des poubelles nucléaires et du démantèlement des réacteurs quand on sait que la production électrique de quelques années est suivie d'une déconstruction des centrales qui va durer plus longtemps que la période de fonctionnement et qu'elle va coûter plus cher qu'elle n'a donné et rapporté, et sur un temps, là encore, beaucoup plus étendu que prévu ou qu'annoncé...
Aujourd'hui, il est vrai que « le mal est fait » (on peut le regretter mais c'est un fait et un méfait), et que la dépendance de notre pays à l'énergie nucléaire est si importante qu'une sortie trop brutale risquerait d'entraîner la France dans une sorte de trou noir électrique qui serait forcément et fortement préjudiciable, non seulement à l'économie générale française mais aussi à la vie sociale : piège redoutable, et l'on peut regretter que les royalistes bretons des années 1970 n'aient pas été écoutés, et, au-delà, que la République en ses différents experts et institutions économiques n'ait pas réfléchi à « l'après-nucléaire » qui devait évidemment survenir avec la fin annoncée de l'uranium (dans quelques décennies à l'échelle mondiale, mais depuis 2001 pour les mines françaises). Cela signifie-t-il qu'il faille s'abandonner à une sorte de fatalisme, vain par nature, et renoncer à ce qui paraît comme une nécessité, c'est-à-dire la sortie complète du nucléaire actuel dans des délais possiblement les plus courts ? Bien sûr que non, mais cette sortie ne doit pas être vécue comme une sortie de route mais bien comme une politique mûrement réfléchie et complètement maîtrisée.
Dans Le Figaro (pages économie) de ce mercredi 8 novembre, un expert de RTE (filiale d'EDF chargée des lignes à haute tension), explique « qu'il faut à la France un vrai pilotage de la politique énergétique», ce qui est du simple bon sens, mais qu'il est parfois difficile de faire comprendre à une classe politique et à un « pays légal » plus soucieux de leurs intérêts particuliers que du Bien commun. De plus, cette politique énergétique, qui doit désormais être couplée avec la politique environnementale, souffre d'une absence de continuité (et de volonté...) et, plus encore, de stratégie de long terme, faute de ce pilotage d’État intelligent et mesuré souhaité par de nombreux acteurs de l'économie et de l'écologie concrètes.
Longtemps, l'erreur fut de croire que le souci environnemental n'était qu'une variable d'ajustement dans une politique plus générale, l'écologie étant souvent considérée (à tort) comme un obstacle à l'activité économique du pays, cette dernière parfois confondue avec la seule activité de la Construction, elle-même rimant trop largement avec artificialisation des terres plus qu'avec organisation équilibrée de celles-ci. Cette erreur est aussi et surtout la marque ou la conséquence d'une véritable paresse intellectuelle d'experts plus habitués à raisonner en termes statistiques qu'en termes de prospective et d'imagination.
Pour en revenir à la diminution du parc nucléaire français, elle ne peut se faire dans de bonnes conditions que si l'on arrive, dans le même temps, à améliorer l'efficacité énergétique et à engager une pratique de sobriété électrique, entre autres. Encore faut-il que l’État s'engage dans cette ambition sans barguigner et qu'il montre, non seulement l'exemple, mais la direction, car il n'y aura de révolution écologique qui vaille et qui dure que si c'est l’État qui l'initie et la soutient: cette « révolution par le haut » est la condition de l'efficacité véritable des multiples actions locales, communautaires ou individuelles, qui tendent à diminuer la consommation énergétique et à réduire les effets des activités humaines sur l'environnement. Si l'on laissait la liberté individuelle seul maître de l'écologie, celle-ci n'aurait guère de chance d'advenir concrètement au sein du pays, fut-il « réel » : la société de consommation est une tentatrice terrible...
Mais, mener une politique écologiste « intégrale » (et non intégriste) ne doit pas signifier qu'il faille tomber dans une dictature « verte », tout aussi déplorable que la dictature « grise » des industriels du béton ou de l'atome : il s'agit bien plutôt de mener le pays dans la direction d'une politique écologique d'ensemble, et, pour cela, que l’État soit, intimement, la traduction institutionnelle de l'écologie intégrale. La République n'a pas cette capacité d'incarnation que possède, par essence, la Monarchie qui, elle, suit le rythme de la vie, y compris (et d'abord) par celle du souverain même, et se perpétue, naturellement, par la transmission du père au fils, le moyen le plus simple de la succession qui, ainsi, ne doit rien aux pressions de l’Économique ni à celles des féodalités (y compris des industriels du nucléaire et du bâtiment).
