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actualité - Page 4242

  • L’Europe condamnée à réaliser le rêve allemand

    L’Europe est une scène sur laquelle se joue une pièce dont chaque acte est déjà gravé dans le destin de l’Allemagne. Le rêve allemand, produit au fil des siècles et des idéologies, n’a eu de cesse de conduire le vieux continent vers l’avènement de sa modernité – aujourd’hui, il est sur le point de se réaliser pleinement, sous sa forme la plus parfaite et la plus destructrice.
    « L’Europe après la pluie », Max Ernst, 1942
    Depuis 1945, le complexe hérité du nazisme et le souvenir encore pesant de la Seconde guerre mondiale étouffent par avance toute velléité allemande de rayonnement idéologique, théorisé et assumé comme tel. Il existe pourtant bel et bien un rêve allemand, qui dépasse largement le simple « modèle économique » dont l’essoufflement se fait d’ailleurs déjà cruellement sentir. Contrairement au paradigme simpliste du rêve américain, qui ne constitue finalement qu’un standard minimum de consommation vaguement enveloppé dans quelques principes de morale collective bon marché, le rêve allemand apparaît comme le prolongement naturel d’un mouvement puissant et ancien. Il est l’horizon vers lequel tendent cinq siècles de philosophie – la résolution d’un drame aux dimensions européennes. Encore faut-il, pour le reconnaître, ne pas céder à la tentation pernicieuse de la déconstruction des identités nationales, qui s’évertue à réduire l’idée même d’Allemagne à un projet politique datant de la fin du XIXe siècle, comme elle le fait tout aussi fallacieusement au sujet de l’Italie, et même de la France, à qui elle concède toutefois une ancienneté remontant à 1789. L’Allemagne, sous la forme diffuse mais concrète d’une ambition historique, a préexisté à l’État allemand, dont la forme actuelle n’a d’ailleurs que vingt-cinq ans d’existence, et c’est celle-ci qui a essentiellement tracté l’Europe sur la voie de la modernité, comme si le destin tout entier du continent avait toujours été contenu dans l’esprit allemand.
    C’est depuis l’Allemagne que souffla le vent de la Réforme, qui annonça la substitution de l’homme à Dieu et préfigura la fin du Moyen Âge et l’avènement, à la fin du XVIe siècle, de l’humanisme comme doctrine politique. C’est en Allemagne que le rationalisme s’exprima sous sa forme la plus aboutie, notamment à travers la Critique de la raison pure de Kant. C’est encore en Allemagne que jaillit la source du romantisme, qui inonda par la suite l’Europe jusqu’à noyer l’homme sous le flot irrésistible de l’individualité, avant que la psychanalyse, elle aussi conçue dans la sphère d’influence spirituelle allemande, ne l’achève à son tour. Enfin, le marxisme, le nazisme et la social-démocratie, ces trois idéologies qui gouvernèrent le XXe siècle, germèrent dans des esprits allemands, comme si tout ce que l’histoire de la modernité en Europe comptait de forces et d’aspirations plongeait ses racines dans ce sol fécond : à la pointe la plus avancée de cet arbre s’étirant infatigablement vers le ciel du progrès, nulle surprise alors de retrouver le rêve allemand. Ce que l’avenir réserve à l’Europe fermente déjà sous une quelconque forme en Allemagne.
    Qu’est-ce que le rêve allemand ?
    écrire la forme concrète que revêt l’inconscient historique à un moment précis de son développement se révèle être une entreprise nécessairement imparfaite et parcellaire. Néanmoins, trois caractéristiques principales se dégagent de cet idéal contemporain, tel qu’il se présente en ce début de siècle, et auquel l’Europe entière aspire désormais.
    – La mort du politique.

