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actualité - Page 3671

  • Le secrétaire général de l’Enseignement catholique s’en prend à Marine Le Pen

    Dans ses vœux à tous les chefs d’établissement, « et par eux à l’ensemble des communautés éducatives », Pascal Balmand, secrétaire général de l’Enseignement catholique, s’en prend, sans la nommer mais la référence est explicite, à Marine Le Pen. Après une première allusion à « la période électorale que nous vivons », qui « peut s’avérer propice à bien des surenchères, à bien des controverses non maîtrisées comme à bien des simplifications hâtives », Pascal Balmand écrit, et c’est même sa conclusion :

    « Face aux divers courants de balkanisation de notre société, et à l’heure où des voix s’élèvent pour réclamer que les portes de l’École se ferment aux enfants de parents étrangers en situation irrégulière, il en va de notre responsabilité partagée que de rappeler que l’éducation et l’instruction sont un droit pour chacun, et que notre École catholique constitue un service que l’Église propose à tous les parents qui le souhaitent, pour tous les enfants et tous les jeunes. »

    Faudrait-il bientôt mettre ses enfants dans le public pour les faire échapper à la propagande politique… du privé ?

  • Sombre prédiction : le problème de l’Europe va aller en s’aggravant

    Entretien avec Roland Lombardi, spécialiste européen de l’islamisme radical (*)

    L’analyse effrayante du chercheur norvégien Thomas Hegghammer a encore récemment été corroborée par l’attentat de Berlin. Vaincre l’Etat Islamique ne suffira absolument pas et c’est bien l’islam radical sur le plan idéologique qu’il faut combattre.
    Atlantico

    Atlantico : Le Washington Post revenait récemment sur l’argumentaire du chercheur norvégien Thomas Hegghammer qui estime que la situation en matière de terrorisme en Europe est vouée à empirer à l’avenir. Il se base notamment sur la situation de précarité d’une forte part des jeunes musulmans européens, mais aussi sur le retour de combattants du front syro-irakien, entre autres. Un tel constat vous semble-t-il pertinent ? Doit-on craindre une résurgence du terrorisme en Europe ?

    Roland Lombardi : Je pense, en effet, que la menace terroriste risque plutôt de s’intensifier. Daesh affaibli sur le terrain, les volontaires au djihad ont de plus en plus de mal à rejoindre les théâtres d’opération en Libye et surtout en Irak ou en Syrie. Sans parler de ceux qui en reviendront ! De fait, comme d’ailleurs le leur recommandent les responsables de Daesh eux-mêmes, ils seront plus tentés d’agir là où ils vivent, notamment en Europe, le ventre mou de l’Occident. On l’a bien vu avec les derniers attentats qui ont touché la France et dernièrement l’Allemagne.

    Certes, Daesh sera vaincu à plus ou moins long terme. Mais une fois l’EI disparu, un autre mouvement verra sûrement le jour et n’oublions pas qu’Al-Qaïda existe toujours… Ainsi, le problème n’est pas tant les problèmes socio-économiques (même s’ils ont leur importance), ni même le terrorisme (qui est en définitive un mode opératoire comme un autre) ou encore l’organisation (interchangeable) mais bien l’ « idéologie », à savoir le wahhabisme et le salafisme djihadiste, en un mot, l’islamisme conquérant et politique, qui survivra à Daesh et qui sera plus difficile à vaincre…

    On combat le terrorisme par la force et la détermination mais aussi par l’intelligence. Car, en effet, le seul moyen de lutter contre une idée est de lui opposer une autre idée. Le problème est de savoir si, pour l’heure, l’Occident –ou du moins nos dirigeants actuels– a quelque chose de grand, de solide et de sérieux à proposer comme « idée »…

    De plus, n’oublions pas que ceux qui sont en première ligne pour combattre le djihadisme sont les musulmans eux-mêmes et, surtout, les autorités religieuses sunnites. Aussi diverses et divisées qu’elles soient, ce sont elles qui devraient entreprendre une réelle « révolution religieuse » et un véritable « aggiornamento » dans l’islam, comme l’a appelé de ses vœux Al-Sissi, le président égyptien, dans son fameux discours de décembre 2014 à Al-Azhar… Mais ça c’est une autre histoire…

    Quels sont les principaux ressorts et mécanismes qui corroborent cette thèse ? De quelles armes disposons-nous pour intervenir dessus et lesquelles utilisons nous aujourd’hui ? L’état d’urgence est-il suffisant ?

    Malheureusement, l’Europe, géant économique, n’est cependant qu’un nain politique et géopolitique. Elle est pour l’instant démunie. Mais elle est moins démunie « matériellement » que moralement. Je m’explique : en dépit d’un manque de moyens certain, les polices européennes sont relativement efficaces. Les services de sécurité et de renseignement européens s’adapteront rapidement en prenant exemple sur leurs collègues espagnols, italiens et, surtout, français qui ont déjà acquis une certaine expérience dans la lutte contre le terrorisme en général et le terrorisme islamiste en particulier. Par ailleurs, la coopération à ce niveau va inévitablement se développer et monter en puissance. Toutefois, c’est au niveau politique que je suis beaucoup moins optimiste. Quid des inefficaces Accords de Schengen ? Quid de la politique catastrophique concernant l’accueil des migrants ? Quid des divergences de vues sur la Méditerranée et le Moyen-Orient ? Et, enfin, quid du courage de nos dirigeants ?

    Dans ce type de terrorisme, dont le but est clairement de faire éclater les sociétés européennes et déclencher des guerres civiles, il faut tout faire (notamment par des mesures d’exception que les Etats européens se refusent encore à prendre) pour que les citoyens, perdant patience, ne prennent un jour des dispositions dramatiques pour se défendre eux-mêmes. Comment réagiront-ils lorsqu’une école ou un petit village seront attaqués ? Certes, on ne cesse de le répéter, le risque zéro n’existe pas. Toutefois, le danger doit être réduit au minimum. Et c’est là que le bât blesse. On sent très bien que nos dirigeants hésitent et tergiversent. Chose étonnante pour des chefs d’Etat « en guerre » ! Finalement, le sentimentalisme (à géométrie variable), l’angélisme, les idéologies et le manque de courage (et « la diplomatie des contrats » notamment pour la France) sont les véritables plaies des politiques européennes face au terrorisme, à l’islamisme, à la crise des migrants ou face aux bouleversements proche-orientaux. Passons sur le moralisme inquisiteur, la mièvrerie, les mensonges et les manipulations de la plupart des médias européens concernant la crise des « réfugiés » (qui est surtout et d’abord, une grave crise géopolitique pour le continent) ou plus récemment, sur la libération d’Alep. Passons aussi sur certaines élites et intellectuels bien-pensants, parfois décrits comme « spécialistes » du monde arabo-musulman, ceux que Gilles Kepel appelle justement les « islamo-gauchistes », et qui, ne voyant pas plus loin que leurs idéologies faisandées, recherchent encore des excuses et des circonstances atténuantes aux terroristes ! Comble de l’ignominie, certaines de ces belles âmes osent même qualifier les jeunes Français, partis faire le djihad en Syrie ou en Irak, de « vétérans » !

