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actualité - Page 5070

  • Mobilisation de masse pour défendre la famille

    Un an et demi après le vote de la loi Taubira, ses opposants ont encore fait dimanche une démonstration de force. 

    La Manif pour tous a revendiqué 500 000 personnes, s’opposant notamment à la gestation pour autrui (GPA), dimanche à Paris. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/JC MARMARA/LE FIGARO

    La manif pour tous attendait une nouvelle « marée bleu-blanc-rose ». Un an et demi après le vote de la loi sur le mariage homosexuel, c’est « une immense lame de fond », selon Ludovine de la Rochère, sa présidente, qui a lancé dimanche « un cri d’alarme : que faisons-nous de notre humanité ? ». Environ 500.000 personnes selon les organisateurs, 70.000 selon la police, ont défilé dans les rues de Paris. À Bordeaux, ils étaient 30.000 d’après le collectif, 7500 pour la police. Sur les pancartes, « nos ventres ne sont pas des caddies », ou encore « non à l’esclavagisme moderne » : malgré les tentatives d’apaisement de Manuel Valls, qui a confirmé vendredi l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA) en France, les manifestants étaient très remontés. Pour ceux - très peu nombreux - qui manifestaient pour la première fois, la question des mères porteuses avait même été le déclencheur. « Peu importent les polémiques stériles de chiffres, assure Ludovine de la Rochère. Nous ne laisserons plus les ultralibertaires dicter leur calendrier et les échéances de ces prétendus “progrès” : il n’y a pas plus obscurantiste que la GPA !Nous poursuivrons notre mouvement tant que nécessaire. »

    Seul un tiers des Français (31 %) soutiendraient les valeurs de la Manif pour tous, selon un sondage Ifop publié par le journal en ligne Atlantico ? Emmanuel, chef d’entreprise, ne se laisse pas démonter. « Et Hollande, rappelez-moi, c’est combien son capital de sympathie ? » Le président de la République cristallise toutes les rancœurs. « Il n’a aucune vision pour la France », assène un père de famille. « Hollande démission ! », enchaînent d’autres. « On est contre tout ce qu’il propose en matière familiale, explique Marie, étudiante parisienne. La réduction des allocations, le genre à l’école, la PMA et la GPA. » [....]

    La suite sur Le Figaro.fr

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Mobilisation-de-masse-pour

  • La banque centrale européenne rachète des prêts pourris

    Contribuables de France et d’Europe, réjouissez-vous, vous allez payer les crédits des autres ! En effet, ce dernier jeudi, la banque centrale européenne (BCE) a annoncé son intention de racheter des prêts « titrisés », c’est-à-dire des prêts adossés à des actifs. Sauf que ces actifs ne sont pas si actifs que cela !

    En clair, la banque centrale européenne a racheté de la dette qui ne sera jamais remboursée car les actifs sensés les soutenir ont de grandes chances de s’avérer défaillants. Or, acheter de la dette, cela revient mécaniquement à faire fonctionner la planche à billets…, chose qu’on nous annonce pourtant comme catastrophique.

    Mais plus grave encore, les prêts rachetés sont un gros pot commun où tout est mélangé : depuis le crédit consommation pour les achats de voiture, de travaux ou même d’avance de trésorerie, aux crédit immobiliers… Et c’est ce fourre-tout qui est désormais racheté par la banque centrale européenne, donc par le contribuable.

    Jens Weidmann, banquier central allemand, n’y va pas par quatre chemins :

    « Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu’ils n’aient rien en retour […] Cela va à l’encontre du principe de responsabilité qui est fondamental dans l’économie de marché: celui qui tire un bénéfice de quelque chose doit en assumer la perte s’il y a un développement négatif. »

    Jürgen Stark, ancien chef économiste de la BCE, qualifie cette décision « d’acte de désespoir ».

    En effet, la banque centrale, par une telle politique, affaiblit un peu plus l’euro tout en rendant se dette toujours plus opaque. Dévaluer une monnaie par l’émission de liquidité peut s’entendre, car on connait le volume généré, mais dans le cas présent, on dévalue sur des bases inconnues et non maîtrisables. Un remake en somme de la crise financière de 2008…

    Xavier Celtillos

    http://medias-presse.info/la-banque-centrale-europeenne-rachete-des-prets-pourris/16038

  • La Dissidence Française au 20 Heures de France 2

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    Le Samedi 4 Octobre, le Journal de 20H de France 2 revenait, à la veille d’une nouvelle Manif pour Tous, sur un an de fronde anti-Hollande.

