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actualité - Page 5119

  • Trois reculades en une semaine


    Réinstallé le 26 août à la tête du gouvernement, Valls avait laissé se répandre une fausse rumeur. Pendant trois ou quatre jours on a distillé l'illusion que le pays allait enfin entrer en voie de réforme. Le 27 août par exemple, le chef du gouvernement allait se faire applaudir à l'université du Medef. Il "aime les entreprises" avait-il proclamé. Et le lendemain, 28 août, on apprenait même que le nouveau ministre de l'Économie, Emmanuel Macron passerait pour "favorable à des dérogations" pour "les 35 heures".

    Un vent de libéralisme échevelé soufflait-il sur le petit monde de François Hollande ? Certains l'ont cru. D'autres persistent à le laisser entendre. Ainsi François Rebsamen, ministre du Travail imaginait encore ce 2 septembre de mieux contrôler la qualité de chômeurs effectifs des allocataires de l'Unedic.

    Tollé bien sûr : chacun sait, ou du moins dans une certaine gauche chacun fait semblant de le croire, que les faux chômeurs n'existent pas et ne nuisent pas à l'indemnisation des véritables demandeurs d'emploi.

    Parmi les réactions indignées de la gauche "frondeuse" relevons en une, au moins, qui ne semble dépourvue ni d'une pointe d'humour ni même d'une part de pertinence. Le camarade Dartigolles porte-parole du parti communiste rétorque à ce sujet : "Il faudrait contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi". Depuis 28 mois que l'on nous promet l'inversion de la courbe du chômage les dirigeants socialistes pourraient en effet faire preuve d'un peu de modestie.

    Reste que la cohérence gouvernementale figurait en tête des raisons invoquées le 25 août pour le départ des Montebourg, Hamon, Filipetti et Cuvillier.

    De quelle cohérence parle-t-on quand, au moment même où le ministre du Travail exprime son désir de mettre de l'ordre dans les prestations de l'Unedic, en améliorant les contrôles, le premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis, juge que la déclaration de M. Rebsamen n'est "pas pertinente".

    Il est intéressant de remarquer que le premier mouvement du rédacteur du Monde était de noter que "la CGT accuse François Rebsamen de vouloir sanctionner les chômeurs." Tel est en effet le lien de l'article initialement posté à 12 h 34 probablement sous ce titre. Or curieusement dans la version mise à jour à 17 h 18 la mention de cette accusation par la CGT avait disparu, enfouie sous les critiques de Force ouvrière"abasourdie" et de la Confédération française démocratique du travail (CFDT)"atterrée".

    Qu'on se le dise en effet : ce n'est pas la partie "frondeuse" de la majorité qui récuse l'illusion réformiste, c'est le parti socialiste lui-même.

    Certains s'étonnent en effet, et à juste titre, de l'incohérence consistant à laisser Christiane Taubira, poids lourd du gouvernement, s'afficher aux côtés des "frondeurs"socialistes à La Rochelle.

    Comment ne pas éprouver de malaise en entendant le Cambadélis charger contre une déclaration de Madame Merkel, affirmant lui-même que "l'emploi du mot 'véritable' [à propos des réformes françaises] "n'est pas supportable". N'est-ce pas, pourtant, ses grotesques tirades anti-allemandes qui ont aggravé le sentiment du perte du sens des responsabilités par le Montebourg ?

    Car la chancelière n'a pas tenu exactement les propos qu'on lui prête, sur la base de traductions douteuses: elle s'interroge si wirklich (véritablement) le gouvernement français entend procéder à des réformes de structures. J'avoue me poser les mêmes questions et les zigzags de nos ministres ne me rassurent pas, — et mes doutes n'ont guère d'importance,— mais ils ne sont pas de nature non plus à rassurer, au-delà des bureaucraties patronales les investisseurs réels, tant étrangers que français, — ce qui est infiniment plus préoccupant.

    Car comment, dès lors, ne pas juger plus grave encore le revirement de Valls lui-même affirmant le 31 août, 4 jours après sa déclaration d'amour applaudie au MEDEF et 3 jours après les rumeurs autour d'une critique des 35 heures par le "jeune et brillant" Macron, que "les 35 heures ne seront pas remises en cause".

    Idem sur l'encadrement des loyers, projet qui aggrave et aggravera la pénurie de logements.

    Combien de temps encore les Français, intoxiqués par les médias, se laisseront prendre aux faux-semblants des communicants politiques ?

    Que faut-il retenir du boniment de Cambadélis à La Rochelle le 31 août ? Que vaut ce"nouveau progressisme" que lui et ses camarades affirment avoir substitué à leur ancien, très ancien, trotskisme.

    Certes, si le réseau de pouvoir strauss-kahnien de Jean-Christophe Cambadélis gère le parti socialiste avec le brio dont ces gens ont fait preuve à la tête de la MNEF, pour sûr, la crédibilité de ce gouvernement n'a pas de souci à se faire.

    JG Malliarakis 

    http://www.insolent.fr/2014/09/trois-reculades-en-une-semaine.html

  • 3000 Occidentaux parmi les islamistes en Syrie

    Fin mai, au moins 3000 Occidentaux avaient rejoint les islamistes qui combattent en Syrie, selon le Soufan group, un organisme de renseignement basé à New York.
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    La France est la plus «représentée» en nombre de tous les pays occidentaux. Elle compte 700 ressortissants sur place. Une estimation plus basse que celle des services du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, selon lesquels 900 Français étaient concernés à la mi-août. Vient ensuite la Grande Bretagne, avec 400 ressortissants actuellement en Syrie. Puis l’Allemagne (270 ressortissants), talonnée par les Belges, avec 250 ressortissants.jeunes

    Mais lorsqu’on regarde la proportion de combattants par rapport à la population de leurs pays d’origine, le classement est sensiblement différent :
    La Belgique arrive largement en tête, avec 22 ressortissants partis au djihad pour un million d’habitants.
    Le Danemark arrive en deuxième position, avec 17 ressortissants pour un million d’habitants.
    La France arrive en troisième position: on compte 11 Français partis en Syrie pour un million d’habitants.

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  • Comment les banques centrales provoquent les crises financières

    Nous disons et écrivons très souvent que l’économie est largement financiarisée depuis plus de 15 ans. Nous vivons dans une économie de bulles d’actifs financiers. En fait, lorsqu’une bulle éclate sur un actif, on assiste généralement à la naissance d’une nouvelle bulle sur un autre actif car l’argent abondamment créé par les banques centrales ne peut, en général, être repris sous peine de provoquer d’énormes pertes en patrimoine chez les investisseurs privés ou de créer une crise bancaire.

    Nous sommes donc en plein aléa moral puisque certains acteurs financiers ne sont pas assez rigoureux dans l’analyse du risque de leurs investissements ; ils se reposent sur le fait qu’ils ont une capacité de nuisance systémique et qu’en conséquence il y aura toujours un prêteur/sauveur en dernier ressort (en l’occurrence la banque centrale de sa zone monétaire).

    C’est l’une des principales origines des crises financières que nous connaissons depuis les années 2000 : des politiques monétaires trop accommodantes pour ne pas dire laxistes avec un environnement de taux “anormalement” bas et donc de coûts de financement très avantageux (taux emprunts d’Etat de plus en plus ridicules, écarts de taux vis-à-vis des taux de swap ne rémunérant que très peu ou même pas du tout le risque bancaire ou d’entreprise).

    La crise financière est inévitable lorsque l’investisseur va chercher du rendement sur des classes d’actifs de plus en plus risquées parce que les actifs prétendus les plus sûrs — comme les emprunts d’Etat (Etats-Unis, Royaume-Uni et grands Etats de la Zone euro) — rapportent de moins en moins.