    Comment se préparer à vivre avec le terrorisme en guise d’épée de Damoclès ? Quelles sont les sociétés sur lesquelles il pourrait être possible de prendre exemple ?

     En France, ces derniers temps, certains observateurs ont souvent évoqué l’Etat hébreu comme exemple. Mais « copier » Israël pour vivre avec le terrorisme, comme vous dites, est plus compliqué qu’on ne le pense.

    Vous savez, l’Etat hébreu, depuis sa création en 1948, doit faire face à la guerre. C’est une démocratie en guerre et avec un voisinage dangereux.

    Les Palestiniens et le monde arabe dans son ensemble ne reconnaissent pas son existence. Israël connaît le terrorisme depuis des décennies (prises d’otages, bombes, attaques kamikazes, voiture bélier ou attaque à l’arme blanche). C’est durant la seconde Intifada, dans les années 2000, que ce terrorisme a atteint son paroxysme. Aujourd’hui encore, les attentats sont fréquents (Intifada des couteaux de ces derniers mois).

    Mais si nous pouvons observer une résilience notable chez les Israéliens et si l’Etat hébreu réussit relativement à maîtriser ce phénomène, c’est aussi parce que la population est tout entière mobilisée. Depuis leur petite enfance, les Israéliens savent comment réagir en cas d’attaque ou devant une situation difficile. A leur majorité, la plupart des Israéliens accomplissent leur service militaire (3 ans pour les hommes, 2 ans pour les femmes). Ensuite, durant toute leur vie, ils deviennent réservistes pour des durées plus ou moins longues. Certains spécialistes occidentaux avancent même que les réservistes israéliens ont le même niveau militaire que, par exemple, les parachutistes français ! Quoi qu’il en soit, ils connaissent très bien les armes et savent s’en servir. Le permis de port d’arme est d’ailleurs très facilement délivré en Israël.

    Concernant la lutte antiterroriste proprement dite, l’une des différences avec la France, c’est qu’Israël procède, elle, à des arrestations à la moindre menace et les détentions préventives peuvent durer plus de six mois et sont renouvelables si besoin…

    Les Israéliens utilisent, par ailleurs, leur excellence dans le domaine technologique aussi dans la lutte contre le terrorisme (Facial-recognition scanners, piratage informatique, écoute téléphonique, fichiers informatiques et logiciels ultra-sophistiqués…). Mais ils n’ont jamais délaissé pour autant l’incontournable renseignement humain.

    La lutte antiterroriste de l’Etat hébreu n’a jamais cessé d’évoluer. Elle repose notamment sur trois composantes policières (et non l’armée) qui sont en alerte permanente et dont les chefs, les officiers et les agents sont de parfaits arabisants. Le Shin Beth (ou le Shabak) est le service de sécurité intérieure. C’est un service de contre-espionnage qui mène des opérations antiterroristes. Il est aussi spécialisé dans le renseignement high-tech (écoutes, surveillance des réseaux sociaux…) mais aussi humain (infiltration, « retournement », manipulation…).

    Ensuite, il y a le Mishtara qui est une police civile chargée de la sûreté publique et du maintien de l’ordre. Puis, le Magav est une police militaire qui est chargée de surveiller les frontières et de lutter contre le terrorisme.

    Quant à l’armée, elle n’intervient que très sporadiquement dans la lutte antiterroriste au quotidien sur le territoire israélien. Toutefois, elle conduit régulièrement des opérations dans les territoires occupés.

    Enfin, une partie de la sécurité du pays (cinémas, plages, concerts, boîtes de nuit, centres commerciaux, aéroports, gares, quartiers ou résidences…) est sous-traitée par des sociétés privées dont les agents sont armés.

    La France (comme la plupart de ses voisins européens d’ailleurs), quant à elle, est une démocratie en paix. Elle a déjà connu, certes, des vagues d’attentats islamistes dans le passé (années 1970-1980, années 1990) mais les Français vivent en paix depuis des décennies. Il n’y a plus de service militaire depuis les années 1990. La société française est une société de consommation typique du monde occidental, à savoir matérialiste et très individualiste. J’oserai même dire une société « aseptisée ». D’où l’effroi et l’émotion après les tragédies de ces 18 derniers mois et, surtout, l’absence de réaction violente de la population. Aujourd’hui, avec 5 à 8 millions de musulmans en France dont la grande majorité souhaite vivre et travailler paisiblement, la société française reste toutefois très fracturée et le « vivre-ensemble » n’existe plus que dans les rêves de quelques idéologues.

    Autre exemple souvent cité, l’exemple russe. Là encore, nous sommes dans des univers différents.

    Il y a près de 10.000 mosquées en Russie et la plus grande d’Europe, inaugurée en 2015, se trouve d’ailleurs à Moscou. L’islam est implanté depuis près de 1300 ans dans certaines régions comme le Nord-Caucase, dans l’Oural et près de la Volga.

    Aujourd’hui, près de 15% de la population russe est musulmane, soit entre 20 et 22 millions (la plus importante des minorités) sur 150 millions d’habitants. C’est donc cette proximité très ancienne avec l’islam qui fait des Russes de fins connaisseurs de cette religion. L’Institut d’études orientales (IVA) de l’Académie des sciences de Moscou est justement, avec ses deux cents ans d’existence, l’un des meilleurs centres de recherches et de réflexions sur l’islam et l’Orient de la planète.