    Réduit depuis déjà quatre décennies à des options d’agrément allant de l’écologie tertiarisée au conservatisme bourgeois, le débat politique allemand constitue le point de convergence de toutes les évolutions politiques européennes d’après-guerre, précurseur du consensus libéral auquel se rallient même les formations d’extrême-gauche. Main dans la main, au sein d’une unique coalition, droite et gauche administrent un vaste espace économique ouvert – outre-Rhin, c’est bel et bien un gouvernement conservateur qui accueille avec bienveillance les réfugiés qui se pressent aux portes du pays et de ses usines, sous les encouragements de la grande industrie. Là encore, l’Allemagne a ouvert la voie empruntée progressivement par l’Europe et ses institutions, à l’échelle desquelles les nuances nationales et partisanes deviennent imperceptibles, et où seul demeure l’impératif de performance économique, c’est-à-dire la libre-circulation des biens, des capitaux et des individus.
    – Le règne de l’individu.
    Mètre-étalon sacré de la modernité politique, l’individu représente une unité sacrée, dont la Constitution allemande garantit les libertés avec une rigueur que peu d’idéologues des droits de l’homme auraient même espérée. Annonçant une fois de plus la ligne bientôt suivie par la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme, cette sacralisation juridique de l’individu rend bien évidemment caduque toute idée de morale collective ou nationale, et consacre le droit singulier, abstrait et atemporel. Face aux traditions d’un pays, le justiciable souverain jouit d’une relation jalouse et directe avec les juges qui le protègent comme un enfant capricieux qui se tourne vers sa mère lorsque l’autorité du père entrave ses désirs. Protection de l’individu face aux contraintes collectives, de l’entreprise face aux obligations sociales, des exceptions face à la règle générale. Le communautarisme n’étant que le prolongement, au niveau du politique, de ce qu’est l’individualisme au niveau de la société, il n’y a donc rien d’étonnant non plus à ce que l’Allemagne compte parmi les États ayant le plus tôt et le plus absolument souscrit à ce modèle : l’immigré voit sa langue, sa culture et sa religion élevées au rang de droits souverains et opposables à toute nécessité d’adaptation à son pays d’accueil, perçue comme liberticide – l’exception face à la règle, l’individu face à la société, le particularisme communautaire face au bien commun historique.
    – La disparition de l’histoire.
    De manière logique, l’effacement de toute référence au passé au profit d’une fuite en avant motivée par le fantasme d’une identité artificielle s’est réalisé sans trop de difficulté en Allemagne, compte tenu des affres du passé. Si la résistance instinctive des peuples se révèle plus marquante au sein d’autres nations, comme au Royaume-Uni, en Italie, et même en France, il est indéniable, une fois de plus, que l’Europe entière souffre de ce complexe où se mêlent culpabilité post-coloniale et refus d’assumer ses racines chrétiennes. Détruisant le complexe et subtil entrelacs de duchés, de marches et de royaumes ciselé par les siècles, les contours mêmes des Länder allemands, dès l’après-guerre, apparaissaient comme l’effroyable préfiguration de l’artificialité des découpages géographiques qui attendaient la France vingt ans plus tard, et qui constitueront le paysage des super-régions européennes de demain. La structure éminemment artificielle qu’est la fédération d’États alimente les rêves des bâtisseurs de l’Europe supranationale ; inutile de préciser où ceux-ci portent leur regard pour nourrir leur imagination. Dans l’imaginaire des promoteurs du déracinement, l’Allemagne devient une sorte d’association de régions, une simple structure juridique vieille de moins d’un siècle, sans passé avouable ou unifié, tournée toute entière vers un avenir économique justifiant tous les sacrifices identitaires.
    Si l’Allemagne exerce une telle influence sur l’Europe, ce n’est pas seulement en vertu de ses performances économiques – qui finiront bien un jour par ne plus être à la hauteur de ses attentes et de ses besoins. Elle ne conduit pas l’Europe comme on accepterait gravement une lourde responsabilité ; c’est l’Europe qui la poursuit comme la trace laissée derrière elle par une comète. L’idéal européen, celui de l’aventure moderne enfin achevée, c’est le rêve allemand enfin réalisé, la Réforme triomphant des ruines de Rome, les Lumières terrassant le Moyen Âge et l’individu se libérant des chaînes de l’Histoire. L’Allemagne n’y est finalement pour rien : elle n’est que le prophète que la providence a condamné à annoncer l’avenir du continent, c’est-à-dire sa propre destruction. Ce nihilisme, c’est encore un génie allemand qui le plus lucidement l’avait distingué à l’horizon, mettant en garde contre sa splendeur et ses ravages.