    La crise financière peut devenir particulièrement violente — comme en 2007-2008 — lorsque de surcroît les produits de placement classiques (y compris les plus risqués) rapportent moins alors même que les exigences de rentabilité restent inchangées ; d’où l’innovation financière pour fabriquer des produits structurés sophistiqués et complexes censés procurer du rendement avec un risque maîtrisé.

    La séquence de crise est la suivante

    Phase 1 : un investisseur institutionnel achète des titres d’Etat AAA (actifs refuge) à un taux moyen de 3% en empruntant à 1%, soit une marge nette d’intérêt de 2%. Sur les marchés financiers tout le monde fait la même chose en même temps avec peu ou prou les mêmes objectifs de rentabilité et les mêmes contraintes comptables et réglementaires.

    La demande sur ces titres d’Etat AAA reste très soutenue car les banques centrales les rachètent dans le cadre de leurs mesures non conventionnelles et la réglementation incite les banques commerciales à en avoir ; les prix s’envolent et les rendements baissent jusqu’à 2%. De nouveaux achats réduiraient donc la marge de transformation à 1% en supposant inchangées les conditions de refinancement. Problème : la rentabilité exigée par les clients ou actionnaires reste la même à 2% de marge.

    Phase 2 : ainsi, quels que soient son aversion au risque, son opinion des fondamentaux macroéconomiques, son jugement sur la solvabilité des émetteurs qu’il va rentrer en portefeuille, notre investisseur institutionnel doit rechercher des actifs qui rapporteront au moins 3%. Il pourra alors choisir d’investir sur de la dette souveraine moins bien notée (A voire BBB) et de la dette d’entreprise. Il prendra donc plus de risque pour maintenir sa marge.

    Vous commencez à comprendre pourquoi les emprunts d’Etat à 10 ans de pays tels que l’Espagne ou l’Italie rapportent aussi peu (respectivement 2,60% et 2,80% début août) ; pourquoi également les écarts de taux sont aussi resserrés.

    Les professionnels de l’investissement sur les marchés financiers vous expliquent qu’ils sont “benchmarkés”, c’est-à-dire comparés entre eux, et obligés d’aller investir leurs excédents de liquidité sur tout actif qui surperformerait les taux prétendus sans risque. On peut considérer aujourd’hui comme taux réellement “sans risque” le taux monétaire Eonia mais plus nécessairement une obligation d’Etat même à court terme. Seulement voilà, l’expérience prouve qu’investir de manière insouciante pour des raisons réglementaires, comptables ou psychologiques (faire comme tout le monde), crée justement des bulles dont l’éclatement aura vite fait d’anéantir le rendement attendu.

    Phase 3 : la poursuite de la course au rendement va provoquer une hausse continue des prix des actifs et donc une baisse de leurs rendements. Ainsi les titres d’Etat achetés à 3% dans la phase 1 et rapportant 2% dans la phase 2 vont se renchérir avec des rendements s’effondrant à 1%. Tandis que les obligations d’Etats (notées de A à BBB) et d’entreprises acquises à 3% de rendement durant la phase 2 ne rapporteront plus que 2% en phase 3.

    Au-delà de la surévaluation des actifs financiers, la course au rendement débouche sur des risques de course au levier et à l’endettement. C’est exactement ce qui s’est passé en 2006 et 2007. Nous sommes donc installés dans un système de crises financières successives parce que la course au rendement reste déconnectée du risque pris.

    Les fondamentaux économiques sont dans le meilleur des cas ignorés, dans le pire des cas méprisés ; ce qui crée des situations totalement délirantes sur l’évaluation de certains actifs financiers. Le risque est amplifié avec la persistance du recours à l’emprunt pour répondre aux contraintes de rentabilité.

    La BCE schizophrène

    La Banque centrale européenne (BCE) le dit ouvertement mais a mis en place de nouvelles mesures dites non conventionnelles lors de sa réunion mensuelle du 5 juin 2014 — ce qui conforte les investisseurs dans leurs choix dangereux.

    N’oublions pas le second visage de la BCE et son futur rôle de superviseur des banques de la Zone euro à partir du 4 novembre 2014. Ainsi dans la nouvelle édition de sa Revue sur la stabilité financière, la banque centrale met en garde contre l’éventualité d’une brusque inversion de tendance sur les marchés financiers.

    “En même temps que la recherche de rendement, les préoccupations concernant la formation de déséquilibres et la possibilité d’une remise en cause brusque et désordonnée des flux d’investissement récents s’intensifient“.

    Aussi les banques, assureurs et fonds de pensions devraient constituer “des coussins suffisants pour amortir une normalisation des rendements”. Oui la Banque centrale européenne schizophrène reconnaît officiellement l’anomalie des rendements.

    Et elle semble bien impuissante tant il est difficile de choisir entre l’éclatement brutal de bulles d’actifs financiers (générateurs de krachs sans précédent) et la persistance de l’inefficacité financière (une liquidité anormalement abondante qui ne sert économiquement et socialement à rien).

    Economie Matin

    http://fortune.fdesouche.com/353843-comment-les-banques-centrales-provoquent-les-crises-financieres#more-353843

  • Reconquista à l'envers

    Un article de Nouvelles de France relaie une menace de l'Etat islamique qui veut faire une "Reconquista à l'envers" en Espagne, considérée par les islamistes comme une terre historiquement musulmane (on (re)lira d'ailleurs avec profit le chapitre consacré au mythe d'al Andalus par Alexandre Del Valle dans son dernier livre, "Le complexe occidental - Petit traité de déculpabilisation"). Voici l'article de NDF :

    Nous rétablirons l’islam par la coercition, en vous rouant la face de coups et en vous coupant la tête».

    C’est ainsi que le sinistre «État islamique» menace l’Espagne, annonçant la reconquête de ce que ses partisans appellent la terre de leurs ancêtres, puisque la péninsule Ibérique a été sous domination musulmane de 711 à 1492. Au moins on peut dire qu’ils annoncent la couleur et ne cachent pas comment ils comptent s’y prendre pour convertir les «infidèles». Il est extrêmement curieux que les médias français ne parlent pas de cette annonce proférée en espagnol il y a quelque semaines dans une vidéo où l’on voit deux musulmans de l’EI dont l’un est un Franco-Marocain du nom de Salahedine Ghaitun, alias Abou Abdallah Guitone. Cette vidéo peut être vue par exemple sur le site du journal espagnol El Mundoici.

    En Espagne même, des musulmans font circuler sur les médias sociaux des photos de monuments connus avec des drapeaux de l’État islamique et des slogans du type «Nous sommes tous l’État islamique». De leur côté les autorités marocaines ont prévenu la police espagnole que certains des djihadistes partis commettre leurs exactions barbares en Syrie et en Irak sont sur le chemin du retour et pourraient chercher à pénétrer en Espagne par les frontières de Ceuta et Melilla, ces enclaves espagnoles en Afrique du Nord dont les clôtures sont régulièrement prises d’assaut par des groupes de plusieurs centaines de migrants. Un des auteurs des menaces à l’encontre de l’Espagne, un Marocain du nom de Mohamed Hamduch qui répond également au doux pseudonyme de «Kokito», marié à une Espagnole et ex-résident de Ceuta, s’est aussi distingué en postant sur les réseaux sociaux une photo où il pose avec cinq têtes de soldats syriens.

    Kokito[1]

    Dans une nouvelle vidéo signalée par le journal ABC comme ayant été repérée par les services antiterroristes espagnols après avoir été distribuées dans les forums djihadistes du monde entier et également sur les réseaux sociaux, les islamistes clament qu’ils ne cesseront pas de combattre tant qu’ils n’auront pas récupéré Jérusalem, conquis Al Andalus (les terres de la péninsule Ibérique qui ont été à un moment ou à un autre sous domination musulmane, avec aussi un petit bout de France près de la frontière espagnole) et pris possession de Rome.

