actualité - Page 4267
-
Roch Saüquere - Les rencontres Top Secret - Meta TV
-
Garde-frontières européens : le putsch légal de la Commission européenne
La commission européenne veut mettre en place un corps de garde-frontières pour lutter contre la vague migratoire. Problème : la commission pourra décider sans l’État concerné de faire intervenir ces forces de l’ordre.
Sous couvert de répondre (enfin !) aux préoccupations soulevées par l’invasion migratoire, la Commission européenne veut dynamiter ce qui reste de souveraineté aux États.
L’UE veut en effet créer une véritable agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières, constituée de milliers de personnels mobilisables rapidement en cas de menace grave à une frontière de l’Union. Ce serait via une refonte de Frontex, l’agence européenne que naîtraient les premières forces de l’ordre de l’Union Européenne. Dotée d’un personnel permanent de 1 000 agents (contre 400 actuellement), et d’un corps de réservistes de 1 500 personnels (composé de garde-côtes et de garde-frontières nationaux), cette force serait mobilisable en deux ou trois jours.
Comment parvenir à de telles performances alors qu’actuellement il faut plusieurs semaines pour rassembler les renforts dépêchés par les États en cas de crise ? Simple : en passant par dessus leur tête.En cas de crise, la Commission pourrait demander à un comité d’experts de valider en urgence une intervention du corps de garde-frontières. La procédure, rapide, mais opaque, relève de la « comitologie », un mode de décision bruxellois particulièrement décrié, puisqu’il relève du putsch légal à l’encontre des États. Récapitulons :
1/La commission se saisit d’un dossier, par exemple la trop grande porosité des frontières grecques.
2/Elle décide d’envoyer les garde-frontières européens. Devant « l’urgence », elle ne demande pas son avis à la Grèce.
3/Cette décision doit être entérinée par un comité, composé de représentants des États-membres, mais présidé par la Commission (on devin ou va l’allégeance des experts…). La réunion peut être convoquée en urgence et se tenir par téléphone.
4/Refuser cette proposition relève pour le comité de la gageure, car ils doivent rassembler une « majorité qualifiée inversée », d’au moins 73 % des voix contre.
5/La commission, à la fois organe décisionnaire et partie prenante dans son propre organisme de contrôle, peut ainsi facilement imposer sa volonté, dans le respect des procédures, qui tient lieu à Bruxelles de légalité kafkaïenne.
Ainsi, selon un diplomate de haut rang,Cette proposition de la commission va trop loin notamment la partie sur la cosmétologie. Décider d’une invasion en comitologie ? C’est une plaisanterie.
Si la France et l’Allemagne sont pour – et pour cause, elles sont à l’origine de l’idée, surtout l’Allemagne, cela fait longtemps que la France n’est plus à l’origine de quoi que ce soit — les petits pays européens freinent des quatre fers. La Pologne et la Hongrie ne veulent pas en entendre parler, les Tchèques et les Slovaques sont très critiques, l’Espagne et Chypre sceptiques.
Le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, a qualifié l’initiative de « non démocratique. »Cela signifie qu’une institution serait créée, qui déciderait de manière arbitraire de son action sans la participation des États-membres
Belle définition d’un putsch « légal ». Espérons que ces États qui parlent avec la voix de la raison sauront se faire entendre au Conseil européen, qui devra valider ce projet à la majorité qualifiée et que le parlement européen saura se lever contre la dérive autoritaire -pas neuve, hélas- de la Commission.
Charles Dewotine
http://fr.novopress.info/196409/garde-frontieres-europeens-putsch-legal-commission-europeenne/
-
Garde-frontières européens : le putsch légal de la Commission européenne
La commission européenne veut mettre en place un corps de garde-frontières pour lutter contre la vague migratoire. Problème : la commission pourra décider sans l’État concerné de faire intervenir ces forces de l’ordre.
Sous couvert de répondre (enfin !) aux préoccupations soulevées par l’invasion migratoire, la Commission européenne veut dynamiter ce qui reste de souveraineté aux États.
