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actualité - Page 5316

  • Valls, l’Europe et le nationalisme

    Devant les Jeunes socialistes – il y en aurait donc ! –, samedi 3 mai, Manuel Valls a célébré l’Union européenne à laquelle nous devrions la paix. Le premier ministre a assené l’antienne lancée par Mitterrand, « le nationalisme c’est la guerre ». Le sujet est intéressant à l’heure où l’Ukraine, sous les provocations du gouvernement insurrectionnel de Kiev, connaît des désordres préoccupants.

    Mais où sont donc passés les marxistes ?

    L’arme psychologique géniale de l’antifascisme, adoptée par le Komintern en 1935 sur la suggestion de Willy Muentzenberg (1889-1940), a survécu à la chute des fascismes et a survécu à l’URSS. Le produit est d’excellente qualité, d’ailleurs il a crétinisé chez nous les adeptes du matérialisme dialectique, devenus adeptes du moralisme manichéen. Nos gens de gauche se croient toujours plus ou moins marxistes, ce qui fait de la France probablement l’ultime conservatoire en Europe du mythe de la lutte des classes.

    La source des deux guerres mondiales serait les nationalismes, selon le schéma antifasciste dont la dialectique se réduit à l’opposition entre le bien – pardon : le Bien – et le Mal. Ainsi la défunte internationale communiste a exhumé avec succès ce vieil épouvantail levantin de Satan. Et ça marche toujours. Oui, le produit, binaire et simple, est d’excellente qualité…

    Le marxisme a essentiellement tort, mais la grille d’analyse marxiste n’a pas toujours tort. Les soi-disant marxistes auraient certainement raison de considérer que les deux guerres mondiales ont été provoquées par les contradictions du capitalisme. A chaque fois, ce sont les ploutocraties anglo-saxonnes – si on me pardonne le pléonasme – qui ont voulu abattre la puissance continentale montante qu’était l’Allemagne (remember Napoléon…). Tout le reste n’est qu’épiphénomène et littérature à faire pleurer dans les HLM.

    La Ploutocratie veut-elle la Troisième Guerre mondiale ?

    Depuis 2004 au moins, les Américains cherchent à déstabiliser l’Ukraine, berceau et marches de la Russie, en application de leur politique d’endiguement (containment) de ce pays. Cette politique ne vise pas au développement harmonieux et pacifique du monde, mais à la supériorité capitaliste mondiale des Etats-Unis, praedator mundi. Sinon, que feraient les Américains sur le pas de la porte de la Russie, à 8.000 kilomètres de chez-eux ?

    Ne faisons pas comme les soi-disant marxistes et autres lutteurs de classe, ne prenons pas les apparences susceptibles de nous donner des satisfactions morales pour une grille de lecture politique pertinente.

    Ils sont parfois sympathiques, ces Ukrainiens, quand ils abattent la statue de Lénine qui trônait encore à Kiev et se réclament de Stepan Bandera (1909-1959), mais ils sont provoqués dans leur ingénuité par des forces qui se moquent bien d’eux. D’ailleurs, s’ils savaient qui est leur « ami » BHL, avec ses phantasmes de lynchages antifascistes (cf. Kadhafi), ils seraient plus circonspects.

    A l’inverse, les Russes de l’est et du sud de l’Ukraine ont des façons parfois désagréables, en sauvegardant les statues de Vladimir Ilitch, en ressortant quelques drapeaux rouges de la naphtaline, et avec leur slogans… antifascistes ! Mais, sur le terrain de l’antifascisme, ils seront perdants : il y a belle lurette qu’ils en ont perdu la maîtrise et le copyright…

    En définitive, la Ploutocratie traite Poutine comme elle a traité Hitler, en refusant aux peuples continentaux, quand ils gagnent en puissance, leur aire ethnique naturelle. C’était ça, l’affaire des Sudètes ! Au fond, le président Poutine l’a compris, mais sans avoir pris toute la mesure de la perte du copyright. C’est pourquoi je pense qu’il a tort de célébrer en grande pompe, le 9 mai, la fête de la victoire sur le Fascisme, lui qui est devenu pour l’Occident le nouveau fasciste. C’est plutôt une fête pour les Français (8 mai, question de décalage horaire) de l’OTAN !