    «Nous établirons l’État islamique avec des bombes et des explosions. Avec des soldats qui ne voient pas de difficultés dans la difficulté et qui dans la bataille sont des lions qui boivent le sang des infidèles. Le califat est de retour.»

    «L’État islamique, par la grâce d’Allah, s’étend de jour en jour. Nous ne nous arrêterons pas, par la volonté d’Allah. Les bombardements ne cesseront pas tant que la croix n’aura pas été détruite, les porcs assassinés et la loi islamique établie. Nous rétablirons l’islam par la coercition, en vous rouant la face de coups et en vous coupant la tête.»

    Pour revenir à cet Abou Abdallah Guitone, une recherche sur Google permet de tomber sur des forums musulmans hébergés en France et où l’on écrit en français, où l’on apprenait à la fin du mois de juillet que cet islamo-fasciste, «qu’Allah l’accepte», est mort en martyr."

    Marie Bethanie

     
  • In memoriam Jacques Marlaud par Georges FELTIN-TRACOL

    Après Jean Mabire, Dominique Venner, Jean-Claude Valla, Ferdinand Ferrand, Jean-Claude Jacquard ou, plus récemment, Jacques Bruyas, Bernard Petitjean et Maurice Rollet, c’est au tour de Jacques Marlaud de nous quitter. Il s’est éteint dans la soirée du 15 août 2014 à Roanne (Loire), victime d’un malaise cardiaque.

    Bien que né à Alger un 4 décembre 1944, il n’était pas issu d’une famille « pied-noire ». C’est cependant la guerre d’Algérie qui le saisit lycéen. Il envoie des lettres de soutien aux détenus pro-Algérie française, dont le général Faure, avant de rejoindre la F.E.N. (Fédération des étudiants nationalistes). Une fois les événements algériens terminés, si certains abandonnent l’activisme pour leurs études ou la vie professionnelle, le jeune Jacques continue en militant convaincu à diffuser des exemplaires d’Europe-Action. Contournant les interdictions parentales, le jeune Jacques n’hésite pas à tracter et à participer aux tumultueuses opérations de peinture nocturnes. Il passe souvent des nuits entières au poste de police en compagnie d’autres camarades interpellés. Dans l’attente d’être interrogé par le commissaire, placés en cellule, ils lèchent en toute discrétion leurs mains et effacent ainsi toute trace de peinture si bien que, les preuves matérielles enlevées, il faut les relâcher le matin venu…

    De l’agitation militante à l’exil

    À cette époque, Jacques Marlaud fait la connaissance au local parisien de la F.E.N. de Maurice Rollet, Jean-Claude Valla, François d’Orcival, Alain de Benoist, etc. L’année 1965 est cruciale pour lui : il effectue son service militaire dans une unité du génie parachutiste cantonnée dans le Sud-Ouest. Guère militariste depuis la déception de 1961, agacé par la vie quotidienne de l’appelé et toujours militant actif, il applique pour lui-même le mot d’ordre détonnant d’Europe-Action, « Pas un soldat pour le Régime ! ». Il déserte, traverse les Pyrénées voisines et passe en Espagne qui lui accorde le statut de réfugié politique. Des visites fréquentes de sa famille agrémentent sa vie d’exilé. Or, un soir d’été, alors qu’il travaille dans un camping, il se rapproche d’un groupe de Français et y rencontre une vieille connaissance de la F.E.N. qui lui apprend le retrait politique de Dominique Venner, l’option d’occuper le champ culturel et l’ascension de « Fabrice » avec qui il entamera bientôt des échanges épistolaires.

    Au début des années 1970, Jacques Marlaud, excellent germanophone, s’installe plus ou moins légalement en Allemagne de l’Ouest. Pour y aller, il fut contraint de passer par l’Italie et l’Autriche où, transporté par des chauffeurs routiers jusqu’à sa destination finale, il fut pris par certains d’entre eux pour un agent du Bloc de l’Est ! C’est à Hambourg qu’il rencontre sa future épouse Ursula. La vie en Europe occidentale ne l’attirant guère, il choisit de s’installer en Afrique du Sud. Au cours de son entretien avec le responsable des services d’immigration de la République sud-africaine, suspicieux devant cet étrange candidat, il lui présente sa vieille carte d’adhérent d’Europe-Action qui, une fois traduite, lui assure le permis tant convoité.

    C’est en Afrique australe que naîtront six de ses huit enfants. Journaliste au service francophone de la Voix de l’Afrique du Sud, la radio sud-africaine, Jacques Marlaud entreprend des études universitaires anglophones en philosophie et en sciences politiques tandis que chez lui, l’expression demeure allemande ! Suite aux demandes répétées de son épouse, il régularise en 1979 sa situation auprès des autorités militaires françaises. Ce problème résolu et après quelques jours de détention préventive, il profite de ce séjour pour revoir ses camarades de la F.E.N. dont la plupart animent désormais le G.R.E.C.E.

    Dégoûté par le militantisme politique, il s’enthousiasme en revanche pour l’action métapolitique. Rentré en Afrique du Sud, il s’investit dans l’European Renaissance Association, devient le correspondant de Nouvelle École, participe à compter de 1982 à la revue bilingue anglais – afrikaans Ideas/Idees et reçoit chez lui quelques amis venus de l’hémisphère Nord (Alain de Benoist, Guillaume Faye, Saint-Loup). La même année, il publie sa thèse de philosophie sur Nietzsche : decadence and superhumanism (1). Il poursuit dans la foulée un doctorat de littérature française à l’Université de Port-Elizabeth sous la direction du professeur Jan de Vynck. Cette thèse de doctorat devient en 1986 un ouvrage, Le renouveau païen dans la pensée française (2) préfacé par Jean Cau.

    L’affrontement métapolitique

    À la même époque, Jacques Marlaud et sa nombreuse famille reviennent en France. Il pressent la fin imminente d’une certaine Afrique du Sud et préfère mettre les siens à l’abri en Europe. D’abord installé dans le Beaujolais, le clan adopte finalement la région roannaise en Forez septentrional. Dès 1988, Jacques Marlaud, nommé maître de conférence, donne des cours à l’Université Lyon – III Jean-Moulin sur la désinformation, la géopolitique et l’essence moderne du totalitarisme contemporain. Malgré la non-reconnaissance de ses diplômes sud-africains par les institutions universitaires françaises, il fait valoir son expérience professionnelle de journaliste quadrilingue (français – anglais – allemand – espagnol) et bénéficie de l’appui d’amis néo-droitistes alors en place dans l’établissement.

    Son arrivée le plonge en outre dans l’engagement métapolitique. En 1987, il succède à Jean Varenne à la présidence du G.R.E.C.E. Il le présidera jusqu’en 1991. Il relance la seconde série de la revue théorique Études et Recherches et donne des textes à Éléments. La fin de la Guerre froide, la sortie de la longue après-guerre et le surgissement fracassant des peuples sur la scène de l’histoire et de la géopolitique monopolisent toute son attention. En février 1990, le quotidien Le Monde publie sa tribune libre « Libérons l’Europe de l’Ouest ! (3) ». Il collabore volontiers à la revue allemande Junges Forum ainsi qu’au trimestriel français Nationalisme et République de Michel Schneider pour le plus grand déplaisir de certains cénacles grécistes.

    Cette implication revendiquée entrave une carrière universitaire malmenée par des bien-pensants qui ne lui pardonnent ni ses choix originaux, ni sa vive réaction à la scandaleuse affaire Bernard Notin. Maître de conférence en économie à Lyon – III, Bernard Notin est la victime d’une infâme campagne de presse parce qu’il exprime son scepticisme dans une revue universitaire à diffusion confidentielle (4) à l’égard d’événements historiques récents. Face à la curée médiatico-enseignante, Jacques Marlaud prend sa défense. Un dimanche après-midi, il réunit autour de l’enseignant calomnié trois autres collègues de Lyon – III, un historien médiéviste, un historien africaniste et un spécialiste de droit et de civilisation nipponne. Les contre-attaques virulentes n’empêcheront pas la victoire du déni et de l’injustice (5). Désormais étiqueté « infréquentable » et « réprouvé », il continuera néanmoins son enseignement jusqu’à une retraite méritée en 2008.