    Au XVIIIe siècle, c’est sous l’influence des réformes de la tsarine Catherine II que l’islam russe, essentiellement des Tatars (majoritaires), se réforma pour donner le djadidisme. Pour beaucoup, ce « modèle de Kazan (capitale du Tatarstan) » représente un exemple d’islam moderne, libéral et éclairé par une tradition érudite. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui l’islam de Russie, sans pour autant avoir une autorité centrale, est toutefois relativement discipliné, hiérarchisé et organisé. Il existe notamment de nombreuses institutions représentatives comme l’une des plus importantes et des plus anciennes, l’Assemblée spirituelle des musulmans (DUM) de Russie, créée en 1788 et qui est une autorité administrative chargée de nommer les mollahs et de veiller au respect de la législation russe. Cette institution a évolué au fil des siècles et s’est démultipliée au niveau régional.

    Quoi qu’il en soit, même si elles restent toujours sous étroite surveillance de la part des autorités russes, les diverses organisations musulmanes et les autorités religieuses du pays demeurent dans l’ensemble relativement loyales et fidèles à la patrie.

    Certes, la Russie a été naturellement confrontée aux influences turques et déstabilisée dans ses périphéries par des mouvements djihadistes (Caucase, Asie centrale). C’est pourquoi la Fédération a développé une politique souveraine envers « son islam » et c’est une raison pour laquelle, depuis le début des années 1990, les imams étrangers ont été expulsés et tout financement comme toute influence extérieure, notamment venant des pays du Golfe, sont interdits. D’ailleurs, le wahhabisme, le salafisme ainsi que les Frères musulmans sont proscrits en Russie !

    Dans le Caucase, notamment, le Kremlin a repris le contrôle des imams caucasiens et déverse des millions de roubles tout en s’appuyant, comme justement en Tchétchénie avec le très controversé Ramzan Kadyrov, sur des potentats locaux et féroces qui font régner la paix et l’ordre jusqu’au fond des mosquées…

    Bien sûr, le pays n’est pas pour autant épargné par le même phénomène de radicalisation qui touche les musulmans ou les convertis des pays occidentaux. Par exemple, plus de 2.400 Russes et près de 4.000 ressortissants des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale auraient rejoint les rangs des djihadistes en Syrie. Notons, au passage, qu’officiellement les autorités moscovites ont interdit ces départs. Mais dans les faits, elles ne les ont pas vraiment empêchés. Peut-être même qu’elles les ont parfois facilités afin d’éloigner le danger du territoire national tout en espérant « fixer » à l’extérieur ces « traîtres » pour pouvoir les « traiter » avec plus d’efficacité ultérieurement… comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie.

    Actuellement, en Russie, les imams, les muftis, les théologiens, les savants et toutes les instances religieuses, comme l’Université islamique de Moscou, sont mobilisés au plus haut niveau pour endiguer l’extrémisme religieux et faire redécouvrir l’islam traditionnel. Parallèlement, le pouvoir et les autorités religieuses travaillent main dans la main pour faire concilier islam et patriotisme. En 2015, le Conseil des muftis de Russie a notamment lancé « la doctrine sociale des musulmans russes », un document à caractère patriotique mais précisant la place et le rôle des musulmans dans la vie de la Russie du point de vue des sources du droit musulman comme de la législation russe.

    Par ailleurs, le Conseil des muftis de Russie, le Conseil spirituel des musulmans et le Conseil tchétchène des fatwas ont condamné Daesh comme « ennemi de la religion » et déclaré que ses membres doivent être « traités, non en tant que musulmans, mais en tant que criminels ».

    Quant au puissant FSB (ex-KGB), le service de sécurité intérieure russe (comme le SVR, le service extérieur de l’espionnage russe), il s’active depuis des années à combattre impitoyablement le terrorisme. Car la Russie est, comme la France, une des principales cibles de ce fléau. Cette menace du terrorisme islamiste a toujours été présente sur le sol russe et le Kremlin a pris la mesure du problème il y a déjà bien longtemps. Si le FSB est connu pour son expertise dans la lutte antiterroriste, notamment grâce à son renseignement humain, ses infiltrations voire parfois ses intrigues, ses ruses et ses manipulations (vieilles, mais non moins efficaces, méthodes du feu KGB), les autorités russes sont très bien conscientes que le risque zéro n’existe pas dans ce domaine. Néanmoins, la Russie semble mieux armée que les faibles démocraties occidentales contre ce genre d’attaques. Tout d’abord, parce qu’en temps normal, déjà, les responsables russes sont peu adeptes des Droits de l’homme et de l’Etat de droit. Alors en situation de « guerre », on peut aisément penser qu’ils ne s’encombrent nullement de ce genre de considérations…

    En Russie, les autorités ont moins de scrupules et il n’y a pas d’hésitations ni de tergiversations sur cette question. Du côté de Moscou, les mesures d’exception, parfois très expéditives, et la manière « cosaque » sont préférées aux bougies, aux discours de compassion ou encore aux « numéros verts », et autres « centres de déradicalisation » ou bracelets électroniques… Sur les bords de la Moskova, on écarte donc tout angélisme ou idéologie pour privilégier le fameux « principe de précaution » qui permet d’interner préventivement tout suspect.

    En conclusion, la guerre contre l’islamisme sera longue, difficile et douloureuse. La France, la Russie et Israël sont donc des pays très différents. Français, Russes et Israéliens, nous l’avons vu, n’ont pas les mêmes logiciels mentaux. C’est pour cela que tout n’est, bien sûr, pas transposable mais, si des idées sont bonnes, il est normal que la France s’en inspire.

    Cependant, elle peut tout aussi bien avoir ses propres solutions ou adapter les recettes israéliennes ou russes à la spécificité française.