    Ne laissons pas faire les Etats-Unis et leurs laquais de l’OTAN : il y a danger. Ne devrions-nous pas réclamer un nouveau Munich, cet accord historique si sottement décrié aujourd’hui ? BHL sera contre, mais ce n’est pas ce général germanopratin qui ira à la boucherie de la Troisième Guerre…

     Eric Delcroix, 4/05/2014

    http://www.polemia.com/valls-leurope-et-le-nationalisme/

  • Les dangers de la proposition de loi « Autorité parentale et intérêt de l’enfant »

    Lu ici :

    "Portée par la députée socialiste Marie-Anne Chapdelaine, la proposition de loi « Autorité parentale et intérêt de l’enfant »passe en commission des lois à l’Assemblée nationale le 6 mai à 17h. Elle est organisée en quatre chapitres, dont le cœur est le chapitre 2, visant « à reconnaître la place croissante prise par les tiers, les beaux-parents en particulier, dans l’éducation et la vie quotidienne des enfants ».

    Dans son exposé des motifs, le bilan semble alarmant : 1,5 millions d’enfants (soit plus d’un enfant sur dix) vivent dans 720 000 familles recomposées. En effet, la famille aujourd’hui en France est mise à mal. Cette proposition de loi entend «protéger l’intérêt de l’enfant, pierre angulaire de la présente proposition de loi ». Mais le droit doit-il protéger de toutes ses forces un modèle familial qu’il considère bon pour l’enfant, tout en aidant les familles dans des situations délicates telles que la séparation d’un couple avec des enfants, ou au contraire s’adapter sans cesse à des situations de fait, qui ne concernent qu’une minorité de la population, au risque de mettre à mal l’état de la majorité, ces 9 autres enfants sur 10 ? Souhaitons-nous achever un modèle structurant pour l’enfant, détruire les liens familiaux pour une marche forcée vers la famille sociale plutôt que naturelle ?

    Le chapitre 2 de cette proposition concerne les tiers de la famille. Mais les beaux parents n’ont pas eu besoin d’une loi pour s’investir auprès des enfants de leur conjointIl existe d’ailleurs déjà la délégation volontaire d’autorité parentale, dispositif qui existe depuis 2002 et qui permet aux beaux-parents de partager l’autorité parentale avec les parents. Il est ici proposé un « mandat d’éducation quotidienne », rédigé pour chaque enfant et prenant fin en cas de séparation, menant l’enfant à devoir reconnaître autant d’autorité que ses parents auront de conjoint.

    D’autres dispositions parfaitement scandaleuses sont présentes dans ce texte : ainsi l’article 14 laisse l’opportunité à un juge de préserver le mandat d’un tiers alors mêmes que les parents chercheraient à lui retirer. L’article 10 fait de la famille un contrat modifiable et supprimable à l’envie en refusant d’encadrer le mandat du tiers. L’article 14 fait du sort de l’enfant un élément secondaire de la décision des juges.

    Suite aux grands rassemblements de la Manif pour tous de l’année dernière, le gouvernement entendait le report de son grand projet de loi sur la famille. En effet, il n’est pas question ici de PMA ou de GPA, mais il s’agit d’un premier pas vers la fin de la famille naturelle, tournant dangereux."

    Michel Janva

  • Le grand retour des bobards strauss-kahniens

    Certains journaux bien-pensants ont rediffusé pendant cette fin de semaine les résultats d'un sondage sur la popularité de l'ancien ministre de l'Intérieur installé à l'Hôtel Matignon. "Le Monde"nbsp;(1)⇓ va jusqu'à titrer la nouvelle comme sir les "deux tiers" des citoyens d'ores et déjà ralliés à cet homme et à son programme. "Deux Français sur trois" voilà qui nous ramène aux équations de Giscard d'Estaing. Réussite zéro.