    Alexis Bétemps

    http://philitt.fr/2015/12/10/leurope-condamnee-a-realiser-le-reve-allemand/

  • Non, décidément, M. le Président, nous ne sommes pas fiers de vous

    Même au niveau rhétorique, M. Hollande n’est pas à la hauteur.
    Dans les vœux du Président, qui se voulaient pleins de la gravité nouvelle qui est désormais son gilet de sauvetage jusqu’en 2017, on sentait bien l’effort des communicants pour hisser François Hollande au niveau rhétorique qu’exigerait la situation.
    Et il est vrai qu’il était bienvenu de regarder 2015 comme une « année terrible ». Mais la belle référence hugolienne était aussitôt neutralisée par ce fameux « salon Napoléon III » dont on nous rebattait les oreilles depuis le matin. Napoléon le Petit nous parlant d’année terrible, c’était à y perdre son catéchisme républicain… Et puis, on se demandait comment M. Hollande qualifierait 2016, pour ces derniers vœux, l’an prochain, au cas où cette nouvelle année serait encore plus « terrible » que 2015…
    Et, en effet, l’hypothèse était étayée par les mots du Président lui-même, et son « Je vous dois la vérité » nous préparant à d’autres attentats. Sauf que l’effet en était dévastateur. Car la vérité, nous aurions aimé l’entendre dans les vœux de l’an dernier, quand nous écrivions : « M. le Président, il est temps de parler ou de partir. » Vous vous souvenez, ces vœux prononcés assis, devant un immense bureau… vide. Donc, pour ses quatrièmes et avant-derniers vœux, le Président nous devait (enfin) la vérité.
    Mais l’effet en était d’autant plus dévastateur que, derrière cette formule, il y avait, en grandes lettres subliminales, le « Mon devoir est de vous le dire », les mots de Marine Le Pen dans son discours du 14 novembre… Ainsi, quand M. Hollande semble prendre un peu de hauteur dans le discours, c’est celui de Marine Le Pen qui émerge.
    Et M. Hollande a tendance à se servir de plus en plus souvent dans la besace décidément bien garnie de Mme Le Pen : outre cette déchéance de nationalité dont il ne maîtrise plus le destin, il y a donc ses mots qui remontent dans son nouveau discours. Et l’un des plus beaux – la patrie – qui, jusqu’à ce 31 décembre 2015, n’avait pas eu l’honneur de trôner dans les vœux de M. Hollande. Comme pour se rattraper, il lui infligea la torture de sa figure de style préférée (et qu’il faudra désormais proscrire dans tous les manuels de communication politique) : l’anaphore « La patrie, c’est… Et la patrie, elle…, etc. » Et la magie ou la force du mot se dissipait…
    Enfin, il y eut ce paternel « Français, je suis fier de vous ! » Et plus que l’image du père, c’est celle du manager d’une entreprise ou d’un entraîneur sportif félicitant son équipe qui se dégageait. À cause du ton, de la voix, de l’élocution. De l’inadaptation du personnage à la fonction. Toujours ce même aplatissement trivial.
    Non, décidément, M. le Président, nous ne sommes pas fiers de vous.

    Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVkppEpukTtFKDIJA.shtml

  • Allemagne : une centaine de femmes agressées sexuellement par des foules d’immigrants dans le centre de Cologne pendant la Saint-Sylvestre

    « Environ un millier de migrants apparemment originaires de pays arabes se sont amusés pendant le réveillon dans le centre de Cologne en Allemagne en lançant des feux d’artifice dans la foule et en assaillant sexuellement les femmes allemandes qui avaient le malheur de se trouver là.
    Cette information politiquement incorrecte commence à faire surface comme ici et ici en allemand dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung etici en anglais sur le site Breitbart.
    Au moins 90 femmes ont été victimes d’attouchements et de menaces de viol et/ou de vêtements et sous-vêtements arrachés par les jeunes hommes visiblement fraîchement arrivés en Allemagne. Outre les dizaines d’agressions sexuelles, il y a eu de nombreuses agressions avec vols perpétrés par ces groupes de « migrants » pendant la nuit du réveillon. Des femmes ont aussi été violées à la gare cette nuit-là. Pour le syndicat de police allemand cité par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « c’est une dimension complètement nouvelle de la violence. Quelque chose que nous ne connaissions pas. » »

    Source

    http://www.contre-info.com/

  • [version longue] 2016 : une crise économique pire qu'en 1929 (O. Delamarche, O. Berruyer, F Lordon )

  • Les terroristes du 13 novembre étaient bien drogués au Coran

    Les résultats des expertises toxicologiques effectuées sur les neuf terroristes du 13 novembre et sur la cousine d'Abdelhamid Abaaoud montrent qu'ils n'avaient pas consommé de drogue ou d'alcool.

    En revanche ils étaient drogués au Coran, avec par exemple la sourate 8 :

    • 8.39. Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils oeuvrent.
    • 8.57. Donc, si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu'ils se souviennent.
    • 8.60. Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d'effrayer l'ennemi d'Allah et le vôtre, et d'autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu'Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d'Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.
    • 8.65. O Prophète, incite les croyants au combat. S'il se trouve parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s'il s'en trouve cent, ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent pas.
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/01/les-terroristes-du-13-novembre-%C3%A9taient-bien-drogu%C3%A9s-au-coran.html
  • Qui veut quitter la Sécu (et le RSI) en 2016?