L’UE veut en effet créer une véritable agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières, constituée de milliers de personnels mobilisables rapidement en cas de menace grave à une frontière de l’Union. Ce serait via une refonte de Frontex, l’agence européenne que naîtraient les premières forces de l’ordre de l’Union Européenne. Dotée d’un personnel permanent de 1 000 agents (contre 400 actuellement), et d’un corps de réservistes de 1 500 personnels (composé de garde-côtes et de garde-frontières nationaux), cette force serait mobilisable en deux ou trois jours.
Comment parvenir à de telles performances alors qu’actuellement il faut plusieurs semaines pour rassembler les renforts dépêchés par les États en cas de crise ? Simple : en passant par dessus leur tête.En cas de crise, la Commission pourrait demander à un comité d’experts de valider en urgence une intervention du corps de garde-frontières. La procédure, rapide, mais opaque, relève de la « comitologie », un mode de décision bruxellois particulièrement décrié, puisqu’il relève du putsch légal à l’encontre des États. Récapitulons :
1/La commission se saisit d’un dossier, par exemple la trop grande porosité des frontières grecques.
2/Elle décide d’envoyer les garde-frontières européens. Devant « l’urgence », elle ne demande pas son avis à la Grèce.
3/Cette décision doit être entérinée par un comité, composé de représentants des États-membres, mais présidé par la Commission (on devin ou va l’allégeance des experts…). La réunion peut être convoquée en urgence et se tenir par téléphone.
4/Refuser cette proposition relève pour le comité de la gageure, car ils doivent rassembler une « majorité qualifiée inversée », d’au moins 73 % des voix contre.
5/La commission, à la fois organe décisionnaire et partie prenante dans son propre organisme de contrôle, peut ainsi facilement imposer sa volonté, dans le respect des procédures, qui tient lieu à Bruxelles de légalité kafkaïenne.
Ainsi, selon un diplomate de haut rang,Cette proposition de la commission va trop loin notamment la partie sur la cosmétologie. Décider d’une invasion en comitologie ? C’est une plaisanterie.
Si la France et l’Allemagne sont pour – et pour cause, elles sont à l’origine de l’idée, surtout l’Allemagne, cela fait longtemps que la France n’est plus à l’origine de quoi que ce soit — les petits pays européens freinent des quatre fers. La Pologne et la Hongrie ne veulent pas en entendre parler, les Tchèques et les Slovaques sont très critiques, l’Espagne et Chypre sceptiques.
Le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, a qualifié l’initiative de « non démocratique. »Cela signifie qu’une institution serait créée, qui déciderait de manière arbitraire de son action sans la participation des États-membres
Belle définition d’un putsch « légal ». Espérons que ces États qui parlent avec la voix de la raison sauront se faire entendre au Conseil européen, qui devra valider ce projet à la majorité qualifiée et que le parlement européen saura se lever contre la dérive autoritaire -pas neuve, hélas- de la Commission.