En attendant une instauration royale qui paraît encore (malheureusement) assez lointaine, il s'agit d'exercer cette « régence de l'écologie » qui consiste à ne pas laisser passer les possibilités d'une écologie du quotidien et à rappeler constamment les nécessités d'une écologie d’État, juste et mesurée. Polémiquer avec M. Hulot sur le calendrier n'aurait pas grand sens : il importe plutôt de militer pour l'accélérer, par tous les moyens utiles, et d'agir « nous-mêmes », en espérant pour demain, ce « demain nécessaire » pour la France comme pour la vie, tout simplement... Jean-Philippe CHAUVIN
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Propagandastaffel: les gros sabots des bruxellois
« Comment rendre l’Union européenne plus glamour ? » Cette question existentielle est le titre d’un article diffusé sur le site Euractiv et revêt un intérêt évident pour les instances et le lobby bruxellois qui doivent faire face à une fronde grandissante des peuples européens. Leplan com « pour gagner le cœur (des) citoyens » est succinctement détaillé mais laisse entendre que la partie n’est pas gagnée pour les propagandistes d’une UE qui, comme le rappelle Bruno Gollnisch, est devenue largement une machine liberticide fabriquant des chômeurs, des pauvres , ouverte à tous les mauvais vents. Luc Van den Brande, « conseiller spécial de Jean-Claude Juncker », « préconise de nommer des ambassadeurs chics de l’UE et de miser sur les réseaux sociaux » pour (re)gagner les esprits. « L’UE a besoin d’une offensive de charme. Un projet qu’il d’écrit dans son rapport À la rencontre des citoyens de l’Union : une nouvelle chance. Le conseiller soutient la proposition de Jean-Claude Juncker de faire fusionner les postes de président et Conseil et président de la Commission, sérieusement envisagée depuis son discours sur l’état de l’Union au mois de septembre. Il appelle également à une présence plus intelligente sur les réseaux sociaux. »
« Outre l’instauration de dialogues avec les citoyens sur de nombreux sujets poursuit cet article, Luc Van den Brande promeut un éventail d’idées intéressantes, allant de la création d’une circonscription européenne au recrutement de personnalités culturelles et sportives célèbres pour devenir ambassadeurs de l’Union. Des dialogues de nouvelle génération avec les citoyens doivent être lancés, auxquels participeront des personnalités du monde culturel, artistique et sportif, étant donné que la culture et le sport sont les instruments les plus visibles et les plus évidents pour créer un sentiment commun d’appartenance , estime-t-il. » Petite suggestion : pourquoi ne pas faire appel aux personnalités préférées des Français ? Avec un peu de chance Yannick Noah, Omar Sy (knock out), Patrick Bruel, Alain Juppé ou Sophie Marceau pourraient accepter…En terme de glamour, nous serions comblés…
Glamour, la Pologne l’est assez peu dans la grosse presse progressiste, accusée comme la Hongrie de Viktor Orban de toutes les dérives réactionnaires, voire fascisantes depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs du parti Droit et Justice (PiS) en 2015. Un pays en plein dans notre actualité française avec l’annonce d’un plan social au sein de l’entreprise Castorama, qui entraînera la suppression de centaines d’ emplois en France qui seront délocalisés en Pologne sur fond de dumping social; mais aussi avec la traditionnelle (depuis 2009) Marche de l’Indépendance (Marsz Niepodległości ) samedi dernier, qui a rassemblé selon les sources entre 60 000 et 100 000 personnes.
Le Monde détenu par les euro-macronistes Niel, Pigasse (et feu Pierre Bergé) a évoqué « les accents nationalistes, xénophobes et antisémites de (cet) événement spectaculaire ». « Le président conservateur, Andrzej Duda (…) a déploré la présence de bannières apportées par des personnes irresponsables, dont le message est inacceptable pour toute personne honnête en Pologne, parce qu’on ne peut pas mettre un signe d’égalité entre le patriotisme et le nationalisme ».