    À cette occasion, un reportage consacré à la Dissidence Française fut diffusé : il y a quelques semaines, les caméras de France 2 avaient en effet suivi l’une des actions des militants parisiens de la Dissidence Française.

    Approximations et éléments de langage

    TVBien évidemment, nous savons pertinemment que les médias remplissent d’abord et avant tout une fonction centrale dans le dispositif d’ingénierie sociale et de manipulation des masses. Aussi, nous ne sommes pas surpris du traitement qui nous fut réservé dans ce reportage.

    • Éléments de langage

    "Groupuscule", "théorie du complot", "mouvance radicale décomplexée", "suivie de près par la police", "flirtent dans leurs discours et actions avec l’illégalité"… Bref, les qualificatifs fusent et il n’était pas envisageable que notre organisation soit traitée autrement que sous cet angle "qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire" et qui nous place à la limite de la "délinquance politique".

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  • La dette et le déficit des collectivités locales explosent et triplent en un an !

    Selon un rapport qui doit être rendu publique courant octobre, et dont le JDD donne quelques éléments, le déficit des collectivités locales a presque triplé en un an et leur dette a explosé. Avec la belle gestion des élus socialistes – ces derniers détiennent la quasi-totalité des pouvoirs locaux -, l’endettement des communes, départements et régions est passé de 3,7 milliards d’euros en 2012 à 9,2 milliards en 2013. Désormais l’endettement des collectivités locales pèsent 10% de l’endettement national contre 3% en 2012.

    Plusieurs raisons peuvent sont évoquées par le rapport :

    • L’augmentation de la masse salariale : fidèle à son idéologie, la gauche embauche ! La masse salariale a augmenté de 3,1% en 2013 après une progression de 3,5% en 2012, et précise le JDD, avec « le poids des régimes indemnitaires particulièrement favorables ».
    • La création de structures intermédiaires qui a pour conséquence le point précédent, les collectivités nouvelles venant en supplément de celles existants déjà par ailleurs, avec tout ce que cela représente de dépenses supplémentaires en terme de personnel, d’immobilier et d’infrastructure en tous genres.
    • Les transferts de charge de l’Etat vers les collectivités locales. Ainsi Michel Sapin, ministre de l’économie, peut se gausser : « Nous voyons que ces collectivités locales ont vu leurs frais de fonctionnement augmenter au cours de ces dernières années, alors que l’Etat, lui, faisait des efforts pour maîtriser son fonctionnement ». L’Etat n’a rien maitrisé du tout, il s’est contenter de se débarrasser de compétences et de charges sur le dos des collectivités locales sans en transférer les recettes !

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  • Les Jeunes socialistes annoncent une contre-offensive

    A défaut de pouvoir réunir quelques dizaines de manifestants dans les rues, les jeunes du PS publient ce communiqué qui fait trembler de peur La Manif Pour Tous  :

    "Les Jeunes Socialiste se mobilisent pour contrer l'offensive réactionnaire de la droite et le rassemblement de la « Manif pour tous ». Quand les membres de la « Manif pour tous » défilent contre l’apprentissage de l’égalité entre les femmes et les hommes à l’école, oublient-ils qu’aujourd’hui une femme sur dix déclare avoir subi des violences conjugales ? Quand les membres de la « Manif pour Tous » manifestent contre l’égalité des droits entre tous les couples, oublient-ils qu’aujourd’hui 30 % des personnes homosexuel-le-s de moins de 25 ans ont tenté de sesuicider ? Les Jeunes Socialistes refusent de céder face à ces mouvements réactionnaires qui combattent l’égalité à l'école.

    Ils ont décidé de lancer une série de visuels sur les réseaux sociaux afin de dénoncer l’état d’esprit rétrograde, discriminatoire, profondément blessant et insultant de la « Manif pour tous » dont le nom devrait plutôt être « Égalité pour personne »."

    Nous avons vu plein de violeurs en puissance cet après-midi et je ne me suis même pas méfié...

    Et est-ce que dans ces visuels nous verrons des fascistes en loden ?