Charles Dewotine
http://fr.novopress.info/196409/garde-frontieres-europeens-putsch-legal-commission-europeenne/
-
Syrie : les chrétiennes prennent les armes contre Daesh
Après les Kurdes, un bataillon de 50 femmes syriennes et chrétiennes s'engage contre Daesh. Les femmes combattantes terrifient les islamistes, car ces derniers sont persuadés qu'ils ne peuvent pas aller au paradis s'ils sont tués par une femme.«Je n'ai pas peur de Daesh», explique fièrement à l'AFP Thabirta Samir, 24 ans. «Avant,je travaillais pour une association culturelle syrienne, mais ça me plait de travailler dans le milieu militaire», poursuit-elle.Comme 10% de la population syrienne, Thabirta est chrétienne. Son peuple est persécuté par l'Etat islamique. Alors avec une cinquantaine d'autres femmes chrétiennes et comme les Kurdes avant elles, elle a pris les armes pour défendre sa terre, ses droits et sa religion.Certaines de ses coreligionaires ont même été encouragées par leur mari.Elles ne sont pas nombreuses, mais leur bataillon intitulé «Les Forces Féminines de Protection de la Terre entre les Deux Rivières» fait trembler les barbus.Pour eux, il n'y a pas pire que de mourir tué par une femme. «Cela les priverait du Paradis», explique une combattante kurde à l'AFP.Selon the Independent, les syriennes ont bien saisi les enjeux de la lutte contre l'Etat islamique : il ne s'agit pas seulement de survivre mais aussi de protéger leur liberté, quand Daesh vise à cantonner la femme à un rôle purement reproductif et domestique. -
Pour lutter contre le FN, ils nous ressortent Tapie
Ruiné au terme de 20 ans d’un bras de fer judiciaire qu’il a successivement un peu gagné, un peu perdu, beaucoup gagné, et finalement entièrement perdu? Bernard Tapie annonce son retour en politique afin de lutter contre le FN. Voilà une idée politique ! Et le bien commun ? Le chômage ? L'insécurité ? Non : la lutte contre le FN constitue un programme à part entière. Mais avec quel argent puisqu'il est ruiné ? Il laisse une ardoise à 404 millions d’euros… dont le règlement se décidera à Bercy et à l’Élysée. Pas besoin d'être prophète pour comprendre qu'il ne paiera pas.
En 2010, Bernard Tapie déclarait ironiquement qu'il voyait régulièrement Jean-Marie Le Pen dans les années 1990 :
« Evidemment, et pas qu’en 1993, on est des vieux copains. Il faut savoir qu’on se voyait régulièrement parce qu’on jouait au poker ensemble à peu près une fois par semaine à Versailles, chez lui. Mais pas pour parler de politique, on est des copains, on parle ensemble.
— Vous blaguez, là...
— Non, pas du tout. Quand il était à Marseille, on faisait presque tous les jeudis des tournois de tennis-ballon au stade Vélodrome. On se voyait sans arrêt.
— Sérieusement...
— Non, mais sérieusement. Pourquoi voulez-vous que je le vois pour les élections, puisque le soir même du premier tour, il avait annoncé qu’il laissait tous ses candidats présents ? Donc il n’y avait pas de raison que je le vois pour autre chose que pour une grande amitié.
— Quand je le traitais de “gros con”, c’était uniquement pour amuser la galerie. Un jour, j’ai dit aussi que c’était un salaud. Tout ça, c’était de la comédie.
— Evidemment vous le prenez sur le ton de l’humour..."
-
Élections régionales : bâtir l’arche nouvelle (article paru dans L’Action Française n°2922, 18 décembre 2015)
Les succès électoraux du Front national doivent être mis en rapport avec l’abstention : son ampleur illustre la faillite d’un régime politique dont les acteurs prétendent pourtant tirer leur pouvoir du peuple.
On peut lire ces élections régionales de plusieurs manières. Se satisfaire par exemple du vote nationaliste, qui consacre le Front national comme premier parti de France, en voix, et savourer – ou non – que l’abstentionniste qui vote se révèle FN autant que LR ou PS (là où l’abstention est faible, le FN progresse, sur plusieurs élections). On peut aussi remarquer que l’abstention a tendance à dépasser la moitié du corps électoral potentiel ; potentiel, car il y a plusieurs millions de non-inscrits [1], angle mort des commentateurs.