Cette Marche, « réputée être le plus grand événement fasciste et nationaliste du continent, a rassemblé des participants venus de divers horizons européens. Une participation saluée par certains des orateurs à l’origine du rassemblement, qui ont martelé que la culture chrétienne (était) supérieure à la culture islamique ». Si cette déclaration n’est pas la preuve indubitable d’un insupportable extrémisme…
Il est vrai c’est que certains groupuscules ultra-radicaux et provocateurs avaient aussi pris part à ce rassemblement de manière très visible et bruyante, focalisant comme de juste l’attention médiatique, sans être pour autant représentatifs de la très grande masse des manifestants. Un peu à l’image du tatoué au crâne rasé filmé complaisamment pendant trente ans à tous les défilés frontistes du 1er mai pour faire trembler dans les chaumières…
Dans le quotidien de référence toujours, la parole a été également donnée à Anaïs Voy-Gillis,doctorante à l’Institut Français de Géopolitique (IFG) , militante (membre) de l’Observatoire européen des extrêmes (sic). Mme Voy-Gillis , spécialiste des populismes et des extrêmes droites en Europe, débite à cette occasion un discours plat et convenu, accumulant clichés, vieux poncifs et analyses mille fois ressassées. Le procédé est toujours le même : culpabiliser les Français et les Européens qui se sentent à juste titre menacés dans leurs identités , leurs libertés par le rouleau compresseur du mondialisme et rejetant les sirènes du multiculturalisme.
« Ce type de manifestations a également eu lieu dans plusieurs pays d’Europe, mais aucune n’avait, à ce jour, réuni autant de monde » s’alarme-t-elle. « Ce succès est, si l’on peut dire, dû à un alignement des planètes. Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, il y a une banalisation totale dans le monde occidental de la parole raciste et xénophobe. L’Europe traverse une crise migratoire sans précédent, et doit faire face à des actes terroristes. Les militants d’extrême droite se sentent donc légitimés. » Ou d’ajouter encore : « Il se joue actuellement en Pologne quelque chose qui ne fait réagir personne en France, ni ailleurs. Il y a bien eu quelques prises de position de la part de l’Union européenne, mais aucun gouvernement ne s’émeut vraiment. Le gouvernement au pouvoir est pourtant en train de remettre en cause la démocratie et ses fondements. Le PiS est arrivé au pouvoir en 2015 en remettant en cause la démocratie libérale, contre laquelle il entend lutter. »
En quoi la démocratie libérale , par définition « hors-sol », serait-elle un modèle aussi obligatoire et indépassable que l’étaient avant 1990 les démocraties dites populaires dans les pays de l’Est alors sous le joug du communisme ? C’est une démocratie véritable (au sens étymologique du terme) , une démocratie défendant nos valeurs civilisationnelles, les aspirations nationales qui est aujourd’hui plébiscitée par un nombre croissant d’Européens.
Les élites et officines bruxelloises se préoccupent aussi du (gros) cailloux dans la chaussure du mondialisme libérale-libertaire que représente la Russie de Vladimir Poutine qui est érigée de facto par beaucoup comme le contre-modèle au règne du laisser-faire laisser passer droit-de-l’hommiste et eurobéat.
Le site euractiv (la boucle est bouclée) a ainsi publié un article qui nous informe que les réseaux euroatlantistes reprochent à Federica Mogherini, responsable diplomatie européenne, « de ne pas prendre assez de mesures contre la désinformation russe (…). Les signataires de cette déclaration représentent des secteurs majeurs de la politique occidentale et des centres de sécurité – du vice-président du Parlement européen à l’architecte de la loi Magnitski, Bill Browder, en passant par le responsable de la réponse finnoise à la désinformation russe, Markku Mantila, qui était dircom du cabinet du Premier ministre finlandais, et ancien président de Radio Free Europe/Radio Liberty, Jedmin Jeffrey.»
« Alors que les dirigeants européens ont donné au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) la mission de contrer la campagne de désinformation russe il y a deux ans, l’équipe en question (la East STRATCOM Task Force) manque encore cruellement de personnel avec seulement trois experts nationaux se concentrant sur cette mission cruciale. Le SEAE devrait tripler ses effectifs pour enfin commencer à remplir son mandat sans plus tarder , écrivent les experts. »
Les experts en question « appellent les dirigeants européens (…) à arrêter d’éviter de nommer la Russie en tant que principale source de désinformation hostile, et de prendre des mesures pratiques comme tripler la capacité de l’équipe East Stratcom du Service européen pour l’action extérieure. En face, la Russie ne lésine pas sur les moyens : 300 millions d’euros sont consacrés à la propagande russe chaque année, notamment par les canaux de Russia Today et de Sputnik.»
Petites questions subsidiaires en forme de conclusion: A combien se chiffre quotidiennement au sein des pays de l’UE la très hégémonique et massive propagande cosmopolite, européiste, atlanto-mondialiste, antinationale, antirusse, déversés par tous les canaux médiatiques et autres émissions ou programmes de divertissements ? Et qui la paye?
https://gollnisch.com/2017/11/15/propagandastaffel-gros-sabots-bruxellois/
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TÉPA CAP #1