    D’abord, en aval, je pense qu’il aurait fallu, profitant de l’effroi et de l’émotion générale qui ont suivi les attentats de janvier et novembre 2015, « frapper vite et fort » et imposer des mesures d’exception comme De Gaulle l’avait fait contre l’OAS dans les années 1960. Ainsi, nous aurions pu fermer nos frontières, expulser les étrangers dangereux, fermer la centaine de mosquées salafistes (toujours ouvertes) et, comme en Russie, interdire ce mouvement comme celui des Frères musulmans (interdit aussi en Arabie saoudite) sur le territoire. Avec des mesures d’exception, les 15.000 Fiches S et tous les djihadistes français qui reviennent et reviendront du Moyen-Orient pourraient être neutralisés d’une manière ou d’une autre et une bonne fois pour toutes. Ensuite, il faudra réaffirmer l’autorité de l’Etat et en finir avec le laxisme pénal et la victimisation des délinquants, par exemple en alourdissant les peines, en rabaissant la majorité pénale à 15 ans et en coupant toute aide sociale (effet très dissuasif) aux familles des candidats du djihad et des apprentis terroristes. L’état d’urgence et l’autorisation donnée aux policiers de porter leurs armes en dehors du service ont été de bonnes choses. Pour le coup, nous pourrions ici nous inspirer de l’exemple israélien en revoyant la législation française sur la légitime défense et les armes, notamment pour nos sociétés de sécurité privées, tout en développant notre réserve citoyenne et, pourquoi pas, restaurer un service national qui renforcera par la même occasion notre cohésion nationale.

    En amont, peut-être faudra-t-il, aussi et surtout, une sorte de nouveau concordat avec la création d’un véritable islam de France patriote, sans influences extérieures et dont l’organisation pourrait alors s’inspirer de l’islam de Russie… Par ailleurs, il sera nécessaire d’entreprendre une véritable révolution dans la formation professionnelle et l’éducation nationale, dans le fond (arrêt des repentances et de l’autoflagellation historiques si néfastes pour toute cohésion nationale) comme dans la forme, afin de redonner un roman national aux futurs citoyens français.

    Enfin, à l’international, il faut abandonner notre « Irréalpolitik », revoir nos relations et nos dépendances commerciales avec les monarchies du Golfe et se rapprocher de la Russie. Ainsi, comme elle, nous définirons et adopterons expressément une politique ambitieuse, claire et cohérente en Méditerranée (notre frontière la plus importante) et au Moyen-Orient, basée non plus sur nos seuls profits commerciaux mais sur la défense de nos intérêts vitaux, une lutte impitoyable contre l’islam radical et politique (dans notre intérêt et celui des musulmans) et sur une concrète « ingérence de la coopération ou du co-développement ». Ceci, afin de répondre rapidement et sérieusement, et avant qu’il ne soit vraiment trop tard, aux immenses défis que sont la démographie explosive du Sud et, bien sûr, le terrorisme que nous venons d’évoquer.

    Mais pour cela, il nous faut de vrais hommes d’Etat et non des petits gestionnaires à courte vue…

    Roland Lombardi 25/12/2016

    Source : Atlantico.fr

    (*) Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste chez JFC-Conseil. Il est par ailleurs docteur en histoire, sa thèse étant Les relations franco-israéliennes durant la guerre du Liban (1975-1990), et chercheur associé à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) d’Aix-Marseille Université.

    Voir également : « Bombardements russes sur les alliés américains en Syrie, incident militaire entre l’Arabie saoudite et l’Iran, retrait des Palestiniens des accords d’Oslo : le Moyen-Orient est-il au bord de la déflagration menant à la 3ème guerre mondiale ? »

    http://www.polemia.com/sombre-prediction-le-probleme-de-leurope-va-aller-en-saggravant/

  • Mum, Dad & Kids : Faites bouger l'Europe !

  • Des viols commis par des "migrants" dans plusieurs villes d'Autriche lors du réveillon

    Une information relayée par l'Observatoire de l'islamisation :

    "Les services de sécurité autrichiens ont été sollicités pour des viols commis lors de la nuit du premier janvier 2017, comme ce fut le cas en 2016 (alors que les médias étaient focalisés sur l’Allemagne). 

    Le très sérieux quotidien Der Standard rapporte  dans son édition du 2 janvier, plusieurs cas. A Salzbourg, une allemande de 31 ans a été attaquée sexuellement par un « migrant » afghan de 18 ans, tout comme à Innsbruck (Tyrol) où 11 femmes ont signalé s’être fait agressées par des « Nord-Africains » sur la place du marché, pourtant très fréquentée. A Graz (Styrie) une femme s’est faite violée par un migrant non identifié, entre 26 et 30 ans rapporte la victime. 

    La police avait anticipé (!) en distribuant 6000 « alarmes anti-harcèlement » que les femmes peuvent actionner lors de situations de danger. ( Résumé d’un article original de Breitbart)

    Relire nos précédents articles sur les viols autorisés en islam, notamment par Mahomet concernant les femmes captives issues du butin de guerre."

    Marie Bethanie

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Oui nous sommes chez nous

    JEANNE-1-300x263.jpgDu petit monde syndical à celui de la haute finance, le Front National dérange, est l’objet d’une hostilité plus ou moins clairement manifestée. Comme feu François Chérèque, son prédécesseur, Laurent Berger, le nouveau secrétaire général de la CFDT, expliquait hier sur Europe 1 sa vision de la neutralité politique en cette période électorale : «On va être extrêmement exigeants sur les propositions des candidats (…). Mais on ne va pas s’engager pour un parti. On va intervenir dans cette campagne, dire ce qui est acceptable ou pas, on va faire des propositions». Bien sûr, «la CFDT est profondément en lutte contre le Front National et ses idées nauséabondes» et fera barrage à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en cas de besoin. Mais rassurez-vous braves gens,  «ce ne sera pas un chèque en blanc pour l’autre candidat» (sic). Invitée le même jour de BFMTV, Marine s’inquiétait pour sa part plus sérieusement de l’attitude du secteur bancaire, notant qu’elle était «combattue par les banques» françaises, qui «refusent de prêter à (sa) campagne présidentielle» alors même que le FN est assuré de faire un score lui permettant le remboursement par l’État de ses frais de campagne à la présidentielle et aux législatives dans les limites bien évidemment du plafond autorisé. «J’ai sollicité des banques européennes, anglaises, américaines, russes bien sûr, etc. La première qui me dit oui, j’accepterai !».