    Nous proposons déjà ce visuel aux jeunes socialistes (oxymore) :

    H

    T

    Michel Janva

  • Le bilan africain de Nicolas Sarkozy – L’Afrique Réelle n°58, Octobre 2014

    George Bush désintégra l’Irak et Nicolas Sarkozy la Libye, deux pays qui étaient des remparts contre l’islamisme. La Libye du colonel Kadhafi était, de plus, devenue un partenaire essentiel dans la lutte contre la déferlante migratoire venue de la mer, phénomène si bien annoncé par Jean Raspail dans son prophétique Camp des Saints.

    Si George Bush n’a plus d’avenir politique, Nicolas Sarkozy ambitionne quant à lui de revenir aux Affaires. Le bilan africain de son premier mandat doit donc être fait. Il est catastrophique et tient en sept points :

    Le bilan africain de Nicolas Sarkozy – L’Afrique Réelle n°58, Octobre 20141) Le plus grave par ses conséquences régionales fut la guerre incompréhensible qu’il déclara au colonelKadhafi après qu’il l’eut pourtant reçu avec tous les honneurs (photo ci-contre). Nicolas Sarkozy devra répondre à trois questions :

    - Pourquoi outrepassa-t-il le mandat international prévoyant une zone d’exclusion aérienne dans le seul secteur de Benghazi pour le transformer en une guerre totale ?
    - Pourquoi refusa-t-il toutes les options de sortie de crise proposées par les chefs d’Etat africains, exigeant au contraire d’une manière obstinée la destruction pure et simple du régime libyen ?
    - Pourquoi, alors que le colonel Kadhafi venait de réussir à se sortir du piège de Syrte, fit-il tronçonner son convoi par l’aviation, le livrant ainsi aux islamo-gangsters de Misrata qui le mirent ignominieusement à mort ?

    2) Le plus irresponsable pour l’avenir de la France est d’avoir, par petit calcul électoral, et sans consultation préalable du peuple français, transformé Mayotte en département. Dans ce Lampedusa d’outre-mer qui vit des prestations versées par les impôts des métropolitains, la maternité de Mamoudzou met au monde chaque année 7000 jeunes compatriotes, dont 80% nés de mères immigrées originaires de toute l’Afrique orientale et jusqu’à la cuvette du Congo. Juridiquement, il n’existe plus aucun moyen de revenir au statut antérieur qui permettait de maintenir cette île de l’océan indien dans l’ensemble français sans avoir à subir les conséquences dramatiques de la départementalisation.

     

    3) Le plus indécent fut la façon dont, en Côte d’Ivoire, il intervint directement dans la guerre civile en hissant au pouvoir son ami et celui de la Banque mondiale, le très mal élu Alassane Ouattara, prolongeant ainsi toutes les conditions des futures crises.

    4) Le plus insolite fut son « discours de Dakar », dans lequel il osa déclarer que si l’Afrique n’est, selon lui, pas entrée dans l’histoire, c’est parce qu’elle ne s’est pas soumise au dogme démocratique…

    5) Le plus scandaleux fut sa gestion du dossier rwandais quand, influencé par son ministre Bernard Kouchner, il ne conditionna pas le rapprochement diplomatique entre Paris et Kigali au préalable de l’abandon des accusations fabriquées par Paul Kagamé contre l’armée française.

    6) Le plus symptomatique fut son alignement sur les Etats-Unis, politique illustrée par un vaste désengagement, de Djibouti à Dakar, avec pour résultat de laisser le Sahel à Washington. Il aura fallu un président socialiste pour que la France fasse son grand retour dans la région…

    7) Le plus incompréhensible, conséquence du point précédent, fut son refus d’intervention au Mali. Pourquoi laissa t-il les islamistes se renforcer puis coiffer les Touareg du MNLA alors que nos intérêts nationaux, notamment en ce qui concerne l’uranium du Niger, étaient directement engagés dans la région ?

    SOMMAIRE :

    Actualité 
    :

    - Algérie : la crise s’aggrave
    - Menaces sur le Cameroun
    - Afrique du Sud : l’Apartheid à rebours

    Economie
    L’Afrique ne décolle pas
     
    Défense
    L’Afrique, un continent qui s’arme
  • Les anti-GPA «de gauche» reçus à la Famille

    Ils n’arborent pas de tee-shirt orné d’une ribambelle rose, sont plutôt connus pour leurs convictions de gauche et ont, pour la plupart, soutenu la loi du mariage pour tous.
     