    Il construit enfin avec patience une œuvre métapolitique riche et multiforme : interventions fréquentes aux universités d’été du G.R.E.C.E. à la Domus Europa près d’Aix-en-Provence, contributions régulières aux publications de la « Nouvelle Droite », défense d’une « troisième voie » ni para-politique, ni purement intellectualisante. Vers 1998, il propose à la direction du G.R.E.C.E. une nouvelle formule d’Études et Recherches dont il serait le directeur de publication et Pierre Le Vigan pour rédacteur en chef. Mais, faute de moyens financiers et par crainte de concurrencer d’autres revues théoriques, le projet n’aboutira jamais.

    Les bombardements de la Serbie par l’O.T.A.N. au printemps 1999 le fait participer au Collectif Non à la guerre créé, sur une idée de Guillaume Faye, par Charles Champetier, Arnaud Guyot-Jeannin et Laurent Ozon. Signataire de la plus grande pétition de l’histoire française en nombre de signatures recueillies sans l’aide d’Internet alors balbutiant, Jacques Marlaud conduit avec l’aide de Jacques Goudet, ancien président de Lyon – III, des manifestations hostiles à la guerre occidentale dans la Capitale des Gaules et fonde un très actif comité local anti-O.T.A.N. Lyon – Roanne – Saint-Étienne. À son invitation, Charles Champetier tiendra une conférence dans la capitale ligérienne intitulée « Contre la barbarie occidentale, éléments pour une civilisation européenne » dans la salle souterraine du C.H.E.N.E. (Cercle historique d’étude sur la notion d’Europe) devant une assistance nombreuse.

    Savoir défendre l’essentiel

    Les attaques du 11 septembre 2001 l’amènent à écrire en quelques semaines Comprendre le bombardement de New York (6). Dans cet opuscule, il conteste dès octobre 2001 la thèse officielle. Il souligne que « Ben Laden est un produit 100 % made in U.S.A. pendant plus de quinze ans (1979 – 1996) son courage, sa foi islamiste et sa fortune […] ont rendu de grands services à la C.I.A. qui en fit l’un des principaux chefs de la résistance à la domination soviétique de l’Afghanistan, puis l’un de ses atouts majeurs face à l’Iran et à l’Irak (7) ». À l’heure où l’Occident s’inquiète des exactions de l’État islamique en Irak et au Levant et du martyr des populations chrétiennes, yazidies et chiites, il prévient à l’avance que « les divisions politiques et religieuses du monde arabe, attisées par Israël avec l’appui de Washington et Londres, alimentent la logique d’éclatement et de balkanisation apparue dès la fin de l’Empire ottoman (8) » avant de rappeler qu’« il est toujours facile de peindre sur ce miroir le visage de l’ennemi du moment : Khomeiny, Saddam Hussein, Milosevic, Ben Laden… C’est pourtant bien nous, Occidentaux, qui avons fabriqué, inspiré, armé et entretenu ces épouvantails de l’Occident ! (9) ».

    L’avortement du projet de relance d’Études et Recherches incite Jacques Marlaud à lancer une nouvelle revue, L’Esprit européen, avec l’aide de Jan Mahnert, de Michel Ajoux, d’Érik Saint-Jall et de l’auteur de ces lignes. Tout en multipliant les pseudonymes, en particulier Yves Argoaz, Basile-Henri Fort ou Patrick Kéridan (ce dernier étant aussi employé par d’autres contributeurs), il en assure la mise en page et constitue peu de temps après le C.R.E.M. (Cercle de recherches et d’études métapolitiques). De 2000 à 2005, L’Esprit européen, d’abord trimestrielle, puis semestrielle, aura au final treize numéros à la thématique très variée (écologie, histoire, géopolitique…). Pourquoi L’Esprit européen ? « Parce que l’Europe est sans doute la plus négligée des patries, répond-il en 2008. Beaucoup se battent pour un parti, un mouvement, une idéologie ou religion, ou encore pour une patrie régionale et ethnique comme le Pays basque ou l’Alsace; d’autres se disent nationalistes ou souverainistes et ne dépassent pas l’horizon franco-français, même s’il apparaît bien étriqué et impuissant face à la mondialisation galopante. L’Europe n’exclut rien de tout cela, au contraire, elle peut réunir les aspirations et les êtres semblables, leur ouvrir son grand espace, fédérer ses peuples pour leur donner voix au chapitre dans les affaires mondiales… Les nations comme la France, sans parler des plus petites, n’ont plus la taille critique pour affronter les périls du monde, résister au plan politique, économique et culturel, à l’impérialisme des empires. À moins de faire elle-même partie d’un empire, le sien, le grand espace européen (Carl Schmitt), la France sera condamnée à servir un autre empire, comme elle le fait en ce moment même en Afghanistan (10). » Puis, en raison d’un nombre insuffisant d’abonnés et handicapée par le coût élevé des tarifs postaux, la revue arrêtera sa parution. Elle renaîtra cependant sur Internet, d’une part, grâce au site éponyme dirigé par Jacques Marlaud, et, d’autre part, avec Europe Maxima, le second étant de quelques mois plus ancien du premier. L’ultime travail placé dans le sillage de la défunte revue de la revue se matérialise en 2009 avec un ouvrage collectif, La patrie, l’Europe et le monde (11). Ce recueil contient des articles soit déjà parus dans L’Esprit européen, soit inédits. Pour l’anecdote, il a existé deux versions. En effet, la première mouture comportait des articles de Bernard Poignant, « On ne peut pas se dire patriote français et anti-européen », et de Henri de Grossouvre, « L’union franco-allemande et l’axe Paris – Berlin – Moscou, moteur de la plus grande Europe », qui s’en offusquèrent et exigèrent le retrait des exemplaires. Une seconde mouture parut quelques semaines plus tard sans les deux contributions contestées, remplacées par un article de Michel Lhomme, « Le mariage forcé de la Méditerranée ou la convergence du petit projet sarkozien et d’un grand dessein globalisant ».

    En 2004, Jacques Marlaud publie un recueil compilant vingt années d’articles et d’entretiens : Interpellations. Outre la métapolitique et la géopolitique, il aborde d’autres sujets primordiaux (la médiologie, l’écologie, le paganisme), car il ne dissimule pas son « être-païen ». Pour lui,  le paganisme se présente « non comme croyance, mais comme pensée. […] “ Penser ” est pris ici dans deux acceptions : au sens de réflexion, méditation et au sens de préoccupation, souci et mémoire (12) ». Il le vit au quotidien, dans un cadre communautaire tant familial qu’amical (13). Il organise différentes festivités calendaires : réunions intimistes des solstices d’hiver, conviviale Fête de Mai ou grandes cérémonies solsticiales de l’été. Le samedi le plus proche de l’événement, il accueillait chez lui, dans sa propriété rurale forézienne ses invités et leurs familles. Des jeux collectifs traditionnels, soûle, tir à la corde, course-relais, chat perché, occupaient l’après-midi. Venait ensuite en début de soirée le repas, puis la nuit tombée, tous se retrouvaient autour d’un bûcher élevé les jours précédents par ses enfants. Après quelques mots, l’hôte donnait la parole au doyen, le plus souvent Robert Dun (pseudonyme de Maurice Martin) venu en voisin du Puy-en-Velay. Robert Dun prenait ensuite le premier flambeau et le jetait dans le bûcher. Placés aux trois autres points cardinaux, les plus jeunes participants déposaient à leur tour leurs torches. Puis l’assemblée entonnait des chants traditionnels et commençait à danser jusqu’au bout de la nuit. Les plus intrépides sautaient au-dessus du brasier ! La soirée était parfois perturbée par l’arrivée impromptue des pompiers, voire des  gendarmes … Tard dans la nuit, les plus fatigués se couchaient qui dans le hangar, qui dans leurs tentes, qui à la belle étoile. Le dimanche matin, après un substantiel petit déjeuner, tous remballaient chaises et tables, rangeaient le pré, balayaient les espaces communs, avant de repartir…