    Le microcosme des artistes subventionnés se mobilisent aussi rituellement pour faire barrage au FN et certains frontistes se sont indignés (Florian Philippot, Steeve Briois,  Gilles Pennelle, le député RBM Gilbert Collard…) du dernier film annoncé du réalisateur belge Lucas Belvaux, Chez nous. Il  décrit la manipulation dans une ville du nord nommé Hénart, d’une jeune infirmière à domicile aimée de tous, par les dirigeants  nantis de l’ouest parisien d’un parti d’extrême droite populiste nommé le « Bloc patriotique ». Toute ressemblance…

    Le site d‘E&R a bien résumé ce qui ressort des quelques minutes de visionnage de cette bande-annonce: «des clichés usés jusqu’à la moelle sur le Front National. Un parti nationaliste mené par des bourgeois, qui manipulent leurs électeurs et petits candidats, veulent à tout prix accéder au pouvoir, ne supportent pas les Français d’origine étrangère et sont dirigés par une blonde au regard méchant : on frise le niveau d’un éditorial de Laurent Joffrin. Le film sera-t-il du même acabit ? Probablement, si on en croit Belvaux, qui a voulu, selon ses propres mots, décrire une  parole qui se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins . Quelle créativité, chez ces gens de la  culture ».

    Ni très créatif, ni très courageux en effet, et Ivan Rioufol rappelait avec raison lundi sur RTL que le courage était plutôt  du côté d’un film comme L’Apôtre (2015) réalisée par Cheyenne Caron, qui décrivait la conversion au catholicisme  d’Akim, un  jeune  musulman vivant en banlieue parisienne,  se rendant ainsi coupable du crime d’apostasie et rejeté avec plus ou moins de violence par ses proches. Ce film pourtant  tout  en nuance et même emprunt d’un  humanisme veillant à ne heurter personne,  avait été conspué comme stigmatisant les musulmans  par de nombreux relais communautaires. Il avait été peu ou pas distribué, quasi censuré, des projections  avait été annulées à Nantes et Neuilly, la DGSI craignant notamment  des risques d’attentats, au lendemain   de l’attaque de Charlie Hebdo et des  manifestations pour la liberté d’expression… à géométrie variable.  

    Avec Chez nous, M. Belvaux se défend cependant maladroitement ces dernières heures de tout parti-pris anti FN et met en avant son précédent opus lorgnant du côté de la politique, Les Prédateurs (2007), évoquant l’affaire Elf-Loïk Le Floc’-Prigent-Alfred Sirven, le contrôle de la caisse noire de la société, les détournements de fonds engraissant les partis politiques, Alfred Sirven étant montré dans ce film en train de préparer des valises de billets étiquetés PS, RPR UDF…

    Le cinéaste s’est dit lundi dans l’émission Bourdin-Direct sur RMC/BFMTV « surpris » de la « brutalité » de la réaction de Florian notamment, alors que le vice-président du FN « n’a vu que la bande-annonce »… même si celle-ci est suffisante pour percevoir qu’il s’agit là d’un film caricatural à charge. Avec une belle dose d’hypocrisie, le cinéaste assure que « C’est une polémique à peu de prix qui évite le débat sur le fond du film . Ce n’est pas tant un film anti-FN qu’un film sur le discours populiste et sur comment les gens s’engagent en politique. Ce sont les électeurs qui m’intéressent, pas les partis politiques. »

    Catherine Jacob qui endosse dans ce film de manière très transparente le rôle de Marine Le Pen a tenu peu ou prou le même langage lundi sur le plateau du Grand journal de canal +. «Ils (le FN, NDLR) ont perdu une occasion de se taire puisqu’ils n’ont pas vu le film : il est en fin de mixage». «Le sujet du film, je le précise très clairement, ce n’est pas du tout un biopic contre Marine Le Pen», «le sujet, c’est comment manipuler une très jeune femme qui est une infirmière que tout le monde aime, qui est sur le terrain, et qui se fait manipuler pour être propulsée tête de listes aux municipales alors qu’elle n’y connaît rien». Catherine aussi apparemment…

    En mars dernier dans le quotidien militant anti FN La Voix du Nord, Lucas Belvaux se défendait déjà avec la même maladresse de s’attaquer à l’opposition nationale. «Nous ne citons pas du tout le FN. Il s’agit d’un parti populiste que nous appelons le Bloc. C’est un parti fictionnel déjà présent dans le livre Le Bloc, du romancier Jérôme Leroy (…). J’ai écrit le scénario avec lui, même s’il ne s’agit pas d’une adaptation. Je récupère une série de thématiques.»

    Telerama rappelait également ce  que le film de M. Belvaux doit à Jérôme Leroy qui écrivit, il faut le dire, un article très lucide en juillet 2009 sur le résultat de l’élection municipale d’Hénin-Beaumont, «auteur du livre Le Bloc, qui, selon David Frenkel (producteur engagé, NDLR) , connaît très bien la thématique de l’implantation du Front National dans le Nord.  Il s’est également beaucoup documenté sur Internet et a regardé des documentaires comme Danse avec le FN, de Paul Moreira, qui évoque toutes les composantes de l’électorat frontiste. Ce que l’on veut montrer, c’est que le FN aujourd’hui essaie de se refaire une image mais que son idéologie n’est pas très éloignée de “l’ère Jean-Marie” » (sic).

    En 2002 justement,  trois jours avant la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, fut diffusé dans les salles obscures un méchant et hideux navet, Féroce de Gilles de Maistre. Un film destiné aux jeunes,  pour lutter contre les idées de l’extrême droite selon les propres mots du réalisateur. L’histoire racontait le destin d’un jeune beur de banlieue (le pauvre Sami Naceri) rêvant de liquider le président de la Ligue patriotique, un néo-fasciste violent, tortionnaire en Algérie, et qui après près avoir séduit sa fille, se retrouvera à son tour manipulé, endoctriné, puis assassiné… Gilles de Maistre, courageux mais pas téméraire, assura alors,  comme M.  Belvaux dément aujourd’hui  faire un film contre le FN, que le personnage principal de son film n’était pas Jean Marie Le Pen, ou plus exactement  son absurde caricature d’extrême gauche

    En 2012 nous avons pour le coup échappé au projet du comique Elie Sémoun qui confiait l’année précédente à Cyril Hanouna son souhait de tourner un film sur le FN : «ce serait drôle que moi, petit juif, j’interprète un mec du Front National… Ça va être un sujet très fort. » Un sujet très  fort qui n’a pas vu le jour et peu importe après tout car ce n’est pas un film de plus ou de moins contre le FN – certes financé en large partie avec nos impôts ce qui est très irritant ! –  qui sera décisif dans cette élection. Mais cela  contribue constate Bruno Gollnisch,  au bruit de fond contre le FN, à un degré moindre d’ailleurs que les messages plus ou moins subliminaux diffusés en permanence dans les émissions de variétés, les séries télévisées, les différents programmes du service public…