    Vendredi matin, Laurence Rossignol, la secrétaire d’État à la Famille, reçoit trois de ces opposants à la gestation pour autrui (GPA) : la philosophe Sylviane Agacinski, la spécialiste de l’histoire des femmes et de l’homosexualité féminine Marie-Jo Bonnet et la professeur de droit Marianne Frison-Roche. Toutes trois lui diront leur inquiétude au sujet de la diffusion de la GPA en France après sa condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en juin dernier, qui lui reproche de ne pas reconnaître la filiation des enfants nés de mères porteuses à l’étranger.
     
    Cette rencontre est une suite donnée à l’appel lancé en juillet dans Libérationà François Hollande par une soixantaine de personnalités de renom comme l’ancien premier ministre Lionel Jospin, l’ex-président de la Commission européenne Jacques Delors, Bernard Poignant, proche conseiller du président, ou encore Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes sous François Mitterrand. Ces anti-GPA « de gauche » organisent donc leur propre front dans un combat dernièrement porté par les troupes de la Manif pour tous.
     
    Rapprochement impossible
     
    Mais, alors que le gouvernement a annoncé qu’il ne ferait pas appel des arrêts de la CEDH pour, selon lui, sécuriser juridiquement les enfants nés d’une mère porteuse, la marge des opposants au « triomphe de l’industrie de l’enfantement sur commande » est étroite. Très virulents, ils ne semblent pas pour autant prêts à baisser la garde.[...]

  • Le Qatar, champion du mensonge et de la dissimulation -Entretien avec Majed Nehmé

    AFRIQUE-ASIE : Sans sponsors et en toute indépendance, à contre-courant des livres de commande publiés récemment en France sur le Qatar, Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget ont enquêté sur ce minuscule État tribal, obscurantiste et richissime qui, à coup de millions de dollars et de fausses promesses de démocratie, veut jouer dans la cour des grands en imposant partout dans le monde sa lecture intégriste du Coran. Un travail rigoureux et passionnant sur cette dictature molle : Le Vilain Petit Qatar — Cet ami qui nous veut du mal, Fayard, 300 p., 19 €, dont nous parle Jacques-Marie Bourget. Écrivain et ancien grand reporter dans les plus grands titres de la presse française, Jacques-Marie Bourget a couvert de nombreuses guerres : le Vietnam, le Liban, le Salvador, la guerre du Golfe, la Serbie et le Kosovo, la Palestine… C’est à Ramallah qu’une balle israélienne le blessera grièvement. Grand connaisseur du monde arabe et des milieux occultes, il publiait en septembre dernier avec le photographe Marc Simon, Sabra et Chatila, au cœur du massacre (éd. Érick Bonnier, voir Afrique Asie d’octobre 2012)Nicolas Beau a longtemps été journaliste d’investigation à Libération, au Monde et au Canard Enchainé avant de fonder et diriger le site d’information satirique français, Bakchich. info. Il a notamment écrit des livres d’enquêtes sur le Maroc et la Tunisie et sur Bernard-Henri Lévy.

    • Qu’est-ce qui vous a amenés à consacrer un livre au Qatar ?

    Le hasard puis la nécessité. J’ai plusieurs fois visité ce pays et en suis revenu frappé par la vacuité qui se dégage à Doha. L’on y a l’impression de séjourner dans un pays virtuel, une sorte de console vidéo planétaire. Il devenait intéressant de comprendre comment un État aussi minuscule et artificiel pouvait prendre, grâce aux dollars et à la religion, une telle place dans l’histoire que nous vivons. D’autre part, à l’autre bout de la chaîne, l’enquête dans les banlieues françaises faite par mon coauteur Nicolas Beau nous a immédiatement convaincus qu’il y avait une stratégie de la part du Qatar enfin de maîtriser l’islam aussi bien en France que dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. D’imposer sa lecture du Coran qui est le wahhabisme, donc d’essence salafiste, une interprétation intégriste des écrits du Prophète. Cette sous-traitance de l’enseignement religieux des musulmans de France à des imams adoubés par le Qatar nous a semblé incompatible avec l’idée et les principes de la République. Imaginez que le Vatican, devenant soudain producteur de gaz, profite de ses milliards pour figer le monde catholique dans les idées intégristes de Monseigneur Lefebvre, celles des groupuscules intégristes qui manifestent violemment en France contre le « mariage pour tous ». Notre société deviendrait invivable, l’obscurantisme et l’intégrisme sont les meilleurs ennemis de la liberté.