Brevet de citoyenneté
Dans le premier cas, on constatera que ce vote exprime un souhait que les institutions ne veulent pas réaliser ; dans le second, on s’interrogera sur un régime qui se satisfait d’être si peu représentatif qu’il envisage même de ne plus l’être du tout. Car au fond, expliquer qu’il est légitime que le plus grand parti, celui qui rassemble le plus grand nombre de Français – le plus démocratique, donc –, ne soit pas le vainqueur et ne doive pas l’être, c’est bien assumer que le peuple n’a rien de nécessaire dans l’exercice du pouvoir, que la représentativité est soumise à une loi plus haute, et que la République n’accepte d’être fille que de ceux qu’elle a élus elle-même, décernant un virtuel brevet de citoyenneté. Les dernières élections confirment que la République est toute entière aux mains d’une caste qui refuse que le pouvoir soit transmis. D’une élite qui ne veut pas être régénérée mais qui veut se perpétuer, tirant de son seul sein (bourgeoisie urbaine bien éduquée et fonctionnarisée) ses nouvelles forces. Alors que le FN est le seul parti à proposer à des ouvriers d’être élus (aux départementales de mars dernier, sur quatre-vingt-dix-sept candidats ouvriers, il y en avait quatre-vingt-huit au FN), le seul, surtout, à ne pas proposer des “professionnels de la profession”, le seul, en fait, à repolitiser les électeurs perdus ; ce qui jette un jour nouveau sur les méfaits qu’on lui prête : là où l’abstention permettait d’imaginer une démocratie sans peuple, le voilà qui remobilise et relégitime le peuple, au grand dam des antipopulistes. Mieux encore, et au-delà de lui-même, il génère une forte augmentation du vote blanc et nul : Jérémie Moualek notait dans Marianne, le 14 décembre, que près de 5 % des votants avaient choisi d’exprimer une incapacité ou un refus de choisir, mais avaient surtout choisi de ne pas s’abstenir. Résultat remarquable, c’est dans les deux régions où le FN risquait de l’emporter (Paca et NPCP) que ce vote a été le plus élevé, dépassant les 7 % ! Comme il y a peu de chances que les électeurs du FN aient décidé de “mal” voter au deuxième tour, ce sont donc les électeurs de gauche qui ont refusé et le Front national et le front républicain. [....]
Philippe Mesnard
Vous pouvez lire la suite en achetant le dernier numéro de l’Action Française 2000 au numéro
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elections-regionales-batir-l-arche
-
De plus en plus de bébés sous antidépresseurs !
C’est aux États-Unis et donc bientôt ici.
« Aux Etats-Unis, lorsque des bébés de moins de 2 ans ont des comportements violents ou font des crises difficiles à gérer, des médecins leur prescrivent de plus en plus souvent des antipsychotiques ou des antidépresseurs. Selon le New York Times, près de 20 000 prescriptions pour des médicaments antipsychotiques ont été rédigées en 2014 pour des enfants de moins de 2 ans. Selon le groupe de consulting médical IMS Health, il s’agit d’une augmentation de 50% par rapport à 2013. Environ 83 000 prescriptions pour l’antidépresseur Prozac ont été données à des bébés du même âges, en hausse de 23% par rapport à l’année précédente. […]
Il n’y a aucune étude sur l’effet qu’ont les antidépresseurs et les antipsychotiques sur les moins de 2 ans. La tendance aux Etats-Unis est à la médicalisation des troubles du comportement dès le plus jeune âge. Plusieurs experts notent que cette augmentation de la médicalisation est en partie liée à la pénurie de psychiatres pour jeunes. Dans de nombreux cas, ce sont des pédiatres sans formation psychiatrique qui prescrivent ces médicaments. »(lu dans Direct Matin)
Dans les sociétés modernes sans identité, sans liens sociaux et sans religion, les gens ont massivement recours à la chimie (avec ses effets indésirables) pour supporter la vie…
Un phénomène dont sont désormais victimes même les bébés…Ajoutons qu’aujourd’hui les gens ne veulent plus des contraintes qui résultent de leurs choix.
Un enfant qui crie, s’agite ou pleure « trop », du point de vue de certains parents, sera considéré plus facilement comme ayant besoin d’être soigné alors que tout est peut-être normal.Cela ne fait-il pas partie de la nature des enfants d’être relativement bruyants, dynamiques, etc. ?
Et en cas de déséquilibre (largement favorisé par la société moderne : bruit incessant, stress citadin, enfermement, télévision, etc.), plutôt que de se tourner automatiquement vers la psychiatrie et la chimie, ne vaut-il pas mieux insister sur l’éducation (ce qui n’est pas facile en effet) et le recours au grand air qui procure une saine fatigue aux enfants ? -
David Cameron dynamite l'Union européenne
Pour ou contre l’Union européenne ? Telle est la question que l’on se pose depuis que, le 10 novembre, le premier ministre britannique David Cameron a, dans un discours, et dans une lettre adressée au président du conseil européen Donald Tusk, présenté sa vision d’une réforme de l’union européenne.