    Un certain Donald Trump avait également contre lui la quasi totalité de l’industrie hollywoodienne, les pipoles plus ou moins décérébrés, la plupart des intellos  new-yorkais, 95% des gros médias, cela ne l’a pas empêché de gagner en s’adressant directement au peuple, en menant une campagne en rupture avec les codes établis, en promettant aux Américains de leur rendre leur fierté et de rester maîtres chez eux. Alors oui nous entendons aussi en France rester les artisans de notre propre destin, oui nous sommes chez nous ! et avec Marine nous entendons bien le rester.

    https://gollnisch.com/2017/01/04/oui-sommes-chez/

  • Conflits: Comprendre le monde tel qu’il est…

    Conflits_11.jpgPlus que jamais, l’histoire, la géographie et la géopolitique sont indispensables pour appréhender l’actualité. Elles nous préservent des lunettes roses et des bons sentiments, des réactions à chaud et des jugements à l’emporte-pièce qui envahissent l’espace médiatique et politique.

    « Conflits » est la revue qui s’intéresse aux conflits qui émaillent notre monde et aux rapports de force qui les sous-tendent.

    Avec une seule ambition : comprendre le monde tel qu’il est, et non comme nous voudrions qu’il soit.
    2017 s’annonce comme une année particulièrement incertaine : Arrivée au pouvoir de Trump – Élections à risques en Europe – Affrontement Arabie/Iran – Conflits dans les mers de Chine – Troubles dans le Sahel, au Maghreb, au Venezuela, en Turquie, en Ukraine… – Nouveaux flux migratoires – Inquiétudes sur les taux d’intérêt…

    Nous ne prétendons pas vous annoncer ce qui va se passer, mais vous aider à prendre conscience de ce qui peut se passer. »

    Pascal Gauchon
    Directeur de la revue

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/conflits-comprendre-le-monde-tel-quil-est_175459.html#more-175459

  • Le camp de Marine Le Pen tente de relancer le hashtag FillonGate

    Apparu fin 2014 lorsque François Fillon fut soupçonné d’avoir demandé au secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet de porter l’estocade judiciaire contre Nicolas Sarkozy, le hashtag FillonGate a été repris par les partisans de Marine Le Pen. Et à une heure du passage de l’ancien premier ministre au 20 heures de TF1, les attaques redoublent d’intensité sur Twitter, mettant notamment en cause son activité professionnelle et ses revenus, dont il n’a pas communiqué la provenance.

    Lire la suite

  • François Fillon a fait 107 ans de mandats cumulés

    Adjointe déléguée à la Santé auprès du maire PS de Rennes, Charlotte Marchandise-Franquet a été désignée candidate à l'élection présidentielle par les internautes, avec 50,64% des voix, lors de la primaire citoyenne La Primaire.org, dont l’objectif est de porter un candidat citoyen, non encarté, à la présidentielle. Non encartée mais de gauche, puisqu'elle a été élue sur la liste PS à Rennes, elle choisirait bien Dominique de Villepin comme ministre des Affaires étrangères :

    "C’est la personne qui m’a le plus convaincue, même si ça n’est pas mon bord politique théorique. Eh bien, je veux bien qu’il soit mon ministre".

    Il y a eu 126000 inscrits et 16 candidats sur La Primaire.org.

    La candidate avoue ne pas se retrouver dans les autres candidatures à la présidentielle :

    "Ce sont des gens qui sont élus depuis très longtemps : Jean-Luc Mélenchon ça fait trente ans qu’il est élu, François Fillon ça fait 107 ans de mandats cumulés. Je ne me reconnais pas non plus dans la méthode. Il y a plein de propositions, mais il n’y a pas de méthode".

    Pas mal comme méthode. J'ai compté 57 ans de mandats cumulés pour Manuel Valls. Et les autres ?

    par Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/01/fran%C3%A7ois-fillon-a-fait-107-ans-de-mandats-cumul%C3%A9s.html

  • Il n’y aura pas de partition de la Syrie

    En février, quand Alep-Est contenait encore plein de combattants formés en Occident, alliés à Al-Qaïda, la question a été posée au président syrien Bashar el-Assad : « Pensez-vous pouvoir reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien ? »

    Il avait alors répondu positivement : « C’est un objectif que nous cherchons à atteindre sans aucune hésitation. Il n’y a pas de sens pour nous de dire que nous allons en abandonner une partie [du territoire syrien]. »

    Mais ce n’est pas le cas des hommes politiques occidentaux.

    D’abord, c’est le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui a informé de façon évasive la Commission des relations étrangères du Sénat que l’administration de Barack Obama pouvait avoir un plan B pour la Syrie : « Il se peut qu’il soit bientôt trop tard pour préserver l’intégrité de la Syrie, si nous attendons plus longtemps. »

    « Les néo-conservateurs frénétiques et les interventionnistes libéraux insistent sur l’idée de « partition » – faisant peu de cas de cinq années de pronostics erronés »

    Ensuite, James Stavridis, ancien commandant suprême de l’OTAN et chef du commandement européen des Etats-Unis a écrit un article pour Foreign Policy, intitulé Il est l’heure de considérer sérieusement la partition de la Syrie, dans lequel il indiquait : « La Syrie en tant que nation est de plus en plus une fiction. »

    Puis, le directeur de la CIA John Brennan a rejoint le chœur : « Tant de sang a été versé, je ne sais pas si nous serons en mesure de revenir à [une Syrie unifiée] de mon vivant. »

    Mais dorénavant, la cuisante défaite des combattants soutenus par l’Occident à Alep-Est a rebattu les cartes concernant l’idée de la désintégration de la Syrie. Les néo-conservateurs frénétiques et les interventionnistes libéraux insistent sur l’idée de « partition » – faisant peu de cas de cinq années de pronostics erronés assurant que « Assad allait partir ».