    Sur ce petit pays, nous sommes d’abord partis pour publier un dossier dans un magazine. Mais nous avons vite changé de format pour passer à celui du livre. Le paradoxe du Qatar, qui prêche la démocratie sans en appliquer une seule once pour son propre compte, nous a crevé les yeux. Notre livre sera certainement qualifié de pamphlet animé par la mauvaise foi, de Qatar bashing… C’est faux. Dans cette entreprise nous n’avons, nous, ni commande, ni amis ou sponsors à satisfaire. Pour mener à bien ce travail, il suffisait de savoir lire et observer. Pour voir le Qatar tel qu’il est : un micro-empire tenu par un potentat, une dictature avec le sourire aux lèvres.

    • Depuis quelques années, ce petit émirat gazier et pétrolier insignifiant géopolitiquement est devenu, du moins médiatiquement, un acteur politique voulant jouer dans la cour des grands et influer sur le cours de l’Histoire dans le monde musulman. Est-ce la folie des grandeurs ? Où le Qatar sert-il un projet qui le dépasse ?

    Il existe une folie des grandeurs. Elle est encouragée par des conseillers et flagorneurs qui ont réussi à convaincre l’émir qu’il est à la fois un tsar et un commandeur des croyants. Mais c’est marginal. L’autre vérité est qu’il faut, par peur de son puissant voisin et ennemi saoudien, que la grenouille se gonfle. Faute d’occuper des centaines de milliers de kilomètres carrés dans le Golfe, le Qatar occupe ailleurs une surface politico-médiatique, un empire en papier. Doha estime que cette expansion est un moyen de protection et de survie.

    Enfin il y a la religion. Un profond rêve messianique pousse Doha vers la conquête des âmes et des territoires. Ici, on peut reprendre la comparaison avec le minuscule Vatican, celui du XIXe siècle qui envoyait ses missionnaires sur tous les continents. L’émir est convaincu qu’il peut nourrir et faire fructifier une renaissance de la oumma, la communauté des croyants. Cette stratégie a son revers, celui d’un possible crash, l’ambition emportant les rêves du Qatar bien trop loin de la réalité. N’oublions pas aussi que Doha occupe une place vide, celle libérée un temps par l’Arabie Saoudite impliquée dans les attentats du 11-Septembre et contrainte de se faire plus discrète en matière de djihad et de wahhabisme. Le scandaleux passe-droit dont a bénéficié le Qatar pour adhérer à la Francophonie participe à cet objectif de “wahhabisation” : en Afrique, sponsoriser les institutions qui enseignent la langue française permet de les transformer en écoles islamiques, Voltaire et Hugo étant remplacés par le Coran.

    • Cette mégalomanie peut-elle se retourner contre l’émir actuel ? Surtout si l’on regarde la brève histoire de cet émirat, créé en 1970 par les Britanniques, rythmée par des coups d’État et des révolutions de palais.

    La mégalomanie et l’ambition de l’émir Al-Thani sont, c’est vrai, discrètement critiquées par de “vieux amis” du Qatar. Certains, avançant que le souverain est un roi malade, poussent la montée vers le trône de son fils désigné comme héritier, le prince Tamim. Une fois au pouvoir, le nouveau maître réduirait la voilure, notamment dans le soutien accordé par Doha aux djihadistes, comme c’est le cas en Libye, au Mali et en Syrie. Cette option est même bien vue par des diplomates américains inquiets de cette nouvelle radicalité islamiste dans le monde. Alors, faut-il le rappeler, le Qatar est d’abord un instrument de la politique de Washington avec lequel il est lié par un pacte d’acier.