    Au-delà des miasmes politiciens

    Plus préoccupé par l’avenir des peuples que par l’écume politicienne, Jacques Marlaud pratiquait depuis longtemps la « grève des électeurs » chère à Octave Mirbeau. Il se défiait de l’action électorale et ne prisait guère le F.N. À l’occasion d’un droit de réponse en tant que président du G.R.E.C.E. au Nouvel Observateur, il écrivait à ce propos que « s’il est vrai que certains membres du G.R.E.C.E. ont choisi de s’engager dans ce parti ils restent minoritaires parmi nous […]. Attitude qui n’exclut pas d’éventuels points de rencontre ou de débats à l’avenir. Mais, pour l’heure, les divergences entre l’extrême droite et la “ nouvelle droite ” paraissent insurmontables (14) ».

    Il est indéniable que le parti de Jean-Marie Le Pen l’agaçait, mais le celui de la fille l’indisposait tout autant du fait de son souverainisme nationiste désuet, de son républicanisme exacerbé et de son rejet de toute idée européenne. Estimant que « le nationalisme est une idée juive (15) », il jugeait que « le slogan nationaliste est, pour moi, une solution de facilité qui tend à désigner de faux ennemis et nous trompe sur les enjeux véritables (16) ». Dans ce droit de réponse de 1990, il développait des griefs toujours valables aujourd’hui : « 1. Le F.N. est imprégné de messianisme catholique incompatible avec notre conception païenne. 2. La doctrine identitaire du F.N. se résume à un nationalisme étroit franchouillard, alors que nous sommes Européens […] avant d’être Français. 3. Le F.N. s’oppose aux mosquées, aux tchadors… Nous sommes pour le droit imprescriptible des peuples à rester eux-mêmes, sur notre sol ou ailleurs. 4. L’humeur sécuritaire et identitaire à fleur de peau des frontistes cache leur absence de projet de société et de comportement en rupture avec la société marchande que nous avons toujours dénoncée comme “ système à tuer les     peuples ”. 5. Le caporalisme en vigueur dans ce parti est inconciliable avec notre conception libertaire et aristocratique […] de l’excellence (17). » Ces désaccord majeurs ne signifiaient toutefois pas une adhésion au mondialisme et au métissage, car, selon lui, « le danger n’est pas la construction de quelques mosquées sur notre sol, mais bien plutôt l’accroissement constant de populations déracinées, sans foi ni loi, quelle que soit leur couleur ou leur nationalité d’origine. Ces populations, victimes comme nous-mêmes du système marchand, ne sont pas nos ennemies (18) ».

    Jacques Marlaud s’affirmait Européen, voire archi-européen, tout sensible qu’il était à l’arkhein. il comprenait l’Europe comme une civilisation variée, enracinée et aristocratique. « L’aristocratie au sens originel, grec, c’est le gouvernement des meilleurs, le sens de l’honneur, de la parole tenue, de la fidélité aux siens, l’esprit du don de soi à une cause qui dépasse nos petites individualités, l’esprit civique à la romaine : le sens du devoir, un intérêt aussi passionné que désintéressé, pour la politique, la cité et son gouvernement. L’aristocratie ne s’oppose pas à la démocratie, contrairement à un préjugé répandu : la démocratie athénienne, par exemple, était avant l’époque des tyrans, une aristo-démocratie. Sa vertu de référence (virtù = courage viril) était l’excellence. À l’opposé des valeurs aristocratiques, on trouve la ploutocratie : le règne de l’argent […]. Pour résumer le principe aristocratique, rien de mieux que cette critique de la devise républicaine par Ghislain de Diesbach dans son Petit dictionnaire des idées mal reçues : “ Il n’y a de véritable égalité que dans l’esclavage, et de liberté que dans une hiérarchie. Il n’y a de fraternité que celle des armes ” (19). »

    Définir l’ennemi principal

    Dès 1991, il envisage dans un numéro de Nationalisme et République « De la nation à l’empire : repenser l’Europe » dans lequel il réactive le concept prometteur des trois patries enchâssées. « Il convient [de] retenir trois niveaux qui correspondent, en gros à la tripartition fonctionnelle de l’univers mental indo-européen : une base  “ familiale – tribale ” constituée par la région organique, une médiastructure politique, correspondant aux États-nations actuels, une instance suprême, impériale et sacrée, réunissant les peuples autour de l’héritage culturel et géopolitique partagé (20). »

    À l’encontre des fiévreux prurits nationalistes, cet Européen de France soutient « le droit à la différence face à une modernité foncièrement égalitaire (21) ». Si « l’indifférence et son produit, la société indifférenciée, asservie aux impératifs de l’économie totalitaire et insensée caractérisant le nihilisme, sont les avatars contemporains du monothéisme (22) », il conçoit le paganisme en recours salutaire au nihilisme propre à la modernité. Opposant résolu au « cauchemar américain (23) », il estime à juste titre que « la guerre culturelle contre le modèle américain est une priorité pour tous les peuples qui veulent survivre en tant que tels, c’est-à-dire pour maintenir et affirmer leur droit à la différence (24) ».

    Lecteur attentif de Carl Schmitt, Jacques Marlaud désigne donc l’ennemi principal, cet « ennemi véritable [qui] est celui qui nous corrompt de l’intérieur, qui propage la décadence de tout ce qui est noble : l’homo œconomicus qui se forme et se vend selon les lois du marché auto-régulé, qui méconnaît et broie les peuples, qui rejette les communautés fières de leurs origines, bannit les clans fidèles au code vieux jeu de l’honneur et à une poésie démodée de la beauté. L’ennemi principal ne peut être que celui qui, sans cesse, tente de nous éloigner de nous-mêmes (25) ».

    C’est dans cette perspective audacieuse qu’il coulait ses réflexions dans la métapolitique. « On entend dire parfois que cette métapolitique est une façon de chercher la respectabilité, alors qu’elle est une critique radicale des préjugés, des illusions de la modernité. On nous objecte aussi que ce n’est qu’un ensemble d’élucubrations intellectuelles coupées des réalités concrètes. Nous répondons que, sans appui sur une réflexion bien mûrie, tout activisme n’est qu’agitation stérile. Nos ancêtres le savaient qui faisaient du trio “ Pensée-parole-action ”, dans cet ordre, la caractéristique du comportement héroïque et divin (26). »

    Toute sa vie et en dépit des vicissitudes, Jacques Marlaud tâcha de ne pas s’éloigner de lui-même et des siens. Il agit en permanence en « “ guerrier de l’idée ”, fuyant les sectes, les chapelles, les clans, les mouvements ou partis. Lié par nos anciens combats et une vieille amitié (45 ans !) à Alain de Benoist et la N.D., je suis resté passionnément engagé, au-dessus de la mêlée des fractions, dans la bataille (métapolitique) pour une haute idée de l’Europe, aristocratique, renouant avec sa plus longue mémoire, dégagée des impasses de la modernité où l’on voudrait l’enfermer, libérée de toute culpabilité à l’égard d’un péché originel, ou beaucoup plus récent, qui lui est jeté à la figure dès qu’elle relève la tête afin de lui courber l’échine et de l’abattre (27) ». Un proverbe chinois dit qu’un homme s’accomplit seulement s’il plante un arbre et écrit un livre. Jacques, lui, a planté des arbres dans sa propriété, eut des enfants et rédigea des essais. Sol, sang et esprit, telle fut la trinité fondamentale de ce combattant métapolitique qui a toujours su tenir ses positions.