    Si elle se vérifiait cependant on pourrait regarder cette bouffée d'oxygène du chef du gouvernement comme symétrique du discrédit, probablement sans appel, du chef de l'État. Ainsi après les élections européennes, quel qu'en soit le résultat pour le PS qui rappelons-le part de très bas, une nouvelle combinaison gouvernementale pourra se former autour du même Premier ministre. En regard en effet, personne ne croit plus en Hollande.

    Franchement inespérée jusqu'en 2011 l'ascension du plus médiocre des grenouilleurs socialistes de l'ère Mitterrand conduit trop souvent à des interrogations mal posées. Que va-t-il faire désormais ? Quelle politique cette "universelle araigne" des temps modernes conduira-t-elle depuis l'Élysée ? Voilà autant de surestimations des capacités d'un gros roublard velléitaire. Il n'a rien accompli de sérieux quand, franchement élu, il disposait d'un certain crédit de confiance. En deux ans de concertations inutiles, il n'a rien réussi ; il avait pourtant été fidèlement assisté par le Premier ministre qu'il avait choisi dans son cercle d'intimes.

    Ensemble, les historiens ne pourront pas vraiment dire qu'entre 2012 et 2014, Hollande et Ayrault ne sont parvenus à aucun "résultat". Simplement, ménageant encore les diplodocus du marxisme et de l'étatisme qui, pourtant, les vilipendent de plus, ils n'ont produit aucune vraie réforme aux effets positifs. Et ils ont effectivement réussi à faire de la France la risée du monde et l'inquiétude de l'Europe.

    Une partie de l'opinion s'engouffre à ce sujet dans le contresens habituel aux faibles : elle en arrive à inverser les responsabilités, tels les gens qui accusent leurs banquiers des découverts de leurs comptes courants, elle reproche aux institutions européennes essentiellement mises au point par la classe politique hexagonale les erreurs imputables à l'État central parisien.

    Mais qu'un tel personnage "sensuel et sans férocité comme tous les radicaux-socialistes" soit devenu chef de l'État républicain en 2012, ne doit pas nous faire oublier le vrai programme des gens que l'on nous présente, avec Manuel Valls comme représentants d'une solution alternative, ceux dont on nous assure qu'ils représenteraient les "sociaux-démocrates" à la sauce française.

    Rendons à César ce qui appartient à César et donnons aux bonimenteurs strauss-kahniens leur véritable étiquette

    Jusqu'à sa déqualification "accidentelle", le véritable inspirateur de la ligne idéologique et singulièrement politique économique désormais dominante au sein du PS s'appelait Dominique Strauss-Kahn. Injustement oublié, le plus brillant économiste de Sarcelles avait été envoyé au Fonds Monétaire International par Nicolas Sarkozy. Son principal disciple s'appelait Georges Papandréou, de glorieuse mémoire, président de l'Internationale sociale et chef du gouvernement grec, démis en même temps que par le Sommet de Cannes de novembre 2011 après deux années d'un exercice pouvoir presque aussi calamiteux que celui de François Hollande depuis mai 2012.

    Dans le sillage strauss-kahnien se situaient, on ne doit pas non plus l'oublier, aussi bien un Manuel Valls qu'un Jean-Marie Le Guen qu'un Jean-Christophe Cambadélis. Voilà les nouveaux promus, voilà les hommes qui montent en quelque sorte. Un seul de leurs amis a été mis en réserve : Pierre Moscovici. Soulignons qu'entre 2012 et 2014 le passage à Bercy de ce personnage courtois mais falot n'a pas marqué les esprits. On parle donc de lui comme commissaire européen.