    Cela dit, promouvoir Tamim n’est pas simple puisque l’émir, qui a débarqué son propre père par un coup d’État en 1995, n’a pas annoncé sa retraite. Par ailleurs le premier ministre Jassim, cousin de l’émir, le tout-puissant et richissime “HBJ”, n’a pas l’intention de laisser un pouce de son pouvoir. Mieux : en cas de nécessité, les États-Unis sont prêts à sacrifier et l’émir et son fils pour mettre en place un “HBJ” dévoué corps et âme à Washington et à Israël. En dépit de l’opulence affichée, l’émirat n’est pas si stable qu’il y paraît. Sur le plan économique, le Qatar est endetté à des taux “européens” et l’exploitation de gaz de schiste est en rude concurrence, à commencer aux États-Unis.

    • La présence de la plus grande base américaine en dehors des États-Unis sur le sol qatari peut-elle être considérée comme un contrat d’assurance pour la survie du régime ou au contraire comme une épée de Damoclès fatale à plus ou moins brève échéance ?

    La présence de l’immense base Al-Udaï est, dans l’immédiat, une assurance vie pour Doha. L’Amérique a ici un lieu idéal pour surveiller, protéger ou attaquer à son gré dans la région. Protéger l’Arabie Saoudite et Israël, attaquer l’Iran. La Mecque a connu ses révoltes, la dernière réprimée par le capitaine Barril et la logistique française. Mais Doha pourrait connaître à son tour une révolte conduite par des fous d’Allah mécontents de la présence du “grand Satan” en terre wahhabite.

    • Ce régime, moderne d’apparence, est en réalité fondamentalement tribal et obscurantiste. Pourquoi si peu d’informations sur sa vraie nature ?

    Au risque de radoter, il faut que le public sache enfin que le Qatar est le champion du monde du double standard : celui du mensonge et de la dissimulation comme philosophie politique. Par exemple, des avions partent de Doha pour bombarder les taliban en Afghanistan alors que ces mêmes guerriers religieux ont un bureau de coordination installé à Doha, à quelques kilomètres de la base d’où décollent les chasseurs partis pour les tuer. Il en va ainsi dans tous les domaines, et c’est le cas de la politique intérieure de ce petit pays.

    Regardons ce qui se passe dans ce coin de désert. Les libertés y sont absentes, on y pratique les châtiments corporels, la lettre de cachet, c’est-à-dire l’incarcération sans motif, est une pratique courante. Le vote n’existe que pour nommer une partie des conseillers municipaux, à ceci près que les associations et partis politiques sont interdits, tout comme la presse indépendante… Une Constitution qui a été élaborée par l’émir et son clan n’est même pas appliquée dans tous ses articles. Le million et demi de travailleurs étrangers engagés au Qatar s’échinent sous le régime de ce que des associations des droits de l’homme qualifient « d’esclavage ». Ces malheureux, privés de leurs passeports et payés une misère, survivent dans les camps détestables sans avoir le droit de quitter le pays. Nombre d’entre eux, accrochés au béton des tours qu’ils construisent, meurent d’accidents cardiaques ou de chutes (plusieurs centaines de victimes par an).

    La “justice”, à Doha, est directement rendue au palais de l’émir, par l’intermédiaire de juges qui le plus souvent sont des magistrats mercenaires venus du Soudan. Ce sont eux qui ont condamné le poète Al-Ajami à la prison à perpétuité parce qu’il a publié sur Internet une plaisanterie sur Al-Thani ! Observons une indignation à deux vitesses : parce que cet homme de plume n’est pas Soljenitsyne, personne n’a songé à défiler dans Paris pour défendre ce martyr de la liberté. Une anecdote : cette année, parce que son enseignement n’était pas « islamique », un lycée français de Doha a tout simplement été retiré de la liste des institutions gérées par Paris.

    • Arrêtons là car la situation du droit au Qatar est un attentat permanent aux libertés.

    Pourtant, et l’on retombe sur le fameux paradoxe, Doha n’hésite pas, hors de son territoire, à prêcher la démocratie. Mieux, chaque année un forum se tient sur ce thème dans la capitale. Son titre, « New or restaured democracy » alors qu’au Qatar il n’existe de démocratie ni “new” ni “restaured”… Selon le classement de The Economist, justement en matière de démocratie, le Qatar est 136ème sur 157ème États, classé derrière le Bélarusse. Bizarrement, alors que toutes les bonnes âmes fuient le dictateur moustachu Loukachenko, personne n’éprouve honte ou colère à serrer la main d’Al-Thani. Et le Qatar, qui est aussi un enfer, n’empêche pas de grands défenseurs des droits de l’homme, notamment français, de venir bronzer, invités par Doha, de Ségolène Royal à Najat Vallaud-Belkacem, de Dominique de Villepin à Bertrand Delanoë.