Les conditions édictées aujourd'hui par David Cameron ne sont pas nouvelles. Bien que plus précises, elles correspondent aux idées déjà développées le mois dernier dans les colonnes du quotidien conservateur The Telegraph, idées par lesquelles le Premier ministre britannique soulignait sa volonté d'obtenir une dispense de la clause du traité de Rome prévoyant une « union toujours plus étroite » des États ayant adhéré à l'Union européenne.
Cette remise en cause d'un fédéralisme toujours plus prégnant qui correspond bien à l'esprit de Bruxelles appert plus précisément encore dans le récent de discours de David Cameron, et dans la longue missive adressée à Donald Tusk.
Une brèche très surveillée
Si le Premier ministre réaffirme de façon habituelle son soutien à la construction européenne, il observe cependant n'avoir « aucun attachement sentimental aux institutions de l'Union européenne ». Sa démarche se veut une défense contre le risque de Brexit, mais pas au prix de l'équilibre du Royaume-Uni - ni même, sans doute, de sa place à la tête du gouvernement de Sa Gracieuse Majesté...
L'idée majeure consiste à préserver autant que faire se peut la place et l'influence britanniques. Et David Cameron le dit on ne peut plus clairement : « Reconnaissons que la réponse à tous les problèmes n'est pas toujours plus d'Europe. C'est parfois moins d'Europe. » Ou, reprenant une formule lapidaire empruntée aux Néerlandais : « L'Europe si nécessaire, le national si possible. »
On ne saurait marquer moins d'enthousiasme... D'autant que son idée majeure consiste à aller, en définitive, à rebours du sens sinon de l'Histoire, mais de Bruxelles, qui est aussi celui affiché par quelques-uns de ses principaux partenaires : Berlin, Paris, etc.
Certes, David Cameron se pose en réaliste politique. « Nous ne demandons pas un droit de veto pour chaque État-membre, affirme-t-il. Nous reconnaissons que, dans une Europe à 28, ce serait la paralysie. Mais nous voulons un nouvel arrangement dans lequel les parlements nationaux doivent pouvoir se rassembler et rejeter des règles européennes qui ne correspondent pas à leur intérêt. »
Le Premier ministre est fin politique. Il ne revendique pas cette exception de fédéralisme pour son seul pays - même si c'est la seule qui l'intéresse - mais pour tout le monde. Nul doute que, ce faisant, il réalimente les mouvements de scepticisme européen qui, un peu partout, se sont fait jour, et qui viendront ainsi apporter leur poids psychologique dans la balance. À commencer, sans nul doute par le groupe de Visegrad - Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie - qui manifeste de plus en plus de difficultés et d'impatience face aux directives de Bruxelles.
En pratique, cette idée de n'être plus contraint à une « union toujours plus étroite » contrevient non seulement à l'esprit bruxellois, mais plus directement encore aux traités européens.
Si c'est là le point principal de la réflexion de David Cameron, c'est pourtant loin d'être le seul. Le Premier ministre britannique, en exigeant non seulement une révision du contrôle des flux migratoires au sein de l'Union européenne, mais aussi du principe de libre circulation entre les États-membres, remet directement en cause l'espace Schengen, déjà fortement laminé par les décisions prises dans de nombreux pays pour contrer la crise migratoire.
Adieu l'euro ?
Notons, pour finir, le point particulier concernant la monnaie unique, point particulièrement important, puisqu'il a été le point de départ réel de l'existence de l'Union européenne. David Cameron entend tout simplement faire admettre que « l'Union européenne a plus d'une monnaie ».
Là encore, c'est en contradiction directe avec les traités européens, pour lesquels l'Union n'a qu'une monnaie unique : l'euro, à laquelle doivent, au final, se rallier tous les États-membres. Et ce, dès qu'ils en rempliront les critères d'admission, ce qui est déjà un problème les pays l'ayant déjà adoptée...