    Aucune vraie réforme ne figure au programme de ces équipes, aucune perspective concrète de réhabilitation nationale, seule une vague affirmation de chiffres faussement redressés, de statistiques artificielles et de manipulations comptables servies à l'opinion. Aucun citoyen informé, aucun contribuable réel, aucun assuré social conscient de ce qui lui est pris chaque mois sur sa feuille de paye ne devrait "normalement" s'y laisser prendre. Tout tient dans ce "normalement", dans cette illusion républicaine dont on nous berce encore. Hélas puisque Pierre Laurent et le PCF nous assurent que nous nous trouvons en présence d'un programme d'austériténbsp;(2)⇓ trop de braves gens vont encore le croire…

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/2014/05/le-grand-retour-des-bobards-strauss-kahniens.html        

    Apostilles

    1 )  cf. "Le plan d’austérité le plus violent jamais imposé à la France " Le Monde.fr avec AFP | 04.05.2014 à 05h24 • Mis à jour le 04.05.2014 à 10h27
    2)  cf. "sur le site d'Économie matin ce 5 mai. 

  • Le combat commun ne se limite pas à un mouvement ou à un parti

    De Jacques Trémolet de Villers dans Présent :

    "[...] Mais la force de libération a un caractère multiforme. Elle ne s’incarne pas dans un mouvement, un groupe ou un parti. Elle peut les animer. Elle ne se réduit pas à eux. Elle plonge ses racines dans les fondements vivants de la nation, c’est-à-dire dans les familles. Or les familles ne sont pas univotes. On y trouve toutes les sensibilités électorales et on y discute, vivement et librement, de savoir qui aura droit ou non à nos suffrages. Antérieures à l’Etat, les familles sont, plus encore, antérieures à l’élection. C’est peu de dire qu’elles sont étrangères aux partis. Dans leur principe, les partis leur sont hostiles. Il y a incompatibilité entre le rythme de vie des familles et celui des partis et, le plus souvent, cette hostilité est déclarée. Mais si la vie des partis a brisé de nombreuses familles, on peut constater que, dans tous, l’hérédité, les alliances ou le népotisme jouent un rôle considérable. « Chassez le naturel, il revient au galop. »

    La question centrale de notre libération nationale peut donc se formuler ainsi : la famille, force sociale, nationale, non politique dans son essence, peut-elle devenir, pour le plus grand bien commun des familles et donc de la nation, un lieu de gouvernement, la cellule-mère de l’Etat ?

    C’est ce que nous avons connu, en France, pendant près de mille ans, avec « le miracle capétien ». Le « miracle capétien » n’est pas seulement l’heureux hasard qui, d’Hugues Capet à Philippe le Bel, a permis de fils aîné en fils aîné un essor qu’aucun autre pays d’Europe n’a connu. C’est aussi et peut-être surtout que, par cette loi de succession, une famille, une maison « l’honorable maison capétienne », incarnant la nation qu’elle a rassemblée, ait sécrété, dans son intérêt propre qui rejoignait l’intérêt général, l’instrument politique – le régime – nécessaire à leur protection et à leur prospérité.

    Telle fut la loi de notre naissance et de notre glorieuse maturité. Telle ne peut être que la loi de notre renaissance.

    Il y a, aujourd’hui, en France, dignes d’exercer ce ministère, mille fois plus de familles qu’il n’y en avait au temps d’Hugues Capet. Ne manquent ni les compétences, ni les dévouements, ni les ambitions.

    Ce qui manque, c’est la reconnaissance, par ces familles, d’une incontestable « famille-chef ». [...]"

    Michel Janva

  • La PMA pour les homosexuelles entrainera la légalisation de la GPA

    Jean-René Binet, professeur de droit privé à l'université de Franche-Comté dont il dirige le Centre de recherches juridiques, spécialiste des questions de bioéthique, il enseigne à l'Université de Franche-Comté, à Sciences-Po Paris, et à l'Ecole de droit de la Sorbonne, il répond au Figaro sur la PMA pour les femmes homosexuelles :

    "L'extension de la PMA aux couples de même sexe pourrait entraîner, par effet de système, la légalisation de la gestation pour autrui. Le risque serait, en effet, de considérer que la loi crée alors une discrimination au détriment des couples d'hommes notamment. C'est d'ailleurs la question que se posait M. Claeys, député socialiste, lors des travaux parlementaires ayant conduit à la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique: «si l'on dit - c'est la position de mon groupe - qu'il convient d'accepter l'AMP pour les couples de femmes, n'y a-t-il pas discrimination si, dans le même temps, on refuse la gestation pour autrui?» (JOAN CR, 1ère séance, 25 mai 2011, p. 3474). Cependant, la gestation pour autrui pose d'autres problèmes, principalement en matière de risque d'exploitation des femmes, conduisant à rendre plus difficile encore sa légalisation."