    • Comment un pays qui est par essence antidémocratique se présente-t-il comme le promoteur des printemps arabes et de la liberté d’expression ?

    Au regard des “printemps arabes”, où le Qatar joue un rôle essentiel, il faut observer deux phases. Dans un premier temps, Doha hurle avec les peuples justement révoltés. On parle alors de “démocratie et de liberté”. Les dictateurs mis à terre, le relais est pris par les Frères musulmans, qui sont les vrais alliés de Doha. Et on oublie les slogans d’hier. Comme on le dit dans les grandes surfaces, “liberté et démocratie” n’étaient que des produits d’appel, rien que de la “com'”.

    Si l’implication du Qatar dans les “printemps” est apparue comme une surprise, c’est que la stratégie de Doha a été discrète. Depuis des années l’émirat entretient des relations très étroites avec des militants islamistes pourchassés par les potentats arabes, mais aussi avec des groupes de jeunes blogueurs et internautes auxquels il a offert des stages de “révolte par le Net”. La politique de l’émir était un fusil à deux coups. D’abord on a envoyé au “front” la jeunesse avec son Facebook et ses blogueurs, mains nues face aux fusils des policiers et militaires. Ceux-ci défaits, le terrain déblayé, l’heure est venue de mettre en poste ces islamistes tenus bien au chaud en réserve, héros sacralisés, magnifiés en sagas par Al-Jazeera.

    • Comment expliquez-vous l’implication directe du Qatar d’abord en Tunisie et en Libye, et actuellement en Égypte, dans le Sahel et en Syrie ?

    En Libye, nous le montrons dans notre livre, l’objectif était à la fois de restaurer le royaume islamiste d’Idriss tout essayant de prendre le contrôle de 165 milliards, le montant des économies dissimulées par Kadhafi. Dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, il s’agit de l’application d’une stratégie froide du type “redessinons le Moyen-Orient”, digne des “néocons” américains. Mais, une fois encore, ce n’est pas le seul Qatar qui a fait tomber Ben Ali et Moubarak ; leur chute a d’abord été le résultat de leur corruption et de leur politique tyrannique et aveugle.

    Au Sahel, les missionnaires qataris sont en place depuis cinq ans. Réseaux de mosquées, application habile de la zaqat, la charité selon l’islam, le Qatar s’est taillé, du Niger au Sénégal, un territoire d’obligés suspendus aux mamelles dorées de Doha. Plus que cela, dans ce Niger comme dans d’autres pays pauvres de la planète le Qatar a acheté des centaines de milliers d’hectares transformant ainsi des malheureux affamés en “paysans sans terre”. À la fin de 2012, quand les djihadistes ont pris le contrôle du Nord-Mali, on a noté que des membres du Croissant-Rouge qatari sont alors venus à Gao prêter une main charitable aux terribles assassins du Mujao…

    La Syrie n’est qu’une extension du domaine de la lutte avec, en plus, une surenchère : se montrer à la hauteur de la concurrence de l’ennemi saoudien dans son aide au djihad. Ici, on a du mal à lire clairement le dessein politique des deux meilleurs amis du Qatar, les États-Unis et Israël, puisque Doha semble jouer avec le feu de l’islamisme radical…

    • Le Fatah accuse le Qatar de semer la zizanie et la division entre les Palestiniens en soutenant à fond le Hamas, qui appartient à la nébuleuse des Frères musulmans. Pour beaucoup d’observateurs, cette stratégie ne profite qu’à Israël. Partagez-vous cette analyse ?