    Mais Bachar el-Assad comprend quelque chose que les analystes occidentaux, les journalistes et les hommes politiques n’arrivent pas à saisir. Les alliés de la Syrie dans cette guerre – l’Iran, le Hezbollah, l’Irak, la Russie, la Chine – n’ont maintenu que deux lignes rouges tout au long du conflit :

    la première est que Bachar el-Assad ne peut être destitué que par une élection nationale, par une majorité de Syriens.

    La seconde est l’intégrité de la Syrie.

    Leur logique est simple. Le changement de régime, le retraçage des frontières, les combats de mercenaires par procuration, diviser pour régner… les vieux trucs de l’hégémonie occidentale devaient cesser d’être utilisés en Syrie. Sinon, ils trouveraient à qui répondre à Moscou, Pékin et Téhéran.

    En bref, un nouvel ordre mondial devrait apparaître sur les cendres du conflit syrien et pour cela, les alliés devront soigneusement contrecarrer les objectifs de l’OTAN et du Conseil de coopération du Golfe et maintenir à tout prix l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Etat syrien.

    « La Russie et la Chine ont pesé « de toutes leurs forces » dans ce nouveau développement – soit au Conseil de sécurité de l’ONU, soit par des moyens militaires et financiers ou par des actions diplomatiques »

    Le changement calculé dans l’équilibre du pouvoir

    En 2013 on pouvait déjà prédire la formation d’une nouvelle alliance au Moyen-Orient, focalisée sur la sécurité et visant à combattre la menace djihadiste qui fait rage en Syrie et dans les pays voisins.

    Il était déjà clair à l’époque que les guerres irregulières menées par les djihadistes et leurs puissants donateurs étrangers allaient forces ces quatre pays – le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran – à coopérer dans le domaine militaire et politique pour éradiquer de leurs territoires les groupes terroristes influencés par les wahhabites.

    L’« Arc de sécurité » serait formé d’une façon qui permettrait de protéger l’intégrité territoriale de ces quatre pays, et, en parallèle, adopter une vision du monde convergente qui ouvrirait la voie vers un nouveau système sécuritaire au Moyen-Orient.

    Aujourd’hui, le Liban et l’Iran partagent des frontières sûres avec respectivement la Syrie et l’Irak. Les combattants, les conseillers militaires, les services de renseignement, les transferts d’armes de ces quatre pays sont en jeu, avec une coordination accrue et efficace sur terre et dans les airs.

    La Russie et la Chine ont pesé « de toutes leurs forces » dans ce nouveau développement – soit au Conseil de sécurité de l’ONU, soit par des moyens militaires et financiers ou par des actions diplomatiques. Outre cela, galvanisées par la lutte féroce autour de la Syrie, Téhéran, Moscou et Pékin ont promu un nouvel ordre mondial multilatéral après lequel ils couraient – en assurant leur propre sécurité régionale, en renforçant les alliances globales, en en établissant de nouvelles et en créant des institutions politiques, financières et sécuritaires afin d’en finir avec celles contrôlées par l’Occident.

    Après le succès de l’« Arc de sécurité » dans la lutte contre les groupes extrémistes, il a paru nécessaire pour ces trois Etats voisins d’impliquer d’autres participants dans cette nouvelle architecture de sécurité régionale – l’Egypte, la Turquie et la Jordanie – chacun d’entre eux pour des motivations différentes.

    Mais de nouveaux adhérents pourraient rejoindre cette zone de sécurité, essentiellement parce qu’ils comprennent qu’un gouvernement central affaibli et la fragmentation de la Syrie déborderait dans leurs pays et y créerait des conditions similaires : chaos, instabilité, terrorisme.

    Egypte : Sous la direction du Président Abdel Fattah al-Sissi, l’Egypte s’est détournée de ses mécènes saoudites, qui étaient, aux côtés du Qatar et de la Turquie, les principaux sponsors de l’extrémisme en Syrie et en Irak. Plus tôt cette année, Sissi a commencé à se détourner des alliés traditionnels de l’Egypte en Occident et dans la région, en ouvrant la porte à des relations approfondies dans les domaines politique, militaire et économique avec la Syrie, l’Iran, la Russie et la Chine.

    « Pour la Syrie, il n’y avait pas de bête noire plus grosse que la Turquie »

    Le docteur Christina Lin, professeur de l’Ecole des études internationales avancées de l’Université John Hopkins, explique : « Contrairement à Washington, Sissi considère Assad comme un rempart laïque s’érigeant à l’extrémisme islamique dans le Levant. Si Assad venait à être renversé, le Liban et la Jordanie suivraient, et l’Egypte ne veut pas finir comme la Libye à se faire dépecer entre les Frères musulmans et autres islamistes. »

    Au cours de ces derniers mois, l’Egypte visait un dégel diplomatique à l’égard de l’Iran et une coopération militaire avec la Syrie, en se disputant publiquement avec l’Arabie saoudite. Outre cela, elle a été invitée par la Russie et par l’Iran à s’asseoir à la table des pourparlers de paix. Tandis qu’en arrière-plan, la Chine lance en Egypte un projet d’investissement en infrastructures, à hauteur de 60 milliards de dollars, dans un pays à court d’argent.

    Turquie : Pour la Syrie, il n’y avait pas de bête noire plus grosse que la Turquie – le sponsor, l’exécuteur et l’organisateur du militantisme djihadiste qui traverse sa frontière sud dans une Syrie déchirée par la guerre. Mais le conflit syrien, à son tour, a estropié et épuisé la Turquie, en entrainant des attaques terroristes dans ses villes, en relançant le conflit « kurde », en isolant son président imprévisible, Recep Tayyip Erdogan, en paralysant son économie et en déclenchant des troubles politiques internes.

    Alors, quand les Russes ont soi-disant averti Erdogan du coup d’Etat manqué de cet été – que les Turcs estiment être initié pas les Etats-Unis – l’orientation politique du président turc a commencé à se retourner, et il a commencé à avancer vers une série de compromis avec l’Iran et la Russie sur le conflit syrien. Le premier grand geste d’Erdogan envers Téhéran et Moscou était de débarasser Alep d’une partie de ses combattants, en permettant ainsi aux forces alliées de la Syrie de concentrer leur pouvoir militaire sur les groupes affiliés à Al-Qaïda qui tenaient l’enclave Est.