    Michel Janva

  • Régionales et cantonales repoussées… Hollande en pleine magouille électorale !

    Ils ne se gênent même plus. La démocratie en lambeaux, le peuple se réfugiant de plus en plus dans une abstention nihiliste, pourquoi hésiteraient-ils ?   

    Ils ne se gênent même plus. La démocratie en lambeaux, le peuple se réfugiant de plus en plus dans une abstention nihiliste, pourquoi hésiteraient-ils ? Bientôt, ce sera la grande opération de charcutage de nos territoires qu’on va transformer en « euro-régions ». Problème : le temps que la réforme se fasse, même au pas de charge, il y a l’élection régionale de 2015 qui pointe son museau. Et là encore, le désastre est inévitable pour le gourou Hollande et sa secte coupée du réel.

    Alors oui, le Président a osé. Invité ce mardi sur BFM, il a évoqué l’idée de repousser les scrutins de 2015… en 2016. Les nouvelles élections départementales, prévues initialement pour 2014, seraient donc retardées en tout de deux ans, et les régionales d’un an. Avec, à la clef, une année sans élection pour le Président : « Si c’est 2016, ça permettrait d’avoir le temps. Je pense que ça serait intelligent de faire des élections régionales et départementales avec le nouveau découpage », a annoncé un François Hollande apparemment en mode autiste. Ou comment éviter un naufrage définitif en agissant comme un vulgaire despote oriental.

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  • Sur l'égalitarisme moderne

    Réponse de Robert Steuckers à un étudiant dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude

    Quelle différence entre Nietzsche et Marx quand on se place du point de vue de l’égalitarisme moderne? Pour Marx, l’injustice provoque l’inégalité, pour Alain de Benoist, en ce sens post-nietzschéen, l’injustice s’instaure justement parce que nous vivons dans une ère égalitaire…

    (Robert Steuckers, mai 1998)

    Votre question s’inscrit dans une problématique d’ordre sémantique. Vous cherchez à y voir clair dans la manipulation tous azimuts de “grands mots” du débat politico-social: justice, liberté, égalité, etc., toutes dévalorisées par les “discours-bâteaux” de la politique politicienne. Essayons ici de clarifier ce débat.

    1. Pour Marx, effectivement, l’injustice sociale, la non redistribution harmonieuse des revenus sociaux, la concentration de capitaux en très peu de mains provoquent une inégalité entre les hommes. Il faut donc redistribuer justement, pour que les hommes soient égaux. Ou ils seront égaux quand ils ne seront plus victimes d’aucune injustice d’ordre matériel (bas salaires, exploitation du travail humain, enfants compris, etc.).

    2. Pour la tradition dite “inégalitaire” dont s’est réclamé de Benoist au début de sa carrière “métapolitique”, l’injustice, c’est que les individus d’exception ou surdoués ne reçoivent pas tout leur dû dans une société qui vise l’égalité. En ce sens, “égalité” signifie “indifférenciation”. Cette équation est sans doute plausible dans la plupart des cas, mais ne l’est pas toujours. Alain de Benoist craint surtout le nivellement (par le bas).

    Ces opinions se développent au niveau de la vulgate, de la doxographie militante.