    Georges Feltin-Tracol

    Notes

    1 : Jacques Marlaud, Nietzsche : decadence and superhumanism, Pretoria, Unisa, 1982.

    2 : Jacques Marlaud, Le renouveau païen dans la pensée française, Paris, Le Labyrinthe, 1986, réédition avec une préface inédite de l’auteur, par les Éditions de L’Æncre, Paris, coll. « À nouveau siècle, nouveaux enjeux », 2010.

    3 : Jacques Marlaud, « Libérons l’Europe de l’Ouest ! », dans Le Monde, 27 février 1990, repris dans Jacques Marlaud, Interpellations. Questionnements métapolitiques, Coulommiers, Dualpha, 2004, pp. 57 – 61.

    4 : Bernard Notin, « Le rôle des médiats dans la vassalisation nationale. Omnipotence ou impuissance ? », dans Économies et sociétés, « La France vassale », août 1989, pp. 117 – 133.

    5 : Sur l’affaire Notin, cf. David Barney, Charles Champetier, Christian Lavirose, La Nouvelle Inquisition. Ses acteurs. Ses méthodes. Ses victimes. Essai sur le terrorisme intellectuel et la police de la pensée, Paris, Le Labyrinthe, 1993, pp. 113 – 117.

    6 : Jacques Marlaud, Comprendre le bombardement de New York. Contre-enquête, Lyon, Éditions du Cosmogone, 2001.

    7 : Jacques Marlaud, Comprendre…, op. cit., p. 52.

    8 : Idem, p. 65.

    9 : Id., p. 41.

    10 : « Vous avez dit : métapolitique ? Entretien avec Jacques Marlaud », mis en ligne pour Novopress, le 9 octobre 2008.

    11 : Pierre Le Vigan et Jacques Marlaud présentent, La patrie, l’Europe et le monde. Éléments pour un débat sur l’identité des Européens, Coulommiers, Dualpha, coll. « À nouveau siècle, nouveaux enjeux », 2009.

    12 : Jacques Marlaud, Interpellations, op. cit., p. 444.

    13 : Sur la vision païenne de Jacques Marlaud, on peut l’écouter grâce à Internet dans l’émission « Méridien Zéro » n° 49 du 15 mai 2011 concernant «  Le recours au paganisme ». Jacques Marlaud fut parfois l’invité à quelques libres-journaux de Radio Courtoisie.

    14 : Jacques Marlaud, « Le G.R.E.C.E. et le F.N. », dans Le Nouvel Observateur, 17 mai 1990.

    15 : Jacques Marlaud, Interpellations, op. cit., p. 301.

    16 : Idem, p. 304.

    17 : Jacques Marlaud, « Le G.R.E.C.E. et le F.N. », art. cit.

    18 : Jacques Marlaud, Interpellations, op. cit., p. 304.

    19 : « Vous avez dit : métapolitique ? », art. cit., souligné par l’auteur.

    20 : Jacques Marlaud, « De la nation à l’empire : repenser l’Europe », dans Nationalisme et République, n° 4, printemps 1991, repris dans  Interpellations, op. cit., pp. 171 – 172.

    21 : Id., p. 146.

    22 : Id., p. 150.

    23 : Id., p. 152.

    24 : Id., p. 153.

    25 : Id., pp. 156 – 157.

    26 : « Vous avez dit : métapolitique ? », art. cit.

    27 : Idem.

    http://www.europemaxima.com/?p=3922

  • Réponse à Michel Geoffroy à propos de la Peste Verte

    Un texte publié initialement en 2012 sur le site Polémia, vient d'être, à la faveur de la coupure estivale, remis en ligne opportunément à la fin du mois de juillet. Sous le titre « Ecologie : la peste verte ? », son auteur, Michel Geoffroy, lance de nombreux anathèmes qu'il nous a paru intéressant de relever tant ils nous semblent cruciaux dans le cadre d'un projet de société future.
    Disons le tout de suite, nous n'adhérons en rien à l'image bien souvent caricaturale que l'auteur dresse de l'écologie. L'écologie radicale ne peut être confondue avec les slogans et les fanfaronnades des « écotartuffes », pour reprendre la belle formule du mensuel La Décroissance. Europe-écologie-les-verts et consorts plaident pour un capitalisme vert, oxymore génial. Notre écologie tient de la sacralité de la nature, comme aimait à la définir Dominique Venner, sacralité que les générations précédentes respectaient et oubliée depuis (1). La question qui se pose à nous désormais se résume dans la place que l'Homme se doit de trouver au sein d'un cosmos qu'il ne peut, et ne doit pas, dominer.
    Le texte de Michel Geoffroy s'inscrit dans la ligne idéologique de cette droite ultra libérale qui ne voit en l'écologie qu'une barrière à commercer librement, à vivre égoïstement sans contrainte d'aucune sorte (2). C'est le fameux contrat social axé sur le tout liberté. Nous pensons qu'il se trompe d'époque et de combat. Pire, ce sont précisément ces raisonnements qui nous conduisent lentement vers l'abysse depuis des décennies.

    Car l'ennemi principal de nos sociétés sur-modernes aujourd'hui n'est pas l'écologie mais « la mondialisation, stade suprême de l'expansion du capital » (3) et dans lequel les états ne sont devenus que de « simples assistants de l'économie globale », des fonctionnaires de firmes transnationales. Jean-Claude Michéa a très bien expliqué la nature profondément révolutionnaire du développement capitaliste et à quel point il a changé la face du monde (4). C'est désormais un phénomène total qui touche tous les secteurs de la vie publique comme privée. Il faut garder à l'esprit que l'essence du capitalisme trouve son expression dans l'accumulation de marchandises non utiles et uniquement destinées à être vendues. C'est la baisse tendancielle de la valeur d'usage qu'avait défini Guy Debord en son temps.
    L'accumulation illimitée du capital se définit également sous le terme de croissance. Ce phénomène repose sur un ancrage anthropologique : l'homo économicus, où l'Homme se voit mué en consommateur illimité, dicté par ses seules envies. L'accession au crédit et la manipulation publicitaire incitent à penser qu'il existe une forme de bonheur par la marchandise. Bonheur insatiable, qu'il convient sans cesse de renouveler. Ainsi, nous entrevoyons aujourd'hui le triomphe absolu de la liberté individuelle (celle là même défendue par Michel Geoffroy), avec tous ses excès, et dans lequel le marché « devient le seul lieu de socialisation » reconnu (5).
    C'est un système intrinsèquement fondé sur la démesure qui ne connaît plus aucune limite dans aucun domaine. Pour reprendre les termes de Serge Latouche, nous vivons au sein d'une société phagocytée par l'économie de croissance.

    La métaphysique du progrès, dont l'idée maîtresse était que le développement devait apporter le bonheur à l'humanité, a failli. Pire, la croissance comme bienfait et espérance, s'estompe de notre horizon économique. D'après les chiffres récents de l'office européen des statistiques (Eurostat), la zone euro à vu son PIB stagner au 2e trimestre après avoir progressé seulement de 0,2% au 1er trimestre. En France, la croissance est restée à zéro au T2, l'Allemagne a subi un brutal coup de frein au T2 en reculant de 0,2%6. L'Italie est retombée en récession au 2e trimestre avec un PIB se repliant de 0,2%. L'austérité est désormais ce qui attend nos sociétés industrielles addictes à une croissance qui n'est plus là.
    Parallèlement, le tout-économie que nous connaissons depuis des décennies se heurte aux limites de la finitude de la biosphère. La capacité régénératrice de la terre n'arrive plus à suivre la demande (7).
    C'est ce que Michel Geoffroy semble ne pas comprendre, prisonnier d'une idéologie productiviste profondément mortifère.