Un peu partout, les réactions se sont voulues apaisées. Paris a prétendu qu'il n'y avait pas de « surprise ». Plus réservée, Angela Merkel a cependant déclaré : « Nous coopérerons de façon constructive à la réforme, mais certains succès comme la libre circulation des personnes et la non-discrimination, ne sont pas négociables. »
Manifestement plus inquiète, la Commission européenne a jugé de façon plus péremptoire que certaines exigences britanniques étaient « hautement problématiques ».
De fait, en prétendant vouloir éviter un Brexit, David Cameron propose tout simplement de dynamiter les traités européens. Un « Euro-pexit » en quelque sorte !
Olivier Figueras monde&vie 23 novembre 2015
-
La guerre des trois aura lieu par Georges FELTIN-TRACOL
À seize mois de l’échéance présidentielle, le résultat final des élections régionales de décembre 2015 rend compte de l’état du rapport de forces politiques à moins que François Hollande décide de réviser par référendum la Constitution sur certains points précis (réforme du Conseil supérieur de la magistrature, inscription de l’état d’urgence, peut-être droit de vote des étrangers aux élections locales) ou démissionne et se représente aussitôt, créant une surprise certaine qui déstabiliserait l’opposition de droite – centre-droit. Les Républicains (LR) affûtent déjà leurs couteaux pour la fameuse primaire à l’automne 2016.
La récente élection hivernale confirme la vive conflictualité entre trois pôles de poids à peu près équivalents que la collusion, réclamée par les sociaux-libéraux du PS et les progressistes du centre, ne peut être que factuelle et provisoire. Les régionales entérinent la tendance enregistrée lors des législatives partielles de 2013 – 2014, des européennes de mai 2014 et des départementales de mars 2015, unetripolarisation de la vie politique hexagonale.
Le premier ensemble coïncide avec la majorité présidentielle édifiée en 2012 grâce à une entente de fer entre le PS et les radicaux de gauche qui sut bon an mal an intégrer les Verts, l’inaudible Front de Gauche et les ultimes adhérents du MRC. Or ce pôle se trouve maintenant désuni avec les tenants d’une politique progressiste sociale-libérale autoritaire (Valls, Macron, Cazeneuve, Placé) et les partisans d’une autre politique anti-austérité qu’on retrouve chez les Verts, le Front de Gauche et les frondeurs du PS. Aucune réconciliation n’est possible surtout si les opposants de gauche parviennent à se donner un candidat commun (Cécile Duflot ? Clémentine Autain ? Jean-Luc Mélenchon ? Pierre Laurent ?) capable d’empêcher François Hollande d’accéder au second tour de la présidentielle.
Le deuxième pôle correspond à l’attelage LR – UDI ainsi qu’aux divers-droite et même au MoDem. Or, outre des rivalités personnelles entre François Bayrou et Jean-Christophe Lagarde qui n’arrive d’ailleurs pas sur le plan intellectuel à la cheville du premier, le parti LR entre dans une longue période de turbulence du fait de la primaire. Nicolas Sarközy entend se venger de sa défaite méritée en 2012, mais face à lui se dressent déjà le cheval de retour Alain Juppé, Bruno Le Maire, l’égérie d’une gauche morale bo-bo Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christian Estrosi dit la « Girouette niçoise », Jean-François Copé, François Fillon, le libéral-conservateur Hervé Mariton. Cacophonie et zizanie restent les mamelles nourricières d’une formation qui ne vise qu’à sauver ses prébendes.