    Pour approfondir le débat, il faut récapituler toute la pensée de Rousseau, son impact sur le socialisme naissant, sur le marxisme et sur les multiples avatars de la gauche contestatrice. Néanmoins, dans le débat actuel, il convient de souligner ce qui suit:

    a) Une société équilibrée, consensuelle, harmonieuse, conforme à une tradition crée d’elle-même la justice sociale, elle la génère spontané­ment, elle est travaillé par une logique du partage (des risques et des biens) et, partiellement, du don. Elle évite les clivages générateurs de guerres civiles, dont les inégalités trop flagrantes en matières économiques. La Rome antique nous donne de bons exemples en la matière, et pas seulement dans les réformes des Gracches (auxquelles se réfèrent les marxistes). Les excès de richesses, les accumulations trop flagrantes, les spéculations les plus scandaleuses, l’usure étaient réprimés par des amendes considérables, réinvesties dans les festivités de la ville. On s’amusait a posteriori avec l’argent injustement ou exagérément accumulé. Les amendes levées par les édiles couroules et plébéiennes taxaient ceux qui contrevenaient à la frugalité paradigmatique des Romains et le peuple en tirait profit. L’accumulation exagérée de terres arables ou de terres à pâturages étaient également punie d’amende (multo ou mulcto).

    b) La pratique de la justice est donc liée à la structure gentilice et/ou communautaire d’une société.

    c) Une structure communautaire admet les différences entre ses citoyens mais condamne les excès (hybris, arrogance, avarice). Cette condamna­tion est surtout morale mais peut revêtir un caractère répressif et coercitif dans le chef des autorités publiques (le multo réclamé par les édiles de la Rome antique).

    d) Dans une structure communautaire, il y a une sorte d’égalité entre les pairs. Même si certains pairs ont des droits particuliers ou complémen­taires liés à la fonction qu’ils occupent momentanément. C’est la fonction qui donne des droits complémentaires. Il n’y a nulle trace d’inégalité ontologique. En revanche, il y a inégalité des fonctions sociales.

    e) Une structure communautaire développe simultanément une égalité et des inégalités naturelles (spontanées) mais ne cherche pas à créer une égalité artificielle.

    f) La question de la justice est revenue sur le tapis dans la pensée politique américaine et occidentale avec le livre de John Rawls (A Theory of Justice, 1979). Le libéralisme idéologique et économique a généré dans la pensée et la pratique sociales occidentales un relativisme culturel et une anomie. Avec ce relativisme et cette anomie, les valeurs cimentantes des sociétés disparaissent. Sans ces valeurs, il n’y a plus de justice sociale, puisque l’autre n’est plus censé incarner des valeurs que je partage aussi ou d’autres valeurs que je trouve éminemment respectables ou qu’il n’y a plus de valeurs crédibles qui me contraignent à respecter la dignité d’autrui. Mais, dans le contexte d’une telle déperdi­tion des valeurs, il n’y a plus de communauté cohérente non plus. La gauche américaine, qui s’est enthousiasmée pour le livre de Rawls, a vou­lu, dans une deuxième vague, restaurer la justice en reconstituant les valeurs cimentantes des communautés naturelles qui composent les Etats et les sociétés politiques. Reconstituer ces valeurs implique forcément un glissement à “droite”, non pas une droite militaire ou autoritaire, mais une droite conservatrice des modèles traditionnels, organiques et sym­biotiques du vivre-en-commun (merry old England, la gaieté française, la liberté germanique dans les cantons suisses, etc.).

    g) La contradiction majeure de la “nouvelle droite” française est la suivante: avoir survalorisé les inégalités sans songer à analyser sérieusement le modèle romain (matrice de beaucoup de linéaments de notre pensée politique), avoir survalorisé les différences jusqu’à accepter quelques fois l’hybris, avoir simultanément chanté les vertus de la communauté (au sens de la définition de Tönnies) tout en continuant à développer un discours inégalitaire et faussement élitiste, ne pas avoir vu que ces communautés postulaient une égalité des pairs, avoir confondu l’égalité des pairs et l’égalité-nivellement ou ne pas avoir fait clairement la différence, avoir produit des raisonnements critiques sur l’égalité sans prendre en compte la valeur “fraternité”, etc. D’où l’oscillation de de Benoist face à la pensée de Rousseau: rejet complet au début de sa carrière, adhésion enthousiaste à partir de la fin des années 80 (cf. intervention au colloque du GRECE de 1988). Avec la percée de la pensée communautarienne américaine (cf. Vouloir n°7/NS et Krisis n°16), qui se réfère à la notion de justice théorisée par Rawls, la première théorie néo-droitiste sur l’égalité vole en éclat et n’est plus reprise telle quelle par la nouvelle génération du GRECE.