    Bernard Charbonneau avait reconnu cette idéologie de droite en ce qu'elle estime comme secondaire les conséquences du progrès et du délire quantitatif de la société de croissance.
    A l'instar de Serge Latouche, nous pensons qu'une croissance infinie est incompatible avec un monde fini, et qu'il est plus que temps de penser à modifier nos manières de produire et de consommer sous peine de nous heurter très vite à l'iceberg écologique (J.C Michéa).
    Dominique Venner, dans son ouvrage posthume, avait tenu à marquer son adhésion à l'école de pensée de la décroissance. « L'une des questions cruciales de l'avenir sera celle de l'arrêt de la croissance, et mieux encore celle d'une décroissance », écrivait-il (8).
    Michel Geoffroy nous assène tous les poncifs réactionnaires récurrents de ce qu'il croit être l'écologie : l'opposition au nucléaire, l'opposition au gaz de schiste (9), et surtout la réduction de la liberté de circulation automobile, « inventée par les européens justement pour faciliter les déplacements ». C'est oublier un peu vite que la mobilité fut en France le premier impératif catégorique de l'ordre économique durant les années cinquante/soixante, comme le rappelle Jean-Claude Michéa, et que l'automobile facilita le concept de l'Homme disponible qu'elle a contribué à déraciner (10). L'hypermobilité ne sert que l'intérêt du capital.

    Les « grandes opérations d'aménagement » citées par l'auteur de La peste verte ne sont rien d'autres que des écrans de fumée visant un dissimuler une inactivité chronique du secteur « travaux publics ». Elles n'ont pour but que d'occuper artificiellement des salariés sur de grands projets inutiles et destructeurs de l'environnement. L'exemple du chantier pharaonique de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne-Pays de la Loire est symptomatique d'un saccage inutile : 182 kilomètres de lignes nouvelles, 32 kilomètres de raccordement, 2 bases de travaux 2700 hectares d'emprise, pour gagner seulement 37 minutes entre Paris et Rennes ! Les voyageurs pressés sauront apprécier !
    Quant aux affirmations « écologie devenue argument publicitaire », elles rejoignent ce que nous dénoncions en ouverture : ce fameux capitalisme vert mis en avant par les « écologistes » du système, adeptes d'un développement durable et d'un écotourisme qui n'ont « pour fonction que de maintenir les profits et d'éviter le changement des habitudes en modifiant, à peine, le cap » (11). Il va sans dire que l'écologie radicale ne se reconnaît pas dans ces mystifications en phase avec l'anthropologie consumériste.

    Il est plus qu'intéressant de noter que Michel Geoffroy parle de l'écologie comme d'une religion, « inaccessible à la raison scientifique » précise t-il. Si religion il y a, c'est bien celle de l'économie, du progrès et du développement. Les thèses transhumanistes qui font discrètement leur apparition ces dernières années sont là pour nous le prouver.
    L'écologie n'est pas une fin en soi, comme certains voudraient le faire croire, mais l'aboutissement logique d'une critique du développement. Depuis le rapport du Club de Rome de 1972, nous savons que le développement n'est ni souhaitable ni soutenable. La publication de The Limits to growth ou « rapport Meadows », préparé par une équipe de scientifiques du Massachusetts Institute of Technology, affirme que le système planétaire va s’effondrer sous la pression de la croissance démographique et industrielle, à moins que l’humanité ne décide délibérément de stabiliser sa population et sa production.
    Il est à noter que cette année, le 19 août 2014 marque la date à laquelle l'humanité a épuisé le budget écologique annuel de la planète. Chaque année, le jour de dépassement intervient de plus en plus tôt. Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993 et le 22 septembre en 2003 (12). Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du mur.

    Le texte de Michel Geoffroy est à l'image d'une droite qui ne comprend pas les mutations qui sont en train de s'opérer au sein de nos sociétés sur-modernes. Les Trente Glorieuses sont derrière nous (et c'est tant mieux compte tenu de leurs effets dévastateurs irrémédiables sur le patrimoine et l'environnement). La croissance s'essouffle et le poids environnemental de notre mode de vie est sans équivalent sur la biosphère.
    La vision défendue par Michel Geoffroy d'une « décadence européenne » au sein « du grand hôpital qu'est devenu l'occident » est une vision fantasmée, aveugle et irraisonnée d'un modèle qui n'a plus cours. C'est la France de Giscard d'il y a quarante ans.
    Tous les régimes politiques modernes ont été productivistes, y compris le modèle soviétique qui ne fut rien d'autre qu'un capitalisme d'état axé sur le développement de l'industrie lourde.
    Il nous faut inventer de nouveaux paradigmes en vue d'élaborer une troisième voie qui devra passer par une sortie du capitalisme, destructeur des cultures au nom d'une folle homogénéité planétaire.
    L'objectif sera de retisser du lien social et de construire une société à dimension humaine, conviviale, autonome et économe, dans le respect de la tradition.
    Il y a urgence. Car plus nous nous hâterons « et plus il restera de chances pour que le processus de sortie progressive du capitalisme ressemble à un atterrissage en douceur » nous avertit Jean-Claude Michéa.

    Guillaume Le Carbonel

    1) Dominique Venner, Un samouraï d'occident, Pierre Guillaume de Roux, 2013, p.66
    2) Il nous suffira de relever quelques expression pour s'en convaincre : « La liberté d'initiative des Européens », augmentation de « réglementations et de normes », « difficulté croissante d'entreprendre et de conduire de grandes opérations d'aménagement » etc ...
    3) Alain de Benoist, in Eléments N°150 janvier-mars 2014, p.46
    4) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
    5) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
    6) Libération, édition du 14 août 2014
    7) Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Mille et Une Nuits, 2007, p.42
    8) Dominique Venner, Un samouraï d'occident, Pierre Guillaume de Roux, 2013, p.63
    9) Des chercheurs du laboratoire national Lawrence-Berkeley et de l'université du Pacifique (Californie) viennent d'alerter les Etats sur la toxicité de certains additifs utilisés lors de la fracturation hydraulique, notamment les produits biocides qui visent à tuer les bactéries. Le Monde, édition du 14 août 2014. Rappelons qu'il y a quelques mois, l'institut américain des sciences de la santé environnementale avait estimé qu'il y avait « des preuves de risques potentiels pour la santé publique dus au développement du gaz de schiste », Le Monde, édition du 17 avril 2014.
    10) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
    11) Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Le Seuil, 2007, cité par Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, p.26
    12) Rapport de l'organisation Global Footprint Network, AFP du 19.08.2014

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/08/28/reponse-a-michel-geoffroy-a-propos-de-la-peste-verte.html

  • Sauver l'Etat, pas la République.

    La République est-elle en phase terminale ? M. Hollande pourra-t-il tenir ? Va-t-on vers la dissolution de l’Assemblée nationale ? La France peut-elle s’effondrer comme la Grèce ? Autant de questions que je ne cesse d’entendre depuis quelques jours, parfois sous la forme d’affirmations péremptoires, le point d’interrogation se transformant de plus en plus fréquemment en un point d’exclamation : au comptoir des cafés, dans la salle des professeurs, sur un bout de trottoir, dans une librairie encombrée où les clients demandent, d’une voix parfois forte, comme provocatrice, le livre de Mme Trierweiler, véritable succès – un peu ambigu et plutôt inattendu - de la rentrée littéraire 2014…

    Vivement que la fleur de lys flotte sur l’Elysée...