    « Quitter la Sécu » est devenu, assez curieusement parce que rien ne l’explique facilement, une idée de plus en plus répandue auprès d’un certain nombre d’assurés. Certes, les méfaits toxiques du RSI encouragent les indépendants à chercher une issue de secours pour échapper au désastre. Mais en dehors de cette visée immédiate, c’est bien le principe même de la liberté d’affiliation qui est de plus en plus revendiqué.

    Voici un petit tour d’horizon des mouvements qui livrent une guerre à l’obligation d’affiliation.

    La Sécu et Claude Reichman

    Historiquement, le combat pour la « libération de la protection sociale » fut porté par Claude Reichman, par ailleurs engagé politiquement sous une étiquette libéral-conservateur qui le conduisit à soutenir l’Union Patriotique, dans la mouvance de Jean-Marie Le Pen. Chirurgien-dentiste de son état, Reichman a surtout acquis une notoriété grâce à son Mouvement pour la Libération de la Protection Sociale (MLPS), qui combat activement l’obligation d’affiliation à la sécurité sociale.

    Dans la pratique, la stratégie de Reichman repose largement sur des actions individuelles d’assurés qui tentent de faire valoir leur droit à quitter la sécurité sociale devant les tribunaux auprès desquels ils sont régulièrement condamnés.

    Le MLPS ne pratique ni l’action de groupe (difficile à réaliser dans ce domaine) ni la saisine des cours européennes. Une certaine opacité règne sur l’effectivité de son action.

    Reichman a néanmoins marqué la lutte contre l’affiliation obligatoire à la sécurité sociale en arguant de la fin de ce monopole du fait du traité de Maastricht.

    Le mouvement des libérés contre la Sécu

    Dans le sillage de Claude Reichman a pris forme une sorte de collectif de fait appelé le Mouvement des Libérés. Ce regroupement d’assurés engagés dans un processus d’émancipation vis-à-vis de la sécurité sociale donne des conseils sur la meilleure façon de « sortir de la Sécu » et publie des témoignages de cotisants qui ont suivi ce chemin.

    D’une certaine façon, le Mouvement des Libérés a la physionomie d’une coordination syndicale telles que certaines sont apparues dans les années 90. Plutôt que de s’organiser de façon rigide autour d’une structure hiérarchisée, ce mouvement privilégie le recueil des bonnes volontés et l’action concrète de terrain.

    L’un des enjeux du mouvement consiste désormais à faire reconnaître le caractère mutualiste de la sécurité sociale française, afin de la rattacher à la directive assurances de 1992, affirmant l’application du principe de libre concurrence dans ce secteur. 

    L’alliance des professions de santé face à la Sécu

    Ce combat pour une reconnaissance du statut mutualiste à la sécurité sociale française est désormais mené parallèlement par un syndicat au sens de la loi de 1884 appelé l’alliance des professions de santé. De création récente, ce mouvement très actif vient notamment de déposer une plainte auprès de l’Union Européenne pour violation de l’article 258 du traité.

    Cette procédure est inspirée de l’arrêt BKK (2013) de la Cour de Justice de l’Union, qui répond à une question préjudicielle allemande, dont la conclusion est la suivante:

    la directive sur les pratiques commerciales déloyales doit être interprétée en ce sens que relève de son champ d’application personnel un organisme de droit public en charge d’une mission d’intérêt général, telle que la gestion d’un régime légal d’assurance maladie.

    Pour l’APS, cette décision préjudicielle consolide le raisonnement selon lequel la nature mutualiste de la sécurité sociale française oblige à respecter les principes de libre concurrence et rend impossible le monopole de l’affiliation tel qu’il existe. L’intérêt de l’APS est de joindre, à ces contentieux « traditionnels », une vision plus large de réforme en matière de santé publique qui risque de « mordre » sur le syndicalisme médical historique.

    Article en intégralité sur Eric-verhaeghe.fr via Business Bourse

    http://lesmoutonsenrages.fr/2016/01/05/qui-veut-quitter-la-secu-et-le-rsi-en-2016/#more-90819

  • Sa Majesté Mensonge

    ♦ Le Roi Mensonge n’est plus simplement l’instrument de la politique : il en est devenu l’essence

    J’aime les anecdotes. Parfois, une anecdote, c’est comme un cache-œilleton : c’est large comme une piécette mais, quand on la soulève, on découvre un monde.