Le troisième pôle concerne les forces « protestataires » qualifiées de « populistes ». À côté du FN, vainqueur paradoxal des trois derniers scrutins puisqu’il n’a remporté aucune collectivité territoriale tout en dépassant en nombre de voix le résultat de Marine Le Pen en 2012, et les autres listes souverainistes tellesDebout la France de Nicolas Dupont-Aignan, l’Union populaire républicaine (UPR) de François Asselineau, ou droitistes de Jacques Bompard et Jean-Claude Martinez. On doit aussi y inclure les listes régionalistes du divers-gauche pro-« Bonnets rouges » Christian Troadec, « Oui la Bretagne » (6,71 %), et présentées en Corse. Même si le mouvement frontiste ne se déchire pas comme le font le PS, le Front de Gauche, les Vertset LR, il n’en demeure pas moins tiraillé entre une ligne étatiste nationale-républicaine anti-euro défendue par Florian Philippot, et une ligne nationale-conservatrice libérale décomplexée représentée par Marion Maréchal – Le Pen. Les électeurs frontistes se fichent bien de ces dissonances parce qu’ils expriment surtout leur refus de l’immigration et de la mondialisation et que les discours frontistes correspondent aux attentes locales.
Les deux premiers pôles (PS et LR) se composent de la même homogénéité géo-sociologique (les fonctionnaires, les cadres moyens et supérieurs, les retraités vivant dans des aires métropolitaines connectées aux flux mondialisés marchands). Le troisième pôle — revendicatif – populiste — se caractérise en revanche par une très forte hétérogénéité sociologique qui en fait le seul « bloc » vraiment « inter-classiste », d’où la nature complexe du néo-FN qui est passé du nationalisme des origines (1972 – 1986) et du national-populisme tribunicien (1986 – 2011) à un populisme assumé depuis 2011, année de l’accession de Marine Le Pen à la tête du parti.
Une terrible guerre des trois se jouera donc en 2017, quand bien même les principaux auteurs ne sont pas encore totalement connus (Hollande ou Valls ? Sarközy, Juppé, Le Maire, Copé ? Marine Le Pen ou Marion Maréchal – Le Pen ?). Cependant, ce conflit politique en préparation ne doit pas occulter une autre rivalité, d’ordre moins politicien, opposant trois sensibilités de l’« anti-gauche ». Entre le conglomérat LR – UDI et le FN tente en effet d’émerger une tierce droite qui rassemblerait des tendances de l’ex-UMP (Droite sociale de Laurent Wauquiez, Droite forte de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, Droite populaire de Thierry Mariani, Lionnel Luca et Jacques Myard), quelques éléments nationaux-chrétiens épars, rescapés du villiérisme et de La Manif pour Tous ainsi que, peut-être, certains proches (des éclaireurs ?) de Marion Maréchal – Le Pen. Cette ligne serait défendue par l’ancienne éminence grise de Sarközy, Patrick Buisson, et des journalistes à Valeurs actuelles parmi lesquels Geoffroy Lejeune, auteur d’un roman de politique-fiction,Une élection ordinaire (Ring, 2015), qui installe à l’Élysée Éric Zemmour ! Or, Éric Zemmour a gardé de ces lectures de Marx un point de vue marxien anti-libéral guère compatible à long terme avec le national-conservatisme libéral promu par cette mouvance droitière… En parallèle s’agitent dans le champ para-politique des experts de la récupération droitarde d’un catholicisme politique éculé, étriqué et épuisé via des « boîtes à idées », L’Avant-Garde et Phénix, dont les références sont l’ordo-libéralisme et une admiration pour le néo-thomisme de Jacques Maritain. Les parrains de cette initiative seraient ainsi Charles Millon qui dirigea un temps une Droite libérale-chrétienne (tout un programme !), son épouse, la philosophe catholique libérale néo-conservatrice et signataire en 2003 d’une pétition approuvant l’agression yankee contre l’Irak baasiste du Président Saddam Hussein, ou l’avocat Jacques Trémolet de Villers. La parution de la revue d’écologie intégrale (Maritain publiait en 1936 Humanisme intégral), Limite, s’inscrit volontiers dans ce projet qui écarte les questions identitaires fondamentales (l’ethnie et les races au sens de Julius Evola) et la légitime transformation des rapports sociaux dans l’entreprise en rompant avec le système capitaliste libéral au profit d’une coopérative cogérée.