    « Pendant la majeure partie du conflit syrien, les intérêts de la Jordanie ont été bousculés par d’encombrants parrains »

    A la suite de la libération d’Alep, les Turcs, les Iraniens et les Russes se sont rencontrés pour déterminer une autre série d’objectifs, y compris un cessez-le-feu au niveau national – une démarche qui a laissé de côté les alliés occidentaux d’Erdogan, soulignant le fait que personne n’a vraiment besoin des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de la France à la table syrienne des négociations.

    Jordanie : Pendant la majeure partie du conflit syrien, les intérêts de la Jordanie ont été bousculés par d’encombrants parrains qui ont transformé le Royaume hachémite en un centre d’opérations clandestines des services secrets occidentaux, des agents du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des centres de formation des rebelles. Mais ces dernières années, le roi Abdullah de Jordanie a été contraint de s’occuper de son pays, financièrement exsangue par les conséquences engendrées de l’afflux massif de réfugiés syriens et par une explosion terrifiante du radicalisme intérieur. Du coup, la Jordanie a discrètement échangé des informations avec les autorités syriennes pour affaiblir le militantisme dans le sud de la Syrie et a fini par fermer sa frontière commune.

    Le roi lui-même s’est engagé dans une sortie de navette diplomatique frénétique entre la Russie et la Chine, afin d’obtenir des investissements et une légitimité politique, pour que la Jordanie se trouve dans une position confortable pour suivre l’exemple de ses plus grands voisins, tandis que la tendance régionale des renversements de pouvoir tourne très nettement en faveur de la Syrie.

    Ce sont les vainqueurs qui définissent l’avenir, non les vaincus

    La libération d’Alep-Est des combattants alliés à Al-Qaïda, est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Les principales régions les plus peuplées et à l’infrastructure la plus développée, qui vont du nord au sud la partie ouest du pays, sont maintenant en majorité contrôlées par le gouvernement.

    De plus, la libération d’Alep sert de rampe de lancement pour supprimer le corridor vital qui va de la Turquie à Mossoul, qui fournit combattants, équipements militaires et armes à Daesh depuis des années. Les troupes syriennes et leurs alliés seront maintenant capables de virer plein est, vers l’Euphrate, afin de couper cette ligne de vie entre la Turquie et l’Etat islamique.

    « Les guerres récentes démontrent qu’une autorité centrale faible ne crée que du vide politique et sécuritaire dans lequel les extrémistes se précipitent »

    Avec les points névralgiques de l’ouest syrien sécurisés et les combattants djihadistes sérieusement diminués dans le sud, seules les régions du nord-est posent un défi – mais ces régions sont occupées en majorité par Daesh, où les batailles finales seront menées pour mettre en déroute le groupe terroriste.

    Alors, qui exactement les Américains veulent-ils diviser, et pourquoi ?

    Les récentes guerres en Afghanistan, en Irak au Yémen et en Libye démontrent clairement qu’une autorité centrale faible ne crée que du vide politique et sécuritaire dans lequel les extrémistes se précipitent pour le remplir. Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré lui-même qu’il préférait le règne d’hommes forts plutôt que l’instabilité qui prévaut lors des conflits de changement de régime. Ce sont l’Etat islamique et Al-Qaïda qui bénéficient essentiellement du démembrement de la Syrie – et toutes les parties au conflit en sont conscientes.

    Les pays de l’« Arc de sécurité » et leurs alliés peuvent éradiquer de manière compétente le terrorisme sur leur sol. La Turquie et les Etats-Unis restent cependant des points de friction majeurs, luttant toujours, contre leurs propres intérêts sécuritaires, pour réclamer leurs droits sur des bandes de territoire du nord-est qui présentent à leurs yeux un intérêt stratégique.

    Ce qui est amusant au passage, c’est de voir les intérêts opposés de deux alliés de l’OTAN. Le « projet kurde » des Etats-Unis a fait fuir Erdogan vers les Iraniens et les Russes pour leur demander de l’aide. C’est vraiment ironique que les efforts continus de l’Occident visant à semer la discorde entre les acteurs régionaux, les sectes et les groupes ethniques, puissent se retourner d’un seul coup par le soutien que les Américains fournissent aux nationalistes kurdes. Il n’y a pas de meilleur moyen d’assurer la solidarité entre Arabes, Iraniens et Turcs, que la perspective de l’unification de l’Etat kurde. Même la menace de l’Etat islamique n’en a pas été capable.

    Après la victoire d’Alep, Assad s’est de nouveau prononcé sur la partition : « C’est l’espoir de l’Occident et de certains pays dans la région. Si vous regardez la société d’aujourd’hui, la société syrienne est plus unifiée qu’elle ne l’était avant la guerre. Il est hors de question que les Syriens l’acceptent – je parle maintenant d’une grande majorité de Syriens. Après presque six années [de conflit], je peux vous dire que la majorité des Syriens n’accepteront rien de lié à une désintégration – bien au contraire. »

    « Vous n’éliminerez jamais une menace à votre sécurité si vous ne l’écrasez pas et ne préservez pas l’Etat »

    Il a raison. Pour plus de 70% de Syriens habitant dans des régions contrôlées par le gouvernement, la volonté de continuer la guerre est nulle – et c’est ce que la partition impliquerait : encore des conflits. En outre, non seulement les Syriens, mais tous les pays de l’Arc de sécurité et leurs partenaires sont déterminés plus que jamais à se protéger, en éradiquant le terrorisme qui demeure dans des poches internes à leurs territoires. Comme Assad – et une grande partie de l’Europe aujourd’hui – ils savent que vous n’éliminerez jamais une menace à votre sécurité si vous ne l’écrasez pas et ne préservez pas l’Etat.

    Dans le contexte sécuritaire, la partition est hors de question. Dans le contexte militaire, une partition forcée exigera l’engagement de troupes plus puissantes que les armées syrienne, russe, iranienne, égyptienne et du Hezbollah réunies – ce qui est impossible. Dans le contexte politique, la volonté internationale pour une partition « imposée », est nulle.

    Donc non, il n’y aura pas de partition de la Syrie.

    31 décembre 2016

    Sharmine Narwani est politologue et analyste des relations internationales, spécialiste en géopolitique du Moyen-Orient. Elle écrit des articles pour des journaux tels que WashingtonPost, NewYorkTimes, Huffington Post, USAToday et Al Jazeera.

    http://www.voxnr.com/7425/il-ny-aura-pas-de-partition-de-la-syrie