    Il y a quelques jours, je me disposais à descendre la rampe d’accès au parc de stationnement Italie. Un agent de sécurité, aimable et embarrassé, freina ma progression et me demanda « si cela ne m’ennuyait pas d’ouvrir le coffre de ma voiture ».

    Je déférai bien volontiers à sa requête. Disons tout de suite que dans mon coffre de voiture, l’ordre ne règne pas. Ce jour-là, entre les sacs fournis par les magasins, quelques paquets cadeaux et l’outillage de base, c’était plutôt l’enchevêtrement. Plein de bonne volonté, le garde passa un détecteur au-dessus d’un monceau de sacs ; mais son arme de dissuasion ne lui dit rien. Souriant et soulagé, le préposé, avec une courbette, me laissa poursuivre mon périple vers le monde souterrain. Le détecteur de métaux était sans doute d’un naturel conciliant – ou particulièrement bien élevé : ni le cric, ni la pelle pliante, tous deux faits d’acier, ne purent l’émouvoir.

    L’émotion se mit pourtant de la partie, de manière inattendue, et c’est moi qui l’éprouvai.

    La scène n’avait pas duré cinq minutes et on serait tenté de la qualifier d’anodine. Et voilà qu’elle ouvrait grandes les portes d’un abîme : ce gardien aimable et gêné devenait le cerbère innocent d’un Hadès. Cet Hadès, c’est notre société sur laquelle règne en maître absolu le roi Mensonge. Le Mensonge despote, totalitaire. Le mensonge que rien ne tempère, le mensonge protéiforme qui guide nos vies et aspire à rendre nos pensées dociles.

    Le Roi Mensonge qui n’est plus simplement l’instrument de la politique mais qui en est devenu l’essence

    Ce que j’aperçus d’abord derrière le gilet fluorescent de l’agent de sécurité, ce fut la dépense faramineuse exposée pour rien par des commerçants parfaitement conscients de l’inanité de la mesure mais qui considéraient « ne pas pouvoir faire autrement ».

    Et on les comprend ! L’exemple vient de haut.

    Si l’on considère les régiments entiers de jeunes militaires déployés par groupes de trois devant les synagogues et les écoles confessionnelles, pense-t-on sérieusement que leur présence ait quelque chance d’empêcher les actes terroristes ou même de les dissuader ? La seule conséquence concrète de leur présence, c’est de les exposer eux-mêmes à un grenadage ou à une mitraillade qu’ils ne peuvent pas voir venir et auxquels ils ne peuvent répondre.

    Ces déploiements relèvent uniquement du mensonge d’Etat que l’on appelle « communication » : il s’agit de faire croire à la population qu’elle est protégée. « Dormez tranquilles, bonnes gens, la garde veille ! ». C’est, pour être vulgaire, beaucoup plus coûteux que les vigiles des centres commerciaux, mais il est vrai que c’est le contribuable qui paie.

    La machine à réfléchir une fois lancée, elle ne s’arrête plus : je me rendis compte que ces mensonges-là ne sont que de l’écume.

    Chacun d’entre nous vient, sans nécessairement s’en rendre compte, de consacrer une partie de ses ressources à payer la note pharaonique d’une tout aussi pharaonique opération de com’. On ne sait pas encore combien ça a coûté au juste, mais n’ayons aucun doute : on le saura.

    L’artillerie lourde médiatique pilonne depuis des mois. Les accents en furent goebbelsiens. Qui n’a pas entendu, deux cents fois et plus, les clowns tristes des chaînes de grosse télé dans leur numéro de perroquets savants « sauver la planète ! sauver la planète ! sauver… ». Entrez-vous bien ça dans la tête !

    Sans rire, sans frémir, sans fléchir. Alors que les moins informés d’entre nous savent que les objectifs annoncés par le Monsieur Déloyal de ce cirque dénommé COP 21 ne peuvent pas être tenus, ne le seront pas, que c’est arithmétiquement inconcevable, simplement parce que la Chine et l’Inde ont déjà annoncé la couleur, et que leur seule « contribution » suffit à rendre vaines les déclarations de décembre 2015 :

    – mais que, de surcroît, tout porte à croire qu’elles ne seront pas les seules à s’asseoir sur les « accords » pris ;

    – mais qu’en outre à peu près tout le monde sait que ça n’a pas d’importance objective, parce que la condamnation du CO2 comme prétendu facteur majeur du réchauffement est bidon ;