    Alors ? Je pense que nous vivons, en cette semaine et peut-être en celles qui vont suivre, un véritable emballement et que les Français « se lâchent » dans leurs réactions, comme pour surmonter ce terrible sentiment d’impuissance politique qui les mine et qui les fait de plus en plus douter de la Cinquième République elle-même au point d’en demander une « Sixième », cette dernière n’étant rien d’autre que le retour de la Quatrième, entre parlementarisme et partitocratie… En fait, nous y sommes déjà, comme me le faisait remarquer un collègue : « La Cinquième avec des hommes et des pratiques de la Quatrième »… Heureuse formule pour une réalité qui l’est beaucoup moins !

    Effectivement, le spectacle actuel rappelle les pires heures de la Quatrième, morte dans la douleur et le déshonneur faute d’avoir surmonté ses contradictions et ses propres principes quand il aurait fallu plus d’audace et de liberté face aux événements d’alors. Aujourd’hui, la monocratie, sinistre village Potemkine d’une autorité défaite par les hommes que le suffrage populaire avait appelé à les représenter, cache de moins en moins les ruines de la Chose publique, et le monocrate du moment, M. Hollande, semble inconscient de sa responsabilité dans cette désolation française qui ne peut que m’attrister, moi le royaliste soucieux de la pérennité et de l’indépendance d’un Etat que je juge nécessaire pour incarner celles de la nation elle-même.

    Je ne souhaite pas que l’Etat s’effondre car les conséquences en seraient d’abord terribles pour la France et ses habitants, et parce que je ne suis pas partisan de « la politique du pire qui est la pire des politiques » comme le disait avec justesse Charles Maurras, souvent incompris pour ce qui n’était pas frilosité mais, au contraire, souci politique de la France. Mais pour éviter cet effondrement, encore faudrait-il que nos gouvernants et ceux qui aspirent à le devenir prennent conscience que la France ne peut et ne doit plus être le jeu de leurs combinaisons et petits arrangements, et qu’ils retrouvent le sens de l’Etat, celui qui animait un Richelieu ou, même, un Talleyrand. En sont-ils capables ? Personnellement, j’en doute, au regard de leurs discours et attitudes, à droite comme à gauche… D’ailleurs, la droite vaut-elle et ferait-elle mieux que la gauche actuellement aux affaires (sans même penser au mauvais jeu de mots qu’un Cahuzac ou un Thévenoud pourraient susciter…) ? Là encore, je ne suis pas le seul à en douter, au regard des sondages des derniers jours et des déclarations embarrassées des ténors d’une UMP en déroute.[....]

    La suite sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Sauver-l-Etat-pas-la-Republique

  • Sarkozy, ou le syndrome de Lampedusa

    Que Sarkozy revienne si cela lui chante. Il ne sera jamais qu’un rogaton de cette politique que les Français semblent rejeter en masse.

    « La première campagne présidentielle, on la fait toujours par envie et par désir. Pour un retour, le moteur, c’est le devoir [...]. » Ainsi parlait Nicolas Sarkozy dans un entretien confié à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le 7 août dernier. Comme on connaît ses saints, on les honore, affirme un solide dicton populaire. Et un tel propos tenu par un politicien aussi roué que l’ancien tombeur de Pasqua à la mairie de Neuilly ne peut emporter la conviction ni, a fortiori, être un gage de confiance. Que l’on se souvienne (ce n’est pas si lointain) de certaines promesses présidentielles aux accents de matamore FN (« nettoyer » nos riantes banlieues, en l’occurrence), faisant presque passer le Menhir pour un tiède du Marais.

    Mais que l’on n’oublie surtout pas la véritable forfaiture démocratique de l’ancien président de la République consistant à contourner, par la voie parlementaire, le veto opposé le 29 mai 2005, ad referendum, par le peuple français au traité portant constitution pour l’Europe. Certes, le candidat non encore élu avait, à l’époque, annoncé son intention de remettre ce traité sur les rails. Une promesse présidentielle qui fut, elle, réalisée. À l’instar de celle du « mariage pour tous » soutenue par Hollande. Deux promesses tenues. Deux catastrophes. Deux dénis du peuple. [....]

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  • "Quand mon geôlier ne chantait pas, il torturait"

    Le journaliste du Point, Nicolas Hénin, prisonnier des jihadistes syriens pendant 10 mois, a reconnu un de ses geôliers en la personne de Mehdi Nemmouche, l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles en mai 2014. Il raconte que Nemmouche, qui était alors jihadiste de l'Etat islamique en Syrie, venaittorturer les prisonniers.

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    Le Monde diffuse la même information :

    "Mehdi Nemmouche aurait donc été sur les lieux de détention, en Syrie, des quatre journalistes français, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, enlevés en juin2013. Depuis leur remise en liberté, ces derniers sont régulièrement consultés par les services secrets français de la DGSI et de la DGSE. Selon certains témoins, Nemmouche n'aurait été qu'un exécutant de base de l'Etat islamique chargé par l'organisation de surveiller les otages occidentaux. Il aurait, néanmoins, fait montre d'une grande brutalité et commis des actes graves."

    Combien de Mehdi Nemmouche abritons-nous en France en attendant qu'ils passent à l'action ?

    Marie Bethanie

  • La République s’en prend aux administrateurs d’une page Facebook antiradars

    Tout ce qui menace la collecte de l’impôt est un danger pour la démocratie. C’est ainsi que « la justice » s’attaque à 15 personnes qui seront entendues devant le tribunal correctionnel pour s’être «soustraites à la constatation des infractions routières»… Du jamais vu !

    Lu sur20 Minutes: Chaque jour, des centaines de milliers d’automobilistes sont avertis de la présence du moindreradar de vitesseou képi sur Facebook, en toute impunité. Mais en Aveyron, le procureur s’attaquera à l’une de ces pages antiradars mardi à Rodez, lors d’un procès inédit.

    «Tu vois une camionnette bleue, unradar, des motards… viens le signaler». Se revendiquant comme «le seul groupe utile» sur Facebook, la page «qui te dit où est la police en Aveyron», comme elle s’appelle, compte plus de 10.000 membres. Créé en 2012, le groupe assure ne «nuire en aucun cas aux forces de l’ordre». Les messages sur des « »poulets » au rond-point…» y côtoient des «attention test alcoolémie» mais aussi des avertissements sur des bouchons ou des accidents.

    «Entre 600.000 et 800.000 membres sur Facebook»

    Les groupes du genre sont légion. Ils réunissent «entre 600.000 et 800.000 membres sur Facebook», assure l’avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile. Mais en Aveyron, le procureur de la République de Rodez, Yves Delpérié, en a fait son cheval de bataille. «Je suis réveillé toutes les nuits, car des gens se tuent sur la route. C’est lamentable que certains préviennent de l’installation des radars», expliquait-il récemment à la presse locale.

    Mardi à Rodez, 15 personnes seront ainsi entendues devant le tribunal correctionnel pour s’être «soustraites à la constatation des infractions routières». Huit prévenus sont également poursuivis pour «outrages» après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d’oiseaux parfois peu amènes. «J’ai décidé de réprimer les gens qui cherchent à échapper à la loi», expliquait le procureur Delpérié.

    «Aide à la route»

    Sauf que pour Rémy Josseaume, avocat de neuf des prévenus, aucune loi n’est violée. Certes, l’article R 413-15 interdit les «détecteurs de radars» et prévoit une amende de 1.500 euros et un retrait de six points sur le permis. Mais, selon l’avocat, le groupe sur Facebook ne peut pas être assimilé à un «détecteur de radars».

    La réglementation avait fait frémir les vendeurs de boîtiers «d’aide à la route», comme le français Coyote, qui revendique 2,8 millions d’utilisateurs en Europe.Ces sociétés se reposent sur leurs membrespour mettre à jour le boîtier en signalant la présence de «zones de danger», un euphémisme dont Coyote avoue lui-même qu’il avertit d’une «zone d’accident connue comprenant ou non un radar fixe».

    http://www.contre-info.com/la-republique-sen-prend-aux-administrateurs-dune-page-facebook-antiradars#more-34369