    Quand on veut évoquer la politique du Qatar face aux Palestiniens, il faut s’en tenir à des images. Tzipi Livni, qui fut avec Ehud Barak la cheville ouvrière, en 2009, de l’opération Plomb durci sur Gaza — 1 500 morts — fait régulièrement ses courses dans les malls [centres commerciaux] de Doha. Elle profite du voyage pour dire un petit bonjour à l’émir. Un souverain qui, lors d’une visite discrète, s’est rendu à Jérusalem pour y visiter la dame Livni… Souvenons-nous du pacte signé d’un côté par HBJ et le souverain Al-Thani et de l’autre les États-Unis : la priorité est d’assister la politique d’Israël. Quand le “roi” de Doha débarque à Gaza en promettant des millions, c’est un moyen d’enferrer le Hamas dans le clan des Frères musulmans pour mieux casser l’unité palestinienne. C’est une politique pitoyable. Désormais, Mechaal, réélu patron du Hamas, vit à Doha dans le creux de la main de l’émir. Le rêve de ce dernier — le Hamas ayant abandonné toute idée de lutte — est de placer Mechaal à la tête d’une Palestine qui se situerait en Jordanie, le roi Abdallah étant déboulonné. Israël pourrait alors s’étendre en Cisjordanie. Intéressante politique-fiction.

    • Le Qatar a-t-il “acheté” l’organisation de la Coupe du monde football en 2022 ?

    Un grand et très vieil ami du Qatar m’a dit : « Le drame avec eux, c’est qu’ils s’arrangent toujours pour que l’on dise “cette fois encore, ils ont payé !” ». Bien sûr, il y a des soupçons. Remarquons que les fédérations sportives sont si sensibles à la corruption que, avec de l’argent, acheter une compétition est possible. On a connu cela avec des jeux Olympiques étrangement attribués à des outsiders…

    Dans le conflit frontalier entre le Qatar et le Bahreïn, vous révélez que l’un des juges de la Cour internationale de justice de La Haye aurait été acheté par le Qatar. L’affaire peut-elle être rejugée à la lumière de ces révélations ?

    Un livre — sérieux celui-là — récemment publié sur le Qatar évoque une manipulation possible lors du jugement arbitral qui a tranché le conflit frontalier entre le Qatar et Bahreïn. Les enjeux sont énormes puisque, sous la mer et les îlots, se trouve du gaz. Un expert m’a déclaré que cette révélation pouvait être utilisée pour rouvrir le dossier devant la Cour de La Haye…

    • Les liaisons dangereuses et troubles entre la France de Sarkozy et le Qatar se poursuivent avec la France de Hollande. Comment expliquez-vous cette continuité ?

    Parler du Qatar, c’est parler de Sarkozy, et inversement. De 2007 à 2012, les diplomates et espions français en sont témoins, c’est l’émir qui a réglé la “politique arabe” de la France. Il est amusant de savoir aujourd’hui que Bachar al-Assad a été l’homme qui a introduit la “sarkozie” auprès de celui qui était alors son meilleur ami, l’émir du Qatar. Il n’y a pas de bonne comédie sans traîtres. Kadhafi était, lui aussi, un grand ami d’Al-Thani et c’est l’émir qui a facilité l’amusant séjour du colonel et de sa tente à Paris. Sans évoquer les affaires incidentes, comme l’épopée de la libération des infirmières bulgares. La relation entre le Qatar et Sarkozy a toujours été sous-tendue par des perspectives financières. Aujourd’hui Doha promet d’investir 500 millions de dollars dans le fonds d’investissement que doit lancer l’ancien président français à Londres. Échange de bons procédés, ce dernier fait de la propagande ou de la médiation dans les aventures, notamment sportives, du Qatar.

    François Hollande, par rapport au Qatar, s’est transformé en balancier. Un jour le Qatar est « un partenaire indispensable », qui a sauvé dans son fief de Tulle la fabrique de maroquinerie le Tanneur, le lendemain, il faut prendre garde de ses amis du djihad. Aucune politique n’est fermement dessinée et les diplomates du Quai-d’Orsay, nommés sous Sarkozy, continuent de jouer le jeu d’un Doha qui doit rester l’ami numéro 1. En période de crise, les milliards miroitants d’Al-Thani impliquent aussi une forme d’amitié au nom d’un slogan faux et ridicule qui veut que le Qatar « peut sauver l’économie française »… La réalité est plus plate : tous les investissements industriels de Doha en France sont des échecs… Reste le placement dans la pierre, vieux bas de laine de toutes les richesses. Notons là encore un pathétique grand écart : François Hollande a envoyé son ministre de la Défense faire la quête à Doha afin de compenser le coût de l’opération militaire française au Mali, conduite contre des djihadistes très bien vus par l’émir.

    ► Majed Nehmé, Afrique-Asie, avril 2013.