    – que, d’ailleurs, dans les « démonstrations » des prêtres du réchauffement, à peu près tout est bidon, et que les scientifiques sérieux le savent et le disent depuis longtemps ;

    – qu’une éminente femme politique française, qui sait de quoi elle parle, traite de « connards » ceux qui ne communient pas dans la religion réchauffiste ne change rien à l’affaire. Car de toute évidence, à l’Académie des sciences de Paris, les « connards » foisonnent, particulièrement chez les géophysiciens. Et cette déclaration démontre seulement la permanence du principe de sophistique selon lequel le recours à l’injure est l’ultima ratio de ceux qui n’ont pas d’argument ;

    – que le GIEC n’est pas un « groupe d’experts » ; qu’il a été pris en flagrant délit de mensonge sur plusieurs sujets (notamment la courbe en « crosse de hockey », que le GIEC lui-même a renoncé à soutenir, mais qui a été un des déclencheurs du grand cirque intergouvernemental planétaire) ;

    – que le réchauffement, effectivement observé depuis la moitié du XIXe siècle, est le seul qui soit réellement prouvé, puisque les mesures systématiques de température n’étaient pas pratiquées auparavant ; que d’ailleurs il connaît une pause depuis 15 ans mais que personne n’en parle ;

    – , compte tenu des multiples variables qui influent sur l’évolution des climats (dont une partie seulement est connue et d’ailleurs imparfaitement analysée), il n’y a à peu près aucune probabilité que les émissions de gaz carbonique soient à l’origine de ce réchauffement, et surtout pas qu’elles en soient le facteur unique ;

    – que le principal « gaz à effet de serre » ayant une influence sur l’atmosphère terrestre, c’est la vapeur d’eau !

    – qu’en conséquence, la représentation théâtrale mondiale qui s’est tenue à Paris s’est terminée sur un mensonge au premier degré…

    …Mais qu’en ciblant 2050, nos gouvernants appliquent sciemment la célèbre formule de Keynes « A long terme, nous serons tous morts ».

    Il est clair que Sa Majesté Mensonge ne règne pas seulement sur notre pays, mais qu’il établit, de plus en plus évidemment, sa dictature sur la planète. L’expression la plus globale (nous sommes passés du « particulier » de l’anecdote au « général » de la dictature mondiale du mensonge) en est la thèse de la « mondialisation heureuse ».

    Les propagandistes des dictatures se réfèrent volontiers au principe « Plus c’est gros, plus ça passe ». Il semble bien qu’à cet égard une évolution soit en marche. Et que, n’en déplaise à nos Propagandastäffel contemporaines, la thèse de la mondialisation heureuse passe moins bien auprès des peuples.

    Mensonge des mensonges, la mondialisation heureuse, suivie de ses déclinaisons (comme par exemple « l’Europe ou le déclin »), provoque désormais la perplexité des peuples. Chômage endémique, migrations invasives, concurrences déloyales, ce sont les peuples qui en font l’expérience et qui en souffrent dans leur quotidien.

    Et quand leurs soi-disant « élites » viennent leur dire « mais non, c’est seulement une impression (souvenez-vous du « sentiment d’insécurité »), vous ne souffrez pas vraiment, vous angoissez à tort, ça va aller beaucoup mieux bientôt, nous vous emmenons vers un avenir radieux, ceux qui disent le contraire sont des populistes », les peuples, qui voient bien, eux, le contraire sur le terrain, commencent à se demander « Mais pourquoi nous mentent-ils ? Pourquoi persistent-ils à nous prendre pour des crétins ? »

    D’ici à ce qu’ils se posent la bonne question, c’est-à-dire « A qui profite le crime ? » il n’y a qu’un pas. Et d’ailleurs certains Etats l’ont déjà franchi et les frontières ressurgissent.

    Le Roi Mensonge, menacé, résiste : « Ne faites pas cela, malheureux ! Vous allez vers l’appauvrissement ! La libre circulation de tout et de tous, c’est la condition de la prospérité ! ».

    Insolents, les peuples ne tarderont pas à répondre : « La prospérité peut-être, mais de qui ? Ce que nous voyons, nous, c’est la libre circulation de guerres dont nous ne voulons pas et qui nous sont étrangères ; ce sont nos emplois délocalisés là où ça vous coûte le moins cher ; ce sont nos rémunérations drastiquement tirées vers le bas par des migrants clandestins et des « travailleurs détachés » ; c’est notre protection sociale – issue de solidarités internes – amputée au bénéfice de non-cotisants et mise à mal par la réduction de ses ressources ; ce sont nos enfants et nos cerveaux qui fuient à la recherche d’emplois qualifiés que leur pays ne leur offre plus. Et tout cela au bénéfice de qui ?