Mais ces sordides considérations politiciennes ne doivent pas oublier une troisième guerre tripolaire, plus sociologiques celle-là que les actuelles tendances politiques auraient tort de négliger, de sous-estimer ou de mépriser parce que la tripolarisation n’atteint en réalité que la moitié environ des électeurs. Cet autre « bloc » anti-politique hautement composite, est l’abstention. Si le bloc contestataire populiste, potentiellement révolutionnaire, exprime une dissidence politique assumée, l’abstentionnisme signifie toujours une sécession civique radicale. Toutes les études politologiques évoquent néanmoins d’évidentes proximités géographiquement et sociologiquement marginalisées entre la masse abstentionniste et les électeurs mécontents et prêts à renverser la table. L’abstentionniste est un électeur FN en puissance ou, plus exactement, l’électeur frontiste est un abstentionniste repenti par intermittence. Par delà cette abstention structurelle massive s’ajoutent les quelques centaines de milliers de personnes non inscrites sur les listes électorales qui marquent leur complète indifférence envers une vie politique sclérosée. Cette remarque ouvre au pôle populiste – contestataire des perspectives réjouissantes si les nombreux abstentionnistes décident de se mobiliser en faveur d’une véritable rupture politique.
Entre ces deux manières d’exprimer une défiance légitime s’intercale un tiers pôle, plus mineur, qui regroupe les votes blancs (2,41 %, puis 2,80 %) et nuls (1,58 %, puis 2,07 %). Ces deux votes traduisent aussi l’exaspération d’électeurs insatisfaits qui refusent d’apporter leurs voix aux listes sarközystes ou qui devinent la vacuité du pouvoir politique.
Loin de la simple actualité politicienne, la triple « guerre des trois » démontre le désenchantement des citoyens. L’action politique seule ne suffit pas. Celle-ci s’agence par symbiose avec le travail social, caritatif, écologique, syndical, culturel et militaire. Pour preuve, la victoire de la coalition régionaliste – autonomiste – indépendantiste à l’Assemblée territoriale de Corse. Seule bonne nouvelle de cette élection régionale.
Georges Feltin-Tracol
-
On a trouvé les fameuses "valeurs" de la République
Florence Robine, Directrice générale de l'enseignement scolaire au Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, publie un courrier pour enseigner non pas à lire, écrire, compter, mais les fameuses valeurs de la République :
"Cette année a été placée par la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, sous le signe d'une forte mobilisation de l'ensemble de l'institution scolaire pour les valeurs de la République.
Un ensemble de ressources sont mises à votre disposition par le réseau Canopé au sein d'un portail intitulé "Valeurs de la République" : https://www.reseau-canope.fr/les-valeurs-de-la-republique. Ce portail a pour objectif de porter un double éclairage, à la fois historique et philosophique, sur l'ensemble des notions et des termes propres à la République et à ses concepts fondateurs. Ces ressources sont accompagnées de définitions et de textes de référence facilitant le travail pédagogique avec les élèves.
Elles pourront être mobilisées dès le mois prochain, pour l’enseignement moral et civique et les échanges pédagogiques que vous serez amenés à conduire à l’occasion des commémorations un an après les attentats de janvier 2015. A cet effet, différentes ressources seront mises en ligne par le réseau Canopé, en lien avec l'association "Dessinez, Créez, Liberté" initiée par Charlie Hebdo, ainsi qu’un numéro spécial de "Mon Petit Quotidien".
Des projets artistiques en préparation viendront compléter et appuyer ces supports pédagogiques afin d’aborder avec les élèves les événements passés et, au-delà, la liberté d’expression et la liberté de la presse. Des citoyens engagés dans la Réserve citoyenne de l’éducation nationale sont mobilisables, à vos côtés, pour accompagner et enrichir des projets que vous aurez construits pour ces commémorations.
Des ressources nouvelles en cours de construction, en particulier pour l’éducation aux médias et à l’information et pour l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, seront également mises à disposition des équipes éducatives et pédagogiques sur le portail "Valeurs de la République".
Je sais votre attachement à faire vivre les valeurs de la République et les valeurs citoyennes en classe et dans l'exercice de votre métier et vous remercie par avance de votre engagement à transmettre ces valeurs et ces principes qui sont au cœur de notre École et de notre société démocratique."