    h) L’égalité militante, leitmotiv qui a structuré les démarches de toutes les pensées politiques dominantes en France, est une égalité qui vise l’arasement, la mise au pas des mentalités et des corps (Foucault: “surveiller et punir”), le quadrillage du territoire, qui agit par le déploiement d’une méthode systématique pour transformer la diversité grouillante de la societas civilis en une “Cité géométrique” (Gusdorf). Dans une telle démarche les communautés et les personnalités sont disciplinées, se voient imposer l’interdiction d’exprimer et leur spontanéité et leur spécificité et leur génie créatif. La volonté de restaurer cette spontanéité, cette spécificité et ce génie créatif passe par un refus des méthodes d’arasement “égalitaires”, mais n’interdisent pas de penser l’égalité en termes d’égalité des pairs et en termes de “phratries” communautaires et de fraternité au sens général (troisième terme de la triade révolutionnaire française, mais laissée pour compte dans quasi toutes les pratiques politiques post-révolutionnaires). La ND française (contrairement à ses pendants allemand et italien) a mal géré cette contradiction entre la première phase de son message (anti-égalitariste obsessionnel) et la seconde phase (néo-rousseauiste, démocratiste organique, communautarienne et citoyenne, intérêt pour la théorie de la justice chez Rawls). Elle est toujours perçue comme anti-égalitariste obsessionnelle dans les sources historiographiques les plus courantes, alors qu’elle développe un discours assez différent depuis environ une douzaine d’années, discours dont les principaux porte-voix sont de Benoist lui-même et Charles Champetier.

    http://robertsteuckers.blogspot.fr/2014/05/sur-legalitarisme-moderne.html

  • 50 000 personnes à la Marche pour la vie à Rome

    Lu sur Famille chrétienne :

    "Entre quarante et cinquante mille personnes ont participé à la quatrième Marche pour la vie qui s’est tenue à Rome dimanche 4 mai. Cette année, l’événement avait pris une dimension internationale. [...]

    Des drapeaux de plusieurs pays et des étendards de différents groupes et associations pro-vie ont ainsi défilé pendant plusieurs heures, sous un beau soleil printanier. Dans les rangs, certaines associations françaises, comme Droit de naître ou la Fondation Jérôme-Lejeune. À en croire les tee-shirts et les banderoles de nombre de marcheurs, la Manif pour tous a fait des émules : le logo bleu et rose était partout, repris par la version italienne du collectif français.

    Dans la foule, composée notamment de très nombreux enfants, était aussi présent le cardinal Leo Raymond Burke, préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique et fidèle de ce genre de rendez-vous. « Il ne faut pas se lasser de défendre la vie, objet aujourd’hui, en Europe et ailleurs, de nombreuses attaques », soutient-il. Pour le cardinal américain, très engagé dans ce domaine, cette manifestation est également une manière d’afficher un soutien inconditionnel à la famille. La veille, le cardinal Burke avait participé au premier Congrès international pro-vie, qui se tenait à Rome en présence des représentants de différentes associations issues de plusieurs pays, afin de donner une impulsion mondiale à cette cause. [...]

    Arrivés peu avant midi Via della Conciliazione, à l’heure pour participer au Regina Caeli place Saint-Pierre, les marcheurs se massent sous les fenêtres du Palais apostolique dans un climat festif. « Continuez comme ça ! », leur lance le pape François, les remerciant pour leur « engagement »."

    Michel Janva