    Et le Roi Mensonge de répondre : « Mais, inconscients, si vous fermez vos frontières, vous importerez plus cher et vous n’exporterez plus autant ! ».

    Les peuples réfléchiront et diront probablement : « C’est vrai, mais… »

    Mais à qui ferez-vous croire que des frontières maîtrisées empêcheront les marchands de continuer à s’entendre de part et d’autre ? que les produits et services d’excellence cesseront d’être convoités achetés et vendus ? Mais surtout, pensez-vous vraiment que la baisse réelle de notre « pouvoir d’achat à l’étranger » ne vaille pas la peine d’être choisie quand l’alternative n’est autre que la baisse de notre pouvoir d’achat tout court ? Que, contraints de toute façon de choisir, nous optons pour un retour à un nouveau modèle de consommation, avec un renchérissement (peut-être) des gadgets en plastique bourrés d’électronique orientale, avec l’ardente obligation ––mais avec l’opportunité – de reconstituer un tissu productif, avec – n’ayons pas peur des gros mots – un retour à davantage d’autarcie.

    L’alternative serait-elle même entre deux processus d’appauvrissement relatif, ne devrions-nous pas considérer qu’une austérité accompagnée de la maîtrise de notre destin est un meilleur parti à prendre que celui de la fusion de notre pays dans une grande misère mondiale partagée, pour le plus grand, mais pour le seul, profit d’une super-classe mondiale, définitivement dominante ?

    Voilà ce qu’à peu près pourraient répondre les peuples au Roi Mensonge, qui ressemble fort à ce que doit être l’âme, déjà damnée, de ces élites qui les trahissent.

    Julius Muzart, 4/01/2016

    http://www.polemia.com/sa-majeste-mensonge/

  • Valence : si ça n’est pas un attentat, c’est quoi, au juste ?

    Attentat, substantif du verbe attenter, en latin attemptatum, de attemptare : « attaquer quelqu’un ».
    Au volant de sa petite voiture rouge, Raouf El Ayeb, 29 ans, Tunisien d’origine et musulman de religion, a foncé à deux reprises sur les militaires en faction devant la Grande Mosquée de Valence. Il a fallu que ces derniers lui tirent dessus pour l’arrêter. En bon Français, il les a donc attaqués, et commis un attentat. Pourtant, selon toute évidence, on nie que cela en soit un. Pourquoi ?
    Parce que les autorités, malgré l’état d’urgence, passent maintenant leur temps à tortiller du c… et de la bouche afin de nier les évidences. Évidemment, puisque le Président nous l’a assuré dans ses vœux : il nous protège. Ah ! Ah !
    On a d’abord voulu nous faire croire qu’en raison du climat-épouvantable-qui-règne-dans-ce-pays, les factieux d’extrême droite tentant de dresser les citoyens les uns contre les autres, Raouf El Ayeb – qu’on aurait préféré appeler Raoul Le Pen – visait la mosquée. Les pontes de « la communauté musulmane » sont d’ailleurs montés au créneau pour dénoncer cet acte odieux. Sauf que Raouf l’a dit et répété : il ne visait pas la mosquée mais les militaires « qui tuent des gens » (comprenez des civils en Syrie).
    Donc, Raoul étant Raouf, on a tenté de le faire passer pour fou. Pas de bol : il apparaît qu’il est parfaitement sain d’esprit et tout à fait responsable de ses actes. Mieux que cela : il les revendique.
    Tertio : pour nier l’acte de terrorisme (du verbe terroriser), on nous assure que Raouf ne remplit pas la condition sine qua non : la radicalisation. Il n’a pas la barbe, n’est pas fiché par les services de police, et s’il a visionné quelques petits films de Daech, c’était juste une fois en passant parce qu’il avait un moment à perdre en mangeant son sandwich au jambon.
    Tandis qu’il fonçait sur les militaires, Raouf El Ayeb a crié « Allah est le plus grand ». Au juge qui recevait sa confession au bord du lit de l’Assistance publique (merci, la Sécu française), il a déclaré avoir foncé avec sa voiture pour « tuer des militaires parce qu’ils tuaient des gens et [pour] être tué par des militaires ». Que faut-il de plus : une déclaration de candidature au martyre écrite sur papier timbré ? Une vidéo sur les réseaux sociaux à l’attention des « frères » de l’État islamique ?
    Le procureur de la République a donc annoncé la mise en examen du « forcené » (sic) pour « tentative d’homicides sur dépositaires de l’autorité publique ». Pas pour attentat terroriste. Les vidéos de Daech ? « Ce sont des images qui peuvent être tout à fait trouvées par n’importe qui sur Internet », a dit à l’AFP M. Alex Perrin. Ben oui, cher Monsieur, c’est même le but recherché. Conclusion du magistrat : « C’est manifestement quelqu’un qui a agi en solitaire et sans lien particulier avec une mouvance. » Donc l’hypothèse terroriste n’est pas retenue.
    Et ceci explique évidemment cela : oui, Raouf El Ayeb est certainement un solitaire, et si l’on nie l’acte terroriste, c’est justement parce que cela prouve ce que tout le monde redoute : il y a désormais dans la population des quantités de Raouf qui sont prêts à passer à l’acte à n’importe quel moment, sans motif apparent, sans revendication, sans appartenance à un groupe, sans « radicalisation ». Des monsieur ou madame Tout-le-Monde qui ne sont pas fichés et encore moins fichables. Des anonymes, de ceux qu’on défend au nom du « pas d’amalgame », jusqu’à ce qu’ils se transforment en « forcenés »…

    Marie Delarue

    Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVkppEVVFufzFLwLa.shtml

  • La Corse, le jacobinisme et le principe de subsidiarité

    De Denis Sureau :

    "Les crispations autour de la victoire des nationalistes corses offrent l'occasion de rappeler la vision chrétienne de la subsidiarité.

    Les discours d'investiture, jeudi 17 décembre, de Gilles Simeoni et surtout celui Jean-Guy Talamoni – car prononcé en langue corse –, les nouveaux présidents respectifs du Conseil exécutif et de l'Assemblée de Corse, ont suscité de violentes réactions d'hommes politiques continentaux : « insultes faites à l'histoire de la France » (François Fillon), « recul de la République » (Florian Philippot), « éclatement de l'espace national » (Jean-Pierre Chevènement). Rien de très étonnant, tant le jacobinisme, expression territoriale de l'égalitarisme,demeure l'un des fondamentaux de l'appareil idéologique d’État. On se souvient de la décision du Conseil constitutionnel en 1991 niant l'existence du « peuple corse ».

    Plus surprenant est de voir Madeleine de Jessey (porte-parole de Sens commun) agiter le spectre de « la désunion nationale », et prendre la défense de « l'indivisibilité de la République ». En effet, la jeune militante catholique semble ignorer que c'est le principe de subsidiarité – et non d'égalité – qui est le principe d'organisation de l'enseignement social chrétien, celui qui doit structurer la société : ce qui peut être réalisé à un certain niveau ne doit pas être réalisé par le niveau supérieur. Il n'est pas facultatif dans la mesure où il relève de la justice, laquelle consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû, et sa méconnaissance porte atteinte aux libertés de l'homme et de ses communautés d'appartenance :groupes, associations, réalités locales et territoriales, organisations professionnelles, etc.

    C'est pourquoi les papes ont promu un certain fédéralisme, tant au niveau infranational que supranational. Une organisation subsidiaire a le mérite de concilier à la fois le respect des différentes communautés, avec leurs richesses spécifiques (notamment linguistiques), et la poursuite d’un bien commun transcendant les parties. L’Eglise a toujours défendu tant les droits des minorités régionales. Pie XII :

     « il n'y a pas place pour l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales » (Noël 1941).

    Jean XXIII : 

    « Il nous faut déclarer de la façon la plus claire que toute la politique visant à contrarier la vitalité et l’extension des minorités est une faute grave contre la justice, une faute encore plus grave lorsque, en agissant ainsi, elles se proposent de les faire disparaître. Au contraire, rien qui ne soit plus conforme à la justice que l’intervention des pouvoirs publics en vue d’améliorer les conditions de vie des minorités ethniques, spécialement en ce qui concerne leur langue, leur culture, leurs coutumes, leurs richesses et leurs entreprises économiques » (Pacem in terris, n. 95-96).

    Jean Paul II a condamné à son tour la logique bureaucratique de l'État de l'assistance qui prive la société de ses responsabilités (cf. Centesimus Annus, n. 48). La subsidiarité dissout les problèmes artificiels produits par le jacobinisme."

    Michel Janva